Skip to main content

Full text of "Anvers et l'Exposition universelle, 1885"

See other formats




I 















ANVERS 



ET 



L'EXPOSITION UNIVERSELLE 

1885 

par René Corneli 

Ancien Officier d'Artillerie de l'Armée Allemande 

et Pierre Mussely 



Ancien Officier d'Artillerie de l'A 



rmee Belge 



Dédie a Sa Majesté Léopold II, Roi des Belges 



DEUXIÈME ÉDITION 




BRUXELLES 

TYPOGRAPHIE & LITHOGRAPHIE AD. MERTENS, 12, RUE D'OR 

1886 






I 



I 







PRÉFACE 






L'Exposition Universelle d'Anvers de 1885 est entrée dans le domaine de l'histoire. Il ne reste de tant 
de splendeurs accumulées au prix de prodigieux efforts, qu'un souvenir que chaque jour le Temps efface 
de son aile. 

Ainsi passent gloire et grandeurs ! 

Notre siècle de progrés a mis en ligne les immenses ressources de son génie — le railway, les vapeurs 
transatlantiques, activés par le télégraphe et le téléphone, ont concentré pendant quelques mois à Anvers, 
les chefs-d'œuvre des deux hémisphères — les populations de la Belgique, comme soulevées par un ressort 
magique, se sont pressées, enthousiastes et émerveillées, dans ces splendides palais — des milliers de curieux, 
venus de toutes les régions du monde et jusque du cœur de l'Afrique, ont payé à la Belgique un tribut 
d'admiration et d'éloges — la Patrie reconnaissante a tressé des couronnes à la Métropole du Commerce et 
des Arts: elle a glorifié ses fils, exalté leur intelligente initiative et les résultats de leur féconde intrépidité.... 
mais que survivra-t-il de cette conception hardie , de ces magnificences , de ces enthousiasmes , de ces 
courages 1 

Presque rien : quelques discours officiels et des documents destinés aux archives — çà est là un 
article de journal que la poussière va recouvrir — des réminiscences de moins en moins précises, que peu 
d'années effaceront complètement. 

Ce n'est pas assez ! 

L'audace inspire l'audace : A l'instar des promoteurs de cette colossale entreprise, réalisée par l'initiative 
privée, avec le concours bienveillant du Pouvoir, nous avons tenté, sans autre appui que la sympathie 
du Public, de perpétuer la mémoire d'un événement glorieux, destiné probablement à rester unique dans 
nos annales. 

Que fallait-il pour cela ? 

Introduire dans le salon des familles et dans les bibliothèques un compte rendu exact qui fût en même 
temps une production artistique; dont le texte — pour ceux qui veulent s'instruire — et les illustrations — 
pour ceux qui se contentent de regarder — rappelassent les merveilles que tous avaient admirées. 

11 fallait soustraire à un injuste oubli le nom des pionniers de cette œuvre de Civilisation, qui ont 
contribué à relever le nom Belge — et conserver à ceux qui veulent apprendre, les grandes leçons données 
par" les peuples qui s'occupent d'art, de science, de commerce et d'industrie. 

Il suffira de feuilleter ce livre pour se rendre compte des difficultés et de l'importance de semblable 
entreprise. Au lecteur à apprécier jusqu'à quel point nous l'avons réussie. 

Ce que nous osons affirmer, c'est que nous n'avons rien négligé, que nous n'avons reculé devant 
aucun sacrifice, pour mettre notre œuvre patriotique à la hauteur du but élevé que nous avions en vue. 



A ces fins, tous les documents officiels, tous les renseignements intéressant l'histoire, la science ou 
la pratique, ont été soigneusement recueillis — de grandes vues photographiques d'ensemble et de détail, 
prises en grand nombre, ont fourni à la gravure un choix varié de types exacts — le burin d'arfistes de renom 
et la plume d'écrivains autorisés ont été mis à contribution — enfin, la typographie a rivalisé d'habileté pour 
soutenir le renom des Moretus et des Plantin. 

Dans le but de donner à notre ouvrage un intérêt durable, nous l'avons fait précéder d'une histoire 
de la ville d'Anvers, au point de vue politique — artistique — militaire — commercial et industriel. 

La « Reine de l'Escaut * drapée, comme une douairière des temps passés, dans la splendeur artistique 
de ses monuments et de ses musées, a laissé à ses hôtes — de leur aveu souvent répété — une heureuse 
impression. La rendre durable était une bonne fortune, presque un devoir. 

Nous ne terminerons pas sans adresser de sincères remerciements à tous ceux qui ont bien voulu 
nous seconder de leur bienveillant concours — à la Presse Belge et Etrangère, qui a encouragé notre entreprise 
dès son début en lui prodiguant ses appréciations flatteuses et ses éloges — à nos abonnés et au public en 
général qui l'ont honorée d'une sympathique confiance que nous avons à cœur de justifier. 

Nous enregistrons avec un sentiment tout particulier de reconnaissance et de fierté, l'accueil flatteur 
qu'ont bien voulu réserver à notre publication Messieurs les Ministres et le haut Personnel de leurs Départements, 
ainsi que les Administrations des principales villes du Royaume. 

Nous déposons au pied du Trône l'hommage de toute notre gratitude pour la faveur insigne que 
S. M. Léopold II nous a octroyée en acceptant la dédicace de notre œuvre. Ce ne sera pas la moindre 
gloire d'un règne déjà glorieux que d'avoir présidé au grand acte international de l'Exposition d'Anvers. 

Puisse cette Exposition augmenter à l'étranger le renom de la Belgique et raviver dans le cœur des 
Belges le sentiment des devoirs que leur impose l'honneur national. 






René CORNELL Pierre MUSSELY. 



Anvers-Bruxelles, Septembre 1886. 



-^->'>i<(g)^-^~ 



I 




Notice Historique sur Anvers n 



ORIGINE DU NOM D'ANVERS 







|*) Les ouvrages auxquels 



L existe trois étymologies du mot Anvers, — ou mieux, 
du mot Antjverpen, nom flamand de la ville. Nous 
allons les rapporter toutes trois en les faisant suivre 
de nos réserves : le lecteur appréciera et jugera. 

La première de ces étymologies fait dériver très 
directement Antwerpen de aen 't werf; près du port. 
Mais il n'est guère probable que ce soit le Werf, 
construit par les Anversois, qui ait donné son nom 
à ceux-ci. Il n'est pas, en effet, hors de propos de 
remarquer que le nom des Anversois est antérieur 
de près d'un siècle à celui d'Anvers. 

La seconde étymologie, qui a été longtemps popu- 
laire à Anvers, provient d'une légende très poétique. 
Voici comment Nicolas le Clerc, secrétaire de la ville 
d'Anvers, mort en 1 35 1 , raconte la chose : Le géant 
Druon Antigon habitait autrefois le Château d'Anvers. 
Sur tous les marchands qui remontaient ou descen- 
daient l'Escaut, il prélevait un droit de passage. Ceux 
qui refusaient ou essayaient de le tromper voyaient 
'■''^ leurs marchandises confisquées. De plus, ce brutal 
Antigon leur coupait la main droite, qu'il jetait ensuite dans le 
fleuve. Mais un héros délivra Anvers de ce tyran sanguinaire. 
Salvius Brabon, lieutenant de Jules César, attaqua le monstre, 
le vainquit, et, lui appliquant la peine du talion, lui coupa les deux mains qu'il jeta à 
u-j son tour dans l'Escaut. On ajoute que César ne laissa pas sans récompense ce brillant 
exploit de son lieutenant. Il créa Salvius Brabon duc de Brabant et lui donna Anvers 
qu'il érigea en Marquisat du Saint-Empire. La réunion des mots hand, main, et werpen, 
jeter, a donné très simplement le nom Antwerpen. Telle est aussi l'explication 
des armoiries d'Anvers, où figurent un château et deux mains coupées. 
Malheureusement cette légende, malgré la consécration officielle qu'elle a reçue et 
la grande facilité avec laquelle elle tranche la question étymologique, n'en reste pas moins 
une fable. C'est le nom de la ville qui a donné naissance à la légende. 

îous avons eu le plus souvent recours, sont : l'Histoire de la Belgique, par Th. Juste; — Histoire de la ville d'Anvers, par E. Gens, 



Les savants ont produit la troisième étymologie. C'est la seule, pensons-nous, qui puisse être admise. 
Elle présente tous les caractères de la vraisemblance. 

Quand, au milieu du in° siècle, les Francs vinrent s'établir dans la Taxandrie, toutes les petites 
tribus d'origine germanique se confondirent avec eux et le plus grand nombre suivit Clodion, Mérovée 
ou Clovis à la conquête de la Gaule romaine. 

Tandis que les Francs et ce qui restait des anciennes peuplades belgiques, abandonnaient les rives 
de l'Escaut, il s'était formé dans le Nord une ligue entre les Angles, les Saxons, les Jutes et les Frisons. 
Les Saxons se répandirent le long des côtes de l'Océan germanique, des bouches de l'Elbe à celles de la 
Somme. Ce littoral est désigné au v e siècle sous le nom de rivage Saxon, littus Saxonicitm. A mesure 




Le Géant Druon Antigon promené dans la Cavalcade dite « Ommegang ». 



que les Francs se retirèrent, les Saxons pénétrèrent dans l'intérieur des terres, et occupèrent les iles de la 
Zélande et les deux rives du bas Escaut. Leur nombre allait toujours grossissant, mais cette invasion trouva 
un dérivatif lorsque les aventuriers conduits par Hengist et Horsa, eurent abordé en Bretagne et fondé le 
royaume de Kent (455). Ceux qui demeurèrent sur le sol de la Belgique y avaient apporté avec eux les 
habitudes d'indépendance et les libres institutions de la Germanie. 

Fondant leur liberté et leur force sur l'esprit d'association, ils formèrent ces Ghildes puissantes que 
Chariemagne lui-même ne put dissoudre, et dont la forte organisation les sauva plus tard de la tyrannie 
féodale. Une autre institution dont les Saxons semblent pouvoir revendiquer l'honneur, est celle des Ganerbiats 
(Ganerben). vastes associations d'hommes libres et possesseurs de biens, formées dans le but de résister aux 
brigands, si nombreux et si redoutables à une époque où le seul droit respecté était celui de la force, et 



où quiconque portait une arme se prévalait hautement du droit du poignet (Faustregt) . Les membres de ces 
associations, dont les plus anciennes apparaissent dans le nord de la Germanie, vivaient en communauté 
dans des châteaux forts, où ils mettaient à couvert leurs richesses et leurs familles. Justement fiers de leur 
liberté, ils considéraient comme une sorte de titre de noblesse ce nom de Ganerbiens, ce qui a fait croire 
à tort à quelques historiens que c'étaient des associations de nobles. Le mot Ganerben semble provenir du 
celtique Gan, identique à l'allemand an, au hollandais et au flamand aan ou aen, syllabe préfixe mar- 
quant une idée d'accession ou de réunion — et de erben, héritages ; il signifierait donc l'union des héritages. 
Dépouillé du signe de la prononciation gutturale, ou simplement ramené à la forme allemande, Ganerben 
devient Anerben, et avec la prononciation dure du b, Anerpen. 

Si l'on joint à celte remarque que, dans les anciens écrivains on rencontre aussi souvent le nom d'Anvers 
écrit Amverp que Antiverp, il sera facile de reconnaître, dans la population primitive du sol anversois, un 
Ganerbiat, Anerp, dont les membres, suivant le mode de désinence propre au bas allemand, se sont appelés 
Anerpenaers. La prononciation locale y aura introduit le ( et le tv; la forme la plus ancienne serait donc 
Amverp, qui se retrouve dans le français Anvers. 

Cette étymologie, comparée à celles que nous avons citées plus haut, nous semble réunir tous les 
caractères de vraisemblance et de convenance qui, en l'absence de certitude, peuvent établir la probabilité, 
et, si elle venait à fixer toutes les opinions, elle consacrerait, pour notre active et libre cité, une origine 
digne d'elle. 






ORIGINE, MŒURS, CULTE, GOUVERNEMENT, INDUSTRIE DES PREMIERS 
HABITANTS D'ANVERS. 



A 






A l'arrivée de Jules César en Belgique, le territoire de notre pays était occupé par cinq nations prin- 
cipales. De ces cinq nations ou tribus, l'une, les Ménapiens, était disséminée en partie dans la province 
d'Anvers. Les Ménapiens, ainsi que les autres tribus, étaient originaires de la Germanie. Ces peuplades 
avaient conservé les mœurs belliqueuses et les habitudes nomades de leur première patrie. Leurs demeures 
étaient de pauvres huttes, en forme de ruche; elles étaient isolées et situées soit sur la lisière d'un bois, le 
versant d'une colline ou dans les environs d'une source. 

Pour se garantir de tout trouble dans la possession des plaines qu'ils habitaient, les Ménapiens les 
entouraient de haies robustes faites de jeunes arbres et d'épines; ces clôtures, entretenues soigneusement, 
étaient pour la solidité et la résistance aux attaques, comparables à un mur. 

L'habillement des anciens Belges consistait en un sagum, ou saie; ce vêtement était fait de la dépouille 
des animaux qu'ils tuaient à la chasse. Les Ménapiens, au témoignage de Strabon, tissaient avec la laine 
de leurs moutons des étoffes épaisses et chaudes dont Us se confectionnaient des vêtements. A la chevelure 
on distinguait l'homme libre de l'esclave : une longue chevelure était le signe caractéristique de l'indépendance. 

Les divinités que nos ancêtres adoraient étaient fort nombreuses : Odin, dieu de la guerre; Thor, 
dieu du tonnerre; Tuiscou, dieu des enfers, etc. Il y avait en outre une foule de divinités locales. 

Les forêts servaient de temples; l'autel était une pierre, un tronc d'arbre ou l'arbre même. Dans les 
circonstances graves, les Belges consultaient des prêtresses, que leur culte admettait, et les oracles de ces pytho- 
nisses étaient écoutés religieusement. 

Des sacrifices humains ensanglantaient certaines de leurs cérémonies religieuses : les prisonniers faits 
à la guerre, ou des esclaves en étaient les victimes. 

La république était la forme du gouvernement des peuples de race germanique. Le chef, qui était 
électif, réunissait les hommes libres en assemblée générale; la principale de ces assemblées avait lieu le 
l" Mars. Dans ces réunions plénières, on discutait les intérêts du peuple, les guerriers étaient passés en 
revue et la paix ou la guerre était décidée. 

L'armure complète des soldats se composait d'armes offensives; la pique ou framée, la hache d'armes 
à deux tranchants, le javelot, l'épée et la lance; et d'armes défensives, le bouclier, le casque et la cuirasse. 

L'industrie des Belges était peu développée et s'appliquait aux besoins les plus immédiats. 






De l'eau de mer, ils tiraient, par évaporation, le sel qui leur servait à assaisonner diverses viandes- 
de la lame de leurs moutons, ils tissaient des étoffes qu'ils savaient nuancer. 

La navigation ne leur était pas inconnue. Les Ménapiens et les Morins visitaient la Bretagne et 
1 Irlande. Leurs vaisseaux, solidement construits de poutres de chêne, assemblées par des clous, avaient pour 
voiles des peaux flexibles cousues ensemble. 

Telle était la Belgique lorsque Jules César vint en faire la conquête. Raconter les épisodes sanglants 
de cette longue lutte de sept années, les combats terribles que la liberté soutint contre la tyrannie "serait 
faire 1 histoire de 1 invasion romaine dans notre pays et nous entraînerait hors du cadre de cette notice 
Nous nous contenterons de dire quelques mots de la manière dont les premiers habitants d'Anvers se 
comportèrent en face de l'envahisseur. 



DOMINATION ROMAINE. RÉSISTANCE DES MÉNAPIENS. 
LES PREMIERS MISSIONNAIRES CHRÉTIENS. 



I § 



Lorsque Jules César entreprit la conquête de notre pays, il eut à livrer, aux peuplades qu'il rencontra 
d abord, de rudes batailles dont le sort ne dépendit point de la valeur, ni du courage de ses adversaires- 
le génie romain seul eut raison de leur résistance héroïque. 

Quand les Nerviens, les Aduatiques, les Eburons et les autres tribus durent enfin, après des défaites succes- 
sives, livrer au conquérant le sol de la patrie, les Ménapiens, retranchés derrière leurs forêts et leurs marécages 
résistèrent obstinément aux légions ennemies. Les soldats romains, pour venir à bout de ces derniers défenseurs 
de la Belgique, durent employer la hache pour se frayer un chemin jusqu'à eux, et plus d'un légionnaire 
se vit arrêté dans son travail par la flèche meurtrière que lui lançait l'arbalète de l'adroit Ménapien 

César dut se contenter d'incendier les villages abandonnés par les Ménapiens : triste avantage remporté 
sans lutte ! Et ce ne fut qu'au bout de trois ans de combats opiniâtres que 
tirent à traiter avec lui. 

Témoin de leur vaillance, le héros Romain, 
de la veille, ses alliés du lendemain, 



ces Belges indomptables consen- 



qui se connaissait en hommes, rendit à ses adversaires 
témoignage bien précieux : Horum finter GallosJ fortissimi sunt 
Belga; dlt-il dans ses immortels Commentaires; Les Belges sont les plus braves des Gaulois' ' 

Aussi s'empressa-t-il de les admettre dans ses légions, et Pharsale vit ces loyaux alliés, ces valeureux 
soldats culbuter la puissance de Pompée et donner à César l'empire du monde. 

La domination romaine dura quatre siècles et demi. Les Ménapiens continuaient à se livrer à la navigation 
comme l'atteste la colonie qui, au n= siècle, portait leur nom en Irlande; ils fournissaient également les marchés 
de Rome de porc et de bœuf salé, ainsi que de troupeaux d'oies, connues sous le nom d'oies germaniques 

Le séjour ou plutôt le passage des Romains sur le territoire d'Anvers est attesté par la découverte 
de quelques antiquités déterrées en 1608 dans l'enceinte de l'ancienne abbaye de St- Michel. 

Elles consistent en un cénotaphe de marbre rose, renfermant une urne cinéraire et deux petits bustes 
des lampes sépulcrales et des lacrymaloires. A ces vestiges d'un cimetière se joignent quelques traces dé 
l'existence d'un fort, sur l'emplacement d'une partie de l'ancienne citadelle. 

On a découvert aussi, en 1812, un monument entre les villages de Zundert et de Rysberg, en creusant les 
fossés de la route d'Anvers à Bréda. C'est un autel élevé à la déesse Sandraudiga, la pauvre Cérès de ces pays 
incultes. La forme de cet autel et son inscription latine démontrent qu'il fut élevé sous la domination romaine 

La civilisation romaine, déployant toute sa magnificence dans les villes de la Gaule, triompha peu 
à peu de la nationalité celtique; mais son influence se fit moins sentir dans la partie septentrionale, habitée 
par les tribus belges. Strabon, qui visita la Gaule sous le règne d'Auguste, nous a laissé un témoignage 
de la conservation des mœurs, coutumes, etc. des Ménapiens et autres tribus sous le joug de Rome. 

« Une autre preuve, et une preuve des plus convaincantes, dit Schayes, du peu d'influence de la 
domination de Rome sur les mœurs et les coutumes nationales des Belges, c'est que, tandis que dans la 
plus grande partie des Gaules la langue celtique avait fait place à la langue latine, dans la Belgique actuelle le 
teuton continua toujours à être la langue dominante du peuple, surtout chez les Ménapiens, les Taxandres 
les Tongrois et les Nerviens septentrionaux. Plusieurs faits prouveraient même que l'introduction de l'idiome 
wallon, dérivé du latin, comme le provençal, le français, l'italien et l'espagnol, que l'introduction du 



wallon, dans les parties de la Belgique où cet idiome est parlé de nos jours, n'aurait eu lieu que plusieurs 
siècles après l'expulsion des Romains. ■> En effet au X e siècle, la langue flamande était en usage bien au 
delà des provinces situées de l'autre côté de la Lys, c'est-à-dire au moins dans toute la Picardie. 

Ce fut sous la domination romaine qu'apparurent les premiers missionnaires chrétiens. Ils allaient à 
pied, appuyés sur un bâton à crosse recourbée et portant avec eux la pierre consacrée sur laquelle ils 
accomplissaient le divin sacrifice. Sans autres armes que la parole, ils renversèrent le formidable amas de 
superstitions qui s'était formé sur notre sol du mélange du polythéisme romain avec les croyances odiniques 
et celtiques. Parfois, pour prix de leur zèle, ils recueillaient la palme du martyre, comme saint Liévin, 
massacré par les habitants de Houthem, aux environs de Gand. 

Le premier de ces apôtres qui vint visiter les Anversois, fut saint Eloi, évèque de Noyon et de 
Tournai; saint Ouen, son disciple et ami, écrivit sa vie. En racontant l'apostolat de saint Eloi, il parle des 
Anversois comme d'un peuple barbare, chez qui la lumière de l'Evangile n'avait jamais pénétré, et qui opposa 
aux prédications du saint la plus vive résistance. 

A saint Eloi succéda saint Amand, évèque de Tongres ou de Maestricht, que les hagiographes 
regardent comme le véritable apôtre des Anversois. Il fonda, vers 660, l'église comprise dans l'enceinte du 
Bourg, et dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul et plus tard à sainte Walburge. En 6g3 arri- 
vèrent des moines irlandais du monastère de St-Colomban, et selon toute apparence, saint Willebrord, 
l'illustre apôtre des Frisons, prêcha aussi à Anvers. Ce n'est donc qu'au vm e siècle que s'acheva la conversion 
des Anversois au christianisme. 

D'après la chronique rapportée dans le Register der Oude Mandementen, aux archives de la ville, les moines du 
monastère de St-Frédégand, à Deurne, contribuèrent activement à la propagation du christianisme dans ces contrées. 

Le pays fut encore redevable à l'influence de ces moines d'un autre bienfait. Après avoir rapporté la 
fondation du chapitre de Notre-Dame, le même chroniqueur ajoute : 

« En reconnaissance de ce que ces moines et ces chanoines avaient fait pour le service de Dieu, le 
peuple s'en alla travailler pour eux, et même on alla endiguer le Waterland, de manière que la marée ne 
pût plus venir jusqu'à Deurne et que tout ce pays fût desséché et devint habitable. » 

Ainsi, la conversion d'une grande partie de ses habitants au christianisme, la construction d'une digue 
ou chaussée faisant communiquer le Bourg avec la terre ferme, l'endiguement et [a conquête sur les eaux 
d'une vaste étendue de marais, formant aujourd'hui les Polders de Merxem, Eeckeren, Wilmarsdonck, 
Oorderen et Austruweel, tels sont les bienfaits dont le pays serait redevable au monastère de Deurne. 



LES COMMENCEMENTS DE LA VILLE 






Nous avons vu que les premiers habitants d'Anvers furent des Belges appartenant à la Ménapîe, 
appelée Taxandrie par les Romains parce qu'il y croissait une grande quantité d'ifs {Taxi). Les Ganerbiens 

titule en 726 prince d'An- 
vers, n'est autre, comme 
son nom l'indique, qu'un 
chef Saxon. C'étaitle chef 
des Ganerbiens de l'Es- 
caut, unis par fédération 
à d'autres associations de 
ce genre, établies sur le 
Weser, l'Elbe et le Rhin. 
Ainsi s'expliquent à la 
fois et le nom d'Anvers 
et ïêdificaûon du Châ- 
teau, berceau de la ville, 
et comme nous le ver- 
rons plus tard, l'exis- 






ou Anverpiens, de race 
Anglo - Saxonne, établis 
sur la rive droite de 
l'Escaut, dans un lieu 
favorable au commerce 
maritime, dune défense 
facile puisqu'il formait 
une sorte d'ile entre le 
fleuve et une vaste con- 
trée submergée, y auront 
mis leurs établissements 
à couvert derrière de 
solides murailles créne- 
lées et flanquées de tours. 
Le Rohingus, qui s'in- 




Le Burdit, bc 



de la ville 



tence, plusieurs siècles avant l'organisation de la commune, d'un échevinage conforme aux vieilles coutumes 
de la Germanie. On ne sait rien de l'histoire d'Anvers durant les années qui précédèrent l'arrivée des 



I i 

- 



Normands. La mention d'un droit de tonlieu en l'an 726 est une preuve évidente d'un commerce d'une cer- 
taine importance. Toutefois, ce n'était encore qu'une très petite bourgade, dont la population ne s'élevait 
guère qu'à quelques centaines d'habitants, exclusivement livrés au commerce et à la pêche. 

La prospérité naissante d'Anvers fut brusquement interrompue par l'arrivée des Normands. Ces 
pirates s'emparèrent en 837 du château des Anwerpiens, pillèrent et incendièrent leurs habitations et 
renversèrent l'église bâtie par saint Amand. Ils mirent le produit de leurs rapines en sûreté dans le château 
d'Anvers, dont ils relevèrent les murailles. 

Les Normands demeurèrent maîtres . d'Anvers même après la défaite de leur chef Godfried, vaincu 
à Louvain par Arnould de Carinthie en 893. Ils ne se retirèrent probablement qu'après le traité de 
St-Clair-sur-Eyste, par lequel Charles le Simple leur abandonna la plus grande partie de la Neustrie sous 
le nom de Duché de Normandie. 

Nous reproduisons ci-après deux sceaux : le premier, celui de gauche, est l'un des plus anciens 
sceaux connus de l'abbaye de St-Michel; le second, qui porte la légende : Sigillum monarchiœ Anùverpiensis 
est le sceau du Marquisat, du nef de bannière du Saint-Empire. 



■ * 




Il est permis de conjecturer que, pendant près de soixante ans qu'avait duré l'occupation d'Anvers 
par les Normands, les institutions du vieux Ganerbiat saxon avaient disparu. Ce ne fut que lentement 
qu'Anvers put se relever de ses ruines. Pendant tout le cours du X e siècle son nom n'est pas mentionné; 
il ne reparaît qu'au moment de son érection en Marquisat du Saint-Empire. Quand Othon I renouvela 
l'Empire d'Occident, qui n'était plus que l'Empire germanique, Anvers forma une Marche ou un Marquisat. 
Le Marquisat d'Anvers était divisé en neuf cantons ou quartiers. 

En 1008, le Marquisat d'Anvers fut donné à Gothelon, comte d'Ardenne et de Bouillon, qui devint 



, 







Façade d'une maison du XVI" siècle (située rue du Fromage). 






I I 



— i 4 — 

duc de Basse-Lotharingie. Depuis, le titre de Marquis d'Anvers demeura uni à celui de Duc de Lothier, 
et quand Godefroid VI, le héros immortel de la première croisade, mourut sans postérité sur le trône de 
Jérusalem, le Marquisat et le Duché passèrent d'abord aux mains de Frédéric, comte de Limbourg, puis à 
celles de Godefroid le Barbu, comte de Louvain. 

Nous savons qu'un certain nombre d'Anversois suivirent Godefroid de Bouillon à la première 
croisade. On sait aussi que, lorsque la grande armée des croisés arriva près des côtes de la Cilicie, elle y 
fut rejointe par des pirates qui, depuis huit ans, croisaient dans les mers d'Orient et s'étaient enrichis des 
dépouilles des infidèles. Ces pirates étaient des Flamands, des Frisons et des Anversois. Leur chef se 
nommait Guinemar et, par une singulière coïncidence, on l'appelait, du lieu de sa naissance, Guinemar 
de Bouillon. Ils abandonnèrent leurs navires pour suivre l'armée chrétienne à la conquête du St-Sépulcre. 

Mais revenons à l'histoire de notre ville. 

On ne sait exactement en quelle année cette pilla fut entourée la première fois de remparts. On 
sait seulement que ce fut sous le règne de Godefroid le Barbu (1106-1140). Il est probable que ces 
remparts n'étaient qu'un ouvrage en terre garni de palissades et entouré d'un fossé. La ville devient alors 
un oppidum. 

Le Bourg, cependant, demeurait la principale défense de la ville. Les ducs de Brabant en avaient 
confié la garde, à titre de bénéfice héréditaire, aux seigneurs de Diest, qui s'intitulaient Burggraves 
d'Anvers. 

Le premier seigneur de Diest qu'on trouve investi de ce titre est Arnold, qui vivait en l'an 1268. 
Sa descendance masculine s'éteignit en 1432. Après avoir subi divers échanges, le burggraviat d'Anvers 
échut, par voie d'achat, à Guillaume, duc de Juliers, qui l'échangea en 1490 avec Engelbert de Nassau, 
seigneur de Bréda et de Leck, dont les descendants, aujourd'hui rois de Hollande, portent encore parmi 
leurs titres celui de Burggrave d'Anvers. Les ducs de Brabant favorisèrent le commerce par une protection 
efficace, par des privilèges et des exemptions de péages. Le besoin de sécurité pour les transactions 
commerciales devint un des plus puissants stimulants pour les immunités de la bourgeoisie, et l'une des 
principales causes qui portèrent les bourgeois à faire préciser et consacrer leurs droits, sous la garantie du 
sceau de leur prince, dans les chartes communales. Bientôt la ville se trouva trop petite et, sous le règne 
du duc Henri I, les limites de la première enceinte furent reculées. Cette fois on ne se borna plus à élever de 
simples ouvrages en terre : on construisit de solides murailles revêtues en pierre et flanquées de fortes tours. 



Rien ne prouve mieux, 
assurément, la prospérité 
d'Anvers au xm e siècle et 
le rapide accroissement de 
la population que la né- 
cessité où l'on se trouva, 
par trois fois, d'agrandir son 
enceinte. 

Alors Anvers devint une 
véritable ville. Elle a perdu 
son caractère rustique ; la" 
commune s'organise. Le 
pouvoir administratif, exercé 
jusque-là par le châtelain 
du Bourg et les officiers 
du Duc, passe aux mains 
des échevins. Les métiers 




Le développement du Burghî. 



se groupent en corporations. 
Des édifices publics s'élèvent. 
Et non seulement la ville, 
oppidum, mais la commune, 
civitas, fut constituée. La 
personnification civile et po- 
litique est constatée par la 
construction d'un hôtel de 
ville, édifice qui est sa pro- 
priété et sur lequel le châte- 
lain du Bourg n'exerce plus 
aucune autorité. 

Quand le système com- 
munal eut prévalu partout 
autour d'eux, les habitants 
d'Anvers eurent peu de 
chose à faire pour mettre 



leurs institutions en harmonie avec celles des villes voisines, puisées d'ailleurs aux mêmes sources et 
animées du même esprit. Leurs coutumes, jusqu'alors transmises verbalement, furent écrites; les ordon- 
nances des magistrats, formulées en statuts, afin de les mettre sous la garantie du pouvoir souverain. De 
là, les Chartes de nos Ducs. 

La Charte constitutive, en quelque sorte, de la ville d'Anvers, est datée de 1290, et a pour auteur 
Jean I, duc de Brabant. C'est aussi la même année que paraît la Loi d'Anvers (Core van Antwerpen), 
recueil des statuts et ordonnances des magistrats. 






Nous ne pouvons résister au désir de mettre sous les jeux du lecteur la fi ère déclaration par laquelle 



s'ouvre le statut intitulé 

« Dans la ville et 
franchise d'Anvers, tous 
les hommes sont libres, 
et il n'y a point d'es- 
claves. » Pour devenir 
bourgeois d'Anvers il 
suffisait de se présenter 
un vendredi devant les 
échevins siégeant au 
Vierschare, de faire 
connaître par un certi- 
ficat légal son dernier 
domicile et sa bonne 
conduite, d'acquitter un 
droit de 20 sols, mon- 
naie de Louvain, et 
enfin de prêter serment, 
en présence de l'écou- 
tiges de ce monument historique : 
nous représente. 



l'état des personnes » : 




elle 



Le Burght actuel. 
conservé, des ruines du 



iurgt 3 ce que 



tète et des échevins, con- 
formément à la vieille 
formule, tandis qu'un 
personnage qu'on ■ ap- 
pelait la Verge rouge 
annonçait au son de la 
trompette que la com- 
mune venait de s'enri- 
chir d'un nouveau ci- 
toyen. 

Pleine de déférence 
pour le Burgt, cet an- 
tique témoin de la 
naissance de notre cité, 
la Ville n'a pas permis 
que la pioche des dé- 
molisseurs fît dispa- 
raître tous les ves- 
la gravure ci-dessus 



ORGANISATION DE LA COMMUNE. 



On distinguait deux sortes de magistrats. 

Les uns, émanation directe des citoyens et leurs représentants au dehors, étaient les Echevins et 
les Conseillers ; les autres, émanation du pouvoir souverain et son représentant au sein de la commune 
étaient l'Ecoutète [Schoutet) et l'Amman {Ambtman). 

L'Ecoutète et l'Amman devaient être nés Brabançons et bourgeois d'Anvers, et prêter serment entre 
les mains du Duc ou du Grand Sénéchal. 

L'Ecoutète d'Anvers représentait le Souverain dans tout le Marquisat. Il commandait la milice 
bourgeoise, recevait le serment de fidélité des échevins, assistait au Conseil où il avait voix délibérative, 
et revêtait leurs décisions du sceau ducal. Il faisait publier les ordonnances des Ducs au son du cor et 
veillait à leur exécution. 

Sa fonction la plus importante était de rechercher les malfaiteurs dans la ville et sa franchise, de 
les faire arrêter, emprisonner et juger et de faire exécuter les jugements. 

Sous les ordres de l'Ecoutète étaient les Massiers, chargés d'exécuter les ordres du magistrat, et les 
Hallebardiers, qui formaient sa garde particulière. 

L'Amman s'occupait spécialement des affaires civiles. Chargé surtout de la saisie des biens meubles 
et de la mise sous séquestre des immeubles, il avait sous lui trois officiers subalternes : la grande verge 
citait les parties et exécutait les jugements ; la petite verge les enregistrait ; le fripier vendait à l'encan les 
biens meubles des condamnés. 

Les huissiers de l'Amman remplissaient à peu près les mêmes fonctions que ceux de nos jours. 

La nomination des échevins se faisait, au nom du Duc, par le Chancelier de Brabant, assisté d'un 
ou de deux autres grands dignitaires. 

Ils avaient à choisir d'abord parmi les échevins en fonctions, dont la moitié ou neuf, devaient être 
maintenus, ensuite sur deux listes contenant chacune neuf noms, et présentées l'une par le magistrat, 
l'autre par les quartiniers ou chefs des diverses sections de la ville. 






— îG — 

Les échevins nommaient aux emplois salariés par la commune. Arec l'intervention de l'Ecoutète, ils 
avaient tout pouvoir pour faire ou reviser les statuts et ordonnances concernant les douanes, les poids et 
mesures, les impôts, ainsi que les règlements et instructions relatifs aux métiers et à tous les services publics. 

Si le Conseil n'eut pas d'existence légale jusqu'en i356, date à laquelle Jeanne et Wenceslas 
l'organisèrent, il est cependant certain que cette institution communale rendit, aux échevins, bien avant 
cette date, des services appréciés. 

Les Conseillers ne pouvaient prendre de décisions ; ils se contentaient de délibérer sur les questions 
d'utilité publique qui leur étaient soumises par les échevins. 

Dans des circonstances extraordinaires se réunissait le Large Conseil (Breeden Raed) composé des 
Bourgmestres, échevins, conseillers, receveurs, clercs de la ville, anciens échevins, chefs-hommes, doyens 
des métiers et bourgeois jurés tous ensemble désignés sous le nom de bonnes gens fgoede mannen). 

Jusqu'en l'année 1409, Anvers n'eut point de Bourgmestres. Le Conseil des échevins était présidé par 
l'Ecoutète, et deux échevins étaient chargés à tour de rôle, des fonctions dévolues ultérieurement aux 
Bourgmestres. 

L'institution des Bourgmestres, par les échevins, fut ratifiée par le Duc de Brabant, Antoine de 
Bourgogne, en 1411. Il y avait deux Bourgmestres; l'un était choisi par les échevins : on l'appelait Binnen- 
Burgemeester, Bourgmestre de l'Intérieur ; l'autre était pris en dehors du Conseil, parmi les notables de la 
ville et appelé pour ce motif Buyîen-Burgemeesier, Bourgmestre de l'Extérieur. 



ORGANISATION JUDICIAIRE. 



Les échevins exerçaient à la fois le pouvoir administratif et le pouvoir judiciaire. On comprend 
ainsi que, presque partout, il ait existé des échevins avant qu'il y eût une commune proprement dite. 

La Vierschare (scarre, autrefois scame, signifie banc, d'où vierscarre, quatre bancs) était la réunion du 
tribunal des échevins au grand complet, en séance solennelle. L'un des bancs était occupé par les échevins ; 
vis-à-vis d'eux siégeait l'Ecoutète, et, sur les deux bancs latéraux se trouvaient, d'un côté le plaignant ou 
demandeur et de l'autre, le prévenu ou défendeur. 

La juridiction du tribunal des échevins s'étendait sur tout le Marquisat. Ils rendaient des jugements, 
non seulement dans les affaires civiles ou criminelles, mais même dans les accusations pour crime de 
lèse-Majesté. 

En outre, on pouvait en appeler au tribunal des échevins des jugements rendus par les tribunaux 
inférieurs. Nous allons dire quelques mots de ces derniers. 

Le tribunal qui siégeait à la Halle aux draps connaissait de toutes les affaires concernant la fabri- 
cation à tous les degrés et la teinture des étoffes de laine. 

La Chambre des orphelins (Weeskamer), instituée en 1427, connaissait de tout ce qui concernait les 
intérêts des orphelins. 

La Chambre des Faiseurs de Paix (Peismakerskamer), s'efforçait de calmer les haines, de faire 
accepter des compensations pécuniaires, d'amener des transactions, des réconciliations. 

Le Tribunal des Syndicaux (Syndicalen) connaissait des affaires de mœurs. 

On appliquait, pour les actes de violence, la loi du talion. Pour les autres cas, la peine la plus 
commune consistait en amendes. L'emprisonnement n'était pas en usage comme pénalité mais seulement 
comme mesure de sûreté en attendant le jugement des échevins. 

Quant aux droits civils et politiques, dont l'ensemble constituait le droit de bourgeoisie anversois, ils 
étaient placés sous la garde spéciale des chefs-hommes (hoofdmannen) et des quarteniers (wykmeesters). Le 
bourgeois qui se croyait lésé dans ses droits devait s'adresser aux quarteniers de la section, qui présentaient 
l'affaire aux chefs-hommes, lesquels, après l'avoir examinée, la soumettaient aux Bourgmestres et échevins 
et s'en constituaient les défenseurs. 

D'autres offices complétaient l'organisation communale. 

Les examinateurs étaient chargés de fixer le prix des denrées alimentaires ; de s'assurer, en visitant 






de temps en temps les boulangeries, que le pain avait la dimension et le poids voulus, qu'il était fabriqué 
et vendu conformément à l'usage et aux règlements. 

Les maîtres des chartes, au nombre de six, possédaient chacun une clef du coffre de bois {de Kom) 
dans lequel étaient renfermés les originaux des chartes, privilèges, octrois et autres pièces importantes. 

L'ouverture de ce coffre ne pouvait donc se faire sans la présence des six maîtres. De plus, il fallait 
pour cela l'autorisation du Large Conseil, c'est-à-dire de toute la commune. 

Le secrétaire de la ville fut désigné jusqu'en 1408 sous le nom de clerc. 

Guicciardini nous fait connaître en quoi consistaient les fonctions du secrétaire : 

« En l'absence des Pensionnaires, les quatre secrétaires font quasi le même office qu'eux, et davantage 
« ils ont le petit sceau en main, font les instruments et contrats de venditions et choses semblables ; et 
« c'est à eux à signer les actes faictz en jugement et causes criminelles. » 

Enfin, les deux Pensionnaires étaient chargés du contentieux. 



REGNES DE JEAN II ET DE JEAN III. 



Jean I, dont le règne 
avait été si favorable au 
développement des fran- 
chises communales et du 
commerce anversois, mou- 
rut, en 1294, des suites 
d'une blessure reçue dans 
un tournoi. 

Son fils et successeur, 
Jean II, était à Londres 
quand ia nouvelle de la 
mort de son père lui par- 
vint. Il se hâta de revenir 
pour prendre possession 
de l'héritage paternel. 

Un des actes les plus 
importants posés par ce 
prince fut la charte donnée 
en i3i2 et connue sous le 
nom de charte de Cor- 
temberg. Ce document 
peut être regardé comme 
le premier essai d'une re- 
présentation nationale en 
Belgique. 

L'Assemblée de Cor- 
temberg, constituée par 
ce décret, était composée 




Ancienne Chapelle de l'Hospice de St-Julien 
fondée en l'an i3o5, à la rue Haute. 



de nobles et de roturiers 
représentant les principa- 
les villes du pays. Ces dé- 
putés devaient tenir toutes 
les trois semaines une 
assemblée à Cortemberg 
<• tant pour y examiner 
« et connaître, corriger et. 
« redresser les abus et les 
« défauts qui pourraient 
« s'être glissés par le passé 
« dans l'administration du 
« pays, ou qui pourraient 
« s'y introduire dans la 
« suite, que pour porter 
« les statuts etdécrets qu'ils 
« croiraient utiles au bien 
« public. » 

Il est aussi stipulé 
dans la charte « que tous 
« les statuts et décrets 
« portés par l'assemblée 
« de Cortemberg, seraient 
« dès maintenant ratifiés 
« par le Duc et ses suc- 
« cesseurs , et que, s'il 
« arrivait que l'un ou 
« l'autre des Ducs vînt à 



« les enfreindre, ou refusât de les observer, les sujets seraient autorisés à refuser le service jusqu'à ce que le 
« prince se fût conformé à ces décrets. » 

Jean II avait acquis, par achat, la Seigneurie de Marines. Pour rétablir son autorité et l'ordre dans 
cette ville, livrée aux fureurs de la populace, le Duc leva une armée et vînt mettre le siège devant 
Malines. Il équipa à Anvers une flotille commandée par Van Borne qui rencontra celle des Malinois à 






1 



I i 



I 



Rupelmonde. Les Malinois furent presque tous tués, pris ou noyés. Cette défaite les força à se remettre à 
la discrétion du vainqueur, qui se contenta de les condamner à une forte amende. 

A Jean II succéda son fils Jean III. 

Le commencement du règne de ce prince fut marqué par trois effroyables fléaux, auxquels Anvers 
paya un large et douloureux tribut. 

Des pluies incessantes empêchèrent toute récolte. 

La conséquence de cette première calamité fut une famine affreuse. « Si grande était la misère du 
« peuple, dit un historien de l'époque, que nul ne le pourrait raconter ; car les gémissements et les pleurs 
« que l'on entendait parmi les pauvres eussent attendri les pierres. Ils gisaient le long des rues, se lamen- 
« tant et poussant de grandes plaintes ; et leurs corps gonflaient par l'effet de la faim, et ils mouraient 
« enfin de misère, en si grand nombre, qu'on les portait en terre par dizaines, et qu'on en jetait dans une 
« même fosse jusqu'à soixante et plus. » 

La peste, cette terrible peste noire, qui fit tant de ravages en Europe, n'épargna pas les malheureux 
habitants d'Anvers. 

Disons encore que pendant que tous ces fléaux sévissaient, la menace d'une guerre resta suspendue 
sur la tête des Anversois ; mais heureusement cette calamité leur fut épargnée. 

Ce fut sous le règne de Jean III que se firent jour les compétitions au trône de France, devenu 
vacant par la mort de Charles le Bel. Edouard III, roi d'Angleterre, qui avait des prétentions à cette 
succession, chercha des alliés parmi les princes belges. Il vint faire un assez long séjour à Anvers, 
s'occupant fort activement de susciter des ennemis à son rival (Philippe de Valois), et s'apprêtant à entrer 
en campagne, aussitôt que la saison le permettrait. 

Le séjour de la famille royale et de la brillante noblesse qui l'accompagnait fut pour Anvers une 
abondante source de profits ; mais on dit qu'Edouard, frappé de la grande prospérité de la Flandre et du 
Brabant, prospérité due en majeure partie à la fabrication du drap, résolut de convertir l'Angleterre, 
jusqu'alors agricole et commerçante, en une vaste manufacture : les effets de cette concurrence ne tardèrent 
pas de se faire sentir en Belgique. 

Jean III octroya diverses chartes aux habitants d'Anvers. Dans une de ces chartes, il stipule que 
«c toute personne demeurant à Anvers ou y arrivant, peut toujours exiger que justice lui soit rendue, les 
« bourgeois selon le droit coutumier de la ville, les étrangers selon les lois de leur pays.» 

Dans une autre, on lit que « les marchands étrangers qui résident dans la ville d'Anvers, ainsi que 
« leur ménage, sont libres, et il leur est loisible de continuer de demeurer dans la ville, nonobstant qu'il 
« survienne quelque guerre entre leur pays et le Duc ou les pays qui lui sont soumis. Cependant, s'il 
« plait au Duc, il peut leur interdire le séjour de la ville, mais après cette défense faite de la part du Duc, 
« ils ont encore trois mois pour partir librement et en sûreté, avec leurs biens et leur famille, sans que, 
« durant ces trois mois, ils puissent être inquiétés dans leur personne ou dans leurs biens. » 

Toutes ces dispositions portent la marque d'un esprit sage et d'une sollicitude éclairée pour les intérêts 
commerciaux; Jean III fut un des princes qui ont acquis le plus de titres à la reconnaissance des Anversois. 



ANVERS SOUS LES COMTES DE FLANDRE. 



La mort de Jean III fit échoir le duché de Brabant à son gendre Wenceslas de Luxembourg. Le 
Luxembourg et le Brabant se trouvèrent donc réunis dans les mains de ce jeune prince après la mort de 
son beau-père ; mais il s'en fallait de beaucoup que ses qualités morales répondissent à sa haute fortune. 

Il inaugura son règne en se brouillant, pour une question d'argent, avec le jeune comte de Flandre, 
Louis de Maele, qui avait épousé la seconde fille de Jean III, et lui fournit ainsi un prétexte pour envahir 
la ville de Bruxelles et une partie du Brabant. A la vérité, les Brabançons, conduits par Everaert 
T'Serclaes, réussirent bientôt à délivrer leur capitale ; mais Wenceslas fut forcé de céder à son ennemi les 
villes de Malines et d'Anvers, et de subir d'autres conditions humiliantes. 

Le règne de Louis de Maele fut, pour Anvers, une période de calamités. Ce prince porta de graves 



atteintes à la prospérité commerciale d'Anvers ; les privilèges de cette ville furent en partie abolis ; des 
actes de violence répondirent aux doléances des magistrats qui se plaignaient de la violation de leurs 
droits : telles furent, en résumé, les tristes conséquences de l'ineptie de Wenceslas et de la perfide rancune 
de Louis de Maele. 



AVÈNEMENT DE LA MAISON DE BOURGOGNE DANS LA FLANDRE ET LE BRABANT. 

ANVERS RENDU AU DUCHÉ DE BRABANT. 

LE MARQUISAT D'ANVERS RÉUNI AUX ÉTATS DE LA MAISON DE BOURGOGNE. 



Louis de Maele mourut à Saint-Omer, le 29 janvier 1348, haï et méprisé tant de ses sujets flamands 
que des Anversoïs. Philippe le Hardi, au nom de sa femme Marguerite, fille unique de Louis de Maele, 
prit possession des comtés de Flandre, d'Artois, de Nevers, de Réthel et des Seigneuries de Malines et 
de Salins. Il héritait en même temps de la souveraineté que Louis de Maele avait exercée sur Anvers. 

Philippe le Hardi confirma les privilèges et libertés des Anversoïs. L'acte le plus important de son 
règne fut le rétablissement d'un Ecoutète et d'un Amman, magistrats dont les fonctions, sans être supprimées, 
étaient restées, sous Louis de Maele, sans titulaires. Il protégea également le commerce en accordant des 
garanties aux marchands qui se rendaient à Anvers ou en revenaient. Maïs en même temps il se produisit 
dans notre organisation judiciaire un changement qui ne fut nullement à notre avantage. La juridiction 
suprême pour les affaires civiles fut transférée de l'assemblée de Cortemberg au parlement de Paris : 
c'était une conséquence de l'annexion d'Anvers aux États d'un grand vassal de la couronne de France. 

Philippe le Hardi montra de bonne heure ce goût pour le luxe et la magnificence qui distingua la 
seconde maison de Bourgogne. Mais ses revenus n'étaient guère en rapport avec ses besoins. Aussi eut-il 
souvent recours aux « bonnes villes » qui ne craignirent pas de contracter des dettes, sous forme d'emprunts., 
pour subvenir aux frais énormes qu'occasionnait au Duc son faste inouï. 

Il mourut le 17 avril 1404. Cet événement détermina la Duchesse Jeanne, qui gouverna après la 
mort de Wenceslas, les duchés de son époux, à abdiquer en faveur de sa nièce Marguerite, épouse de 
Philippe le Hardi. Jeanne lui céda, sous forme de donation, ses duchés de Brabant et de Limbourg. Il fut 
stipulé en même temps qu'Anvers et Malines feraient désormais et à perpétuité partie du duché de Brabant. 
Marguerite désigna pour gouverner le Brabant pendant son vivant et le posséder après sa mort, Antoine, 
comte de Réthel, son second fils, qui fut reconnu par les états comme gouverneur ou Ruwaerd du 
Brabant. A la mort de Marguerite, sa mère, il ajouta à ce titre celui de duc de Limbourg. 

Ce nouveau règne fut accueilli à Anvers avec la plus grande joie. Le retour au duché de Brabant 
semblait devoir ramener tous les avantages qu'on avait trouvés autrefois dans cette réunion. Le seul 
avantage que les Anversoïs retirèrent de la domination d'Antoine, fut la restitution, à leur ville, du droit d'étape ou 
d'entrepôt On appelait ainsi la faculté de faire décharger dans la ville, pour être vendu aux habitants, 
tout ou partie des marchandises qui y étaient introduites. Les trois étapes les plus considérables que 
possédât la ville d'Anvers étaient celles du poisson, du sel et de l'avoine. Ces étapes, qu'on trouve en 
possession des Anversoïs dès la fin du XII e siècle, leur rapportaient ■ grand profit. 

Louis de Maele les en priva en les donnant à Malines. Ce fut Antoine de Bourgogne qui, par une 
charte en date du 28 mars 1410, les leur rendit. Les Anversoïs en avaient été privés pendant cinquante-trois ans. 

Quant au reste, on peut dire qu'il y a dans notre histoire peu de règnes aussi nuls que celui de 
ce prince. Il n'avait pas beaucoup d'empire sur les villes de sa province. Il prétendait que la bourgeoisie 
lui devait le service militaire, toutes les fois qu'il l'exigeait; mais les. citoyens ne voulaient combattre que 
dans les expéditions qu'ils auraient approuvées. Le débat fut long; mais le Duc finit par céder. Il fut tué 
peu de temps après à la bataille d'Azincourt, livrée par l'armée de France à celle d'Angleterre. 

Après la mort d'Antoine de Bourgogne, sa veuve Elisabeth de Gorlitz épousa Jean de Bavière, l'élu 
de Liège. Les duchés de Brabant et de Limbourg et le marquisat d'Anvers échurent à son fils aîné, qui 
prit le nom de Jean IV. L'histoire de ce prince ne touche directement à celle de notre ville que par les 
continuelles demandes d'argent que valait à Anvers sa réputation de richesse. Livré à la dissipation et à la 



■ 



débauche, uniquement occupé de ses plaisirs, habitué au faste dont les princes de la maison de Bourgogne avaient 
fait un moyen de domination, les revenus ordinaires du duché de Brabant ne pouvaient lui suffire. Il mourut 
à lage de vingt-quatre ans, le 17 avril 1427, après avoir fondé, l'année précédente, l'Université de 
L ou vain. 

Comme Jean IV n'avait pas laissé d'enfants, sa succession passa à son frère cadet Philippe, comte 
de Saint-Pol. Mais ce jeune prince, qui promettait de régner avec honneur, fut enlevé, en 1430, par une 

clat de toutes 



mort précoce. 
Alors le Bra- 
bant échut à 
Philippe le 
Bon, comme 
auplusproche 
héritier des 
derniers ducs. 
Le nouveau 
souverain, 
aussi habile 
qu'ambitieux, 
reconnut et 
confirma tous 
les privilèges 
des Braban- 
çons, et dis- 
sipa par ce 
moyen les in- 
quiétudes que 
pouvait inspi- 
rer au peuple 
l'étendue de 
sa puissance. 
Il eut cepen- 
dant quelques 
démêlés avec 
les Anversois, 
démêlés qui 
prirent pres- 
que tous leur 
source dans 
le besoin d'ar- 
gent où se 
trouvait fré- 
quemment le 
Prince. 

Le luxe 
prodigieux de 
Philippe le 
Bon, qui fai- 
sait pâlir l'é- 




Facades en bois de Maisons du XV a siècle. 



les cours sou- 
veraines de 
l'Europe, sans 
en excepter la 
couronne im- 
périale, coû- 
tait cher aux 
villes de ses 
États. On en 
jugera par les 
sommes énor- 
mes qu'il tira 
de la seule 
ville d'An- 
vers. Dans le 
subside de 
325,ooo écus 
consenti en 
1433 par les 
états de Bra- 
' bant, la ■ part 
d'Anvers fut 
de 817 écus. 
Le 8 novem- 
bre de la 
même année 
elle paya 
3,000 Peeiers 
d'or dans 
l'emprunt de 
3o,ooo pee- 
ters fait en 
Brabant; une 
somme égale 
de 3,ooo pee- 
ters fut en- 
core payée 
dans le com- 
mencement 
de l'année 
suivante. En 



1430 la ville avait encore consenti, d'abord 3, 200 florins nouveaux, appelé Philips-gulden, dans l'emprunt 
de 40,000 florins, et plus tard, 10,000 philips. Si ces nombreux emprunts — nous n'en avons rapporté 
qu'une faible partie — prouvent l'incurable pénurie de la caisse ducale, ils prouvent aussi pour Anvers 
une augmentation considérable de la richesse publique. 

La politique de Philippe le Bon fut aussi odieuse dans ses moyens que désastreuse dans ses 






conséquences. Qu'on n'objecte pas l'éclat de sa cour, la renaissance des arts sous son règne, l'édification 
de la cathédrale d'Anvers, de l'hôtel de ville de Louvain et de tant d'autres monuments splendides qui sont 
le produit d'une époque et qui ne doivent rien au Duc de Bourgogne. Il est même permis de supposer 
que les nombreuses exactions que toutes nos villes durent souffrir, les mirent dans l'impossibilité d'exécuter 
bien des projets utiles et que réclamaient impérieusement les besoins nouveaux que le progrès des temps 



avaient fait 
naître. 

Philippe 
le Bon mou- 
rut à Bru- 
ges, le 1 6 
juin 1467, à 
l'âge de soi- 
xante-douze 
ans. Sonfils 
le comte de 
Charolais, 
si célèbre 
depuis sous 
le nom de 
Charles le 
Téméraire, 
lui succéda 
dans le mar- 
quisat d'An- 
vers, com- 
me dans ses 
autres titres 
et souverai- 
netés. 

Dès son 
début en 
Belgique, 
ce prince 
rencontra 
de vives 
préventions 
secrète- 
ment exci- 
tées par les 
intrigues de 
1 ' astucieux 
Louis XI, 
jaloux et in- 
quiet de 
1 ' extension 
considéra- 




Maisons des anciennes corporations des Tonneliers et du vieil Arbalète, 
reconstruites en 1576. 



ble qu'avait 
prise dans 
ces derniers 
temps la 
puissance 
delà Maison 
de Bour- 
gogne. Des 
séditions 
éclatèrent 
dans plu- 
sieurs villes 
de ses E- 
tats, à Gand 
d'abord, 
puisa Mati- 
nes, à Bru- 
xelles et à 
Anvers. El- 
les furent 
énergique - 
ment répri- 
mées ; mais 
si l'ordre se 
rétablit, la 
haine, la 
méfiance et 
un secret 
désir de 
vengeance 
remplacè- 
rent l'af- 
fection que 
tout bon 
prince doit 
s'efforcer 
de mériter. 
Ce pen- 
dant An- 
vers doit lui 
savoir gré 
de quelques 



sages mesures : ainsi en l'absence du prince, un Conseil et un Chancelier le remplaçaient, et tous les membres 
de ce Conseil devaient être nés Brabançons et posséder la langue thioise ou flamande. Mais en somme, Charles 
ne s'occupa guère du bien-être de ses sujets flamands ou brabançons. 11 ne les estimait qu'à cause de leur 
richesse, mais il les détestait pour leur fierté et leur turbulence. Il regrettait que les. opulents bourgeois de Bruges 
et d'Anvers ne fussent pas taillables à merci comme les vilains de ses domaines féodaux de la Bourgogne. 
Charles espérait un jour pouvoir briser ces obstacles incommodes, faire un feu de joie de tous ces 

3 









parchemins surannés qu'à son avènement il avait juré de respecter, seulement par politique et par pure 
formalité, et une fois qu'il aurait reconstruit le royaume de Lothaire, une fois la Suisse domptée, l'Alsace 
et la Lorraine conquises, il comptait bien, de sa main victorieuse, serrer le frein à toutes ces petites répu- 
bliques indociles et tapageuses, si mal façonnées à porter le bât du despotisme. 

La mort ne lui laissa pas le temps d'accomplir ces projets. Ii fut tué devant' Nancy, le 6 janvier 1477. 

A la nouvelle de sa mort, des émeutes éclatèrent dans les principales villes de la Belgique. Son 
gouvernement était devenu odieux, et partout on réclamait les vieilles libertés qu'il avait détruites. A An- 
vers, les troubles commencèrent au mois de mars 1477. Le peuple accusait les magistrats d'avoir comploté 
avec le Duc de Bourgogne l'anéantissement des privilèges de la commune et l'augmentation des impôts. Sa 
colère se tourna particulièrement contre les frères Nicolas et Pierre van der Voordt, trésoriers de la ville, 
qui avaient acheté l'accise de la bière. A tort ou à raison, on leur reprochait d'avoir dilapidé le trésor 
public, et on exigeait qu'ils rendissent un compte immédiat des recettes et des dépenses. Les métiers 
prirent les armes et occupèrent sans désemparer, pendant l'espace de six ou sept semaines, leurs chambres 
et la place de l'Hôtel-de- Ville, buvant outre mesure de la bière et d'autres boissons dont ils refusaient de 
payer l'accise. Cependant les magistrats n'opposaient à leurs réclamations insolentes que le silence du 
dédain. A la fin, les métiers se lassèrent de n'obtenir aucune satisfaction; un soir qu'ils étaient rassemblés, 
ils s'emparèrent de l'Hôtel de Ville, firent prisonniers le seigneur de Ranst, le bourgmestre Henri van de 
Werve, les éehevins Jean Van Mechelen, Jean Schoyte, Walraven Drake; le receveur Guillaume van 
Riethoven et les trésoriers Pierre et Nicolas Van der Voordt, objets particuliers de la haine populaire. 
Tous ces personnages furent conduits d'abord dans les chambres des métiers des merciers et des bateliers ; 
ils furent ensuite transférés et étroitement enfermés dans la tour des Poissonniers. 

La duchesse Marie, fille unique de Charles et son héritière, se trouvait alors à Gand, où sévissait 
une révolte non moins formidable, dont furent victimes les chanceliers Hugonet et Humbercourt. Lorsqu'elle 
apprit les troubles d'Anvers, elle envoya dans cette ville Adolphe de Clêves, seigneur de Ravesteïn, et les 
seigneurs de Perwez et de Culembourg, avec la mission d'apaiser la révolte par les voies de la douceur 
et de la persuasion. Ils montrèrent au peuple des lettres de la Duchesse dans lesquelles elle intercédait 
pour la liberté des magistrats qu'on détenait en prison. Mais à peine daigna-t-on les écouter et les trois 
seigneurs repartirent pour Gand sans avoir rien obtenu. Toujours dans l'espoir d'obtenir l'élargissement 
des prisonniers, la duchesse Marie fit des concessions: c'est ainsi que le Bourgmestre de l'intérieur, Jean 
Pels, le principal instigateur des troubles, fut choisi dans le métier des bateliers, et que, pour îa première 
fois, on vit siéger dans l'échevinage des hommes pris dans les corps des métiers. Mais le peuple voulait 
une seconde représentation de la tragédie qui venait de se dénouer à Gand par la mort des chanceliers 
Hugonet et Humbercourt. Les deux infortunés trésoriers furent condamnés, dans un plaid populaire, à la 
peine capitale, et le 6 mai, sur un échafaud dressé au milieu de la place du Grand-Marché, ils eurent 
la tête tranchée, aux cris de joie féroces d'une multitude innombrable. 

Quant aux autres prisonniers, ils furent rendus à la liberté, après avoir fait l'objet d'une procédure 
plus ou moins régulière. L'ordre se rétablit peu à peu, sans violence. La Duchesse ratifia les sentences 
prononcées pendant ces jours de trouble; elle comprit que des mesures de rigueur ne répareraient pas le 
mal accompli et ne lui ramèneraient pas l'affection populaire. D'ailleurs ce n'était pas contre l'autorité 
souveraine, mais contre les magistrats que le mouvement avait été dirigé : la Duchesse agit sagement en 
laissant la commune se pacifier elle-même. 

Cependant, pour arrêter l'astucieux Louis XI, qui avait déjà commencé la conquête du Hainaut, 
les villes belges se hâtèrent de donner à Marie un époux capable de défendre ses possessions, et elles se 
décidèrent pour l'archiduc Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric III. 

Les États de Flandre et le Brabant reconnurent la co-souveraineté de Marie et de Maximilien. 

L'inauguration solennelle de Maximilien à Anvers eut lieu le 14 janvier 1478. Une estrade magni- 
fiquement décorée de tapis, d'étoffes de velours et de soie, avait été dressée sur la place du Marché. Le 
magistrat y donna lecture des privilèges de la ville, que le prince jura de maintenir. Alors toute la com- 
mune éleva la main droite au-dessus de la tête en signe qu'elle jurait d'être fidèle au jeune souverain. 

Le 28 avril, la paix fut faite entre la ville et les anciens magistrats qui avaient été indûment 
emprisonnés. La mémoire des frères Van der Voordt fut réhabilitée. La ville fut obligée de leur élever 
un monument expiatoire et de prendre soin de leurs veuves et de leurs enfants. Quant à Guillaume Van 
Riethoven, Maximilien l'avait relevé de son serment, et il était allé se fixer à Malines. 




Armoiries de la Confrérie de St-Luc, des chambres de Rhétorique, des Corps de métiers et des Serments. 






Telle fut la fin de ces troubles, qui n'eurent en définitive, comme tous les désordres de ce genre, d'autres 
résultats que d'ébranler momentanément le respect dû à la loi et d'aggraver les charges financières de la ville. 

Celles-ci commençaient à devenir fort lourdes, à cause des nombreux subsides accordés aux souve- 
rains, depuis le commencement du règne de la maison de Bourgogne. En 1472, la ville vendit pour six 
cents couronnes de rentes perpétuelles. D'après un compte de 1474, Anvers payait alors, en impôts au 
profit du souverain, la somme de i3,36i florins. Pour remédier au désordre des finances, on fit en 1475 
un long règlement, où l'autorité du Duc n'était pas invoquée ni son intervention reconnue nécessaire. Mais 
les guerres continuelles soutenues par Maximilien rendirent ce règlement inutile, et les charges de la ville 
s'aggravèrent d'année en année. Heureusement l'état prospère du commerce augmentait ses ressources en 
même temps que les exigences du souverain accroissaient ses dettes. 

L'armée avec laquelle Maximilien fit la guerre à la France, et qui battit à Guinegate celle de 
Louis XI, avait été réunie à Anvers. On cite parmi les Anversois qui se distinguèrent dans cette brillante 
journée, les chevaliers Charles Van Immerseel, Josse Van Berchem, Guillaume Van Liere et Conrad Pot. 

Au printemps de cette même année (1479), se tint à Anvers la première Assemblée des États-Géné- 
raux des Pays-Bas. Maximilien en personne présida la session, qui dura cinq semaines. Marie de Bour- 
gogne méritait l'amour du peuple. Pleine 
de grâce et de modestie, dévouée à Maxi- 
milien qui l'aimait sincèrement, elle mon- 
trait autant de douceur que le Téméraire 
avait eu de rudesse. Mais son règne devait 
être court. A peine avait-elle recueilli les 
premiers hommages de ses sujets, qu'un 
accident fatal vint l'enlever à la Belgique. 
Elle fut renversée de cheval, dans une 
chasse au fau- 




con et mourut 
à Bruges, le 
28 mars 1482. 
Avec elle s'étei- 
gnit cette fa- 
meuse maison 
de Bourgogne 
qui avait tenu 
la Belgique 
sous sa domi- 
nation depuis 
un siècle,à par- 
tir de l'avène- 
ment de Phi- 
lippe le Hardi. 
Marie de 
droit. Il réclamait en outre la régence du pays; les États de Flandre s'y opposèrent et s'emparèrent de leurs 
futurs souverains. Cependant, l'opposition des Anversois fut de courte durée; l'intérêt les rallia à Maximilien, 
dont ils attendaient de grands avantages pour leur commerce. Le 16 février i486, Maximilien reçut à Aix- 
la-Chapelle le titre de Roi des Romains. Le 3 juillet, il fit, en cette nouvelle qualité, une entrée solennelle 
a Anvers. Au mois de septembre de cette même année, l'empereur Frédéric III, accompagné de son fils 
et de son petit-fils, visita notre ville et alla loger à l'abbaye St-Michel. 

Mentionnons ici un autre séjour fait à Anvers par le même empereur. Aux mois d'août et de sep- 
tembre 1488, il passa près de six semaines à l'abbaye St-Michel, pendant que ses troupes allemandes 
guerroyaient avec les Flamands, insurgés de nouveau contre Maximilien. Dans la guerre que celui-ci eut 
à soutenir contre les communes flamandes, Anvers et Malines furent les seules villes de la Belgique qui soutinrent 
franchement son parti: Anvers, parce que déjà son commerce luttait avec celui de Bruges; Malines, 
parce qu'elle attendait de Maximilien le rétablissement du Grand Conseil, qui avait été transféré à La Haye. 



Ruines de l'Abbaye St-Michel. 



Bourg og n e 
laissait de son 
mariage avec 
Maximilien 
deux enfants, 
un fils nommé 
Philippe, alors 
âgé de quatre 
ans, et une fille 
du nom de 
Marguerite. 
D'après les sti- 
pulations de 
leur contrat 
de mariage, 
Maximilien 
n'avait aucun 
droit de lui 
succéder dans 
l'héritage des 
ducs de Bour- 
gogne, mais la 
tutelle de ses 
enfants mi- 
neurs lui ap- 
partenait de 






Cependant le mouvement populaire de 1477 avait laissé debout à Anvers la concession faite par 
Marie de Bourgogne relativement au choix des Magistrats. Au mois de novembre i486, Maximilien, par 
une charte donnée au nom de son fils Philippe, rétablit les choses sur l'ancien pied, c'est-à-dire que les 
échevins ne pouvaient plus être choisis dans les métiers, mais exclusivement dans la haute bourgeoisie ou 
la noblesse, parmi des candidats à présenter par les échevins sortis de fonctions, les chefs-hommes et les 
quartiniers. Ainsi l'introduction de l'élément démocratique dans l'échevinage n'avait pas été de longue durée. 

Une autre mesure importante concernant l'échevinage fut prise sous Maximilien. En 1488, la juri- 
diction des échevins fut étendue jusqu'à Dambrugge, Deurne, Berchem et le Kiel, sur un territoire formant 
un demi-cercle autour de la ville. Cette enceinte forma la cuve (Kuyp) d'Anvers. Des bornes de pierre 
portant du côté de la ville la main de justice furent placées aux limites de cette juridiction. Tous ceux 
qui étaient nés dans cette enceinte acquirent les droits et furent tenus de supporter les charges de bourgeois 




Maisons du XVI e siècle, Anciennes corporations des Arquebusiers, des Bateliers, 
du Vieil Arc et des Poissonniers. 



d'Anvers. Comme, par suite de cet agrandissement, la besogne du collège échevinal se trouva considéra- 
blement augmentée, le nombre des échevins fut porté de douze à seize, par une charte du 26 novembre 1490. 

L'empereur Frédéric III étant mort au mois d'août 1493, Maximilien fut appelé à lui succéder au 
trône impérial. Il se rendit en Allemagne, et bientôt après il abandonna la régence des Pays-Bas, qu'il 
n'avait exercée qu'au nom de son fils Philippe. 

Sans vouloir atténuer les torts des ducs de Bourgogne, on peut constater le bien qu'ils ont fait : 
ils relièrent en un faisceau des provinces jusqu'alors divisées et presque étrangères les unes aux autres ; 
ils jetèrent les bases de l'administration générale, de l'unité politique, de l'indépendance de la Belgique. 
Dès le XV siècle, ils avaient créé cette nation qui, après l'extinction de leur dynastie, fut livrée à tant 
de vicissitudes. L'ancienne grandeur du pays déclina, son opulence devait s'évanouir un jour ; mais jamais 
l'œuvre des ducs de Bourgogne ne périt entièrement. 



RÈGNE DE LA MAISON D'AUTRICHE. 



Lorsque Philippe le Beau prit en son nom le gouvernement des Pays-Bas, il était à peine âgé de 
quinze ans. En 1496, il épousa Jeanne d'Espagne, en même temps que sa sœur Marguerite épousait le 
frère de Jeanne, Don Juan, fils et héritier de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille. Deux ans 
après, Don Juan mourait sans laisser d'enfants, et Philippe se trouva l'héritier présomptif des trônes de 
Castille et d'Aragon. Philippe habitait de préférence l'ancien château des comtes de Flandre, à Gand. 
C'est là que naquit le i5 février i5oo, son fils aîné, qui fut nommé Charles, en mémoire du dernier duc 



de Bourgogne, et dont la 
puissance devait s'étendre 
un jour sur plus de la 
moitié du monde. 

Philippe le Beau 
établit, en 1504, à Malines, 
une cour suprême de jus- 
tice sous le nom de Grand 
Conseil. Cette cour tut 
composée de deux cham- 
bres, dont la première s'oc- 
cupait des affaires de poli- 
tique et d'administration et 
dont la seconde formait 
une sorte de Cour d'appel. 
La première demeura atta- 
chée au souverain sous le 
nom de Conseil privé. 

La mort d'Isabelle 
de Castille ayant forcé 
Philippe à retourner en 
Espagne, il y trouva lui- 
même un tombeau. Une 
fièvre aiguë l'emporta en 
quelques jours (septembre 
i5o6) et sa malheureuse 
veuve devint folle de dou- 
leur. 

Ainsi, à l'âge de six 
ans, le petit-fils de Marie 




Maison de l'Ancienne Corporation des Bouchers, 
construite en l'an i5oo par la dite corporation. 



de Bourgogne joignait la 
couronne de Castille à 
l'héritage du Téméraire, 
sauf quelques coins de la 
France que Louis XI en 
avait détachés. A seize ans 
la mort de Ferdinand le 
Catholique y joignit l'Ara- 
gon, la Sicile et les im- 
menses possessions dont la 
découverte de Christophe 
Colomb avait doté l'Es- 
pagne. A dix-neuf ans, 
Charles- Quint ceignit la 
couronne impériale et se 
trouva le monarque le plus 
puissant qui eût régné en 
Europe depuis Constantin 
et Charlemagne. 

Durant les années de 
sa minorité, ce fut la tante 
du futur César, Margue- 
rite d'Autriche, veuve de 
Don Juan d'Aragon et de 
Philibert de Savoie, qui 
exerça la régence en son 
nom dans les provinces 
belgiques. Elle fut inau- 
gurée à Anvers le 24 juin 
i5o6 comme gouvernante 



du marquisat du Saint-Empire et tint en cette qualité deux diètes solennelles dans l'abbaye de St-Michel. 
L'empereur Maximilien vint de son côté se faire reconnaître à Anvers en qualité de Ruwaerd, le 17 sep- 
tembre i5o8, et y fit un séjour de plusieurs mois. 

Marguerite avait fixé sa résidence à Malines, avec les enfants de Philippe le Beau. Tous nos 
historiens ont loué la sagesse de son administration, sa prudence et son énergie toute virile. Le temps 
qu'elle présida à nos destinées fut pour la Belgique une époque de transition durant laquelle se préparait 
sourdement un changement immense. Pour Anvers en particulier ce fut un temps de calme et de prospé- 
rité, et lorsque Charles atteignit sa majorité, il n'aurait eu, pour conserver l'amour de ses sujets belges, 
qu'à continuer la politique à la fois ferme et conciliante dont Marguerite lui avait donné l'exemple. 
Charles-Quint fit son entrée solennelle à Anvers le 11 février i5i5, en qualité de duc de Brabant et de 
marcgrave du Saint-Empire. Dans sa joyeuse entrée, il promettait de respecter les privilèges et les franchises 






— 2 7 



accordés par les ducs de Brabant, ses prédécesseurs ; il stipulait que les chartes relatives aux privilèges du 
Brabant et du Marquisat devaient être conservées à Anvers ; que lui-même porterait le titre et les armes 
de marquis du Saint- Empire ; que le chancelier de Brabant devait être versé dans les langues latine, française 
et flamande ; qu'Anvers resterait à perpétuité uni au duché de Brabant, etc. Si le duc de Brabant, dont 
émanait cet acte, était en même temps roi d'Espagne, de Naples et de Sicile et roi de l'hémisphère 
Indien, les Anversois n'y pouvaient voir encore qu'une circonstance heureuse, qui devait ouvrir à leur com- 
merce maritime toutes les mers du globe. Avant de partir pour l'Espagne, où l'appelait la succession de 
Ferdinand le Catholique, Charles tint à Anvers une assemblée des États généraux. 

Une nouvelle réunion des Etats eut lieu dans notre ville, en i5ai, à propos de son élection à 
l'Empire. Ce fut une occasion de fêtes magnifiques. Le nouvel empereur fit son entrée à Anvers le 
23 septembre, escorté d'une garde d'honneur de cinq cents cavaliers, tous uniformément vêtus de velours 
et de satin, et composée de l'élite de la population. Charles-Quint alla loger avec sa suite dans l'hôtel du 
bourgmestre Arnold Van Liere. Cet hôtel bâti au siècle précédent, était peut-être alors la plus splendide 



résidence qu'un particulier 
possédât en Europe. On se 
le figurerait difficilement au- 
jourd'hui d'après l'état de 
délabrement dans lequel il 
est tombé. 

Immédiatement après 
son départ d'Anvers, l'Em- 
pereur partit pour l'Alle- 
magne, laissant la régence 
de nos provinces à sa tante 
Marguerite. 

Marguerite mourut au 
palais de Bruxelles, le 
1 er novembre i53o. Le 7 oc- 
tobre de l'année suivante, 
Charles-Quint annonça aux 
États de Brabant qu'obligé 
de quitter de nouveau la 
Belgique, il nommait gou- 
vernante et régente sa sœur 
Marie, veuve de Louis II, 
roi de Hongrie. 

La rivalité qui existait 
entre l'empereur Charles et 
le roi de France, François I, 
faillit amener pour Anvers 




Façade de la maison bâtie en 1 349 

par Jean Adriansen, peintre et doyen de la 

corporation de St-Luc. 



des conséquences désas- 
treuses. Ce fut quand le duc 
de Gueldre prit parti pour 
le roi de France et lâcha 
sur nos provinces le fameux 
Martin Van Rossem. Ce 
guerrier, redoutable par ses 
ruses et ses cruautés non 
moins que par ses talents 
militaires, dévastait tout ce 
qui se trouvait sur son 
passage, amenait prisonniers 
ceux dont il espérait tirer 
rançon , et détruisait par 
l'incendie ce qui avait 
échappé à la dévastation 
par son armée. Pour éviter 
à leur ville le malheurd'ètre 
livrée à Van Rossem, les 
Anversois firent preuve 
d'une grande énergie. De 
nombreuses levées de trou- 
pes furent faites ; on coula 
plusieurs pièces de canon 
du plus gros calibre ; on fit 
de vastes approvisionne- 






ments de poudre. Les né- 
gociants étrangers qui habitaient la ville et dont la fortune n'était pas moins menacée que celle des Anversois, 
s'empressèrent d'offrir leurs services pour la défense commune. On eut recours à des moyens de défense 
extrêmes, qui prouvent à quel degré on redoutait une surprise. Un grand nombre de maisons, situées hors 
de la porte de Borgerhout, furent livrées aux flammes. On ne voulait laisser à l'ennemi aucune retraite où 
il eût pu se retrancher et établir des batteries à portée des remparts. Tout le siège se borna à quelques 
cononnades, qui firent plus de bruit que de mal des deux côtés. Quand Van Rossem acquit la conviction 
qu'aucune trahison ne lui livrerait la ville et qu'il n'avait aucune chance de réussir autrement, il décampa. 
De dépit, il incendia toutes les maisons, tous les châteaux, les monastères, les moulins, les fabriques de 
Dambrugge, de Merxem, de Deurne, de Borgerhout et de Berchem. Il n'épargna que le château de Merxem, 
en reconnaissance du bon vin qu'il y avait bu. 

La joie que causa aux Anversois le départ de ce dangereux voisin, fut, on le comprend, immense ! 

11 est à remarquer que dans ce pressant danger les Anversois n'avaient reçu aucun secours de leur 
souverain, occupé alors à combattre les pirates d'Alger. 



28 



I 



Charles-Quint conçut un plan qui aurait eu pour notre pays les meilleures conséquences, si l'empereur 
avait été secondé dans son dessein. Après l'insurrection de Gand, Charles-Quint sembla reconnaître que la 
Belgique avait besoin de former un état mieux uni, et qu'il fallait à cette contrée un souverain qui fût tout 
à elle. Alors, il proposa aux ambassadeurs français d'unir sa fille Marie au jeune duc d'Orléans, fils de 
François I", et de lui donner pour dot les Pays-Bas (1541). Dans ce projet, toutes nos provinces auraient 
formé un royaume, protégé par l'alliance française et cependant isolé de la France. Charles-Quint voulait 
s'en réserver l'administration pendant quelque temps, et fonder par dégrés dans ce jeune pays l'unité natio- 
nale et les institutions monarchiques. Mais son offre fut accueillie avec défiance. Les ambassadeurs et le 
roi lui-même ne pouvaient se persuader qu'il renonçât sérieusement au pays le plus riche du monde. 

Ce fut, comme on sait, sous le règne de Charles-Quint, qu'éclata la réforme. l'Empereur, mû par 
des motifs politiques plutôt que par une pensée religieuse, s'opposa au progrès des doctrines de Luther. 

Les édits qu'il rendit à cet effet portaient une atteinte grave, non seulement aux immunités de la ville 
d'Anvers, mais à toutes les constitutions belges. Jamais des mesures de cette importance n'avaient été publiées 
sans l'avis préalable des Etals, qui partageaient avec le souverain le pouvoir législatif. Nous dirons cependant 
que les sentences, les condamnations pour crime d'hérésie, étaient prononcées, non par un tribunal excep- 
tionnel, mais par les juges ordinaires du Vierschaere. Les édits avaient pour eux force de lois. 

Ce fut le 25 octobre i555, que Charles-Quint, qui sentait ses forces décliner, abdiqua le gouverne- 
ment des Pays-Bas en faveur de son fils Philippe. Il lui remit l'année suivante le gouvernement de l'Espagne, 
et envoya les emblèmes de l'empire à Ferdinand, frère de l'empereur, renonçant lui-même à toutes les 
grandeurs du monde pour aller passer ses derniers jours dans la retraite. Le jour même de l'abdication de 
Charles-Quint, Marie, sa sœur, annonça son intention irrévocable d'abandonner les laborieuses fonctions de 
régente. 

Charles-Quint jouit, de son temps, d'une assez grande popularité. Il savait, avec la souplesse d'Alci- 
biade, s'accommoder merveilleusement aux mœurs et aux goûts des différents peuples réunis sous son sceptre : 
cérémonieux avec les Espagnols, spirituel avec les Italiens, il plaisait aux populations flamandes par sa jovia- 
lité et sa bonhomie familière. Il n'oublia jamais que la Belgique avait été son berceau, aussi avait-il une 
prédilection toute particulière pour les Belges, ses compatriotes : il leur donna des charges dans l'armée, 
dans les conseils et dans le gouvernement de ses vastes Etats ; les Belges, à la suite de leur prince, parurent 
dans toutes les contrées soumises à sa vaste domination. 



^M 











DOMINATION ESPAGNOLE. 




horreurs 
est, au 
de cette 



eu de temps après l'abdication de Charles-Quint, 
Philippe II se rendit à Anvers (18 janvier i556). 
Le but de l'arrivée du roi était la tenue d'un 
chapitre de la Toison d'Or dans l'église de Notre- 
Dame. Cette cérémonie, la seule de ce genre que 
vit Anvers, se fit avec une grande solennité. Dix- 
neuf nouveaux chevaliers reçurent le collier de 
l'Ordre des mains du roi. Jusqu'en 1798 on put 
voir dans le chœur de l'église, au-dessus des 
stalles, les armoiries des chevaliers qui y avaient 
assisté. 

Avec Philippe II commence une période 
de troubles et de guerres civiles qui amenèrent 
une prompte décadence de nos provinces. Quatre 
causes principales produisirent cette révolution 
qui ne finit qu'après 40 ans et qui est sans 
exemple dans l'histoire : i° l'ambition de Guillaume 
de Nassau, prince d'Orange, surnommé le Taci- 
turne, qui aspirait à la souveraineté de nos pro- 
o les hérésies de Luther et de Calvin, qui fomen- 
tèrent l'esprit d'indépendance ; 3° l'antipathie qui existait 
entre les Belges et les Espagnols réunis sous un même 
sceptre; 4 le caractère de Philippe II : ce prince fier, opi- 
niâtre, sévère, étranger aux mœurs des Belges, voulut gou- 
verner les Pays-Bas d'une manière trop absolue; il ne sut 
faire aucune distinction entre le caractère des Belges et celui des Espagnols. 
Après avoir terminé la guerre avec la France, Philippe s'occupa 
de l'organisation de nos provinces. Le gouvernement en fut confié aux 
principaux seigneurs, au-dessus desquels le roi plaça, comme gouvernante, 
Marguerite, duchesse de Parme, fille naturelle de Charles-Quint. Ces mesures 
prises, Philippe II partit pour l'Espagne (20 août i55o). II laissait le pays 
dans une situation grosse d'orages et de calamités. Raconter toutes les 
qui, dans ces temps troublés, ensanglantèrent notre sol, nous entraînerait trop loin ; cette époque 
surplus, une des mieux connues. Nous nous bornerons à quelques incidents, à quelques phases 
grande querelle et qui concernent plus spécialement Anvers. 

4 



avaient leurs postes avancés, 



— 3o - 

Une extrême agitation régnait dans le pays ; la plupart des villes commençaient à prêter ouvertement 
leur appui aux signatures du Compromis des Nobles. L'indulgence forcée du gouvernement, l'attitude 
douteuse de la noblesse, l'exaltation du peuple augmentaient l'audace des sectaires; des bandes d'aventuriers 
tançais, qui rôda.ent depuis quelque temps sur la frontière, se répandirent dans le Hainaut et dans la 
Flandre, et les ministres calvinistes parcoururent les campagnes, attroupant les habitants par leurs 
prédications. Ces prêches offraient un singulier spectacle : ou y voyait parfois jusqu'à dix mille et même 
vingt mille auditeurs, armés de mousquets, de poignards et de hallebardes ; ils ; 
et les avenues de la plaine étaient barricadées avec des chariots. 

Le prédicateur, allemand ou français, se faisait entendre du haut d'une chaire, formée le plus souvent 
a la hâte avec des charrettes et des troncs d'arbre; une toile suspendue au-dessus de sa tête le garantissait 
du soleil ou de la pluie ; les auditeurs étaient placés du coté opposé au veut, pour ne rien perdre du 
prêche. Ces assemblées se multiplièrent et, l'impunité redoublant la hardiesse des sectaires ils se permirent 
de promener leurs ministres en triomphe, de leur donner une escorte de gens armés, de braver audacieusement 
les lois par ces démonstrations séditieuses. Les magistrats d'Anvers envoyaient courrier sur courrier à la 
duchesse de Parme pour l'engager à mettre, par sa présence, un terme aux manifestations menaçantes des 
révolutionnaires ; c'était le seul moyen, disaient-ils, de prévenir l'entière ruine de la ville que déjà un 
certain nombre de négociants, redoutant le pillage, étaient sur le point de quitter. Dans cette dangereuse 
conjoncture, la crainte de compromettre l'autorité royale empêcha seule la gouvernante de se rendre aux 
vœux qui lui étaient exprimés ; mais elle se fit remplacer par le prince d'Orange. 

Celui-ci avait vivement désiré cette mission, à ce point même qu'il poussa la magistrature communale 
à l'imposer en quelque sorte au choix de la duchesse : il voulait essayer sa popularité. Les habitants au 
nombre de plus de trente mille, vinrent au devant de lui (i3 juillet i566). « Vivent les Gueux' » lui criait-on 
de toutes parts. « Voilà celui qui nous apporte la liberté! » Guillaume feignit de désapprouver ces manifestations - 
tous ses efforts furent employés ostensiblement à ramener le calme dans la ville ; il réussit à y empêcher 
l'introduction des prêches, mais, de gré ou de force il dut tolérer les assemblées presque innombrables qui 
se tenaient dans les faubourgs. 

Des excès vraiment déplorables attristaient une autre partie du territoire. Une bande d'environ trois cents 
personnes et composée de bateliers, de paysans, de vagabonds et de prostituées, avait attaqué les églises et 
les abbayes du côté de Saint-Omer et de Menin ; leur rage impie avait forcé l'entrée des temples, renversé les 
autels, brisé les images, détruit ou profané tous les objets sacrés. Lors des fêtes de l'Assomption et alors que les 
premiers bruits de ces attentats commencèrent à circuler dans le pays, Anvers fourmillait de gens sans aveu 
Cette foule fanatique brûlait d'imiter les iconoclastes de Saint-Omer. La présence du prince d'Orange 
l'avait seule contenue ; mais un ordre de la cour ayant forcé Guillaume à partir subitement pour Bruxelles, 
où les chevaliers de la Toison d'Or étaient convoqués, la ville resta exposée à toute la fureur des sectaires' 
Pendant l'octave de la fête, une horde de brigands et de filles publiques se porta vers l'église de Notre- 
Dame en chantant les psaumes de Marot. « Avant même qu'on eût fini le chant, dit Schiller, tous saisis 
d'une fureur subite, se jettent sur la statue de la Vierge, la percent à coups d'épée et de poignard,' et lui 
abattent la tête. Des filles publiques et des brigands arrachent les cierges de l'autel et éclairent ce coupable 
attentat. On met en pièces les orgues, considérées comme le chef-d'œuvre de cette époque ; on arrache 
les tableaux, on renverse, on culbute les statues. Un Christ de grandeur naturelle, élevé vis-à-vis du maître- 
autel, morceau antique et précieux, est tiré à terre et mis en pièces à coups de hache, tandis qu'on 
épargne respectueusement les deux larrons pendus à ses côtés. Les saintes hosties sont dispersées et foulées 
aux pieds; les vases sacrés que le hasard fait tomber entre les mains des profanateurs, servent à boire 
à la santé des Gueux. Les sépulcres mêmes sont violés; on en tire les cadavres à demi rongés pour les 
accabler d'outrages. Tout cela se faisait avec tant d'ordre, que chacun paraissait avoir reçu sa tâche avant 
l'exécution... >. Ce qui étonnera, c'est qu'on ne put reconnaître aucun des acteurs, quoique une infinité de 
cierges éclairassent leur détestable profanation. Elle fut poussée avec une fureur inconcevable. Cent personnes, 
au plus, dépouillèrent en quelques heures un temple qui comptait soixante-dix autels, et qui, après 
Saint-Pierre de Rome, était un des plus grands et des plus riches de la Chrétienté. Que de chefs-d'œuvre, 
que de précieux produits de l'art délicat du XV e et du XVI' siècle périrent dans cette nuit fatale! Les 
pertes matérielles seules furent évaluées à quatre cent mille écus d'or! Quand on reprocha aux autorités 
leur inaction, elles répondirent qu'une ordonnance avait défendu de rien entreprendre, en cas de troubles, 
sans le consentement du prince d'Orange. A la nouvelle des excès commis par les calvinistes, Philippe 



^MHMHNMMMMMMMH 



J 



J ■ 




L'Eglise Notre-Dame (Cathédrale) 



I 



I 



- 32 - 

indigné résolut de confier le gouvernement de la Belgique au plus redoutable des généraux espagnols. 
C'était Ferdinand Alvarez de Tolède, duc d'Albe, guerrier intrépide, mais hautain, cruel et impitoyable. Le 
24 octobre 1567, le duc d'Albe se rendit dans nos murs, escorté de trois cents lanciers à' cheval et de 
mille fantassins. L'objet de sa venue était l'étude du terrain propre à la construction d'une citadelle. 
Commencé le 27 octobre de la même année, l'ouvage fut terminé en moins de deux ans. Il coûta 1,400,000 florins, 

dont 400,000 furent payés 
par les Anversois. 

La tyrannie du duc 
d'Albe a été décrite élo- 
quemment par Schiller; 
nous rapporterons quel- 
ques traits du tableau qu'il 
en fait, en prévenant que 
tout ce qu'il dit s'applique 
exactement à Anvers. 

« Tous ceux que le 
Conseil des Troubles ju- 
geait à propos d'inculper 
étaient tenus de compa- 
raître ;" les prêtres comme 
les laïcs, les têtes les plus 
respectables du Conseil 
d'Etat aussi bien que les 
derniers goujats de la mé- 
prisable horde des icono- 
clastes. Les contumaces 
étaient condamnés à l'exil 
et leurs biens dévolus au 
fisc; et ceux qui, forts 
de leur innocence, osaient 
se présenter devant ces 
juges, étaient perdus sans 
ressource. On citait sou- 
vent vingt, quarante et 
même cinquante person- 
nes de la même ville, et 
les plus opulentes étaient 
touj ours les plus exposées. 
Les indigents qui ne pos- 
sédaient rien qui pût leur 
faire chérir leur patrie et 
leurs foyers, furent surpris 
et amenés sans citation 
préalable. Un grand 
nombre d'honnêtes négo- 
furent tirés à la queue d'un cheval, les 




Intérieur de l'Église Saint-Jacques. 



ciants, qui avaient possédé un capital de soixante à cent mille florin 
mains liées derrière le dos, jusque dans la résidence, et abreuvés d'ignominie comme s'ils eussent appartenu aux 
dernières classes de la société. Les procès se jugeaient avec une effrayante vitesse. La ville de Valenciennes 
offrit un jour le spectacle de cinquante-cinq personnes, exécutées en quelques minutes par la main du bourreau. 
Les nombreuses prisons que le Duc avait fait bâtir au commencement de son administration, étaient toujours 
encombrées de prévenus. Pendre, abattre des têtes, écarteler, brûler, tels étaient les événements ordinaires 
de chaque journée ; quelquefois, mais plus rarement, il était question d'exil ou de galères. Le fisc amassa 
par les confiscations des sommes immenses. On les évalue à 20,000,000 d'écus. » 



33 



Philippe II, voyant que la rigueur déployée par le duc d'Albe ne faisait que compliquer la situation 
et augmenter le désordre, comprit la nécessité de rappeler son cruel lieutenant. Le roi nomma à sa place 
don Louis de Cuniga y Requesens, qui était un homme d'un caractère doux et conciliant. Un de ses 
premiers actes à Anvers 
fut de faire abattre la 
statue que le duc d'Albe 
s'était fait ériger au mi- 
lieu de la place inté- 
rieure de la citadelle. 
Il rétablit les privilèges 
de la ville, abolit le 
conseil des Troubles, 
supprima les nouveaux 
imp ôts. Requesens 
mourut en i5/6 sans 
avoir eu le temps de 
faire cesser la révolte, 
laissant en Belgique 
une soldatesque effré- 
néequi, privéede solde, 
ne vécut que de pillage. 
Requesens avait 
désigné, pour le rem- 
placer, les comtes de 
Be rlaymont et de 
Mansfeld, deux servi- 
teurs dévoués de la po- 
litique espagnole. Mais 
le Conseil d'Etat refusa 
de confirmer leurs pou- 
voirs et fut chargé lui- 
même, par le roi, du 
gouvernement de nos 
provinces. Singulière 
concession , qui sem- 
blait de la part de Phi- 
lippe un abandon com- 
plet du système qu'il 
avait suivi depuis son 
départ pour l'Espagne. 
Composé en maj orîté 
de Belges, le conseil 
décréta le renvoi des 
troupes espagnoles et la 
convocation des Etats 
généraux, deux mesures 
que le roi n'avait cessé 
de redouter. Mais le 
Conseil n'avait pas 
assez d'autorité pour se 
faire obéir. Les soudards étrangers conduits par des chefs improvisés, se rendirent maîtres de plusieurs 




Chaire de Vérité de l'Eglise Saint-André. 



villes 



et commirent à Anvers ces épouvantables excès, connus sous le nom de Furie Espagnole {4 novembre). Sept 
mille personnes égorgées, les monuments publics, — l'hôtel de ville entre autres, —.huit cents maisons 






- 3 4 - 

parmi les plus riches, livrés au pillage et à l'incendie ; la Bourse convertie en une vaste salle de jeu où 
des soldats gorgés de sang et de vin jouaient aux dés sur des tambours; les trésors enlevés au négoce- 
une perte totale de cinquante millions de notre monnaie, tel fut le bilan de cette horrible tragédie qui se 
prolongea pendant trois jours et frappa d'un coup mortel notre métropole commerciale Pendant ces 
affreuses saturnales, les Etats généraux s'agitaient en de stériles délibérations. Quelques hommes énergiques 
résolurent de faire leur œuvre. Un congrès se réunit à Gand ; les Etats de Hollande et de Zélande 
et le parti national, très nombreux en Belgique, y étaient représentés. L'assemblée avait en vue de jeter 
les bases d'une alliance solide et durable entre les dix-sept provinces des Pays-Bas. Pensée féconde 
dont le triomphe devait amener le salut de la patrie. La décision fut prompte et, le S novembre i5 76 ' 
les délégués signèrent, dans la salle du trône de l'hôtel de ville, cette charte remarquable appelée dans 
1 histoire la Pacification de Gand. 

Philippe II, apprenant que le Conseil d'Etat n'avait pu conserver l'autorité, avait enfin désigné un 
pour les Pays-Bas, c'était Don Juan, fils naturel de Charles-Quint, illustre par la 



nouveau gouverneur 
victoire de Lépante. Ce prince était 
arrivé à Luxembourg, le jour même du 
sac d'Anvers. Les Etats avant de l'ac- 
cueillir, lui posèrent pour condition le 
renvoi des troupes étrangères et la rati- 
fication du traité de Gand. Don Juan 
accepta, par l'Edit perpétuel, signé à 
Marche en Famenne, le 12 février 1577. 
Cet accommodement eut pour consé- 
quence immédiate l'évacuation des places 
fortes par les troupes espagnoles. 

Cependant, Don Juan essaya d'élu- 
der cet article de l'Edit de Marche en 
ce qui concernait les Allemands. Le frère 
de Philippe II voulut s'assurer la pos- 
session de quelques bonnes forteresses 
sur lesquelles il pût s'appuyer pour ré- 
duire à l'obéissance le reste du pays. Il 
s'empara par surprise du château de 
Namur; mais un complot qu'il fit pour 
se rendre maître de la même manière de 




Pompe de Quinten Massys 



la citadelle -d'Anvers, échoua. La garde 
de celle-ci avait été confiée à Louis de 
Blois, seigneur de Treslong et aux sol- 
dats allemands commandés par les co- 
lonels Frondsberg et Fugger. Ceux-ci, à 
un moment donné, devaient s'entendre 
avec Treslong et remettre la citadelle aux 
mains de Don Juan. 

Plein de confiance dans le succès 
de ce plan, le Gouverneur se regardait 
déjà comme maître d'Anvers. Il y avait 
fait acte de souveraineté en renouvelant 
le magistrat. Par malheur, des lettres 
écrites par lui à son secrétaire Escoredo, 
qui se trouvait à Madrid, furent inter- 
ceptées dans les environs de Bordeaux 
et tombèrent entre les mains de Henn 
de Navarre, qui les envoya à Guillaume 
d'Orange, lequel s'empressa de les com- 
muniquer aux Etats généraux. Lesprojets 



me d'ar- 
agna les 



de Don Juan, ainsi dévoilés, ne pou- 
vaient manquer d'avorter. Un officier de garnison même de la Citadelle, le capitaine De Bouts, entreprit sous 
main de gagner la forteresse aux Etats. Le gouvernement de la cité avait été confié à Liedekerke 
chaud partisan du prince d'Orange. De Bours s'entendit avec lui. On le munit d'une forte som 
gent, secrètement avancée par quelques riches marchands de la place; avec cet argent, il 
mercenaires de la garnison en leur payant l'arriéré de leur solde. Une seule compagnie demeura fidèle à 
Treslong. Au jour fixé (1" août 1577), Treslong fut arrêté et désarmé par "ses propres soldats, après une 
courte lutte. Liedekerke, aussitôt qu'il en connut l'issue, se rendit à la citadelle, dont il prit possession au 
nom des Etats. 

La garnison allemande de la ville, dont les chefs se croyaient trahis, inspirait des craintes sérieuses 
aux habitants. Ceux-ci négocièrent avec eux, à prix d'argent, l'évacuation de la ville par la soldatesque. 
Mais ces négociations n'aboutissaient pas. Cependant, depuis deux heures, on avait signalé quelques voiles 
qui remontaient l'Escaut. Tout à coup, on vit apparaître, au tournant du fleuve, toute une escadre de 
navires zélandais qui arbora le pavillon redouté des Provinces-Unies. C'était l'amiral de Haultain, que le 
prince d'Orange, instruit de ce qui allait se passer à la citadelle d'Anvers, avait envoyé en observation 
dans 1 Escaut, et qui, à la nouvelle des événements qui venaient de s'accomplir, avait pris sur lui 
d'avancer pour prêter appui aux troupes des Etats. Quelques coups de canon tirés de la flotte produisirent 
un effet magique. Aussitôt, les soldats allemands se mirent à courir vers la porte de Slyk, jetant armes 
et bagages, et ne songeant même plus à emporter l'argent qu'on leur offrait, et pour lequel, depuis 
longtemps, ils n'avaient qu'à tendre la main. Quand le dernier fut sorti, on ferma la porte sur ses talons 




Le Calvaire (Église Saint-Paul). 



— 3G — 

et l'on respira, soulagé d'un poids immense. La ville était enfin, pour la première fois depuis dix ans, 
délivrée complètement de la présence de troupes étrangères ! 

Ce que le peuple souhaitait, c'était de voir disparaître la citadelle, monument de la tyrannie du duc 
d'Albe. D'après l'avis du prince d'Orange, le sire de Liedekerke se rendit à Bruxelles auprès des États 
pour demander, au nom de la ville, l'autorisation de démolir cette forteresse ; les États, l'accordèrent sans 
hésiter. On s'arrêta à la résolution de raser la partie des murs qui regardait la ville et de conserver celle 
qui complétait ses fortifications du côté sud. 

Le prince d'Orange, cédant à la sollicitation des États, arriva à Anvers le 17 septembre. Il fit son 
entrée par la porte Rouge, au milieu d'un concours immense de peuple qui le saluait comme un libé- 
rateur. Le prince resta cinq jours à Anvers, logeant à l'abbaye de Saint-Michel, dans les anciens appartements 
réservés aux Souverains, puis il partit pour Bruxelles. 

Les Etats généraux déférèrent au prince d'Orange le titre de Ruivaert du Brabant. Le gouvernement 
des Pays-Bas fut offert, par le parti opposé au prince, à l'archiduc Mathias, frère de l'empereur Rodolphe. 
Dès le premier jour, l'archiduc subit l'ascendant du prince d'Orange. Le nouveau gouverneur arriva à 
Anvers le 21 novembre 1577. Il prit l'engagement solennel de respecter la Pacification de Gand. Le 
prince d'Orange en fit autant. Don Juan fut déclaré traître à son serment et ennemi de la patrie. Mal- 
heureusement, il était toujours en possession des forteresses de Namur et de Luxembourg ; 'il avait réuni 
ce qui restait en Belgique de troupes espagnoles et allemandes. Avec ces forces, il attaqua près de Gem- 
bloux l'armée des États et lui fit essuyer une défaite complète (3l janvier 1578). 

Don Juan mourut le 1" octobre 1578. Le commandement de l'armée espagnole échut à Alexandre 
Farnêse, prince de Parme, son neveu et fils de la duchesse Marguerite. Ce jeune prince, un des meilleurs 
guerriers de son temps, fut bientôt à la tête d'une arméa de trente-deux mille hommes, avec lesquels il 
entreprit la soumission de la Belgique. 

Après la défaite de Gembloux, l'archiduc Mathias, le prince d'Orange et les États généraux s'étaient 
transportés à Anvers, parce qu'ils se croyaient plus en sûreté derrière nos remparts qu'à Bruxelles. 

Anvers était donc devenu le centre et le siège du Gouvernement national. Mais l'animosité des 
partis n'en faisait pas un séjour bien tranquille. 

Il serait difficile de disculper le prince d'Orange du reproche d'avoir violé ou laisser violer la trêve 
que, sous le nom de Paix de religion, il avait proclamée. En effet, sous ses yeux, des scènes scandaleuses, 
de la part des protestants, eurent lieu sans qu'il fit rien pour les réprimer; les églises furent de nouveau 
dévastées, le clergé persécuté, les biens ecclésiastiques vendus. Quant à l'archiduc Mathias, le greffier du 
Taciturne, il échappe, par sa nullité complète, à toute responsabilité. 

Il ne suffisait pas que l'archiduc Mathias fût devenu aux mains du prince d'Orange un instrument 
docile et résigné ; ce qu'il fallait à la révolution, c'était un prince qui pût lui apporter l'appui d'une bonne 
armée et d'une grande puissance voisine. C'est pourquoi les États avaient jeté les yeux sur François 
d'Alençon, frère du roi de France. L'archiduc Mathias, se sentant devenu inutile, assembla les États et leur 
remit sa démission de gouverneur. Il partit ensuite pour l'Allemagne. 

Le duc d'Alençon arriva à Anvers le i5 février 1583. On lui fit une réception splendide. Mais la 
confiance que les États et le prince d'Orange avaient placée dans son concours devait être bientôt tris- 
tement déçue. Depuis longtemps il complotait un coup d'État qui le rendit maître absolu. Le mouvement 
devait s'exécuter à la fois dans toutes les villes où il avait des garnisons ; et lui-même comptait donner à 
Anvers le signal de cette révolution militaire. Par bonheur, le patriotisme des bourgeois d'Anvers déjoua 
cette odieuse manoeuvre. Les habitants, indignés, oublièrent les discordes civiles pour s'unir contre les auteurs 
d'un lâche guet-apens. Les Français furent chassés de la ville, jetés du haut des remparts dans les fossés des 
fortifications. A Nieuport, à Bruges, à Ostende, ils eurent le même sort, et la camisade du duc d'Alençon marqua 
la fin de ce règne qui eût rendu à la Belgique, sous un autre drapeau, les horreurs du régime espagnol. Les 
historiens évaluent à trois ou quatre mille le nombre des victimes de la tentative insensée du duc d'Alençon. 

Le magistrat d'Anvers fit creuser une immense fosse, dans les remparts mêmes, au pied de la tour 
qui était le reste de l'ancienne porte de Kipdorp. Les cadavres des Français y furent jetés pêle-mêle, 
nobles et vilains. Ce lieu fut longtemps désigné sous le nom aujourd'hui oublié, de « Tombe des Français, » 
(het Graf der Franschen). La nouvelle porte de Kipdorp était alors inachevée (elle ne fut terminée 
qu'après l'an 1600); le magistrat fit sculpter sur la façade ce chronogramme: aUXILIUM sUIs DeUs. 
II rappelait la date (i583) d'un événement dont Anvers peut à bon droit s'enorgueillir. 



■ > 



- 3 7 - 

Le duc d'AIençon se retira à Dunkerque et, le 10 juin 1584, il mourut de faiblesse et d'épuisement. L'occa- 
sion était de nouveau favorable au duc de Parme. Il conduisit son armée en Flandre, et reçut la soumission de 
presque toute la province. Vers la même époque, le prince d'Orange, dont la tête avait été mise à prix, suivant 
un horrible usage espagnol, périt à Deifl, assassiné par Balthasar Gérard (10 juillet 1584). Sa mort priva de chef 
les provinces septentrionales, et elles ne tentèrent aucun effort pour soutenir les villes qui résistaient encore en 
Belgique. Gand et Bruxelles se soumirent successivement. Partout Farnèse accordait le maintien des anciens 
privilèges et une amnistie générale, et cette sage douceur désarmait les habitants. 

La soumission d'Anvers coûta plus cher. Dès le mois de juillet 1384, le prince de Parme avait fait cerner 
entièrement cette grande ville. Son plan était aussi hardi que vaste : il avait résolu de s'emparer de tous les 
forts qui avaient été élevés sur les bords de l'Escaut, de construire de nouvelles redoutes aux endroits d'où il 
pourrait dominer le fleuve dans toute sa largeur, enfin, d'attaquer en même temps les places voisines de la 




La maison Hanséatique construite d'après les plans de C. de Vriendt. 



7&TŒlfPM?U%Mr 



Flandre et du Brabant, afin qu'elles ne pussent envoyer par terre aux assiégés les vivres qu'il cherchait à leur 
couper par eau. Ce plan fut d'abord couronné de succès : les Espagnols enlevèrent les forts de Lillo et de 
Liefkenshoek, construisirent Calloo, se rendirent maîtres de Termonde et, par la prise de cette place importante, 
interrompirent toute communication avec les insurgés de Gand. Lorsque les villes du Brabant et de la Flandre 
furent tombées les unes après les autres au pouvoir de Farnèse, le siège d'Anvers fut poussé avec une nouvelle 
vigueur. L'Escaut fut fermé au moyen de trente-deux gros navires, accrochés par de fortes chaînes et séparés 
par une distance de vingt-deux pieds, afin de ne pas entraver le cours du fleuve : ces intervalles étaient remplis 
par des poutres couvertes de planches, rangées transversalement et garnies d'un parapet : chaque vaisseau 

5 



38 — 



présentait à l'ennemi, tant du côté d'Anvers que de la Zélande, la bouche d'un canon. Les extrémités du pont 
étaient protégés par les deux forts de Calloo et d'Ordam ; enfin, plus de quinze cents hommes veillaient à la 
défense de ces ouvrages. Le succès de cette laborieuse entreprise surprit les assiégés sans les abattre. La ville 
renfermait une forte garnison et elle avait encore des vivres pour quelques mois ; là aussi l'exaspération du peuple 
était telle, que le Conseil municipal 
avait été obligé de prendre un arrêté 
qui défendait, sous peine de mort, de 
manifester, soit en public soit en secret, 
le désir de se réconcilier avec l'Espagne. 
A trois reprises et par des moyens dif- 
férents , les Anversois essayèrent de 
rompre la barrière qui leur enlevait 
l'appui de leurs alliés du Nord. 

Ils ne furent pas plus heureux dans 
la tentative qu'ils firent pour s'emparer 
de la contre-digue de Couwesteen, afin 
d'inonder toute la plaine entre Lillo et 
Liefkenshoek et d'ouvrir ainsi une nou- 
velle voie aux vaisseaux hollandais. 
Après ces tentatives infructueuses, les 
assiégés commencèrent à ressentir les 
effets de la disette. Les magistrats 
s'employaient à ranimer le courage des 
habitants; ils avaient l'espoir de se 
soutenir jusqu'à ce que les blés semés 
autour des ouvrages extérieurs pussent 
être coupés; mais avant cette époque, 
les assiégeants avaient emporté ces ou- 
vrages et s'étaient approprié ces mois- 
sons. Comme, en désespoir de cause, 
on proposait de chasser hors des murs 
les catholiques, le peuple, naguère si 
résolu, se souleva et contraignit Phi- 
lippe de Marnix à entamer des négo- 
ciations avec le prince de Parme. 

La capitulation, signée le 17 août 
i585, portait en substance : « Que la 
ville rentrerait sous l'obéissance du roi 
d'Espagne, aux mêmes titres que par 
le passé ; qu'elle recouvrerait ses an- 
ciens privilèges et payerait quatre cent 
mille florins pour les frais de la guerre. » 
De son côté, Farnèse accordait aux 
habitants une amnistie générale, auto- 
risait les réformés à séjourner pendant 
quatre ans encore dans la ville pour 
leur donner le temps de réaliser leurs 
biens, mais ne voulait reconnaître qu'aux catholiques seuls le droit de professer publiquement leur religion. Ce 
fut le 27 août que le représentant de Philippe II fit son entrée triomphale à Anvers; il était à cheval, entouré de 
la noblesse belge et suivi de son armée victorieuse. Il reçut les félicitations du corps municipal, qui l'attendait à 
la porte de l'Empereur. 

Quant à Marnix, quoiqu'il eût défendu Anvers avec la plus grande vaillance, et que le prince de Parme 
lui-même rendît hommage à son désintéressement, il ne put se soustraire aux soupçons et aux calomnies même 





de ses coreligionnaires; lorsque l'ancien collaborateur, l'ancien ami de Guillaume de Nassau débarqua dans l'île de 
Walcheren, l'accueil qu'on lui fit décelait une singulière défiance, pour ne pas dire une noire ingratitude. Dès ce 
moment, Philippe de Marnix ne fut plus associé au gouvernement de l'Etat, bien que Maurice de Nassau, le fils 
du Taciturne, le consultât dans les occasions importantes. 

Philippe II apprit au milieu de la 
nuit la nouvelle de la reddition d'An- 
vers. Il sauta de son lit et courut, fou 
de joie, à la chambre de sa fille, l'infante 
Isabelle, qu'il éveilla, en criant : « Ma 
fille, Anvers est à nous ! » 

Alexandre Farnèse mourut à Arras 
le 3 décembre 1 592, âgé seulement de 
quarante-six ans. Le comte Ernest de 
Mansfeld le remplaça provisoirement; 
mais bientôt Philippe II nomma gou- 
verneur des Pays-Bas l'archiduc Ernest 
d'Autriche, fils de l'empereur Maximi- 
lien IL Ce prince fit à Anvers une 
entrée solennelle à la suite de laquelle 
se donna à la Grand'Place un tournoi 
splendïde, le dernier dont notre ville 
fut témoin. 

L'archiduc Ernest étant mort le 
22 février i5q5, fut remplacé par son 
père l'archiduc Albert, qui épousa l'in- 
fante Isabelle, fille de Philippe IL Les 
provinces belges furent d'abord heu- 
reuses d'être replacées sous une dy- 
nastie particulière; mais l'avenir leur 
réservait de cruelles déceptions. En 
effet, le règne des archiducs ne devait 
pas avoir de lendemain, — on dit que 
Philippe II le savait, — et la couronne 
de l'Espagne avait conservé le droit de 
mettre des garnisons dans les forte- 
resses du pays. Philippe II mourut 
e 13 septembre i5q8, et Philippe III, 
son successeur, ratifia l'acte par lequel 
son père cédait les Pays-Bas à l'infante 
sabelle. 

La chute d'Anvers ( i 585) avait 
rompu le lien qui avait rattaché cette 
ville pendant quelques années à la 
Confédération des Provinces-Unies ; 
elle amena la séparation définitive de 
la Belgique et de la Hollande. Aussi, 
à peine inaugurés dans les principales 
villes, les archiducs durent s'opposer aux entreprises du prince Maurice de Nassau sur la Flandre. Albert eut 
d'abord l'avantage, mais ensuite, malgré sa bravoure, il perdit, contre ce grand capitaine, la bataille de Nieuport. 
Cependant cet échec eut peu de conséquences et, grâce au génie d'Ambroise Spinola, après un siège de 
trois ans, qui coûta la vie à 100,000 hommes, les archiducs arrachèrent Ostende aux Hollandais, et parvinrent 
enfin à conclure une trêve de douze ans avec les Provinces-Unies. 

Cette trêve fut signée le 9 avril 1609, à Anvers. Pendant cet intervalle de repos, le pays répara une partie 






de ses pertes. Les lois furent remises en vigueur et l'ordre rétabli. Les villes semblaient sortir de leurs ruines, les 
«"lises étaient relevées, et les campagnes se repeuplaient. On vit renaître plusieurs industries et refleurir un 
peu le commerce. Les beaux-arts surtout, protégés par les archiducs et animés par le génie de Rubens, 
répandirent un nouvel et vif éclat. 

Malheureusement, l'archiduc mourut sans postérité (1621), et sa mort fut pour les Belges un présage de 
nouvelles calamités : elle replaçait nos provinces sous l'autorité de l'Espagne où régnait alors l'inhabile 
Philippe IV, fils et successeur de Philippe III. Cependant l'infante Isabelle gouverna encore pendant douze ans la 




Hôtel bâti en 1745, par Jean Tan Susteren, Seigneur de 's Gravenive^el, actuellement le Palais du Roi. 

Belgique, qu'elle sut défendre contre la politique artificieuse de la France et de la Hollande. Isabelle mourut en 
1(533 et, après deux siècles, les Belges vénèrent encore la mémoire immortelle de cette bonne et vertueuse 

princesse. 

Après la mort d'Isabelle, la Belgique fut presque continuellement le théâtre de guerres désastreuses qui 
morcelèrent son territoire, décimèrent sa population et achevèrent de ruiner son commerce et son industrie. Nous 
ne raconterons pas tous ces événements qui ont ensanglanté la Belgique entière : le même sort qui atteignit les 
villes de notre pays, frappa également Anvers; mais nous donnerons quelques faits, quelques dates, pour ne pas 
rompre le fil historique. Lorsque nous rencontrerons quelque épisode bien particulier à notre ville, nous lui 
consacrerons tous les détails qu'il comporte. 



Après la mort d'Isabelle, Philippe IV nomma au gouvernement de la Belgique son frère, le cardinal 
Ferdinand d'Espagne. C'était un prince intrépide, qui fit preuve de talents militaires. La France et la Hollande 
s'étaient ligués pour la conquête et le partage de nos provinces. Les forces des deux puissances se réunirent et 
entrèrent ensemble dans le Brabant (i635). Elles assiégèrent Louvain ; mais le courage des bourgeois sauva la 
Mlle, et le cardinal infant poursuivit vivement les ennemis dans leur retraite. Depuis lors il continua à soutenir la 
guerre sans infériorité, quoiqu'il fût attaqué à la fois au nord et au midi, et il eut la gloire d'avoir tenu ferme de tous, 
côtés jusqu'au dernier moment. II mourut en 1641, d'une maladie causée par les fatigues delà guerre. 

Son successeur, Don Francisco de Mcllo, vieux capitaine, obtint d'abord quelques avantages sur les 
Français; mais il perdit contre le duc d'Engbien, célèbre depuis sous le nom de Grand Condé, la fameuse 
bataille de Rocroi, qui disposa l'Espagne à la paix. 

L Italien Picçolomini le remplaça dans le commandement. Deux tentatives dirigées contre Anvers par le 
chef des forces hollandaises, Frédéric-Henri de Nassau, échouèrent complètement grâce à l'attitude énergique des 
Espagnols. Mais, pressé de toutes parts, le nouveau gouverneur finit par perdre plusieurs villes; il fut rappelé 
en 1647, pour faire place à l'archiduc Léopold d'Autriche. 

Il eût été peut-être assez facile alors aux Hollandais d'exécuter les projets de conquête qu'ils avaient 
formés quelques temps auparavant, et d'accabler la Belgique que les Français continuaient à presser. Mais les 
Provinces-Unies commençaient à redouter la grandeur toujours croissante de la France. Elles songèrent à traiter 
avec l'Espagne, et les députés des deux pays conclurent la paix au congrès de Munster (1648). Par ce traité, les 
Hollandais gardaient toutes leurs conquêtes territoriales et exigèrent de plus que l'Escaut restât fermé du côté de 
la mer, afin que le commerce d'Anvers ne pût jamais se rétablir. L'Espagne eut la lâcheté d'y consentir et la 
ruine définitive d'Anvers se trouva consommée. 

L'archiduc Léopold continua la guerre contre la France avec des alternatives de succès et de revers ; il 
retourna à Vienne en i656. 

Don Juan d'Autriche (11= de ce nom), qui le remplaça, perdit contre les Français la bataille des Dunes ; 
cette défaite (1 658) amena le traité des Pyrénées, le premier de ceux qui morcelèrent notre territoire ; Philippe IV 
céda à Louis XIV l'Artois et plusieurs villes de la Flandre, du Hainaut et du Luxembourg, pour servir de dot à 
l'infante Marie-Thérèse, que le jeune monarque épousa. 

A partir de cette époque l'ambitieux Louis XIV ne cessa de démembrer la Belgique. Ainsi lorsque le 
faible Charles II succéda à sou père Philippe IV, le monarque français, invoquant le prétendu droit de dévolution, 
envahit la Flandre. L'Angleterre et la Hollande le forcèrent cependant à la paix d'Aix-la-Chapelle (1668); par 
laquelle il conservait les villes qu'il avait conquises. 

Quatre ans plus tard Louis XIV attaqua la Hollande et les puissances s'étant coalisées contre lui, la 
Belgique devint, pendant cinq ans, le théâtre d'une guerre désastreuse. Elle fut témoin de la bataille de Seneffe 
(1674), gagnée par le prince de Condé sur les alliés commandés par le prince d'Orange, arrière-petit-fils de 
Maurice de Nassau. Le traité de Nimègue, qui termina cette guerre générale, céda encore à la France plusieurs 
villes belges. 

En 1686, les puissances s'étant liguées de nouveau à Augsbourg contre l'ambitieux Louis XIV, la Belgique 
eut à subir encore huit années de guerres sanglantes (de 1689 à 1697). Quatre grandes batailles furent livrées sur 
son territoire : la bataille de Walcourt, gagnée en 16S9 sur les Français par le prince de Waldeck, général des 
alliés; celle de Fleuras (1690), de Steenkerque (1692) et de Neerwinden (i6 9 3), gagnées sur les alliés par le 
maréchal de Luxembourg. En i6 9 5, les Français bombardèrent Bruxelles où 4,000 maisons furent détruites. Le 
traité de Ryswyck (1697) rétablit les choses dans l'état où les avait mises le traité de Nimègue. 

Charles II, mort sans enfants (1.700), avait institué pour héritier de la monarchie espagnole, Philippe, duc 
d Anjou, petit-fils de Louis XIV, et cet événement alluma la guerre de la succession d'Espagne; les puissances se 
liguèrent pour la troisième fois contre la France devenue trop puissante. Les Français sont battus à Ramillies 
(1706), par le célèbre Marlborough, général anglais, qui, de concert avec le vaillant prince Eugène, gagne en 1709, 
une seconde bataille sur les Français à Malplaquet. Ces revers forcent le grand roi à demander la paix, qui fut 
signée a Utrecht (1713). Ce traité plaça la Belgique sous la domination autrichienne. Mais comme il avait été 
arrêté qu'elle ne serait remise à la maison d'Autriche que lorsque celle-ci aurait donné une barrière à la Hollande 
contre la France, des conférences s'ouvrirent à Anvers pour régler ce dernier point. Les négociations traînèrent en 
longueur par suite des prétentions de la République hollandaise. Après des discussions parfois orageuses, le traité ' 
fut enfin signé à Anvers le 15 novembre 1715. Il était stipulé que les Provinces-Unies remettraient à S. M. I. les 
Pars-Bas espagnols, destinés à ne former qu'un seul domaine indivisible et inaliénable de la maison d'Autriche ; 




Entrée de Charles-Quint à Anvt »,.. 
Tabiieau de Hans Makart, d'après u 







eptcmbre 1521.) Voir page 27. 

pOGRAPHIE DE O. ANGERER, VIENNE 



— 44 — 

aucune partie de ce territoire ne pourrait- jamais appartenir à la France. Il serait entretenu dans les Pays-Bas 
autrichiens, pour la sûreté de la République, un corps d'armée de trente à trente-cinq mille hommes, dont la 
Belgique fournirait les deux cinquièmes et l'Empereur les trois autres cinquièmes. 

En outre, la République obtenait le droit de tenir garnison exclusive dans les villes et les châteaux de 
Namur, de Tournai, de Menin, de Fumes, de Wameton, d'Ypres et dans le fort de Knocke : la garnison 
de Termonde devait être mixte. Bien qu'ils fussent obligés de prêter serment à l'Empereur, les commandants 
des places de la barrière étaient nommés par les Etats généraux qui pouvaient fortifier ces places à leurs frais, 
de l'avis du gouverneur général des Pays-Bas autrichiens. L'Empereur leur permetttait encore d'occuper et 
d'inonder, en cas de guerre, le territoire situé entre l'Escaut et la Meuse jusqu'au Démer. Pour l'entretien 
des garnisons dans les places de la barrière, il leur allouait une rente annuelle de i,25o,ooo florins, hypothéquée 
sur les subsides des provinces belges, et sous peine d'exécution militaire. On perpétuait, en la renouvelant, 
la stipulation du traité de Munster relative à la fermeture de l'Escaut. Les puissances maritimes obtenaient 
également la ratification des mesures qu'elles avaient prises au détriment de l'industrie belge. 



DOMINATION AUTRICHIENNE. 



La domination autrichienne, qui devait se prolonger jusque vers la fin du siècle, s'imposa en 171G. 
Le représentant de Charles VI trouva notre pays dans une situation affligeante : une sorte de malaise 



et d'incertitude, suite natu- 
relle de tant d'infortunes, 
paralysait le ressort de l'ad- 
ministration, tandis que le 
ressentiment de l'humiliante 
Convention d'Anvers tirait 
enfin de leur léthargie tous 
ceux qui se rappelaient la 
richesse et la puissance de 
nos anciennes communes. 
L'administration inté- 
rimaire du représentant 
de l'Empereur (comte de 
Kônigsegg) ne dura que 
quelques mois. Dès le 25 
juin, le prince Eugène de 
Savoie fut investi de la 
dignité de gouverneur gé- 
néral des Pays-Bas ; mais 
comme il était occupé alors 
à défendre la Hongrie atta- 
quée par les Turcs, le 
marquis de Prié fut désigné, 
en qualité de ministre pléni- 
potentiaire ,pour administrer 
sous ses ordres et le rem- 




mmmmmmmmm 

La Boucherie pue du coté dit Bloedberg. 



Le nouveau gouverneur, 
pour satisfaire aux exigen- 
ces du traité de la Barrière, 
réclama de nouveaux impôts 
et heurta les privilèges du 
pays. A Anvers, les repré- 
sentants des métiers, vou- 
lant différer leur consente- 
ment à l'établissement des 
subsides que reclamait le 
marquis, durent se résigner 
lorsque le ministre, ayant 
fait diriger des troupes 
sur cette ville, la menaça 
de logements militaires. 
L'ordre rétabli, le gouver- 
neur travailla à relever le 
commerce belge presque 
anéanti; à cet effet, il établit 
à Ostende {1723), pour le 
commerce des Indes Orien- 
tales, une Compagnie géné- 
rale ; mais la Hollande et 
l'Angleterre, alarmées, for- 
cèrent bientôt l'Empereur à 
l'abolir. 

Le marquis de Prié fut 



placer pendant son absence. 

rappelé peu après et remplacé par l'archiduchesse Marie-Elisabeth (1725), sœur de l'Empereur, princesse d'un 

caractère bienveillant, qui se fit aimer des Beiges. Bien que son administration manquât un peu 

la princesse sut, pendant seize ans, maintenir le pays dans une paix profonde. 



de vigueur, 




Charles VI mourut en 1740. Avant sa mort, il avait, par sa Pragmatique sanction, institué sa fille Marie- 
Thérèse son héritière universelle. En attendant, Charles de Lorraine remplaça Marie- Elisabeth 
gouvernement de nos provinces. 

Marie-Thérèse, qui n'avait alors 
que vingt-trois ans, vit, aussitôt après 
la mort de son père, presque toute 
l'Europe se coaliser contre elle : Fré- 
déric le Grand, roi de Prusse, lui 
enleva la Silésie; l'électeur de Bavière 
marcha sur Vienne, et se fit élire em- 
pereur à Francfort ; les Français 
s'emparèrent de Prague, capitale de la 
Bohème. Dans une position si critique, 
la jeune reine ne trouva de ressources 
que dans son courage héroïque; elle 
sut électriser les braves Hongrois, qui 
prirent la généreuse résolution de mou- 
rir pour leur roi Marie-Thérèse, dont 
l'habile politique ne tarda pas à rompre 
la ligue formidable des puissances. Le 
traité d'Aix-la-Chapelle, qui termina la 
guerre de la succession d'Autriche, 
rendit les Pays-Bas catholiques à 
Marie-Thérèse et reconnut pour em- 
pereur d'Allemagne François de Lor- 
raine, son époux (1748). 

Alors Charles de Lorraine, beau- 
frère de l'impératrice, vint prendre le 
gouvernement de nos provinces. Géné- 
ral instruit , brave et sage , il avait 
combattu contre les Prussiens et les 
Français, pendant la guerre de la 
succession, avec des alternatives de 
victoires et de défaites. Lorsque la paix 
lui permit de prendre le gouvernement 
des Pays-Bas, il y seconda toutes les 
vues généreuses de Marie- Thérèse, qui 
encouragea le commerce, l'industrie et 
surtout l'agriculture , fit fleurir les 
sciences, les lettres et les arts en fon- 
dant une école militaire à Anvers, une 
académie à Bruxelles, et en établissant 
des collèges dans les principales villes 
de nos provinces. Ce bon prince mou- 
rut en 1780. Marie-Thérèse mourut 
même année, avec le titre glorieux de 
« mère de la patrie » que lui décernèrent 
les peuples, et surtout les Belges qui 
avaient vécu heureux sous son règne. 

Joseph II, fils et successeur de Marie- Thérèse, forma d'abord des projets favorables à l'indépendance de 
nos provinces. Le traité de la Barrière subsistait encore; l'empereur ordonna la démolition des places fortes, et 
les garnisons étrangères se retirèrent sans résister. Il réclama ensuite la liberté de l'Escaut; mais il cessa bientôt 
de soutenir ses justes prétentions, et se contenta d'une somme de dix millions de florins que la Hollande sacrifia 



47 



■IF 

,,. d'après le Tableau de P. Vander Oitderaa. 

.:■■■""" 



pour conserver son monopole. Il voulut alors modifier les lois, le gouvernement et les mœurs des Belges, en 
supprimant les anciens privilèges et les usages nationaux, pour établir des institutions et des coutumes nouvelles. 

Il s'attaqua d'abord au clergé, et voulut 
établir lui-même un séminaire général. 
Ensuite, il abolit les tribunaux et les 
conseils; enfin il cassa les Etats de 
Hainaut et de Brabant qui lui résis- 
taient {1789). C'étaient des actes de 
despotisme, et ils furent soutenus avec 
brutalité. 

La résistance ne se fit pas attendre. 
Il s'était formé, à Bréda, un comité de 
Belges émigrés, qui put bientôt réunir 
deux ou trois mille volontaires. Le 
commandement fut confié au colonel 
Van der Meersch, vieil officier d'une 
valeur éprouvée. Il entra en Brabant 
avec sa faible troupe et battit les Autri- 
chiens à Turnhout (26 octobre 1789). 
Ce fut le signal du soulèvement de la 
Belgique entière. Toute la Flandre 
chasse les Autrichiens. Le peuple de 
Bruxelles les attaque dans les rues et 
les force à la retraite. Mons tombe 
également au pouvoir des bourgeois. 
Le 11 janvier 1790, les députés de 
toutes les provinces situées au nord de 
la Meuse étaient réunis à Bruxelles et 
y proclamaient l'indépendance des 
Etats-Belgiques- Unis. 

Henri Van der Noot, jusqu'alors 
avocat à Bruxelles, et qui s'était mis 
à la tête du comité de Bréda, se trouva 
appelé à diriger l'Etat lui-même. Après 
avoir chassé les étrangers, les Belges 
ne purent compléter leur œuvre en 
s'organîsant. Van der Meersch et ses 
officiers se montrèrent bientôt disposés 
à dicter la loi aux Etats. Ceux-ci don- 
nèrent le commandement des forces à 
un officier prussien, le général Schœn- 
feld, tandis que le vainqueur de Turn- 
hout était arrêté et conduit à la cita- 
delle d'Anvers. Mais Schcenfeld, qui 
semble avoir été l'agent d'une puissance 
étrangère, ne fit aucun usage des forces 
mises sous ses ordres, et glaça leur 
enthousiasme par sa froideur. 

Cependant Joseph II venait de 
mourir, et Léopold II, son frère, offrait une paix avantageuse. Les Belges l'ayant refusée, il s'avance avec une 
forte armée, culbute les patriotes peu confiants dans leur général Schœnfeld, reprend la Belgique (1790), accorde 
aux Belges une amnistie générale et la pleine jouissance de leurs constitutions. Il meurt (1792), sans avoir eu 
le temps de réaliser toutes ses vues bienveillantes qui auraient pacifié complètement le pays. 










^^ 






-48 - 

François II, son fils, était à peine monté sur Je trône impérial qu'il eut à lutter contre la terrible Révolution 
française, qui renversait, à Paris, le trône de Louis XVI et faisait disparaître jusqu'aux derniers vestiges du 
régime féodal. Le fléau de la guerre vint encore une fois monder de sang la Belgique. Dumouriez remporta (1792), 
sur les Autrichiens, à Jemmapes, une victoire qui valut aux Français la conquête de la Belgique. L'année 







La Maison de J. J. Jordaens. 



suivante, les Autrichiens reprennent l'offensive, et le général belge Clairfayt, à la tète des Impériaux, bat Dumouriez 
à Neerwinden, et remet de nouveau la Belgique au pouvoir de l'Autriche. 

L'archiduc Charles-Louis, frère de l'empereur, vient prendre possession du gouvernement de nos provinces ; 
mais en 1794, Jourdan. général français, gagne sur le prince de Saxe-Cobourg, général autrichien, la bataille de 
Fleuras, qui met fin, en Belgique, à la domination autrichienne. 



DOMINATIC 



Les Français réunirent la Belgique à leur pays et supprimèrent toutes nos institutions pour nous imposer 
les leurs. Ils ôtèrent à nos provinces leurs noms antiques, et divisèrent le territoire , en neuf départements. La 
province d'Anvers fut appelée le dépar- 
tement des Deux-Nèthes. 

Napoléon ayant relevé le trône et 
rétabli le culte religieux, que la France 
républicaine avait voulu abolir , la 
Belgique obéit avec moins de répu- 
gnance à ce puissant souverain, qui fit 
quelques efforts pour encourager son 
industrie. Lorsqu'il vint visiter la Bel- 
gique (i8o3), il voulut s'arrêter trois 
jours à Anvers. Dès le lendemain de 
son arrivée, à trois heures du matin, 
il fit à cheval le tour de la ville, exa- 
minant dans le plus grand détail les 
fortifications et le port : cette inspec- 
tion lui inspira de vastes projets qu'il 
s'efforça bientôt de réaliser. Il fit 
creuser le bassin, élever l'arsenal, 
construire la route qui de cette ville 
conduit à Amsterdam, et joindre, par 
un canal, l'Escaut à la Somme. 

« Dans un de ses nombreux sujets 
de conversations rompues, dit le Me'-, 
mariai de Sainte-Hélène , l'empereur 
s'est arrêté avec suite sur Anvers, son 
arsenal, ses fortifications, son impor- 
tance, les grandes vues politiques et 
militaires qu'il avait eues sur ce point 
si heureusement situé, etc., etc. Il a 
dit qu'il avait beaucoup fait pour 
Anvers, mais que c'était encore peu 
auprès de ce qu'il comptait faire. Par 
mer, il voulait en faire un point 
d'attaque mortel à l'ennemi ; par terre, 
il voulait le rendre une ressource cer- 
taine en cas de grands désastres, un 
vrai point de salut national ; il voulait 
le rendre capable de recueillir une 
armée entière dans sa défaite, et de 
résister à une année de tranchée ou- 
verte, pendant laquelle une nation avait 
le temps, disait-il, de venir en masse 
la délivrer et reprendre l'offensive. — 
L empereur disait qu'il avait arrêté que le tout fût gigantesque et colossal. Anvers eût été à lui seul toute une 
province. Il avait l'intention d'établir un arsenal complet et bien plus grand en face d'Anvers, sur la rive 
opposée, à la Tête-de-Flandre. II avait d'abord eu le projet hardi de jeter un pont au travers de ce fleuve 
difficile; mais il finit par se décider pour des ponts volants très ingénieux. — L'empereur avait sur Anvers 




RANÇAISE. 



5i 



les idées les plus gigantesques : il eu eût prolongé l'ensemble, les détails et les moyens jusqu'à la mer. » 
Autant Napoléon s'efforçait de réédifier Anvers, en lui donnant pour base des fondations commerciales, autant 

l'Angleterre s'efforçait de prévenir les 
conséquences de cette restauration. 

L'expédition entreprise sur l'Escaut 
en 1809 fut conçue dans cet esprit. 
Saisissant le moment où la France était 
privée de ses deux grandes armées 
régulières, occupées l'une sur le Da- 
nube, l'autre sur le Tage, le ministère 
britannique dirigea contre l'île de Wal- 
cheren une flotte composée de soixante 
et dix bâtiments de guerre, indépen- 
damment de quatre-vingt-quatre cor- 
vettes et d'une foule d'autres navires. 
Vingt millions de livres sterling (cinq 
cents millions de francs) avaient été 
dépensés pour ce formidable arme- 
ment. Au moment où Anvers était ainsi 
menacée par plus de quarante-cinq 
mille soldats, elle était presque sans 
garnison. En réalité, l'ancienne métro- 
pole commerciale des Pays-Bas ne 
dut son salut qu'à l'inhabileté du 
général anglais : au lieu de s'avancer 
directement par le gué du canal de 
Berg-op-Zoom , lord Chatham alla 
mettre le siège devant Flessingue, dont 
la prise d'Anvers devait entraîner la 
chute. Entassée dans les marais de la 
Zélande, son armée fut décimée par les 
fièvres ; et, en moins de soixante jours, 
ces forces si imposantes étaient disper- 
sées, sans s'être montrées plus loin que 
le fort de Bath. 

D'après les détails fournis par le 
préfet de l'empire, Anvers, grâce aux 
immenses travaux qui avaient pour 
objet de menacer l'Angleterre, obtint 
un accroissement de 10,000 âmes; en 
1814, la ville contenait 66,000 habi- 
tants. 

Lors de la chute de Napoléon, 
les puissances alliées , maîtresses de 
la Belgique, établirent à Bruxelles un 
gouvernement provisoire (11 février 1814), qui fut confié à Guillaume d'Orange-Nassau, afin de préparer ainsi 
les voies à l'union de la Hollande et de la Belgique, que les puissances voulaient effectuer. En effet le congrès 
de Vienne réunit définitivement la Belgique et la Hollande (11 décembre 1814) sous le sceptre de Guillaume 
d'Orange -Nassau. 




52 



LA BELGIQUE REUNIE A LA HOLLANDE. 



Les Belges réunis aux Hollandais sous le sceptre de Guillaume I", roi des Pays-Bas, avaient pris une 
part très active à la guerre que les alliés firent à Napoléon pendant les cent jours; ils s'étaient distingués 
aux Quatre-Bras en combattant, sous la conduite du prince d'Orange, fils de Guillaume, contre les Français 
commandés par le maréchal Ney, et à Waterloo où ils eurent la gloire de dégager le prince d'Orange, qui 
jeta sa décoration au milieu du bataillon belge en s'écriant : Mes amis, vous lave{ tous méritée! 

Après la chute définitive de Napoléon, Guillaume s'occupa d'organiser son nouveau royaume : une 
commission composée de douze Belges et de douze Hollandais fut chargée de modifier la loi fondamentale 
des Pays-Bas et d'en faire la Constitution du nouveau royaume. Cette loi fondamentale, ainsi modifiée, fut 
soumise à l'acceptation des notables belges; sur i323 votants, 796 rejetèrent la loi surtout parce qu'elle ne 
garantissait pas assez les droits de l'Église catholique, et 527 seulement l'acceptèrent ; mais Guillaume consi- 
dérant comme [favorables à la loi 280 notables qui n'avaient point répondu à l'appel, promulgua la nouvelle 
Constitution et se fit inaugurer à Bruxelles comme roi des Pays-Bas. Par ce procédé inconstitutionnel, il violait 
une des conditions essentielles posées par les puissances, celle de ne gouverner que d'après une Constitution 
établie de commun accord; il jeta par cette manière d'agir la première semence de division dans son 
royaume. 

Le pays prospéra cependant sous le rapport du commerce et de certaines industries ; mais 
Guillaume, sous l'influence de son ministre Van Maanen, respectait peu la loi fondamentale et poursuivait 
son plan qui était de détruire la nationalité belge et| de nous hollandiser ; il ne réussit, comme un autre 
Joseph II, qu'à pousser les Belges à la révolution. 



REVOLUTION DE 






■ 



,' 



■ 



L'opposition belge se manifesta énergiquement dans les Chambres et dans la presse; les catholiques et 
les libéraux, comprenant que V Union fait la force , unirent leurs efforts; on pétitionna de toutes parts dans les 
provinces méridionales, et l'obstiné monarque, au lieu d'avoir égard à de justes réclamations, publia son fameux 
Message du 1 1 décembre 1829, par lequel il s'arrogeait un pouvoir absolu; ce coup d'autorité fut suivi de plusieurs 
destitutions, et les écrivains de l'opposition furent poursuivis et condamnés à l'exil. Alors la révolte devint 
imminente. La révolution de juillet i83o, qui renversa du trône de France Charles X, frère de Louis XVIII, 
fut en Belgique le signal d'une agitation menaçante pour Guillaume. 

Ce fut de Bruxelles que partit le signal d'un mouvement insurrectionnel qui s'étendit bientôt à la Belgique 
entière. Dans la soirée du 25 août, après une orageuse représentation de la Muette de Portici, le peuple saccagea 
les demeures des principaux agents de la domination hollandaise. Les désordres continuèrent les deux jours 
suivants. 

Le 28, après que les vieilles couleurs de Brabant eurent été arborées, les notables furent convoqués à 
l'hôtel de ville et une pétition adressée au roi pour demander la prompte convocation des États généraux. A ce 
moment, la majorité des Belges ne souhaitait encore que la séparation administrative des deux parties du royaume, 
avec le maintien de la maison de Nassau. 

Guillaume I er résolut de convoquer les députés à la Haye, mais en même temps il fit partir pour Bruxelles 
un corps de cinq à six mille hommes. Le prince d'Orange et son frère Frédéric, qui les commandaient, établirent 
leur quartier général à Vilvorde. Le premier, confiant en son ancienne popularité, espéra dominer la crise par 
une démarche chevaleresque. Accompagné de six généraux ou aides de camp, sans autre escorte, il entra, le 
1 e1 " septembre, dans la capitale par la porte de Laeken. Les rues étaient hérissées de barricades. La garde bourgeoise 
se montrait respectueuse, mais froide; le peuple avait parfois une attitude menaçante. Parvenu dans son palais, 



k 



I 



- 5 4 - 
le prince eut plusieurs conférences avec les notables les plus influents et quelques membres des états généraux 
On ne lu, dissimula point que le désir le plus ardent de la Belgique était la séparation complète entre les provinces 
méridionales et les provinces septentrionales, sans autre point de contact que la dynastie régnante. L'héritier du 
troue promit de porter à son père l'expression de ce vœu, et il quitta la ville le 3 septembre, après avoir pris sur lui 
d éloigner les troupes qui s'y trouvaient encore. Mais Guillaume I- refusa opiniâtrement de donner au pays la 
satisfaction que celui-ci demandait. En ouvrant à la Haye, Je ,3 septembre, la session extraordinaire des états 
généraux, le roi laissa entrevoir son opinion : « Je ne céderai jamais, dit-il, à l'esprit de parti et je ne 
consentira, jamais à des mesures qui sacrifieraient le bien-être et les intérêts de la patrie aux passions et à la 
violence. r r 

Pendant que les représentants de la nation délibéraient à la Haye, le prince Frédéric essaya de reprendre 
Bruxelles. Repoussées à la porte de Flandre et à la porte de Laeken, les troupes hollandaises pénétrèrent le 
23 septembre dans le haut de la ville par les portes de Schaerbeek et de Louvain, et, malgré la résistance des 



patriotes, occupèrent le Parc. 
Là elles furent contenues par 
une poignée d'intrépides ci- 
toyens, qui, maîtres des hôtels 
environnants ou embusqués 
derrière quelques barricades 
élevées à la hâte, enfermèrent 
leurs ennemis dans un cercle 
de feu. Le lendemain, après 
une nuit pleine d'angoisses 
pour les habitants, la lutte 
devint moins inégale : les 
combattants, qui n'étaient d'a- 
bord qu'au nombre de douze 
à quinze cents, avaient vu se 
grossir leurs rangs par les vo- 
lontaires accourus des villes 
voisines et des campagnes. 




Don Juan van Halen 



Vers huit heures du matin le 
feu recommença sur toute la 
ligne et la bataille continua 
avec acharnement jusque dans 
la soirée, sans que les Hol- 
landais fissent le moindre pro- 
grès, lis ne surent même pas 
mettre à profit l'incroyable 
confiance des volontaires, lors- 
que ceux-ci, barrasses, aban- 
donnèrent de nsftiyeau aux 
surprises possibles de leur 
;; ennemi un terrain qu'ils lui 
: avaient si courageusement dis- 
'■ puté pendant la journée. Le 
25, Don Juan Van Halen, 
ancien officier espagnol, mais 
Belge d'origine, ayant été in- 
vesti du commandement en chef, les insurgés montrèrent plus d'ardeur encore et prirent sur certains points 
1 offensive. Les jours précédents, quelques hommes intrépides étaient cependant parvenus à se faire écouter et à 
organiser la résistance. Citons : M. Pletinckx, créé, le 22 au soir, dans une réunion à l'hôtel de ville, comman- 
dant des forces mobiles et fait prisonnier dans la soirée du 25 ; le baron Fellner, qui resta au nombre des morts ■ 
Mellmet, général dans la jeune garde de Napoléon pendant les Cent Jours ; E. Grégoire, Palmaert, Kessels' 
Roussel, etc. 

La journée du dimanche, 26, fut la plus meurtrière; jusque vers deux heures du matin, on entendit le 
bruit de la générale, du tocsin, de la fusillade et de temps en temps, le grondement du canon. Mais déjà le prince 
Frédéric, voyant l'inébranlable attitude de ses adversaires sans cesse accrus par de nouveaux combattants 
préparait sa retraite. 

Lorsque vers cinq heures du matin, quelques volontaires pénétrèrent dans le Parc, ils n'y trouvèrent plus 
personne : l'armée royale était partie, se dirigeant en bon ordre vers Malines et Anvers. A sept heures, le bourdon 
de Sainte-Gudule annonça la délivrance de Bruxelles. Six cents Belges avaient succombé pour l'indépendance de 
leur pays. 

Au milieu même de la bataille, et en l'absence de toute autre autorité, un pouvoir révolutionnaire 
s'était organisé à Bruxelles, dans la matinée du 24 septembre, sous le nom de Commission administrative : elle 
se composât! du baron Emmanuel d'Hooghvorst, général de la garde bourgeoise; de Charles Rogier, commandant 
de la compagnie de volontaires liégeois, venus au secours de Bruxelles, de Jolly, ancien officier du génie. 

Dans la soirée du 24, vers onze heures, M. Juan Van Halen reçut le billet suivant : « La Commission 
administrative invite le colonel Don Juan Van Halen à passer à l'hôtel de ville pour une affaire qui le concerne. 
Signé : Ch. Rogier et Vanderlinden-d'Hooghvorst. » Arrivé peu après à l'hôtel de ville, dont les antichambres 
étaient lugubres et désertes, M. Van Halen fut introduit dans le salon où, autour d'une table éclairée d'une 
chandelle, se trouvaient assis MM. d'Hooghvorst, Rogier et Jolly. - « Nos volontaires ont besoin d'un chef, dit 



56 — 









M. Rogier; vous allez vous mettre à leur tête : il faut prendre le Parc. — Messieurs, accordez-moi deux heures 
pour me décider et vous répondre. — Pas même deux minutes, répondit M. Rogier. » M. Van Halen ne fit 
plus alors qu'une seule observation; elle était relative au sort de sa famille et donna lieu à M. d'Hooghvorst 
de faire une réponse empreinte de toute la noblesse et de la générosité de son caractère ; enfin, il accepta... 

Le 26 septembre, la Commission révolutionnaire, ne doutant plus de la victoire, s'était définitivement 
constituée sous le nom de Gouvernement provisoire, dont firent partie MM. d'Hooghvorst, Ch. Rogier, le comte 



Félix de Mérode, Alexandre Gen- 
debien, Sylvain Van de Weyer, 
Jolly; J. Vanderlinden, comme 
trésorier, J. Nicolay et F. de 
Coppin, comme secrétaires. 

Le 28, il s'adjoignit M. de 
Potter* condamné naguère à huit 
années d'exil pour avoir publié, 
dans le Courrier des Pays-Bas, 
un plan d'opposition aux volontés 
royales. Cet écrivain, dont la per- 
sécution avait grandi le prestige, 
fut en ce moment l'objet d'une de 
ces ovations que le peuple ne 
décerne à ses idoles que dans des 
jours d'ivresse, trop tôt suivis 
d'un triste lendemain. 




Louis-Joseph-Antoine de Potier 



Son voyage de la frontière 
jusqu'à Bruxelles fut une marche 
triomphale. Une multitude im- 
mense escorta l'exilé d'hier jus- 
qu'à l'hôtel de ville. Du haut du 
balcon de l'antique édifice, il ha- 
rangua la foule, enthousiaste et 
heureuse d'applaudir un homme 
en qui se personnifiait sa victoire. 

Tandis que le Gouvernement 
provisoire commençait sa tâche 
laborieuse, les corps de volon- 
taires, composés de l'élite de la 
jeunesse, continuaient une lutte 
héroïque contre les troupes roya- 
les. Vainqueurs à Waelhem et à 
Berchem, impatients de venger 



JÇxCBrahmçQïttt?* 







^, T fir t , r .-*- f 7 — r 




-r*77'| i.rp . ,. 1. 




ïf i-t lr 


■=^FM±feaa 


)fc/fcr.riT, l ;i'iggB 


' r 


mm^sm^m 


w^Êm 






£ 






tfZe&JiV-d' 



<&* 



<?# 



le brave Jenneval, l'auteur de la Brabançonne, ainsi que le noble et héroïque Frédéric de Mérode, blessé 
mortellement au champ d'honneur, ils refoulèrent les ennemis jusque sous les murs d'Anvers. Le 27 octobre, 
les habitants de cette ville, 
insurgés depuis la veille, 
s'étaient rendus maîtres de 
la porte Rouge et de la 
porte de Borgerhout ; ils les 
ouvrirent à leurs compa- 
triotes, qui se répandirent 
dans l'intérieur et obligèrent 
la garnison à se retirer dans 
la citadelle, où commandait 
le général Chassé. 

Dans la journée même, 
la métropole commerciale 
de la Belgique fut bom- 
bardée. 

L'artillerie de la cita- 
delle, des forts et des frégates 
fit pleuvoir sur Anvers, pen- 
dant huit heures, une grêle 
d'obus, de bombes et de 
boulets, qui firent des ra- 
vages incalculables. 

En présence de cet im- 
mense désastre, le mouve- 
ment insurrectionnel se ralentit 
aurait dû enlever, 
hollandaise. 

Dès le commencement de 






Sï-r,^ Ao **«.&?? 






s*,Jî£. 



.'■en. ■?•■<? ét7 Ce-??? 

ara*- cw.f^. A A^-^/îL- , 



st.. 



■K*. 



s 









.Six*. /£ &*-**fH ^fe»j 



( iîilj 









*s« 



7-rt aJ2?Z&- a*^fn i"»»' P o-tf ^. ifPnrf' 



y 



•v 



*7?? cuf?y i-*^ *i*Vti^ A 



' '/ 



,3^6 



"y 



4L.. 






Une expédition dirigée contre la Flandre zélandaise échoua ; Maestricht, qu'on 
le Brabant septentrional, désireux de s'allier aux Belges, restèrent sous la domination 

novembre, une conférence où siégeaient les représentants de la France, 



57 



de l'Angleterre, de la Prusse, de l'Autriche et de la Russie, s'était réunie à Londres, à la demande du roi des Pays- 
Bas. Le 4, un acte fut signé, qui proposait aux deux pays une cessation d'hostilités, en assignant à la Hollande, 
comme ligne de l'armistice, les limites qu'elle avait avant la réunion, c'est-à-dire avant le traité de Paris du 
3o mai 1814. Le Gouvernement provisoire adhéra, le 10 novembre, à cet armistice. 

Le même jour, le Congrès national de la Belgique ouvrit ses séances à Bruxelles. Les cloches de toutes 
les églises annoncèrent cette solennité ; la garde civique et les troupes étaient sous les armes ; le peuple, confiant 
dans l'avenir, laissait éclater sa joie. Deux cents députés, élus directement par leurs concitoyens, sans aucune 
intervention du Pouvoir exécutif ou de ses agents, s'étaient réunis au Palais de la Nation. 

Le 18 novembre, l'Assemblée proclama, à l'unanimité, l'indépendance du peuple belge; elle décréta, 
le 22, que la forme du Gouvernement serait la monarchie représentative et héréditaire, et, le 24, elle 
prononça « l'exclusion perpétuelle des membres de la Maison d'Orange-Nassau de tout pouvoir en 
Belgique. » 

Le 20 décembre, la Conférence prononça la dissolution du royaume des Pays-Bas. Le roi Guillaume 
protesta en vain contre ce qu'il appelait le démembrement de son royaume. Le Comité diplomatique belge, 
présidé par M. Van de Weyer, protesta, de son coté, contre une clause du protocole du 20 décembre, 
qui réservait, dans les ar- 
rangements intervenus, les 

droits que le roi des Pays- V 

Bas et la Confédération ^^ fct 

germanique exerçaient sur 
le Grand-Duché de Luxem- 
bourg. 

Faisant usage du droit 
qu'elle s'était attribué, la 
Conférence arrêta, par les 
protocoles du 20 et du 
27 janvier i83i, les bases 
de séparation entre les deux 
pays. La Belgique fut dé- 
possédée du Luxembourg et 
de la rive gauche de l'Es- 
caut. Alors le Congrès, dans 
sa séance du i er février, 
protesta encore contre les 
nouvelles décisions de la 
Conférence, auxquelles 
Guillaume I er accédait. 

Plus les difficultés se multipliaient au dehors, plus il devenait urgent de s'occuper de l'élection du chef 
de l'État. Le 3i janvier, la discussion s'était ouverte au Congrès sur cette question vitale. Le 3 février, le duc 
de Nemours, qui avait pour compétiteur le fils du prince Eugène de Beauharnais, fut désigné comme le 
futur souverain; mais Louis-Philippe crut ne point devoir accepter pour son fils, 

L'Assemblée nationale, loin de se décourager, poursuivit son œuvre avec ardeur : le 7 février, elle 
acheva la Constitution, monument glorieux et impérissable de la Révolution de i83o. 

Le 24, Erasme-Louis, baron Surlet de Chokïer, président du Congrès, fut nommé Régent de la Belgique, 
et remplaça sous ce nouveau titre, le Gouvernement provisoire. 

La position du pays devint néanmoins alarmante. 

Les partisans du monarque déchu s'agitaient; la France donnait son adhésion aux protocoles des 20 et 
27 janvier; de funestes dissensions" égaraient les citoyens. Il importait de sortir au plus tôt d'une crise périlleuse 
et de mettre un terme aux anxiétés de l'esprit public. Ce fut la tâche qu'assuma courageusement le deuxième 
ministère de la Régence ; ce fut le but vers lequel tendirent les efforts patriotiques des deux principaux membres 
de cette administration, M. Lebeau, ministre des affaires étrangères, et M. Devaux, ministre d'État. 

Parmi les princes qui auraient pu briguer les suffrages d'un peuple libre, on distinguait Léopold de Saxe- 
Cobourg. Allié aux plus puissantes maisons de l'Europe, membre de la famille royale d'Angleterre, il avait fixé 




Charlier. 



la Jambe de bois 



58 






l'attention de ses contemporains, depuis qu'il avait refusé le trûrie de la Grèce, pour ne pas se rendre complice 
de fausses combinaisons diplomatiques. 

Le 18 avril,, une dépuration fut envoyée par le Gouvernement à Londres, afin de sonder les dispositions 
du prince, qui la reçut, le 32, à Marlborough-House. Léopold dit aux députés qu'il avait suivi avec intérêt tous les 
événements qui s'étaient passés, depuis six mois, dans leur pays, et qu'il comprenait qu'on pût être fier d'être 
appelé a le gouverner. Il reconnut que la paix de l'Europe était intéressée à ce que la Belgique eût un chef dans 
un bref délai. Dès le 1 1 mai, son acceptation put être regardée comme probable : la France et l'Angleterre 
y avaient donné leur assentiment. 

Toutefois, le prince désirait que le Congrès se mit préalablement d'accord avec les puissances. 

Le 2 juin, un décret du Congrès autorisa le Gouvernement à terminer toutes les contestations territoriales 
au moyen de sacrifices pécuniaires. 

La séance qui se tint le 4 au Palais de la Nation eut un caractère solennel 
Cobourg fut proclamé, 



au milieu des applau- 
dissements , Soi des 
Belges , par cent cin- 
quante-deux voix sur 
cent quatre-vingt-seize 
votants. 

Le jour même et 
séance tenante, le Con- 
grès nomma une Com- 
mission composée de 
MM. F. de Mérode, 
Van de Weyer, l'abbé 
Defoere , d'Aerschot , 
Hipp. Vilain XIIII, 
Osy, Destouvelles, 
Duval, de Beaulieu et 
Thorn. Elle était char- 
gée de porter au prince 
le décret qui l'appelait 
au trône de la Belgique. 
Le Gouvernement 
désigna en même temps 
deux autres membres 




le prince Léopold de Saxe- 
du Congrès en qualité 
de commissaires auprès 
de la Conférence, pour 
suivre les nouvelles né- 
gociations qui auraient 
été autorisées : aidés par 
la puissante interven- 
tion du prince de Saxe- 
Cobourg, M M . Devaux 
et Nothomb réussirent 
de faire modifier les 
bases de séparation 
H contenues dans les pro- 
:; : ! tocoles du 20 et du 
H 27 janvier. 
S. La Convention, con- 

fe nue sous le nom de 
H Traite' des dix-huit arti- 
|s des, fut définitivement 
f arrêtée par la Confé- 
rence le 26. Dans la 
soirée , Léopold reçut 
officiellement la dépu- 
tation du Congrès et 



Erasme-Louis Baron Sutiet de Chokier 
Proclame Régent de la Belgique le 24 février i83i. 

lui fit connaître qu'il se rendrait aux vœux de la nation belge. Le prince écrivit ensuite au Régent une lettre, 
dans laquelle il promettait de se rendre en Belgique, dès que le Congrès aurait adopté les articles proposés par là 
Conférence de Londres. Le 28 juin, la dépuration et les commissions belges étaient de retour à Bruxelles; le 
9 juillet, après une lutte longue et orageuse, les dix-huit articles furent adoptés par une majorité sage et prévoyante. 

Le 21 juillet était le jour fixé pour la solennité de l'inauguration de Léopold I". Une magnifique estrade 
avait été élevée sur la place Royale, à Bruxelles. 

A une heure, le prince vint y prendre place, entouré des ministres, des généraux et des membres du 
Congrès. 

Le vénérable Régent, en déposant ses pouvoirs entre les mains de l'assemblée qui les lui avait conférés, 
prononça ces touchantes paroles : .< J'ai vu l'aurore du bonheur se lever pour mon pays, j'ai assez vécu. » 
Bientôt un des secrétaires du Congrès, debout devant le prince, lit le texte de la Constitution. Le premier roi des 
Belges, d'une voix ferme, prête le serment exigé par l'art. 80 : « Je jure d'observer la Constitution et les lois du 
peuple belge, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire. » Léopold I"' prononça ensuite 
au milieu d'un profond silence, un discours qui peut être regardé comme le programme de son rè»ne. 



- 6o 



LA BELGIQUE INDÉPENDANTE. 






a 






Trois jours après cette imposante inauguration dans laquelle le peuple belge avait ratifié par ses 
acclamations le choix de ses mandataires, Léopold I er forma son ministère. Le portefeuille le plus impor- 
tant, alors, celui des Affaires étrangères, fut confié à M. De Meulenaere. M. Raikem, procureur général près 
la cour supérieure de justice de Liège, devint ministre de la Justice, et M. Coghen ministre des Finances. 
MM. Etienne de Sauvage, et le général de Failly conservèrent les portefeuilles de l'Intérieur et de la Guerre. 

Désirant constater par lui-même les besoins du peuple, le roi, après avoir constitué son ministère 
et convoqué les Chambres, résolut de se montrer aux provinces qu'il n'avait point traversées lors de sa marche 
triomphale de Bruges à Bruxelles. Il se proposait de visiter l'agreste Campine, le riche pays de Liège 
et la pittoresque province de Namur. Il voulait aussi passer l'armée en revue pour la connaître et se 
faire connaître d'elle. Le 28 juillet, il se rendit dans la métropole commerciale du pays, si cruellement 
éprouvée pendant la révolution et toujours menacée par les canons de la citadelle, où flottait encore le 
drapeau des Nassau. Il fut accueilli avec enthousiasme par la population. Celle-ci espérait, suivant les 
expressions du gouverneur civil (M. Ch. Rogier), que la présence de Léopold, comme roi, au sein des murs 
d'Anvers, serait le signal du prochain affranchissement de cette cité, qu'attendaient de si hautes destinées 
après de si grands désastres. Le 29, le roi passa en revue à Saint-Antoine l'armée dite de l'Escaut, commandée 
par le général Tieken de Terliove, et, le 3i, aux environs de Hasselt, le corps d'armée du général Daine, 
dit de la Meuse. Dans ces deux revues, on n'avait pas compté plus de 25, 000 hommes, au lieu de 68,000 
que les cadres annonçaient. Léopold, quelles que fussent ses appréhensions en présence de l'organisation 
encore si incomplète et si défectueuse de l'armée, ne les laissa point voir. Toujours calme afin de ne point 
décourager la population qui lui avait confié ses destinées, il partit pour Liège où il fit son entrée le i er août. 

Accueilli avec la plus vive allégresse par la population liégeoise, Léopold se proposait de continuer 
son voyage jusqu'à Verviers et de se rendre ensuite à Namur. Autour du roi tout était calme, parce 
que ce prince ne laissait rien paraître de ses graves préoccupations. Il ne pouvait toutefois se faire aucune 
illusion : le danger était pressant. 

Le 3i juillet, il avait reçu de la Hollande des avis qui ne permettaient aucun doute sur les projets de 
Guillaume I er ; le 1" août, il prévint son ministre de la guerre des événements qui allaient éclater. 

Le voile se déchira avec une rapidité qui surprit tout le monde. Le 2 août dans l'après-midi, les 
ministres restés à Bruxelles, et le roi, qui se trouvait à Liège sans ses conseillers, reçurent presque en 
même temps notification de la reprise des hostilités par les Hollandais. Cette déclaration était contenue 
dans une lettre datée du 1" août et adressée au général de Tabor, gouverneur militaire de la province 
et commandant supérieur de la ville et banlieue d'Anvers, par le général Chassé, commandant de la citadelle. 

C'était le 4, au soir, qu'expirait l'armistice dénoncée par le commandant de la citadelle d'Anvers. 

La plus grande terreur régnait dans cette ville, qui se rappelait les désastres du premier bombardement ; 
des milliers de fugitifs encombraient déjà les faubourgs et la route de Malines. Par un noble mouvement 
Léopold se rendit à Anvers, accompagné de MM. Lebeau et Ch. de Brouckere, et voulut coucher dans la 
ville menacée. Cette association à de nouveaux périls encouragea la population, et l'aida à envisager avec 
plus de calme la perspective de nouvelles calamités. 

Le général Chassé, qui avait d'abord refusé de reconnaître la neutralité de la ville, porta au comble 
l'anxiété des habitants, lorsque, dans la matinée du 5, il dirigea une sortie contre les batteries belges 
élevées en face de Saint-Laurent. La veille, il avait également refusé aux instances du général Belliard, ministre de 
France, une prolongation de l'armistice. Belliard renouvela sa tentative le 5, déclara que la France et les 
autres grandes puissances avaient pris la ville d'Anvers sous leur protection, et rendit le général Chassé 
responsable des événements. Le vieux commandant persista dans son refus de renouveler l'armistice, mais 
consentit à suspendre les hostilités jusqu'à ce qu'il eût reçu de nouvelles instructions de son gouvernement. 

Léopold, rassuré sur le sort d'Anvers, porta immédiatement son quartier général à Malines, afin de 
prendre les mesures nécessaires pour s'opposer à l'armée hollandaise, qui, sans avertissement préalable 
avait envahi le Limbourg. 



62 



Le 3, les Hollandais occupaient Turnhout, après avoir signalé leur passage par ' la ruine et l'in- 
cendie. Les Belges remportèrent quelques succès d'avant-postes, et il fallut trois jours à l'ennemi pour arriver 
jusqu'aux portes de Diest. Le roi écrivit en même temps à Paris et à Londres, pour réclamer le secours- 
éventuel des puissances qui avaient garanti l'armistice. L'intervention de La France ne se fit pas attendre. 
Dès le matin du 3 août, le cabinet des Tuileries faisait signifier, par une double dépêche — au cabinet de 
la Haye, « que toute attaque contre la Belgique » — au général Chassé, , que le premier coup de canon tiré- 



sur Anvers équivau 
drait à une déclara- 
tion de guerre contre 
la France. » Le ca- 
binet britannique, par. 
suite d'une démarche 
des ministres belges 
hostiles à toute inter- 
vention, ne reçut pas 
la dépêche du roi. 

1.1 s'en fallait tou- 
tefois que la demande 
adressée par le roi 
Léopold au gouver- 
nement français eût 
reçu en Belgique une 
approbation una- 
nime. Le pays, au 
début de la crise, 



avait trop de con- 
fiance dans ses pro- 
pres forces pour 
accueillir sans répu- 
gnance l'idée d'une 
intervention étran - 
gère. Le roi comprit 
ces scrupules et vou- 
lut attendre l'heure 
d'une nécessité su- 
prême. C'est pour- 
quoi l'armée française 
qui pouvait entrer 
en Belgique dès le 
5 août, ne passa la 
frontière que le g. 

La sécurité d'An- 
vers étant garantie, 
le roi tenta d'opérer 

la jonction des deux armées de la Meuse et de l'Escaut. Pour des motifs expliqués de diverses façons, le 
général Daine refusa d'obéir à l'ordre qu'il reçut de marcher vers Aerschot pour y rejoindre son collègue, le 
général Tieken. Il resta en avant de Hasselt, qu'il dut abandonner le lendemain au prince d'Orange, déjà 
maître de Diest et de Saint-Trond, et il se retira en pleine déroute jusqu'à Liège. Cependant, le roi l'attendait,, 
avec l'armée de l'Escaut, près d'Aerschot, où il avait établi son quartier général avec i5,ooo hommes à 
peu près de bonnes troupes, auxquelles viendraient se joindre les 10,000 hommes dont disposait Daine 

sa jonction, ne vit plus, 




Casemate du Général Hollandais Chassé dans la Citadelle du Sud. 



au début de la campagne, 
et il croyait pouvoir tenir 
tête aux Hollandais. Il 
écrivit dans ce sens au 
général Belliard , en le 
priant encore d'arrêter le 
mouvement de l'armée 
française. Mais le pléni- 
potentiaire français reçut, 
en même temps que la 
lettre du roi, la nouvelle 
de la déroute de H as- 
selt, et il appela le maré- 
chal Gérard. Léopold, qui 
avait attaqué le village de 
Montaigu dans le but de 
l'occuper et de faciliter 




Le baron Fellner, aide de camp du commandant général en 
chef, mort le 26 septembre i83o. 



dès lors, d'autre ressource 
que de se replier sur 
Louvain pour couvrir la 
route de Bruxelles, et, le 
soir du 10 août, il s'éta- 
blit en vue de la pre- 
mière de ces deux villes, 
installant ses avant-postes, 
à Bautersem. C'est là que 
devait avoir lieu l'engage- 
ment décisif. Si le prince 
d'Orange emportait Lou- 
vain, il marchait droit sur- 
Bruxelles et y devançait 
l'armée française. 

Les Belges s'instal- 



lèrent dans la ville et firent preuve, dans leurs diverses sorties, d'une bravoure dont la défaite n'a pas obscurci 
l'éclat. Le roi, toujours au poste d'honneur, ne cessa d'exposer ses jours pour sa patrie d'adoption. Ecrasée 
par le nombre, décimée par la défection des gardes civiques, notre petite armée lutta jusqu'au bout. Léopold 
évacua Louvain pour lui épargner l'horreur d'un bombardement. Les Hollandais occupaient déjà les routes- 
■de Tervueren et de Malines, et allaient cerner ce qui restait de nos troupes, quand le ministre d'Angleterre, 






— 63 — 

■débarqué de la veille en] Belgique, sir Robert Adair, se jeta dans la mêlée, précédé du drapeau blanc de 
-parlementaire, arriva jusqu'au prince d'Orange et lui demanda une suspension d'armes immédiate. Refusée 
d'abord, puis longuement discutée, elle fut accordée jusqu'au lendemain. Ces événements se passaient le 12 août. 




Marie-Louise, première Reine des Beiges. 

Le même jour les troupes françaises entraient à Bruxelles, et le lendemain, aux termes d'une 
convention signée à Louvain, entre le général Belliard et le prince d'Orange, les Hollandais s'engagèrent 
à évacuer une seconde fois le sol belge. Les troupes françaises repassèrent la frontière le 3.1, emportant 



I 






- 64 - 

avec elles la reconnaissance du pays, qu'elles avaient sauvé par leur seule présence. Dès le 25 juillet, 
la conférence, prévoyant une nouvelle catastrophe, avait invité la Hollande et la Belgique à rouvrir 
les négociations. La Hollande y avait consenti, à la condition d'appuyer les délibérations par des moyens 
militaires; la Belgique avait refusé. Son légitime espoir était de convertir en traité définitif les préliminaires 
de paix. Elle dut se montrer plus conciliante après les désastres du mois d'août ; mais elle avait le 
droit d'espérer que l'injustifiable agression du roi Guillaume ne la priverait pas des bénéfices des dix- 
huit articles. Le protocole du 14 octobre i83i, connu sous le nom des vingt-quatre articles, ne fut 
autre chose que l'antique vm victis, traduit en langage diplomatique. 

« Les dix-huit articles, dit M. Thonissen, admettaient, sans la médiation des cinq cours, une 
négociation séparée entre la Belgique et la Hollande. Ils proclamaient la libre navigation de l'Escaut. 
Ils se référaient aux règles de la justice et de l'équité pour le partage des dettes et l'échange des 
enclaves. Ils n'écartaient en aucune manière l'offre d'une indemnité pécuniaire pour la conservation du 
Luxembourg et de la ville de Maestncht. 

les colonies néerlandaises, sans 
même lui garantir le libre 
accès de ces belles et riches 
possessions. On lui impose 
la moitié des charges de la 
communauté, et l'on aban- 
donne tout l'actif de cette 
même communauté à la Hol- 
lande ! Le seul avantage positif 
que la Belgique conserve dans 
les vingt-quatre articles, c'est 
sa neutralité perpétuelle sous 
la garantie des puissances. » 
Le i5 novembre, les vingt- 
quatre articles furent convertis 
en traité définitif, et la con- 
férence restait chargée du soin 
difficile d'en assurer l'exécu- 
tion. La Belgique accepta le 
traité du i5 novembre ; la 
Hollande refusa. II fallait re- 
courir à des mesures d e 
rigueur pour obtenir l'assen- 
timent du roi Guillaume aux 
décisions de l'Europe. L'Au- 
triche, la Prusse et la Russie 
ne voulaient imposer à la 






« Dans les vingt -quatre 
articles, tous les points en dis- 
cussion sont tranchés au pré- 
judice de la Belgique. Notre 
territoire est odieusement mu- 
tilé, et plus de 35o,ooo de 
nos concitoyens sont replacés 
sous la domination hollan- 
daise. L'Escaut n'est déclaré 
libre qu'à charge de payer une 
redevance à la Hollande. La 
Belgique est chargée de la 
somme énorme de huit mil- 
lions quatre cent mille flo- 
rins des Pays-Bas de rentes. 
Ses réclamations relatives à 
la flotte et aux autres riches- 
ses acquises en commun sont 
rejetées. Toute indemnité lui 
est refusée pour les dégâts de 
la guerre et le bombardement 
d'Anvers. La Nouvelle-Guinée 
et les îles avoisinantes , ac- 
quises pendant la réunion, 
restent à la Hollande. On 
impose à la Belgique la moitié 
des dettes contractées pour 
Hollande que des pénalités pécuniaires; la France et l'Angleterre, par un acte du 22 octobre 1832, convinrent 
de sommer les cabinets de Bruxelles et de la Haye d'évacuer respectivement les territoires qui ne leur 
appartenaient pas, aux termes du traité de novembre. En cas de refus, les deux puissances enverraient une 
flotte sur les côtes de Hollande, et une armée française se mettrait à la disposition du roi Léopold pour 
expulser les garnisons ennemies de la citadelle d'Anvers et des forts de l'Escaut. 

La Belgique n'avait point sollicité ce concours armé des puissances. Elle n'aspirait qu'à vider avec 
ses propres forces sa querelle avec la Hollande, et le gouvernement, pénétré du même désir que la nation, 
pouvait compter, cette fois, sur de vrais soldats. L'opinion publique reçut avec déplaisir la nouvelle de 
l'intervention étrangère. Le ministère que présidait le général Goblet fît tous ses efforts pour sauvegarder 
l'honneur national. II fut convenu qu'une garnison belge occuperait la ville d'Anvers et que, si les 
Hollandais prenaient l'initiative des hostilités contre la Belgique, l'armée indigène défendrait le territoire 
de concert avec l'armée française. 

Ce fut dans la nuit du 29 novembre que le maréchal Gérard ordonna l'ouverture de la première tranchée. 




Groupe de l'Escaut. 



■ 



— 65 



Les Hollandais occupaient, outre la citadelle, les forts de Lillo et de Liefkenshoek, situés face à 





~nm|fj- 






Monument de l'Affranchissement de l'Escaut. 
face, à deux lieues de la ville, sur les deux rives du fleuve, ce qui permettait au général Chassé, sous 
la protection d'une escadre, de s'approvisionner de vivres et de munitions. Les Belges, de leur côté. 



— 66 — 

possédaient le fort du Nord, et avaient armé de batteries formidables le port, les bassins et les abords 
de 1 esplanade. Les troupes françaises cernaient la ville de toutes parts. 

Pendant près de trois semaines, les Français tirèrent 65,ooo coups de canon et consommèrent 
.40,000 kilogrammes de poudre. Assiégeants et assiégés firent preuve d'un égal héroïsme. Les Français 
creusèrent des tranchées et tracèrent les parallèles dans un sol détrempé par la pluie, les pieds dans' la 
boue, affrontant nmt et jour une grêle d'obus et de balles. Cloué par de cruelles souffrances physiques 
au fond d une casemate, Chassé dirigeait la défense avec une inébranlable vigueur. Il ne céda que le s, décembre 
quand I artillerie française eut ouvert, dans l'un des bastions de la place, une brèche qui permettait l'assaut' 

A dix heures du matin, on suspendit les hostilités de part et d'autre, et, aux termes d'une capitulation 
honorable, la garnison, vers le soir, se constitua prisonnière. Le général Chassé et son état-major furent 
conduits comme prisonniers de guerre à Saint-Omer et reçurent, de la part des Français et des Belges tous 
les égards dus à des braves. 

Dans les premiers jours de janvier i833, l'armée française quitta la Belgique. Les Chambres lui 
votèrent des remerciements au nom du pays, et décernèrent au maréchal Gérard une épée d'honneur 

De longues et difficiles négociations furent entamées pour régler définitivement la situation et les 
irontieres de notre pays. 

_ Tous les efforts de la Belgique pour obtenir des modifications sérieuses aux vingt-quatre articles 

n aboutirent qu'à faire fixer à cinq millions de florins le chiffre de la rente. Elle eût beau offrir soixante 
et même cent millions pour les cantons cédés du Luxembourg et du Limbourg. Efforts stériles ' Les 
cours du Nord, protégeant ouvertement la Hollande, exigèrent l'exécution rigoureuse des vingt-quatre articles 
Lord Palmerston, pour ne pas seconder l'influence du cabinet des Tuileries, avec qui les rapports de 
1 Angleterre étaient fort tendus à cette époque, nous abandonna dans la question territoriale, et la France 
ne voulut point seule prendre une attitude menaçante vis-à-vis de l'Europe. 

Les ministres du roi Léopold apprirent dans la matinée du lo décembre, que l'arrêt de la Belgique 
venait d être signé au Foreign office. Ils essayèrent un suprême effort. Ou envoya M. de Mérode à Paris 
et M. de Gerlache à Londres, avec des offres nouvelles. Le 22 janvier, M. Van de Weyer reçut com- 
munication des protocoles, avec prière de solliciter au plus tôt l'adhésion du roi des Belges à l'œuvre de 
la conférence. 

La situation pour la Belgique n'était pas moins grave qu'en i83i. L'énergie du sentiment public 
sexalta jusqu'à l'imprudence. Renouvelant une manifestation faite avec succès en i83l quelques patriotes 
a la tête desquels se trouvait M. Ducpétiaux, fondèrent une Association nationale pour la défense du pays 
Les députés du Luxembourg et du Limbourg se réunirent au comité de salut public et déléguèrent des 
ambassadeurs à Pans. Les républicains et les orangistes mirent à profit l'immense émotion du pays pour 
amener la révolte et la faire tourner ensuite à leur bénéfice. La Belgique, par bonheur, avait fait une trop 
heureuse expérience du nouveau régime pour se résoudre aisément à sa chute. Elle prévoyait la »uerre et 
ne la redoutait point. Le meilleur esprit animait l'armée et la bourgeoisie. La garde civique demandait 
quon l'envoyât aux frontières. Au milieu d'une crise industrielle sans précédents, les contribuables s'imposaient 
de pénibles sacrifices et faisaient des avances au trésor. 

Tel était l'état des esprits quand le ministère fit connaître aux Chambres le résultat des négociations 

Trois ministres, reculant devant l'énorme responsabilité qu'ils auraient dû assumer, renoncèrent à 
leurs portefeuilles. Les trois autres, MM. de Theux, Nothomb et Willmar, restèrent à leur poste et se 
chargèrent de faire accepter les résolutions de la conférence. Jamais hommes d'Etat ne se trouvèrent 
investis d'une plus difficile mission. L'un d'eux tenait son mandat de l'une des provinces dont on allait 
décréter le morcellement. Les deux autres y étaient nés. Il fallait un courage voisin de l'héroïsme pour 
affronter, en de pareilles circonstances, les reproches de faiblesse et de trahison qu'allait formuler contre eux 
un patriotisme égaré. Ils se résignèrent à ce rôle ingrat, soutenus par cette conviction qu'ils obéissaient aux 
lois d'une inflexible nécessité. 

Après quinze jours de discussion, la Chambre vota le traité le 19 mars i83 9 ,par 58 voix contre 42. 
Le Sénat l'adopta, le 26 du même mois, par 3l voix contre 14. Le i 9 avril, M. Van de Weyer le signa 
au Foreign office, au nom du roi Léopold, après avoir consigné dans une note les regrets et les protestations 
de la Belgique. 

M. Gendebien, en votant contre le traité, formula son opposition en ces termes : « Non, 38o,ooo 
fois non, pour les 38o,ooo Belges que vous sacrifiez à la peur! » 




Statue de Léopold I et , premier Roi des Belges. 






m 



La meilleure protestation contre cette injure faite au courage de la représentation nationale se 
trouve dans les noms des hommes qui votèrent les vingt-quatre articles; les opposants pouvaient être 
de courageux patriotes : la postérité ne les appellera point des hommes d'Etat (i). 

Nous avons voulu faire, sans l'entremêler d'aucun autre incident, le récit quelque peu détaillé de 
nos querelles avec la Hollande; cette tâche accomplie, nous parlerons brièvement de quelques grands 
faits se rapportant spécialement à Anvers. 

Le 5 mai 1835, fut inauguré le premier chemin de fer construit sur le continent. C'est celui de 
Bruxelles à Anvers. 

L'éclairage au gaz fut introduit à Anvers en 1840. 

Le chemin de fer d'Anvers à Cologne fut livré à l'exploitation en octobre 1843. 

De brillantes solennités eurent lieu à Anvers en octobre 1834, en l'honneur du Duc de Brabant 
qui l'année précédente, s'était marié avec l'archiduchesse Henriette, arrière-petite-fille de Marie-Thérèse. 

Le 22 octobre 1861, les nouveaux bassins et les installations maritimes du Kattendyk furent inaugurés 
par le roi Léopold. 

Nous terminerons en rapportant un acte d'une importance capitale : l'affranchissement de l'Escaut. 

Depuis son établissement, en 1839, le péage de l'Escaut avait coûté plus de vingt-huit millions 
de francs au trésor belge. M. Rogier résolut d'affranchir le pays de ce tribut. Reprenant et activant les 
études et les négociations commencées par ses prédécesseurs, il proposa de racheter à la Hollande le péage 
du grand fleuve commercial : le capital du rachat devait être fixé à trente-six millions, dont le tiers environ 
serait payé par la Belgique et les deux autres tiers par les puissances dont les navires fréquentaient le port 
d'Anvers. La loi fut promulguée le i3 juin i863 et suivie d'un traité général pour le rachat d'une onéreuse 
servitude. 

(l) D'après M. Hymans : Histoire populaire du règne de Léopold /or, 



f 





ANVERS ARTISTIQUE 



LES PEINTRES 



1 




(1 ) Cette célèbre confié] 



etc , unis aux peintres et 



E fondateur de l'École anversoise de peinture fut 
Quentin MeisfS. Ce n'est pas qu'avant lui notre ville 
n'ait point produit de peintres : on conserve dans la 
chambre des Marguilliers de St-Sauveur un Crucifie- 
ment peint vers i38o — mais ils n'y formaient point 
une école, parce que leur art n'y était pas dégagé 
de la solidarité qui les liait à d'autres professions. 

Né en 1460 à Anvers, selon les uns, à Louvain, 
suivant les autres, Quentin Metsys fut d'abord forgeron 
ou batteur de fer. On lui doit les ornements du puits 
situé près de la cathédrale. D'après la tradition, cet 
ouvrage fut travaillé sans le secours de la lime. 
Le musée d'Anvers possède un magnifique tableau 
de cet artiste. Cette page magistrale nous montre le 
fini qu'il apportait à ses œuvres. 

Michel Coxcie, dit le Raphaël, naquit à Malines. 
Il voyagea en Italie et rapporta de ce pays des études 
qui permirent aux peintres flamands d'alors d'appré- 
cier les maîtres italiens dont Coxcie se rapproche 
beaucoup. 

La première vocation de François De Vriendt, 
dit Floris, paraît avoir été la sculpture. En i537, étant 
alors âgé de vingt ans, il se rendit à Liège où il devint l'élève de Pierre Lombard, 
et il quitta entièrement le ciseau pour le pinceau. 

Martin De Vos est né à Anvers en l53l, d'un père artiste. Sur les conseils 
de F. Floris, son maître, il alla visiter l'Italie. Après son retour à Anvers, la 
confrérie de St-Luc (1) l'admit à la maîtrise, en i558. La cathédrale, où il est 
enterré, possède un de ses meilleurs tableaux. Le musée n'en renferme pas moins 
de trente-deux. 

Adam Van Noort était un peintre renommé, dont les ouvrages sont devenus 
très rares. L'église St-Jacques en possède un qui suffirait seul à la gloire du 
maitre, si les autres étaient perdus. 11 représente saint Pierre offrant au Sauveur, à 
Capharnaum, le poisson qui contient la pièce d'argent du tribut. A ce tableau 
magnifique il ne manque que la signature de Rubens pour être de lui. 

t fondée le 26 Août i3S2, par les principaux artistes de notre ville, brodeurs, 

9 






s tard sous 



de GUde de St-Lu< 



Adam Van Noort fut le maître de Rubens, de Jordaens et de trentre autres peintres que mentionnent les 
gistres de la confrérie de St-Luc. Adam vécut jusqu'à l'âge de 84 ans, et put voir son heureux élève réaliser la 



plus glorieuse carrière d'artiste 
qu'un homme puisse rêver. 

Othon Van Veen ou Otho 
Venius, un autre maître de 
Rubens, naquit à Leyde, en 
i568. Il reçut dans sa ville 
natale les premières leçons de 
peinture d'Isaac Claes, dit 
Nicolaï; il travailla à Liège 
auprès de Dominique Lamp- 
son ou Lampsonius , peintre 
et poète, son biographe. En 
1575, il partit pour l'Italie, et 
se rendit à Rome, où il se per- 
fectionna dans la peinture chez 
Frédéric Zacchero. Il passa 
cinq ans en Italie, puis voya- 
gea en Allemagne, retourna 
à Liège , où il devint page 
d'Ernest de Bavière, et vint 
enfin se fixer à Anvers; ce fut, 
paraît-il, au commencement 




Pierre-Paul Rubens 



de i5o,3. L'année suivante, il 
fut reçu franc-maître à la cor- 
poration de St-Luc. Un de ses 
plus beaux titres de gloire est 
d'avoir achevé l'éducation de 
Rubens. 

Pierre- Paul Rubens est 
né à Anvers, en mai ou en 
juin 1577. En i5g8, il fut reçu 
franc-maître à la corporation 
de St-Lac. Le 9 mai 1600, il 
partit pour l'Italie, et visita 
d'abord Venise. Vincent de 
Gonzague, duc de Mantoue, 
l'attacha à sa cour et le retint 
pendant six ans, durant les- 
quels Rubens fit de fréquents 
voyages à Rome. En 1608, le 
duc de Mantoue l'envoya en 
Espagne, chargé d'une mission 
pour Philippe III, qui l'ac- 
cueillit avec distinction. De 




retour en Italie, il visita de nouveau les principales villes de la péninsule, dont chacune renfermait alors une école 
de peinture. La nouvelle de la maladie de sa mère le força de repasser les Alpes. Quand il arriva à Anvers, 

sa mère n'était plus. 
Pour se distraire de sa 
douleur, il voulut re- 
prendre le chemin de 
l'Italie ; les Archiducs 
mirent tout en œuvre 
pour le retenir dans 
les Pays-Bas, et s'effor- 
cèrent , d'après l'ex- 
pression de Philippe 
Rubens, son neveu et 
son biographe , de se 
l'attacher avec deschaî- . 
nés d'or. Un lien plus | 
puissant que celui de ! 
l'intérêt vint enchaîner 
Rubens à Anvers ; son 
mariage avec Isabelle 
Brandt, qui eut lieu le 
i3 octobre 160g, mit 
fin à tout projet d'ex- 
patriation. 

En 1620, il fut ap- 
pelé à Paris auprès de 

Marie de Médicis, qui venait de fonder le Luxembourg et qui lui commanda d'y peindre son histoire. Rubens 
n'accepta qu'à la condition de pouvoir exécuter ces travaux à Anvers. Il avait à remplir vingt et une toiles 
énormes; il en acheva dix-neuf dans son atelier d'Anvers et, convoyant son précieux envoi, s'achemina vers Paris 




Isabella Brandi 

Première fumme de Rubens 





Artistes Anversois 













Pierre-Paul Rubens 
L'Élévation en Croix 




Pierre-Paul Rubens 
La Descente" de la Croix 



où il peignit sur place les deux plus grands tableaux, destinés à occuper le fond de la galerie. Deux ans lui avaient 
suffi pour accomplir cette tâche de géant, et encore avait-il trouvé le loisir de peindre une madone pour le baron 
de Vicq, ambassadeur des Archiducs à la cour de France, et avant sent retour à Anvers, il voulut faire encore le 






portrait de ce seigneur et de sa femme. 
La manière de vivre de Rubens était 
simple, régulière, irréprochable, presque 
austère. Tous les matins, il assistait à la 
première messe, puis travaillait jusqu'à 
onze heures. Fréquemment, il se faisait 
lire, tandis qu'il peignait, un de ses au- 
teurs favoris, Virgile, Plutarque ou Sé- 
■nèque ; son esprit sérieux et profond lui 
faisait mépriser les livres frivoles. Il 
passait la soirée en famille, ou avec ses 
amis, le bourgmestre Nicolas Rockocx, le 
greffier Paul Gevaerts, le peintre Jean 
Breughel (de Velours). Un grand malheur 
vint l'éprouver, au milieu de cette calme 
existence: en 1626, il perdit sa femme, 




Chaise de Rubens 



qu'il aimait avec vénération. Le temps 
seul pouvait adoucir ses regrets ; il chercha 
à se distraire en voyageant. Il visita la 
Hollande et les ateliers des peintres de ce 
pays, dont les ouvrages si différents des 
siens le charmèrent par leur délicatesse. 
Ses ambassades, ses travaux, achevèrent 
de verser le baume sur sa blessure; mais 
il ne pouvait s'habituer au veuvage.: sa 
. maison lui semblait déserte. En i63o, le 
6 décembre, quoiqu'il fût alors âgé de 
cinquante-trois ans, il épousa une jeune 
personne qui en avait à peine seize et qui 
se nommait Hélène Fourment. Malgré 
cette grande disproportion d'âge, ce second 
mariage fut aussi heureux que le premier. 



Hélène Fourment charma la vieillesse deRubens comme Isabelle Brandt avait fait pour sa jeunesse et son âge m 
Les nombreux portraits qu'il a tracés de ces deux chères compagnes de sa vie les ont associées à son immortalité. 

il se montra également 



Chacun connaît la 
mâle beauté de la figure 
de Rubens que des milliers 
d'images ont popularisée, 
mais tout le monde ne sait 
pas de quelle belle âme 
elle était l'enseigne. L'es- 
time qu'on avait pour son 
caractère égalait l'admi- 
ration qu'excitait son gé- 
nie. Trop grand- pour 
connaître la jalousie, il 
était heureux quand il 
pouvait louer les ouvrages 
de ses confrères, môme 
de ceux qui se croyaient 
ses rivaux. L'envie que sa 
gloire excitait chez quel- 
ques peintres médiocres, 
loin de l'irriter contre eux, 
l'affligeait, et il cherchait 
à dissiper ces sentiments 
fâcheux à force de bonté 
et d'obligeance. 

Ce prodigieux artiste 
aborda tous les genres : 
peinture religieuse , his- 
toire, portrait, paysage, 
animaux, joyeuses ker- 
messes de village : partout 

Jacques Jordaens, né 



supérieur. II avait ce 
double don des natures 
complètes : la fécondité, 
l'universalité. Son génie 
enfantait incessammentles 
merveilles sans s'appau- 
vrir, sans avoir trahi un 
seul instant l'épuisement 
ou la fatigue. Le dernier 
tableau qu'il ait peint est 
le Martyre de S. Pierre, 
que l'on voit encore à Co- 
logne : c'est un de ses plus 
vigoureux chefs-d'œuvre. 
Le 3o mai 1640, Ru- 
bens mourut d'un accès 
de goutte , à l'âge de 
soixante-trois ans. Il avait 
donné à l'art flamand sa 
plus magnifique formule 
et porté son école à ce 
haut degré de perfection 
où le progrès n'étant plus 
possible, un déclin pro- 
chain est inévitable. Ce 
déclin arriva quand la 
génération formée par 
Rubens fut descendue au 
tombeau. 
Anvers en i5q3, fut aussi élève d'Adam Van Noort. Aucun peintre n'a poussé 




1AECOUES ÏORDAENS 

Al^Z/sv/ ee.rretrr enœranJ,- faict cûnn~Zf(refin tsrnt relevé par/a telle minier* Jf 
.->;.- ■-.-.-.-.■,'",-.■ .-.-.-.,-;■ :-:.'dSrdanatt. .-.-;. .V.- ;'-.■ poeHe 'tro-Jailfatton et dautrrr.il 
Jes- betlrAhefrs- '«-ourtontis F *ur le A„> Je A, :■:, ^V^,, J( * v -«««l/i 

eftne * Anvers- l.-.r. ;, ■-.-.i..'.-- :;..i.'-'.f.;r,.j .ûi.-ifin apprenti/Âge ehfz.Jbn Jrrauyere ' 
OoTt. tenant fi demeure en la ville Jt- fia nat/fanee. 

Je.Msïtfe, 



U ville J f J Jk naihanee. 

Fet.drJiJrJïulrfit. 



ÎJ-o-m eaii 



plus loin que ce maître la science du coloris. Si son dessin eût été également bon ; si ses types n'eussent été trop 



i!i:: 






souvent vulgaires, il eût balancé la gloire de Rubens. Le manque de noblesse lui est habituel, mais il a prouvé 
qu'il était capable de surmonter ce défaut dans quelques-unes de ses œuvres qui sont comptées parmi les joyaux 
les plus brillants de l'école flamande. Son coloris éblouissant n'a pas suffi à lui assigner la seconde place dans 
cet Elysée; elle appartient à un autre Anversois, Antoine Van Dyck. Né en 1599, d'une famille de riches 
marchands, Antoine Van Dyck montra pour la peinture des dispositions si précoces que ses parents le placèrent 
dès l'âge de onze ans dans l'atelier de Henri Van Balen. Au bout de cinq ans, il passa dans celui de Rubens, 
dont il devint le meilleur élève. 

La gloire de Van Dyck égale presque celle de Rubens. C'est un créateur moins puissant, mais plus 
poétique; moins vigoureux, mais plus fin; moins éclatant, mais plus suave, plus délicat, plus harmonieux. 
Rubens frappe, émerveille, enchante ; Van Dyck fait rêver. Rubens fait le poème du corps humain ; il l'éclairé, 
le pétrit, le tord, le retourne sous toutes ses faces ; il en démontre la poésie sous ses innombrables aspects ; 




Jacques Jordaens 
Soo d'onde songen, soo pepen de jtmgen 



Van Dyck semble ne voir dans le corps que l'enveloppe transparente de l'âme. Sa muse est plutôt celle de 
l'élégie que celle du drame ; il est plus intime qu'objectif. 

Le type qu'il a le mieux peint est celui de la Vierge des douleurs, Mater Dolorosa. Les saintes femmes, 
debout au pied de la croix, ou reposant sur leurs genoux la tête du Christ mort, sont rendues avec une sensibilité 
attendrie qui remue les âmes. Elles pleurent de véritables larmes, sans que leurs traits, bouleverses par cette 
douleur qui ne veut pas être consolée, perdent rien de leur dignité. 

Comme peintre de portraits, Van Dyck n'a pas de rival. La distinction, la finesse, une noblesse, idéale, la 
transparence des carnations qui permet pour ainsi dire de voir la vie palpiter sous la peau ; des attitudes chevale- 
resques, élégantes, aisées, fières sans fatuité ni dédain, sont les traits qui les caractérisent. 

Van Dyck mourut à Blackfriars, en Angleterre, le 9 décembre 1641. 

C'est encore à un peintre anversois, le créateur de tant de toiles charmantes, le poète des Kermesses 
brabançonnes, des joyeuses beuveries de paysans, des tavernes enfumées, des laboratoires d'alchimistes ; David 



Teniers, enfin, qu'échoit la succession artistique de Van Dyck. C'est à David Teniers et à ses collègues, les 
doyens et anciens de la corporation de St-Luc, qu'Anvers est redevable de l'érection de l'Académie des 
Beaux-Arts. Sur leur demande, la Gilde obtint du roi Philippe IV une lettre patente datée du 6 juillet i663, 
autorisant l'établissement, dans le sein même de la corporation, d'une académie, formée sur le modèle de celles 
de Rome et de Paris. Jusque-là, les apprentis peintres avaient été formés dans les ateliers des francs-maîtres. 
Certes, l'abolition des jurandes devait faire tomber cet enseignement particulier : mais il ne nous est pas démontré 
que l'enseignement public des Académies ait produit des résultats meilleurs. 

David Teniers mourut à Bruxelles, le 5 avril 1694, et fut enterré à Perck, près de Vifvorde, où il possédait 
un château. Nous ne ferons qu'indiquer brièvement les autres noms de la pléiade illustre qui gravitait autour de 
Rubens et de Van Dyck. 

C'est d'abord Gaspard de Crayer, né à Anvers en 1 585 . Ses peintures religieuses se distinguent par un 
sentiment délicat, une couleur fine et argentée qui leur donnent un charme particulier. 

Gonzalès Coques, né à Anvers en 161S, traita le portrait dans la manière noble de Van Dyck. 

Le Jésuite Daniel Seghers, né à Anvers en iSgo, fut le plus célèbre peintre de fleurs de l'école flamande. 

Qui, dans aucune école, à peint avec plus de force et de vérité les animaux et les fleurs que l'Anversois 
Jean Fyt (160g à 1661), et l'Anversois François Snyders (1570 a 1657) ? Les chasses de ce dernier ne le cèdent 
même pas à celles de Rubens. 

Théodore Boeyermans, né en 1620, continua jusqu'à sa mort, arrivée en 1677 ou 1678, les grandes tradi- 
tions de Rubens. Outre les tableaux de ce maître que possède le Musée, on peut admirer dans l'église St-Jacques 
une magnifique Assomption de la Vierge, qui orne l'autel placé à la droite de l'entrée du chœur. 

Un des derniers peintres qui soutinrent avec éclat la renommée de l'école anversoise est Jean-Erasme 
Quellin, né en 1634 et qui vécut, à ce qu'on présume, jusqu'en 1715. Le nom de Quellin a été illustré par toute 
une dynastie d'artistes. Jean-Erasme était petit-fils d'Erasme, le vieux, sculpteur, et fils d'Erasme, le jeune, 
peintre de grand mérite, dont notre Musée possède d'excellents tableaux. Jeune encore, Quellin voyagea en Italie, 
et fut employé à de grands ouvrages à Rome, à Venise, à Naples, à Florence. Les vastes compositions de Paul 
Véronèse frappèrent surtout son imagination et il eut l'ambition de les égaler. Les essais qu'il tenta dans ce 
genre, à son retour en Belgique, appelèrent sur lui l'attention. Toutes les villes s'empressèrent d'avoir de lui des 
tableaux pour la décoration de leurs églises. Il travailla pendant seize ans à l'abbaye de St- Michel, d'Anvers, et 
y peignit entre autres tableaux ceux qui représentent les martyrs de Gorcum et la piscine de Bethsaïde, qui se 
trouvent aujourd'hui au Musée d'Anvers. 

Ce dernier est un des plus grands qui aient été exécutés en Belgique et on le regarde comme son chef- 
d'œuvre. 

- Citons encore : François Goubau, né en 1622, dont on voit à l'église St-Jacques un Christ mort qu'on pren- 
drait pour un Van Dyck ; les paysagistes Josse de Momper et Jean Wildens ; le peintre et graveur Paul Bril ; le 
peintre de fruits et de nature morte, Adrien Van Utrecht ; Pierre Van Mol ; Jean Cassiers ; Gérard Zeegers ; 
Théodore Rombouts, et tant d'autres, dont la nomenclature seule remplirait plusieurs pages. Venise au temps du 
Titien, Rome au temps de Michel-Ange, ne renfermaient pas un aussi grand nombre d'artistes qu'Anvers au 
temps de Rubens. 

La seconde moitié du XVII e siècle vit commencer la décadence de cette brillante école. Il y a une date 
fatale celle du traité de Munster, 1648, dont l'influence désastreuse se fit sentir dans les arts comme dans la 
politique et le commerce. Avec la fermeture de l'Escaut, tout mouvement s'arrête, dans le monde des idées comme 
dans le monde des affaires. D'ailleurs les sources mêmes du luxe étaient taries, et les beaux-arts sont un luxe. 

Au xvni 8 siècle, la Belgique sommeille. A son réveil, nous verrons quelques hommes d'élite ressaisir les 
traditions oubliées de l'époque de Rubens, pour jeter les fondements de l'école moderne. 

« Les traditions delà couleur s'étaient perdues dans le cours du xviii b siècle, dit Van Hasselt, l'école de 
Watteau et de Boucher ayant déteint sur l'art flamand. » Arriva ensuite le système gris perle de David. Depuis 
quelques années cependant, un homme s'était rencontré à Anvers, que cette ville avait placé à la tête de son 
Académie et qui s'était repris à l'étude de nos grands maîtres du XVII e siècle, de Rubens surtout. C'était 
Herreyns, dont le nom est presque inconnu aujourd'hui parce qu'il a laissé peu d'ouvrages, mais auquel est due 
la renaissance de la peinture flamande. 

Van Brée recueillit la succession de Herreyns comme Directeur de l'Académie, dont il rehaussa l'éclat 
par son tact et son savoir et qu'il sut conduire avec succès pendant une des périodes les plus critiques qu'elle 
eut à traverser. 




H 



— So — 

Après la Révolution Belge, la première Exposition artistique eut lieu à Bruxelles en 1834. Notre école y 
fut brillamment représentée ; Wappers, directeur de l'Académie, qui réforma complètement l'enseignement de la 
peinture et reprit l'étude des anciens maîtres ; Leys, son successeur à la direction de l'Académie, coloriste éminent, 
grand penseur et observateur judicieux; de Keyser, Wiertz, et Van Ysendyck se rattachèrent aux traditions des 
maîtres de l'art flamand par la voie que Herreyns leur avait indiquée. 



ARCHITECTES — SCULPTEURS - GRAVEURS - IMPRIMEURS - MUSICIENS - SAVANTS. 









Les autres arts plastiques, la sculpture, l'architecture et' la gravure avaient marché à Anvers de pair avec 
la peinture. 

Jean Appelmans fut l'auteur du plan des tours de Notre-Dame. 

L'architecture ogivale de la décadence vit surgir Herman de Waghemakere le vieux, ses fils Dominique 
et Herman le jeune, et Thierry de Coffermaker, qui ont dirigé les travaux de Notre-Dame, de St-Jacques et de 
la Bourse ; Pierre Colkies, qui bâtit à Louvain, en i5o3, cette belle Chartreuse qui faisait l'admiration de Juste- 
Lïpse ; Henri de Pas, qui dressa les plans de l'ancienne Bourse de Londres. 

L'architecture de la renaissance produisit Corneille de Vriendt, l'auteur des plans de l'Hôtel de Ville et 
de la Maison Hanséatique. 

Au siècle de Rubens, quelques peintres cumulaient les fonctions d'architecte. De ce nombre furent l'illustre 
Pierre-Paul lui-même, et Balthas ar Gerbier, qui devint intendant des bâtiments royaux d'Angleterre. 

Moins nombreux que les peintres , les sculpteurs anversois ont soutenu au XVI* et au XVII e siècle, ainsi 
qu'ils le font aujourd'hui, la renommée artistique de leur cité. Nous distinguerons parmi eux Barthélémy Van 
Raephorst, qui jouit de la faveur des ducs de Bourgogne. Toutefois nous ne connaissons de lui aucun ouvrage. 
Les premiers noms marquants sont ceux de l'illustre famille artistique des Quelim. Les deux Pierre Verbruggen 
Louis Willemsens, les deux André, les deux Jean et Robert Collyns de Noie, Guillaume Kerricx, Gérard Van 
Opstal, Jean Millich, Mathieu Van Beveren, Sébastien et René-Michel Slodts, Jean Cardon, Sébastien deNere, 
etc., ont joui, de leur temps, d'une grande réputation et rempli de leurs œuvres nos belles églises, que les ravages 
des iconoclastes avaient dénudées. 

Parmi les sculpteurs citons particulièrement Jacques Jongelings, l'auteur de la fameuse statue du Duc 
d'Albe, que la vengeance populaire renversa dans la journée du 24 août 1577. Des débris de cette statue , le 
sculpteur Jean Couthals fit un crucifix qu'on éleva sur la place de Meir; il y resta jusqu'à la seconde invasion 
française. La croix fut alors abattue et vendue le 28 décembre 1797. Plus tard le propriétaire en fit don à la 
cathédrale, où elle se trouve placée au-dessus de la grande porte d'entrée. 

Parallèlement à la célèbre école de peinture, se développa à Anvers une école de gravure qui en 
reproduisait les chefs-d'œuvre par le burin, et illustrait les nombreuses éditions des imprimeurs anversois. 

La plus ancienne mention relative à l'imprimerie tabellaire qu'on ait rencontrée en Belgique, appartient 
à l'année 1442 : elle se trouve dans l'acte d'organisation de la Gilde de St-Luc. Les prenters y sont nommés, 
comme faisant partie de la corporation, après les enlumineurs, et à la suite des peintres, des sculpteurs et des 
vitriers. Les productions des graveurs sur bois du xv e siècle ne sont guère que des objets de curiosité, estimés 
des collectionneurs comme les essais d'un art nouveau. 

La gravure sur cuivre, inventée par le Florentin Marc Finiguerra en 1452, fut de bonne heure introduite 
en Belgique. L'influence de Rubens se fît sentir sur la gravure comme sur tous les autres arts. Le grand peintre 
y excellait lui-même et il prit plaisir à diriger de nombreux disciples. Ils reproduisirent ses belles pages avec une 
adresse merveilleuse. Le plus habile de ces interprètes de Rubens est Lucas Vosterman, le vieux. Lucas fut 
le plus célèbre graveur de son temps. Les quatorze planches qu'il exécuta d'après les tableaux de Rubens sont 
comptées parmi ies meilleures productions de son art. Il forma deux élèves dignes de lui : Lucas Vosterman, le 
jeune, son fils, Pierre du Pont du Pontices. Citons encore Martin Van der Goes et Nicolas Pitau ; Jean-Baptiste 
et Corneille De Wael; Jacques De Bie, Corneille Schut et Jacques Jordaens, les célèbres peintres; Henri Snayers; 
Guillaume Panneels, élève de Rubens; Jacques Fouquières, élève de Breughel de Velours; Pierre Clowet et 
Albert, son neveu; Pierre de Jode, îe jeune, élève de son père; Arnould de Jode, son fils; Jean Erasme Quellin 
et Théodore Van Thulden, peintres et graveurs; les trois Galle; les deux frères Bolswert, qui ont laissé 






d'admirables planches d'après Rubens; Corneille Vermeulen, Guillaume De Leeuw, Jean Witdoeck, Quirin 
Boel et Rombaut Eynhoedts ; et enfin, le plus renommé des graveurs anversois, Gérard Edelinck, élève de 
Corneille Galle, le jeune. 

L'époque où vécut Edelinck, de 1627 à 1707, prouve que la gravure avait échappé à la décadence générale 
qui entraîna les autres arts après le traité de Munster. Il passa la plus grande partie de sa vie à Paris, où il 
jouit de la protection de Colbert et de la faveur de Louis XIV. Il reçut une pension, le titre de graveur du 
Cabinet du Roi et un logement aux Gobelins. En 1677, il fut nommé membre et conseiller de l'Académie de 
peinture et de gravure et le Roi le décora de l'ordre de St-Michel. 

L'opinion publique l'avait placé à la tète des graveurs de l'école française. Cette école était alors la 
première du monde, et c'était un Anversois, formé dans son art dans sa ville natale et par un maître anversois, 



qui en était le chef. Il 
prouvait par son exemple 
que, si une cause fatale 
entraînait dans sa patrie 
les Beaux-Arts vers la dé- 
cadence, ce n'était pas du 
moins parce que les hom- 
mes leur faisaient défaut. 

Alost a élevé une sta- 
tue à Thierry Maertens 
pour avoir introduit la 
typographie en Belgique, 
par l'impression, dans cette 
ville, en 1473, du Spéculum 
conversionis peccaiorum. 
Cependant il est hors de 
doute que c'est à un impri- 
meur anversois, Mathys 
Van der Goes, que revient 
l'honneur de cette intro- 
duction : son livre est 
antérieur d'un an à celui 
de Thierry Maertens; il 
a pour titre : Het boeck 
van Tondalus Visioen, ghe- 
preni î Anîiperpen bi mi 
Mathys Van der Goes, 
1472. 

Dans l'espoir , peut- 
être, d'ouvrir à ses livres 
un plus vaste débouché, 
Thierry Maertens vint s'é- 
tablir à Anvers, en 1476. 
Le premier livre qu'il y 




Le puits en fer forgé par Qiiinten Matsys 



imprima : Rodulphi agri- 
cole opuscula, porte la date 
du 2 mai 1476. La même 
année il fit paraître encore 
\eSummaexperimentorum, 
sive Thésaurus pauperum. 
Après ces deux publica- 
tions , ses presses s'arrê- 
tèrent; il ne reparait qu'en 
1493. 

Pendant l'absence de 
Thierry Maertens, unautre 
imprimeur s'était établi à 
Anvers, Gérard Leeu, qui 
avait introduit l'imprime- 
rie à Gand vers 1477. Il 
arriva à Anvers en 1484, 
et commença la brillante 
série des imprimeurs-ar- 
tistes (Konstdrukkers) qui 
illustrèrent la typographie 
anversoise au XVI e siècle. 
De 1484 à 1493, ses presses 
produisirent plus de cent 
ouvrages divers. 

L'atelier de Gérard 
Leeu fut repris, à ce qu'il 
parait, par Adrien Lies- 
veld. Les autres impri- 
meurs du xv= siècle sont : 
Godefroid Back, Eckert 
Van Stambosch, Jan Van 
Doesbosch, Michel Van 
Hoogstraten, Roland Van 



den Dorpe, connu par l'Aller excellente Chronyke van Brabant, contenant beaucoup de gravures. Henri Van 
Rotterdam, Claus de Grave, qui n'ont rien produit de remarquable, ouvrent aussi le XVI« siècle, qui fut l'ère de 
splendeur pour la typographie anversoise. 

Avec l'aide des graveurs sur bois et sur cuivre, les imprimeries artistiques produisirent ces magnifiques 
ouvrages devant lesquels la parcimonie moderne recule épouvantée. Nous citerons en ce genre les livres 
d'architecture de Vitruve, publiés à Anvers par Pierre Coeck; les impressions de Gérard de Jode 'et de Liefrinck 
Depuis le milieu jusqu'à la fin du xvi« siècle, les marchands d'estampes et de livres illustrés sont innombrables 
Anvers était peut-être alors le foyer le plus actif de l'imprimerie et de la gravure de l'Europe entière II faudrait 
tout un volume pour dresser la bibliographie de tous les livres historiés publiés à Anvers pendant le xvi" siècle 






— Sa — 

C'est surtout en substituant les planches en cuivre ou la gravure en taille-douce, aux planches en bois pour 
l'illustration des livres, que l'imprimerie anversoise obtint un immense succès. Anvers, la première, opéra 
cette substitution sur une grande échelle. Un de ses artistes, Gabriel Tavernier, eut l'honneur d'introduire la 
taille-douce en France. Il s'était établi en i5y3 à Paris et avait obtenu du Roi le titre de graveur et imprimeur 
en taille-douce de S. M. 

Une spécialité de l'imprimerie anversoise au XVI e siècle était les atlas de géographie. Le Théâtre du 
monde, d'Abraham Ortélius, publié en 070 chez Egide Coppens, de Diest, et {'Atlas de Gérard Mercator, 
sont les premiers et les plus célèbres recueils de cartes de géographie publiés depuis l'invention de l'imprimerie. 
Les livres de botanique, enrichis de gravures, et les livres de musique formaient d'autres spécialités. 

Christophe Plantin est le Rubens des imprimeurs anversois ; la gloire de toute un génération s'est 
absorbée dans son nom. Né à Montlotiis en îSlq, il vint s'établir à Anvers après avoir fait son tour de 
France comme compagnon imprimeur. Le premier livre qu'il fit paraître porte la date de i555 : l'Institution 
d'une fille de noble maison, en italien et en français, avec une préface signée de lui. 

La plus célèbre des éditions de Plantin est sa bible polyglotte, commencée en 1569 et terminée en 1372. 




La Cour du Musée Plantin. 



Les temps étaient difficiles, et cette entreprise gigantesque poursuivie au milieu des troubles civils et de la 
crise de l'industrie et du commerce, aurait complètement ruiné Plantin sans l'ordre qu'il avait maintenu dans 
ses affaires, sans sa persévérance et sa fermeté. Lorsque, quatre ans plus tard, le célèbre de Thou visita 
1' ' Archilypographie Plantinienne, titre consacré par un diplôme de Philippe II, en l'année 1571, il y vit encore 
dix-sept presses roulantes. 

Plantin avait épousé Jeanne de la Rivière, dont il n'eut qu'un seul fils, qui mourut à peine âgé 
de douze ans; mais il lui resta trois filles. L'aînée, mariée à François Rapheling, obtint pour sa part la 
maison qu'il avait fondée à Leyde; la seconde, Marguerite, unie à Jean Moretus ou Moerentorf, hérita 
de la maison d'Anvers ; et la troisième, Madeleine, femme de Gilles Beys, continua la maison fondée à Paris. 
L'avantage resta à la maison d'Anvers. Après la mort de Plantin, arrivée le 1" juin i58g, son gendre Jean 
Moretus, et son petit-fils, Balthasar Moretus, soutinrent avec éclat la renommée de l'imprimerie Plantinienne. 
Les Moretus admis dans les rangs de la noblesse, ont conservé à leur blason, forgé dans l'atelier d'un artisan, 
la noble devise de Plantin : Labore et Constantiâ. 

Enfin, pour qu'il ne manquât aucun fleuron à la couronne artistique de notre cité, l'art musical eut aussi 
à Anvers d'importantes obligations. Les chanoines de Notre-Dame avaient organisé un chœur de musique qui 







Vues du Musée Plantin-Moretus à Anvers. 

L'Mel.cr typographique : les déni vieille, presses. _ 2. La chambre des correcteurs - 3. Le grande cour intérieure. - 4. L'escalkr d In petite bibliothèoue 
5. L, «11= de. gravures et d.ss.us (re-dcchaussée). - 6. L'escalier du proracuoir. - ^L» chambre de Juste-Lipse. - 8. Uj££ à BatthS tfaSÏÏ ' 

Dessins de A. Hei.\s, Gravure de Kellendaci, et Ost. 



F 



fut le berceau, non seulement de l'école de musique belge, mais encore de celles de toute l'Europe. - C'est une 
vérité reconnue et établie -par tous les historiens de la musique, dit M. F. Fétis, que, dès la fin du xV siècle, 
quelques célèbres musiciens belges ont été les maîtres qui instruisirent les autres nations dans leur art ; et que 
dans tout le cours du xvi e , leurs compatriotes ont brillé en Italie, en France et en Allemagne, et y ont occupé 
les positions de maîtres de chapelle des papes, des empereurs et des rois. Mais où s'étaient formés ces premiers 
artistes mentionnés par l'histoire? C'est ce qu'on ignorait. »> Les découvertes faites dans les archives de la 
cathédrale par M. Léon de Burbure ont dissipé tous les doutes à cet égard. « Là, existaient dès le xnf siècle, un 
chœur de musique bien organisé, une maîtrise où des enfants de chœur étaient instruits et entretenus aux frais 
du chapitre, et enfin, un maître qui dirigeait leurs études ainsi que la musique du chœur. Dès i 4 35, nous 
connaissons le nom du maître qui remplissait ces fonctions et qui resta en possession de sa place pendant 
cinquante-sept ans, c'est-à-dire, jusqu'en 1492. Or, ce maître devait être un homme de grande valeur dans son 
art, car il avait sous sa direction, dans un chœur qui ne comptait pas moins de soixante-dix-sept chanteurs, tous 
les grands musiciens du XV" siècle, parmi lesquels nous trouvons les noms de Jean Ockeghem, de Jacques 
Obrecht, de Cockx, de Jean et de Gérard de Thurnhout, de Ducis et de beaucoup d'autres. Jacques Barbiriau 
qui enseignait déjà à la maîtrise de cette église en 1436, et fut nommé définitivement maître des enfants de 
chœur en 1448, avait eu pour élèves Jean Ockeghem, et beaucoup d'autres musiciens belges. Plus tard, Ockeghem, 
admis comme chantre du chœur de gauche (les chantres de l'église de Notre-Dame étaient divisés en deux 
chœurs : celui de droite était composé de vingt-six voix, celui de gauche, de vingt-cinq) commença à recevoir 
des jetons de présence à la St-Jean de l'an 1443; il se retira l'année suivante pour aller en France fonder l'école 
célèbre d'où sont sortis Guillaume Crespel, Josquin Deprés, Antoine Brumel, Pierre de La Rue, Louis Compère, 
Alexandre Agricola, Gaspard Van Veerbeke, Verbonet et Prioris. 

« Après le départ de ce grand maître, Barbiriau continua d'enseigner jusqu'en 1488 et forma plusieurs 
grands musiciens qui s'illustrèrent dans la suite. Obligé de se retirer alors à cause de son grand âge, quoiqu'il 
n'ait cessé de vivre que le 8 août 1491, il eut pour successeur, dans la place de maître des enfants de chœur, 
Jacques Obrecht, grand artiste qui, après avoir dirigé le chœur de la cathédrale d'Utrecht depuis 1467, abandonna 
cette position pour venir continuer la tradition d'un savant enseignement, jusqu'en 1504 : il mourut deux ans 
après. Plus ancien que Josquin Deprés d'environ quinze à vingt ans, Obrecht fut l'homme le plus habile de son 
temps dans l'art d'écrire avec élégance et correction. » 

Par une bulle du 1™ décembre 1410, le pape Jean XXIII, à la demande du duc Antoine de Bourgogne, 
du aùyen et du chapitre de l'église Notre-Dame, affecta douze chapelleries à l'entretien d'un corps de chanteurs. 
En 1421, le chapitre achète une maison, située au marché au Lait, affectée au logement des maîtres de musique 
et des choraux. 

Au XV siècle on trouve inscrits comme chantre dans les registres de l'église, plusieurs noms célèbres, tels 
que : Egide Cartier (1449), Corneille Canis (1463), Jean Piloy (1477), Jacotin (1479), Hans Sachs, que nous 
croyons être le célèbre poète allemand, Ant. de Viae et Olivier de la Marche (l'historien?) 1483). 

Hubert Waelrant,[né à Anvers en 1517, faisait partie de l'école de musique de la cathédrale en 1544, et 
peut être considéré comme le réformateur de l'art musical. Il augmenta le diapason et compléta la gamme qui, 
dans ce temps-là, ne se composait que de six notes. Ses ouvrages furent publiés à Anvers, à Venise et à Louvain. 
Il mourut dans sa ville natale en i5g5 et fut enterré à Notre-Dame. Vers la même époque André Pevernage fit 
également ses études dans la maîtrise de la cathédrale d'Anvers. Il établit plus tard des concerts périodiques 
dans lesquels il fit entendre non seulement ses compositions, mais encore celles des maîtres les plus renommés 
de la Belgique, de l'Italie et de la France. Anvers était un foyer d'activité artistique ; Pevernage eut beaucoup 
d'auditeurs et contribua à populariser le goût de la musique. On peut le considérer comme l'organisateur des 
premiers concerts donnés dans notre pays. 

Le doyen du chapitre, Jean del Rio, fonda des bourses d'études pour ses parents et pour les musiciens- 
enfants de chœur de l'église de Notre-Dame. 

A côté des musiciens et des compositeurs d'élite, on trouvait aussi à Anvers des fabricants d'instruments, 
et en premier lieu, des facteurs de clavecins. En 1557 huit d'entre eux font la demande d'être admis dans la 
corporation de St-Luc. Cette admission eut lieu le 28 mars de la même année. Parmi ceux qui font cette demande 
se trouve un facteur d'orgue : Jan d'Orgelmakere. 

Un célèbre facteur de clavecins, Jean Buckers, a été loué par M. F. Fétis dans son Dictionnaire des musi- 
ciens. On connaît quatre artistes de ce nom. 

Les sciences et les lettres n'établissent pas d'ordinaire leur siège dans les villes de commerce. A aucune 






époque de son histoire cependant elles n'ont cessé d'être cultivées "à Anvers, comme le prouveront les noms 
suivants : 

Jean Van Boendale, dit de Clerc, né à Tervueren, vint se fixer à Anvers vers 1310 et devint secrétaire de 
la ville. Ce fut probablement vers cette époque, sur la demande de lecoutète Guillaume Bornecolve, qu'il écrivit 
sa chronique rimée : De Brabantsche Yeesten, manuscrit que le savant Willems a publié de nos jours. — Van 
Boendale fut chargé par la ville de plusieurs missions importantes et mourut en i35o. 

Christophe Butkens, né à Anvers en 1590, abbé de St-Sauveur, mort en i65o, historien et généalogiste très 
estimé. Auteur des Trophées du Duché de Brabant. 

J. B. Grammaye, né à Anvers en i58o, mort à Lubeck. Il parcourut pendant trois ans les Pays-Bas, 
consultant partout les archives et les antiquités, mission rendue souvent difficile par des vanités et des prétentions 
locales. — Il a publié plusieurs ouvrages, entre autres : Historia Brabantica, Antïquïtates ducaius Brabantiœ. 

Corneille Grapheus (en flamand De Schrijper) poète et philologue, né à Alost en 1482, mort à Anvers en 
i558. La régence d'Anvers lui accorda le droit de bourgeoisie et le nomma greffier de la ville. Il inclina d'abord 
vers les doctrines de Luther, puis il se rétracta et témoigna de son retour à l'orthodoxie romaine par un 
poème contre les Anabaptistes. 

Emmanuel Van Meteren, né en i535, mort en 1612. Obligé de s'expatrier, ce fut à Londres qu'il écrivit 
son Histoire des troubles des Pays-Bas. 

Sandérus, né en 1586, mort en 1664, publia différents ouvrages précieux pour l'iconographie de l'art 
monumental en Belgique; entre autres: Flandria illustrata, 2 vol. in-fol. et Chorographiœ sacrœ Brabantice, 
3 vol. in-fol. 

Alexandre Grapheus, fils de Corneille, vivait dans la seconde moitié du XVI e siècle et fut, comme son 
père, secrétaire de la ville d'Anvers. 

Gevaerts ou Gevartius, littérateur et jurisconsulte, né à Anvers en i5g3, mort en 1666, devint secrétaire 
de la ville et fut nommé conseiller d'Etat et historiographe par Ferdinand III. 

Antoine Anselmo, né vers la fin du xvi e siècle, mort en 1668, fut échevin de la ville et laissa plusieurs 
ouvrages de droit public. 

Stockmans, jurisconsulte distingué, né en 1608, mort en 1671. 

Van Valckenisse, né en i63o, secrétaire-conseiller de la ville d'Anvers; ses travaux historiques et généa- 
logiques sur la ville et les familles anversoises, lui ont assigné une place distinguée parmi les savants du XVII e siècle. 
Le jésuite Papebrock, auteur des Annales Antverpienses, collaborateur de Bollandus aux Acta sanctorum . 
Les sciences naturelles comptèrent des représentants distingués au XVI e siècle. Les médecins Jean 
Ferreulx, Michel Baudewyns, Lazarus Marquis, tracèrent la voie à la science médicale de nos jours. Ils 
publièrent des instructions populaires en flamand, dans le but de débarrasser le peuple des empiriques et dis 
ingrédients auxquels les croyances populaires du moyen âge attribuaient des vertus spécifiques. Le pharmacien 
Pierre Coudenbergh fit connaître les propriétés des plantes exotiques, et introduisit leur culture à Anvers, près 
d'un siècle avant qu'elles fussent connues du reste de l'Europe. On lui a élevé une statue. Un mathématicien 
célèbre, Jean délia Faille, mort en 1652, exposa la théorie du centre de gravité avant Paul Gulden auquel on 
l'a attribuée à tort. André T acquêt publia un manuel sur l'algèbre, qui durant les xvf et xvif siècles, eut 
différentes éditions en Belgique, à Amsterdam et même à Naples. 

Abraham Ortélius, né à Anvers le 2 avril 1527, fut le Ptolémée du xvT siècle. Son Théâtre du monde, dit 
M. de Macédo, est un monument précieux pour l'histoire de la géographie; il a été la base de tous les travaux 
géographiques entrepris depuis. Ce savant illustre, par lequel nous clôturons cette liste, mériterait au moins 
autant que Coudenbergh qu'on lui érigeât un monument. Une dalle funèbre à demi effacée, dans le pour- 
tour du chœur de Notre-Dame, voilà tout ce qui rappelle son nom aux Anversois : 

Abrahamo Ortelio 

Antwerpiano 

Geographo Regio 

Fratri Carissimo 

Anna Ortelia Celebs 

Qelibi H. M. F. CIDIDXCVIII 

Nous ne pourrions pas clôturer cette brillante page de l'histoire de la métropole des arts sans rendre 

hommage à notre écrivain national, à Henri Conscience. 

Conscience est né à Anvers le 3 décembre 1812, dans la rue de la Pompe, près de l'église Saint-André. 



S7 



Pierre Conscience, son père, était Français de Besançon, et avait servi dans la marine de guerre 
impériale jusqu'au grade de chef timonier auquel il fut promu à bord de la canonnière la Ville-de- 
Bordeaux. Pendant la campagne, les Anglais le firent prisonnier à trois reprises différentes, et après avoir 
subi une longue et dure captivité sur leur pontons, il dut enfin la liberté à un échange. Il alla s'établir 
à Anvers où il obtint un emploi de contremaître ou de sous-inspecteur des chantiers impériaux. Quelque 
temps après, il épousa une Flamande : de cette union naquit Henri Conscience. 

Conscience avait dix ans lorsque son père résolut d'aller habiter la campagne et se construisit à cet 
effet, à un quart de lieu de l'ancienne enceinte fortifiée d'Anvers et à un endroit alors fort retiré, connu 
sous le nom de Coin vert, sur une sorte d'ermitage tenant à la fois du bateau et de la maison, pénates 
amphibies composées d'épaves et de vieux bois de navire, enfin quelque chose comme cette maison de 



Mister Peggoty décrite par Dickens dans 
son David Copperfield. 

Le Coin vert n'existe plus aujour- 
d'hui; les épaves momentanément rajus- 
tées ont subi une dispersion définitive ; 
c'en est fait de la pleine campagne qui 
entourait l'ermitage. Les champs cultivés, 
les drèves sombres aux 
épaisses frondaisonsont 
cédé la place à la ville ./■■:>—' -,». , 
envahissante; de com- ■■'?!■■£& ■*"' 

pactes pâtés de maisons 
à quatre étages croisés 
par des rues passantes 
et bruyantes enlèvent 
jusqu'au moindre ves- 
tige des pâturages luxu- 
riants, des futaies syl- 
vestres d'antan; et le 
sifflet des tramways ou 
des locomotives, le rou- 
lement des roues sur les 
pavés et par instants les 
rugissements des lions 
du Jardin Zoologique, 
proche de là, rempla- 
cent le silence, la paix 




Henri Conscience. 



quelques-unes des plus belles années du 
romancier. 

C'est là, en effet, que s'éveilla en 
lui cet ardent et filial amour de la nature 
dont tous ses livres sont empreints si 
vivement. 

Un jour, Pierre Conscience, qui n'a 
pas entendu dans la 
campagne les mysté- 
rieux et invisibles gé- 
nies commensaux de 
son fils, se dégoûte de 
la solitude et se rema- 
rie. L'ermitage du Coin 
vert est vendu . L a 
famille Conscience se 
fixe à Borgerhout. 

Henri avait alors 
seize ans. C'est là que 
venait le surprendre 
our le mêler à leur 
déroulement dramati- 
que, à leurs péripéties 
agitées, les événements 
mémorables de i83o. 
A Borgerhout exis- 
tait alors une institution 
dirigée par un habile 
notions requises, fut bientôt investi 



les 



de l'asile qui abrita 

pédagogue du nom de Verkammen. Henri, après y avoir complété 

des fonctions de sous-maître pour les classes inférieures. 

Le 3o novembre i83o, étant à Turnhout , Henri Conscience est nommé fourrier dans la troisième 
compagnie du troisième bataillon des chasseurs Niellon. 

Le jour arrive, le 21 mai i836, où Conscience est rendu à la vie civile. Son volontariat expiré, il 
rentre a Anvers dans sa famille et fréquente assidûment les jeunes peintres et les écrivains dont il a fait 
la connaissance. Il se lie aussi avec Théodore Van Ryswyck, le poète populaire anversois, une des 
originalités les plus franches de la littérature néerlandaise. Celui-ci l'engage à se présenter à YOlijftak. 

L Ohjftak ou la Branche d'olivier était une société artistique constituée sur le modèle des anciennes 
chambres de rhétorique, mais composée des novateurs les plus enthousiastes du mouvement moderne. Elle 
représentait en ce moment l'école flamande par ses tendances les plus vivaces, les plus généreuses. 

Le célèbre Wonderjaar était le premier roman historique, un plein succès pour le jeune écrivain. 

En i838 Conscience acheva son second roman historique, le Lion de Flandre. Malgré les éloges 
et les félicitations que l'apparition de cet ouvrage lui valut de la part des artistes flamands, la littérature 
était loin de lui rapporter de quoi vivre. Après l'édition du Lion de Flandre, Conscience devait encore 



i 1 



— SS — 

dis-neuf francs à son imprimeur. Conscience se fit jardinier chez l'horticulteur Van Geert à Anvers, résolu 
de faire œuvre de ses dix doigts, de travailler au besoin comme un ouvrier. Un discours flamand, fait 
sur la tombe de Van Brée en i83g, opéra une demi-réconciliation avec la littérature, tant aimée. Un 
superbe banquet fut offert par ses amis de l'académie à Conscience, le magnifique discours s'étalait en toutes 
lettres et en flamand dans le Précurseur et cela l'après-midi du jour même. Le gouvernement chargea le 
jardinier de M. Van Geert d'écrire une Histoire de Belgique en flamand. Peu de temps après M Wappers, 
nommé directeur de l'Académie royale d'Anvers, appela Conscience aux fonctions de greffier du même 
établissement. 

A partir de ce revirement, le chemin d'Henri Conscience était tracé. Il resta à Anvers jusqu'au 
moment où le baron Wappers abandonna la direction de l'Académie. C'est en 1854 que l'illustre romancier 
donna sa démission de greffier. En 1857, il a été nommé commissaire de l'arrondissement de Courtrai. 

Conscience resta à Courtrai jusqu'en janvier 1868, époque à laquelle il fut investi des fonctions 
plus honorifiques que fatigantes de conservateur des Musées royaux de peinture et de sculpture du royaume. 
On lui avait offert d'abord une chaire à l'Université de Gand, où il aurait enseigné cette littérature flamande 
qu'il a en quelque sorte ressuscitée, mais il se dit non sans raison que là le professeur eût empiété trop 
souvent sur les droits du romancier, et c'est pourquoi il sollicita du ministre Van den Peereboom, que 
M. Heremans le remplaçât dans ces hautes fonctions. Depuis longtemps déjà le nom du conteur flamand 
excitait des admirations au delà des frontières de son pays natal. Désormais Conscience brillait au 
rang des écrivains d'élite que le monde entier adopte. 

L'Allemagne était la première à l'accueillir. 

En 1843 trois nouvelles de Conscience parurent traduites en allemand par M. Diepenbeeck, prince- 
évêque de Breslau, sous le titre Flaemïsches Stillleben. G. Eekhoud, à qui nous avons emprunté ces notes, 
laisse la parole sur ces succès à Conscience. Il dit dans sa brochure Henri Conscience (Collection 
nationale) : 

« Il n'en a pas fallu davantage pour me faire connaître en Allemagne, où les éditions de mon œuvre 
traduite se répandent et se multiplient depuis lors dans des proportions plus flatteuses que rémunératrices 
pour moi. Mais la renommée me suffit; je ne suis pas un homme d'argent. » 

Conscience a épousé en 1842 une Anversoise, M l,c Marie Peinen, dont il a eu plusieurs enfants. 

Conscience a été nommé chevalier de l'ordre de Léopold le 1" juin 1845; officier le 19 juillet i856; 
enfin grand'croix le 9 mai 1881 à l'occasion de l'apparition de son centième roman intitulé Geld en Adel. 
Il est aussi décoré de plusieurs ordres étrangers, entre autres du Lion Néerlandais et de l'Aigle rou»e de 
Prusse. Il a été le professeur de flamand de S. M. Léopold II et de S. A. R. le comte de Flandre. Il a 
été depuis 1869 membre de l'Académie Royale de Belgique. 

Conscience mourut le 10 septembre 1883. 

C'est M. A. Snieders, rédacteur en chef du Handelsblad à Anvers, qui protège aujourd'hui l'école 
H. Conscience. 

Les magnifiques œuvres de notre romancier flamand lui valent toutes les sympathies du peuple 
flamand, et l'admiration et l'estime de ses écrivains contemporains. 



_.v-: -.*.-= ->; S-U;yy-- 











Anvers au point de vue Militaire 




*&fop>' 



nvers, en cas d'invasion du dehors, doit servir de bou- 
levard à la nationalité belge et de refuge à la dynastie. 
Il ne sera donc pas hors de propos de donner un aperçu 
des transformations et des développements de l'antique 
cité au point de vue militaire. 

Les Romains ne tardèrent pas à comprendre et à 
apprécier les avantages d'une position militaire sur les 
bords de l'Escaut. Obligés de lutter contre les révoltes 
incessantes et les invasions des peuples Bataves, ils élevè- 
rent sur un îlot à l'embouchure du Schyn une forteresse, 
qui bientôt devint le boulevard de la Gaule conquise. 
Diercksens attribue la construction de cette position 
militaire à Constance Chlore. 

Nous croyons reconnaître les derniers vestiges de 
la forteresse romaine dans le Cronenburg dont le duc 
d'Albe décréta la démolition en 1564, pendant la con- 
struction de sa citadelle. C'était une vaste tour octogone, 
entourée d'un ceinture de fortes murailles. 

La construction d'un remblai ou vailum, 
côtoyant le lit de l'Escaut sur une longueur 
de plus de i3oo mètres, mettait en communi- 
cation la citadelle romaine avec le Werf, un îlot de six hectares. Cette 
espèce d'estacade était le premier jalon posé, la première conquête des 
terrains anversois faite sur les eaux, et dans les actes publics du xiv e siècle, 
l'endroit longeant la rue Haute, se trouve encore désigné sous le nom de Borchwale (rempart du Bourg). 
En 660, on enveloppa l'îlot d'un enceinte de murailles crénelées. 

Au IX e siècle, les Normands en firent une importante place de guerre, construite selon toutes les règles de 
l'art de ce temps-là. 

Vers Tan 1200, Anvers n'avait qu'un périmètre peu considérable. Comme toutes les forteresses du moyen 
âge, le Bourg avait une enceinte extérieure appelée Kitip (cuve) ou Voorburg (avant-cour), où peu à peu il s'était 
formé des groupes de constructions habitées par des gens de métier ou des habitants de la campagne qui étaient 
venus chercher la protection de la forteresse, et devaient s'engager à concourir à la défense de la place. Cet 
accroissement de population devait être assez important pour qu'on songeât dès le XII e siècle à entourer de murs 
cette agglomération d'habitations. On suppose que l'établissement de cette enceinte est antérieure à 1124. 

De 1201 à 1216, sous le duc Henri I de Brabant, eut lieu le premier agrandissement de la ville naissante. 
Vers i25o, sous le duc Henri III, un deuxième agrandissement eut lieu vers le côté nord. L'enceinte 
résultant de ce deuxième agrandissement fut construite en solides murailles revêtues en pierres. Elle était percée 
de 6 portes flanquées de fortes tours avec herses et pont-levis. 






I 






I 




Ancienne porte cTAustruiveel, dite Slyck-Poort. 




Porte Saint-Laurent. 





Porte 



ienre). 



m 

m. 




:mi ^hlMj S truite en i5'à3, démolie eji i866. 




me en 1880. 






Poudrière de l'ancienne porte du Rhin. 




Porte de Turnhout. 







Ancienne chaussée de Merxcm (Porte Rouge). 



Malgré les extensions déjà faites, la population, vers la fin du XIII' siècle, étouffait de nouveau dans la 
ceinture étroite de ses remparts, et on reconnut la nécessité d'un nouvel et considérable agrandissement Cet 
agrandissement, qui triplait la surface de la ville, eut lieu de 1291 à i3i 4> sous le duc Jean II. 







1 



La construction des murailles de cette enceinte n'était pas achevée que déjà l'on songeait à rectifier le 
tracé de la partie s'étendant de la tour Bleue à la porte Rouge. 

On reconnut probablement que cet agrandissement ne correspondait pas aux besoins futurs et on le 




compléta par de nouveaux travaux, qui furent exécutés de 1314 à 1440. On abandonna les fossés et les remparts 
qui avaient été établis, et l'enceinte, à partir de la tour Bleue, va se raccorder à l'est à la porte Kipdorp et la 
porte Rouge. Décrivant alors une courbe, elle va aboutir à l'Escaut par une ligne formée par les canaux de 
l'Ancre, des Vieux-Lions et des Brasseurs. Six portes s'ouvraient sur la campagne; treize donnaient accès à la 
rivière. 



- 9 3 - 

Le rapide accroissement de la population fit, dès \5o-j, concevoir le plan d'un cinquième agrandis- 
sement. On n'y donna suite toutefois qu'en 1543, après l'attaque infructueuse de la ville par Martin Van 
Rossum. 

Un édit du 16 août 1542, signé pour Charles-Quint par sa sœur, la gouvernante Marguerite de Parme, 
décréta les nouvelles fortifications d'Anvers, connues sous le nom d'enceinte espagnole, qui subsistèrent 
jusqu'en 1866. 



La superficie de cet 
agrandissement com- 
prenait environ 4,000 
verges. 

La nouvelle place 
se composait de huit 
fronts et de neuf 
bastions. Cinq portes 
donnaient accès à l'ex- 
térieur. 

C'est la place 
d'Anvers de 1542 qui 
marque l'origine du 
front bastionné propre- 
ment dit, où les bas- 
tions se flanquent mu- 
tuellement. 

Commencées en 
1543, les fortifications 
ne furent terminées 
qu'une vingtaine d'an- 
nées après. 

Le duc d'Albe 
décréta , en 1567 , la 
construction de la cita- 
delle du Sud. 

L'exécution de ce 
projet rendit néces- 
saire l'annexion d'une 
grande étendue de ter- 
rain depuis la porte 
Saint-Georges jusqu'à 
la tour de Cronenburg, 
qui fut rasée à cette 
époque. 

Les fronts en ma- 
çonnerie de cette partie 
furent démolis et rem- 
placés par deux fronts 
en terre partant de la 
porte Saint-Georges et 
se raccordant aux ou- 
vrages de la citadelle, 
nette en terrassement, 




Porte Saint-Georges ou de Berchem, 
construite en 1343, démolie en 1866 (Façade extérieure). 




Porte Kipdorp, 

construite en 1343, démolie en 1866 (Façade extérieure). 



qui occupa un espace 
d'environ 60 hectares. 
Tous les travaux furent 
terminés en deux ans 
et coûtèrent 14 tonnes 
d'or, soit environ 3 mil- 
lions de francs. La su- 
perficie de la ville à 
l'intérieur de l'enceinte 
était alors de 294 hec- 
tares. 

Les événements 
politiques qui survin- 
rent firent que la ville 
d'Anvers n'eut, hélas! 
plus besoin de la moin- 
dre extension durant 
des siècles. Voici l'in- 
dication des perfec- 
tionnements successifs 
qui ont été apportés à 
la place jusqu'à l'a- 
grandissement de 1860, 
le septième depuis l'ori- 
gine de la ville. 

En 1750, les bas- 
tions de la citadelle 
furent retranchés ; les 
extrémités antérieures 
des petits flancs reti- 
rés furent réunies par 
un parapet et casema- 
tées. 

En 1774, un ra- 
velin en maçonnerie fut 
établi en avant de la 
courtine 4-5 et de la 
porte d'Eau; un batar- 
deau fut placé devant 
la face droite du bas- 
tion 3i. 

En 1794, on con- 
struisit une petite lu- 



fermée à la gorge par une palissade, devant le bastion d'attaque n° 2. 
En i8o5, Napoléon décréta la création d'un chantier maritime, entre le bastion Saint-Michel et la citadelle. 
On abattit l'enceinte sur cet espace, le système définitif de la gorge fut supprimé, celui de la rive gauche 
du fleuve amélioré et renforcé par l'édification des deux forts d'Austruweel et de Burght. 



fut 






— 94 — 

En 1806, on construisit la batterie Ferdinand au nord, et la lunette Montebello, dont la g 
fermée, par un mur disposé en front bastionné. 

En 180g, on éleva la batterie dite Impériale, près des nouveaux bassins: des poternes sont percées dans les 
courtines revêtues, un couvre-face est établi devant le bastion 21, on construit les bastions 29 et 3i, ainsi que 
la tenaille qui les sépare. 

En 1811, on établit entre le batardeau Saint-Laurent et le ravelin 10 une seconde enceinte; on construisit 
le fort Ferdinand qui fut achevé en i8i3. Un grand camp retranché composé de trois fronts bastionnés fut 
établi au sud de la citadelle. Il fut démoli par les alliés en 1814. 

L'empereur décréta aussi une nouvelle ville fortifiée sur la rive gauche de l'Escaut, mais ce projet ne fut 
pas exécuté, sauf la construction des forts Stingel et Jean-Bart. 

En 1817, on édifia les lunettes d'Hérenthals et de Saint-Laurent; en 1818, la lunette du Kiel ; en 1819, les 
deux redoutes de Zwyndrecht et de Calloo, chacune d'elles formant un pentagone en terre précédé d'un fossé 
et pourvu d un réduit circulaire à l'épreuve de la bombe. 

En iS32, après la reddition de la citadelle aux Français par le général Chassé, on éleva une demi-lune 
avec couvre-face sur la capitale du front 1-2, ainsi qu'une contre-garde en avant du bastion n° 1. 

En i852, 
on créa autour 
de Berchem 
et de Borger- 
hout un camp 
retranché 
composé de 7 
fortins, pour- 
vus chacun 
d'un réduit 
en maçonne- 
rie. Une cita- 
delle avec 
toute ses dé- 
pendances 
remplaça le 
petit fort de 
la Tête de 
Flandre. Une 
caserne dé- 
fensive àl'abri 
de la bombe 
avec deux bat- 
nant-général 1 




Vieux Remparts (hors la porte Rouge). 



teries de flanc 
fut établie 
dans la cita- 
delle du Sud. 
Deux batte- 
ries perma- 
nentes, celles 
de St-Michel 
et de Saint- 
Laurent fu- 
rent élevées 
pour défendre 
les quais . 

Le projet 
du septième 
agrandisse- 
ment d'An- 
vers, avec sa 
grande en- 
ceinte et son 
camp retran- 
ché, est l'œu- 
vre du lieute- 



rialmont, actuellement inspecteur général du génie et des places fortes. 

Le tracé est du système polygonal; le périmètre embrasse une étendue de 14 kilomètres environ. 
Il s'appuie au nord à l'Escaut par une grande citadelle qui défend le fleuve au moyen de puissantes 
batteries; il passe ensuite en avant du Dam, de Borgerhout, de Berchem, pour venir s'appuyer de nouveau 
au fleuve, en avant de l'emplacement de l'ancienne citadelle du Sud, aujourd'hui disparue. La citadelle du 
Nord comprend cinq fronts extérieurs; les deux fronts intérieurs ont été démolis. Les fronts sont flanqués 
au moyen de caponnières revêtues en maçonnerie et armées de pièces casematées. 

La place a 11 fronts dont 5 sont inondables à une grande distance. Ils sont tous en terrassement 
avec grand relief, et fossé capital de 70 mètres de largeur. Ces fossés sont flanqués par de formidables 
batteries casematées placées dans des caponnières maçonnées, à l'épreuve de la bombe, couvertes par des 
ravelins, dont les faces sont flanquées par d'autres batteries casematées. Les faces des caponnières et 
leurs saillants sont en outre défendus par des batteries casematées placées en arrière et à la gorge de 
chaque front. Sur les fronts d'attaque, le terrain en avant est dominé par des cavaliers armés de pièces 
à longue portée; cette partie de l'enceinte est protégée par des contre-gardes et deux lunettes avec réduit 
en maçonnerie. L'enceinte est percée de 16 portes, savoir, en partant du nord : celles d'Eeckeren et de 














■> ' -:■' --:- 



9 6 



I 

■ 



I 







Porte de Wilryck. 



Porte de Matines. 





Porte du chemin de fer. 



Porte d'Hû 



■ 



— 97 — 

Bréda; celles de Turnhout et d'Hérenthals [front 5-6); celles de Léopold et de Louise; celles de Bors- 
beek et du Chemin de fer (front 7-8); le viaduc du chemin de fer; celles de Berchem et de Malines 
(front 8-9); celles d'Edeghem et de Wilryck; celles de Saint-Laurent et du Kiel (front 9-10); enfin, la porte 
de Boom. 

Le camp retranché est composé de 9 forts détachés à 3,500 mètres de l'enceinte, et reliés entre eux par 




Echelle de 160,000 
Position militaire d'Anvers. 



une large route militaire pavée. Ces forts, véritables forteresses, sont pourvus de puissants réduits en maçonnerie. 
Leur' périmètre est de 22 kilomètres. 

Pour défendre les passages de la Nèthe, on a établi une défense avancée, le long de la rivière, en construisant 
trois autres forts, très importants, à Lierre, à Waelhem et à Rupelmonde. 

La gorge de la place est protégée contre un bombardement par les forts de Zwyndrecht et de Cruybeke, 
lesquels sont reliés au fort de Sainte-Marie par une digue défensive. Le fleuve est défendu à la limite de la frontière 



9 S 



I 



par les forts Lillo et Liefkenshoek, en arrière desquels se trouvent les forts La Perle et Philippe, qui contiennent 
des batteries sous-marines et des coupoles tournantes munies de pièces de gros calibre. 

On voit, par cette description abrégée, qu'Anvers est devenue une des forteresses les plus remarquables et 
les plus importantes de l'Europe. 

Les travaux coûtèrent plus de soixante millions de francs; ils furent en grande partie exécutés par 
l'armée. 








Anvers Commercial et Industriel 




'est l'admirable situation d'Anvers qui, jointe à la 
sécurité que donnaient aux marchands, tant étrangers 
qu'indigènes, les libérales institutions que nous avons 
esquissées dans les chapitres précédents, ne pouvait 
manquer d'exercer l'influence la plus heureuse sur le 
développement de l'industrie et du commerce; le 
bien-être général qui en fut le fruit rendit d'autant 
plus chères aux habitants les libertés auxquelles ils 
devaient à la fois la dignité morale et l'amélioration 
de leur condition matérielle. 

Cependant la prospérité d'Anvers n'atteignit 
son apogée que vers la fin du xv B siècle, quand 
notre ville hérita de la splendeur commerciale de 
Bruges. 

Le commerce, ennemi de tout trouble, déserta 
la « Venise du Nord » pour venir s'établir à Anvers 
où il trouvait la sécurité et la tranquillité. Les Han- 
séates furent les derniers à abandonner entièrement 
Bruges. Ce ne fut qu'en 1562, à la suite d'un différend 
avec le gouvernement espagnol, qu'ils se décidèrent à 
fixer leur comptoir à Anvers. 

L'Italie envoyait à notre marché des draps de 
différentes qualités, des tapisseries, des serges, des 
ostades, des toiles, des épiceries, des drogues, de la 
soie, des feutres, des maroquins et des couleurs du 
Levant; des draps de soie, d'or et d'argent, des 
bonnets, des crêpes, des clous de girofle, de la can- 
nelle, des noix muscades, du gingembre, de la rhubarbe, de l'aloès, de la casse, de l'agaric, du séné en feuilles, 
de la coloquinte, des oranges et des noix de galle, du cumin, des vins de Malvoisie, de l'or et de l'argent filés, 
des futaines, des basins, des étamines et autres fines étoffes ; du riz, des armes, du fromage parmesan, des 
pelleteries, du corail, des aluns, des huiles, de la gomme, du soufre, de l'orpiment, etc. Elle demandait en retour 
des draps d'Angleterre et des Pays-Bas, des toiles, des joyaux et des perles, des laines, du sucre, du poivre, de 
la quincaillerie, des ustensiles de ménage, des meubles, de l'étain, du plomb, de la garance, de la cire, des cuirs, 
du lin, du suif, du poisson salé, du bois propre à lebénisterie, du blé, du froment, des fèves, etc. 

L'Allemagne envoyait, par terre, de l'argent en lingots, du mercure, du cuivre brut, des laines de la Hesse, 
du verre, des futaines, des teintures, du nitre, de la mercerie, des meubles, des armes, des vins. On lui envoyait 
des pierreries, des perles, des épiceries et drogueries, du safran, du sucre, des draps, des serges, des ostades, de 
la tapisserie, des toiles, de la mercerie. 



Le Danemark, l'Osterland, la Livonie, la Norwège, la Suède, la Pologne et autres contrées du Nord 
produisaient du blé, du cuivre, du salpêtre, de la guède, du vitriol, de la garance, des laines d'Autriche, du lin, 
du miel, de la poix, de la cire, du soufre, des pelleteries, des cuirs, du bois d'ébénisterie et de construction, de la 
bière, de la viande et du poisson salés, ainsi que de l'ambre jaune. Anvers expédiait en échange les produits 
indigènes et ceux qu'elle recevait du dehors, notamment des vins d'Espagne. 

De France, il venait par mer force sel de ménage, du pastel de Toulouse, des canevas et autres grosses 
toiles de Bretagne et de Normandie, des vins, des huiles, du safran, de la mélasse, de la térébenthine, de la poix, 
du papier, des miroirs, des pruneaux qui formaient un trafic important. On recevait par terre des dorures, des 
draps fins, des cramoisis, des fils de Lyon et de chanvre, etc. Nous rendions aux Français des perles et des 
pierreries, de l'argent en lingots, du mercure, du cuivre, du bronze, du laiton, du plomb, de l'étain, du vermillon, 
du bleu d'azur, de la cochenille, du soufre, du salpêtre, du vitriol, des draps, des toiles fines, des serges, des 
ostades, des tapisseries, des cuirs, des laines d'Autriche, de la pelleterie, de la cire, de la garance, du houblon, du 
suif, de la viande et du poisson salés. 

On amenait d'Angleterre beaucoup de draps tant gros que fins, des franges, des laines fines, du safran, 
des peaux de mouton et de lapin, des cuirs, de la bière, du fromage, des victuailles, du vin de Malvoisie. Anvers 
expédiait des joyaux, de l'argent non travaillé, du mercure, des draps d'or, d'argent et de soie, de l'or et de 
l'argent filés, des drogues, du sucre, du coton, du cumin, des noix de galle, des toiles fines et grosses, de la 
tapisserie, de la garance, du houblon, du poisson salé, des miroirs, des armes, des meubles. 

De l'Espagne, du Portugal et de l'Afrique arrivaient des pierreries, des perles d'Amérique, d'innombrables 
lingots d'or et d'argent, des drogues, du safran, de l'écarlate, de la soie écrue, des draps de soie, des velours, des 
taffetas, du sel, de l'alun, des laines fines, du fer, des vins, des huiles douces et grasses, des vinaigres, du miel, de 
la mélasse, de la gomme, du savon, des fruits secs et autres, de l'ambre, du musc, de l'ivoire, de la rhubarbe, 
de Tabès, des cuirs, des pelleteries, des plumes d'oiseaux rares et surtout d'autruche. On y envoyait les mêmes 
marchandises qu'aux autres pays. 

En résumé, le montant de la vente et de l'achat des marchandises atteignait, année commune, la valeur 
d'environ trois milliards et demi de francs de notre monnaie, sans y comprendre la négociation des effets de 
change. 

La population d'Anvers, à cette époque de splendeur, a été évaluée, par des contemporains, à cent dix 
mille âmes. Notons encore que la foire de Saint-Bavon y attirait de quatre-vingt à quatre-vingt-dix mille personnes. 

« J'ai vu, dit Scribanius, jusqu'à 2,5oo navires dans l'Escaut, dont les derniers restaient deux ou trois 
semaines à l'ancre, avant de pouvoir s'approcher des quais et décharger leurs cargaisons. Il n'était de 
jour qu'il n'entrât dans le port ou n'en sortît plus de 5oo bâtiments. J'ai même ouï conter que parfois environ 
400 voiles y avaient été poussées à la fois par la marée. » Selon le même auteur, il arrivait chaque semaine 
plus de mille chariots, chargés de marchandises, qui venaient d'Allemagne, des villes hanséatiques, de la 
Lorraine et de la France, sans compter les charrettes des paysans, qui apportaient des vivres de toute espèce 
et dont le nombre surpassait dix mille par semaine. C'est pour la commodité de ce roulage que fut construite, 
de 1564 à i566, aux frais de la nation Hessoise, la Maison de Hesse, servant aujourd'hui de magasin. 

Parmi les riches négociants étrangers qui étaient venus se fixer dans notre ville, il faut citer en première 
ligne les Fugger; le chef de cette maison, Antoine Fugger, laissa en mourant plus de six millions d'écus d'or 
soit environ 125,000,000 de francs, sans compter ses nombreuses et vastes propriétés, dont plusieurs étaient des 
seigneuries importantes. On cite encore les Tucher, les Welser, les Hochstetters, les Salviati, qui occupèrent 
pendant quelque temps le magnifique hôtel Van Liere, les Affaitadi, qui se distinguèrent lors du siège de la ville 
par Martin Van Rossum, les Justiniani, les Spinola, les Buonvisi, les Galteroti et les Dozzi. 

Quoique l'activité des Anversois se portât surtout vers le commerce, l'industrie ne demeurait pas en 
arrière, par suite même des débouchés plus nombreux que le commerce lui ouvrait. Nos fabriques de draps se 
soutenaient, malgré l'énorme concurrence que leur faisaient les autres villes du pays et l'Angleterre. Il est fait 
mention dès l'an 1415 des fabricants de tapis. Les tisserands avaient obtenu, en 1344, un nouveau règlement. 
Nous avions, en outre, des fabriques de toiles, de futaines, de cuirs pour tentures, peints et dorés, de 
passementeries d'or et d'argent, de soie, filet laine; des fabriques de velours, satin, damas, taffetas et autres 
soieries; on tissait même à Anvers de la soie indigène, mais en petite quantité, et l'on y excellait à travailler les 
métaux, la bijouterie, la cire, le sucre et le vermillon. On y fabriquait aussi des armes. 

La verrerie ou plutôt la fabrication des vitraux peints, formait une branche nouvelle et importante. De 
magnifiques verrières, ornements de nos églises, sont sorties des fabriques d'Anvers. Citons encore l'imprimerie 



dont il a été question ailleurs. La vente des livres formait une branche considérable de commerce. La carrosserie 
doit avoir été très considérable vers la fin du XVI e siècle, puisque Scribanius comptait de son temps 5oo voitures 
de luxe. On fabriquait aussi chez nous du papier et des cartes à jouer. Enfin, les plantes rares et les fleurs étaient 
l'objet d'un trafic important. Ceux que le commerce enrichissait ornaient leurs jardins et leurs serres avec autant 
de luxe que leurs appartements. 

Telle était la splendeur commerciale d'Anvers au XVI e siècle. Mais la prise de notre métropole par les 
Espagnols sous la conduite d'Alexandre Farnèse fut le signal du déclin de notre commerce ; cependant, cette 
décadence ne fut ni subite ni rapide. S'il est bien vrai qu'un certain nombre de négociants partirent pour 




La Maison Hanséatique (état actuel) . 



Amsterdam après cette catastrophe, il fallut plusieurs événements encore, et particulièrement le traité de 
Munster, pour consommer la ruine du pays. 

Pourtant on ne se décourageait point. En 1698, le roi Charles II avait formé le projet d'une 
Compagnie de la Guinée, aux capital de deux millions de florins. Cette tentative échoua. 

En 1714, un Français, le chevalier Hallet de la Merveille, vint à Ostende, à bord d'un navire 

français, et y apporta une riche cargaison de produits du Bengale. Cette opération fut un événement. 

Aussitôt quelques négociants d'Anvers, de Gand, de Bruges et d'Ostende, s'associèrent pour exploiter cette 

source inattendue de prospérité. Bientôt il est question d'organiser les opérations en grand, de les rendre 

permanentes et plus sûres, en créant à Ostende une Compagnie des Indes, à l'instar des Compagnies britannique 

et hollandaise. Mais la Compagnie existe à peine, que la Hollande et l'Angleterre accusent la cour de Vienne 

i3 



d'avoir octroyé un privilège exorhant et contraire à la foi jurée, en autorisant la création de la fameuse 
Compagnie d'Ostende. L'empereur fut obligé par un traité du 22 juillet i 7 3i, de livrer de nouveau le commerce 
belge en holocauste aux intérêts étrangers. 

Aucun changement ne survint dans ce déplorable état de choses, jusqu'à la conquête de la Belgique par 
les Français, en 1792. Le général Labourdonnaye fit son entrée à Anvers, le 19 novembre, et le 25 du même 




La Bourse en i532. 



La Bourse, avant L'incendie de l858. 







La nouvelle Bourse inaugurée le 18 août 1873. 

mois, il fit publier un décret rendu par la Convention nationale, qui proclamait la liberté absolue de l'Escaut. A la 
suite de ce décret, une flotille, composée de la frégate XAriel et de six autres bâtiments d'un moindre tonnage, 
sortit du port de Dunkerque, remonta l'Escaut, arriva devant Anvers, et y fut accueillie par des cris de joie et des 
réjouissances générales. Tout Anvers était en fête. Le jour de la réparation se levait enfin. La Bourse fut 
splendidement illuminée. L'Escaut était réouvert après un blocus de 144 ans ! 



; 






— 104 ~~ 

Mais pendant trois années encore la liberté du fleuve ne fut que nominale. Après la rentrée des Autrichiens, 
la République des Provinces-Unies avait de nouveau réclamé et obtenu la fermeture de l'Escaut. Ce ne fut 
qu'après la conquête de la Hollande par Pichegru, que les choses changèrent de face. Le 10 août îygS, la 
réouverture de l'Escaut fut solennellement proclamée par les représentants Ramel et Lefebvre, et les obstacles 
soulevés en dernier ressort par les Hollandais échouèrent devant l'énergie du gouvernement français. 

La situation d'Anvers offrait alors l'exemple d'une profonde décadence. Il n'y avait point de quais; l'eau 
baignait les maisons construites le long de la rive et à chaque marée extraordinaire, la ville était menacée 
d'inondation. 

En juillet i8o3, le premier Consul arriva dans nos murs. Son œil d'aigle lui avait fait entrevoir 
immédiatement tous les avantages que la position si favorable d'Anvers pouvait réserver à sa puissance; 
de gigantesques projets allaient être mis à exécution, quand les événements de 1814 vinrent les mettre à 




Canal aux Charbons comblé lors de la rectification des quais. 



néant. Néanmoins, on doit à Napoléon la construction d'un immense arsenal maritime, des quais Jordaens 
et Van Dyck, et des chantiers pour sa flotte. 11 fit creuser aussi un grand bassin qui coûta plus de 
7,000,000 de francs. 

Sous le régime hollandais, Anvers voyait son commerce renaître, grâce aux grandes maisons d'Amsterdam 
et de Rotterdam qui venaient y établir des succursales ; les colonies néerlandaises, offrant à l'industrie belge 
un grand débouché, firent prospérer le commerce de la place. Au lendemain de la révolution, le commerce 
local commença les plus louables efforts pour faire connaître nos produits dans les parages les plus éloignés. 

Le 8 septembre i85g, nos députés au Parlement obtenaient de la législature l'agrandissement d'Anvers, 
c'est-à-dire la transformation de la vieille ville de deux cents hectares en une nouvelle cité de mille hectares. 

Nous avons parlé ailleurs d'un événement heureux pour notre commerce : l'abolition du péage de l'Escaut. 



Ct »tfct 



1 «»ïét 
: «nietoii 



— io5 — 

A partir de ce moment, le commerce d'Anvers acquit une importance toujours plus considérable, diverses 
réformes, l'abolition du tonnage, la réduction des droits de pilotage, la fusion des divers droits perçus sur la 
navigation, contribuèrent puissamment à ce résultat. Celui-ci fut tel, que la ville se vit forcée d'étendre dans une 
large mesure ses installations maritimes, devenues insuffisantes. 

Le 10 octobre 1869, le bassin de jonction fut ouvert à la navigation. Les bassins de la Campine et du 
Canal furent livrés au commerce le 3o juillet 1873 (1). 

Cependant ces installations ne tardèrent pas à devenir insuffisantes à leur tour, et sous peine de voir 
détourner du port d'Anvers, au profit de ses concurrents, une partie du trafic qui formait la base essentielle de 
sa prospérité, on dut songer à créer de nouveaux établissements maritimes. 

L'intervention de l'Etat s'imposait, son concours efficace ne pouvait être refusé en présence des efforts 
incessants faits par les autres ports pour attirer le transit. 

C'est ce que l'Etat comprit en se chargeant, par la convention du 16 janvier 1874 faite avec la ville 







: 







Nouveaux Quais, inaugurés le 26 juillet 1885. 



.JUKI» 

m* 
lt [É*'* 



d'Anvers, de la reconstruction des quais de l'Escaut en leur donnant un mouillage suffisant pour que les plus 
grands navires pussent venir aisément y accoster à marée basse, et une largeur assez considérable pour pouvoir 
établir sur le terre-plein agrandi, des installations économiques, un outillage perfectionné et des moyens de 
transport d'un immense développement. 

La loi du 17 avril 1874 approuva les diverses conventions conclues entre l'Etat belge, la ville d'Anvers et 
la Compagnie Immobilière de Belgique relativement à la reconstruction et à l'exploitation des quais de l'Escaut. 

Les travaux de rectification des quais, à exécuter aux frais de l'Etat, furent confiés par adjudication 
à la maison Couvreux et Hersent, de Paris, au prix d'environ 40 millions de francs; ils furent commencés 
vers la fin de l'année 1877 et inaugurés le 26 juillet i885. 



ivent sont extraits de 1 



1 groupe d'ingénieurs anversc 



— io6 — 

Les bassins de batelage du Sud, d'une superficie de plus de 4 hectares, furent inaugurés en mai 1882 

Entretemps la Société du Sud, qui se trouvait substituée aux droits de la Compagnie Immobilière de 
Belgique, avait dès 1869, commencé les travaux de démantèlement de l'ancienne citadelle du Sud et l'appro- 
priation des terrains à leur nouvelle destination. Les travaux de nivellement et de voirie turent complètement 
terminés en 1882 et coûtèrent environ 7 '/> millions de francs. Une gare de 20 hectares avait été créée au sud 
pour le service des nouveaux quais. 

Conformément aux conventions, la Société du Sud avait dû céder gratuitement à l'Etat i3 hectares de terrain 
pour former le terre-plein de la nouvelle gare , les 7 hectares complémentaires furent expropriés aux frais de l'Etat. 

A la ville d'Anvers, propriétaire des bassins, incombait le soin d'agrandir ses établissements, de créer de 







Quais d'Anvers. 



nouveaux quais, de construire des hangars-abris, de compléter et de perfectionner l'outillage pour la manutention 
des marchandises. 

Voici les travaux les plus importants qui furent exécutés au moyen des ressources communales : 

De 1876 à 1878, on reconstruisit les murs des quais Godefroid et de l'Entrepôt au moyen d'un procédé 
ingénieux qui permit, sans intermédiaire de batardeau, de ne pas abaisser, pendant la construction, les eaux du 
grand bassin au-dessous du niveau ordinaire. La largeur de ces quais fut portée ainsi à 40 et 43 mètres. 

De 1877 à 1881 le bassin du Kattendyk fut prolongé, ce qui augmenta de 4 hectares la surface d'eau de 
ce bassin, et l'on construisit trois cales sèches. 

Le bassin de batelage du Looibroek, d'environ 2 hectares de surface, fut creusé au nord pour être réservé 
aux bateaux d'intérieur qui font la navigation sur le canal de la Campine. 



— îoy — 

Des améliorations notables furent apportées au terre-plein entourant les bassins, — travaux de remblai et 
de pavage, — établissement de hangars couverts, de manière à permettre la manutention des marchandises à l'abri 
des intempéries, notamment autour des bassins aux Bois et du Canal, du bassin-sas de Kattendyk, des quais 




Ce fut le 26 juillet l8S5, qu'eut lieu l'inauguration officielle des nouveaux quais. Ce grand événement, 
qui marquera une date des plus glorieuses dans les annales de la ville d'Anvers , fut célébré avec un 




: ! 



L'Escaut. 



éclat inaccoutumé; le Roi, accompagné de la Reine et de la famille Royale, escorté de ses ministres, de 
représentants du corps diplomatique et d'une suite nombreuse de personnages officiels, daigna présider lui- 



J 







Sa Majesté Marie-Henriette, Reine des Belges 

d'après le dessin de Pannemaeker, sur la photographie de MM. Gers; 



■ 



■i 







. ■ 






LEOPOLD II, Roi des Belges, Souverain de l'État libre du Congo (voir paoe i 55 

D'après le dessin de PANKEMAEKER, sur la photographie de MM. GeRUZET frères. 



même à cette solennité qui, favorisée par un temps superbe, excita un enthousiasme général et laissera 
cœur de tous ceux qui y ont assisté un souvenir ineffaçable. 

Souhaitons que le vœu exprimé par M. le bourgmestre de Wael , 
réalise et que « l'inauguration 



des nouveaux quais soit pour 
Anvers le commencement d'une 
ère nouvelle de prospérité et 
de progrès. •> 

De son côté, l'Administra- 
tion des chemins de fer com- 
pléta le réseau des voies ferrées 
qui desservent les bassins et 
établit dans la gare commerciale 
du Nord une série d'engins mus 
par la force hydraulique pour 
le chargement, le déchargement 
et la manœuvre des wagons. 

De 1870 à 1880, le nom- 
bre des navires entrés a été en 
moyenne de 4,501 pour un ton- 
nage moyen par année de 
2,194,961 tonneaux, soit 6,014 
tonneaux par jour. 

Le progrès du commerce 
est tel que, même avant Fachè- 
projet définitif, dressé par M. 




A. R. Marie-Louise- Alexandrine-Caroline 
de Hohen^ollern , Comtesse de Flandre 



le 28 avril i883. Les 
doivent être terminés en 1886. 

Ces bassins , désignés sous le 
nom d'Africa et America, présente- 
ront une surface d'environ 22 hecta- 
res et un développement de 
quais de plus de 3,400 met. , 
avec un mouillage de 
9 mètres, c'est-à-dire 
presque autant de dé- 
veloppement que les 
nouveaux quais de 
l'Escaut. Une écluse 
à construire ultérieu- 
rement par l'État les 
mettra en communi- 
cation directe avec le 
fleuve. Conformé- 
ment aux conven- 
tions conclues avec 
le Gouvernement, la 
ville a commencé en 
même temps l'outil- 
lage du terre-plein 
des quais de l'Es- 
caut. 



O. Royers, ingénieur de la ville. 



travaux furent adjugés 



même année 




S. 



A. R. Philippe, Comte de Flandre, Président d'honneur 
ï Exposition (voir pa:>e i 56}. 



dans son discours au Roi , se 
vement de tous les travaux 
décrétés, il fallut déjà songer 
à une extension considérable. 
C'est ce qui amena l'admi- 
nistration communale à pousser 
vigoureusement les négociations 
entamées dès 1873 pour l'ac- 
quisition du terre-plein de la 
citadelle du Nord, afin d'y éta- 
blir un dispositif de bassins et 
d'écluses qui pût mettre la ville 
à même de satisfaire aux exi- 
gences croissantes du trafic. Ces 
négociations aboutirent à la con- 
vention du 16 janvier 1881, qui 
permit à la ville de donner suite 
à ses projets. 

On avait décidé, dès 1881, 
de construire deux immenses 
bassins à flot d'un mouillage 
suffisant pour donner accès aux 
plus grands transatlantiques. Le 
adopté par le conseil communal 
sont activement poursuivis. Ils 
Déjà nous voyons s'élever sur 
la plus grande partie des quais, des 
hangars à claire-vote, séparés de 
la voirie par une grille élégante. 
Des rampes monumentales 
donnent accès à des prome- 
noirs établis sur une 
partie de ces hangars. 
Des grues hy- 
drauliques" se dres- 
sent le long de la 
bordure des quais. 

Un bâtiment, de 
colossale allure, con- 
tenant les machines 
destinées à trans- 
mettre la force hy- 
draulique aux divers 
engins des nouveaux 
quais, a été construit 
près du bassin de 
batelage du Sud. 

Un pont roulant a 
été établi sur l'écluse 
du Kattendyk. 



de 



On travaille activement à approprier l'ancienne Maison Hanséatique à la manutention et à l'emma- 



gasinage des grains. On perfectionne les aménagements et l'outillage de l'Entre 

Enfin, on étudie de nou- 
veaux projets pour donner aux 
pétroles des installations spé- 
ciales, réclamées depuis long- 
temps. 

Des pourparlers sont enga- 
gés avec l'Etat pour prolonger, 
vers le nord, le mur du quai de 
l'Escaut, dont les travaux ont été 
arrêtés à la limite de l'écluse du 
Kattendyk. 

Nous ne pouvons terminer 
cette brillante page de l'histoire de 
la ville d'Anvers sans y ajouter 
le portrait du prince Baudouin, 
héritier présomptif du Trône de 
la Belgique. 

Le prince Baudouin est né 
le 3 juin 1869 à Bruxelles; il 
vient de quitter l'Ecole militaire, 

11 suffit de citer les chiffres des dernières années 




Le Prince Baudouin, héritier présomptif 
du Trône de la Belgique 



pot royal, racheté par la ville. 
dont il a suivi les cours avec une 
grande distinction, et d'entrer 
dans le régiment des Grenadiers 
comme sous-lieutenant. 

Le Pays entier fonde les 
plus grandes espérances sur ce 
jeune Prince, qui sera appelé un 
jour à présider aux destinées de 
la Belgique. 

Reportons nos regards sur 
le mouvement maritime. Après 
avoir examiné d'une manière 
générale les améliorations ap- 
portées aux installations du 
port, nous avons pu constater 
leur développement incessant et 
nous voyons qu'il s'accentue 
encore de jour en jour. Les 
résultats sont vraiment prodi- 
gieux. 









NAVIRES ENTRÉS 


TONNEAUX 


3i déceiT 


bre 


1880 


4628. 


3,117,754 


Id. 




1881 


4110 


2, g38,48l 


Id. 




1882 


444i 


3,453,294 


Id. 




i883 


4689 


3,857,934 


Id. 




1884 


480g 


4,102,063 




En cinq ans 


2^? 


17,469,526 



Soit de 1880 à i885 une moyenne de 4,535 navires pour un tonnage moyen annuel de 3,4g3,9o5 tonneaux, 
ou 9,572 tonneaux par jour. 

Ces chiffres se passent de commentaires. 

En résumé, nous constatons que l'importance du mouvement maritime à l'entrée a donné, par 
périodes, les résultats moyens suivants : 



i83o à 1840. 
1840 à i85o 
i85o à 1860 
1860 à 
1870 à 
1880 à 



70. 



440 tonneaux par jour. 

671 id. 

1028 id. 

2267 id. 

6014 id. 

9572 id. 

C'est en voyant les chiffres de ce mouvement et en examinant leur progression constante qu'on reconnaît 
l'impérieux besoin de se préoccuper sans cesse de la création d'installations nouvelles qui permettent à la ville, 
même au pnx de sacrifices considérables, de satisfaire à toutes les exigences de son commerce. 






H 4 



ANVERS MODERNF 



I 



La ville d'Anvers est le chef-lieu de la province de ce nom, c'est-à-dire, que c'est dans cette ville 
que réside le Gouverneur de la province, représentant le Roi, et que se réunissent le Conseil provincial 
et la Députation permanente de ce même conseil. L'hôtel du gouvernement provincial se trouve marché 
aux Souliers. Ce bâtiment servit de résidence aux évèques d'Anvers du XVI e au XVIII e siècle. Il est, 
comme nous venons de le dire, la résidence du Gouverneur et le siège du Conseil provincial. Les bureaux 
de l'Administration provinciale y sont établis. Les archives de la province sont conservées dans un 
bâtiment annexe de construction récente et à l'épreuve du feu. 

Au premier janvier i885 la population d'Anvers s'élevait à 201,426 habitants. En y ajoutant celle 
des deux faubourgs de Berchem et de Borgerhout enclavés dans l'enceinte, l'agglomération anversoise 
comporte actuellement un chiffre de 230,000 habitants. 

L'augmentation moyenne de la population pendant les cinq dernières années, de 1880 à i885, a été 
de 5557 habitants par an. En admettant que cet accroissement annuel se maintienne et que celui des 



I 




Type anversois. 



1 

Ê 



faubourgs ne soit que de 1000 habitants par an, chiffre inférieur aux statistiques, on peut affirmer que 
dans une dizaine d'années la population intra-muros aura dépassé 3oo,ooo habitants. 

La ville d'Anvers, délimitée par ses remparts, a une étendue de 16S0 hectares. Le nombre des 
maisons est de 26,5oo. 

Son enceinte bastionnée et la ceinture des forts détachées qui l'entoure en fait un des camps 
retranchés les pins forts de l'Europe. 

Anvers est situé par 2° 3' 55" de longitude est de Paris, et 5 1° i3' 14" de latitude nord sur la rive 
droite de l'Escaut, à 44 kilomètres de Bruxelles et à 80 kilomètres de la mer du Nord. 

L'Escaut, ce vrai Pactole, a devant Anvers une largeur régulière de 35o mètres; en amont et en 
aval d'Anvers, sa largeur normale est de 400 mètres. Les eaux du fleuve atteignent une profondeur de 
8 à i5 mètres à marée basse. 










Types flamands, 






1 



J 

I 



Un autre cours d'eau, le Schyn, aujourd'hui canalisé, arrose aussi Anvers ; il se divise en deux 
branches qui se jettent au nord dans le bassin du Kattendyk, au sud, dans le canal d'Hérehthals et les 
bassins du Parc. 

Anvers a trois gares principales; la gare de l'Est, avenue De Keyser, la gare du Sud, avenue du 
Sud et la gare des marchandises au Stuivenberg. Tous les trains s'arrêtent à la gare de l'Est, appelée 
vulgairement la station. C'est une gare provisoire, construite en grande partie en bois et qui ne convient 
aucunement à une ville de l'importance d'Anvers. La gare du Sud sert principalement au service local sur 
Boom et Alost. 

La gare de la Tète-de-Flandre, sur la rive gauche de l'Escaut, — desservie par les trains qui, par 
Saint-Nicolas, se dirigent sur Gand, à travers le pays de Waes, — est peu employée, surtout depuis que 
des trains directs pour Gand (par Termonde) partent de la gare de l'Est. 

On trouve à la gare des Voitures et des Omnibus. 

Un tramway conduit également en ville. 

Les lignes principales des tramways sont : 

1. Du canal au Sucre (Escaut) par les places Verte et de Meir vers la gare de l'Est, et de là, par 
le boulevard Léopold, vers la Pépinière (Trois-Coins). 

2. De Berchem (Rempart) par la chaussée de Malines vers la place de Meir, où l'on croise la première 
ligne, pour continuer en droite ligne jusqu'à la place Saint-Paul (Escaut). 

3. De la rue Kipdorp, par la place de la Commune, en passant devant le Jardin Zoologique, vers 
Borgerhout. 

4. De l'Entrepôt Royal, en suivant toute la ligne des boulevards jusqu'à la place du Sud (Exposition), 
avec embranchement vers la gare du Pays de Waes. 

5. De la rue Nationale (près de la place Verte) à travers tout le nouveau quartier du Sud, en 
passant devant le bassin de Natation, vers Hoboken. 

6. De la Longue rue d'Argile au Théâtre Royal. 

7. De la rue Klapdorp à Merxem. 

8. De la plaine Van Schoonbeke au Pothoek. 

Le bureau central des Postes se trouve au côté sud de la place Verte. On y a installé, il y a 
quelques années, le système américain des boîtes, que les abonnés viennent lever eux-mêmes à volonté. 
Une table et tout ce qu'il faut pour écrire est mis à la disposition du public. Des bureaux auxiliaires se 
trouvent à la Station, au Palais de Justice et à la Maison Hanséatique. 

Le bureau central du Télégraphe se trouve au premier étage de la Bourse. Entrée par la porte, à droite 
de l'entrée de la Bourse, rue des Douze-Mois. Bureaux auxiliaires à la Gare et à la Maison Hanséatique. 

Le téléphone est en très grande vogue à Anvers. Dans plusieurs cafés on trouve des appareils qui 
sont mis gratuitement à la disposition des clients. Des bureaux publics de téléphone se trouvent installés 
dans les salles d'attente des tramways, sur les avenues. 

L'Administration communale se compose du Bourgmestre, chef de la commune et de la police; de 
cinq Echevins, aux attributions respectives de l'état civil, du contentieux, des finances, des travaux publics 
et de l'enseignement. 

Le bourgmestre et les echevins sont nommés par le gouvernement sur la proposition du Conseil 
communal, dont les titulaires doivent faire partie. 

Le Collège des bourgmestre et echevins constitue une commission administrative et executive; le 
collège examine et prépare toutes les affaires à soumettre au Conseil communal et les décisions de celui-ci 
sont soumises, dans la limite des ressources et des attributions communales et selon leur importance, à la 
sanction de la Députation permanente de la province ou à celle du Roi. 

Le Conseil communal est composé de 3l membres, rééligibies par moitié tous les trois ans. 

Anvers envoie à la Représentation nationale cinq représentants et trois sénateurs, rééligibies tous les 
quatre ans. 

Anvers est le siège d'une cour d'assises, d'un tribunal de première instance, d'un tribunal de 
simple police et d'une cour militaire. 

Le Palais du Roi. — Cette magnifique construction, qu'on peut considérer comme un des types 
les plus élégants du style Louis XV, fut bâtie sur les plans de l'architecte De Baursheit; les sculptures 
sont de De Cock. 







La Place Verte. 



3 



C'est aujourd'hui la résidence du roi et de la famille royale, lorsqu'ils viennent visiter Anvers. 

Quelques-unes des salles sont ornées de forts belles peintures, dues au pinceau de Vervoort, le jeune. 

Hôtel du Gouvernement Provincial. — C'était, dans l'origine, une succursale de l'abbaye de 
Saint-Bernard, dont les évêques d'Anvers firent plus tard leur résidence. 

Vers la fin du siècle dernier, Mgr de Nelis le fit rebâtir complètement. 

Aujourd'hui c'est la résidence du Gouverneur de la province, le siège du Conseil provincial et de 
tout ce qui est du ressort de l'administration. 

En i85o, on y a annexé une construction à l'épreuve du feu, destinée à contenir les archives. 

Le Palais de Justice se trouve avenue de l'Industrie. 11 fut bâti sur les plans de l'architecte 
Baekelmans en style Louis XIII et achevé en 1874. ^ La salle des pas-perdus est remarquable. 

Le tribunal de commerce a ses salles à la Bourse de commerce. 

Le tribunal de simple police et la justice de paix siègent au Palais de justice. 




Palais de Justice. 



La ville d'Anvers possède un grand nombre de monuments publics, civils et religieux et des trésors 
artistiques de toute nature. Nous donnerons leur description aussi succinctement que l'espace nous le 
permet. 

L'Hôtel de ville. — L'Hôtel de ville fut bâti en i56i-65 en pur style renaissance, par Corneille 
De Vriendt et restauré en i58i, après les dévastations commises par les Espagnols. La façade a 76 mètres 
de long sur 38 mètres de haut. Elle s'élève sur un soubassement rustique dont ^ les arcades reposent sui- 
de forts piliers, et présente deux étages principaux d'ordre dorique et ionique. Dans le haut se trouve 
une colonnade qui supporte le toit. Le bâtiment du milieu, dont les fenêtres se terminent en plein 
cintre, se compose de trois étages qui vont en diminuant, et a une hauteur de 55 mètres. Dans la niche 
en haut se trouve, depuis 1585, une statue de la Vierge, patronne de la ville ; plus bas à droite et à gauche 
les figures allégoriques de la Prudence et de la Justice. L'intérieur a été entièrement restauré dans 
ces dernières années, d'après les plans et sous la direction de P. Dens, généralement dans le style] du 
xvi e siècle. 



120 









I 



en une cage d'escalier splendide, couverte en verre, et décorée d'anciennes 



La cour a été transformé 
vues de la viile. 

Les salles sont montrées ordinairement dans l'ordre suivant : 

I. Cabinet du Bourgmestre. Belle cheminée renaissance, provenant de l'ancienne abbaye de Tongerloo, 
avec de riches sculptures représentant les Noces de Cana ; plus haut l'Erection du serpent d'airain, le 
Crucifiement et le Sacrifice d'Abraham. Le reste de la décoration est nouveau : Portraits des Bourgmestres 
Van Straele (exécuté sous d'Albe), Marnix Rockockx (un ami de Rubens), Van Ertborn. 

II. Antichambre. Portrait du roi Léopold II dans sa jeunesse et du comte de Flandre par 
Wappers, de la reine par De Keyser, du roi Guillaume I" des Pays-Bas en costume d'apparat, par 
Van Brée. 

III. La Salle de Réception ou Salle Leys, fut décorée (1864-69) d'admirables tableaux de H. Leys. 
Quatre grands tableaux : 1. Entrée solennelle de Charles-Quint et son serment de respecter les privilèges de 
la ville (l5l4); 2. Le droit de défense : le Bourgmestre Van Ursel remet à l'échevin Van Sprangen le 
commandement en chef de la milice citoyenne (1542); 3. Le droit de bourgeoisie : la bougeoisie est conférée 
à Batt. Palavicini de Gênes; 4. Le bourgmestre chef de la police : -Marguerite de Parme, pendant les troubles 
de 1567, remet au bourgmestre les clefs de la ville. 

En outre 12 tableaux représentant autant de princes célèbres dans l'histoire de la ville, principalement 
ceux qui lui accordèrent des libertés : de Godefroid de Bouillon (1096) à Philippe le Bel (1491). L'architecture 
de la salle, qui se rapproche du style renaissance italien, mérite l'attention. 

Au plafond les armes de la ville et ceux des corporations. 

IV. Salle avec trois esquisses de Leys : Entrée du duc de Lorraine, et Furie Française. 
V. Salle des mariages. Cheminée du xvi e siècle. 

VI. Salle du tirage au sort (pour la milice). Cheminée moderne en marbre, ornée des statues 
en bois de Philippe le Bon, Godefroid de Bouillon, Marie de Bourgogne, et du comte Henri I ; en 
outre, sur les côtés Jean II et Jean III de Flandre. Au-dessus un relief en bois, représentant l'ancien 
hôtel de ville. 

VII. Salle du Conseil, en style Louis XIV. Plafond de l'école de Rubens (Pelegrini), portrait du 
roi et de la reine d'après Gallait, du roi Léopold I er de De Keyser et de son épouse Marie-Louise, peint 
de mémoire, après la mort de la souveraine, par Wappers. Une vieille balustrade est à remarquer. 

VIII. Salle des tirages (des emprunts de la ville). Portraits : la comtesse de Flandre, princesse de 
Hohenzollern, de Delin ; princesse Charlotte, impératrice du Mexique, de De Keyser. Au-dessus de la 
cheminée tableau de l'ancien hôtel de ville, de Mostaert, et un relief, le Jugement de Salomon. Un autre 
tableau représente la bataille de Calloo (i638). 

La Bourse. — Entre la Longue rue Neuve et la place de Meir, est une remarquable construction, 
édifiée de 1869 à 1872, pour remplacer l'ancienne Bourse qui occupait le même emplacement et qui 
devint la proie des flammes en i858. L'architecte est M. Joseph Schadde. 

Le hall central est entouré par une double arcade, supportant une galerie. Dans les galeries se 
trouvent les locaux du Tribunal de commerce et les bureaux du télégraphe. Sur les murs sous la galerie 
sont peintes d'immenses cartes géographiques. L'heure de la bourse est de 1 à 2. 

La Maison Hanséatique. — Commencée le 5 mars 1564 et terminée en i56S, fut bâtie sur les 
plans de Corn, de Vriendt. Les bourgmestres Henri de Berchem et Jean de Schoonhoven en posèrent la 
première pierre. 

Cet immense bâtiment, dont la longueur n'a pas moins de deux cent cinquante pieds sur deux cents 
pieds de largeur, était destiné au logement des marchands hanséates et à l'entrepôt de leurs marchandises. 
Le rez-de-chaussée servait de magasins; les deux étages, dont chacun offre, sur les grands côtés du quadrilatère, 
trente et une fenêtres de front, contenaient les appartements. Au centre de la façade orientale s'élevait une 
tour carrée, ornée de deux galeries servant d'observatoire, et portant à son sommet l'aigle impériale, dont 
l'image se reproduisait aux quatre angles du toit et sur chacune de ses nombreuses portes. 

Gramaye prétend que cent soixante-seize villes contribuèrent aux frais de ce superbe Comptoir, dont 
nous ne voyons plus, en quelque sorte, que le squelette. Les villes hanséatiques fournirent soixante 
mille florins; Anvers en donna trente mille, promettant en outre de payer encore la moitié de ce qui 
manquerait plus tard pour l'achever, à condition pourtant que les hanséates se chargeraient seuls de la 
décoration intérieure. 



m 

I 



Napoléon, par un décret de 1808, l'expropria, parce qu'il eût été dangereux de laisser à des puissances 
étrangères la jouissance d'un édifice aussi considérable, au milieu d'un port militaire. Brème, Hambourg et 
Lubeck ne rentrèrent dans leurs droits qu'à l'arrivée des alliés, et la valeur de leur propriété se trouva 
plus que quintuplée, lorsque les bassins eurent perdu leur destination militaire, pour être affectés à la marine 
marchande. En i863 les villes hanséatiques cédèrent ce bâtiment au gouvernement belge en payement de 
leur quote-part dans la somme payée au gouvernement hollandais comme indemnité de l'affranchissement 
du péage de l'Escaut. 

La gravure page 37 représente la Maison Hanséatique, telle qu'elle était au xvi' siècle. La tour a été 
démolie en partie, il y a quelques années, et la maison elle-même a subi de notables modifications. 






t' . Çtt V, 



|§5 -v- 



mmm 



t., ■ ;. ■:■ 





^3= 



MiMmh 



Banque Nationale. 



Banque Nationale. — Avenue des Arts. Cet édifice, dont le plan forme un triangle, et dont le 
style est un des essais les mieux réussis qu'on ait tentés de nos jours pour faire revivre les lignes 
pittoresques et l'ornementation élégante de la renaissance, est dû à l'architecte Beyaert. 

La Maison Hydraulique, rue des Brasseurs. Construite par Gilbert Van Schoonbeke, savant ingénieur 
du xvi e siècle. Elle contient des machines pour fournir l'eau potable à plusieurs brasseries situées à proximité, 
La maison est très intéressante pour les artistes. Au premier étage, une salle dont la décoration date du 
XVI e siècle, ainsi que le mobilier et tous les ustensiles. Au-dessus de la cheminée, fort belle peinture de 
Jordaens. On peut dire sans exagération, que cette salle a été reproduite des centaines de fois par la peinture. 
— Prix d'entrée : i franc. 



La Maison de Ruijens. — Il reste peu de chose, malheureusement, du palais que le grand artiste 
fit construire en 1611 au prix de 127,000 florins et dont la magnificence princière caractérisait si bien le 
génie de son propriétaire. On doit d'autant plus en regretter la disparition que l'arrangement intérieur 
aurait pu très probablement servir d'exemple à tous les millionnaires et à toute la noblesse de l'Europe. 
L'étendue de cette perte peut être évaluée par la valeur qu'on attache maintenant à la Maison Plantin. 
Tout ce qui reste de l'édifice original est un portique sculpté qu'on peut contempler au n° 7 de la 
rue Rubens. 

Athénée Royal. — Place de la Commune. Cet édifice, de proportions grandioses, a été terminé en 
1884 sur les plans de l'architecte Dens. 


















M 




V Athénée royal. 

Outre les établissements pour les jeunes gens, comme l'Athénée royal, place de la Commune, l'Institut 
de commerce, rue du Chêne; l'Institut Saint-Ignace, courte rue Neuve; l'Ecole normale d'instituteurs, marché 
aux Chevaux, et l'Ecole normale d'institutrices, à Hoboken, la ville d'Anvers possède un grand nombre 
d'écoles pour les enfants de tout âge, tant gratuites que payantes, ainsi que quelques établissements privés 
d'instruction. — Quelques écoles communales sont des monuments très remarquables sous le rapport de 
l'architecture. 

L'École de Navigation est située rue du Sac. 

L'-École de Musique où l'enseignement se donne gratuitement, se trouve rue des Aveugles. 

L'Académie des Beaux-arts occupe l'emplacement de l'ancien couvent des Franciscains, dont l'église 
a été appropriée pour le Musée. L'Académie est composée de 25 membres, dont dix peuvent être étrangers. 



ra artiste 



— 123 — 

C'est une importante école artistique où l'on enseigne gratuitement les arts plastiques tant "aux Belges qu'aux 
étrangers. L'établissement a 16 professeurs et un grand nombre d'élèves. La classe de peinture est hautement 




Monument Loos. 

renommée et les cours en sont suivis par des élèves venus de tous les pays de l'Europe, la France exceptée. 
L'Académie a contribué à former maint artiste distingué de ce temps. 









Musée de Peinture. - Place du Musée. Ouvert tous les jours de g à 3 heures. Entrée gratuite 
11 possède plus de 7 oo tableaux, dont le plus grand nombre appartient à l'école flamande. Les écoles étrangères 
y sont faiblement représentées. 

Quentin Metsys, le peintre forgeron, y est représenté entre autres par son fameux triptyque dont 
l'Ensevelissement du Christ forme le panneau central. Rogier Van der Weyden y a son triptyque non moins 
célèbre des Sept Sacrements. On y compte 14 Rubens, 3 Rembrandt, 6 Van Dyck, 1 Miéris 1 Van de 
Velde,^ 1 Valentm, 3 Ommeganck, 10 Quellin, 1 Hobbéma payé cent mille francs à la vente Schneider 
en avril i8 7 5, des Fyt, des Devos, des Granach, des Bouts, des Boeyermans, des Teniers, des Wenix, etc 

Parrm les œuvres modernes, nous mentionnons surtout un Leys, trois Lies, dont l'un l'Ennemi approche 
est une des œuvres les plus fortes de notre école anversoise, et la Lady Godiva, une des productions les 
plus remarquables de notre tant regretté Joseph Van Lérius. 










Nouveau Musée, en construction (J. J. Winders et F. Vandyck). 

En même temps que des photographies des principaux tableaux, on trouve, chez le concierge, le 
catalogue fort bien raisonné du Musée d'Anvers. Nous conseillons l'acquisition de ce volume à tous les 
visiteurs ; c'est lui qui a servi de modèle à presque tous les catalogues descriptifs de musées de peinture 
du continent. 

Musée Moderne. — Rue de Vénus. Visible gratuitement tous les jours. Il contient des tableaux de 
peintres contemporains. 

Musée d'Antiquités. — Au Steen, ci-devant rue de la Prison, aujourd'hui sur le quai rectifié. Le 
Steen est le plus ancien des monuments d'Anvers. Sa construction remonte probablement au ix" siècle. 

On en attribue la construction aux Normands. Ce fut primitivement le burg ou château-fort d'Anvers, 
noyau autour duquel la ville s'éleva en s'étendant toujours concentriquement. En i52o il fut restauré et 
transformé en prison. 






Depuis quelques années, on y a établi un musée d'antiquités, qui ne saurait encore rivaliser en richesse 




Statue de P. P. Rubens (voir page i33). 

avec celui de la porte de Hal, à Bruxelles, bien qu'il possède d'intéressantes acquisitions. Visible tous les jours 
de îo à 4 heures. 

16 



Le Steen est 



en somme un Musée de Cluny en miniature. On 



y voit aujourd'hui des i 



! 



I 



Le Steen 



> antiquités de toute 
monnaies, des instruments de torture retrouvés dans les cachots de l'inquisition 
se compose de six salles, trois au rez-de-chaussée, et trois au premier étage 
_ Le sous-sol, dans lequel on descend par un escalier en colimaçon, à marches disloquées, est divisé 
en cinq salles ou cachots. 

L'une de ces salles, chefs-d'œuvre d'infime cruauté inquisitoriale, s'appelle l'étouffoir. C'est un cachot 
d un mètre carré dans lequel les condamnés étaient enfermés et expiraient dans d'atroces douleurs 

On y voit encore les salles de pendaison, les carcans de fer et les chaînes qui retenaient captifs les 
malheureux persécutés par le tribunal de l'inquisition, ce génie inventif des tortures les plus atroces. En un 
mot, le Steen rappelle au souvenir toutes les abominations de la sanglante période espagnole. 

Musée Plantin. - Marché du Vendredi. C'est l'imprimerie du célèbre Christophe Plantin qui au 
XV1° siècle rivalisa avec les Aide. La ville d'Anvers acquit en ,8 73 , cet édifice ainsi que le matériel, les 
planches, la bibliothèque et les œuvres d'art qu'il renferme, et l'a transformé en un musée des plus intéressants, 
qui est ouvert au public tous les jours de g à 3 heures. 

On sait que c'est uniquement à un travail infatigable et obstiné, joint, il est vrai, à "fes dispositions 
naturelles fort heureuses, que Plantin dut sa célébrité. Sa devise, du reste, résume sa vie : labeur et constance. 

Les débuts du célèbre imprimeur furent extrêmement modestes ; il fut d'abord relieur, et sa femme 
ouvrit une [échoppe de lingeries. Les petits livres, les almanachs, qu'il imprima d'abord, sa femme les 
colporta encore de porte en porte pour les vendre. Peu à peu cependant, les affaires marchant bien, le 
laborieux Plantin put monter une imprimerie complète et ce fut, au bout de peu d'années, celte imprimerie 
qui acquit une réputation universelle. Plantin devint l'émule des illustres imprimeurs de l'époque ; les Aide 
et les Estienne. Les plus grands savants de cette époque furent ses collaborateurs et ses amis. A sa mort, 
survenue en i58q, sa maison d'Anvers passa à sa fille Martine Plantin, épouse de Jean Moretus. qui commua 
noblement les traditions de sa maison. 

La maison de l'illustre imprimeur est restée absolument dans l'état où elle était, il y trois cents 
ans ; les ateliers, les presses, le matériel d'impression, les pupitres, les épreuves même avec leurs corrections, 
tout a été religieusement conservé par les descendants de la grande famille à laquelle Anvers avait été 
fière de donner le droit de bourgeoisie. C'est aujourd'hui l'un des plus beaux musées que l'on puisse voir. 
— Nous pouvons ajouter que les visiteurs trouveront, auprès de lcminent conservateur, toutes les indications 
qu'ils pourront désirer, M. Max Rooses étant en effet un savant très distingué et un homme fort aimable. 
Parmi les collections particulières les plus riches en œuvres de valeur, nous citerons celles de M. Notte- 
bohm, rue du Fagot, de M. Koninckx, rue Léopold, de M. Giebens, rue Montebello, de M. Wuyts, rue du 
Jardin, de M. V. Lynen, boulevard Léopold, de M. Jos. Isenbaert, chaussée de Malines et de M. Kums. 
marché aux Chevaux. Enfin la belle collection d'antiquités de M. Van de Wouwer, rue Léopold. 
La galerie Nottebohm est accessible le lundi, le mardi, le mercredi, le samedi et le dimanche. 






I 



■ 



HOPITAUX. 

L'Hôpital Sainte-Elisabeth, rue de l'Hôpital, est déjà ancien. (Voyez Chapelle Sainte-Elisabeth.) 
L'Hôpital Militaire, rue du Prince. 

Le Nouvel Hôpital, grand établissement, pourvu de tous les perfectionnements de la science hygiénique. 
Situé rue des Images. 

L'Hôpital Marie-Louise, destiné aux enfants, situé rue du Mai. 

La Maison d'Aliénés se trouve rue Sainte-Anne. 

Orphelinat de Garçons. — Rue Durlet. Construit sur les plans de MM. Blomme, frères. Les 
installations sont un modèle du genre. Le style de l'édifice est celui de la renaissance flamande. 

On y compte environ 3oo pensionnaires. Les orphelins sont admis depuis l'âge de un jusqu'à la«e 
de vingt ans. Ils ont le choix de l'état qu'ils veulent professer et la commune permet à ceux d'entre eux 
qui font preuve de zèle au travail et qui montrent des aptitudes spéciales, de compléter leurs études et de 
se préparer aux carrières libérales. 

Les orphelins ont un corps de musique très bien organisé et un drapeau d'honneur, richement 



— 12 7 — 
.brodé, qui leur a été oftert par les dames d'Anvers, protectrices de l'orphelinat. C'est une des pi 




Statue d'Antoine Van Dyck (voir page i33). 
"belles créations de l'administration communale actuelle, dont elle a le droit d'être justement fière. 






I 



Orphelinat de F,lles. -Rue Albert Grisar. Achevé en ,882; c'est un édifice qui allie le pittoresque 
de l'aspect au confort de l'installation. Il est dû à M. Dieltjens; 250 orphelines y sont élevées 

Cette construction est très intéressante à visiter tant au point de vue de ses installations intérieures 
qu au point de vue artistique de ses façades. Les pensionnaires, qui y sont reçues depuis l'âge de un 
jusquà lâge de vingt ans, reçoivent à leur sortie de l'établissement, les moyens nécessaires qui leur per- 
mettent de pourvoir aux premières nécessités de leur installation. C'est, avec l'orphelinat de garçons dont il a 
ete question ci-dessus, l'une des œuvres les plus méritoires de l'administration communale actuelle. 

Hospice de Vieillards. - La ville contient plusieurs asiles destinés aux vieillards des deux sexes 
Citons : l'Hospice des vieillards ; l'Hospice des Petites-Sœurs ; l'Hospice Saint-Julien ; l'Hospice de la rue 
Lozane et l'Hospice Bogaerts-Torfs. 

~ Maison de Détention cellulaire. - Construction très réussie de l'architecte DumoàtTc'SnSS 
prison où les détenus sont traités en cellule isolément, d'après le système pensylvanien. La façade extérieure 
représente un château du XV siècle. 

HOTEL DES Postes. - La poste centrale est établie depuis quelques années déjà sur la place Verte 
du coté opposé à l'église Notre-Dame. Les installations répondent bien mieux qu'autrefois aux besoins du' 
publie. Les boîtes aux lettres, poste restante, sont d'un système américain tout nouveau et elles sont les 
seules de ce genre qui existent en Belgique. 

^ Nous voulons terminer ce chapitre relatif aux édifices civils en disant quelques mots des constructions 
militaires, pour lesquelles nous n'aurions pas de place ailleurs. 

Toutes les portes (militaires) de la ville sont remarquables, principalement celles de Borsbeek et de Berchem 
qui conduisent aux forts 3 et 4. Le premier de ces forts est très curieux comme travail de maçonnerie ; il a été 
entièrement bâti par des soldats d'infanterie. Sa coupole est l'une des plus intéressantes que l'on puisse visiter. 

Près de la porte de Boom se trouvent la meunerie et la boulangerie militaires, qui n'ont rien de bien 
remarquable. Ensuite viennent l'Arsenal de guerre et l'Ecole de Pyrotechnie, qui sont a des constructions 

t£MM . £3 



récentes et d'une importance considérable. 

MONUMENTS RELIGIEUX. 



ta h=3 



La Cathédrale ou I'Église Notre-Dame, occupe le côté sud de la place Verte (une promenade 
publique qui fut anciennement un cimetière). C'est le plus grand, et sous quelques rapports, le plus bel 
édifice gothique de Belgique. La construction du temple fut commencée en i352 sur les plans et sous la 
direction de Jean Amel ou Appelmans, de Bologne ; la construction continua successivement sous plusieurs 
architectes, jusqu'à son achèvement, en i5i8, par De Waghemakere. 

La flèche, universellement admirée, a été comparée maintes fois à de la dentelle ; sa hauteur est de 
402 pieds. La construction fut commencée en i 4 3 4 par Jean Amel e; achevée vers i53o par De Waghemakere. 
Le carillon compte 99 cloches dont la plus petite n'a que i5 pouces de circonférence et dont la plus grande 
pèse 8 tonnes. Ce carillon peut jouer tous les airs connus. Il y a une plate-forme à laquelle on arrive 
par 632 marches et d'où l'on a une très belle: vue sur la ville et ses environs. Pour visiter la tour, une 
personne seule paie 75 centimes ; deux personnes : 1 franc. 

En entrant à l'église par la place Verte, on rencontre d'abord dans le transept sud, le chef-d'œuvre 
de Rubens : la Descente de la Croix, œuvre admirable peinte en 1612. Dans le transept nord on en trouve- 
le pendant :' l'Élévation de la Croix. 

La cathédrale compte 14 chapelles toutes intéressantes à cause des œuvres d'art qu'elles contiennent. 
Dans la chapelle de Saint-Antoine, on remarque une verrière représentant un épisode de l'histoire d'Angleterre : 
le mariage de Henri VII et d'Elisabeth d'York. 

Les œuvres d'art que possède féglise sont trop nombreuses pour qu'on puisse les énumérer. II y a 
des tableaux de Cornélius Schut, Cornélius de Vos, Roger Van der Weyden, Otto Venius, L. Franken, 
Erasme Quellin et autres ; des sculptures de A. Quellin, P. Verbruggen, De Smet, Van Geel, etc. ; des 
boiseries de Van der Voort ; des verrières anciennes de Van Diepenbeke. 

Les services en musique sont souvent très remarquables et rappellent à l'esprit la renommée dont 
jouissait, au moyen âge, l'école de musique attachée à la Cathédrale. 

L Eglise Saint-Jacques, la plus belle après la cathédrale. Elie est de style gothique et fut commencée 






12 9 



1491 d'après les plans de Demetrius de Waghemakere, mais les travaux furent abandonnés en 1526. Ils furent 




Statue de Quinten Matsys (voir page i33). 
repris en 1602 et la construction fut terminée en i656, à l'exception du portail principal qui fut ajouté en 1694. 









m 



— i3o - 

L'entrée principale est dans la Longue rue Neuve. On peut voir les œuvres d'art de 2 à 4 heures 
. Pourboire au sacristain: 1 personne, 1 franc; 2 personnes, fr. i.5o, etc. 

Les principaux tableaux sont des œuvres de Rubens, Van Dyck, Jordaens, Marten de Vos Cornélius 
Schut, Otto Venius, Guido Reni, Frans Fions, Franken, Houthorst, De Crayer, Van Balen Bernard Van 
Orley, Rombouts, P. Van Avont, etc. 

Des statues par Lucas Faydherbe, Quellin, Van der Voort, P. Verbrugghen, Willemsens 

L'Eglise Saint-Paul, située au coin de la place Saint-Paul et de la rue des Sœurs-Noires Elle fut 
construite par les Dominicains en i5 4 o, sur l'emplacement d'une vieille église. L'édifice fut terminé en i5 7 i 
Anciennement un couvent complétait l'église ; mais il a été affecté à d'autres usages. La grande entrée est 
digne de remarque. 

A l'intérieur, les boiseries sculptées en style renaissance, les stalles et les confessionnaux n'ont pas 
leur équivalent en Belgique. 

L'église possède des tableaux de Rubens, Van Dyck, Jordaens, Marten de Vos, les deux Teniers 
Quellin, Van Balen, de Crayer, Vinckenboom. 

Il y a aussi des sculptures de Kerricx, J. de Baurscheidt, A. Quellin, P. Verbruggen, etc. Les autels 
sont 1 œuvre de P. Verbruggen. 

Le Calvaire, où l'on arrive en quittant l'église par une porte de côté, est une espèce de grotte au 
fond de laquelle on voit le Christ étendu dans la tombe et entouré par les âmes dans le purgatoire. Comme 
sentiment, c'est puéril et comme art, sans aucune valeur. 

L'Eglise Saint-André, en style ogival flamboyant, bâtie de 014 à 1523, eut relativement peu' à 
souffrir des Sans-Culottes en 1798, le vicaire Timmermans ayant (comme son collègue Mortelmans, curé 
de Saint-Paul), prêté le serment constitutionnel exigé par les républicains. 
Elle contient également quelques œuvres d'art. 

La chaire, en bois sculpté, représente le Seigneur appelant à lui Pierre et André, péchant dans une 
barque sur le lac de Génézarah. Figures de grandeur naturelle. Auteurs Van Geel et Van Hool (xvn« siècle). 
Dans la chapelle du chœur : Govaerts, Fuite en Egypte; Seghers, sainte Anne instruit la Sainte Vierge. - 
Chœur : O. Venius, Crucifiement de saint André ; E. Quellin, l'Ange gardien ; le groupe en marbre du 
maître-autel : l'Assomption, est de Verbruggen. - Chapelle au sud du chœur : Franck, la Cène (tableau 
d'autel); Seghers, Résurrection de Lazare; E. Quellin, La Sainte Famille. - Près du chœur deux statues 
lune a gauche représente saint Pierre, par A. Quellin le jeune; à droite saint Paul par Zielens. Dans le 
transept plusieurs tableaux modernes : Verlat, la Vierge assise sous la croix, tenant le Christ sur ses genoux • 
Markelbach, le Christ en croix; Van Eycken, le Christ dans le tombeau; Wouters, le Christ devant Pilate ; 
- Autels latéraux du sud : Pepyn, Crucifiement ; au nord : Franck, sainte Anne enseignant aux enfants, avec 
de nombreuses figures. — A un pilier du transept sud se trouve un petit médaillon représentant Marie Stuart, 
par Pourbus, avec une inscription à la mémoire de cette reine infortunée et de deux de ses suivantes, érigé 
par le fils d'une de ces dernières. 

Eglise Saint-Augustin. - L'ancienne église des Augustins fut bâtie en 1615 et possède un grand 
tableau d'autel avec de nombreuses figures, par Rubens : le Mariage de sainte Catherine, un des 
meilleurs tableaux du maître, malheureusement mal conservé. Le saint Georges est un portrait du peintre. 
En outre, à droite de l'entrée principale : Cels, Elisabeth et Marie; Lens, Présentation au temple; à gauche 
Van Brée, Baptême de saint Augustin. Plus loin, tableau d'autel : Jordaens, Martyre de sainte Appolme ; 
a gauche, Van Dyck, Vision de saint Augustin. Le maître-autel, orné du tableau déjà nommé de Rubens, 
est de Verbruggen. A droite du chœur une nouvelle chapelle en style roman, décorée de fresques par Bellemans. 
^ L'après-midi on entre par la petite porte de la rue Everdy (qui donne sur la rue des Peignes). 
L'ancien couvent des Augustins a été transformé en halle à viande ; près de là un passage et un grand 
marché couvert. 

Eglise Saint-Charles-Borromée. — L'ancienne église des Jésuites fut construite de 1614 à 1621 par 
le P. Jésuite Fr. d'Aiguillon, d'après les plans de Rubens, et était ornée de marbres magnifiques et d'objets 
dart précieux. Rubens lui-même avait peint 3g tableaux pour ce temple. Malheureusement le 18 juillet 1718, 
la foudre frappa la toiture de l'église et l'incendie qui en fut la suite brûla l'édifice à l'exception du chœur, 
des deux chapelles latérales et des trois tableaux d'autel se trouvant actuellement au belvédère de Vienne : 
l'Assomption et les Miracles de saint Ignace de Loyola et de saint François-Xavier. Le frontispice et la 
tour furent également conservés. La reconstruction se fit dans le style primitif, mais avec moins de luxe. — 




: : -Km .§ r^W 





Mi^WWXA- 



Statue de David Teniers (voir fade i33> 



— 133 



■ 






Pour l'édification des amateurs de curiosités, nous rapporterons ici que, il y a peu de temps, on a peint 
en une superbe couleur à l'huile grise, la remarquable tour en style renaissance. 

L'intérieur présente les dispositions d'une basilique avec tribunes. Les murs sont recouverts jusqu'à 
une hauteur de 3 mètres environ de lambris de chêne, ornés de bonnes sculptures, entre autres de médail- 
lons reproduisant des scènes de la vie des saints Ignace et François-Xavier, par Baurscheidt et Van der Voordt 
(m. en 1737). Le maître-autel est de Rubens. Sur cet autel sont exposés alternativement la Vierge, 
Reine des deux, par C. Schut, le Christ en croix, par Seghers et Marie intercédant pour les pécheurs, 
par Wappers. 

Les statues des saints François Borgia et Xavier sont de A. Quellin, celles des saints Ignace et Louis de 
Gonzague de A. Collijns de Noie (XVII» siècle). La chapelle de la Sainte-Vierge (à droite), montre encore des 
restes de l'ancienne splendeur de l'église avant 1718 : à gauche, dans la chapelle de Saint-François-Xavier : 
Seghers, le saint agenouillé devant la Vierge. — Dans la sacristie un beau crucifix en ivoire, du WII" siècle. 

Eglise Saint-Antoine de Padoue. — Cette petite église, construite en i56S par les Capucins, se 
trouve marché aux Chevaux et possède des tableaux remarquables. Au mur occidental du bas-côté gauche, 
Van Dyck, le Christ pleuré par les deux Maries et par deux anges. Dans le chœur, premier tableau à gauche, 
Rubens, La Vierge remettant l'enfant Jésus à saint Antoine. En face, saint Antoine recevant les stigmates, 
d'après Rubens. Plus loin, Seghers, la Miséricorde divine; Cossiers, le Seigneur apparaît à Marie Madeleine. 
La statue de la Vierge est de Quellin. La chaire de Van Hool. 

L'Eglise Saint-Wii.lebrord, à Berchem, près de la porte de Malines, date de 1610. Dans le 
cimetière qui entoure l'église, on voit la tombe de Frédéric de Mérode, tué à Berchem en i83o, à la tête 
des patriotes belges. 

L'Eglise Saint- Willebrord, à Borgerhout, à l'extrémité de la rue de l'Eglise. Construite en 164g. 
Possède plusieurs tableaux de quelque valeur : deux par Cornélius Schut, un dans le style de Rubens et 
un autre dans le genre de Van Dyck. 

L'Eglise Sainte-Elisabeth, rue de l'Hôpital, appartient à l'hôpital Sainte-Elisabeth. Date de 1238 
et contient quelques tableaux de Martin Pepyn et G. Maes. 

La Chapelle de la Vierge, rue de l'Empereur, fut construite en i5o5. Voir une statue par A. Quellin 
et la chaire par P. Verbruggen. 

La Chapelle Sainte-Marie, marché aux Souliers, très ancienne ; contient quelques bons tableaux, 
entre autres une belle œuvre de E. Quellin. 

L'Eglise des Tiiérésiennes, rue Rogier. Date de 1612 et possède un tableau par un élève de 
Van Dyck et quelques toiles modernes. 

La Chapelle des Sœurs-Xoires, rue des Sœurs-Noires. 1521. Tableau de J. Cassiers. 

La Chapelle des Capucins, rue Saint-Roch. Tableau de E. Quellin. 

La Chapelle du Béguinage, rue Rouge. Possède entre autres un beau tableau de Jordaens et un 
autre d'Adam Van Noort. 

Les autres églises de la ville sont des édifices modernes, présentant peu d'intérêt. 

L'Eglise Saint-Georges, près de la statue du roi Léopold I", a une assez belle façade, surmontée 
de deux flèches en style ogival ; architecte, M. Suys, 1853. 

L'Eglise Saint-Joseph, boulevard Léopold, construite par M. Gife. Style roman. 

L'Eglise Sainte-Marie, Borgerhout, conçue par M. Berckmans en style ogival, terminée en 1846, 
possède des tableaux de Van Orley, Coninck et Lens. 

L'Eglise Saint-Amand (Saint-Willebrord), construite par M. Baeckelmans. Style roman-ogival. 

La Chapelle des PP. Rédemptoristes, rue Houblonnière. 

Temple Anglais (Eglise d'Angleterre), rue des Tanneurs. 

Mariners Church and Institute, avenue du Commerce. 

Eglise Protestante Allemande, rue de la Boutique. 

Eglise Luthérienne Scandinave, avenue du Commerce. 

Temple Israélite, rue Pierre-Pot. 

Evangélistes Flamands, rue de l'Ecuelle. 

Le Cimetière de la ville est situé au Kiel. On y arrive par la porte du Kiel. 
Crèches. — Les enfants de la classe pauvre sont recueillis à la Crèche Marie-Henriette, et à la 
Crèche de Bethléhem, ainsi qu'aux succursales de ces asiles. 



i33 



STATUES. 






Les principales statues qui décorent les rues et les places publiques de la ville d'Anvers sont : 

Statue de Rubens. Cette statue modelée par Guillaume Geefs et coulée en bronze par Bueckens, 
fut inaugurée le 1 5 août 1840. Rubens est représenté en costume d'ambassadeur, ayant à ses pieds les attributs 
de la peinture. 

La statue d'Antoine Van Dyck, place du Musée, en marbre, par Léonard De Cuyper (i856). 

Quentin Metsys, avenue du même nom, en marbre, par J. De Braeckeleer (1881). 

H. Leys, avenue des Arts, en bronze, par Jos. Ducaju (1873). 

Léopold I er , statue équestre en bronze, par J. Geefs (i865). Inscription en langues française et 
flamande : les côtés latéraux portent : l'un, le discours du roi aux délégués du Congrès National qui lui 



annoncèrent son élection 
comme Roi des Belges, le 
27 juin i83i ; l'autre sa ré- 
ponse au discours du bourg- 
mestre d'Anvers lors de la 
pose de la première pierre 
des nouveaux bassins, le 
17 août i856. 

Th. Van Ryswyck, 
par L. De Cuyper. Ce mo- 
nument, érigé en 1864 au 
Parc, fut transporté à cette 
place en 1884. 

Monument de Van 
Schoonbeke. — La statue 
allégorique qui se trouve 
à l'entrée du boulevard 
Léopold, représente la Ville 
d'Anvers couronnant le bus- 
te de Gilbert Van Schoon- 
beke ; c'est l'œuvre de J . Van 
Arendonck. 

Statue de Boduo- 
gnat , représente le chef 
des Nerviens résistant aux 
légions romaines. (Voir 
Commentaires de César.) 
Par Joseph Ducaju. 

Statue d'Henri Con- 
science, le célèbre roman- 
la 




Statue de H. Leys. 



cier flamand. Figure assise, 
en bronze, devant l'entrée 
de la Bibliothèque de la 
ville. Sculpteur, M. Frans 
Joris. 

Statue de David Te- 
niers. — Ce bronze, œuvre 
de Jos. Ducaju, fut inau- 
guré le 18 août 1867, anni- 
versaire de l'inauguration de 
l'Académie de Saint-Luc. 
Le grand artiste est repré- 
senté tenant à la main l'acte 
d'organisation de notre aca- 
démie. 

L'Affranchissement 
de l'Escaut, place Mar- 
nix, œuvre de M . Wîn- 
ders (i883). 

Caudenberg, au Jar- 
din Botanique ; c'est l'œuvre 
de L. De Cuyper. 

Monument Loos. — 
(Sous l'administration du 
bourgmestre Loos fut ob- 
tenue la liberté de l'Escaut). 
En face de l'église Saint-Jo- 
seph. Le monument consiste 
en un piédestal surmonté 



d'une figure personnifiant 
Ville d'Anvers. Aux quatre angles des figures allégoriques représentant l'Art, le Commerce, l'Industrie et la 



Navigation. A leurs pieds le fleuve coulant librement entre des chaînes brisées : l'œuvre, inaugurée en 1876, 
est de M. J. Pécher. 

LES PLAISIRS. 



Construit sur les plans de Bourla, 



théâtre, commencé en 18 



ne fut 



Théâtre Royal. 
achevé qu'en 1 834. 

La façade porte sur son couronnement les statues des neuf muses : Polymnie est de De Braeckeleer; 
Erato et Cal'liope, de Van Kerkhoven ; Terpsicore, de Jos. De Cuyper; Euterpe, de Ducaju; Apollon, 
Thalie et Uranie, de J. Geefs; Melpomène, de Van Arendonck, et Clio, de Louis De Cuyper. 



- i3 4 - 

Les bustes des compositeurs et littérateurs placés dans les niches au-dessus du fronton des fenêtres, 
ont été exécutés par Ch. Geerts et F. Govaerts. 

En .863 l'intérieur de la salle et le foyer ont été considérablement agrandis sous la direction de 
M. Daens, architecte de la ville. 

Théâtre des Variétés. - Après la démolition de l'ancienne salle de spectacle, ce théâtre qui ne 
devait être que provisoire, fut bâti par une société d'actionnaires sur le cimetière de l'ancienne église de 
Saint-Georges. Aujourd'hui on y donne des représentations flamandes. 







Le Théâtre Royal. 



Au Carnaval et lors de grandes fêtes, les salles réunies sont transformées en une immense salle de 
bal, éclairée par des milliers de becs de gaz et d'un aspect féerique. 

Alhambra. — Avenue De Keyser. Petit théâtre élégamment décoré. Bals à la Kermesse, au Carnaval 
et à la Mi-Carême. 

La Scala, rue Anneessens, où des artistes de tout genre et de tous les pays font entendre des 
chansonnettes, des duos, — exécutent des tours de gymnastique, d'équilibre, d'acrobatie, etc. On y voit des 
attractions de toute espèce. — Des représentations du même genre se donnent au Palais Indien, avenue 
De Keyser, et à I'Eden-Café, rue Brcydel, dont la décoration, respectivement indienne et mauresque, mérite 
l'attention. 






- 135 - 

Théâtre National. - Que les étrangers veuillent bien ne pas s'y tromper : à Anvers, théâtre 
national veut dire, et à bon droit, théâtre flamand. II est situé place de la Commune et est de date encore 
récente. M. Dens en est l'architecte et il a édifié un vrai monument qui mérite, à tous égards, d'être visité 




quand bien même on ne comprendrait pas la langue des Conscience et des Van Ryswvck. Le foyer en 
style renaissance flamande, est véritablement une œuvre superbe. 

Ce théâtre est desservi par une troupe qui y interprète le drame, la comédie et le vaudeville. Quelques 









— i36 — 

musiciens, Pierre Benoit, Alexandre Fernau et F. Martens y ont fait représenter, avec succès, des drames 
et des œuvres lyriques remarquables. 

L'Eldorado, qui jusqu'en ces derniers temps était l'établissement le plus couru dans le genre des 
spectacles-concerts, a perdu beaucoup de son ancienne vogue par suite de l'ouverture de la Scala. Il se 
trouve rue Van Wezembeke (prolongement de la rue passant devant la gare, au nord). La décoration est 
simple. Dans ces environs se trouvent encore quelque locaux de moindre importance : tels le Palais Rubens 
et le Thalia, le rendez-vous des servantes, des modistes et de leurs amoureux; on y danse surtout le 
dimanche : pas précisément à visiter en compagnie de dames. La salle d'EL Bardo (marché Saint-Jacques), 
à proximité du Théâtre flamand, -- très jolie salle avec jardin d'hiver, — n'est ouverte que par intervalles. 
Le Carnaval est le prétexte à des bals monstres dans tous les locaux déjà nommés. 

Les rues -Van Schoonhoven et de la Station comptent encore une foule de cafés-chantants (voire 
beuglants), de moindre importance. — A l'avenue De Keyser plusieurs brasseries allemandes se sont 
établies: la Flora (ouverture en été t885), à côté de la Scala, le café de Strasbourg (orchestre de dames), 
le Rathskeller, la Brasserie Pschorr, etc. (ces dernières très originalement décorées), méritent la visite du 
visiteur français. 

Le grand bâtiment rond à droite de l'avenue Wappers, est le Panorama de la bataille de Waterloo, 

de Charles Verlat. 

Ce panorama est remarquable entre tous, en ce qu'il inaugure un genre nouveau appelé à faire 
sensation dans l'histoire de la peinture combinée à la sculpture. Cette toile immense fut terminée en cinq 
mois (1881). Elle a une superficie de 120 mètres. Sa hauteur est de 10 mètres. Les groupes principaux, 
hommes et chevaux, sont de grandeur naturelle. Les chevaux lancés au galop sont surtout d'une vérité 
surprenante. 

Le Parc. — Bien que n'ayant qu'une étendue de 12 hectares, le Parc, arrangé avec beaucoup de 
goût, est remarquable. Il occupe l'emplacement de l'ancien fort d'Herenthals, disparu lors de l'agrandissement 
de la ville. C'est l'œuvre de M. Keilig, l'architecte de jardins qui a dessiné les plans du Bois de la 

Cambre. 

Les masses de verdure sont si bien disposées, l'arrangement de l'ensemble est si ingénieux, qu'à 
certains endroits on se persuade difficilement que cette œuvre d'art couvre un espace si restreint. 

Il y a dans le Parc un joli kiosque, où il y a fréquemment des concerts durant la belle saison. 
Jardin de la Société Royale de Zoologie — (dierentuin) , fondé en 1843, compte parmi les 
établissements les plus remarquables dans ce genre. Le bâtiment au grand escalier contient dans la salle 
supérieure un cabinet d'histoire naturelle (à remarquer un pigeon voyageur porteur d'une dépêche de guerre 
de Paris 1870) ; puis le palais des singes ; à côté, une laiterie. Suivent les kanguroos, les oiseaux de proie, 
les phoques, et l'habitation des grands pachydermes : rhinocéros, hippopotames et éléphants, auxquels on a 
ajouté des girafes et des zèbres. Ce bâtiment en style égyptien, est particulièrement remarquable. Dans 
le fond du " jardin un panorama de la bataille de Wôrth par Alf. Cluysenaer. On retourne par l'autre 
partie du jardin vers le palais des carnassiers; près de là un joli restaurant. Le pavillon suisse est 
l'habitation du directeur. 

Entrée 1 fr. En été concerts les dimanches , mardis et jeudis soir. Les repas des carnassiers ont 
lieu à 5 heures (en hiver à 4 heures) ; ceux des phoques à 1 1 heures et à 4 heures (hiver à 3 '/» heures). 
Les grands animaux ne sont visibles que jusqu'à la tombée de la nuit (7 heures du soir). 
En mars et septembre de grandes ventes ont lieu. 
Le Jardin Botanique. — Rue Léopold. 

Le jardin botanique est un des plus beaux et des plus complets que nous connaissons. Les classifications 
y jsont établies avec un soin et un ordre admirables. Le directeur du jardin, M. le docteur Van Heurck, 
un savant botaniste et un micrographe distingué, s'occupe avec un soin tout particulier des belles collections 
de plantes étrangères. 

La Pépinière. — En partant de la Nouvelle Banque et en suivant la chaussée de Mahnes, on 
arrive à la Pépinière, agréable promenade où l'on fait aussi de la musique en été. Jadis, on y exécutait les 
criminels, mais sous le premier empire, on en fit une promenade publique. 

Société Royale d'Harmonie. - Près de la Pépinière. Jardin d'été et salle de concerts d'une Société- 
particulière, qui se consacre à l'étude de la musique. 

Cercle Artistique, Littéraire et Scientifique. — Rue d'Aremberg. Concerts^ d'été le dimanche 






jinii»*' 
















— 138 — 

à midi et demi, le lundi et le vendredi soir, concerts d'hiver, conférences, expositions de tableaux cabinet 
de lecture. Les étrangers sont admis sur la présentation .d'un membre actionnaire. 

En son genre, c'est incontestablement le nrpmipr r*^ a a 
activité ensuite. U n'y a guère de conférencier cZT^* p^^ïï '«^ ™ 
chanteurs et instrumentistes, s'y font entendre Deux section , Tous les grands musiciens, 

grandes œuvres de Beethoven, "le Haydn de Gounod le lT ? T^' * ^^ * 

de presque tous les artistes de la villef y organise au mÔL une Ïl .T ^^ '" 

d'art auxquels participent non seulement ie/ membr s d ' a dhe si™ 7aï el^ff ^ "T 
artistes étrangers a la ville. Ces expositions ont produtt les Z^2 pT saZsams S ° UVem ^ 

La grande salle du Cercle artistique et littéraire est une v<W=,w -n ^ 

au moins ont voulu la rendre digne de' la métropole des a^ VelUe ' ^™^ *^ 

Dans le pourtour de la salle des conférences se trouvent vinet six ra „„„„ • , 

on véritable musée. Ce sont les portraits en pied, de o T andëur a^el de lus e , ' '"' « T "** 

de Gretry, par de Meerseman, d'Edelinck, par A De Wilde de c,„J XI . ' P ' 

Vésale, par A. Fraustadt, de Mercator, p.- 'g. Gufferl, TpJtyn ^ ? %±£ T» T^ 
par Kremer, de Quentin Metsys, par H. Leys, de Marnix de SaiiJ-Al/egonde, pa T Marke bach dCna 
Beyns, par F. Pauwels, de Van Ockeghem, par C. Soubre d'Ortelius r,» r i « Mmielb ^ ■ d Anna 
Tuerlinckx, deD. Segers, par Van Havermaet, de ^ThIT^Z^T^ ^7 Z 

En dessous de toutes ces figures en pied, grandeur nature, sont accrochés une soixantaine de tableaux 
histoire, genre, manne, nature morte et paysage, dus au pinceau de tous les artistes envers de 
quelques-uns de leurs confrères du pays et de l'étranger. 

fois par" semaine.^" ^ d ' a, ' breS SéCUlai '' eS "' a " Cnant *" ^ « ''°" ? &it de la "«*»» deux 
La Concorde. - Elle est établie dans son hôtel au coin de la place de Meir et du Remuât! 
Satnte Cathenne. Local splendide, aménagement somptueux, elle est le rendez-vous de l'atttoc at.e " du 
haut commerce. On y trouve une très grande quantité de journaux et de revues de tous Tel pays Là 
aussi bien du reste que dans tous les autres cercles anversois on est reçu sur t , 

memh^et autortsé a fréquenter les locaux pendant un espace l tern^l ZÏ F^^l 

Mentionnons encore le Cercle Catholique place de Meir, et la Loge Maçonnique, les deux extrêmes 
Le premier est une société calquée sur le patron du Cercle artistique et littéraire; mais avec d'autres tenlnc ' 
On y donne des conférences et on y fait de la musique. aunes tendances. 

Ce cercle compte un nombre considérable d'adhérents. 

La loge La Persévérance et les Amis du Commerce est située Longue rue du Mai, 25. Elle tient ses 
assemblées tous les lundis. " . -J- eue tient sls 

habitant" A C nv!ret DES f WALL ° NS - ^ "* * ** S P édakment " éé ?™ établir des relations entre les Wallons 
habitant Anveis et entre ceux-ci et ceux des autres provinces. 

Le Cercle des Wallons est heureux d'ouvrir ses portes aux sociétés d'harmonie, de chant et autres 
visitant notre métropole commerciale. 

désirera "visner A tf Ce, ' de T ^ ^^ "" P laisir de se ™" re à 1- disposition des sociétés qui 
ou 7e 7 d ° nnerdes ^erts;ces sociétés sont invitées à s'adresser à la Direction 

le ' i erZri S - H renSe,8nementS "^ * *"' ta ™* de se ™« re à ^ ****» pour 

Ïifoit d'Anve, Z'' S "—T édlfeeSet CUri0S " éS 3inSi ^ d " — " — »- -""mes 

qui loin a Anvers le premier port du Continent. 

la RuCHE C WAL d LONL S ° Cié 1 ^u^l " ^ "" ^^ est ™» " {on ^ a 7 a ^' *»I» 

espérer te lyenT ' ^ >" "" Pa ''' ie t0US '" Wa "° nS ^^ « "» ^ "< 

Le Sport A.versois, qui occupe le premier étage au Café Français, e, qui a introduit parmi nous 



le patinage à roulettes. On y fait du canotage, sur l'Escaut bien entendu, et des armes chez l'un des 
membres du Cercle, M.V.D.A., un tireur qui pourrait se mesurer avec les Pons et les Gâtechair 

Nous ne parlons pas de bon nombre d'autres cercles, attendu qu'ils n'offrent rien d'intéressant pour 
les étrangers qui visitent la ville d'Anvers. 



HOTELS, RESTAURANTS, ETC. 

«a, ■ HÔT1 ; LS ' 7 H6tel Saint - Antoine . P' a « Verte, 40. - Hôtel de l'Europe, place Verte, 28. - Grand 
Hôtel, rue Gérard, 2. - Hôtel du Grand Laboureur, place de Meir, 2 6. - Hôtel de la Paix, rue des Menui- 
sier^; Propriétaire : Colin, - Hôtel des Flandres, place Verte, 0. - Hôtel du Grand Miroir, Vieux marché 
ati Blé, 58. - Hôtel du Commerce, rue de la Bourse, 10; même propriétaire que l'Hôtel de la Paix - 
Cheval de Bronze, marché au Œufs, 3.. - Hôtel du Courrier, rempart du Lombard, 5 2 . - Hôtel de la 
Couronne, rue des Israélites, 6. - Ancre Couronnée, marché au Lait. - Hôtel du Nord Grand'Place 22 
-Fleur d'Or, ruelle des Moines, près de la place Verte; les derniers à des prix avantageux - Hôtel du 
Rhin (tenu par Th. Krutwig). - Hôtel d'Angleterre (anglais), au quai Van Dyck. - Hôtel de Hollande 
rue de 1 Etuve, 2. — Hôtel Svea, rue Nassau. 

Prés de la Gare de [Est. - Hôtel de Londres, Hôtel Fritze, Hôtel de Strasbourg, Hôtel du Chalet 
Hôtel des Trois Suisses, Hôtel Pschorr, tous situés à l'avenue de Keyser ; Cour Flamande rue de là 
Commune. Dans beaucoup d'autres cafés et estaminets des environs de la Gare on peut obtenir des chambres 
Un logement pareil n'est pourtant pas toujours à recommander. 

Restaurants. - A l'intérieur de la pille. - Bertrand (Bodin successeur), place de Meir 1, 
De Gtve, place de Meir, 25. Rocher de Cancale, rue des Douze-Mois (la rue qui conduit de la place 
de Meir a la Bourse). Rheingau , tenu par Schubert, même rue. Au Printemps, rempart Sainte 
Catherine, 74. Taverne Alsacienne, place Verte. Taverne Crets, même place, au coin de la rue Nationale 
Central Bierhalle (H. Wolff), Courte rue Neuve, 46. Grande Fontaine, Courte rue des Claires, près de la 
Bourse. 

A la Gare de l'Est. — Hôtel de Londres (bières anglaises), Taverne Saint-Jean, Café Rubens. tous 
à l'avenue de Keyser. 

Les amateurs d'huîtres, de poisson, de moules (spécialité anversoise ) s'adresseront au Nieuw 
Loodshuis, canal Saint-Pierre, et à la Croix Blanche, place de la Comédie, près du Théâtre Royal. En 
outre les Hôtels susnommés sont aussi à recommander comme restaurants. Parmi les Hôtels de second 
rang le Cheval de Bronze jouit d'une faveur particulière. 

Brasseries, etc. — Les Brasseries sont nombreuses tant à l'intérieur de la ville qu'aux environs de 
la Gare. Nous nous contenterons par conséquent de nommer, en ville, la Central Bierhalle (H. Wolff) 
Courte rue Neuve, 46, la Brasserie Pschorr. luxueusement ornée, le Antwerpener Rathskeller (décoration 
originale), à l'avenue De Keyser, et le splendide local des Trois Suisses, rue Anneessens, à côté de la 
Brasserie Pschorr. Pour la bonne bière d'orge on fera bien de visiter le Nachtlicht, rue du Ga=e à côté 
de la Poste. a ' 

Vins et Liqueurs. _ Bodega, marché aux Souliers; Gilbert, Pont de Meir, Schiedam de Hollande 
véritable; dans la Maison Hanséatique, du côté du Petit bassin, se trouve un petit local très original où 
se débite du vieux vin d'Oporto et du Schiedam; Boonekamp, place de Meir, débit de la liqueur du 
même nom, spécialité anversoise. 

Cafés. — Café de l'Empereur, place de Meir, 19; Grand Comptoir de la Bourse, rue de la Bourse 
(journaux français et autres); à la place Verte: Café Suisse et Café Français; à l'avenue de Keyser ; 
le Café Vénitien. 

Pâtisseries. — Meurisse, marché au Œufs, 5o ; F. Blumer. Grand'Place, 47; E. Calliau, rue au 
Sucre, 2. 

Bains. — Bain Royal, rue Reynders, près de la place Verte; Bains Saint-Pierre, rue Van Noordt 
près du Parc, ainsi que dans les principaux hôtels. Le bassin de natation de la ville (public) se trouve 
rue Bréderode, sur la ligne du tramway de la rue Nationale. A cause de la navigation on n'a pas établi 
de bains dans l'Escaut. 






I 






J 



que, et qu: 
sont reliés 
vers le sud 
avec le pli 



us 



QUAIS ET BASSINS 

L'activité croissante du port et par conséquent, l'accumulation de richesses, ont obligé l'administration 
communale à agrandir considérablement les installations maritimes. Depuis que Napoléon I er , en 1804, 
construisit au prix de i3 millions de francs, les deux docks qui se trouvent de chaque côté de la Maison 
Hanséati- la réussite 

de ces ef- 
forts, le pays 
entreprit la 
reconstruc- 
tion entière 
des quais 
et, par cette 
dépense gé- 
néreuse et 
prévoyante, 
tous les im- 
menses 
avantages 
naturels du 
fleuve fu- 
rent utilisés. 
— La dé- 
molition de 
le citadelle 
du Sud 



grand des 
anciens bas- 
sins et vers 
l'ouest avec 
le fleuve, on 
a construit 
trois autres 

grands 
docks, le 
bassin aux 
Bois, le bas- 
sin de la 
Campine et 
le bassin du 
Canal. En- 




Noitveau Bassin du Kattendyk. 
courage par 

ajouta un tiers aux rives disponibles du fleuve; et le nouveau mur des quais, qui rend le courant plus 
étroit et plus profond, présente une longueur de 3Goo mètres, ce qui permet aux vaisseaux du plus grand 
tirant d'eau 
de déchar- 
ger leurs 

. marchandi- 
ses sur des 
quais d'une 
largeur de 
100 mètres, 
et de les 
transborder 
en wagons, 
le chemin 
de fer lon- 
geant le 
fleuve sur 
toute l'éten- 
due des 
quais. 
Cette en- 
treprise 
considéra- 

vreux et Hersent sous la direction de M. l'ingénieur de Mathys, a coûté environ 80 millions de francs. Comme 
nous le disons plus haut, il a une longueur de 3 */ a kilomètres sur 100 mètres de large. Pour obtenir cette largeur 
on a démoli près de Goo maisons. Sa hauteur est d'environ 20 mètres et sa largeur, à la base, de 7 mètres. 




Le grand Bassin 



, I 



Il est divisé en quatre par- 
ties : d'abord une voie ferrée longe 
le fleuve et sert à transporter d'un 
bout à l'autre des quais, les grues 
à vapeur employées au déchar- 
gement ou au chargement des 
navires. Des hangars, servant à 
abriter provisoirement les mar- 
chandises , forment la seconde 
partie, et s'étendent sur la presque 
totalité des quais. 

Derrière les hangars se trou- 
vent les voies du chemin de fer, 
raccordées aux gares, et qui per- 
mettent de charger et de décharger 
les marchandises au quai même, 
sans perte de temps. Une grille 
sépare cette partie de la grande 
rue de roulage, large et com- 
mode, et s 'étendant à perte de vue. 

Le coût total des installations 





A bord du navire. 

Cui Tagus et Ganges, Rhenus cui servit 

et Indus, 
Huic famulus gaudet volvere Scaldis 

aquas ; 
Qitasque olim proavo vexit sub Cœsare 

puppes, 
Has vehit auspiciis, magne Philippe t tuis. 
S. P. Q. Antwerp. hanc molem dedic. 
XVII. cal. Maji MDCXXIV{*). 
Dans ces travaux se trouvent com- 
pris le nouveau triple dock de baltelage 

(*) Pour celui à qui le Tage et le Gar-.ge, le Rhin 
et l'Indus obéissent, l'Escaut roule joyeusement ses ondes 
obéissantes. En. comme il a porté les ïlcites sous ton aïeul, 
l'Empereur, il les porte aujourd'hui sous te; auspices ô 
grand Phi'ippel 



Canal ai.x Chs.rtcns, ce mb lé lors de la rectification des quais. 

reviendra à près de cent millions. Les 
grands vapeurs des lignes régulières 
ont leur embarcadère au quai même. 

La vue pittoresque qu'offrait la 
ville, vue du fleuve, est changée du 
tout au tout par suite de ces rema- 
niements. On n'a gardé des vieilles 
constructions bordant l'Escaut que la 
Porte de l'Escaut, que l'on a pourtant 
transportée un peu plus à gauche de sa 
place primitive, et le Steen. 

La porte de l'Escaut, transpor- 
tée au quai Plantin, fut érigée en 
1624 en l'honneur de Philippe IV, 
d'après les plans de Rubens, avec 
sculptures de A. Quellin, le solennel 
auteur de la flatteuse inscription : 




Le départ. 



- 142 - 

occupant une partie de l'emplacement de l'ancienne citadelle du Sud, et destiné aux bateaux d'intérieur. — Ces 
docks remplacent les vieux canaux. 

La citadelle du Nord qui jusqu'à ce dernier temps était considérée comme indispensable à la défense 
de la ville, est également en voie de se transformer en docks à l'usage des navires employés pour le 
transport des pétroles. 

Le port est desservi par un grand nombre de grues hydrauliques, et il possède une longue suite de 
vastes hangars pour remiser les marchandises. On se propose d'éclairer les ' quais par l'électricité. Les 
énormes bâtiments pour l'emmagasinage des marchandises, qui constituent l'Entrepôt Royal, se trouvent à 
l'extrémité des anciens docks, vis-à-vis de là Maison Hanséatique; et, à quelques pas au nord, se trouve la 
grande gare de Stuivenberg, qui réunit toutes les lignes de chemin de fer des docks et des quais. 

Anvers a une correspondance régulière avec presque tous les grands ports du monde. 




Le « Westem'and » du Red Star. 



Parmi les grands paquebots transatlantiques, ceux de la « Red Star Line » faisant le service entre 
Anvers et les Etats-Unis, méritent surtout d'être visités, tant à cause de leurs dimensions extraordinaires 
que de leurs installations luxueuses. 

Parmi toutes les sociétés de navigation d'Anvers, la Société anonyme de Navigation Belge-Américaine 
(Red Star Line) occupe incontestablement le premier rang, tant par l'importance de son trafic que par sa 
flotte. La ligne fut fondée à Anvers en 1872, par des capitalistes américains et belges, principalement de 
la Maison Von der Becke et Marsily qui en a aussi la direction en Europe. Par suite d'un contrat avec 
le Gouvernement Belge pour le transport de la malle, elle organisa 2 services, d'Anvers vers New-York 
et d'Anvers vers Philadelphie; le premier est hebdomadaire, le second mensuel. La flotte de la Compagnie 
se compose des paquebotes suivants : 



— 143 — 
Pour le service de New-York : 

Westernland 5735 tonnes 

Noordland 5212 » 

Waesland j_y5 3 » 

Pennland ....... 3759 » 

Belgenland 36g2 » 

Rhynland 3692 » 

Pour le service de Philadelphie et la réserve : 

Zeeland 2866 tonnes 

Nederland 2839 » 

Switzerland 28 16 

Vaderland 274S » 

Tous ces paquebots sont de première classe et emménages spécialement 

pour les transports de passagers. Pendant les cinq dernières années, la ligne a 

transporté en moyenne, annuellement, environ 36. 000 passagers et environ 

230.000 tonnes de marchandises : ces chiffres permettent de juger de l'importance 

de son trafic. 

Notre gravure représente le paquebot « Westernland » dont le modèle a 

figuré à l'Exposition. C'est un quatre- 

mâts,à 2 cheminées, construit en acier, 

à 4 ponts et 8 compartiments étancbes. 

Il mesure 455 pieds de letrave à le- 

tambot, sur une largeur de 47 pieds 

et une profondeur de cale de 35 pieds 

et 2 pouces et peut prendre environ 

5ooo tonnes (5. 000. 000 de kilos) de 

chargement. La machine développe 

4000 chevaux de force indiqués. Les 

chaudières , au nombre de 4 , ont 

ensemble 24 foyers. Le bateau est 

pourvu de la lumière électrique et 

réunit les dernières découvertes dans 

l'art de la construction navale. Le 

paquebot porte i36 passagers de ca- 




vnyaçe 





Le débarquement. 



V arrivée. 
bine et 1 200 d'entrepont, donc environ 1 5oo personnes en y comprenant l'équipage. 

Près du Steen se trouve l'embarcadère flottant des vapeurs faisant ie 
trajet d'Anvers à Tamise et Rupelmonde en une heure 1/2 environ, et Boom; 
voyage très agréable et à un prix très modéré. Tout auprès de l'embarcadère 
on a établi, au-dessus des hangars, un large promenoir d'où l'on a une belle 
vue sur le mouvement du fleuve. Descendant le quai on se trouve près de 
l'entrée des bassins, fermée par des écluses, la différence entre les marées haute 
et basse étant encore de 4 mètres. 

Par son décret du 26 juillet i8o3 Napoléon I er déclara Anvers le premier 
port militaire des côtes du nord de l'Europe. 

Le petit bassin a 175 mètres de long sur 147 de large, et peut contenir 
100 bâtiments de moyenne grandeur; le grand bassin a 402 mètres de long sur 
173 de large et peut contenir 25o navires. Au bout d'un certain temps ces bassins 
devinrent néanmoins insuffisants. En 1839-60 on creusa, aux frais de la ville, le 
bassin du Kattendyk, de 700 mètres de long sur 100 mètres de large, qui com- 
munique avec l'Escaut par une écluse de 23 mètres de large, et avec le grand 












I 



— 144 - 

bassin par le Bassin de jonction, construit en 1869. Aux bassins déjà nommés viennent se rattacher les bassins au 
Bois, de la Campine, et le bassin du canal, terminés en 1878, et de dimensions à peu près égales. La superficie 
totale de ces bassins est de 40 hectares : celles des quais qui les entourent de 4 kilomètres. En cours de 
construction nous voyons les bassins Africa et America que l'on creuse sur les terrains occupés naguère par 
la citadelle du Nord. Ce sont MM. Casse et Hoîtat, de Bruxelles, qui se sont chargés du travail, pour la 
somme de 5,787,000-francs. Les travaux, commencés le 1 août i883, devront être terminés le 1 août 1886. 



Un réseau de lignes 
du chemin de fer, em- 
branchés à l'infini, per- 
met le chargement im- 
médiat des marchan- 
dises. De nombreux 
trains de marchandises 
sont en route jour et 
nuit. N'oublions pas 
les grandes et belles 
cales sèches situées à 
l'est du bassin du Kat- 
tendyk, qui ne man- 
queront pas d'intérêt. 

Résumons, pour en 
finir la première partie 
de notre travail, les 
résultats des grands 
efforts, qui ont été faits 
pour le développement 
de la magnifique capi- 
tale commerciale. 

A côté de voies de 
communication larges 
et aérées, de boulevards 
grandioses bordés de 
constructions élégantes, 
on voit s'établir des 



places publiques énor- 
mes, se dessiner des 
parcs admirables et des 
squares nombreux. 

Le pavage et les 
alignements des rues se 
sont améliorés; de nom- 
breux travaux d'égouts 
et de collecteurs ont 
assaini la ville, dotée 
depuis peu d'une dis- 
tribution d'eau. 

Le service de la 
voirie réorganisé a reçu 
des extensions considé- 
rables. Des appareils 
spéciaux opèrent au 
moyen du vide, l'enlè- 
vement des vidanges 
sans qu'il puisse en ré- 
sulter d'inconvénients 
pour les habitants, ni 
de dangers pour la sa- 
lubrité publique. Un 
vaste bassin de natation 
à ciel ouvert, très bien 
tenu, alimenté par l'eau 
de l'Escaut périodique- 
ment renouvelée, est mis à la disposition de la population. De nouveaux^quartiers se sont créés. Les rues 
insalubres et malsaines, les ruelles infectes disparaissent peu à peu sous le marteau des démolisseurs. 

La liberté de navigation de l'Escaut, le développement des voies ferrées vers l'intérieur, le perfection- 
nement des installations maritimes, le recul de la ceinture des fortifications qui enserrait la population, 
ont permis à la ville d'Anvers de reconquérir largement la place qu'elle occupait, au point de vue 
commercial, à l'époque de Charles-Quint. 

Son port est aujourd'hui le premier du Continent. 




La Porte de l'Escaut, 




lr p ART!E 



LES PAYS REPRÉSENTÉS 



A 



L'EXPOSITION UNIVERSELLE 

D'ANVERS 



LES ORIGINES DE L'EXPOSITION, LE PARC 



ET LES 



HALLES DE L'INDUSTRIE 



1 



L'Exposition Universelle d'Anvers 




SES ORIGINES 



es grandes manifestations industrielles, commerciales 
et artistiques, connues sous le nom d'Expositions, n'ont 
fait leur apparition qu'à la fin du siècle dernier. Et 
encore ne peut-on compter à cette époque, comme 
pendant toute la première moitié du siècle actuel, que 
quelques timides essais, à programmes restreints, 
n'embrassant, le plus souvent, qu'une des branches du 
génie humain et surtout ne s'adressant toujours qu'à 
un seul pays. 

C'est la seconde moitié du xix e siècle qui a eu 
l'honneur de développer ces grandes luttes pacifiques 
et d'appeler les industriels, les commerçants, les artistes 
de tous les pays à mettre, vis-à-vis les uns des autres, 
les produits de leur activité, de leur génie, pour 
permettre la comparaison. Ces grandes assises inter- 
nationales se reproduisent maintenant à intervalles de 
plus en plus rapprochés et il n'est guère de pays où l'on n'en 
ait vu s'ouvrir. Le Nouveau Monde aussi bien que l'Ancien s'est 
lancé dans cette voie et des villes d'Australie même, Sydney, 
Melbourne, qui comptent à peine cinquante années d'existence, 
ont réussi r à faire traverser les mers aux produits européens 
pour venir s'exhiber chez elles. 

Le Nouveau Monde, lui, est habitué à mettre en pratique 
la devise italienne et à « faire par soi-même » ; mais l'Ancien n'a pas encore su 
secouer le joug de la tradition en développant l'initiative individuelle : dans bien des 
circonstances, il s'en remet à l'Etat du soin de certains intérêts publics, de certaines 
organisations. 

Cela est vrai notamment pour ce qui concerne les Expositions et il serait téméraire 
de soutenir qu'elles pussent se passer du concours officiel et direct des gouvernements. 
Aucun exemple d'ailleurs ne permet de l'affirmer ; l'Exposition d'Amsterdam 
elle-même, qui a montré sous ce rapport plus d'indépendance et peut-être plus de 
témérité que toutes les Expositions antérieures, a cru nécessaire à son prestige et à 
son succès de demander le concours officieux de l'Etat et d'aucuns pensent qu'un 
concours officiel eût encore augmenté l'un et l'autre. 






I 









A Anvers, le concours de l'Etat a été mieux entendu et plus complet. Le gouvernement, prenant hautement 
le patronage de la tentative faite par quelques-uns de ses nationaux, a convié officiellement tous les peuples à 
venir exposer leurs produits dans la métropole commerciale de la Belgique. 

Aussi le succès a-t-il été éclatant et incontestable. 

Il reste donc établi, jusqu'à preuve du contraire, que pour réaliser une œuvre aussi colossale que celle 
d'une Exposition universelle, l'initiative privée a tout intérêt à s'assurer du patronage de l'Etat et du concours 
des forces diplomatiques, administratives et financières dont l'Etat seul dispose. 

L'exposé de la façon dont l'idée d'une Exposition à Anvers a été conçue, s'est développée et a été 
conduite à bien, prouvera ce que nous venons de constater. 

L'achèvement des ouvrages maritimes entrepris immédiatement après le rachat du péage de l'Escaut, 
rachat auquel tous les gouvernements étrangers coopérèrent, et l'inauguration des nouveaux quais, annoncée 
pour l'année i8S5, firent naître dans le dernier semestre de iS83 l'idée de montrer au monde entier ces magni- 
fiques ouvrages, résultats des prodigieux efforts accomplis dans ces derniers temps et qui font du port d'Anvers 
l'un des plus importants et des mieux outillés du globe. 

Les nombreux sacrifices que la Ville et le Pays s'étaient imposés pour améliorer le port d'Anvers, sem- 
blaient des raisons suffisantes pour que les Anversois conviassent le monde entier, par des festivités de longue 
durée, à venir juger de la valeur de leur belle rade. 

Mais il fallait, pour obtenir le résultat voulu, attirer à Anvers, non ssulemmt le mouvement des visiteurs 
habituels, mais aussi les négociants étrangers, les producteurs de tous les pays : le programme ordinaire des 
réjouissances usitées pour les grandes solennités ne pouvait convenir en de semblables circonstances. 

Le but que l'on se proposait, généreux au point de vue belge, devait être étendu, ennobli pour ainsi dire, 
en associant directement à nos joies et à nos triomphes, tous les peuples amis que l'on convierait dans nos murs. 

C'est ainsi que naquit la première conception d'une Exposition internationale à Anvers. 

Le 25 juillet i883, trois hommes se réunissaient qui s'étaient rencontrés dans cette idée, MM. E. Colinet, 
F. Gittens et J. L. Hasse, et jetaient les bases de l'affaire qui allait, à partir de ce moment, devenir l'objet de 
leurs préoccupations constantes. 

Quinze jours après, le 9 août, les premières études ayant déjà débarrassé l'idée de ses langes, M. Gittens 
en parlait pour la première fois à M. de Wael. L'honorable bourgmestre d'Anvers comprit immédiatement tout 
ce que la ville, dont il dirige les destinées, pourrait tirer d'honneur et de profit de l'installation d'une exposition; 
il se montra très favorable au projet qui lui était soumis et promit son appui et son concours. 

Le choix du terrain était la première chose dont l'examen s'imposait. Les promoteurs du projet avaient 
jeté les yeux sur les terrains de la Compagnie du Sud et étaient entrés en pourparlers avec M. de Keyser, le 
Directeur de cette Société. Celui-ci accueillit leurs ouvertures et, dès le 25 août i883, leur écrivit que les terrains 
choisis, — ceux sur lesquels s'élève aujourd'hui l'Exposition, — étaient à leur disposition moyennant des condi- 
tions qu'il leur indiquait. 

Les promoteurs de l'Exposition avaient compris, dès le premier jour, que le succès de l'œuvre qu'ils avaient 
entreprise ne pouvait être dû qu'au concours de tous. Aussi, tout en poursuivant leurs études, allaient-ils 
exposer leurs projets à tous les hommes que leur situation et leur intelligence ont placés à la tête de la population 
anversoise. Il ne pouvait être question de divisions de partis ; il s'agissait de l'honneur et de la prospérité de la 
cité, on ne pouvait rencontrer que de bonnes dispositions. 

C'est le lendemain que le public eut connaissance pour la première fois de ce projet par un article 
publié dans ÏOpïnion d'Anvers. 

Les démarches continuèrent et les personnalités qui avaient été consultées commencèrent à s'intéresser à 
l'idée et à examiner ses chances de réussite. Le 25 septembre, M. Koch se rend à Amsterdam pour visiter l'Ex- 
position et étudier les détails de son installation ; le 6 octobre, M. Lynen fait à son tour le même voyage dans le 
même but. 

Les derniers mois de l'année i883 furent consacrés à ces études et à ces pourparlers. Naturellement comme 
dans les commencements de la réalisation de tous les projets, on n'alla pas sans rencontrer quelques obstacles. 

A première vue, l'idée d'une Exposition universelle paraissait très simple et ne rencontrait, en principe, 
que des adhésions ; mais l'on était, à bon droit, effrayé lorsqu'on envisageait toutes les difficultés d'une entreprise 
aussi vaste ; aussi, dans les premiers moments, sembla-t-on devoir reculer devant la réalisation de ce projet. 

De tous côtés on objectait la fréquence des Expositions dans les dernières années et le grand nombre de 
celles que l'on préparait en ce moment. 



— H9 — 
L'Exposition d'Amsterdam datait d'hier ; Londres, Edimbourg, la Nouvelle-Orléans, Turin, Buda-Pesth, 
Nuremberg, Kœnigsberg organisaient la leur. Déjà l'on annonçait celle de Madrid, et l'on commençait à parler 
■de l'Exposition du Centenaire de Paris! 

La date de j 885 s'imposait. En effet, l'Exposition Universelle d'Anvers devait concorder avec l'inaugura- 
tion des travaux gigantesques qui en avaient fait naître l'idée et dans le courant de cette année, les nouvelles 
installations maritimes allaient être entièrement achevées. 

De plus, une occasion unique s'offrait d'avoir dans l'enceinte de la ville, à proximité de ces mêmes 
■installations, un espace exceptionnel, facilement accessible par de larges avenues, des rues bien tracées et de 
nombreuses voies de tram ; en effet, à quelques pas du grand fleuve s'étendaient des terrains de plus de 3o hec- 
tares, laissés libres par la démolition de la fameuse Citadelle du Sud, et dont il fallait disposer sans retard, 
le développement rapide des constructions privées dans le nouveau quartier du Sud, faisant prévoir qu'ils ne 
sauraient être plus longtemps disponibles. 

Enfin, en i885 également, la Société royale pour l'Encouragement des Beaux-Arts ouvrait son Salon 
'triennal qui serait transformé en Exposition Internationale. 

La date de i885 fixée, il fallait se mettre immédiatement à l'œuvre. 

Un Comité provisoire se forma au mois d'octobre i883 et s'adressa immédiatement au ministère pour 
demander en faveur de l'entreprise l'appui du Gouvernement. 

Il s'agissait en effet d'obtenir du Ministère des Affaires étrangères de signaler aux Gouvernements étrangers 
l'Exposition d'Anvers et de les inviter à y prendre part. 

D'autres départements ministériels devaient aussi faciliter la tâche des organisateurs, — sans imposer de 
charges aux contribuables, — en nommant un Commissaire du Gouvernement qui aurait à se charger, comme cela 
avaUété fait aux Expositions antérieures, de l'organisation de la Section belge, — en accordant la franchise postale 
dans le rayon des postes belges et en faisant divers travaux de raccordement aux voies ferrées qui devaient relier 
les terrains choisis à la gare du Sud. 

Le Comité s'adressa également au Gouvernement pour obtenir sur les lignes de l'Etat une réduction de 
jo ■>/. sur le prix de parcours, en faveur des Commissaires de l'Exposition, des Membres du Jury, etc., tant belges 
qu'étrangers. 

Le Comité provisoire de l'Exposition, reçu le 20 octobre dernier en audience par M. le Ministre des 
Affaires étrangères, lui exposa verbalement l'objet de ses démarches. La lettre suivante, adressée quelques jours 
plus tard, résume les demandes faites à l'audience en question. 

Anvers, le 3o Octobre iS83. 



Monsieur le Ministre 



Les soussignés ont l'honneur Je vous exposer, comme suite à l'audience que vous avez bien voulu leur accorder le vingt de ce 



rnationale maritime, 



mois qu'ils ont conçu le proje, d'organiser à Anvers, dans le courant de l'année iSS5, une exposition 

industrielle et commerciale et qu'ils viennent demander pour cette entreprise le patronage officiel du Gouvernement et son intervention 



efficace dans les mesures suivantes : 

Le Gouvernement belge signalerait l'Exposition d'Anvers 



Gouvernements étrangers en les invitant il y prendre part. Il 
■chargerait Tes""^'" àÇioLtiqu^'a comulaires" à l'étranger d'appeler sur cette exposition l'attention des industriels et des 
commerçants de leur pays de résidence. Les agents diplomatiques et consulaires seraient priés d'appuyer les démarches que feratent a 
l'étranger les représentants ou délégués de l'Exposition. 

L'Etat nommerait comme il est d'usage une Commission chargée d'organiser la section belge. 

Il ferait gratuitement la surveillance et prendrait à sa charge la décoration de la dite section. 

L'Etat ferait à ses frais le raccordement des bâtiments de l'Exposition à la voie ferrée de la ga 

L'Exposition serait mise sous le régime des entrepôts fictifs. 

La gratuité des transports serait accordée aux marchandises destinées à l'Exposition, à l'aller et au retour ,usqu a concurrence 
de 25oo kilos par exposant. L'excédent obtenant une réduction de 5o %. 

L'Etat accorderait également la franchise postale à la section belge. ... ... , 

Les commissaires de l'Exposition tant étrangers que belges, les membres des Jurys et de la Presse ,omra.ent sur les hgnes de 
l'Etat d'une réduction de 5o p /j pendant toute la durée de l'Exposition. 

I 'Etat nommerait, d'accord avec les Gouvernements étrangers, les membres des Jurys. 

Dans le bu, de procurer aux exposants l'occasion d'opérer des ventes, le Gouvernement autoriserait l'organisation dune tombola 

placée sous le contrôle de l'Etat, 

Vous reconnaîtrez aisément, Monsieur le Ministre, que les demandes que nous avons 1 honneur de vous soume.tre n imposen 
aucune charge sérieuse à l'Etat. Il faut admettre au contraire que l'Etat trouvera une large compensation aux quelques sacrifices q„ .1 
pourrai, faire dans l'in.érè, des exposants belges, par l'augmentation du trafic des voyageurs qui es, la conséquence immédiate de» 
grandes^Kpositions. ^ ^ ^^^ pffi . uniqlierMnt alls „a,io„aus, mirera un grand nombre d'étrangers qui ne s'arrêteront pas 

seulement dans notre ville. La ctipirale e, les antres villes si intéressantes de notre pays sauront les attirer et les retenir a leur tour. 



d'Anvers -Sud. 






i5o - 



Nous nous permettons maintenant, Monsieur le Ministre, d'entrer dans quelque, conside'n 
projet : 

En effet, le rachat du péage de l'Escaut, auquel tous les Gouvernements étrange 
que le pays s'est imposée pour améliorer le port d'Anvers, sont des raisoi 
de longue durée, le monde entier à venir juger de la 



ons qui militent en faveur de notre 



ingers ont coopère et plus récemment, la dépense considérable 
isons péremptoires pour que les Anversois convient par des solennités 
'illeur de notre belle rade et de l'importance des travaux exécutés arâce aux sacrifices 
que ce sont imposés 1 Etat et la ville, sacrifices qui dans leur ensemble se chiffrent par plus de cent millions de francs 
Rien nest plus propre a réaliser ce but qu'une Exposition internationale. 

En donnant une large part dans 1 Exposition d'Anvers à l'élément maritime, les organisateurs espèrent atti 
belges sur une industrie florissante à l'étranger et trop méconnue chez nous. 

La section industrielle permettra à l'industrie belge de se mesurer 
les meilleurs résultats. 



l'attention des capitalistes 

antageusement avec l'industrie étrangère et l'on peut en augurer 

cret pour personne que 



car ce nest un 



Mais la partie commerciale surtout mérite de frapper l'attention de nos compatriotes ci 
beaucoup de nos produits se consomment au dehors sous une étiquette étrangère, 

L'Exposition d'Anvers en stimulant l'initiative de nos industriel: 
de bien des produits d'exportation et rapprochera les consommateurs des 

rFxoosWonTrrT d ' A T S ' T rmê ^l r Urel e " tre la BelgîqUâ CC IéCranger ' V6rra SWk d " h °™ "ux. ^ en somme 
1 Exposition fera plus que bien des années d'efforts individuels pour développer l'esprit d'initiative de la 

L'Exposition d'Anvers mettra donc le sceau aux travaux grandioses accomplis par l'Etat 
monde entier sur les merveilles créées par notre génie civil. 

Les nations qui ont le bonheur de posséder des colonies 
auront tout intérêt non seulement à se fa : 
de près un centre industriel comme la Belgique. 
r™l,„r„°h,trT° nS aUSSiSUrk P " ,id f"' i l'Edition de ,8Î5 du Comité d'études du Haut-Congo, p„„ r mettre en lumier a les 
det,reCusteS„u"™„ K "'"" " * '" «'*'* ™1» ««, d,= àl, B ,»l™„iiL tUI efor» persévérants 

r..Ï!!.l°" MiSSC f:. M °"" m '' " Mi " iS "' e : leS ra ' SOm l0Cales 1 ui "°° s im P° s "« le ■*«>* * l'année ,8S5 pour l'Exposition d'Anvers. 



et de nos commerçants, fera mieux connaître la 
éritables producteurs. 



nation, 
par la ville et appellera l'attention du 

mais qui ne sont pas au même titre que nous des nations productrices, 
représenter dignement dans une ville commerciale comme Anvers, mais encore à étudier 



«rmÎr'nrr, ^ "', T"'" ™" 5 ""'^ â ™ h "»™ 1°»** J » Sud, qui seul offre encore un espace suffisant, ne nous 

gZtoT^LTZr^JZ."™ pe " ,e de '" rendre à ,out ,ama,s i " possible - Nous *■■— ^ <°<°^' ~ »» 

lescnelle^sfÏÏr; " C0 """ l " ,! " e . d ' AnVerS " d * a0 <=° rfl s °" » »» organisateurs de l'Exposition et les conditions générales dans 
i lesquelles se présente cette entrepose permettent d'en espérer le succès complet. 

C'est donc avec la plus entière confiance que les soussignés viennent demander au Gouverner» 
formes indiquées plus haut. 

Si, comme ils l'espèrent, Monsieur le Ministre, le Gouvernement veut bien accorder à leur de 
les soussignés comptent former à bref délai, une Société Anonyme pour menei 
Belgique. 

Dans l'attente d'une prompte réponse les soussignés 
considération. 



concours officiel 



prient d'ag 



bien l'opération et la 
:r , Monsieur le Minisi 



Je la solution qu'ils désirent, 
ndre digne d'Anvers et de la 



l'assurance de leur haute 



(Signés) F. Belpaire, J. Koch, V. Lyhen, A. Van den Nest, F. Gittens. 






1 



Le 26 décembre, le Comité fut reçu de nouveau par M. Frère-Orban qui lui communiqua les 
réponses de quelques Gouvernements étrangers, aux demandes officieuses qu'il leur avait fait adresser. 
Quoique ces réponses fussent peu encourageantes, le Comité déclara à M. le Ministre, qu'il poursuivrait la 
réalisation de son projet s'il pouvait compter sur le concours du Gouvernement belge. Ce concours ayant été 
promis par M. Frère-Orban, le Comité se rendit auprès de M. le Ministre de l'Intérieur pour examiner avec 
lui quelques-unes des demandes formulées dans la lettre du 3o octobre. Sur les observations de M. Rolin- 
Jaequemyns et conformément à sa demande, le Comité adressa ensuite à M. le Ministre de l'Intérieur la lettre 
suivante, datée du g janvier 1884 : 



Monsieur le Ministre, 



Donnant suite à la demande que vous nous avez faite dans l'audience que vous avez bien voulu nous accorder le ,6 décembre 
dernier, nous avons l'honneur de vous remettre ci-joint le projet de budget de l'Exposition Internationale d'Anvers en ,SS5 Vous 
remarquerez, Monsieur le Ministre, que ce budget clôture d'après nos prévisions par un déficit de fr. 3a i 7 S 7 .5o. 

Nous venons vous demander l'appui financier du Gouvernement jusqu'à concurrence de fr. 3oo.ooo, pour nous permettre de 
combler ce déficit et nous aider ainsi à mener à bonne fin une entreprise que nous considérons digne à tous égards des sympathies du 
Gouvernement. 

En échange de cette intervention, nous fixerions le prix de location du mètre carré utilisé dans la Section belge au taux moyen de 
cinquante francs, manutention et décoration comprises, et ce jusqu'à concurrence de dis mille mètres. 

Nous mettrons de plus à votre disposition cent mille entrées à un franc, pour ouvriers et écoliers, avec une réduction de 5o »/ 

Nous sommes autorisés à vous déclarer que le Collège échevinal d'Anvers est disposé à proposer au Conseil communal d'accordé 
de 1 Exposition un ensemble de faveurs que nous estimons représenter une intervention d'au moins cent mille francs. 

Dans notre dépêche du 3o octobre, adressée à M. le Ministre des A fiai i 
demandé l'autorisation d'organiser à l'occasion de l'Exposition mit 
question concerne plus spécialement votre collègue M. le Ministre de 
la solution. 



i Société 



igères et dont vous avez connaissance, nous avons encore 
mbola formée d'objets acquis aux exposants. Bien que cette 
Justice, nous vous serions obligés d'en obtenir 



ieme temps 



— i5a — 

Vous comprendrez, Monsieur le Ministre, combien il nous importe d'être fixés à bref délai sur les demandes ci-dessus. Nous devons- 
faire appel au public pour constituer la Société qui sera créée au capital entièrement versé de fr. i . 5oo.ooo, chiffre que nous considérons comme- 
suffisant. — Quant à l'organisation de notre Exposition, elle sera conforme à celle des autres entreprises similaires et nous nous tenons à votre- 
disposition pour vous donner à cet égard toutes les explications que vous pourriez désirer. 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, etc. 



(Signés) ; MM. Ffé 



Le Comité provisoire : 
. Belpatke, Jui,. Koch, Vict. Lynen, Eug. Meeus, Art. Van den Nest, G. Van den Abeele, 






En attendant la réponse du Gouvernement à cette lettre, le Comité résolut de constituer la Société 
anonyme pour l'organisation de l'Exposition d'Anvers. L'acte en fut passé le 21 janvier et dès le 22 une circulaire 
fut adressée au public pour lui demander son concours financier. 

Cette circulaire datée du 22 janvier, faisant mention du concours promis par le Gouvernement, fut soumise- 
au préalable par M. le Bourgmestre d'Anvers et M. A. Van den Nest, l'un des membres du Comité, à M. le 
Ministre des Affaires étrangères et à M. le Ministre de l'Intérieur. Voici le texte de cette circulaire : 



Le dernier semestre de l'année iS83 a vu éclore l'idée d'organiser à Anvers une Exposition Universelle en iS85. 

Le projet fut accueilli avec enthousiasme dans notre ville et dans le pays. Les Expositions, à notre époque, répondent à des besoins spéciaux 
du commerce et de l'industrie. 

Par sa position géographique et par l'admirable aménagement de son port, Anvers, mieux que toute autre ville de l'Europe Occidentale, se- 
prête à l'organisation d'une de ces vastes expositions qui entrent de plus en plus dans nos mœurs économiques. 

11 est inutile d'insister sur les avantages que la Belgique et la ville d'Anvers doivent retirer d'une entreprise de ce genre. 

Il importe de faire connaître au monde entier les merveilleuses installations pour lesquelles l'Etat et la Ville dépensent plus de cent millions 
de francs, et qui feront de notre port un des premiers de l'univers. Ce but sera plus rapidement atteint au moyen de l'organisation d'une Exposition 
universelle à la fois maritime, commerciale et industrielle, par laquelle des commerçants de toutes les parties du monde seront attirés dans- 
nos murs. 

Le Comité provisoire qui a accepté la mission d'étudier ce projet grandiose, et d'en préparer la réalisation, vient de terminer son 
travail . 

En se chargeant de cette étude, le Comité provisoire s'est sincèrement inspiré des intérêts généraux du pays et de ceux du port 
d'Anvers. 

II a tout d'abord reconnu que l'Exposition d'Anvers ne peut pas être l'objet d'une spéculation financière; mais qu'elle doit revêtir 
le caractère d'une œuvre nationale, à laquelle la Belgique entière est appelée à prêter son concours. 

C'est en exécution de ce programme, que nous offrons au public la majeure partie du capital de la Société Anonyme constituée 
pour l'organisation et l'exploitation de l'Exposition Universelle d'Anvers. Les statuts de la Société sont à l'inspection du public dans- 
tous les bureaux où la souscription est ouverte. 

On trouvera ci-joint les conditions de la vente des actions. Le résultat de la vente dira si Je projet peut être réalisé ou s'il doit 
être abandonné. Nous acceptons le verdict de l'opinion publique. 

Il n'est créé ni parts de fondateurs ni actions de jouissance. La seule charge imposée à la Société résulte d'une convention faite 
avec MM. F. Gittens, E. Colînet et .1. L. Hasse, promoteurs du projet, qui ont renoncé à tout concours financier étranger. Cette 
convention leur attribue, si l'Exposition a lieu, une somme de cent vingt mille francs et 10 pour cent dans les bénéfices de l'entreprise. 
Mous avons jugé équitable d'accorder ces avantages aux promoteurs de l'Exposition, en compensation de leurs études, plans, devis, 
renseignements , concessions et conventions, dont nous nous sommes assuré l'acquisition éventuelle. Ces Messieurs se sont engagés à 
convertir en actions de la Scciété les 3/4 de la somme qui leur serait payée. 

Nous avons à faire connaître le résultat du minutieux examen que nous avons fait des chances de succès de l'entreprise. 

Pour réaliser le projet, la date de 1 885 s'impose. C'est dans le courant de cette année que les travaux gigantesques de notre port 
seront entièrement achevés. Il faut profiter des terrains encore momentanément disponibles, pour établir l'Exposition au centre de la 
ville et à proximité de ses établissements maritimes. 

La ville d'Anvers et la Société Anonyme du Sud ont mis à la disposition des promoteurs de l'Exposition des terrains d'une 
superficie d'environ 220.000 mètres carrés, comprenant une partie du bassin de batelage destinée pour l'Exposition maritime. 

Notre auguste Souverain n'est jamais resté indifférent aux projets qui peuvent contribuer à étendre la renommée de notre port et 
à augmenter le bien-être de la Nation. Aussi ne doutons-nous pas que l'Exposition Universelle d'Anvers n'obtienne le haut patronage 
de Sa Majesté Léopold IL 

L'Etat et la Ville d'Anvers prêtent leur concours à l'entreprise. 

Le Gouvernement nous a promis son appui auprès des Puissances étrangères et le concours de nos agents diplomatiques et 
consulaires ect acquis. Si nous ne comptons pas sur le concours officiel de tous les Gouvernements étrangers, nous savons par l'expérience 
faite ailleurs, que là où les Gouvernements n'interviennent pas par principe, l'intérêt privé des exposants supplée dans une large mesure 
au défaut de l'initiative gouvernementale. Nous avons du reste prévu la création d'agences spéciales à l'étranger, dans le but de faciliter 
aux exposants des divers pays l'accès à l'Exposition. 

Le concours financier de l'Etat, sous forme de subside, subordonné à des conditions dictées par l'intérêt général, sera demandé 
par le Gouvernement aux Chambres législatives. 

Lh Ville de son côté accordera à la Société des faveurs qui allégeront les charges de l'entreprise. 

L'Exposition triennale de la Société pour l'Encouragement des Beaux-Arts aura lieu en 1 S8 5 ; elle attirera à Anvers les amateurs 
d'art, qui s'y rencontreront avec les commerçants et les industriels. 

L'inauguration des nouveaux quais de l'Escaut et de leur puissant outillage coïncidera avec l'Exposition Universelle et sera un 
aurait de plus pour les visiteurs. 

La réputation de la ville d'Anvers grandit chaque jour à l'étranger. Ses magnifiques monuments, ses musées, ses collections 



— 153 — 

particulières d'œuvres d'art, ses quais, ses bassins et son mouvement maritime, seront pour les uns des éléments d'études et des sujets 
de distractions pour les autres. 

Le vaste terrain choisi au nouveau Quartier du Sud, est exceptionnellement situé pour la réalisation de l'entreprise. L'appropriation 
n'en exigera que des terrassements relativement peu importants; de larges voies de communication y donnent accès; il avoïsine l'Escaut 
et confine aux voies ferrées de l'Etat et aux établissemenis maritimes. 






EXPOSITION UNIVERSELLE 

ANVERS 188S 

PLAN GENERAL 




La manutention des marchandises, tant à l'arrivée qu'au départ, pourra donc se faire dans des conditions de célérité et de bon 
marché qui auront été rarement réalisées. 

Tels sont les éléments de succès sur lesquels l'Exposition Universelle d'Anvers peut incontestablement compter. Ils nous ont paru 
de nature à justifier l'appel fait à la coopération de tous ceux qui croient avec nous que l'Exposition projetée contribuera puissamment 
à étendre les relations commerciales de la Belgique avec l'étranger, 



i5 4 



Nous tenons à ne pas cacher au public le côté aléatoire de l'entreprise, 

Sans doute l'Exposition d'Anvers se fera dans des conditions particulièrement économiques. La situation du terrain permettra de 
fixer les frais de manutention des marchandises à un taux inférieur au chiffre des Expositions précédentes, et des offres faites par des 
entrepreneurs sérieux nous donnent l'assurance que les locaux seront construits dans le déjai relativement court dont nous disposons, 
et à un prix qui permettra de faire aux exposants des conditions de location favorables. 

Mais divers autres éléments de la dépense qu'entraîne une Exposition Universelle sont moins aisés à fixer. C'est là le côte' aléatoire 
de l'entreprise. Il appartiendra à la Société constituée de calculer les dépenses d'après les nécessités du succès. 

De l'ensemble de nos investigations sur les Expositions les plus récentes, il nous est permis de conclure que si l'Exposition 
Universelle parvient à louer les emplacements mis à sa disposition, et que le nombre des visiteurs se rapproche de celui d'Amsterdam et 
de Bruxelles, le capital engagé sera non seulement remboursé, mais trouvera une rémunération suffisante. 

Ajoutons, que nous avons tout lieu de croire que le Gouvernement autorisera l'organisation d'une tombola et fournira ainsi à la 
Société l'occasion d'acquérir une partie des objets exposés. 

En offrant en vente, par souscription publique, i3,ioo actions de ioo francs de la Société Anonyme, constituée pour l'organisation 
et l'exploitation de l'Exposition Universelle d'Anvers, nous avons un double but : consulter le public' sur l'opportunité de l'ouverture 
de cette Exposition, et l'associer éventuellement à une œuvre nationale particulièrement favorable aux intérêts de la ville d'Anvers. 



C. Bal, FeÊd. Belpaire, J. H.v 



Anvers, le 22 Janvier 1884. 
i-De Decker, J. Koch, V. Lynen, Eug. Meeus, Gust. Van dex Abeele, Arthur Van den Nest. 



La souscription aux actions de la Société Anonyme de l'Exposition ayant été couverte le 8 février, le 
Conseil d'Administration adressa à la date du 9 février une nouvelle lettre à M. le Ministre des Affaires 
étrangères, lettre dont copie est donnée plus loin. 

Il est à remarquer que les i5,ooo actions delà Société se trouvent entre les mains de 3ooo souscripteurs 
anversois. 

Le 9 février 1884 la lettre suivante fut adressée à M. le Ministre des Affaires étrangères : 



A Monsieur le Ministre des Affaires étrangères. 
Monsieur le Ministre, 



I 



■ 



Ensuite de la circulaire que nous avons adressée à nos concitoyens pour les consulter sur l'opportunité d'ouvrir en [885 une 
Exposition Universelle à Anvers, circulaire qui vous a été communiquée par notre honorable Bourgmestre et dont nous nous permettons de joindre 
ici un nouvel exemplaire, il a été offert en vente par souscription publique la majeure partie du capital nécessaire (fr. i,5oo,ooo) pour mener à 
bonne fin l'entreprise dans les conditions prévues dans la circulaire. 

La souscription aété dose aujourd'hui et nous nous hâtons de vous faire connaître que le capital offert à été intégralement souscrit. 

Le public a donc manifesté sa volonté et la Société doit tenir l'engagement contracté vis-à-vis de lui en organisant l'Exposition. 

Nous avons comme premier devoir de solliciter de Sa Majesté la faveur de son haut patronage. Nous demandons dans ce but une audience 
royale. 

Nous avons ensuite à préciser les divers points qui constituent le concours que vous avez bien voulu nous promettre et que nous vous 
remercions d'avoir confirmé dans la séance d'hier de la Chambre des Représentants. 

Bien que l'intervention de plusieurs départements ministériels soit nécessaire, nous nous permettons de nous adresser à vous, en votre 
qualité de Chef du Cabinet et nous justifions cette demande par la déclaration que vous nous avez faite, que les questions se rattachant à notre 
entreprise devaient être délibérées en Conseil des Ministres. 

Voici les diverses mesures dont nous avons déjà eu l'honneur de vous entretenir et que nous désirons voir prendre sans retard par 
le Gouvernement. 

I. Département des Affaires Etrangères. 

a) Insister auprès des Gouvernements étrangers pour qu'ils prêtent leur concours officiel à l'Exposition d'Anvers. 

b) Charger les agents diplomatiques et consulaires belges à l'étranger d'appeler sur notre Exposition l'attention des producteurs r et 
commerçants des divers pays et nous mettre en rapport avec eux. 

IL Département des Travaux Publics. 

a) Accorder sur le réseau de l'Etat belge le transport gratuit, à l'aller et au retour, jusqu'à concurrence de 2 5oo kil. par exposant, des 
marchandises destinées à l'Exposition, et une réduction de 5o °/ au delà de 25oo kil. 

b) Accorder la franchise postale aux conditions usitées dans des circonstances analogues. 

c) Accorder l'usage gratuit d'une partie de la gare du Sud pour y établir l'Exposition des Machines. 

d) Raccorder le local de l'Exposition à cette même gare. 

E; Accorder pendant toute la durée de l'Exposition une réduction de 5o °j a sur le prix de transport des voyageurs sur le réseau de l'État aux 
Commissaires de l'Exposition tant belges qu'étrangers, aux Membres des Jurys et à la Presse. 

III. Département de l'Intérieur. 

Déléguer un Commissaire du Gouvernement près de l'Exposition. 

IV. Département des Finances. 

) Accorder aux objets envoyés de l'étranger à l'Exposition le régime de l'Entrepôt fictif à des 



public. 



onditîous garantissant les intérêts du Trésor 



b) Demander aux Chambres législatives un subside de fr. 3oo,ooo, justifié par la faveur qui sera accordée aux exposants belges. 



155 



V. Département de la Justice. 

Autoriser la Commission Je l'Exposition à organiser une tombola permettant d'acquérir un certain nombre d'objets exposés. 

VI. Département de la Guerre. 

Accorder le concours de l'armée pour le service de la manutention et de la surveillance de l'Exposition 

Nous n'avons pas besoin, Monsieur le Ministre, d'insister sur l'urgence de ces mesures. Nous préparons les circulaires et les règlements 
informant les exposants des conditions auxquelles l'admission à l'Exposition est subordonnée. Parmi ces conditions doivent figurer les avantages oue 
le Gouvernement accorde aux exposants. 5 4 

Nous osons solliciter une prompte réponse et vous prions, Monsieur le Ministre, d'agréer, etc. 

Pour te Conseil d'Administration de la Société Anonyme de fExposition : 



Le Secrétaire, 
P. Koch. 



Le Président, 
(s.) Victor Lyhen. 



L'Exposition d'Anvers reçut dès . le premier jour, sa marque distinctive d'origine, et nous ne 
saurions trop insister sur l'importance de ce fait : c'est la première fois que l'initiative privée prend une part 
aussi large dans une entreprise aussi gigantesque. Elle restera, à ce point de vue comme un exemple mémorable 
de ce que peuvent produire l'initiative courageuse et les efforts généreux d'un petit nombre d'hommes de bonne 
volonté. 

Le premier soin de la Société, qui avait tenu toutes ses séances préparatoires dans les salles de la Banque 
de Crédit commercial, rue des Tanneurs, fut de chercher un local convenablement situé pour y établir ses 
bureaux. Elle loua à cet effet un hôtel des mieux aménagés, situé sur l'une des grandes Avenues de la ville et à 
mi-chemin de la gare des voyageurs au terrain de l'Exposition. — Chacun a pu admirer la façade de cet hôtel, au 
balcon duquel flotte le pavillon national entouré des drapeaux des 28 nations représentées à l'Exposition. 

Un large vestibule mène à la salle des pas-perdus sur laquelle s'ouvrent de trois côtés les bureaux établis au 
rez-de-chaussée ; à gauche la caisse avec ses dépendances et le bureau du secrétariat, au fond une antichambre, 
à droite les bureaux du personnel. Un magnifique escalier en marbre blanc conduit au premier étage où se 
trouvent le bureau du secrétariat général, celui du Conseil d'administration et la grande salle du Conseil. 

Les diverses pièces du 2»= et 3™ étages furent successivement occupées par le Comité allemand, le 
Comité de la Presse, la Section des Beaux-Arts, de la Musique, de l'Horticulture, de l'Agriculture, etc., etc. 

Fidèle à la ligne de conduite qu'il s'était tracée, le Conseil d'Administration de la Société, voulant éloigner 
dès l'abord toute idée de spéculation, décida qu'un Comité placé sous la présidence d'honneur du Bourgmestre 
de la ville d'Anvers, constituerait le pouvoir exécutif et supérieur pour l'organisation et la direction de l'Exposition 
et que les questions financières seules seraient du ressort du Conseil d'administration de la Société organisatrice. 
Fort de l'acquiescement unanime donné par la ville d'Anvers et la Belgique tout entière à l'entreprise 
dont il était chargé de poursuivre l'exécution, le Comité exécutif s'adressa au Roi pour obtenir son appui. 

On sait en quelle haute estime tous les gouvernements étrangers tiennent S. M. Léopold II : obtenir son haut 
patronage pour l'Exposition d'Anvers, c'était s'assurer du concours de toutes les nations et d'un éclatant succès. 
Les délégués obtinrent une audience au Palais, dans laquelle ils exposèrent à Sa Majesté les avantages 
que la Belgique pourrait retirer d'un concours industriel auquel seraient appelées toutes les Nations amies. 

Le roi dont toutes les pensées sont consacrées au développement du commerce et de l'industrie de notre 
pays, a étudié avec soin toutes les questions qui s'y rattachent, aussi n'hésita-t-il pas un seul instant à accorder 
son haut patronage à cette entreprise privée dont il prévoyait l'influence heureuse et les 'résultats favorables pour 
la Belgique. 

Léopold II est le fils de Léopold I, premier roi des Belges et fondateur de la dynastie, et de Louise-Marie, 
princesse d'Orléans. Il est né à Bruxelles, le g avril i835 ; il a donc atteint depuis quelques mois l'âge de cinquante 
ans. 

Prince éclairé, il a su se faire aimer de son peuple, et l'Europe entière lui a rendu hommage, lors de la 
récente conférence de Berlin, pour le zèle et l'initiative dont il a fait preuve dans la grande œuvre de la fondation 
de l'Etat libre du Congo, dont il a été nommé Souverain, par le Congrès de Berlin. 



Pour mieux marquer encore l'intérêt qu'il prenait à la réussite de l'Exposition, il daigna nommer le Comte 
de Flandre, son frère, président d'honneur de la Commission belge. 

S. A. R. le comte de Flandre a bien voulu accepter la présidence d'honneur du Comité de l'Exposition 
Universelle. Second fils du fondateur de la dynastie belge et frère unique du Roi actuel, le prince Philippe- 
Eugène, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg et Gotha, naquit le 24 mars 1837. A l'âge de 3o ans 
il épousa la seconde fille du prince de Hohenzollern, la princesse Marie. Par suite de la mort de l'unique 
fils du Roi et de la Reine des Belges, c'est le comte de Flandre qui est appelé à continuer la dynastie des 
Cobourgs en Belgique. Le grand intérêt qu'il a de tout temps montré au bien-être du peuple belge et la 
grande part qu'il a toujours prise dans toutes les œuvres du progrès matériel et moral de la Nation lui ont depuis 
longtemps acquis toutes les sympathies. Dans l'Armée belge Mgr. le Comte de Flandre occupe le rang de 
lieutenant général, commandant supérieur de cavalerie. 

Le 17 juillet 1884, M. le Ministre A. Beemaert adressa le rapport suivant au Roi : 



Bruxelles, le 17 juillet 1SS4. 



Sire, 



Les organisateurs de l'Exposition Universelle d'Anvers se sont adressés au gouvernement en vue d'obtenir, d'une manière efficace 
le concours des autorités publiques. 

Tout en laissant à la Société de l'Exposition la responsabilité financière et la direction des divers services, il y a lieu, eu égard au caractère 
d'intérêt général de son entreprise, de lui accorder un bienveillant patronage. 

En effet, l'Exposition d'Anvers permettra de nouveau à la Belgique d'affirmer ses forces productives et ses progrès industriels et artistiques; 
elle favorisera ainsi les échanges internationaux, en même temps qu'elle fera mieux connaître encore l'importance des installations maritimes 
d'Anvers, au point de vue du commerce général. 

Déjà, votre Majesté a daigné accorder son haut patronage à l'œuvre de l'Exposition. Je crois répondre aux vœux de l'industrie et du 
commerce en proposant à Votre Majesté, de conférer la Présidence d'honneur de la Commission belge à son Altesse Royale Monseigneur le Comte 
de Flandre. 

Les projets d'arrêtés ci-joints ont pour objet la nomination des commissaires généraux, la désignation d'un bureau central et d'une commis- 
sion qui auront à solliciter et à diriger la participation des producteurs belges. 

Le Ministre de l 'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux Publics, 

A. BEERNAERT. 



[il 



Le Chef du Cabinet a la rare fortune d'être estimé même de ses adversaires. On s'accorde à lui reconnaître 
un esprit droit, un caractère franc, un cœur élevé. Son affabilité séduit ceux qui résistent aux charmes de sa 
parole saine, élégante, convaincue. 

Telle est l'impression que nous avons recueillie aux divers Congrès qu'il a présidés à Anvers. 

Le premier Ministre n'aura pas peu contribué à consolider le bon renom de la Belgique à l'étranger. 

M. l'avocat Auguste Beernaert s'était fait au barreau de Bruxelles une brillante et solide réputation 
de jurisconsulte. De grandes Sociétés industrielles et financières l'avalent choisi pour conseil. Il avait rempli 
pour elles, même à l'étranger, des missions importantes. 

S'il était rompu aux affaires, il ne s'était guère occupé de politique. 

M. Malou, qui avait vu l'avocat Beernaert à l'œuvre, le sollicita d'entrer en 1873 dans le cabinet 
qu'il constituait. Il lui confia le portefeuille des travaux publics. 

Doué d'une activité prodigieuse, d'une étonnante facilité d'assimilation, l'avocat se rit ingénieur et le 
Ministre ne tarda pas à dominer son département. Ses fonctionnaires — parmi lesquels il y avait des spécialistes 
et des sommités — furent unanimes à regretter sa retraite, lors de la chute du Ministère en 1878. 

M. Beernaert prit place dans l'opposition. L'arrondissement de Thielt lui avait ouvert, dès 1874, 
un siège à la Chambre des représentants. 

Quoique fort absorbé par une clientèle qui s'obstinait à le tenir au barreau, il marqua chaque session 
législative par quelques discours importants. Il prit avec MM. Malou, Woeste et Jacobs une part active à 
l'organisation du parti conservateur. Il fut élu Président de la Fédération des Cercles Catholiques et de 
l'Association constitutionnelle de Bruxelles. 

Les élections de juin 1884 ramenèrent M. Beernaert au pouvoir. La crise ministérielle qui éclata en 
novembre, fallit l'entraîner à la suite de MM. Jacobs et Woeste. 

Il céda aux vives instances de ses collègues et accepta de reconstituer le Cabinet dont il prit la 
présidence avec le portefeuille des finances. 



157 



M. Beernaert est dans la vigueur de l'âge : il est né à Ostende le 26 juillet 1829. 
Les relations de famille et d'affaires qu'il possède à Anvers -l'ont familiarisé depuis longtemps 




Beernaert, Ministre des Finances, Chef du Cabinet. 

Le Chef, du cabinet peut revendiquer une large part dans le succès de l'œuvre grandiose qui marquera 
dans l'histoire de la Belgique. C'est justice à lui rendre et nous sommes heureux d'en saisir l'occasion. 
Le 17 juillet parurent au Moniteur belge les arrêtés royaux suivants : 



- i58 — 

LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 

Vu notre arrêté en date de ce jour, qui institue une commission chargée d'encourager la participation des producteurs belges à l'Exposition 
universelle qui aura lieu à Anvers en i885 ; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, 

Nous avons arrêté et arrêtons : 
Art. I er . Notre Frère bien-atmé, S. A. R. le Comte de Flandre, est nommé président d'honneur de la commission chargée d'encourager la 
participation des producteurs belges à l'Exposition universelle d'Anvers en i SS5 . 

Art. 2. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Par le Roi ; Donné à Ostende, le 17 juillet 1884. 

Le Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, LÉOPOLD. 

A. Beernaert. 



■ 



LEOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 

Considérant qu'il y a lieu d'encourager la participation des producteurs belges et étrangers à l'Exposition universelle d'Anvers de 188 5 ; 

Revu Notre arrêté du 28 mars 1884; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, 
Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. 1 er. M. le comte d'Oultremont (A.), ancien commissaire général de Belgique aux Expositions universelles de Philadelphie en 1876 
et de Paris en 1878 et en 1881, ancien commissaire de la section de l'industrie et des arts rétrospectifs à l'Exposition nationale de 1880, est 
nommé commissaire général du Gouvernement à l'Exposition universelle d'Anvers. 

M. Rombaut (E.), ingénieur, ancien secrétaire auprès de l'Exposition nationale de 1SS0, ancien commissaire général du Gouverne- 
ment à l'Exposition internationale d'Amsterdam, est nommé commissaire général pour la section belge de l'Exposition universelle 
d'Anvers. 

Art. 2. Sont nommés commissaires des sections internationales auprès de l'Exposition savoir : 

I e section. — Enseignement. — Arts libéraux et arts industriels. — M. Thonissen, Ministre d'Etat, membre de la Chambre des représentants, 
à Louvain. 

2 e section. — Industrie. — M. Belpaire, administrateur des chemins de fer de l'Etat, à Bruxelles. 

3 e section. — Marine et commerce. — Pêche et pisciculture. — M. Evrard (Ch.), industriel, ancien secrétaire général de la section belge de 
l'Exposition internationale de Paris en 1878, à Bruxelles. 

4 e section. — Électricité. — M. Somzée (L.), ingénieur, membre de la Chambre des représentants, à Bruxelles. 

5« section. — Agriculture. — M. Ronnberg TA.), ancien commissaire à l'Exposition nationale de t88o. 

Horticulture. — M. Bernard (C), ancien secrétaire de la 3 e section de l'Exposition nationale de 1880 et de la section belge de l'Exposition 
internationale d'Amsterdam. 

6e section. — Beaux-Arts. — M. Cuylits, échevin, président de la Société royale pour l'encouragement des beaux-arts, à Anvess. 

Art. 3 . Sont nommés : 

Secrétaire général du commissariat général du Gouvernement, M. Gody (J.), ancien secrétaire de la section belge aux Expositions de 
Philadelphie en 1S76, de Paris en 1878 et 1S81 et du comité exécutif et de la section de l'industrie à l'Exposition nationale de 1880. 

Secrétaire des sections étrangères, M. le comte Du Chastel (Ad.), secrétaire de légation de i re classe; 

Secrétaire de la section belge, M. de Cazenave (L.), ingénieur, ancien secrétaire auprès de l'Exposition nationale de 1880; 

Secrétaire du commissariat général du Gouvernement, M. le baron de Woelmont (Hermann). 

Art. 4. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. 
Par le Roi : 
:ulture, de l'industrie et des travaux publics, 
A. Beernaeiît. 



Le Ministre de l'agri 



Donné à Ostende, le 17 juillet 18S4. 
LÉOPOLD. 



LEOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, Salut, 
Considérant qu'une Exposition universelle aura lieu à Anvers, en i885, et qu'il y a lieu, pour le Gouvernement, d'encourager la participation 
des producteurs belges à cette exposition; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, 

Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. ter. Il est institué une commission chargée d'encourager la participation des producteurs belges à l'Exposition qui aura lieu à Anvers, 
en i885. 

Art. 2. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics remplira les fonctions de président de la commission. 
Sont nommés : 

i n Président adjoint de la même commission : M. Lynen (Victor), conseiller communal à Anvers ; 

2" Vice-présidents : M. de Wael (Léopold), bourgmestre de la ville d'Anvers; M. Meeus (Eugène), membre de la Chambre des représentants, 
à Anvers ; M. le baron Nottebohm (Edouard), à Anvers. 

3° Secrétaire général : M. Koch (Pierre), avocat, à Anvers. 

Art. 3. Cette commission formera un comité central permanent, composé des membres du bureau et d'un certain nombre d'autres membres. 

Art. 4. Sont nommés membres de la dite commission: 



décidés à publie 






La liste publiée par l'arrêté du 17 juillet 18S4 a subi différentes modifications et nous nous som 
place l'arrêté royal du 14 avril iS85 et la liste des membres répartis en comités de groupes et de classes : 
LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A .tous présents et à venir, Salut. 
Considérant que le grand développement pris par l'Exposition universelle dans son ensemble et certaines sections spéciales n 
l'adjonction de membres nouveaux au commissariat général du Gouvernement et au commissariat général de la section belge ; 

Revu Notre arrêté en date du 17 juillet 1884, qui organise le commissariat général du Gouvernement et le commissariat général de la 
belge, pour l'Exposition universelle d'Anvers de i885 ; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, 
Nous avons arrêté et arrêtons : 

"• — Commissariat général du gouvernement. 
Art. i". M. Delcour (J.-B.), ancien Ministre de l'intérieur, membre de la Chambre des représentants, est nommé commissaire de la section 
internationale de l'enseignement, des arts libéraux et arts industriels, en remplacement de M. Thonissen, Ministre d'Etat et Ministre de l'intérieur et 
de l'instruction publique, qui a demandé à être déchargé de ses fonctions de commissaire ■ 

M. le lieutenant général baron Vander Smissen, commandant la deuxième circonscription militaire, est nommé commissaire de la section 
internationale de la Croix-Rouge. 
Art. 2. Sont nommés ■ 
En qualiti 
En qualiti 
fer de l'Etat, à Mali 

En qualité de directeur des servie 
de l'Etat, à Bruxelles. 

Art. 3. Est nommé : 
En qualité de secrétaire des cong: 
commissariat généra! du gouvernement. 

Art. 4. Sont nommés en qualité de secrétaires de section, secrétaires de groupes et secrétaires adjoints des sections internationales : 



:é d'architecte du commissariat général du gouvernement et du commissariat général de la section belge, M. Bordiau (G.; 
■ d'ingénieur du commissariat général du gouvernement et du commissariat général de la section b;lge, M. Degraux (J.-A.-C), 

; du transport et de la manutention des produits, M. Hamaide, chef de division à 



), architecte a Bruxelles . 
ingénieur des chemins de 

l'administration des chemins de fer 



internationaux et, conférences rattachés au commissariat général du gouvernement, M. Van Mous (Emile, 



I" Section. — Enseignement. — Arts libéraux et arts industriels. 

Secrétaire de section, M. Dumont (André), ingénieur, professeur à l'université de 
Louvain. 

Secrétaire du 1" groupe, M. Nietet (G.), chef de bureau au ministère de l'intérieur 
et de l'instruction publique. 

Secrétaire du 2« groupe, M. Poelman (G.), industriel, Bruxelles. 

Secrétaire du 3e groupe, M. Davignon (Julien), Bruxelles. 

Section internationale delà Croix-Rouge. 

Secrétaire, M. le docteur Félix, Bruxelles. 

Secrétaire- adjoint, M. Missotten (Auguste), secrétaire de légation honoraire, 
Bruxelles. 

2 e Section. — Industrie. 

Secrétaire de section, M. Dejaer (J.), ingénieur en chef au ministère des chemins 
de fer, postes et télégraphes. 

Secrétaire du commissaire de la section internationale de l'industrie, M. Malou 
(Paul), ingénieur, Bruxelles. 

Secrétaire du 4" groupe, M. HabetsfA.), ingénieur des mines, professeur à l'uni- 
versité de Liège. 

Secrétaire-adjoint du 4e groupe, M, le chevalier de Menten de Horne (Albert), 
Bruxelles. 

Secrétaire du 5e groupe, M. Steinmet;, directeur de service aux chemins de fer 
de l'Etat. 

Secrétaire -adjoint du 5» groupe, M. De Creeft (Charles), ingénieur agricole, 
Bruxelles. 

Secrétaire du 6e groupe, M. De Lannoy (Nicolas), industriel, Tournai. 

3e Section. — Navigation et sauvetage. — Pêche et pisciculture. 

Commerce d' importât Um et d'exportation. 

Secrétaire de section, M. Royers, ingénieur en chef de la ville d'Anvers. 

Secrétaires des 7" et 8 e groupes, MM. Le Cointe (A.) et Boulvin (J.), ingénieurs 

de la marine de l'Etat, et Van Haelen (Fi-.), vice-président de la Société royale et 

centrale des sauveteurs de Belgique. 

Secrétaire du 9e groupe, M. Van Bruyssel, chef de division au miuistère des 
affaires étrangères. 

4 e Section. — Electricité. 
Secrétaire de section et du 13° groupe, M. Gody (L.), capitaine commandant 
d'artillerie, professeur à l'Ecole militaire et à l'Ecole de guerre. 

Secrétaire du 14 e groupe, M. Banneux, ingénieur en chef, inspecteur des télé- 
graphes de l'Etat. 

Secrétaire du 11= groupe, M. Nothomb, ingénieur électricien, Bruxelles. 
Secrétaire des io«, 12e e t 15 groupes, M. Gérard (Eric), ingénieur, professeur à 
l'institut électro-technique Montefiore annexé à l'université de Liège. 
5e Section. — Agriculture. 
Secrétaires, M. Walckiers, régisseur à l'école de médecine vétérinaire de l'Etat à 
Cureghem, et M. le baron de Mevius (Eugène), Bruxelles. 
Secrétaire-adjoint, M. Gilbert (Fernand), avocat, Bruxelles. 

Horticulture. 
Secrétaire, M, Lubbers (Louis), directeur des cultures au Jardin botanique de 
l'Etat, Bruxelles. 



Secrétaires-adjoints, MM. François iKiigèiic) cl SchUm (Julien), nUachés au mi- 
nistère de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics. 

B. — Commissariat général de la section belge. 
Art. 5. Sontnommés : 

1 belge, M. de Cazenave (L.), ingé- 



général delà section belge, M. Becquet 



En qualité de secrétaire général de la s> 
nieur, secrétaire de la section belge ; 

En qualité de secrétaire du eommissaïr 
(Julien). 

Art. G. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux 
publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Donné à Bruxelles, le 14 avril i885. 
LÉOPOLD. 
Par le Roi : 
Le Ministre de l'Agriculture, 
de l'Industrie et des Travaux publics, 
Chevalier de MOREAU. 



ARRÊTÉ ROYAL DU 17 JUILLET 1884. 

COMITÉ CENTRAL PERMANENT 

; M. Beernap.rt, ministre de l'Agriculture, de l'Industri 



t des Tra- 



P résident : 
l'aux publics. 
Président-adjoint ; M. VICTOR Lyn'EN. 
Vice-Présidents : MM. Léopold De Wael. 
Eugène Meeus. 
Nottebohm (Baron). 
Secrétaire général : M. Pierre Koch. 

Membres : MM. le comte A. d'Oui.TREMONT, commissaire général du gouver- 
nement. 
Eue. Rombaut, commissaire général de la section belge. 
Delcourt, membre de la Chambre des représentants, ancien 
ministre de l'Intérieur, commissaire international de la I™ 

Van dek Smissen (I.ieuf général, Baron), commissaire de la 

section internationale delà Croix-Rouge. 
Belpaire, commissaire international de la 2? section. 
Ch. Evrard, id. 3^ id. 

L. Somzée, id. 4 e id, 

A. Ronnberg, id. 5c id. 

(Agriculture). 
C. Bernard, id. 6* id. 

(Horticulture). 
Cuylits. id. (Beaux-Arts). 

J. Gody, secrétaire général du gouvernement. 
L. de Cazenave, secrétaire général de la section belge. 



i6o 



Membres ; MM. Liagre, président du I" groupe. 
Braquenié, id. 20 id. 

JONNJAUX, id. 3« id. 

Van Scherfenzef.l-Thim, président du 40 groupe. 
Fassiaux, président du 5 B groupe. 
Raeymackers, id. 6e id. 

Michel, id. •}" id. 

Willeqvet, id. S" id. 

df. Woelmont f Baron), président du g e groupe. 
Rousseau, président de la 4" section. 

J. Van der Stkaten-Fonthoz (comte) président du 16^ groupe. 
Osy (Baron), président du 170 groupe. 

PREMIÈRE SECTION 

Enseignement. — Arts libéraux. — Mobilier et Accessoires. — Tissus. 
Vêtements et Accessoires. 

PREMIER GROUPE 



Education et enseignement. - 
Président .- M. Liagre. 
Vice-Présidents : M. Greyson. 
M. Dessain. 
Secrétaire ■' M. Davreux. 
Membres .- Les Présidents, Vice 
de ce groupe. 



■ Matériel et procédés des arts libérai'. 



t Secrétaires des 



PREMIER COMITÉ. 
Classes i, 2 et 3. 
Classe 1. — Education de l'enfant. — Enseignement primaire. — Ensei- 
gnement des adultes. 

Classe 2. — Organisation et Matériel de VEnsciyiicmcnt secondaire. 
Classe 3. — Organisation, méthodes et matériel de l'enseignement supé- 



Président ■■ M. Liagre. 




Vice-Présidents : M. Alvin. 




M. Greyson. 




Secrétaires : M. Davreux. 




M. Van den Bussche, 




Memb 


Mt : 


MM. Aerens, Marinus. 


MM. Germain. 


Allewaert. 


Gochet. 


Altenrath. 


Goret. 


Eaes. 


Grandgaignage. 


Bertrand. 


Gevaert. 


Benoit. 


Gillekens. 


Bethune (Baron). 


Hertoghe, 


Beucker (J. de). 


Lasserre. 


Bordiau. 


Lavalette-Weinknecht 


Boudin. 


Langlois. 


Buis. 


Lejour. 


Cannart d'Hainale (Ferd. de). 


Leyder, Ph. 


Canneel. 


Leyder, Jh. 


Cans. 


Librecht. 


Carlier. 


Mussely. 


Couvreur. 


Melsens. 


Cornet. 


' Morren. 


Crépin. 


Olin. 


De Cuyper. 


Parïsel. 


De Graeve. 


Piron. 


De Laveleye. 


Radoux. 


Delgeur. 


Rosseels. 


De l'auw. 


Rousseau. 


De Reine. 


Ruelens, Ch. 


Desguin, Pierre. 


Sauveur. 


Demanet, A. -G. 


Samuel. 


De Taeye. 


Spée (L'abbé). 


De Vergnies. 


S uppes. 


De Waele, Bernardin. 


Trasenster (fils). 


Docx. 


Van Heurck. 


Drion. 


Vanne ck-Pregaldino. 


Du Fief. 


Van Rysselberghe. 


Du Pon, Max. 


Varenbergh, E. 


Galesloot. 


"Wehenkel. 


Gauthy. 


Wynen. 


Genard. 


Zimmer. 


Gérard. 




DEUXIÈME 


COMITÉ. 


Classes 4, 5, 


6 ET II. 



Classe 6. — Application usuelle des arts du des! 
Classe ri. — Cartes et appareils de géographie e\ 
Président ; M. Godin, Léopold. 
Vice-Présidents : M. Chavle- Albert. 

M. Hennequin. 
Secrétaire : M. Guyot. 



n et de la p/as!i</ac. 
de cosmographie. 



Me»l'u\: 



Dauby. 

Daveluy-Dtlhoiigno. 

De Bonnier. 

Delgeur. 

De Mot, Ch. 

De Naeyer. 

Dessain, Ch. 

Falk. 

Fumière. 

Gérard. 

Gilon, Ern. 

Gochet. 

Godenne, Paul. 



MM. Hayez. 

Lefebvre. 

Mertens, A. 

Merïbach. 

Olin. 

Petit, 

Ratinckx, 

Uuylers, V. 

Tasson, Joseph. 
Vanden Bussche. 
Van den Borght, Alex. 
Vromant, Alf. 
Wauvermans. 
Weisseiibruch. 
Zech, Guil. 



TROISIÈME COMITÉ. 



Classe: 



, 9 ET IO. 



Classe 7. — Eprouves et appareils île photographie. 
Classe 8. — Instruments de musique. 
Classe 9. — Médecine, Hygiène 1 
Classe 10. — Instruments de précision. 
Président : M. Stas. 
Vice-Présidents: M. Crocq. 

M. Rommelaere. 
Secrétaire : M. Henrard. 
M. Manillon. 

Membrt 



MM 


Balthazar-FI 
Buys. 
Créteur. 
Demanet. 
DeBlochous 
De Ileyn. 
De Vijlder. 
Desguin. 

Gauthier. 
Gunther. 










MM 


Kuborn . 

Oor.J. 

Oudart. 

Prins. 

Rau. 

Sacré, Edm 

Schubart. 

Vleminekx. 






COMITÉ 


DE 


LA 


CROIX-ROUGE. 


Près 


dent : M, Tas 


on 


J- 












Vice-Présidents : j 


M. 

M. 


( Icciliiand 
Sigart. 


L. 








Secrétaire : M. Créteu 


, L. 












Secrétaire adjoint 


M 


Bonterap 


















Memb 


■es -■ 






MM 


Célarier. 
Cuylils, J. 
Decock, H. 
Félix, J. 
Goethals, E. 










MM. 


Lahaye, C. 

Roselt. 
Van Opsial, 
Van Schelle 


L. 

Alb 



Secrétaires des Comités de classes 



Classe 5. — Papeterie, reliures, matériel des 1 



DEUXIEME GROUPE. 
Mobilier et accessoires. 
Président : M. Bracquené. 
Vice-Président : M. de Savoyc. G. 

M. Bordiau. 
Secrétaire -. M. Mignot-Delstanche. 
Membres: Les Présidents, Vice- Présidents e 
de ce groupe. 

QUATRIÈME COMITÉ. 

Classes 12, 13, 16 et 17. 

Classe 12. — Meubles à bon marché et de luxe. — Objet 
Classe 13. — Ouvrages du tapissier et du décorateur. 
Classe 16. — Tapis, tapisseries et autres tissus d'ameublement. 
Classe 17. — Papiers peints. 



Iptés. 



i6i 



Président: M. Snyers(pè 


e). 








Vice-Présidents : M 


Tasson. Jo 








M. 


Van 


der Bc 


rght, 


Al p. 




Secrétaire : M. Fum 


ère, 


Théop. 














Membres ; 




MM. Bonnefoy. 








MM 


Montblanc (baron de) 


Boucnéau. 










Noguès, Richard. 


Braquerné. 










Schelfhoudt. 


Briots (père). 










Snyers (fila), Th. 


Briots, fils. 










Tainsy. 


Briinner, L. 










Taman. 


Cambier, L. 










Tasson, Fél. 


Cop pin- Lié vin 










Van de Casreele. 


Deligne-Verla: 










VandenNest. 


Demeuter, L. 










Van Yzendyck. 


Fraigneux. 










Van Marcke. 


Janlet, G. 










Verbuecken. 


Lefebure. 










Vlietinck. 


Lhoest, P. 










Wallaert (père) 


Mareska. 










Wilmart . 


Marque. 










Zech. 


Mi gn o t - D el st an ch e 











CINQUIÈME COMITÉ. 
Classes 14 et 15. 
Classe 14. — Cristaux, verreries et vitraux. 
Classe 15. — Céramique. 
Président : M. Mondron, L. 
Vice-Présidents ■■ M. de Savoye. 

M. Cuttier, Ad. 
Secrétaires : M. Henroz, Camille. 
M. Van der Elst. 



MM. Andris-Jocliams, 
Bernard, Jules. 
Bivort, J. 
Bois chevalier (dt 
EouMn, Ch. 
Boch. 

Delattre/L. 
Deprez. 

Dorlodot (de) 






H. 



MM. Henroz, Arthur. 
Nothomb, Eug. 
Pluys, L. 
Renard, Camille. 
Sadin, H. 
Schmidt-Devillez. 
Seutin. 
Stallins, A. 
Steenackers, C. 
Vart den Bril, J. 
Vermeire-Coché (Vve). 



SIXIÈME COMITÉ. 
Classes 18, 19, 20, 21, 22 et 34. 
Coutellerie. 



', fontes d'art diverses, métaux repoussés. 



Classe 18. - 

Classe 19. — Orfèvrerie. 

Classe 20. — Bronzes d'à 

Classe 2i. — Horlogerie, 

Classe 22. — Appareil* et procédés de c/uw/fogeet d'éclat'ragt 

Classe 34. — Joaillerie et bijouterie. 

Président -. M. Bordiau. 

Vice-Présidents ; M. Van Ryswick, H. 

M. Aerts. 
Secrétaire : M. Schlieffer. 







Memb 


es : 




MM 


Bourdon de Bruyne. 

Coetermans. 

Colinet. 

Coeter. 

Dery. 

Dethier. 

Du four. 
Fourcault. 
Leynen-IIougaerls. 
Mas=el-Licot. 




MM 


Mignot, A. 

Mouly. 

Picard. 

Porta, Nicolas 

Sacré, Edm. 

Swéron. 

Taman. 

Valiez. 

Van Ishoven. 

Wilmotte, fils. 

Wybauw. 



TROISIEME GROUPE. 

Tissus, vêtements et accessoires. 

Président .- M. Jonniaux, E. 
Vice-Présidents : M. Ancion. J. 
M. Simonis, A. 
Secrétaires : M. Diickerts. 

M. Jonniaux, Alf. 
Membres : Les Présidents, Vice-Présidents et Secrétaires des s 
classe de es groupe. 





SEPTIÈME COMITÉ. 






Classe 25. 






Classe 25. 


— Fiiset tissus de coton. 


Président; M. 
Vice-Président 
Secrétaire : M. 


Eloy. 

: M. Baertsoen 
Van Acker, P. 


Membres : 




MM. Debbaudt. V. 
Dubiez, H. 
Hanssens, J. 
Hemptimie (J. de). 
Hemptimie (L. de). 


MM 


Janssens, Théodore 
Par ment ier, G. 
Philipps-Glazer. 

Pïckaert. 
Verhaege, C. 



HUITIÈME COMITÉ. 
Classe 26. 
Classe 26. — Fils et tissus de lin de chanvre, etc. 
Président : M. Buysse, Aug. 
Vice-Président : Leirens. 
Seorétaire : M. Venet-Parmentier. 



Membres .- 

MM. Tack. 

Tant, L, 
Thienpont. 
Van der Sm 
Verhoest. 
Wilford. 



MM, Bruynseraede, Alf. 

Cooremans, V. 

De Jaegher, Al. 

De Witte-Lousbergs. 

Eeman, Alb. 

Leclerq, II. 

Popp-Isaac. 

NEUVIÈME COMITÉ 
Classes 27 et 28. 
Classe 27. — Fils et tissus de laine peignée. 
Classe 28. — Fils et tissus de laine cardée. 
Président : M. de Hasse de Villers. 



Vice-Président .- M. Taelei 

Secrétaire: M. Diickerts. 



MM. Biolley, L. 

De Grand-Ry, Ed. 
De Haes, Eug. 
Facq, Jules 



■ J- 



Jai 



is. Th. 



MM. Lanneau, Art. 
Mullendorf. 
Peltzer, Aug. 
Schafer. 
Simonis, A. 



DIXIEME COMITE. 

Classes 23, 24, 29, 3o, 32, 33, 36 et 37. 
Parfumerie. 

Maroquinerie, tabletterie et vannerie. 
Soie et tissus de soie. 
Châles. 
Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du véte- 



C lasse 23. 
Classe 24. 
Classe 29. 
Classe 30. 
Classe 32. 
ment. 

Classe 33. — Habillement des deux sexes. 
Classe 36. — Objets de vovage et de campement. 
Classe 37. — Bimbeloterie. 
Président: M. Jonniaux, E. 
Vice-Président : M. Jouvenei, A. 
Secrétaires : M. Tharin. 
M. Ji 



MM. Collard, Pr. 

Costier, Gustave. 

Dassonville. 

Des Cressonnières. 

Du Jardin. 

Duysters. 

Eeckelaers. 

Hirsch. 

Lagrange-Peeters. 



Membres : 
MM. 



Louette-Finner. 

Smits, A. 

Van Bellingen, J.-H. 

Van Marcke, Eug. 

Van Nieuwenhuyze. 

Vaxelaire-Claes. 

Vin, Fr. 

Vin : J. 

Wauters, E. 



ONZIÈME COMITÉ. 
Classe 31. 
Classe 31. — Dentelles, tulles, broderies et passementerit 
Président: M. Sacré, L. 
Vice-Président : M. Lestgarens. 
Secrétaire : M. Tbiroux, Eug. 





Membres : 




MM. Eegerem, R. 


MM 


Lavalette, V. 


Boval-De Beck. 




Le Page- De Paepe 


Brunner, L. 




Verdé-Delisle, 


Crols-Reyniers. 




Wasber, G. 


Ghys-Bruneel. 







i6* 



DOUZIÈME COMITÉ. 
Classe 35. 
Classe 35. — Armes portatives, armes de luxe et de chasse. 
Président : M. Ancien, J. 
Vice-Président : M. Francotte, Eug. 
Secrétaire : M. Polain. 





Membres : 




MM. Bachman. 


MM 


Jansen, Ad. 


Betrams. 




Laloux. 


Cavens, Ch. 




Morïsseaux, Ch. 


De Macar, J. 




Nagant, E et L 


Frésart, Ed. 




Piepier, H. 


H e use-Le moi ne. 




Simonis, Alb. 



Tabacs en feuilles 
Président ■ M. Vandevin, Ch. 
Vice- Président ■. M. Tinchant, Er. 
Secrétaire: M. Forge, V. 



MM. Attout-Frans. 
Bauduin. 
Craen, Com. 
De Man, J. 
Dutremez, J. 
Frenken. 
Grewel, H. 



Membres : 

MM. Hartog, A. 



Pauw 



,H. 



Pelgrims, Eug. 
Plaideau. 
Stein, Ad, 
Tinchant, L. 



DEUXIEME SECTION. 

INDUSTRIE. 

QUATRIÈME GROUPE. 

Industries exfractives. Produits bruts et ouvrés. 
Président : M. Van Scherpenzeel-Thim. 
Vice-Présidents : M. Chandelon. 

M. Verboeckhoven. 
Secrétaires : M. Harzé 

M. Habets. 
Membres : Les Présidents, Vice -Présidents et Secrétaires des cinq Comités 
de ce gro upe. 

TREIZIÈME COMITÉ 
Classe 3S, 
Classe 38. — Produits de l'exploitation des mines et de la métallurgie. 
Président : M. Delloye-Mathieu. 
Vice-Président ; M. Gillieaux, V. 
Secrétaire : M. F. Guchez. 







Membres ; 


MM. Alvîn. 




MM. Harzé. 


Andrimont (d 1 ) 




Hebbelinck. 


Beco, J. 




PI ovine. 


Becquet, J. 




Kroll. 


Berger. 




Lion- Ver m e ul e n , 


Berryer. 




Martin, N. 


Bodart-Bodart. 




M ont efi re- Le vy . 


Boël. 




Morisseaux. 


Bouhy. 




Nicaise, N. 


Braconnier de 


tfacar. 


Paris. 


Briart. 




Pelgrims, Eug. 


Cambier, Vital 




Raze. 


Canssard. 




Rolin. 


Chaudoir. 




Rosée (baron de). 


Dawans, A. 




Sabatier. 


De Bal. 




Sadoine. 


De fresnoy -T ra senst er . 


Saint-Paul de Sinçay 


De Rossius. 




Semai. 


Druart, Ch. 




Sépulchre, H. 


Dmieux. 




Trémourouy. 


Du Roy de Bli 


quy. 


Urban,?Ad. 


Eich. 




Verbist, Lamal. 


Fondu. 




Vincent-Ferdinand. 


François. 




Wilmait, L. 


Gilbert. 




Ziane. 


Goebel, M. 







QUATORZIEME COMITÉ 

Classes 3g, 40 et 41. 
Classe 39. — Produits des exploitations et des industries forestières. 
Classe 40. — Produits de la chasse. — Produits , engins et instruments de 
cueillettes, etc. 

Classe 41. — Produits agricoles non alimentaires. 
Président ; M. Crépin. 
Vice-Président : M, Tydgadt. 



Secrétaire : M. de Menten 


de Hor 


e. fChev 


■) 






Membres : 




MM. Barbier. 






MM. 


L a val et te-W ei 1 1 knec at 


Bru neel, Oct. 








Lebermuth. 


Cherquefosse. 








Leclerq. 


Delacre. 








Massange, G. 


De Lannoy. 








Meeus, L. 


De Schodt. 








Parisel, E. 


De Waele, Ben 


ardin 






Pavoux. 


Grandgaignage. 








Proost. 


Lambiotte, L. 








Racymaeckers . 


Lambo, F. 








Spinnael . 



QUINZIÈME COMITÉ. 
Classes 42, 43 et 48. 
Classe 42.— Produits chimiques et pharmaceutiques. 

Classe43- —Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d'impression et 
d'apprêt . 
Classe 48. — Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie 
Président: M. Chandelon. 
Vice-Présidents : M. Solvay. 

M. De Wilde. 
Secrétaire : M. Spinnael, Ch. 



Membres ; 



MM. Barbanson. 
Bayet, J. 

Belpaire, Frédéric. 
Bernard, J. 
Boch. 

Botelberghe, Gust. 
Brunneel, C. 
De Bonnier. 
Delacre, A. 
De Roubaix, A. 
De Walque. 
Druydts. 
Du pu y. 
Gody, L. 
Jonas-Hanail. 
Jouret. 



MM. KochJ. 
Lambert. 
Libbrecht. 
Melsens. 
Pavoux. 

Rommelaere, L 
Rooue. 
Savoye (de). 
Singer, Max. 
Stein. 

Van Heurck. 
Verboekhoven. 
Weinmann. 
Wood, W. 
Ysewyn, 



SEIZIÈME COMITÉ. 

Classe 44. 
Classe 44. — Cuirs et peaux. 
Président : M. Verboeckhoven, E. 
Vice-Présidents : M. Cherquefosse. 

M. Bouvy. 
Secrétaires : M. Van Begin. 

M. Lebermuth, fils. 



Membres : 



MM. Baugnies, A. 
Becquet. 
BockholU. 
Charlet. 
Cols on, Er. 
Coppée. 
Cornesse, G. 

Declercq-Vau Haverbecke. 
Dewez, L. 
Fontaine-Olinger . 
Fonteyne, J. 
Gillard, E. 



Classe 45. 



MM. Lavalette-Weinknecht. 
Lebegge. 
Lebermuth, père. 
Liebaert-Pecl. 
Massange, G. 
Orban de Xivry, L. 
Pi ret- Pau chez. 
Poncin, Grég. 
Rasquin, Is. 
Thibaut, X. 
T'Serstevens, Ed. 
Van Marckc. 

DIX-SEPTIEME COMITÉ. 
Classe 45. 
- Matériel et procédés d'exploitation des mines et de la r. 



Président ■. M. Trasenster, L. 
Vice-Président : M. Henin, François 



Secrétaire: M. Alvin. 










Memb 


'es : 




MM. Beco, J. 




MM 


Goffin, Josse. 


Béer, Ch. 






Guinotte. 


Bouhy. 






Habets. 


Briart. 






Hardy. 


Chaudron. 






Henin, Jules. 


Dallemagne, G. 






Jaspar. 


De Bal. 






Laporte. 


François, J. 






Mabille, V. 


Gilain. 






Van Scherpenzeel-Th 


Gillieaux. 









i63 — 



CINQUIEME GROUPE. 

Outillage et procédés des industries mécaniques. 
Président : M. Fassiaux. 
Vice-Président -. M. Sadoine, 
Secrétaires : M. Fassiaux, P. 

M. Steinmetz. 
Membres ■ Les Présidents, Vice-Présidents et Secrétaires des huit Comités < 
:e groupe. 

DIX-HUITIÈME COMITÉ. 

Classes 46 et 47. 

Classe 46. — Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières. 



■ Matériel et procédés 
alimentaires. 
Président : M. Ancion, Alf. 
Vice- Président: M. Halot, Ch. 
Secrétaire : M. Pyro. 

Membres : 
MM. 



p-icoles et des indus tri 



Barbier. 


MM. Petermann. 


Bauduin, V. 


Peters. 


Dassonvillede Saint-Hubert, 


Raeymackers. 


Decuyper. 


Raze. 


Gilain, A. 


Van Hissenhoi 


Janssens. 


Van Volsem, \ 


Leclerc. 


Van Zuylen, Ec 


Mecus, L. 





DIX-NEUVIEME COMITE. 
Classes 49, So, S4> S 6 ET Co- 
dasse 49. — Mac/unes et appareils de la mécanique générale. 
Classe 50. — Machines-outils. 

Classe 54. — Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier 
d'habitation. 
Classe 56. — Machines, instruments et procédés usités dans divers travau. 
Classe 60. — Transmission optique ou pneumatique de signaux. 
Président : M. Sadoine. 
Vice-Présidents -. M. Bède, E. 
M . De Nayer, 
M. Maroquin. 
Secrétaires : M. Cabany. 
M. Stein. 
M. Grumiaux. 



Béer, Ch. 

Bihet. 

Blanckaert. 

Brandenburg. 

Carels, G. 

Dalle magne, G. 

Delarge. 

Deliége. 

De Tombay. 

DeVille-Chatel. 

D welshauv ers-Dery . 

Fétu, Jos. 

Guinotte. 

Halot, E. 

Henin, Fr. 

Henin, Jules. 

Huberty. 



Kraft. 

Masui. 

Paris. 

Pétry-Chaudoir. 

Rau. 

Richald-Pirson. 

Sainclelette. 

Schaar. 

Snyers, père. 

Tasson.F. 

Timmermans. 

Van Acker, Léop. 

Van den Abeele. 

Vanden Kerckhove. 

Van Goethe m. 

Vinçotte. 

Walschaert, 



VINGTIEME COMITÉ 
Classes Si, 52 et 53. 
Classe 51. — Matériel et procédés du filage et de la t 
Classe 52. — Matériel et procèdes du tissage. 
Classe 53. — Matériel et procédés de la couture et 
M, Demot. 



Président 

Vice-Président: M. Dujardi 

Secrétaire: M. Pavoux, E. 

MM. Buyss 



ifection des vêtements. 



. Fr. 



Membres -■ 

MM. Mignot, Firmin. 
Morel, Henri. 
Suppes, J. 
Vertongen, Ch. 



D u esbe :g-D el rez . 
Duesberg, H. 
Dujardin, Jules. 
Lougtain. 

VINGT ET UNIÈME COMITÉ. 

Classe 55. 

Classe 55. — Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des 

impressions. 
Président: M. De Nayer. 
Vice-Présidents : M. Allard, AIp. 

M. De Somer-Van Genechten. 
Secrétaire ; M. Marque. 



MM . Duisberg. 

Julien. 
Mertens, A. 
Merzbach. 



Membres : 
MM. 



Qlin. 

Schildknccht. 
Thiry. 
Vanderborght, F, 



Clas 



; 57. 



VINGT-DEUXIÈME COMITE. 
Classes 57 et 58. 
■ Carrosserie et charronnage. 



Classe 58. — Bourellerie et sellerie. 

Président : M. Vautier. 

Vice-Présidents : M. Van de Casteele-Dubar . 

M. d'Ieteren. 
Secrétaire : M. Van Oye, A. 





Memb 


•es : 


MM. Bisserot. 




MM. Geelhand. 


Charlet. 




Schmitzel. 


Claeys-Inghels. 




Van Aken, Lot 


De Ruyter. 




Vervilt, Félix. 


VINGT-TROISIÈME COMITÉ. 




Classe 


59- 


Classe 59. - 


Matériel des chemins de fer. 


Président: M. Schaav. 






Vice-Présidents .- M. Ma bille 






M. De Bruyn. 




M. Urban, 


M. 




Secrétaires -. M. Huberty. 






M. Masson. 






M. Gody, Ed. 


Mcmbi 




MM. Becquet, J. 




MM. Fassiaux, 


Beekman . 




Flamache. 


Bemelmans. 




Gondiy. 


Bollekens. 




Lechat. 


Brasseur, Aug. 




Lebon. 


Bihet. 




Maroquin. 


Blancquaert. 




Massânge. 


Cabany. 




Masui. 


Carels, G. 




Nagelmackers, ( 


Ce nant. 




Parmentier, Ch 


De Graux. 




Ramaeckers. 


Delmer, Fr. 




Steinmetz. 


De Rudder, Ed. 




Stevart. 


Dubcis. 




Thimus. 


Dupuicb, C. 




Urban, J. 


Du Roy de Blicquy. 




Van Aelbroeck. 



VINGT-QUATRIEME COMITE. 
Classe 61. 
2 6r. — Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics 
et de l'architecture . 



Président: M. Morelle. 




Vice-Présidents : M. Wellens. 




M. Tasquin. 




M, Beyaert 




Secrétaires : M. Van Mierlo. 




M. Deschrijver. 




M. Besme. 






Membres : 


MM. Ameye. 


MM. De Maeght. 


André. 


De Mathys. 


Baeckelmans. 


Descamps. 


Balat. 


Dieltiens, E. 


Bayot. 


Doat. 


Bilmeyer. 


Dubois. 


Blaton-Aubert 


Dumortier. 


Blomme, L. 


Fondu. 


Bodart-Bodart, 


Garant, 


Bocnardeau. 


Gife. 


Bordiau. 


Guyaux. 


Boudin. 


Heyninx. 


Cavens, L. 


Huberty. 


Collinet. 


Janlet. 


Cossoux, L. 


Janssens-Wynand 


Dapsens. 


Lagasse, E. 


De Keyser. 


Lamal, Tit. 


Delcourt. 


Lamal, 


Delecourt, J. 


La vallée. 


Demany. 


Legrand, L. 


Dens, P. J. A. 


Legrand, Ch. 






164 



tu 



MM. Legrand, Ach. 




MM 


Spilthorn. 


Mathyssens, H, 






Stockman. 


Michel. 






Tagnon. 


Morisseaux. 






Tock. 


Pîetlot. 






Troost. 


Pirmez, H. 






Van I-Ieede. 


Prbse. 






Van Yzendyck. 


Puissant, A. 






Verstraelen. 


Puissant, Al. 






Vinc lient. 


Quetin. 






Wauters-Koeck 


Reiter. 






Webert, Ch. 


Royers. 






Wilmart, L. 


Servais, Ch. 






Wincqz, G. 


Serweytens, Ch. 








VINGT-CINQUIÈME COMITÉ. 




Cl 


SSE 62. 




Classe 62. — Mât 


rie! e 


procédé 


de l'art milita 


Président; M. Nicaise. 








Vice-Président : M. Ancion, 


J. 






Secrétaire : M. Waïïelaer. 










Membres : 




MM. Collard. 




MM 


Le boulangé. 


De Boer. 






Liagre. 


De Posch. 






Renard. 


De Vos. 






Rousseau. 


Gody, L. 






Strauch. 


Hennequin. 






Tïmmerhaus. 


Lasserre. 






Van Hoorebeke 



SIXIEME GROUPE. 

Produits alimentaires. 
Président: M. Raeymackers. 
Vice-Présidents : M. Mertens-Van Goethem, 

M. Vercrnysse-Bracq. 
Secrétaires: M. Vandevelde. 

M. Janssens.Scb.nl. 
Membres : Les Présidents, Vice-présidents et Secret 
groupe. 

VINGT-SIXIEME COMITÉ. 
Classes 63 et 67. 

Classe 63. — Céréales, produits farineux avec leurs dérivés. 
Classe 67. — Légumes et fruits. 
Président : M. Remy. 
Vice-Président : M. Gilbert. 
Secrétaires : M. Damseaux. 
M. Gillekens. 



i des comités de c 



Membre. 



MM. Alix, FI. 
Barbanson. 
Barbier. 

Decock, 

Dewinter, Lauwe 
Doucet. 

Gloesener, J. J, 
Janssens, L. 



Leclerc. 

Petermann. 

Proost. 

Thys, H. 

T'Serstevens. 

Tydgadt. 

CteFr. VanderStraeten-Ponihoz, 

Cte J. Vander Straeten-Ponthoz. 

Van Heurck. 



VINGT-SEPTIEME COMITÉ. 
Classes 64, 6g, 66 et 68. 
Classe 64. — Produits de la boulangerie et de la pâtisserie. 
Classe 65. — Corps gras alimentaires, laitage et œufs. 
Classe 66. — Viandes et poissons. 

Classe 68. — Condiments et stimulants,- sucres et produits de la confiserie. 
Président ■. M, Vercruysse-Bracq. 
Vice- Présidents : M. Winckelman, Victor. 

M. De Lannoy. 
Secrétaire: M. Joveneau. 



Membres : 
MM, 



Brasseur. 
De Coninck. 
Dekuyper- Van de Vh 



Del acre, Ant. 
Delaet,J.-J.' 
Noblesse. 

Renard, J. 
Vair I-Iissenhovc 



VINGT-HUITIÈME COMITÉ. 

Classe 69. 

Classe 69. — Boissons fermentées. 

SOUS- COMITÉ DE LA BRASSERIE. 

Président : M. Mertens-Van Goethem. 
Vice-Président -. M. Janssens-Schul. 
Secrétaire : M. Van der Molen. 

Membres : 



MM. Becquet, E. 
Brogniez. 
Burny-Antheunis. 
De Boeck, A. 
Dupierreux, E. 
Février, G. 
Grofils, P. 




MM . Lemmens-Van Mon 
Rodenbach, E. 
Schul, H. 
Tack. 

Van den Eogaert. 
Wodon-Hoogen. 
Wodon-Wodon. 


sous 


COMITÉ 


DE LA DISTILLERIE. 


Président: M. Raeymaeckers. 
Vice-Présidents : M. Bal. 

M, Meeus, Louis. 
Secrétaires : M. Van de Velde. 






Membres : 


MM. Lannoy. 

Lannoy-Sablon. 
Meeus, Jules, 
Systermans. 




MM. Van Straelen, Fr. 
Villers, Fi. 
Villers, Auguste. 
Wilniotte-Maurice. 



TROISIEME SECTION 

SEPTIÈME GROUPE. 

VINGT-NEUVIÈME COMITÉ. 

navigation et sauvetage. 

Classes 70, 71 et 72. 

Classe 70. — Bâtiments de tous genres. — Matériel, etc. 

Classe 71. — Sauvetage maritime. ■ — Eclairage et balisage des côtes. 

Classe 72. — Sauvetage pour incendies et airtres accidents. 

Président: M.Michel. 

Vice- Président : M. Delcourt. 

Secrétaires : M. Verstiaeten. 

M. Horta. 

M. Boulvin. 



Membres : 



Best, J. 
Beduwé. 
Bonninge (de). 
Cornet. 
DelbouMe. 
Damblon. 
DeRo. 
D'Hanis, G. 

Engels, Th. 
Giltens, Fr. 
Goris, Th. 

Janssens. 
Relier. 



. Krafft. 
Lccointe. 

Marguery. 
Petit. 
Rickart, 
Seidel. 
Thiriard. 
Vonderbecke. 
Van der Taelen. 
Van Halen. 
Van Maenen. 
Verbrugge. 
Weber. 
Weysen, L.-A. 



HUITIEME GROUPE. 
TRENTIÈME COMITÉ. 

PÈCHE ET PISCICULTURE. 

Classe 73. — Bateaux et matériel de pêche. 
Classe 74. — Pêche en eau douce. 
Classe 75. — Conditions économiques des pécheurs. 
Classe 76. — Commerce et économie. 
Classe 77. — Eaux douces et eaux salées. 
Classe 78. — Histoire et bibliographie. 
Président : M. Willequet. 
Vice-Président : M. Symon. 
Secrétaires: M. Orban de Xivi-y. 
M. Lee ointe. 



Mcmbri 



MM. 



Casteels-Decoen. 
Desmet. 
D'Hanis, G. 
Dossaert, L. 
Dufour. 
Everaerts. 
Gens. 
Guider, A . 
Hamman Paul. 



Janssens, Ch. 
Mengé. 
Thomas, L. 
Van Baelen . 
Van Bemdcm. 
Van Beneden. 
Van Imschodt. 
Van Mullem. 









NEUVIEME GROUPE. 
TRENTE ET UNIÈME COMITE. 
Classes 79, 80, Si, 82 et S3. 
Classe 79. — Bibliographie, Législation. 
Classe 80. — Importations. 
Classe 81. — Exportations. 

Classe 82. — Articles d'exportation à l'usage des indigènes des contrées non 
civilisées. 

Classe 83. — Musées commerciaux. 
Président: M. Woelmont, G. (Baron de). 
Vice-Présidents ; MM. Deppe et Hunier. 
Secrétaires : MM. Gcelhand, Alfr. et Van Oye. 



MM. Ancion. 
Bîart. 
Biebuyck . 
Bien (de), A. 
Bnincel, 0. 
Bulck, Ang. 

Capelle. 
Cateaux, Arm, 
Chehet-AUard. 
Dansaert, A. 
Dekoninck. 
Dsfacqz. 

De l'Arbre. 



Lcgrand, Ach. 
Malissart. 
Marsilly, John. 
MentendeHorne(de , Ch. 



M.; se 



, Edm 



Deleeu 
De Soi 



, F. 

r-Van Gencchten. 



Francotte, Fr. 
Giltens, Fr. 
Gramigaifriiage. 
Havenith-De Decker. 
Hemeleers-Fiévé. 
Laloux, 

Lambennont (baron). 
Lambert de Rothschild. 
La m b reclus. 



Noirfal.ze. 
Par m entier, G. 
Pirmcz, End. 
Robyns, Fr. 
Rueleus. 
Rnys, J. 
Sadoine. 
Schmitz, A. 
Schuchaid, Alf. 
S traite li. 

Telghuys, H.-J.-A. 
Trasenster, Paul. 
Van Bniyssel. 
Van der Laat. 
Van Neuss. 
Van Put, E. 
Van Scbelle. 
Verbaere, Alf. 
Verhaqghe, C. 

Verspieuwen. 



QUATRIEME SECTION 



IO f , II , 12 e , 130, 14e ET 15° CROUPES. 

■ groupe — Mécanique générale. 

iil. — Production des courants électriques. 

id. — Conducteurs électriques. 

ïd. — Etude et enseignement de la science électrique. 

Applications Scientifiques. 
id. — Transmission des signaux et de la parole par Vètectn 
■■ id. — Applications industrielles des courants électriques. 
Applications diverses. 



COMITE DE GROUPES. 





Groupes 


0, II 


. 12. 13 


14 ET 15. 


Président : M. Rousseau. 










Vice-présidents ■ MM. De 


arge 


Mels 


ns et Somzée. 


Secrétaire : M. L. 


Gody. 




Met 


ibres : 




MM. Banncrw. 








MM 


Jaspar. 


Bcekman. 










julien. 


Bede. 










Lhoest. 


Berlin. 










Lihert, J. 


Eodard, Alf. 










Manne. 


Boucquié. 










Mois. 


Collard. 










Mouflon. 


Courtois. 










Nothomb. 


de Cazenave 


Cl. 








Perard. 


De Prêter. 










Rom me! aère. 


De Roubaix, 


Ch. 








Royers. 


Dery. 










Sa v oye (de). 


Desguin, P. 










Schubart. 


Dewalque. 










Spée (l'abbé). 


Dumonr. 










Van Eellinghen. 


Evrard, FI. 










Van Gend. 


Flamache. 










Van Heuixk. 


Gérard. 










Valériu=. 


Goe thaïs. 










Van Rysselbcrgh 



MM. Waffelaert 

Weissenbrtich. 
Welsch. 



MM. Wyban 



COMITE DE CLASSES. 
PREMIER COMITÉ. 
Classes 89, 90, 91, 92, 93 et 94 (i3a groupa) 
ésident : M. Rousseau. 



ecrêtaire : M. L 


Gody. 


Membres .- 




M. Banneux. 




MM 


Perard. 


Courtoy. 






Rommelaere. 


Dewalque. 






Schubart. 


Flamache. 






Van Heurck, 


Gérard. 






Van Rysselbergh 


Libert. 






Weissenbruch. 


Melsens. 









DEUXIEME COMITÉ. 
Classes 95, 96, 97 et 98 (14 e groupe). 
Président : M. Delarge. 
Secrétaire : M. Bauneux. 



Monbr, 



Berlin. 

Collard. 

de Cazenave, Cl. 

D uni ont. 

Evrard. 

Flamache. 

Julie». 

Manne. 
Mo's. 



Sa v oye (de). 

Schubart. 

Somzée. 

Van liellingen. 

Van Gend. 

Van Ryssc'berghe. 

Waffdaert. 

Weissertbrach. 

Welsch. 



TROISIÈME COMITE. 
Classes 85, S6, 99 (11° groupe. Eclairage électrique) 
■sident: M. Somzée. 
rétaire : M. Nothomb. 

Membres : 



MM. Ballet, 








MM 


Goethals. 


Bède. 










Jaspar. 


BoJart. 










Julien. 


Bouquié. 










Melsens. 


Courtoy. 










Perard. 


Depreter. 










Rommelaere. 


De r ou bai x. 










Rousseau; 


Dery. 










Royers. 


Dewalque. 










Savoyc (de). 


Dumont. 










Van Heurck, 


Gérard. 










Wybauw. 


Gody, L. 














QUATRIÈME COMITÉ. 


Classes P4 


87. 


88, 1 


00, 101, 


102 ( 


0*, 12" et I5« groupes) 


Président : M. Melsens. 










Secrétaire : M. Gérard. 
















Même 


-es: 




MM . Bauneux. 








MM 


Libert. 


Barlet. 










Manne. 


Bède. 










Mourlon. 


Bertin. 










Nothomb. 


Bodart. 










Rommelaere. 


Bouquié. 










Rousseau. 


Collard. 










Royers. 


de Cazenave, 


C. 








Schubart. 


Delarge. 










Somzée. 


Depreter. 










Van Bellingen. 


Deioubaix. 










Van Gend. 


Dery. 










Waffelacrt. 


Evrard. 













CINQUIÈME SECTION. 

AGRICULTURE. — HORTICULTURE. — CONCOURS SPÉCIAUX. 

SEIZIÈME GROUPE. 

Agriculture . 
Commissaire international : M. A Ronnberg. 
Président: M. Van der Srraten-Ponthoz (le comte JoS.). 
Vice- Présidents : MM. l'Serstevens, L. et de Biolley, Fr. 
Secrétaires : MM. Vv'akkiers et de Mcvi us (baron). 



i66 



MM. Abraïsart de Bulloy. 
de Boichgrave, 
de Cock. 
Coppée. 
Crombez, H. 
Dams eaux. 
Domont. 
Geelhand, AU. 
Gilbert,?. 
Gihoul. 

tlynderiekx (chevalier) 
de Giuben. 
Lahaye, L. 
Lippens. 



MM. L'Olivier. 

Lmiden (baron). 

de Marbaix. 

de Rib eau court (comte). 

de Steenhault (baron. 1 . 

de Trazegnies (marquis). 

Merghlinck. 

Peers (baron). 

TibergMen. 

Van Praet (chevalier). 

Vanden Abeele. 

VanderStraten-Ponlhoz (c'°Fr,; 

VanVolsem, V. 

Wehenkel, 



MM. Bethune (baron). 


MM 


. Lenaerts, J.-B. 


Bertrand- Picard. 




Linden, L. 


Bruneel. 




Macorps, fils. 


Crepin. 




Massange. 


D'Avoine. 




Monen. 


de Da inseaux. 




Nyssens, Ed. 


De Beuker, J. 




Pauwels. 


Dclrne-S clive vcns. 




Peeters, Aug.' 


De Smet, L. 




Pynaert, Ed. 


D'IIaene. 




S pae - '\ "a nderm e ul en . 


Everaerls. 




Van den Wouver, A. (che 


Fuchs. 




Vandcrvorst, P. 


Gillekens. 




Van Geert, Auguste. 


Jansaens, l'h. 




VanGeert, Ch. 


Kegeljan. 




Van Heurck. 


Keilig. 




VanHoutte, L. 


Kiefcx. 




Verschaffelt, A, 


Leçon te, Alb. 


Approuvé : 


Wiot. 


Bruxelles, le 19 septembre 


1S84. 






Le 


Ministre de l'Agriculture, 




de l'Industrie et des Travaux publ 






A. Beeenaert. 



DIX-SEPTIEME GROUPE. 

Horticulture. 

Commissaire international : M. C. Bernard. 
Président : M. Osy de Wychen (baron). 
Vice-Présidents : MM. Doucet et Gilbert, Ch. 
Secrétaires : MM. Lubbers et De Code. 

Pour bien faire ressortir le mécanisme compliqué de la vaste organisation que comporte une Exposition 
Universelle, nous avons fait abstraction, dans une certaine mesure, de l'ordre chronologique. Nous avons 
glissé sur un événement politique qui ne fut pas sans influence sur l'issue des projets en voie de réalisation. 
A la suite des élections législatives de juin 1884, la direction du pays passa du cabinet Frère-Orban au 
cabinet Malou. Le chef de la droite renonça au pouvoir à la suite d'une crise qui éclata au mois d'octobre et c'est 
amsi que le portefeuille des finances et la présidence du Ccnseil échurent à M. Beernaert. 

Ceci dit, pour mettre plus d'ordre et de clarté dans notre récit, nous retournerons en arrière de quelques 
pas et reprendrons à partir du mois de mai l'exposé des travaux du Comité exécutif. 

On remarquera que celui-ci alla résolument de l'avant, bien que la marche hésitante du gouvernement 
ne fut pas de nature à le stimuler bien vivement. 

Le Comité exécutif composé des Administrateurs de la Société anonyme, élut pour Président M. Victor 
Lynen et s'adjoignit en qualité de Secrétaire général, M. Pierre Koch, avocat à Anvers. 

N'oublions pas de mentionner l'institution d'un Comité technique, institué au commencement de l'année 
1884 par le Comité exécutif de l'Exposition, à l'initiative de M. le comte d'Oultremont. 

M. Belpaire, administrateur des chemins de fer de l'État à Bruxelles, remplit les fonctions de président 
du Comité technique de l'Exposition et du Comité des essais de l'Industrie. 

11 consacra sa longue expérience et ses remarquables aptitudes à l'organisation de la section internationale 
de 1 Industrie (voir page 173). Les services éminents qu'il a rendus à l'Industrie lui ont valu sa promotion de 
grand officier de l'Ordre de Léopold. 

M. G. Royers, ingénieur de la ville d'Anvers, occupe la place de vice-président du comité technique. 
Après de sérieuses études faites à l'École du Génie civil de Gand, M. Gustave Royers entra en 1870 
en qualité d'ingénieur au Corps des Ponts et Chaussées, où il ne larda pas à se distinguer. 

Il quitta en 1S75 cette administration pour accepter les fonctions d'ingénieur de la ville d'Anvers, 
rendues vacantes par le décès du titulaire, M. l'ingénieur Th. Van Bever. 

M. Royers s'est dévoué à la tâche difficile qu'il avait assumée. Il a attaché son nom aux immenses 
travaux que l'Administration communale d'Anvers a fait exécuter depuis une dizaine d'années et a contribué 
pour une large part à l'amélioration de ces installations maritimes qui font l'admiration du monde entier. 
Sa science et son caractère l'ont rendu un des hommes les plus populaires d'Anvers. On se réjouit 
de ses succès, on aime son caractère modeste, bienveillant et ferme à la fois. Il doit tout à lui-même, à 
son talent, à son travail. 

M. Royers a été nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold à l'occasion de l'inauguration solennelle 
des quais de l'Escaut qui eut lieu le 26 juillet i885, et cette nomination a été hautement applaudie par les 
nombreux amis que compte le sympathique ingénieur de la ville d'Anvers. 

C'est à M. Gody qu'échut la tâche difficile de préparer toutes les questions qui étaient devenues du 
ressort de ce comité technique. 

M. Gody s'est acquitté de ces fonctions délicates avec le plus grand zèle et beaucoup de talent. 

Les questions "ayant rapport aux travaux de construction en général, à la Halle des machines, eau, gaz, 







M. le Chevalier de Moreau, 
Ministre de 'l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics (Voir face 17S) 



p 



— 168 — 

électricité, établissement des voies de chemins de fer, écoulement des eaux, projet d'aménagement de la gare 
du Sud pour le service de l'Exposition, etc., ont été préparées par M. Gody. 

M. Gody a donc aussi droit à une large part de reconnaissance pour sa participation aux travaux 
techniques de la grande entreprise internationale d'Anvers. 

M. De Keyser a partagé avec M. Gody la tâche difficile qui incombe dans tous les Comités prépa- 
toîres à MM. les secrétaires. 

M. Emile De Keyser, né à Anvers en 1841, est fils de l'illustre peintre dont s'honore la Belgique. 

Il fil de brillantes études à l'École des Arts et Manufactures et des Mines de Liège, dont il sortit 
en i863 avec le diplôme d'ingénieur civil. 

Après s'être occupé spécialement, pendant une dizaine d'années, de travaux publics, tant en Belgique 



qu'à l'étranger, il fut appelé à 
la direction de la Société ano- 
nyme du Sud d'Anvers, créée 
par la loi du 17 avril 1S74 
relative aux nouvelles installa- 
tions maritimes du port d'Anvers. 

C'est en faisant sauter l'un 
des bastions de l'ancienne Cita- 
delle espagnole qu'il inaugura 
au mois d'août 1874, en pré- 
sence de la Famille Royale, 
la première série des immenses 
travaux qui devaient transfor- 
mer le port d'Anvers. 

C'est d'après ses études et 
sous sa direction que s'exécu- 
tèrent le démantèlement et le 
nivellement de la vieille forte- 
resse sur l'emplacement de 
laquelle s'est élevée l'Exposition 
Universelle; c'est lui qui traça 




M. De Keyser 

Secrétaire Adjoint du Commissariat Général 

du Gouvernement. 



le nouveau quartier et appro- 
pria à leur nouvelle destination 
les terrains conquis en partie sur 
le fleuve. Il prit une part active 
aux diverses négociations aux- 
quelles a donné lieu l'œuvre 
colossale des nouveaux quais 
inaugurés le 26 juillet 1 885 . 

A cette occasion, S. M. le 
Roi voulant reconnaître les ser- 
vices rendus par M. Emile De 
Keyser, le nomma Chevalier de 
son ordre. 

C'est grâce au concours 
dévoué de M. De Keyser que 
les promoteurs de l'Exposition 
Universelle, en obtenant les 
emplacements qui leur étaient 
nécessaires, purent réaliser l'idée 
grandiose qu'ils avaient conçue. 

Le Comité exécutif de l'Ex- 



position fit, dès le début, appel aux connaissances spéciales de cet ingénieur distingué et fut heureux de le 
compter au nombre de ses collaborateurs actifs. 

Suivant l'avis émis par le Comité technique de donner une grande importance aux diverses applications 
de l'électricité, il a été institué dans la séance du 20 mars 1S84 un Sous-Comité technique d'électricité 
composé d'un nombre restreint de personnalités et de spécialistes. 

Comité technique près le Comité exécutif de l'Exposition Universelle d'Anvers. 



Président .- 
Vice-Président .- 
Membre Secrétaire : 
Membre Secrétaire adjoint : 
Membres : 



M. A. Belfaire, administrateur des chemins de fer de l'État. 
M. Royeks, ingénieur de la ville d'Anvers. 

M. Gody, architecte au Ministère des Chemins de fer, Postes et Télégraphe 
M.- De Keyser, ingénieur, Directeur de la Société anonyme du Sud. 
MM. le Comte Ad. d'Oultkemont, membre de la Chambre des représentants. 

E. Rousseau, professeur à l'École militaire et à l'Université de Bruxcllc 

Deschryver, ingénieur des Ponts et Chaussées. 

G. L. Delcoukt. ingénieur en chef de la .Marine. 

De Ruydts, major d'artillerie. 

Van Hookebeke, capitaine du Génie. 

Grandoalônage, directeur de l'Institut du Commerce à Anvers. 

Desraux, ingénieur à l'administration des chemins de fer de l'État. 

Le Sous-Comité technique d'électricité était composé de : 

Président: M. Rousseau, Recteur de l'Université libre de Bruxelles. 
Vice-Prêsidînu -. MM. Delarge, Ingénieur en chef. Directeur des Télégraphes. 

Léon Somzée, Ingénieur, membre de la Chambre des représentants. 

Melsens, Professeur de chimie à l'École vétérinaire. 



- 16g - 

Memh-e-Secritaire -. M. L. Gody, Capitaine commandant d'artillerie. Professeur à l'Ecole militaire et ù l'Ecole de guerre. 
Membres : MM. Banneux, Ingénieur en chef, Inspecteur des télégraphes de l'État. 
Barlet, Ingénieur en chef aux chemins de fer de l'État. 
Bède, Ingénieur, ancien professeur à l'Université de Liège. 
Collard, Capitaine du génie. Commandant la compagnie des télégraphistes de place. 
Courtoy, Professeur à l'École vétérinaire, 
de Cazenave, C, Ingénieur électricien. 

Flamache, Ingénieur aux chemins de fer de l'État, Professeur à l'Université de Gand. 
E, Gérard, Professeur, Directeur de l'Institut Électro-technique Montefiore. 
Goethals, Ingénieur électricien. 
Jaspar, Industriel. 
Lhocst, Ingénieur électricien. 
Mois, » » 

Ch.Mourlon, » » 

Nothomb, » » 

Rommelaere L., Professeur de chimie à l'Ecole industrielle de Bruxelles. 
Van Gend, Ingénieur électricien. 

Van Heurck, Directeur du Jardin botanique d'Anvers. 
Van Rysselberghe, de l'Observatoire de Bruxelles. 

Waffelneri, Capitaine du génie, Commandant la compagnie des télégraphistes de campagne. 
Weissenbruch, Ingénieur aux Chemins de fer de l'État. 
Wybauw, Ingénieur de la ville de Bruxelles. 

Le Sous-Comité technique d'électricité tint de nombreuses séances et fut l'auteur de toutes les installations 
électriques de l'Exposition. 

Dès la première quinzaine de mai 1884, une circulaire fut adressée à tous les industriels notables e: à 
tous ceux que leur influence désignait pour faire partie des Comités à organiser dans chaque province et 
dans chaque ville. 

Cette circulaire contenait un tableau -projet d'une Commission organisatrice des Comités de Sections, 



[ 



de Groupes et de Classes de 
l'Exposition et donnait aux 
membres de cette Commission 
un premier rendez-vous à Bru- 
xelles, le 28 mai, à l'effet d'y 
constituer définitivement la Com- 
mission directrice des Sections, 

Elle était accompagnée d'une 
circulaire adressée aux Produc- 
teurs de tous les pays et con- 
tenant, outre les renseignements 
désirables sur le but, l'orga- 
nisation et le programme de 
l'Exposition : 
qu'en quelques semaines plus de 75,000 documents furent envoyé 




Première affiche 



a) Le règlement général de 
l'Exposition ; 

b) La classification générale 
des Produits ; 

c) Des bulletins de demande 
d'admission avec questionnaire ; 

d) Une formule destinée aux 
indications nécessaires pour la 
rédaction du catalogue officiel 
de l'Exposition. 

Pour donner une idée du 
travail auquel furent astreints à 

mains. ce moment les bureaux du 

Comité exécutif, il suffit de dire 

ainsi dans toutes les parties du monde. 



Cinq semaines auparavant, une première circulaire signée du comité exécutif, avait été, par l'entremise 
du Comité de la presse, adressée à tous les journaux de Belgique et d'Europe, ainsi qu'aux principaux 
journaux d'outre-mer. 

De plus, un appel direct fut adressé aux Consuls de Belgique à l'étranger pour attirer leur attention sur 
l'Exposition, et pour demander leur concours en vue d'obtenir la participation des principaux producteurs 
de leur district. 

Après l'expédition des documents à l'étranger, le Comité se mit à l'œuvre pour amener la participation des 
industriels belges. 

Dans la réunion tenue le 28 mai, furent jetées les bases de l'organisation. 

Le mercredi 3o juillet 1884, eut lieu dans la grande salle du Palais des Académies, l'installation delà 
commission chargée d'encourager la participation des producteurs belges. 

L'assemblée, très nombreuse, composée de grands industriels, de commerçants, de hauts fonctionnaires, de 
professeurs d'université, de membres des corps savants, etc., etc., était présidée par M. A. Beernaert, ministre de 
l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, aux côtés duquel siégeaient les membres du Comité Central, 
MM. Lynen, président adjoint, de Wael et Meeus, vice-présidents, baron Lambermont, secrétaire général du 









— 170 — 

département des affaires étrangères, comte A. d'Oultremont, commissaire général du gouvernement, Rombaut, 
commissaire général de la section belge, MM. Cuylits, Belpaire, Evrard, Som'zée, Ronnberg et Bernard' 
commissaires internationaux, Gody J. et Koch P., secrétaires généraux, MM. le comte A. du Chastel et de 
Cazenave,, secrétaires. 

En ouvrant la séance, M. le Ministre a pris la parole et dans une improvisation qui produisit une 
grande et heureuse impression, il rendit hommage à l'initiative des promoteurs de l'Exposition et à l'énergie 
persévérante des industriels belges dans leur lutte contre la concurrence étrangère. 

Il fit ressortir, en excellents termes, les résultats heureux qu'on pouvait espérer, au point de vue surtout 
de l'exportation, du grand concours d'étrangers que la solennité ne manquerait 
pas de faire affluer en Belgique. 

Il fit un appel chaleureux à la coopération de tous, protestant de l'intérêt 
que portait le gouvernement au succès de l'entreprise et renouvelant l'assurance 
de son entier et sympathique concours. 

M. le ministre céda ensuite le fauteuil à M. Victor Lynen, qui, en 
quelques mots très applaudis, fit un exposé des démarches faites auprès des 
gouvernements étrangers. Déjà le concours officiel des principales nations, 
notamment de la France, de l'Angleterre, de l'Italie, du Brésil, etc., était acquis 
à cette œuvre importante. Des négociations actives sont suivies avec l'Espagne, 
les Pays-Bas et la Russie, dont l'adhésion ne saurait tarder. 

M. P. Koch fit connaître les principaux détails du projet d'orga 
nisation et donna lecture du règlement de la commission. 

Ensuite, M. Gody ex- 
posa la classification des 
groupes et comités chargés 
d'encourager la participa- 
tion des producteurs belges, g 
et invita les membres pré- 
sents à se réunir immédiate- ÉÊMk 
ment dans les autres salles ^^^ 
du Palais des Académies, ~~^^f~ 
pour procéder à la constitu- 
tion des bureaux des divers 
comités. 

Un entrain du plus 
heureux augure pour le suc- 
cès de la grande œuvre 
qu'avait entreprise la ville 
d'Anvers marqua cette réu- 
nion. 

De ce moment, l'orga- 
nisation de la Section belge fut tout entière laissée aux mains du Commissaire général, M. Eug. Rombaut 
et de son secrétaire général M. L. de Cazenave. 

Nous traiterons de la Section belge, comme de toutes les Sections étrangères, dans un chapitre spécial; 
nous nous bornons ici au développement général de l'Exposition. 

C'est à M. le Comte Adrien d'Oultremont, nommé Commissaire général, que S. M. le Roi Léopold et ses 
ministres confièrent l'honneur de représenter le Gouvernement à l'Exposition d'Anvers. Ce choix était des plus 
heureux. 

M. le Comte Adrien d'Oultremont est né en i8u3 au château de la Cattoir, dans le Hainaut. 

Entré dans l'armée en 1862, il laissa dans la cavalerie dont il fut un des plus brillants officiers, les 
meilleurs souvenirs. En 1874, il abandonna la carrière militaire et se consacra spécialement à l'étude des questions 
économiques et commerciales. La compétence qu'il acquit en ces matières, lui valut l'honneur d'être nommé 
commissaire général des sections belges à l'Exposition Universelle de Philadelphie de 1876, et en 1878 à 
l'Exposition Universelle de Paris. 




Deuxième affiche 




M. le Comte Adrien d'Oultremont, 

Commissaire général du Gouvernement 















I 



il 






M. d'Oultremont occupa les mêmes fonctions à la section Industrielle et à celle de l'Art rétrospectif 
de l'Exposition nationale, ouverte à Bruxelles à l'occasion des fêtes du cinquantième anniversaire de notre 
indépendance, et il fit en outre partie de la Commission des dites fêtes. 

Enfin, en 1881, il fut envoyé à Paris comme commissaire de la section belge à l'Exposition internationale 
d'Electricité, et nommé membre de la société des Electriciens. 

En récompense des services signalés qu'il a rendus à ces diverses Expositions, et du dévouement 
dont il n'a cessé de faire preuve, il fut nommé, en 1878, chevalier de l'Ordre de Léopold et commandeur 
de la Légion d'Honneur; en 1880, officier de l'Ordre de Léopold et en 1881, grand officier de la Légion 
d'Honneur. 

Depuis le 10 juin 1S84, M. le Comte d'Oultremont fait partie de la Chambre des représentants. 

Le Commissaire général du Gouvernement eut !a bonne fortune d'être secondé dans sa tâche difficile 
par M. J. Gody, Secrétaire général du Commissariat général. 

M. Gody, conducteur honoraire des ponts et chaussées de l'Ecole du génie civil de Gand, architecte 
des bâtiments des Postes et des Télégraphes du Royaume, est à peine âgé de 40 ans; il a mis au service de 



l'Exposition d'Anvers la grande 
expérience qu'il a acquise aux 
Expositions antérieures où il 
remplit avec distinction des mis- 
sions officielles; nous le voyons 
en effet successivement délégué 
à l'Exposition universelle de 
Vienne en 1S73 ; secrétaire du 
Commissariat de Belgique à 
Philadelphie en 1876; secrétaire 
du Commissariat général de Bel- 
gique à Paris en 1878; secré- 
taire du Comité exécutif et de 
la Section de l'industrie de 
l'Exposition nationale de 1880 
(Bruxelles) ; membre secrétaire 
de la Commission belge et mem- 
bre du Jury à l'Exposition inter- 
nationale d'Electricité de 1881 
à Paris; à Anvers il fut nommé 
membre secrétaire du Comité 
technique, secrétaire général du 
Gouvernement et membre se- 
crétaire du Jury supérieur des 




M. J. Gody 

Secrétaire Général du Commissariat général 
du Gouvernement 



récompenses; là, comme ailleurs, 
son concours fut actif et dévoué 
et ses services furent hautement 
appréciés. 

M. Gody vient d'être promu 
au grade d'officier de l'Ordre 
de Léopold et de la Légion 
d'Honneur 

Réservons ici à M. le Prince 
de Chimay, Ministre des Affaires 
étrangères, la place à laquelle sa 
collaboration à l'entreprise lui 
donne plein droit. 

M. le Prince de Chimay a 
été nommé attaché de Légation 
le 27 mai i855, secrétaire de 
2m e classe le 14 novembre i858, 
secrétaire de i re classe le 5 juin 
1862, conseiller le i er février 
1870. 

Comme diplomate il a été 
successivement à Paris, à Rome, 
à Saint-Pétersbourg. 

Il était chargé d'affaires à 



Berne, lorsqu'on songea à lui pour le gouvernement de la province du Hainaut. Il fut mis en disponibilité 
le 20 octobre 1870 et nommé Gouverneur. Il obtint toutefois le 27 mai 1877, le titre de Ministre résident. 
Démission honorable de ses fonctions du Gouvernement du Hainaut lui fut accordée le 3o juin 1878. 

II s'occupa alors de politique intérieure, fut élu aux Chambres et devint Ministre des Affaires 
étrangères en 1884-85. 

M. le Prince de Chimay, qui est non seulement un diplomate distingué mais aussi artiste de talent et 
de cœur, a su amener la plupart des pays européens à une participation officielle de leur Etat. 

Nous sommes heureux de pouvoir citer ces faits et rendre hommage dans ces lignes au succès de 
M. le Ministre. 

Le comte du Chastel qui a été choisi par le gouvernement Belge pour remplir les délicates fonctions 
de secrétaire des sections étrangères est un diplomate de carrière. Il est arrivé au grade de conseiller de 
Légation. Il a fait successivement partie des Légations Belges à Londres, Constantinople, Berlin, Mexico, 
Washington et Vienne. 

Le Comte du Chastel appartient à l'une des plus antiques familles du pays. Il est allié à un grand 
nombre de maisons princières en France, en Belgique, en Autriche et en Allemagne. 



173 



Les nombreuses relations du Comte du Chastel dans le monde officiel, ont contribué à amener la 
participation des pays étrangers à l'Exposition Universelle d'Anvers. 

Les rapports qu'il a entretenus avec les Commissaires étrangers et avec les chefs de mission accré- 
dités près de la Cour de Belgique ont toujours été pleins de cordialité et de courtoisie. 

Le commissaire général du gouvernement trouva dans l'intelligente coopération de ses secrétaires, 
MM. le Baron de Woelmont (Hermann) et E. Van Mons, un soulagement réel à la rude charge qu'il avait 
assumée. 

Les Commissaires des Sections Internationales payèrent généreusement de leur personne et contribuèrent, 
pour une large part, au succès de l'œuvre commune. 

Citons en premier lieu, M. Thonissen, ministre d'Etat, membre de la Chambre des Représentants à 
Louvain, Commissaire de la Section Internationale de l'Enseignement, des Arts libéraux et des Arts industriels, 
qui plus tard, à un autre titre encore, en qualité de Ministre de l'intérieur et de l'instruction publique, contribua 
puissamment au succès de l'organisation de la première Section. 

Par l'étendue de sa science, l'importance de ses travaux, la loyauté de son caractère, M. Thonissen a sa 



place marquée parmi les Belges qui 
ont bien mérité de la patrie. 

II compte aujourd'hui 68 ans. 
Cette longue carrière a été noblement 
remplie. 

Avocat à 21 ans, M. Thonissen 
compléta à Paris ses études de droit. 
Successivement avocat plaidant à Has- 
selt, sa ville natale, Conseiller commu- 
nal, Conseiller provincial, Substitut du 
Procureur du Roi, Commissaire d'ar- 
rondissement, il -fut relevé de ce poste 
par le Cabinet de 1847, 

L'Université de Louvain eut la 
bonne fortune de se l'attacher. Pendant 
plus de 35 ans réminent professeur 
de droit criminel, illustra sa chaire. Ses 
nombreux élèves brillent dans les rangs 
les plus élevés de la société. Tous 




M. le Prince de Chimay 
Minisire des affaires étrangères 

(voir page 172), 



gardent avec un filial respect le souvenir 
du maître. 

Des œuvres nombreuses et esti- 
mées, parmi lesquelles nous citerons 
" l'Histoire du Règne de Léopold I er ,, 
" l'Histoire du droit criminel des peu- 
ples orientaux, ,, " Le Socialisme et 
ses promesses, ,, " Le Socialisme dans 
le passé, ,, etc, etc. attirèrent sur le 
savant belge les suffrages et les distinc- 
tions de l'étranger. M. Thonissen est 
Commandeur de l'Ordre de Léopold 
et décoré d'ordres nombreux. L'Aca- 
démie royale de Belgique, l'Institut de 
France et beaucoup de Sociétés sa- 
vantes s'honorent de sa collaboration. 
Entré dans la vie politique en i863 
par l'arrondissement de Louvain qui 
l'élut membre de la Chambre des 



représentants, M. Thonissen par ses vastes connaissances, son éloquence persuasive, sa franchise, ne tarda 
pas à briller au premier rang et à rallier des sympathies même parmi ses adversaires politiques. 

Désigné à diverses reprises pour prendre part à la direction des affaires, M. Thonissen, particulièrement 
connu du Roi, qui l'avait nommé ministre d'Etat, fut appelé à faire partie du Cabinet Beernaert, constitué à la 
suite de la crise d'octobre 1884. 

M. Beîpaire, Administrateur des chemins de fer de l'Etat, à Bruxelles, consacra son expérience et ses 
remarquables aptitudes à l'organisation de la Section 2, Industrie. 

La Section 3, qui comprenait la marine et le commerce, la pèche et la pisciculture, trouva un habile 
organisateur dans la personne de M. Ch. Evrard, ancien secrétaire général de la Section belge à l'Exposition 
Universelle de Paris en 1878. 

M. Sommée, ingénieur et membre de la Chambre des représentants, mit au service de l'organisation de 
la Section 4, Electricité, ses vastes connaissances techniques et les fruits de sa longue expérience. 

M. Ronnberg était tout naturellement désigné, par toute une carrière consacrée aux intérêts de l'agriculture, 
à présider la Section 5, qui ne fut pas la moins réussie ni la moins importante. 

On se souviendra longtemps du succès qu'obtint la Section d'horticulture, dont l'organisation fut confiée à 
M. Bernard, ancien secrétaire de la 3 m « section de l'Exposition Nationale de 1880 et de la section bel<?e de 
l'Exposition Internationale d'Amsterdam. 

M. J. Cuylits, échevin, Président de la Société royale pour l'encouragement des Beaux-Arts, à Anvers 
accepta la tâche ingrate et difficile d'organiser la 6 me section, consacrée aux Beaux-Arts. 

M. Thonissen, nommé Ministre de l'Intérieur, fut remplacé comme Commissaire de la section Inter- 



p 



— ] 74 — 

nationale de l'Enseignement des Arts libéraux et industriels, par M. le Représentant Delcour, ancien Ministre de 
l'Intérieur dont ressortissait à l'époque l'Instruction Publique. 

Collègue de M. Thonissen, il professa comme lui à l'Université de Louvain pendant de longues 
années; il y occupa avec une rare distinction la chaire du droit civil approfondi. 

Le portefeuille de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux Publics, avait passé des mains de 
M. Beernaert, devenu, à la suite d'un remaniement ministériel, Ministre des Finances et Chef du Cabinet, 
à M. le chevalier de Moreau. Le nouveau Ministre ne tarda pas à prouver combien il prenait à cœur 
les intérêts de l'Industrie si intimement liés au succès de l'Exposition. 

Dans un rapport au Roi, daté du 23 février i885, le Chevalier de Moreau proposa de remplir 
une lacune signalée à d'autres Expositions, en créant, d'accord avec le Commissaire général du Gouvernement 
et le Comité exécutif de l'Exposition, deux Comités spéciaux chargés de procédera des essais sur les produits 
des industriels exposants, qui en feraient la demande. 

Comme suite à ce rapport, un arrêté royal du 20 février institue deux Comités internationaux 
chargés d'effectuer des essais : le premier. Comité de l'industrie, sur les matériaux de construction, 
générateurs à vapeur, machines et appareils divers; le second, Comité de l'Electricité, sur les appareils 
servant à la production et à l'utilisation de la force électrique. 

Voici le Rapport et la composition des deux Comités : 



Rapport au Roi. 



Sire, 



Parmi les produits industriels de tous genres qui figurent d'ordinaire dans les expositions, il en est un grand nombre dont les qualités ou les 
défauts sont difficilement reconnaïssables à la simple vue, même pour un observateur expérimenté. 

La valeur d'un échantillon de fer. par exemple, ne se révèle point uniquement par son aspect extérieur, ni môme par le caractère de sa cassure. 
Pour l'apprécier plus complètement, il faut le soumettre à des essais nombreux, le forger, le marteler, le laminer, l'étirer, le tordre, le plier, l'écraser, 
' en le portant successivement à des températures différentes. Il faut encore constater l'effort sous lequel il se rompt, voir de combien il s'allonge avant 
cette rupture, quelle est sa résistance aux efforts de torsion, etc. 

Un même raisonnement et une conclusion identique s'appliquent à toutes les matières premières ou demi-fabriquées que met en œuvre l'industrie, 
aux pierres, aux marbres, aux terres réfractaires, aux combustibles, aux bois, aux métaux, aux produiis chimiques, etc. 

La difficulté s'accroît encore quand il s'agit de porter un jugement sur des produits finis, tels que des machines, des mécaniques, etc. Ici, des 
éléments d'appréciation multiples entrent en jeu. II faut considérer non seulement le choix des matériaux, mais le mode de fabrication, l'habileté de 
la main-d'œuvre et le coût de la façon, puis encore le fonctionnement des appareils, leur rendement, l'effet utile qu'ils produisent au point de vue 
de la consommation de combustible. 

On conçoit, d'après cela, que les visiteurs d'une exposition ne puissent guère se faire une idée exacte du mérite des produits rassemblés sous 
leurs yeux. Les renseignements nécessaires font défaut. Ceux qu'on trouve dans les prospectus ne sont pas toujours suffisants ; parfois, ils sont 
erronés. En général, le public n'y ajoute point une entière confiance. 

Cette absence d'indications précises a pour conséquence de diminuer le caractère pratique et l'utilité commerciale des expositions et de décourager 
l'initiative des industriels participants, dont les sacrifices ne sont point récompensés. 

Il semble qu'on réaliserait une heureuse innovation en fournissant aux exposants le moyen de faire constater les qualités de leurs produits par 
des épreuves effectuées sous la direction d'un comité d'hommes compétents. 

Le nombre et la nature de ces épreuves seraient consignés dans un certificat auquel l'exposant donnerait la publicité qu'il jugerait convenable et 
où les visiteurs puiseraient des éléments de comparaison d'une haute valeur pratique. 

L'institution de ces expériences aurait également d'heureux effets sur les progrès de l'industrie en général, car le producteur en tirerait d'utiles 
indications sur les moyens d'améliorer la qualité de ses fabricats. 

En résumé, l'exécution de cette mesure donnerait aux expositions un caractère d'utilité pratique beaucoup plus accentué. 

Sire, 



M'appuyant sur les considérations qui précèdent, et conformément aux propositions du commissariat général du gouvernement et du comité 
exécutif de l'exposition d'Anvers, j'ai l'honneur de soumettre à l'approbation de Votre Majesté un projet d'arrêté instituant d^ux comités spéciaux 
chargés de procédera des essais sur les produits de tous les industriels participant à cette exposition qui en feront la demande. 

Ces comités fonctionneraient pendant toute la durée de l'exposition. 

Ils seraient composés de personnes de nationalités différentes, d'une valeur technique notoire et offrant, par conséquent, toutes les garanties 
désirables au point de vue de la manière dont les essais seraient effectués. 

L'un s'occuperait des matériaux de construction et des matières premières en général, puis des générateurs à vapeur, des machines et appareils 
divers. 

L'autre aurait spécialement dans ses attributions les expériences à faire sur les nombreux appareils servant à la production ou à l'utilisation de 
la force électrique. 

Le Gouvernement de Votre Majesté est en mesure de faciliter à ces comités l'accomplissement de leur tâche, en mettant à leur dispos ition les 
appareils installés à l'arsenal de Malines. 

Ainsi, le banc d'épreuves de Kirkaldy permettrait les essais de traction, de flexion, d'écrasement et de torsion, avec mesure des allongements, 
détermination des limites d'élasticité, etc. 

Les analyses de métaux, d'huiles, de combustibles s'effectueraient au laboratoire du même établissement. 

On pourrait également y constater le rendement des générateurs et des moteurs à vapeur, y faire des essais sur les machines-outils, en 
déterminant le travail produit et le travail absorbé. 




M. Thonissen 
Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique 



176 



Telles seraient les conditions d'exécution du projet que j'ai l'honneur de soumettre à l'approbation de Votre Majesté. Je La prie, si Elle daigne 
y donner Son assentiment, de vouloir bien revêtir de Sa Royale signature le projet d'arrêté ci-joint. 
Je suis, Sire, avec le plus profond respect, votre très obéissant et très dévoué serviteur. 

Le Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics , 
Chevalier de Moreau. 
LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 
Vu Notre arrêté en date du 17 juillet 1884, organisant le commissariat général auprès de l'Exposition d'Anvers ; 

Considérant que l'institution de comités internationaux chargés de procéder à des essais sur les produits des exposants qui en feront la demande 
est éminemment favorable aux progrès de l'industrie, et qu'elle augmentera le caractère pratique et l'utilité commerciale de l'Exposition Universelle 
d'Anvers ; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, 

Nous avons arrêté et arrêtons : 
Art. r er . U est institué deux comités intemaitonaux chargés d'effectuer des essais : le premier, dit comité de l'industrie, sur les matériaux de 
construction, générateurs à vapeur, machines et appareils divers ; le second, dit comité de l'électricité, sur les appareils servant à la production 
2 électrique. 



■1 l'utilisation de la fort 

Art. 2. Sont nommés membres du comité de l'Industrie : 



MM. Belpaire, Administrateur des chemins de fer de l'Etat belge, commis- 
saire de la section internationale de l'industrie, président du comité 
technique près l'Exposition universelle d'Anvers. 
Boudin, Inspecteur général des ponts et chaussées, professeur à l'Ecole 

du génie civil de Gand; 
De Walque, professeur à l'Université de Louvain; 
Dwelshamvers-Dery, Ingénieur, Professeur à l'Université de Liège ; 
Huberti, Ingénieur, Professeur à l'Université de Bruxelles; 
Kraft, Ingénieur en chef de la Société J.Cockerill à Seraing ; 
Pasquier, Professeur à l'Université de Louvain ; 
Vinçotte, Ingénieur, Directeur de l'Association pour la surveillance 

des chaudières à vapeur; 
Zimmer, Ingénieur, Professeur à l'Université de Bruxelles; 
M. Belpaire remplira les fonctions de président de ce comité et M. Huberti, 
celles de secrétaire rapporteur. 

Art. 3. Sont nommés membres du comité d'électricité : 
MM. Banneux, Ingénieur en chef, Inspecteur des Télégraphes de l'Etat; 
Delarge, Ingénieur en chef, Inspecteur des Télégraphes de l'État; 
Gérard (Eric), Ingénieur, Professeur à l'Institut électro -technique 

Montefiore. annexé à l'Université de Liège; 
Gody (Léon), Capitaine commandant d'artillerie, Professeur à l'École 

militaire et à l'École de guerre ; 
Melsens, Membre de l'Académie royale des sciences, à Bruxelles; 
Nothomb (L.), Ingénieur-électricien, à Bruxelles ; 
Rousseau, Professeur à l'Université de Bruxelles; 
Somzée, Ingénieur, Membre de la Chambre des représentants, com- 
missaire de la Section internationale d'électricité. 
M. Rousseau remplira les fonctions de président de ce comité et M. Gérard, 
celles de secrétaire-rapporteur. 

Art. 4. Ces deux comités seront complétés par l'adjonction de spécialistes 
appartenant aux pays étrangers qui prendront part à l'Exposition d'Anvers. 

Art. 5. Les comités s'occuperont, à partir de ce jour, de préparer le pro- 
gramme des essais qu'ils auront à diriger. 

Art. 6. Les fonctions des membres de ces comités sont gratuites. 
Art. 7. Les comités d'essai sont rattachés au commissariat général du gou- 
vernement auprès de l'Exposition d'Anvers. 
Art. S. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Par le Roi- Donné à Bruxelles, le 23 février 1884. 

Le Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, LEOPOLD. 

Chevalier de Moreau. 
En vertu de l'art. 4 de cet arrêté, ces deux comités furent respectivement complétés par l'adjonction de spécialistes étrangers dont les noms suivent : 
Pour le comité de l'Industrie ; 

MM. Auderson, Membre de l'Institution des Ingénieurs civils de Londres; 

Cornut, Ingénieur en chef de l'Association des propriétaires d'appareils à vapeur du nord de la France ; 
Douglas-Galion (Capitaine), C. B. ; 
Ortiz de Canabate, Ingénieur agronome. 
Pour le Comité de l'Electricité : 

MM. Bechtold (Fréd.), Chef du service télégraphique des chemins de fer Nord-Ouest d'Autriche ; 
Collette, Inspecteur du service technique des télégraphes à La Haye ; 

Karels (Jos.), Ingénieur du télégraphe Impérial et Royal au Ministère du Commerce d'Autriche ; 
Roïti (Ant.), Professeur à l'Institut Royal des études supérieures, à Florence ; 
Saniaux,Chef du service des télégraphes de la Compagnie du Nord-Français ; 
Wullner, Professeur-recteur de l'Ecole Polytechnique d'Aix-la-Chapelle. 




M. Van den Peereboom 
Ministre des Chemins de fer. Postes et Télégraphes 







1 I 



M. Dëgeaux (J.-A.-C.) 

Ingénieur du Commissariat général du Gouvermmmt 

et du Commissariat général de la Section Belge. 

M, le comte Adolphe nu Chastel 

Secrétaire des Sections étrangères. 

M. le Baron HerMINN de WûELMOS'T 

Secrétaire du Commissariat général du Gouvernement. 



M. le Comte Adriex d'Oultremox 

Comuiissairt' Général du Gouvernement 



M. G. BuRDUt) 

Architecte du Commissariat générai du Gouvernement 

et du Commissariat généra! de la Section Belge. 

M. J. Gody 

Secrétaire Général du Commissariat général du Gouvernement. 

M. Hamaide. 

Directeur des services du Transport et de la Manutention 

des produits. 









Bien que les exposants n'aient pas répondu, autant qu'on aurait pu s'y attendre, à l'appel du 
Comité de l'Industrie, celui-ci a fait d'assez nombreux essais de résistance au banc d'épreuves de Kirkaldy, 
à Malines, mis à sa disposition par le Gouvernement. 

Ces essais ont porté sur des matériaux de différentes natures, pièces de fer et de fonte (boulons, 
rivets, tôles, chaînes, corps de roues, etc.), grès, granits, ciments, carreaux et produits céramiques, etc. 

Des essais chimiques et photométriques et plusieurs expériences importantes sur les chaudières ont 
aussi été exécutées par les soins du Comité. 

Le Comité de l'Électricité eut à examiner de nombreux appareils de tous genres. — Presque tous 
les exposants électriciens eurent recours à ses lumières. 

Des rapports détaillés seront publiés sur les travaux de ces comités et donneront tous les éléments 
intéressants recueillis au cours de ces essais. 

L'institution de ces Comités techniques est une innovation en matière d'exposition, innovation heureuse 
à plus d'un point de vue, aussi utile pour le consommateur que pour l'industriel. Le Ministre qui a pris l'initiative 
de cette mesure a droit à tous nos éloges; M. de Moreau est du reste un homme d'étude et qui, quoique jeune 
encore — il est né en 1841 au château d'Andoy — a déjà fourni une carrière bien remplie. 

Il conquit brillamment ses grades académiques à l'Université de Liège et fit ses débuts comme avocat au 
barreau de Namur; sa parole chaude, élégante et facile, le soin qu'il mettait à étudier les affaires, la loyauté 

chevaleresque de son caractère, attirèrent sur lui l'attention. 
Son goût prononcé pour les études sociales l'entraîna dans la 
Presse. Il défendit avec vigueur dans diverses revues d'économie 
politique des opinions parfois osées. 

Bientôt la vie publique sollicita son activité. Elu Con- 
seiller provincial, M. de Moreau brilla au Conseil de la province 
de Namur parmi les orateurs les plus écoutés et les travailleurs 
les plus vaillants. Il prit une part considérable aux discussions, 
à celles surtout qui roulaient sur des questions agricoles, sociales 
ou d'économie rurale. 

Des conférences publiques sur l'objet de ses études favo- 
rites, comme aussi sur des questions d'art, de littérature et 
d'histoire, lui méritèrent de nombreux et légitimes succès et 
achevèrent de populariser son nom. 

En juin 1876, M. le Chevalier de Moreau fut élu membre 
de la Chambre des Représentants pour l'arrondissement de 
Namur. 

Il ne tarda pas à prendre pied dans cette importante 
Assemblée. Ses collègues lui confièrent presque immédiatement 
le périlleux honneur de défendre, comme rapporteur, plusieurs 
lois importantes, telles que la loi électorale, le code rural, etc. 
Dans l'opposition — de 1878 à 1884 — il se signala par de 
vigoureux discours qui le classèrent parmi les meilleurs orateurs de la Droite. 

C'est ainsi que M. le Chevalier de Moreau fut naturellement désigné pour faire partie du Cabinet con- 
stitué, le 16 juin 1884, par M, Malou. 

Il accepta le portefeuille des Affaires étrangères. Une éducation distinguée, sa courtoisie naturelle, jointes 
à une attitude habituellement calme et réservée — presque sévère — le prédisposaient à ce poste éminent. 
Le 26 octobre 1884, sous la présidence de M. Beernaert, M. le Chevalier de Moreau fut placé à la 
tête d'un département de création nouvelle : celui de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics. 
La coopération de M. J. Van den Peereboom, qui est à la tète du département des chemins de fer, 
était indispensable et a été particulièrement précieuse. Le jeune Ministre s'est appliqué, avec une bienveillance 
dont on doit lui savoir gré, à aplanir les difficultés inhérentes à l'installation de voies ferrées nombreuses 
et compliquées et à donner satisfaction' aux besoins divers qui se sont successivement manifestés. 

Ajoutons qu'il a été admirablement secondé par le personnel de son administration ; un fait unique et 
bien digne de remarque : aucun accident n'a eu lieu , quoiqu'une transformation presque complète ait dû 
être improvisée pour répondre aux besoins du transport, tant des voyageurs que des marchandises. 




M. Emile Van Mons 

Secrétaire du Commissaire Général 

et de l'œuvre des Congrès 




M . A . PvONNSERG 

Commissaire de la cinquième Section 
« Agriculture » 





Commissaire de la troisième Section « Marine 
et Commerce, Pêche et Pisciculture » 




M. Belpairë 
Commissaire de la deuxième Scci 
« Industrie f> 





M. J. B. Delcour 

Commissaire de la première section « Enseignement, Art 

libéraux et industriels » 



M. L. Sqmzée 

Commissaire de la quatrième Section 

« Électricité » 




M. C. Bernard 

Commissaire de la cinquième Section 

« Horticulture » 






.''-> \*U..^. 



Pendant que les chefs des divers départements ministériels et les membres des Commissions gouverne- 
mentales s'appliquaient sans relâche à l'organisation des Sections, le Comité exécutif, dont M. de Wael, Bourg- 
mestre d'Anvers, avait accepté la Présidence honoraire, constamment sur la brèche, résolvait pratiquement 
les questions épineuses et multiples que soulevait chaque jour l'exécution d'une aussi gigantesque entreprise. 
M. de Wael (Léopold-Charles-Norbert), appartient à une des vieilles familles d'Anvers. Sa généalogie est 
établie jusqu'au commencement du xvi e siècle. 

Cette famille anoblie depuis deux siècles, a donné au magistrat d'Anvers trois échevins et deux bourg- 
mestres ; elle est alliée aux meilleures maisons du pays. 

Malgré ses attaches aristocratiques, M. Léopold de Wael est resté au fond de l'âme bourgeois d'Anvers. 
Sa spirituelle bonhomie, la simplicité de ses manières et son extrême affabilité, lui ont valu une popularité que 
justifient d'ailleurs des qualités plus sérieuses et plus hautes. 

Entré au Conseil provincial au mois de mai 1860, M. Léopold de Wael a siégé jusqu'en iS63 dans cette 

assemblée. Le 1" juillet 1872, il fut nommé membre du 
Conseil communal, et, le 20 août suivant, bourgmestre 
de sa ville natale. 

M. de Wael apporte dans la gestion des affaires 
publiques l'esprit d'ordre et l'activité du négociant. Sous 
son administration, Anvers a pris une extension remar- 
quable. 

Elu membre de la Chambre des Représentants 
le n juin 1878, M. de Wael a eu l'honneur, dès son 
entrée à la Chambre, de remplir les fonctions de 
deuxième vice-président pendant la session extraordinaire, 
puis celles de premier vice-président au mois de no- 
vembre suivant. 

Le dévouement que M. de Wael a mis dès l'origine 
au service de l'Exposition est connu et apprécié et tout 
le monde a applaudi à sa récente promotion au grade 
de commandeur dans l'Ordre de Léopold. 

Nous ne serons que l'écho du sentiment public en 
proclamant que les membres du Comité exécutif : 
MM. Victor Lynen, Eugène Meeûs, Corneille-Joseph 
Bal, Frédéric Belpaire, Jules Havenith-De Decker, Julien 
Koch, Gustave Van den Abeele, Arthur Van den Nest, 
Pierre Koch, ont bien mérité de la ville d'Anvers et 
du pays. 

Mais, à tout seigneur, tout honneur. 
Les collègues de M. Victor Lynen ne nous démen- 
tiront pas quand nous dirons que la réalisation de 
cette idée grandiose est due à celui que d'une voix 
unanime ils ont élu Président. 
Sa personnalité a rallié leur concours; son labeur opiniâtre, son intelligence des grandes affaires, son esprit 
méthodique qui embrasse l'ensemble avec les détails, ont contribué au succès dans une large mesure. 

L'intégrité indiscutée de son caractère a permis à des hommes haut placés dans tous les camps de faire 
abstraction de leur situation politique et de poursuivre avec lui le même but. 

Né en 1834, M. V. Lynen se signala de bonne heure par son intelligence largement ouverte et par ses 
aptitudes commerciales. 

11 n'attendit pas l'exploration du Congo pour créer, outre-mer, des débouchés à l'exubérante activité natio- 
nale. Il ouvrit le chemin du Chili — dont il devint le consul — à un grand nombre d'industriels et dirigea vers 
ces parages les produits variés de nos manufactures. Plus récemment, il fonda une maison à Port-Elisabeth. 
Déjà, en 1 861 , la croix de Léopold prouva au jeune négociant que ses services étaient appréciés en haut lieu. 
La crise financière qui sévit si cruellement en i865, eut son contre-coup à Anvers. Deux établissements 
de création récente, également nécessaires au négoce : la <, Banque de Crédit Commercial » et la « Compagnie 




M. Léopold de Wael, 

Bourgmestre de la Ville a" Anvers 

Président d'Honneur du Comité exécutif. 













M. .Icseph Bal, Membre 






■ 



ai 
P 
O 
o 

O 

O 

H 



z 
o 



o 

=- 

w 



K 
H 

w 
as 



1-1 

ai 
ta 

G 



H 

ai 



H 

ai 
O 

Ph 

«1 
« 

H 

















_ — - - „ . m 


C5 




















H 


scioj 


;,-j= = ££;ï 5J £J g 


OT 
















^ 
































O 6 




























s 


snoj au 


oœ^Koo w ^ - 


OT 








1 








































O 

o 


S 
































SJ.KVSCMX^CL 


-*o«n.#.# w *> w 


g 
















11 


aamiox 


















■-" 






;- ,- 




— v- ■ é r- 


s? 






















■" V 


sum.i 


otÏÏ2 





















































^ 1 






- 


























snno ïïd 


c — 
















"* *î 


Uîiawr»; 




m 


















.2 5 


sj.Nvsojxa u 


.ro « -r 


«* 


















3 

H 


^^' 


aaawoM 
























, -^' 




J. 




„ _ ^ 


















U 


•^ 


KUIOJ 


MOT Si 4 


w 




















H 


^ J 
































SNOOVAV llll 


OT«-. W 



















O 


5 e *. 






















- 


































V2 


snm îiu 


C7 


S 






















5=. 


aaarcoi 


















































'C 


SJ,!nsr>JX3i<i 


10 « 50 m 


ïr 


















































































aom ,, 


_ 






















sxolvay 


3^ 


* 
















__ 








■ 


^-.w <-- -* 


_» 
























SH'l'lIVIOA 


« 


« 


























-t- « 


- 
























SK1.IVT 
























u 























































a 


















































































ci 


u 






















- 






■ 


























« 


5J.O-I 


ry r- 


2 


















ta 

X 

< 


S 


s^oj.now 




























(- >i 


Ci 


1 
















S4HA3IID 




















































-» — {- 1- 


M 


















< 




S31I3VA 


S ^° 


« 


. 


rf 














t/i 




xavaanvx 


H * S<N 


1 


") 








Ë 




























«J 










O 






ot<u« m es ^ - 


M 














h 




X 




3ÎUIWON 


^ 


■° 
















' 




U 




s>;oova\ au 


^ S2 


3 




















w 




avBKrw 
























ci 


§ 


saa.uns 


S' n 


n 




















H 


i 


SLNilJUnf 


























I —_ 






N „ 


^ 








1 








O 


s 


s-L.v.iwnf 




















































« 































IW r- — 


CI 
















s 


s.Minv.1.5 


5*^ 


^ 






















z 




























" 




5 . U vradx:.| <l 


Wn^-H eo 10 

















































3}limOIï 


m 
























" 






'/, 




b«jioq«i-ho-*co'h - 10 















































z: 
























































E 


< 




t-OTTOr-l ri 


03 




















shod au 




sa 
















1 ~- — 




o 


aMdHDM 


<JO " NWH 


O) 


— 






















sr.Kvs'MXîm 














a 


aîiuwo.M 


M<mtN " — 


s 
















L_ 






























u 




















































o 


ai 


su:o,i 


g§J5SS7^S£E~5S — -~° 


2 


^■* 


2 


f:3 M 


» 






s 
































H 


Q 




CV-f- 


_1^_ 
























sxouvav au 


— ,00^-PTMN- OT ( . — "5 M 1- — r\ 


___ 


OT 


,-OTWr- 


rv 


rtt- W K«HHC 








O 

w 
























aaaiïO.M 


SH'' ,r ' H 






















sjLuvaodXs^u 


-.« s;L --:-- 1 n^ i ,ççg 2?ÏÏS - 


s 


OW-rHM 


£ 


«»^L 


^2 




{S-SiS g ""*£-" 


Ê5 


1 ^~- 






Q 


3H3K0N 


JKK.nWINWW r- O «« 





"^ 


" 




' 




- 


^ 








U 






;-o ; 














































-~-^^ 






Z 
























































































































a 


































































■.<« " 


s* 


















: « 




























-■ 






o 






: f JE 




3 " 


^ ■ 












■ g 
































Q 

a. 


âS<i:o<fS^ê 




t 




f g Jj 


L 


< 


fr 


ft! 






c! 


Sa 


H 


E 


Dliu^ 


: 


| 






- 














^\ 






S o g S « -g S 



|_,S c " " u ï 



;<«auu 









des Docks et Magasins Généraux » 
faillirent sombrer dans la tour- 
mente. M. Victor Ljnen, quand 
les autres déclinaient cet honneur 
— cet honneur était une charge — 
accepta résolument la présidence 
de ces deux sociétés. Les deux éta- 
blissements, hautement appréciés 
par le commerce, sont actuelle- 
ment classés, à bon droit, parmi 
les mieux conduits et les plus 
prospères. 

Le cœur, chez M. Lynen, est 
à la hauteur de l'intelligence, les 
arts trouvent en lui un protecteur 
éclairé et son hospitalité princière; 
délicate etgracieuse est proverbiale. 
C'est assez dire que, comme 
Président de l'Exposition Univer- 
selle d'Anvers, M. Lynen fut en 
tous points the right man in the 
right place. 

Le Roi Léopold vient de con- 
férer à M. Lynen la croix de Com- 
mandeur de son Ordre. 

Une mention spéciale revient 
aussi à M. Eugène Meeûs, vice- 
Président du Comité exécutif, dont 
l'expérience, le prestige et l'active 
collaboration ont été précieux à 
tant de titres. 

Issu d'une famille qui est à 
la tête de l'industrie anversoise, 
M. Eugène Meeûs est né le 
5 février i83o. Docteur en droit, il 
quitta le barreau pour embrasser 
la carrière industrielle. Ses multi- 
ples connaissances administratives 
et commerciales appelèrent sur lui 
l'attention de ses concitoyens, qui 
l'envoyèrent au Conseil provincial 
d'Anvers, où il siégea pendant nom- 
bre d'années. Elu le n juin 1872 
membre de la Chambre des Repré- 
sentants, il y traita avec une rare 
compétence la plupart des ques- 
tions économiques et commerciales. 
Le Conseil communal d'An- 
vers le nomma, en 1869, membre 
de la Commission administrative 
des Hospices civils, dont il fut pen- 
dant plusieurs années le Président. 
Nommé membre de la Cham- 
bre de commerce d'Anvers en 1873, 






il devint, à la suppression de cette institution, membre du Comité central de la Société commerciale, industrielle 
et maritime qui remplaça la Chambre de commerce. 

A diverses reprises il fut nommé Président de la Société générale des fabricants de sucre de Belgique. 

M. Meeûs fut, en 1876, nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold. 

Lors de la constitution du Comité exécutif de l'Exposition, ses collègues le nommèrent Vice-Président. 

Les nombreuses personnes qui, à l'occasion de l'Exposition, ont eu la bonne fortune de se trouver 
en relation avec M. Meeûs, font l'éloge de son affabilité, de sa droiture et de sa haute impartialité, avec une 
unanimité que nous signalons d'autant plus volontiers qu'elle est plus rare. 

M . Bal, l'un des plus grands industriels de la place, possède, outre des connaissances très variées, un esprit 
d'entreprise sage et raisonné. Il a, entre autres innovations, doté la ville d'Anvers d'une laiterie modèle. 

Il s'est chargé des départements de la force motrice et de la manutention et a mis au service de ces 
deux branches importantes de l'entreprise son expérience consommée et un dévouement de tous les instants. 

M. Frédéric Belpaire, l'une des personnalités les plus considérables de son parti, personnifiait dans 
le sein du Comité une des branches de l'industrie nationale. Son rôle effectif, l'établissement des bilans, 
était celui de la dernière heure, mais sa voix a toujours fait autorité dans les conseils. 

M. Jules Havenith-De Decker, qui s'était chargé des services de la comptabilité et des fêtes, est de 
ceux qui pensent qu'un bon général doit toujours marcher au feu; il a été constamment sur la brèche, et 
l'on peut dire que c'est sur le champ de bataille qu'il a été nommé chevalier de l'Ordre de Léopold. 

Les départements des Entrées et de l'Électricité étaient placés sous la haute direction de M. Julien 
Koch. Pas n'est besoin de dire que cet honorable industriel s'est trouvé constamment en présence de 
courants contraires et qu'il lui a fallu des prodiges de tact et de diplomatie pour contenter les uns sans 
mécontenter les autres. 

Pour les services des Constructions et des Jardins, le Comité a trouvé en M. G. Vanden Abeele 
un homme éminemment pratique, doué de l'énergie et de toutes les qualités nécessaires pour obtenir des 
entrepreneurs qu'ils érigeassent en un temps presque trop court, le superbe palais et les magnifiques jardins 
destinés à abriter les produits des cinq parties du monde. 

Le Comité comptait encore parmi ses membres M.Arthur Van den Nest, le sympathique échevin 
de la ville d'Anvers, que ses vastes connaissances administratives et son entente parfaite des affaires désignaient 
tout naturellement au choix des organisateurs de l'Exposition. 

Le Comité exécutif de l'Exposition, à peine installé, a immédiatement affirmé son intelligence et son 
discernement en s'adjoignant comme Secrétaire général M. Pierre Koch, avocat, l'un des hommes les plus 
aimables et les mieux doués de notre barreau. Tous ceux qui se sont trouvés en rapport avec lui n'ont eu 
qu'à se louer de l'affabilité de ses manières, de la science profonde avec laquelle il traitait les questions les 
plus diverses que soulevait l'organisation de l'Exposition, de la sûreté et de la précision qu'il mettait à résoudre 
les problèmes les plus complexes afférant aux différents services. 

S. M. le Roi a rendu justice au dévouement de tous les membres du Comité exécutif, en leur conférant 
à chacun un grade dans notre ordre National. 

Les plans des constructions approuvés par le Comité exécutif furent prêts dès la fin de mars et le cahier 
des charges envoyé aux intéressés. Enfin le 14 avril 1884 les travaux de construction purent être adjugés. 
Une particularité remarquable de cette Exposition, c'est qu'on n'eut bientôt plus à craindre le manque 
d'exposants, mais bien le manque de place; les plans primitifs comprenaient 70,000 m. c. de halles couvertes; 
la demande d'agrandissement de pays qui avaient déjà contracté et la demande nouvelle de ceux qui ne 
se décidèrent qu'en lS85, obligèrent le Comité à commander en février seulement les dernières extensions qui 
devaient être et qui furent prêtes à temps. L'on a fait un grief au Comité exécutif, de ce que l'attention 
des constructeurs ayant été concentrée sur ces extensions, certaines parties de la construction moins nécessaires 
et appartenant à la décoration du palais, aient été négligées. Mais la nécessité d'improviser ces extensions 
qui portèrent à plus de 110,000 mètres carrés l'ensemble des halles, l'étendue de la tâche ainsi journellement 
agrandie, justifient l'inachèvement de quelques parties au jour de l'ouverture et devraient désarmer la critique. 
Une chose à noter et qui n'est pas la moins curieuse de cette entreprise établie sur des bases si 
différentes de toutes ses devancières : le Palais de l'Exposition, sa façade monumentale, sa décoration, 
tout en un mot, ne fut pris par le Comité exécutif qu'en location. Il en résulta pour le Comité une éco- 
nomie notable et une diminution considérable de responsabilité. 






i 



i85 — 



Les travaux furent poussés avec une grande activité, à tel point que dès le 20 février i885, 
M. le Commissaire Général fut en mesure de faire connaître que la majeure partie des halles de 
l'Industrie et des machines était entièrement achevée et prête à être mise à la disposition des exposants. 

Il les engageait à faire tous leurs efforts pour qu'il fût procédé à très bref délai aux travaux 
d'aménagement de leurs compartiments et à l'installation des produits de leur section. 

Nous croyons utile et intéressant de nous étendre un peu sur le service compliqué et difficile de 
la manutention; nous sommes heureux de pouvoir constater qu'il a marché de manière à satisfaire les plus 
difficiles, sinon tout le monde. 

Ce service a été placé sous la direction de M. Hamaide, chef de division au ministère des chemins 
de fer, postes et télégraphes, et de M. Colaut, contrôleur au même ministère. 

M. Hamaide était tout désigné pour occuper cet emploi par suite des fonctions analogues qu'il avait 
remplies à l'Exposition Nationale de 1880 et qui lui avaient valu la croix de l'Ordre de Léopold. Sa mission 
était d'autant plus importante que la manutention des envois de tous les pays était placée sous une direction unique. 

M. Colaut, que le Commissariat Général du Gouvernement a adjoint à M. Hamaide en qualité de chef de 
service de la Manutention, a une longue pratique du service des chemins de fer et des transports maritimes 
acquise à la gare maritime et commerciale d'Anvers-Bassins et Entrepôts, où il a rempli naguère les fonc- 
tions de sous-chef. 

— 6780 mètres de voies ferrées, disposées de manière 
à permettre la sortie des wagons sans rebroussement et reliées 
entre elles au moyen de 21 excentriques et de 12 plaques 
tournantes, sillonnaient tant les halles industrielles que les 
jardins et les hangars-abris pour caisses vides. 

Cette disposition des voies a permis d'effectuer les 
déchargements des produits avec une célérité remarquable. 

Le Comité exécutif de l'Exposition a entrepris com- 
plètement le déchargement et la mise à pied d'ceuvre des 
produits étrangers ainsi que l'emmagasinage des caisses vides. 

En ce qui concerne la section belge, la manutention 
des produits a été exécutée par des militaires et par des 
ouvriers appartenant à la « Hesse Natie ». Cette corporation 
avait, du reste, fourni les ouvriers pour la manutention des 
produits étrangers. 

Les opérations ont commencé fin mars , mais les 
transports n'ont réellement acquis de l'importance qu'à partir 
du 10 avril, et surtout du 20 du même mois. C'est ainsi 
que pendant la période du 20 avril au 10 mai, il arrivait 
en moyenne par jour 110 wagons de marchandises de 
détail, destinées à l'Exposition. 

Le nombre des wagons de produits parvenus à 
l'Exposition s'est élevé à 6644, représentant un poids de 18,662,553 kilos. En y comprenant les matériaux 
employés pour la construction des divers locaux et transportés par chemin de fer, on arrive à un nombre 
de 10.098 wagons, qui représentent un poids total de 40,919,437 kilogrammes. 

Le tableau intéressant ci-joint contient tous les renseignements au sujet des envois parvenus à l'Exposition 
ou destinés aux divers concours qui ont eu lieu à cette occasion. 

Last not Least. Dans la longue énumération que nous venons de faire de toutes les activités dont 
le concours devait assurer le succès de la grande œuvre, nous avons voulu parler en dernier lieu du lien 
qui a permis de rassembler tous ces éléments, et de faire appel au dévouement de tous dans un but unique. 

Nous avons parlé de la Presse. 

On a l'habitude de lui demander beaucoup et cette fois, comme toujours, elle n'a pas marchandé 
son puissant appui. 

La presse devait, au début, faire connaître au monde entier par la voie des journaux, l'existence de 
l'Exposition et les conditions dans lesquelles elle aurait lieu. Plus tard sa mission devait être toute d'hospitalité 
et de fraternité : recevoir les correspondants délégués par les journaux étrangers, leur faciliter le séjour à Anvers, 

23* 




M. Colaut 
Chef de service de la manutention 



- 186 - 



leur donner tous les renseignements utiles, en un mot, leur faire oublier qu'ils se trouvaient momentanément 
dans une ville étrangère. Le Comité international de la presse accepta, le moment venu, de remplir cette mission 
à l'égard de la presse étrangère. 

Le Comité belge de la presse fut composé des Rédacteurs en chef des journaux quotidiens d'Anvers, 
d'un représentant de la Presse artistique anversoise et des Rédacteurs en chef des plus anciens journaux 
quotidiens de Bruxelles. 

Ces derniers apportaient un concours précieux, car ils avaient puissamment contribué au succès de 
l'Exposition nationale de 1880 et possédaient une expérience à laquelle on devait fréquemment avoir recours. 

Il n'est que juste de publier les noms de tous les membres des deux Comités pour rendre hommage 
aux hommes dévoués qui ont fait preuve d'une abnégation entière et d'un désintéressement absolu. 

Comité Belge de la Presse. 

Bureau : 
Président : M Auguste, Snïeders, Rédacteur en chef du Handelsblad. 

Vice-Présidents : MM. Arthur Goemaere, Rédacteur en chef du Précurseur . 
Eugène Gressin-Dumoulin, Rédacteur en chef de 
r Opinion. 
Secrétaires: MM. Jean Van den Dries, Directeur-Rédacteur en chef 

de t Escaut . 
Paul Billiet, Rédacteur en chef du Koophandel. 

Membres Conseillers : 
MM. P, Bourson , Directeur- Rédacteur en chef du 
Moniteur belge. 

G. Bérardi, Directeur- Rédacteur en chef de l'Indé- 
pendance Belge. 

B°" de Hnulleville, Directeur- Rédacteur en chef du 
Journal de Bruxelles. 

A. Madoux, Directeur de l'Etoile Belge. 

A. Canler, Rédacteur en chef de l'Echo du Par- 




, Réd. en chef du Cou, 
Directeur-Rédacteur 



M. Arthur Goemaere 

Président du Comité International de la Presse 

et Vice-Président du Comité Belge 



•ier de Bruxelles, 
en chef de la 



A. Delmer 
A. Renson 
Galette. 
Victor Hallaux, Directeur-Rédacteur en chef de la 

Ch. Bontems, Directeur des Nouvelles du Jour. 
MM. Th. Van Haesendonck. Rédacteur en chef du Scheldcgalm. 

J. Van Dteren, Rédacteur en chef du Huisvriend. I 

J. Beruy, Rédacteur du Lloyd Anvcrsois. \ Anvers 

L. Van Keymeulen, délégué de la Presse Artistique Anversoise. \ 

Albert Van de Vin, Rédacteur de la Cote officielle de la Bourse. j 

Le Président du Comité de la presse belge, M. Auguste Snieders, docteur en Philosophie et Lettres 
de l'Université de Louvain, est l'un des vétérans du journalisme en Belgique; il est en effet depuis 1848 Rédacteur 
en chef du Handelsblad. 

Littérateur flamand fécond et distingué, M. Snïeders débuta dans la carrière des lettres en publiant un 
recueil de poésies, suivi de nombreux romans qui rendirent son nom populaire ; on n'en compte pas moins de 
quatre-vingts. Il choisit de préférence le sujet de ses livres dans les scènes de la vie flamande, ainsi que le faisait 
le regretté Conscience et, comme ce dernier, il est l'auteur aimé du peuple et le compagnon fidèle des longues 
veillées d'hiver. 

Un grand nombre de ses œuvres ont eu les honneurs de la traduction en plusieurs langues. 

Comité International de la Presse. 

Bureau 
Président: M. Arthur Goemaere. 
Secrétaire : M. Gust. Lemaire. 

Délégué du Gouvernement belge : M. le Baron de Haullevîlle. 
Délégué du Comité exècidif de i Exposition .- M. Gaston Bérardi, 



i8y — 



Membres Conseillers : 
Allemagne MM. P. Mullendorff, Correspondant de la Kôînische JCeitung, Bruxelles, 83, avenue d'Auderghem. 



Autriche 
Belsiqu e 



Danbmarck 

Espagne 

France 

Grande-Bretagne 

Grèce 

Italie 

Luxembourg 



Pays-Bas 
Portugal 



ris, rue Veniei, 33, 



E. Bâcher, Rédacteur en Chef de la Neue Freie Presse, Vienne, Kolowratring, Fichtegasse, n. 
MM. Arthur Goemaere, Rédacteur en Chef du Précurseur, Anvers, y5, rue Jordaens. 
Gust. Lemaire, Rédacteur de l'Etoile Belge, Bruxelles, 3 5a, rue des Comédiens. 
B" de Haulleville, Dir.-Réd. en Chef du Journal de Bruxelles, Bruxelles, rue de la Loi, a63. 
Gaston Berardi, Dir.-Réd. en Chef de V Indépendance Belge, Bruxelles, rue Fossé -aux- Loups, et 

(Champs-Elysées;. 
F.-J. Je Santa-Anna Nery, Correspondant du Jornal do Commercio, RIo-de-Janeiro ; résidence actuelle : ai, rue 

Berlioz, Paris. 
Hector Fabre, ancien sénateur, Commissaire Général de la province de Québec à Paris; Anvers, 48, rue Van Straelen. 
Hjort Lorenzcn, Directeur du National Tidende, Copenhague. 

V. Valle, Correspondant du journal elLibéral, de Madrid, Anvers, 60, rue du Vanneau. 
P. Jourde, Rédacteur du Siècle, Syndic de la Presse Parisienne, Paris. Absent pour motifs de santé, M. Jourde, au 

nom du Syndicat, a accrédité comme délégué, M. Gaston Carie, Secrétaire du Syndicat, Dir. de la Paix. 
Jules Lax, Correspondant du Times, de Londres, Bruxelles, 17, rue des Boiteux. 
Bl. Gabrielly, Rédacteur en Chef de l'Acropole, Athènes. 
J.-B. Ballesio, Rédacteur en Chef du journal il Diritto, Rome; en son absence : 

il Secolo, de Milan. 
Charles Buffet, Député, Luxembourg. 
F. Bœtzman, Vice- Président honoraire de l'Association littéraire internationale ; 

grès, Asniéres (Seine], France. 
A.-G.-C. Van Duyl, Président du Journal istenkring, Amsterdam, Oz, Voorburgw; 
Christovani Ayrez, Rédacteur en Chef du Jornal do Commercio, Lisbonne, 



Corona, Correspondant du journal 



iidence actuelle : 7, rue du Con- 



de Bel ver 



absence : Antonk 



rue des Gueu: 



de Castilho, collaborateur de l'Economista, de Lisbonne; Anvers 
Républ. Argentine Pedro V. Lamas, Directeur de la Revue Sud-Américaine, Paris. 
Russie A. Effront, Correspondant autorisé et collaborateur du journal Nawosti, St-Pétersbourj 



1 5, rue Pouchkiriska] 



Suède 
Suisse 



Anvers, ib, rue Bollandus. 
Rudolf Wall, Directeur du Dagens Nyheter, Stockholm. 
Edouard Sccretan, Rédacteur en Chef de la Gazelle de La, 



M. Arthur Goemaere, jeune officier du génie Belge en congé illimité, était professeur d'Histoire à 
l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers lorsqu'il entra, en 1868, au journal le Précurseur en qualité de 
critique d'art et pour l'étude des questions de politique étrangère. 

Après avoir repris son service d'officier pendant la durée de la guerre franco-allemande, il se fit recevoir 
Dispacheur au Tribunal de commerce d'Anvers, et, en 1S7S, devint Rédacteur en chef du Précurseur. C'est 
à ce titre qu'il fut appelé, à l'Exposition universelle de 1 885, à jouer un rôle actif au sein du Comité 
de la Presse. Ses collègues l'appelèrent au poste d'honneur de vice-Président du Comité de la Presse belge 
et de Président du Comité international. 

M. Goemaere a reçu la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. Cette distinction est d'autant 
plus flatteuse pour lui qu'elle lui a été envoyée directement par le gouvernement français sur la proposition 
du Syndicat de la presse parisienne. Cet hommage spontané fait honneur à M. Goemaere et témoigne de 
la distinction avec laquelle il a rempli sa délicate mission. 

Voici en quelques mots le résumé des travaux auxquels les membres des deux Comités se livrèrent 
avec un dévouement qui leur concilia tous les suffrages. 

Un « Comité de la Presse » fut constitué dès le mois de septembre 1S84. 

Son premier soin fut d'envoyer aux journalistes de tous les pays du monde et aux consuls belges 
des lettres circulaires rédigées en différentes langues et contenant quelques indications générales sur Anvers 
et sur la future Exposition. 

Il se mit aussi en rapport avec le Comité exécutif de l'Exposition, avec le Commissariat général, 
avec l'édilité anversoise, avec les diverses administrations des chemins de fer, avec les sociétés particulières 
de la ville, afin de prendre de commun accord les mesures qui faciliteraient et rendraient agréables le 
voyage et le séjour en Belgique des confrères étrangers. 

Lorsque, sur l'initiative du Commissaire général du gouvernement, M. le Comte d'OuItremont, et 
dans un but qui ne pouvait qu'être sympathique au comité existant, il se forma plus tard un Comité 
international de la Presse, le premier prit le nom de Comité belge. 



Le Comité belge procéda à l'installation du Hall de la Presse à l'Exposition, et chacun des membres 
de son bureau y siégea un jour par semaine et à tour de rôle le dimanche. 

Le Hall, magnifiquement décoré, se composait d'un grand cabinet de travail réservé aux confrères belges 
et étrangers, d'un second cabinet de travail pour les membres appelés à siéger et d'une vaste salle 
publique de lecture avec bibliothèque et journaux. 

Il n'était séparé que par un couloir des bureaux du Commissariat général et du Comité exécutif, 
et des bureaux des postes, des télégraphes et du téléphone, ce dernier relié au réseau belge. 

La présidence des réceptions et des fêtes organisées en l'honneur des confrères étrangers constitua 
une autre part essentielle de l'œuvre du Comité belge. 

Le Comité' international entra activement en fonctions au mois de mars i885. 

La partie administrative du service de la presse fut centralisée entre les mains de son Président et 
de son Secrétaire, aidés d'un personnel dévoué, commun aux deux Comités. Ils se mirent en rapport 
avec les journalistes de tous les pays, en reprenant l'œuvre si bien commencée par le Comité belge ; ils 
continuèrent les relations entamées avec les autorités publiques et en nouèrent avec les Commissariats 

étrangers ; ils servirent journellement d'intermédiaires entre 
les nombreux Comités qui ont fonctionné à l'Exposition 
et la presse et le public ; ils se tinrent constamment à la 
disposition des journalistes étrangers présents à Anvers et 
leur procurèrent des invitations aux fêtes, tant officielles que 
privées ; ils secondèrent dans la limite de leurs moyens le 
Commissariat général et le Comité exécutif; et, finalement, 
ils consentirent à joindre à leur service proprement dit 
celui du cabinet de lecture et de la bibliothèque. 

Les nombreux comités dont il vient d'être parlé sont 
ceux qui, tour à tour, se sont occupés du salon des Beaux- 
Arts ; des solennités musicales ; des expositions d'agriculture 
et d'horticulture, et de celles des animaux reproducteurs ; 
des concours hippiques ; de la loterie nationale, etc. 

Parmi les nombreux journalistes qui visitèrent l'Expo- 
sition Universelle, ceux qui se firent inscrire au Comité 
international en vue d'un séjour plus ou moins prolongé à 
Anvers, appartenaient aux pays suivants, que nous rangeons 
d'après l'importance des inscriptions, abstraction faite de la 
Belgique : France, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne et 
colonies, Italie, Autriche-Hongrie , Suède-Norwège, Dane- 
marck, Russie, Suisse, États-Unis, Espagne et colonies, 
Grand-Duché de Luxembourg, Brésil, Portugal, Turquie et Roumanie, Canada, Grèce, République Argentine, 
Chili, Afrique Australe. 

Les mêmes pays et les suivants étaient représentés par des journaux au cabinet de lecture : Indes 
orientales, Egypte, Chine. 

La bibliothèque avait été formée avec le concours bienveillant de quelques éditeurs belges, français, 
allemands, autrichiens et néerlandais, et de MM. les Commissaires d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie, de 
Belgique, de Bombay, du Brésil, de l'Egypte, de la France, de la Grande-Bretagne, de Haïti, d'Italie, 
de Monaco, du Paraguay, des Pays-Bas et de Suède-Norwège. 

Le Hall de la Presse fut honoré d'une visite de S. M. Léopold II, le 29 octobre. 
La session des deux Comités à l'Exposition fut déclarée close le i« novembre, à midi ; et le Comité 
belge, en sa séance du 2 décembre, déclara terminée la mission de la Presse. 

Enfin, grâce au dévouement,, à l'activité et à l'entrain de tous, la grande œuvre promettait d'être 
prête au jour fixé dès l'origine ; résultat merveilleux si l'on considère que les premiers documents n'ont 
été expédiés que le 2 Mai 1884, un an, date pour date, avant l'ouverture! 

L'ouverture de l'Exposition universelle d'Anvers s'est faite le 2 mai i885. Quelle somme d'efforts 
n'a-t-il pas fallu pour lutter contre les difficultés sans nombre qui accompagnent pas à pas ces grandioses 
entreprises. 




M. Auguste Snieders 
Président du Comité Belge de la Presse 









— i8q — 

Honneur aux hommes qui ont su les surmonter. 

Le 2 Mai 1885 marquera dans les annales de l'industrieuse Belgique. 

Nous ne pouvons mieux terminer cet article sur les origines de l'exposition universelle d'Anvers 
qu'en reproduisant ici le discours prononcé par le sympathique Président du Comité exécutif de l'Exposition, 
le jour de l'inauguration : 



!i!K 



Sire Madame, Altesses Royales, 



Au moment d'ouvrir cette Exposition à laquelle, il y a quinze mois à peine, nous invitions, au nom de la ville d'Anvers, tous 
les peuples de l'Univers, le Comité exécutif a pour premier devoir d'exprimer au Roi ses sentiments de profonde gratitude. 

L'Exposition universelle d'Anvers inaugurée aujourd'hui avec tant d'éclat eut une origine des plus modestes. Le projet, issu de 
l'initiative privée, fut ratifié par la population anversoise tout entière. 

Au moment où la reconstruction de nos quais et le perfectionnement de notre outillage maritime s'achevaient, il semblait opportun 
de convier l'étranger à venir se rendre compte des avantages de notre port et de l'intérêt qu'il présente pour le commerce du monde. Pour 
atteindre ce résultat, la voie était toute tracée. Il fallait organiser un de ces grands concours internationaux où resplendît comme dans une 
admirable synthèse la puissance créatrice de la science et du travail. 

L'œuvre était vaste, son exécution était entourée de difficultés de tous genres. 

Au milieu des embarras de la première heure et des craintes décourageantes qui se manifestaient autour de nous, nous nous 
adressâmes avec confiance au monarque éclairé dont la sollicitude s'étend à tout ce qui peut contribuer au développement du commerce et 
de l'industrie. 

Votre Majesté, Sire, daigna accordera notre œuvre naissante son haut et puissant patronage. Forts de cet appui, nous avons travaillé 
résolument au succès de cette entreprise. 

En voyant aujourd'hui rassemblés autour de Vos Majestés et de Vos Altesses Royales les représentants officiels de tant de pays divers, les 
ministres du Roi et les membres de notre Législature, les grands corps de l'Etat et les hommes les plus marquants des deux mondes dans l'Industrie, 
le Commerce, !a Science et les Arts, cette foule enfin, venue de toutes les parties du pays et de l'étranger, nous sentons notre reconnaissance 
s'accroître pour Votre Majesté. Le pays, Sire, vous rendra avec nous le témoignage que c'est grâce au concours que votre Majesté a bien voulu nous 
accorder que notre appel a été compris et accueilli. 

Nous associons dans nos sentiments de respectueuse reconnaissance Son Altesse Royale le Comte de Flandre, qui a daigné accepter la 
Présidence d'honneur du Comité belge et n'a cessé de nous encourager par les marques du plus vif intérêt. 

Le Gouvernement du Roi n'a pas hésité non plus à seconder nos efforts. Nous rendons en ce jour un solennel hommage à l'intelligente et 
efficace protection qu'il a accordée à notre œuvre. 

Son premier acte fut de constituer le Comité belge, composé d'hommes émînents, qui ont entraîné la coopération des industriels et des 
commerçants du pays. 

La nomination aux fonctions de Commissaire général du Gouvernement d'un homme sympathique, qui déjà avait représenté la Belgique à 
plusieurs expositions antérieures, a puissamment contribué à nous obtenir le concours des gouvernements étrangers. 

Qu'il nous soit permis de payer également notre tribut de reconnaissance à l'Administration communale de notre ville et à son chef qui a 
accepté dès le premier jour la Présidence d'honneur de notre Comité et a appuyé toutes nos démarches pour le succès de notre œuvre. 

La presse belge et étrangère a droit aussi à nos plus vifs remerciements. C'est elle qui a porté au loin l'appel que nous faisions à tous les 
peuples et fit comprendre le but élevé que nous poursuivions. C'est au concours empressé de tous ces dévouements, s'inspirant de notre belle devise 
nationale : " l'Union fait la Force » que nous devons le succès qu'il nous est donné de constater en cette solennité. 

L'espace couvert de soixante-dix mille mètres carrés que nous avions prévu à l'origine s'est trouvé bientôt trop étroit. Il a fallu élever 
successivement des constructions nouvelles, jusqu'à donner aux halles de l'industrie et des machines une superficie totale de cent mille mètres carrés. 
Ce chiffre indique suffisamment l'importance de l'Exposition qui va s'ouvrir. 

Parmi les grandes nations, la France, la première, a répondu à l'invitation de notre pays par un acquiescement qui reçut l'approbation 
immédiate et unanime des pouvoirs publics. La nation elle-même nous a offert un nouveau gage de son ancienne et durable amitié, en nous 
envoyant un nombre considérable de ses produits, qui occupent dans les Halles de '. 
mètres carrés, soit le cinquième de tout l'espace couvert. 

Dans un merveilleux pavillon élevé dans les Jardins, elle a voulu placer sous 1 
richesses de ses nombreuses colonies. 

Les autres grandes nations de l'Europe ont donné à la Belgique des marques non moins éclatantes de leurs sentiments amicaux. 

En Angleterre la Commission du patronage compte parmi ses Membres les lords-maires des principales cités, des illustrations scientifiques, 
des notabilités du Parlement, de l'Administration, du haut commerce et de la grande industrie. 

En Allemagne, des comités régionaux spontanément formés à Berlin, à Cologne, à Mayence, à Mannheim. nos Consuls, les chefs 
d'industrie et les plus modestes exposants eux-mêmes, ont rivalisé d'initiative, d'énergie et de sacrifices. Ces efforts collectifs ou individuels ont été 
généreusement et efficacement secondés par la nombreuse colonie allemande d'Anvers, par le Comité choisi dans son sein et son infatigable délégué. 
Grâce au concours de toutes ces bonnes volontés, l'Allemagne occupe ici une place véritablement digne de cette grande nation. 

L'Autriche, dont le renom va toujours grandissant dans les arts et dans l'industrie, n'a pas fait moins pour conquérir parmi nous de nouveaux 
■et précieux suffrages, L'étroite alliance des deux Familles Régnantes a largement contribué au succès de l'Exposition autrichienne. Sa Majesté 
l'Empereur François-Joseph, Son Altesse Impériale et Royale l'Archiduc Rodolphe, lui ont accordé Leur haut appui et Son Altesse Impériale 
l'Archiduc Charles-Louis a accepté la présidence d'honneur de la Commission instituée à Vienne. 

L'Italie qui, elle aussi, marche à pas rapides dans les voies du progrès, a fait pour nous un choix de ses plus remarquables productions. 

La Russie ne s'est pas bornée à envoyer son adhésion officielle, elle a tenu à se faire représenter par la plupart des produits de ses industries 
■de plus en plus florissantes. 

Parmi les autres Etats de l'Europe qui nous ont accordé leur précieux concours, nous signalons tout d'abord les Pays-Bas; nous avons là des 
amis, des frères que nous entourons de notre estime et de nos plus vives sympathies. Nous leur souhaitons la bienvenue : comme aussi à nos frères du 
Grand- Duché de Luxembourg. 

L'Espagne et le Portugal avec leurs Colonies, la Suéde, la Norvège, le Danemarck, 
la Principauté de Monaco, ont également répondu à notre appel. 



'industrie et dans les Galeries des machines plus de vingt mille 
ige réelle et pittoresque de l'architecture et des 



1 Suisse, la Turquie, la Serbie, la Roumanie, la Grèce, 



24 



igo 



féerie de l'Inde, de la Chine et du Japon. 
:ore par le premier Etat libre des nègres 



de I.essc 



ïiontre ses œuvn 



L'Europe entière est venue au rendez-vous de i SS5. 

Ce n'est pas seulement l'Europe qui donne à la Belgique un éclatant témoignage de sympathie, mais aussi l'Amérique, les Etals-Unis, le Canada, 
le Brésil, la République Argentine, celles de l' Uruguay, du Paraguay, de San Salvador et de Haïti. 

L'extrême Orient. l'Asie nous envoient les tissus, les joyaux, les émaux, îa fantaisie et 1 

L'Afrique même est représentée, non seulement par l'Egypte, la Tunisie et YAlgérie, maïs t 
affranchis, la République de Libéria. 

Et comme pour rendre plus significatif le rapprochement de tous les peuples, M. 
entreprises pour les rapprocher davantage encore, le Canal de -Shct et celui de Panama. 

A toutes ces nations, grandes et petites, à tous ceux qui nous honorent de leur concours, nous disons du fond de notre cœur : Merci ! 

Soyez les bienvenus sur le sol hospitalier de la Belgique, au sein de notre vieille cité d'Anvers. Puissent tous ceux qui ont contribué à cette 
imposante manifestation de l'intelligence et de l'activité humaine, recueillir les fruits de leur labeur et de leurs sacrifices. 

Puissent les peuples unis un jour par le sentiment de la fraternité universelle, supprimant les lois prohibitives, qui aujourd'hui encore entravent 
les relations commerciales, travailler tous ensemble, pacifiquement, à la prospérité commune. 

Puissent les producteurs des deux mondes, patrons et ouvriers, unis par leurs intérêts réciproques, dépouillés de tous sentiments d'antagonisme, 
ne former plus qu'une seule société. 

En face de ce grand fleuve, l'Escaut, de ce port ouvert à l'activité de tous les peuples, qu'il me soit permis d'exprimer ces généreuses 
espérances. 

Et ces vœux, Sire, ne sont pas une illusion. A la Conférence de Berlin, ils ont reçu une sanction éclatante. La grande œuvre a laquelle Votre 
Majesté a indissolublement attaché son nom, ne repose-t-elle pas sur cette même idée pacifique de Liberté et d'Union ? Liberté commerciale pour 
tous et application aux rapports entre nations des règles du droit et des lois de la Justice ! 



Sire, Madame, Altesses Royales, 

En demandant à vos Majestés de bien vouloir présider à l'inauguration de l'Exposition universelle d'Anvers, nous ne pouvons mieux traduire 
nos sentiments que par ce cri, qui est au fond du cœur de tous les Belges, et que répéteront avec nous tous les amis de la Paix et du Progrès, à 
quelques nations qu'ils appartiennent : 

Vive te Roi .' * 

Vive la Reine .' 

Vive la Famille Royale ! 






i 




Les Constructions 



Il appartenait à la Belgique, cette nation si justement célèbre par son industrie métallurgique, de réunir 
.les produits des diverses nations dans un palais entièrement construit en fer. 

En effet, les halles de l'industrie et la galerie des machines sont construites eu fer et couvertes en 
zinc, elles mesurent environ 91450 mètres carrés. 

C'est à M. Bordiau que sont dus les plans de la façade et de ces belles et vastes galeries. 

M. Bordiau a su profiter en maître d'une occasion bien rare en Belgique de prouver que nos 



artistes sont dignes d'opérer sur 
un vaste théâtre. 

En 1S80 déjà, les projets con- 
çus par M. Bordiau de donnera 
notre Cinquantenaire national un 
■éclat exceptionnel, en organisant 
dans la capitale une Exposition 
des produits de l'art et de l'in- 
dustrie belges, et de mettre en 
regard des productions modernes, 
les plus beaux spécimens de l'art 
•et de l'industrie des siècles passés, 
eurent la bonne fortune d'être 
exécutés par le Gouvernement. 
Le succès de l'Exposition de 1880 
nous dispense de faire l'éloge du 
génie de l'architecte. 

Ajoutons que les heureuses 
dispositions qu'il a données aux 
diverses installations de notre Ex- 
position universelle ont achevé 
de classer M. Bordiau parmi les 
maîtres de l'art. 




M. G. Bordiau 

Architecte du Commissariat général du 

Gouvernement et du 
Commissariat général de la section Belge. 



Dans le début l'entreprise 
pour la construction des bâtiments 
comprenait la fourniture en loca- 
tion du matériel pour plus de 
7 hectares de galeries. On prit la 
résolution de confier le travail aux 
trois plus puissantes sociétés in- 
dustrielles du pays. 

C'était d'abord la Société John 
Cockerill de Seraing — puis la 
Société Métallurgique de Bruxelles 
et la Société Internationale de 
construction (Rolin et C ip ) de 
Braine-Ie-Comte. 

Par suite de demandes nou- 
velles d'admission le nombre de 
7 hectares fut porté à 9 hec- 
tares. 

Voici comment se répartis- 
sait la division des surfaces à 
couvrir entre les trois sociétés 
précitées : 

Les locaux devaient être 



achevés et prêts à recevoir les installations et la décoration intérieurs pour le 3i décembre 1884. 

Cette vaste entreprise comprenait donc : 

i° l'Etablissement de clôtures autour des terrains de l'Exposition ; 

2 l'Établissement des fondations nécessaires et d'un réseau d'égouts relié à celui existant ; 

3° La construction des charpentes en fer ; 

4 Les boiseries (boiseries de toitures, de revêtements et de planchers) ; 

5° La couverture en zinc ; 

6° Le vitrage. 

Le cahier des charges renferme des conditions relatives à la nature des matériaux ; elles sont : 

i° Fondations . en maçonneries de briques ; les empâtements devaient être suffisants pour que la 
pression sur le bon sol ne fût pas supérieure à 3 kil. par centimètre carré ; dans le cas de sol douteux, 
des essais directs ont été faits pour déterminer la résistance de l'assise et par conséquent, les dimensions à 
donner à la base des fondations ; 

2° Egouts : Le réseau d'égouts, raccordant les tuyaux de descente des halles aux égouts existants, 
pouvait être établi au moyen de conduits en fonte, en grès, en maçonnerie ou en béton comprimé, au choix 
des entrepreneurs : ces égouts ont été exécutés en maçonnerie ; 

3° Charpentes : Entièrement métalliques. Les portées, les hauteurs et l'écartement des montants se 
trouvaient naturellement déterminés par les plans d'ensemble; les planches I et II donnent ces détails. 

La pression du pied des montants sur la partie supérieure des piliers en maçonnerie ne pouvait 
excéder 6 kilogrammes par centimètre carré. L'écar;ement maximum des pannes était de 2 mètres 5o ; 



WP 



4° Boiserie : a) Planchers en planches de sapin, non rabotées, de 4/4 d'épaisseur, espacées de un 
centimètre et portées sur des gîtes de 0.18 x °-°7 au minimum. 

Les dimensions et les dispositions des pièces de charpentes du plancher devaient être proposées par- 
les entrepreneurs en se basant sur les données générales suivantes : i° les neuf dixièmes des planchers des 
halles devront pouvoir supporter de 400 à 5oo kilog. par mètre carré ; 2 le dixième restant devra porter 
au besoin i5oo kilog. par mètre carré. 

b) Revêtements extérieurs : en planches 4/4 d'épaisseur, rabotées au moins sur la face extérieure, 
assemblées à rainures et languettes pour les façades principales ; en planches 4/4 d'épaisseur, non rabotées, 
placées en recouvrement d'au moins 4 centimètres pour toutes les autres façades ; 

c) Voliges : de toitures en planches de sapin 4/4 d'épaisseur, non rabotées, portées par des chevrons 
d'équarrissage et d'écartement donnés ; 

5 n Zinc: Couverture en zinc à losanges n° 9 de 75 centimètres de côté. Chéneaux en zinc n° 14; 
raccords en zinc n° 10. 

Tuyaux de descente en zinc n° 14, de 12 centimètres de diamètre au minimum; la section de ces 
tuyaux devait être calculée à raison de 1 centimètre carré de section par mètre carré de projection hori- 
zontale des toitures. 

Les revêtements en bois exposés à l'ouest et au sud-ouest devaient être recouverts en losanges, comme 
les toitures ; 

6° Vitrage : Verre double épaisseur placé à double mastic avec recouvrement de 0,02 centimètres ;. 
emploi de goupilles en bois et d'agrafes en plomb. 

Telles étaient les conditions générales et les points 'principaux du programme que devaient remplir 
les trois Sociétés concessionnaires de cette grande entreprise. 

La condition essentielle de l'entreprise était la fourniture en location, entretien compris, jusqu'au 
i er mars 1886, de tous les matériaux entrant dans la construction. Passé ce délai, les entrepreneurs reprendront 
possession des ouvrages et auront à remettre les terrains dans leur état primitif. 

Avant le commencement des travaux, au mois de juin 1884, les 22 hectares, occupés actuellement 
par les bâtiments et les jardins de l'Exposition, constituaient un quartier à bâtir, avec son réseau de rues, 
ses égouts, ses canalisations d'eau et de gaz ; l'aspect général du terrain était donc celui-ci : des rues (cote 
moyenne de niveau -f- 6.5o) séparées par des terrains vagues en contre-bas de 2 mètres environ. 



I. 



La Galerie des Machines. 



Elle couvre un espace de 170 m. de longueur sur io6 m 875 de largeur, soit 18,168.75 m. carrés. 

La galerie se compose de cinq travées parallèles juxtaposées, chacune ayant une portée de 2i m 375 
et une longueur de 170 mètres. — Les travées extrêmes et celle du milieu ont une hauteur de n m. 
mesurée du plancher à la naissance des fermes. 

La deuxième et la quatrième travée sont surélevées à la hauteur de 17 m. 

Les colonnes sont espacées de 10 m. et elles sont établies sur des piliers en maçonnerie. Leurs 
pieds qui sont en fonte se trouvent sous le plancher afin de ne gêner en rien la circulation du public. 
Les colonnes se composent de deux fers U réunis par des semelles, suffisamment écartés pour laisser 
place au passage d'un tuyau en zinc pour l'écoulement des eaux pluviales ; cette section des colonnes leur 
donne une grande rigidité latérale, ce qui est fort important avec leur grande hauteur. — En même temps, 
c'est une construction légère, et elle dissimule très heureusement l'aspect toujours déplaisant des tuyaux 
des eaux pluviales. La rivure des semelles est, de plus, suffisamment étanche pour tenir les eaux en cas- 
d'accident aux tuyaux en zinc. 

Un tuyau en fonte est logé dans les piliers maçonnés qui portent les colonnes. — Le tuyau en zinc 
pénètre dans ce tuyau en fonte, et ce dernier conduit les eaux à fégout. 

Les averses étant très fréquentes à Anvers, on a donné une large section aux tuyaux d'écoulement,. 
soit 1 cent, carré par mètre carré de surface couverte. 

Les colonnes sont reliées entre elles à la hauteur de u m. par une ligne de longerons horizontaux en 
treillis. 

Les colonnes des travées élevées de 17 m. ont une deuxième ligne de longerons en treillis à cette hauteur.. 



ni 



h 



- 193 - 

Ces longerons, qui donnent à l'ensemble un aspect léger et gracieux, ne servent pas seulement à relier 
les colonnes; ils portent en même temps les fermes intermédiaires espacées de 5 mètres. 

Cette construction, à la fois légère et solide, réduit la portée des pannes à 5m et permet de leur donner 
une faible section sans craindre qu'elles prennent une flèche. 

Les fermes même sont du système Polonceau à cinq fiches et à entrait horizontal. L'inclinaison des 
arbalétriers est de o'"40 par mètre. 

Les organes comprimés des fermes sont formés de cornières, les organes tendus de plats, 
tirant in- 
cliné de 
chaque fer- 
me est pro- 
longé vers 
le bas jus- 
qu'à la ren- 
contre avec 
la colonne 
à laquelle il 
est solide- 
ment réuni. 
Un puissant 
contreven- 
tement de 
tout l'en- 
semble est 
obtenu par 

vrons en bois sont fixés aux pannes à des distances de o m 33o et portent un volïgeage en planches de 
25 m ' m d'épaisseur sur lequel se place la couverture en zinc à losanges de o m 75xo m 75. 

Cette couverture s'étend jusqu'au faîtage des travées élevées, elle s'arrête à l'avant-dernière panne aux 
travées basses, pour y être remplacée par un vitrage supporté par des fers _j_ distancés d'axe en axe de o , "33. 




Ce vitrage a une inclinaison de o m 6o 
par mètre. Les vitres sont en verre 
mat, d'épaisseur double; ils ont en- 
viron une longueur de o lt! 65. 

Une passerelle avec garde-corps 
est établie au haut des versants 
afin de permettre l'entretien du vi- 
trage et de faire des réparations 
éventuelles. 

On a établi, au bas du vitrage, 
un chenal intermédiaire recouvert 
de zinc plat, recourbé vers l'inté- 




rieur pour recueillir, en même 
temps, les eaux de condensation. 
Ce chenal communique avec celui 
établi au pied des versants à l'aide 
de tuyaux en zinc de 160 m / m de 
diamètre. 

Les halles, autant les basses 
que les hautes, sont encore éclairées 
par des vitrages verticaux de 4 mètres 
de hauteur. 

La construction des bouts à 
pignon des halles a demandé un 



soin tout spécial. Les halles se terminent là par des parois en planches ayant jusqu'à 21 mètres de 
hauteur au milieu des halles élevées, et offrant une surface très considérable à la pression du vent. Pour 
s'opposer à cette pression, on a divisé les parois en plusieurs panneaux, à l'aide de forts montants verticaux 
en treillis. 

Ces montants sont, en bas, solidement fixés à la fondation, et en haut, ils correspondent 
aux nœuds de la dernière ferme. Cette ferme est reliée à la voisine par un fort contreventement et par 
les pannes. Les deux fermes, ainsi reliées, forment une sorte de longeron de pont mis à plat et transmettant 
l'action du vent jusqu'à la file des colonnes, de manière que tout l'ensemble résiste à la poussée du vent 
reçu par la paroi terminale de la halle. 

Les montants verticaux qui forment ainsi l'ossature du bout de la halle, étant eu treillis, ne lui 
enlèvent pas son caractère de légèreté et rompent la monotonie qu'une surface terminale unie n'aurait pas 
manqué de présenter. 



w 






— '94 — 

Pont. — La galerie des machines communique avec les halles de l'industrie par un pont jeté au-dessus 
de la rue de Bruxelles, dont il fallait laisser le passage libre. Ce pont est à 3"'8o au-dessus du ni- 
veau des halles et pont où elle est 
on y arrive du LES HALLES DE LEXPOSÏTION UNIVERSELLE DÀNVERS 
P1L 18BS. 



Superficie c 



j. 1. Plan d'ensemble. 



r~?X1 S"'J.:>3 C;.:L:r:l. 






côté des galeries 
de l'industrie par 
un large escalier. 
Profitant de cette 
différence de ni- 
veau, exigée par 
les circonstances 
locales, on a fait 
déboucher le pont 
sur une estrade 
qui court tout le 
long de la pre- 
mière halle aux 
machines et em- 
brasse une partie 
des côtés où des 
escaliers permet- 
tent de descendre 
dans les halles 
aux machines. 

La largeur de 
cette estrade est 
de 4 mètres, sauf 
à l'endroit du 

— Il n'y a là aucun organe inutile, aucun- dont le- but serait douteux, aucun dont les fonctions et les 
efforts auxquels il doit résister ne soient parfaitement définis. 



WM 



-■■■ ■■■. -^ r 44c^ 1 




de 6 mètres. Là 
elle forme un 
vaste balcon d'où 
on peut embras- 
ser d'un coup 
d'œil toutes les 
halles aux ma- 
chines et jouir du 
spectacle saisis- 
sant des nom- 
breuses machines 
en marche. 

Nous nous per- 
mettons d'ap- 
puyer sur la con- 
ception absolu- 
ment correcte de 
toutes les parties 
de cet édifice, qui 
réunit la légèreté 
à la solidité, et 
sur l'exécution re- 
marquab I e m e n t 
soignée de toute 
la construction. 



IL 



Halles de io et de i5 mètres de portée dans la- Galerie de l'Industrie. 






Le système de construction de ces halles est analogue à celui de la galerie des machines et tout ce 
que nous y avons dit se rapporte également à ces halles. 

Le niveau général du plancher des halles devant être établi à la cote 7"'3o, les montants des 
charpentes reposent sur plus de 8oo piliers en maçonnerie de hauteurs variables rachetant les différences 
de niveau provenant de la configuration du sol. 

La galerie des machines, dont le plancher est établi à la cote G m 8o, occupe seule un terrain 
sensiblement de niveau (cote 6"'5o); elle s'étend jusque dans la gare du Sud dont elle occupe certaines 
voies : cette disposition a l'avantage de simplifier et de faciliter considérablement l'arrivée à pied d'eeuvre 
des produits. 

Une partie des fondations se trouvant à l'emplacement des anciens fossés de la citadelle — fossés 
remplis de vase et remblayés — ont dû être établies sur pilots, vu la résistance absolument nulle du sol. 

Examinons maintenant comment étaient réparties les surfaces à couvrir des halles de l'Exposition, 
- entre les sociétés Cockerill, La Métallurgique et Internationale. 

La Société La Métallurgique de Bruxelles était chargée de construire et d'établir les 32,ooo mètres 
carrés de galeries s'étendant à droite de celles faisant face à l'entrée principale. 

Les galeries basses ont des portées de io, o, 20 et 25 mètres, l'écartement des montants est de 
10 mètres, celui des fermes de 5 mètres. Les montants des charpentes sont composés de deux poutrelles, 
percées seulement de quelques trous à leur extrémité supérieure pour l'attache des longerons et des fermes; 
les deux poutrelles sont réunies par des agrafes en fer plat posées à chaud de distance en distance ; 
l'écartement intérieur est maintenu par des entretoises en fonte de forme convenable. 



■I 







Façade monumentale de l'Exposition universelle^' Anvers. 






— ig6 — 

Le pied du montant s'emboîte, sans assemblage, par boulons ou rivets, dans un sabot en fonte 
présentant en creux le profil des deux poutrelles. 

Les fermes de la Métallurgique (galeries basses) sont toutes du type Polonceau articulé, à une bielle. 

L'arbalétrier et les bielles sont formées d'une seule poutrelle; les tirants et entraits sont en fer rond. 

Les boulons principaux d'articulations et d'attaches sont en acier. 

En outre, les montants écartés de 10 mètres, reçoivent un longeron treillis de 1 mètre de hauteur qui 
reçoit en son milieu la ferme intermédiaire. 

Les pannes sont en poutrelles : l'assemblage de la panne sur l'arbalétrier se fait de la façon suivante : 
une équerre, sur laquelle viennent se boulonner, bout à bout, les extrémités de deux pannes consécutives, 
est fixée à l'arbalétrier au moyen de crapauds en fer qui prennent sous le bourrelet de la poutrelle : cette 
disposition est analogue à celle employée pour la voie Hilff (rail sur longrine en fer); elle a pour but 
de laisser l'arbalétrier intact et de ne pas le déforcer par des trous inutiles. 

Le faible poids de la construction est digne de remarque; y compris les colonnes et les fers de vitrage, 



arc des galeries principales Iop). 
Echelle 0005 p m" 




- M 



qui sont nombreux, ce poids 
n'atteint pas 43 kilos par mètre 
carré horizontal couvert. 

Passons aux Galeries hau- 
tes : pour toutes les galeries 
principales (i4mètres de hauteur 
sous entrait) les montants sont 
écartés de 5 mètres et suppor- 
tent directement la ferme ; cette 
dernière est une ferme cintrée, 
dont le diagramme figure à notre 
planche ; le rayon du cintre est 
de i4'"6o. Tous les éléments 
de cette- ferme sont rivés ; les 
pièces comprimées (arbalétriers, 
contre-fiches et cintres) sont for- 
mées de 2 cornières; les parties 
étendues sont composées de fers 
plats. 

Nous n'avons rien de par- 
ticulier à signaler pour cette 
ferme, si ce n'est son aspect 
léger et hardi. 

Quant à la salle des fêtes, 
d'une superficie de 3, 600 mètres 
carrés, elle se compose d'une 

éléments rivés. L'arbalétrier est formé de fers LJ adossé: 
en fers plats. Les pannes sont en poutrelles. 

La disposition des montants (deux poutrelles agrafées) est sensiblement la même que pour les charpentes de 
la Métallurgique : le pied des deux poutrelles, réuni par des goussets rivés, est boulonné sur un sabot en fonte. 

La Société Rolin avait à construire la partie surélevée (22 mètres de hauteur libre) se trouvant à l'inter- 
section des deux galeries principales qui se coupent à l'angle droit; ce dôme se compose de quatre 
demi-fermes (type des fermes cintrées) et de quatre fermes d'arêtier s'assemblant au centre de la construction. 

Le montage des charpentes métalliques s'est fait entièrement au moyen de chèvres ; la configu- 
ration du terrain, à cause des fortes différences du niveau, ne permettait pas l'emploi d'échafaudages roulants. 

Disons quelques mots des boiseries de l'Exposition. Toutes celles-ci pour les trois sociétés précitées, ont 
.été entreprises par les mêmes entrepreneurs : MM. Wouters-Dustin et Masson, de Bruxelles; les boiseries 
des toitures {chevrons et voliges) sont conformes aux conditions imposées par le cahier des charges; les 
chevrons se trouvent fixés sur les pannes au moyen d'agrafes spéciales en fer qui sont clouées sur le bois 
et saisissent le dessous du bourrelet de la poutrelle. 



galerie haute de 25 mètres de 
portée (fermes Polonceau), de 
14 mètres de hauteur libre et 
de 60 mètres de longueur ; à 
droite et à gauche de cette gale- 
rie, des galeries basses de 20 m. 
servent de dégagements. 

Quant à la Société Interna- 
tionale (Rolin et C ie }, de Braine- 
le-Comte , il lui était réservé 
27,800 m. carrés à construire. 
Cette société a établi les trois 
galeries hautes dans l'axe de 
l'entrée principale et toutes les 
halles se trouvant à gauche de 
ces dernières, sauf les galeries 
de 10 et i5 mètres (construites 
par la Société Cockerill). 

Les galeries principales 
(ferme cintrée) ont les mêmes 
dispositions que pour les char- 
pentes de la Métallurgique. 

Quant aux galeries basses 

(25 mètres), elles sont couvertes 

au moyen d'une ferme du profil 

Polonceau, à trois bielles, à 

Les bielles sont en cornières ; les tirants et entraits 



!s ~~il 



S i 



— iQ7 — 

Les revêtements sont composés comme suit : des bouts de cornières en fer sont fixés sur les montants 
verticaux de la charpente; ces équerres sont fixées sur les poutrelles montantes au moyen d'un assemblage à 
crapauds analogue à celui des pannes sur les arbalétriers ; sur ces cornières viennent se boulonner des gites 
posés à plat et enfin sur ces derniers se clouent les planches de revêtement; de cette façon, on ne 
perce et on ne déforce pas les fers ; d'un autre côté, les bois peuvent être laissés à longueur commer- 
ciale et être réem- 



ployés. 

Les planchers sont 
■construits comme 
suit : des poteaux, 
de hauteur variable 
suivant le profil du 
terrain, reposent à 
leur pied sur une 
longrine supportée 
par des semelles 
transversales encas- 
trées dans le sol ; la 
tête du poteau est 
saisie par deux moï- 
ses boulonnées ; sur 
ces moises viennent 
reposer les gites sur 
lesquels se clouent 
les planches; des 



/ 




lll^o^sililih 


pV a,, " j ■;;",- 


\ ' ' ' '"" , f »J 



Partie des Halles construite par « La Métallurgique » 



contreventements et 
des écharpes réunis- 
sent en outre les 
montants entre eux; 
les écartements des 
moises et des gites 
sont calculés de fa- 
çon à arriver à des 
longueurs commer- 
ciales et à ne pas 
devoir couper les 
pièces. 

Un détail qui ne 
manquera pas de 
frapper les spécia- 
listes en ce qui con- 
cerne les construc- 
tions métalliques des 
Sociétés Rolin et de 
la Métallurgique, 



c'est que toutes les constructions de fer et de bois sont combinées de laçon à ce que les matériaux restent 
intacts tout en conservant les garanties de solidité prescrites. 

Ces constructions, de l'avis unanime, sont sous ce rapport de véritables types de halles construites 
économiquement. 



Une autre con- 
struction bien im- 
portante incombait 
à la Société Métal- 
lurgique : nous 
voulons parler du 
grand portique 
d'entrée entière- 
ment métallique , 
simplement garni 
d'un revêtement 
en planches , qui 
en suit presque 
exactement tout 
les contours 

Ce monument 
provisoire, gra- 
cieux et hardi , 
mesure 68 mètres 













: 




i\ - f J-»_,^l-. .^-. .„,•:;... 




il : pJfjiH 


l .,» âSIJg' ,m .,,.,. iidn II 


'ifs 


k- 


-'. : :„.,^,;_- l 


'%£-. ' ^ 


"', ' 7" ■ 


- ■ 
-- - 


iîllIlB 


jÉ£§SS9 


ÉfeS* 



Partie des Halles construite par la Société Internationale (Rolin et C' e J 
de Braine-le-Comte 



de hauteur. Il est 
surmonté d'une 
sphère de 10 m. 
de diamètre. Le 
portique a une 
ouverture de 21 m. 
sur une hauteur 
de 25 mètres. Deux 
phares de 54 met. 
de haut se dressent 
à droite et à gau- 
che à une dizaine 
de mètres du corps 
principal. 

La largeur totale 
de l'ensemble du 
portique monu- 
mental est de 66 
mètres avec une 
hauteur de 68 m. 



Dans ces conditions le monument présente une fois et demie les dimensions correspondantes de l'Arc de 
triomphe de l'Étoile, à Paris, 

Les assemblages de l'ossature métallique sont combinés de manière à permettre l'utilisation des 
matériaux sans grand déchet, et à leur laisser la plus grande partie de leur valeur, après démolition. 

Relativement à la masse de l'ouvrage et à la solidité qu'il convenait de lui donner pour résister aux 

25 



jm- 






violentes bourrasques qui se déchaînent fréquemment sur l'Escaut, et peuvent atteindre i5o kilos de pression 
par mètre carré, le poids du fer employé dans cette construction, soit environ 450 tonnes, est fort réduit. 
On a eu l'heureuse idée d'installer un ascenseur hydraulique, système Easton et Anderson dans un 
des pieds-droits du portique. Cet ascenseur est fait pour monter les visiteurs à l'Exposition jusqu'au balcon 
du grand portique, c'est-à-dire à une élévation de 3o mètres du sol. — Le principe de cet appareil est 



celui appliqué aux quatre 
ascenseurs établis au nouvel 
hôpital de la ville et à un très 
grand nombre d'ascenseurs 
construits par la Compagnie 
Easton & Anderson pendant 
20 ans dans divers bâtiments 
publics, hôpitaux, hôtels et 
maisons particulières à Lon- 
dres et autre part. 

L'ascenseur de l'Exposi- 




tion est mis en mouvement 
par la pression directe de la 
distribution d'eau de la ville. 
— La tige, qui a un diamètre 
extérieur de 190 m / m est en 
acier laminé et creuse. A la 
pression de 4 atmosphères, 
l'ascenseur peut élever un 
poids de 1000 kilos, la con- 
sommation d'eau par chaque 



voyage étant de 800 litres. 

Le sondage du puits qui reçoit le cylindre de l'appareil a été fait par le système du baron O. Van 

Ertborn. L'appareil à double courant d'eau employé dans ce système a permis d'enfoncer un tube en tôle de 

o^.5o de diamètre à travers une épaisseur de 17 mètres de sables mouvants. Aucun éboulement ne s'est 



produit aux parois du trou 
quoique le sondage se faisait 
entre les quatre colonnes de 
la lourde charpente en fer 
déjà construite. 

Fonctionnant à basse 
pression, ces ascenseurs sont 
surtout d'un emploi facile et 
économique dans des villes 
comme Anvers où la pression 
constante de la distribution 
d'eau fournit la force motrice 
à très peu de frais. — A 
Anvers, les appareils peuvent 
être raccordés directement aux 
tuyaux-mères de la distribu- 
tion d'eau sans exiger l'instal- 
lation d'une pompe à pression 
ou d'un réservoir. — A la 
pression normale de la ville 
la consommation d'eau est 
également minime, puisqu'un 
demi-mètre cube suffit pour 
donner un poids de 1000 kilos 
aune hauteur de 10 mètres; 
ce qui revient, d'après le tarif Le grand Portique d'entrée, construit par la Société 




de la Société des Eaux, à une 



dépense de 20 centimes seu- 
lement, chiffre auquel nulle 
main-d'œuvre ne peut faire 
concurrence. — Dans les 
usines ou les fabriques qui 
se servent déjà de l'eau de 
la ville pour l'alimentation 
des chaudières, etc., les frais 
d'exploitation de l'ascenseur 
peuvent se réduire à zéro, 
l'eau qui procure la force 
motrice servant ultérieure- 
ment aux . besoins de l'éta- 
blissement. 

La construction des ascen- 
seurs de la Compagnie Easton 
& Anderson est telle, que tout 
accident est impossible. Tou- 
tes les parties mobiles impor- 
tantes des appareils sont en 
acier et les attaches sont au 
moins en double. 

De chaque côté du por- 
tique s'élève un phare dont 
la partie inférieure est con- 
sacrée à un salon d'auditions 
téléphoniques. 



« La Métallurgique 

Dans le phare de gauche sont installés les appareils de transmission téléphonique de Van Ryssel- 
berghe, qui relient le Waux-Hall de Bruxelles à l'Exposition ; dans le phare de droite sont installés les 
appareils du docteur P. Ochorowicz. 




LE PARC 




ous l'avons constaté souvent : ce qui frappe le visiteur qui 
a franchi le guichet, c'est le grandiose dans l'exigu. 

Les jardins occupent une espace restreint et cependant 
ils encadrent convenablement — disons agréablement — l'en- 
semble des constructions. D'autre part, le portique d'entrée 
donne au palais de l'Exposition un cachet original, qui ne 
manque ni d'élégance ni de grandeur. 

Chacune des précédentes Expositions Uni- 
verselles évoque l'image d'un édifice autour duquel 
se groupent les souvenirs et les impressions ; c'est 
pour le grand nombre tout ce qui reste de la 
« Great exhibition. » 

Pour Anvers aussi, le portique sera l'impres- 
sion survivante de l'Exposition. L'œuvre a soulevé 
plus d'éloges que de critiques ; la conception est 
hardie et l'effet saisissant. Aussi les Anversois 
cherchent-ils les moyens de conserver un monument 
qui immortalisera un événement glorieux pour la métropole du Com- 
merce et des Arts. 

De chaque côté du grand portique , de superbes cascades 
déversent leurs eaux écumantes à travers les rochers artificiels et répandent dans l'atmosphère une fraîcheur 
bienfaisante, — Ces enrochements sortent des ateliers de la maison Blaton-Aubert dont le nom est aujourd'hui 
populaire. On ne saurait imiter la nature avec plus d'art et d'illusion. Les bassins dans lesquels viennent 
rouler les flots battus de la cascade sont en pierre moulée, comme le grand bassin avec jet d'eau qui 
s'étale en face de l'avenue du Sud, pierre d'une solidité à toute épreuve à laquelle le moulage donne aisément 
des formes variées. 

De ci, de là, nous remarquons encore, éparpillés dans le jardin, les enrochements des Pulsomètres, 
la belle grotte du Marteau-Pilon, les enrochements du Marteau-Pilon de la Société Cockerill, un petit parc 
aux huîtres, des aquariums, etc. 

Dans un ordre d'idées plus artistique, nous remarquons de nombreuses statues, telles que le Faune, 
le Gladiateur et tant d'autres, des lions et des cerfs que M. Blaton-Aubert a disséminés un peu partout et 
qui donnent aux jardins de l'Exposition l'aspect d'un véritable salon de sculpture. 

Parmi les statues de M. Blaton-Aubert, exposées dans les jardins, le Triomphe de la Lumière par 
Wiertz, attire le plus particulièrement l'attention. 

Le Parc de l'Exposition s'étend sur la surface d'un long triangle, en avant de la façade. 

Le problème à résoudre n'était pas des plus facile ; n'ayant à sa disposition qu'un terrain de dimen- 



. w - 



— 200 — 

sions restreintes, et un laps de temps très limité, il s'agissait de faire grand, de faire vite, et d'éviter autant 
que possible l'idée d'encombrement que devait faire naître la multiplicité des constructions 'à y établir. 

Ici encore le talent et l'intelligence ont été à la hauteur de la tâche ; tout le monde a pu admirer 
ces vertes pelouses où les massifs de roses et de fleurs aux mille couleurs et aux senteurs embaumées, for- 
maient un cadre frais et riant à ces constructions d'aspects si divers et de formes si variées. Le goût 'et la 
fantaisie des exposants les avaient établies comme au hasard, le long d'avenues, artistement tracées, offrant 
au visiteur une promenade des plus intéressantes et des points de vue charmants. 

D'ailleurs, la réputation de l'habile architecte de jardins, M. Fuchs, n'est plus à faire. C'est à l'œuvre 
qu'on juge l'artiste et il nous suffira de citer, du même maître, le Parc d'Anvers, 
de disposition et de plantation. Ab uno dises omnes. 

Le jeu des cascades est activé par des pulsomètres de divers systèmes; la cascade de gauche par le 
pulsomètre système « Koertmg, frères » ; celle de drotte par le pulsomètre système « Neuhaus », qui fait 
fonctionner également le jet d'eau du grand bassin. C'est toujours la même eau, tour à tour aspirée et 
refoulée, qui s'élève et retombe. 

se généraliser de plus en plus, aussi croyons-nous utile d'en parler 

reil en activité, d'ouvrir la 



qui est un chef-d'œuvre 



L'emploi du Pulsomètre 
ici avec quelques détails. 

Le Pulsomètre sert dans 
toutes les industries à élever 
des liquides chauds ou froids, 
même épais, ou contenant des 
corps solides, pâte à papier, 
sable de rivière, acides, huiles, 
goudron , etc. Il s'emploie 
encore comme pompe d'é- 
puisement ou d'alimentation, 
pompe pour navires , fon- 
taines, etc. 

1 1 fonctionne sans pistons, .' 
au moyen de la condensation 
et de la force vive de la 
vapeur; cette vapeur était 
fournie, à Anvers, par une 
chaudière placée derrière la 
galerie des machines, au 
moyen d'un tuyau de près de 
450 mètres de longueur. Il 



tend 






soupape de prise de vapeur. 
Ces appareils remplacent 
les pompes à vapeur et ont 
sur celles-ci les avantages 
suivants : consommation mi- 
nime de vapeur, — mon- 
tage d'une extrême simplicité, 
— fonctionnement régulier et 
non interrompu, — suppres- 
sion de surveillance et de 
réparation. 

L'idée du pulsomètre est 
loin d'être neuve. L'idée que 
Thomas Savery a exécutée 
de la manière la plus simple, 
a été reprise par un Américain, 
après avoir été abandonnée 
pendant environ 200 ans. 

Cet Américain inventa le 
régulateur automatique de l'é- 
chappement de la vapeur dans 
autre Américain, Hall, poursuivit cette idée et chercha à 




M. Fuchs 
Architecte de Jardins 



suffisait, pour mettre l'appâ- 
te pulsomètre ; son nom est resté inconnu. Un 
l'appliquer pratiquement. 

Il vendit ses brevets anglais à MM. Neuhaus et Hodgkin et se rendit en Allemagne, où il commença 
à fabriquer des pulsomètres. Le succès ne répondit pas à son attente et ce ne fut réellement que quand la maison 
Koertmg frères s'occupa de cette industrie, que la vogue du pulsomètre se répandit rapidement. 

Des milliers d'appareils Koerting sont actuellement en usage ; celui qui a figuré à l'Exposition d'Anvers en 
démontre l'excellent fonctionnement. 

Le pulsomètre Koerting a pour qualités principales une grande sûreté et une grande régularité d'action, et de 
plus, une grande durabilité ; sa construction est simple et d'un entretien facile ; à ces divers titres, il convient 
particulièrement pour les châteaux-d'eau des stations de chemin de fer ; il est fort employé également dans, 
l'industrie et il n'est guère d'établissement d'une certaine importance, qui ne puisse utilement s'en servir. 

Le pulsomètre Koerting jouit d'une réputation méritée et peut lutter, avec avantage, contre les appareils de 



ce genre les plus parfaits 

A MM. Neuhaus et J 
l'avenir de cette invention. 

Les premiers pulsomètres de construction européenne furent fabriqués par ces Messieurs à Londres 



C. Hodgkin revient aussi l'honneur d'avoir su apprécier le mérite et 



b 



■■■■■^B 



— 202 — 









I 



■i 



en 1873. Plus tard M. Neuhaus se fixa à Berlin et y fonda en 1880, sons la raison 
Puhometer-Fabrik M. Neuhaus une usine, dont la réputation s'étendit rapidement. 
Une description de cet appareil, 



Deutsch - Engl. 



donnée par un journal technique, 
•priva M. Neuhaus du droit de 
brevet d'invention dans les États 
Allemands; aussi vit -on surgir 
promptement de toutes parts des 
fabriques de Pulsomètres ; mais la 
fabrique de M. Neuhaus brilla tou- 
jours au premier rang, grâce à la 
supériorité de ses appareils. 

On peut voir fonctionner entre 
autres, un pulsomètre « Neuhaus » 
dans les mines d'ambre de MM. 
Stantien et Becker à Palmnicken; 
il y soulève l'eau à lui seul, à 
une hauteur de 45 mètres ; ce résul- 
tat n'a été obtenu par aucun autre 
système. 

Les mérites incontestables de 
ces appareils , constatés par des 
expériences nombreuses, s'est affirmé 




Pulsomètre Koerting frères, Paris 



une fois de plus à l'Exposition d'An- 
vers, où le Jury leur a décerné la 
seule médaille d'Or attribuée aux 
Pulsomètres. 

Ajoutons que la maison Karcher 
et Mullenhoff, à Anvers, est chargée 
de la vente exclusive du Pulsomètre 
Neuhaus en Belgique; elle fait aussi 
l'exportation d'installations complètes 
avec tuyauteries, chaudières, etc., le 
tout garanti sous le double rapport 
du fonctionnement et du rendement. 

A gauche de l'entrée principale 
le regard est frappé en premier lieu 
par un nom qui se rencontre dans 
toutes les expositions. 

Hic et ubique , telle devrait 
être la devise de la fameuse firme 
Thom. Cook and Son, agence inter- 
nationale de billets circulaires. 

Dans toutes les villes , où le 



mouvement des voyageurs a une certaine importance, on est sûr de rencontrer une succursale de la maison-mère. 
Comme le prouve l'illustration ci-contre, l'agence était représentée à l'Exposition d'Anvers et là encore 
elle sut remplir ses multi- 
ples fonctions, à la satis- 
faction de tous ceux qui eu- 
rent recours à son office. 

Le représentant de la 
maison parlait couramment 
comme tous ses confrères, 
le français, l'allemand, l'ita- 
lien et l'anglais et se mettait 
obligeamment à la disposi- 
tion du .public pour l'é- 
change des monnaies étran- 
gères et la vente des billets 
de parcours, ainsi que pour 
tous les renseignements 
désirables concernant les 
meilleurs hôtels, les heures 
de départ des trains et des 
steamers, etc., etc. 

Il n'y aurait eu qu'à 
voir l'affluence journalière 
de visiteurs au kiosque de 
Th. Cook, pour être per- 
suadé que ce pavillon con- 
stituait une des installations 
les plus utiles du Parc de 
l'Exposition, 
dans la promotion de cette vosue et de ces succès. 



Une autre construc- 
tion, très originale celle-là, 
de cette partie des Jardins, 
était le joli pavillon de 
/. W. Huesgen de Traben, 
qui rappelait très exacte- 
ment les chalets que l'on 
rencontre à chaque pas dans 
la vallée de la Moselle. 

Ici, comme là -bas 
d'ailleurs , le pavillon ne 
servait que de prétexte à 
la dégustation des excellents 
crus récoltés sur les coteaux 
qui bordent la charmante 
rivière. 

La renommée des vins 
de Moselle date de loin ; il 
y a deux siècles, nos pères 
en approvisionnaient déjà 
leur table et, depuis cette 
époque, la faveur dont ils 
jouissaient n'a fait que 
grandir. 

La maison /. W. Hues- 
gen, fondée en 1760, a été 
l'un des principaux facteurs 
Les chefs actuels de la maison, MM. W. et R. Huesgen, 







Pulsomètre Neuhaus, Berlin 



203 



continuent à se maintenir au niveau des premières maisons de Vins et de Mousseux du continent, par l'excellence 

des produits qu'ils exportent dans toutes les parties du globe. 
Ces succès sont attestés par les nombreuses distinctions que 
la maison a remportées dans les différentes Expositions. 
A Amsterdam notamment, elle figurait Hors Concours 
(membre du Jury) et à Anvers ses produits ont obtenu 
la plus haute récompense décernée, la Médaille d'Or. 
Deux pas plus loin, la Compagnie Internationale des 
Wagons-Lits a fait une exhibition doublement pratique en 
ce qu'elle montrait aux visiteurs le luxe et le confort 
de ses voitures et le soin que met la Compagnie à satis- 
faire aux besoins gastronomiques des voyageurs. 

Sous un auvent se trouvait installé un train complet, 
comprenant un wagon-lits, un wagon-salon-bar, un wagon- 
restaurant et un fourgon approvisionné pour les besoins 
d'une série complète de voyageurs. Cette exhibition a eu 
un succès marqué, car les consommateurs se sont suivis 
sans interruption pendant toute la durée de l'Exposition. 
La Compagnie possède actuellement 170 wagons, qui 
parcourent journellement environ 5o,ooo kilomètres, de 
l'Orient à l'Occident et du Nord au Midi. Ce moyen de 
locomotion commence à entrer dans les mœurs, si Ton 
en juge par le nombre des voyageurs transportés journel- 
lement par les wagons-luxe, ce chiffre s'étant élevé à 
200,000 pour l'année i883. 

Mentionnons pour mémoire le pavillon des Pétroles 
russes; nous aurons l'occasion d'étudier plus longuement 
ces produits et leurs dérivés, lors de la description des 
halles de 
l'industrie. 

A la droite 
de l'entrée, 
le pavillon du journal /' 'Indépendance Belge, surmonté d'une 
Renommée, se présente tout d'abord : c'est un petit salon d'infor- 
mation, comme l'Indépendance et la Chronique en possèdent à 
Bruxelles. 

A deux pas, le kiosque de la Compagnie de publicité, 
du même modèle que celui occupé par MM. Cook & C ie ; ces 
deux pavillons sont munis, à l'étage, de puissants foyers avec 
réflecteurs, servant à projeter la lumière électrique sur la façade 
monumentale. 

A côté, contre la clôture, la ferme du Manitoba, exposée 
par le Canadian Pacific Raihvay, puis, un pavillon de tir, où 
de nombreux amateurs ont pu juger du mérite de la carabine 
Larssen. 

Vient ensuite un chalet très intéressant, exposé pa'r 
MM. Nilsen Mathiesen & C ia de Fredrikstad. Ce chalet, entière- 
ment construit en bois de sapin de Norwège, dans les ateliers 
des exposants, a été monté sur l'emplacement qu'il occupe. Toutes 
ses parties s'ajustent et sont assemblées par des vis, de sorte 
qu'il peut être monté et démonté avec la plus grande facilité, 
sans détérioration aucune. 

Cette construction, très commode et fort élégante, se compose 




Pavillon de MM. Th. Cook & Son 




Pavillon J. W. Hue 
au rez-de-chaussée, 



%en, Traben 

luquel on a 







par un joli perron, de deux pièces et d'un bel escalier conduisant à l'étage; celui-ci se compose également 
de deux chambres avec un spacieux balcon. Ce genre de construction convient 
surtout pour pavillon de chasse, chalet aux villes d'eau, villa de campagne 
et, en général, pour toute habitation provisoire. 

Au rez-de-chaussée est exposée une collection d'échantillons de bois sciés 
et ouvrés de toutes dimensions; elle permet de se rendre compte de la supé- 
riorité du travail de la maison Nilsen Mathiesen & C' e ; cette maison n'occupe 
pas moins de deux cents ouvriers, répartis dans ses vastes ateliers de sciage 
et de rabotage. 

Un exposant qui ne se plaindra pas de sa participation à l'Exposition 
d'Anvers, c'est M. Grtiber, dont le restaurant, supérieurement dirigé par 
M. Cordemans, était' à de certaines heures littéralement pris d'assaut par 
le public; celui-ci non plus ne s'est pas plaint. Touchant accord! Tout le 
monde a donc été content; une fois n'est pas coutume. La vogue du restaurant 
Grtiber est d'ailleurs pleinement justifiée; sa situation est excellente — sa 
bière délicieuse — sa cuisine succulente — le service bien fait et les prix 
modérés; c'est plus qu'il n'en faut pour réussir. 

A proximité du restaurant Grùber, se trouve une grotte à double étage 
où l'on déguste, au choix, du vin du Rhin ou de la Moselle, à fr. o,5o le 
1/4 de litre; de la terrasse ^ 
supérieure de cette grotte 11/ 
on jouit d'une belle vue 
sur le Parc et on se trouve 

JOVKB. 

Papillon Russe. aux premières loges pour 

écouter les Concerts. 
En quittant la grotte, nous laissons à gauche un 
petit pavillon de dégustation de cigares et nous arrivons 
au restaurant Viennois, tenu par M. A. Tewele, où les 
dames d'Anvers se donnaient rendez-vous pendant les 
heures chaudes de l'après-midi et se livraient en plein air 
à d'aimables causeries, en dégustant d'excellentes glaces; 
ces palabres remplaçaient avantageusement pour elles, les 
réunions dites Cafés de dames. 

L'aftluence des visiteurs à l'Exposition était assez 
grande pour que le restaurant Tewele n'eût pas trop à 
souffrir de la concurrence de son voisin Grtiber. 

Un peu plus au centre du jardin s'élevait le pavillon 
Xavier. Une large marquise, développée en demi-cercle, 

offrait un abri 
contre les ar- 
deurs indiscrè- 
tes d'un soleil trop brûlant. De délicieuses bières glacées achevaient 
de rafraîchir le promeneur altéré. 

On y débitait les bières dites de Pilsen et de Munich, sortant 
des grandes brasseries de MM. Muser frères de Langendreer. Ces 
produits ont été fort appréciés et font honneur à la maison. 

MM. Muser frères s'attachent spécialement à fabriquer des 
bières propres à l'exportation; ils y obtiennent un réel succès dont 
témoignent les nombreuses commandes qui leur parviennent des 
contrées les plus éloignées. 

Contre la clôture est située la Laiterie Anversoise (Antwerpsche 
Melkinrichting) dont les belles vaches font la joie des babies. 

comme il convient à un établissement rustique, et affecte 





Chalet Norxvëgien 



Restaurant Grùber 
Ce petit édifice est recouvert en chaume 



la forme d'un chalet suisse. Les vaches ont des boxes très soignés avec leur nom, Fien 



Beth 



Lena 



— Dîna , inscrit en tête. 

Les jolies laitières por- 
tent le costume pittoresque 
des paysannes de la Cam- 
pine, grand bonnet avec 
dentelles et bras nus jus- 
qu'au coude. A droite et à 
gauche du comptoir, deux 
énormes vases en cuivre 
jaune, brillants comme de 
l'or , contiennent le lait , 
maintenu froid par d'abon- 
dantes provisions de glace. 

Notre promenade nous 
conduit maintenant devant 
le bâtiment de la boulan- 
gerie Anversoise. Ce pa- 
villon, construit en style 
Renaissance par l'Associa- 




Grotte Hoffmann 



nel, l'exquise délicatesse des produits et la libre surveillance de leur préparation, voilà le secret de la vo; 



obtenue par cette intéressante 
exhibition. 

Si nous pénétrons dans 
l'atelier, nous y voyons réunis 
tous les derniers perfectionne- 
ments que la science a mis à 
la disposition du travailleur. II 
nous parait utile d'entrer à ce 
sujet dans quelques détails qui 
ne pourront manquer d'inté- 
resser le lecteur. 




Restaurant Viennois 



lion des Patrons boulan- 
gers d'Anvers, renferme une 
large boutique, un bureau 
et un atelier. C'est là que 
sont fabriqués et débités, 
sous la raison sociale Ch. 
De Smecht et G 18 , les mille 
petits pains plus appétis- 
sants les uns que les autres 
et que tous les visiteurs 
de l'Exposition ont voulu 
admirer et" déguster. La 
boutique est un vrai temple 
édifié par la panification à 
l'appétit; impossible d'y pé- 
nétrer sans faire un sacrifice 
volontaire à ce dieu fa- 
milier. 

L'affabilité du person- 
igue 

Une des caractéristiques des 
temps modernes est la tendance 
à la production industrielle de 
tous les produits nécessaires à 
la subsistance de l'homme. 

Les avantages de ce système 
sont, une augmentation consi- 
dérable de la production et une 
diminution notable de la main- 
d'œuvre. 

L'industrie de la boulan- 



gerie est une de celles dans lesquelles cette tendance s'est le plus vivement fait sentir, et les progr 



l'on y a réalisés dans ces der- 
niers temps sont considéra- 
bles. 

On a essayé successive- 
ment diverses améliorations 
pour obvier aux inconvénients 
des anciens fours, et notam- 
ment, la séparation du foyer 
et de l'âtre , l'emploi d'un 
combustible plus économique 
(tourbe, houille, etc.), le rem- 
placement du four en briques 
par le four en fer, la construc- 
tion d'âtres mobiles, etc. 

Les fours qui jusqu'à pré- 
sent ont donné les meilleurs 
résultats, sont les fours à eau 
chaude. 

Des fours de ce système, 




Pavillon Xavier, Muser frères, Langendreer 
pression de la vapeur d'eau. Le four est en outre entièrement entouré de maçonnerie, et fermé par un 



que 

sortant des ateliers de construc- 
tion de Borbeck, ont fonctionné 
à la boulangerie Anversoise 
pendant toute la durée de l'Ex- 
position . 

Dans ces fours le foyer 
est séparé de l'âtre. Le chauf- 
fage se fait au moyen de 60 
tuyaux en fer forgé, disposés 
sur deux plans, au-dessus et 
au-dessous du four, et sur toute 
longueur de celui-ci. Ils 
débouchent par une de leurs 
extrémités dans le foyer en 
briques réfractaires. Un pyro- 
mètre et un manomètre, placés 
devant le foyer , permettent 
d'exercer un double contrôle 
sur la chaleur du four et sur la 






26 



— 206 — 

tiroir à contrepoids, construit en substance mauvaise conductrice de la chaleur. L'âtre en fer est mobile et 
placé sur 6 rouleaux, posés sur des rails qui se prolongent en avant du four pour permettre le placement 
des pains sur l'âtre, à l'extérieur. 

Ces fours, employés principalement dans les boulangeries militaires, mais dont l'usage se généralisera 
bientôt, offrent les avantages suivants : 

Le chauffage est rapide et facile , et peut se faire à l'aide d'un combustible quelconque. 



Le four peut 
être maintenu, pen- 
dant un temps indé- 
fini, à une tempéra- 
ture uniforme, ce qui 
permet d'en faire 
une exploitation-con- 
tinue , assure une 
cuisson égale et per- 
met la production 
du pain de toute 
espèce ainsi que de 
la pâtisserie . 

De plus, l'âtre 
mobile et complète- 
ment séparé du com- 
bustible, rend l'en- ■ 
fournement com- 
mode et écarte toute 

ment de leur montage, ainsi que de la tourniture de tous les matériaux "et accessoires. 
encore des fours doubles, avec deux âtres superposés. Quelquefois l'âtre inférieur seul est mobile. 

Ces fours doubles sont chauffés au moyen de 3 ou 4 rangées de tuyaux, et l'on peut obtenir, à 
volonté, une chaleur uniforme pour les deux âtres ou une température moindre pour l'âtre supérieur. 



Cl 









—4 


. . _ •• ,' 


' I- 






1 




_ ? 










j^JtV;.. 


J?' 


.,;.,..'■ ■ 


■k< ïi 


K î^=- f 1 


: 


■■■. 










_.'1H 


■..":■ 1 . 


yj£r 


idÊSfo 

















Laiterie Anversoise (Bal et C e J 



crainte de souillure 
pour le pain. 

Tous ces avan- 
tages se traduisent 
finalement en une 
économie de temps 
considérable et une 
diminution des 3/5 
environ des frais de 
chauffage. 

L'atelier de con- 
struction et fonderie 
Borbeck, à Berge- 
Borbeck, près d'Es- 
sen-sur-Ruhr , s'oc- 
cupe spécialement 
dé la construction de 
ces fours. La mai- 
son se charge égale- 
La maison construit 







*+£& 



.£ém 



10^' 



Machine à mélanger et à pétrir la pâte 

Les progrès de la mécanique ont été également utilisés avec succès au remplacement, par le travail 
des machines, du pénible labeur du mélange et du pétrissage de la pâte. 

Ce travail qui, il y a une dizaine d'années, était encore fait à l'aide des mains ou des pieds, con- 
stituait la partie la plus fatigante du dur métier de boulanger, et les légendaires « bras athlétiques » du 
garçon boulanger étaient acquis par lui au prix de sueurs journalières. 

De plus, la pâte préparée de cette manière n'offrait pas toutes les garanties désirables de propreté 
et d'homogénéité. 






- 2o 7 - 

La maison Borbeck a donc résolu un problème industriel en même temps qu'humanitaire, en pro- 
duisant ses magnifiques machines à mélanger et à pétrir la pâte, mue par la vapeur ou à bras, et les 
machines combinées à mélanger, à pétrir et à exprimer la pâte. 

La farine employée par la boulangerie Anversoise provenait exclusivement de la Compagnie fran- 
çaise des moulins à vapeur d'Anvers et du Havre. 

Cette Compagnie, dont la création est due à l'initiative de négociants français et belges, a établi à 







Four à eau chaude de Berge-Borbeck 

Merxem-lez-Anvers une vaste usine travaillant journellement 1,200 sacs de blé ; au Havre une seconde 
usine peut travailler jusqua 2,000 sacs par jour 

La qualité des farines produites est supérieure, leur blancheur ne laisse rien à désirer, et le ren- 
dement en pains très fort. Ces résultats sont dus en grande partie à la supériorité du système de mouture 
par cylindres, perfectionné par MM. Seck frères de Bockenheim. 

Dans l'usine de Merxem, le blé est pris par un élévateur dans le bateau ; un transporteur-traineur 









— 208 — 

l'amène dans les silos, en passant par une balance automatique. Il passe ensuite dans le bâtiment du net- 
toyage, d'où il est déversé dans le silo à blé nettoyé. 

Le broyage du blé est opéré par les passages successifs sur les broyeurs, tandis que la mouture et 
la conversion des gruaux en farine ont lieu sur des cylindres lisses. 

La séparation des produits se fait par des bluteries centrifuges et par des sassenrs Seck. 

Le travail est entièrement automatique; jusqu'à la mise sur wagons ou sur chariots, tout se fait sans 
portage. 

Entre la boulangerie et l'entrée de la place du Peuple, on remarque un Bungalow de Ceylon, dégus- 
tation d'un thé destiné à faire la concurrence au thé traditionnel des Chinois. On y vendait aussi du café 
de la même provenance, mais il paraît que l'autorisation de le débiter par tasse n'a pu être obtenue. 

Des deux côtés de l'entrée de la place du Peuple, s'élèvent des turbines atmosphériques, espèces de 
tours, de construction en apparence légère, mais qui ont résisté bravement à toutes les intempéries, même 
pendant la nuit du 6 octobre, alors que le vent furieux a sérieusement endommagé le Restaurant populaire, 
le pavillon Wolff, le Café viennois et d'autres installations encore. D'ailleurs un appareil destiné à se ser- 
vir du vent comme moteur, ne 
peut pas décemment se laisser 
démolir par lui. 

L'un de ces moulins a été 
élevé par la Société de Con- 
struction des Turbines Atmos- 
phériques de Paris ; l'autre ap- 
partient à M. G. Van Hecke, 
de Gand. 

L'appareil très ingénieux de 
M. Van Hecke porte des voiles 
de 3 ]1) 04 de diamètre ; il actionne 
une pompe aspirante et foulante, 
pour puits de grande profon- 
deur, avec cylindre souterrain, 
à l'abri de la gelée. Ce moulin 
se règle automatiquement, ex- 
posant à l'action du vent une 
surface plus ou moins grande, 
suivant l'intensité de celui-ci. 
Bien que mû par une force 
variable, il travaille donc avec 
une régularité parfaite; il résiste 
aux tempêtes les plus violentes 
et est mis en mouvement par la 

Les amateurs de bonnes bières 
Brasserie Lôwenbrau de Munich. 

La Lôwenbrau est une brasserie par actions, fondée au commencement du siècle et qui, modeste 
à ses débuts, est parvenue de nos jours à une production annuelle de 24,000,000 de litres de bière, dont 
la moitié est exportée dans les différents pays du Continent et d'outre-mer. 

C'est à l'initiative de M. Edmond Berger, de la firme G. Becker-Berger, que nous devons l'établis- 
sement la^ première Cave de Munich à Bruxelles en 18S0, et des différentes succursales qui, depuis cette 
époque, tendent à détrôner nos anciens Estaminets dans les principales villes du pays. 

Ces établissements ont rapidement rendu populaire la renommée de la Lowenbràu, dont les excellents 
produits soutiennent victorieusement la concurrence avec les autres bières étrangères. 

L'accroissement constant de son chiffre d'exportation a permis à la maison-mère de donner une ex- 
tensionl considérable à ses installations et d'y joindre une malterie qui lut donne la matière première néces- 
saire à sa fabrication. 

Les encouragements n'ont pas manqué aux efforts intelligents de la Société, témoins la Médaille d'Or 



moindre brise. — Il est le- seul 
dans son genre qui s'arrête de 
lui-même , lorsque le travail 
auquel il est destiné est achevé 
et qui se remet en marche 
lorsque son action est devenue 
nécessaire; on dirait d'une ma- 
chine douée d'intelligence. 

Ces moulins sont fort em- 
ployés pour l'élévation des eaux, 
les irrigations, les châteaux-d'eau 
pour chemin de fer, machines 
à battre , production d'électri- 
cité, etc. 

Abandonnons maintenant 
la clôture, que nous avons suivie 
jusqu'ici, et traversons le jardin 
en diagonale. Nous rencontrons 
en premier lieu le pavillon de 
la maison F. S. Brodt, de 
Bingen-s/Rhin. C'est un déli- 
cieux chalet, dédié au dieu Bac- 
chus de la Moselle et du Rhin, 

Pavillon Brodt et ^ ont l'&nieublement rappelle 

la vieille Allemagne, 
allemandes trouvent à se rafraîchir au pavillon à deux étages de la 





$-£~ ! 


^ÛJfcfya-J^r'- -* 


fr* "f" 


WÈÉê 




^Bs§P$'-'-' 


^" - ; : '-^i5M 


^EBfty 


§Hllwl 


■'■mpw^i. 


m 






; 


■« 








jP^r - ""--""•" - : " - -~— ^■-"■Jj 






obtenue à l'Exposition de Nuremberg en 1 
pense à Anvers, en i885, où le Jury lui 

dans 




— 20J — 

2, le premier prix à Hanovre, en 1884, et la plus haute récom- 
décerné le Diplôme d'Honneur. 
La maison Antoine Barbier, constructeur à Anvers, a exposé 
le Parc : 
i° Un Broyeur à mortier à vapeur bien connu des entre- 
preneurs. — Ce Broyeur est monté sur un châssis en poutrelles, 
porté par quatre roues et est pourvu de sa machine avec chaudière 
à vapeur. — Il a l'avantage sur ceux employés précédemment, de 
supprimer la locomobile, dès lors plus besoin n'est de courroie, 
ni de fondation, en outre l'appareil en entier étant sur roues, 
lorsque les travaux l'exigent on peut en opérer le déplacement 
sans aucuns frais et les travaux achevés, il suffit d'y atteler 2 chevaux 
pour le reconduire en magasin. 

Cet appareil peut donner du mortier pour 3o maçons dans 
des fondations et pour 40 en élévation. 

2 Un Ascenseur à main mis en mouvement par une corde 
sans fin et engrenage. — La cage est équilibrée par un contrepoids 
et elle est pourvue d'un arrêt de sûreté avec griffes pour parer 
aux accidents du bris de la corde ou autres. — Un seul homme 
peut soulever 5oo kilos. 

Cet ascenseur est recommandable pour hôtels, maisons par- 
ticulières et magasins divers. 

3° (Système breveté). Assemblage de rails Vignole avec plaques 
de joint et plaques d'appui intermédiaires, métallique, à bouton central 
et crampons de côté, à l'effet d'empêcher le reculement, le déplace- 
ment des rails des voies ferrées sur les rampes et dans les courbes. 

Plus loin nous remarquons une installation, qui peut se vanter de n'avoir pas chômé pendant la 
durée de l'Exposition ; c'est celle de l'ancienne firme Erven Lucas Bols, en français, les Héritiers de Lucas 
Bols, d'Amsterdam. Un pavillon très original, vieux style, attirait les regards, et des consommations de 

qualité supérieure flattaient le palais des visiteurs. Retourneç-y, 
le nom d'une des délicieuses liqueurs de la maison, semblait aussi 
en être la devise. On y retournait volontiers et on s'y attardait 
non moins volontiers. Ce qu'on a consommé là d' Anisettes blanche, 
jaune, rose et verte, et de Curaçaos de toutes les couleurs, est 
prodigieux. 

Ce fut en 1373 que Lucas Bols créa, hors des fortifica- 
tions d'Amsterdam, une Distillerie d'Eaux-de-Vie et de Liqueurs 
fines. Cette première distillerie était très simple ; elle consistait 
en une maisonnette en bois, vulgairement nommée het Lootsje. 
Lorsqu'en 1612 Amsterdam fut agrandi, le terrain sur lequel 
Lucas Bols avait élevé sa modeste fabrique, se trouva compris 
dans la nouvelle enceinte. La maisonnette en bois fut rasée et 
une nouvelle usine fut construite sur le même emplacement, mais, 
cette fois, en briques et dans de plus vastes proportions. 

En mémoire de son installation primitive, Lucas Bols 
conserva à sa nouvelle fabrique le nom de 't Lootsje, et c'est 
sous cette marque que les premières liqueurs de Hollande firent 
leur entrée dans le monde. Leur vogue fut rapide et leur répu- 
tation est aujourd'hui universelle. 

Depuis la fondation delà maison en 1575, jusqu'en 1815, 
le fils avait toujours succédé au père, et ce ne fut qu'à cette 
Pavillon Lrven Lucas Bo.s dern ; ère da te que, faute de descendants mâles directs, la succession 

échut à la branche féminine et que la raison sociale devint Erven Lucas Bols. Pendant cette longue période, 



Brasserie Loiveubràu, Munich 





les successeurs de Lucas Bols ont continué les 




bonnes traditions de leur aïeul ; les hautes récompenses 
obtenues à toutes les expositions sont là pour en témoigner 
au besoin. A Anvers, le jury décerna le Diplôme d'Hon- 
neur aux produits de la maison. 

Dans le groupe d'installations qui nous entourent 
sont offerts à la dégustation les rafraîchissements les plus 
variés. 

Sur la même pelouse que Lucas Bols nous trou- 
vons le Zoeten Inval, un élégant chalet suisse où se 
débitent des bières nationales; puis une dégustation de 
vins de Champagne, où la maison Manuel & O, de 
Reims, fait la meilleure des réclames ; les Américains, 
si experts en la matière, ne pourraient faire mieux. 

L'on peut en effet déguster dans ce pavillon les 
différentes marques de Champagne de la maison Manuel ; 
le débit est fait par verre et une installation mécanique 
permet de reboucher hermétiquement la bouteille dont 



Pavillon Zoeten Inval vir - 

Cette 
firme est une des seules maisons de Reims qui tienne à coeur 
d'affirmer l'excellence de ses produits dans toutes les expositions. 
Les maisons similaires craignent-elles la comparaison, ou croient- ' 
elles plus profitable à leur industrie de se retrancher derrière leur 
orgueil et leurs succès passés, pour refuser de venir prendre part 
à la lutte générale ? 

Quoi qu'il en soit, M. Manuel, en exposant ses produits, )I8 
a désiré que ses vins excellents, si fins et si délicats, fussent jugés 'i 
par un Jury International et reçussent ainsi une consécration 
en même temps officielle et universelle. 

Le succès a pleinement couronné l'effort et la maison 
Manuel & O- 1 , qui avait déjà obtenu la Médaille d'Or à l'Ex- 
position Universelle de Paris, 1S78, et 2 médailles de i'" ordre 
à Sydney, en 1S79 des plus hautes récompenses décernées aux 
vins de Champagne), a remporté également une Médaille d'Or à 

Amsterdam, 1883, 





Dégustation du Champagne Manuel 

rémant, Œil de Perdrix et Car 



Pavillon Deis Frères 
L'extrait ce viande, dont la préparation date des découvertes c 
I 



et à Anvers, i885, 
pour ses vins de 
Champagne, Royal Manuel, 
blanche. 

Arrêtons-nous un instant au ravissant pavillon construit 
'a Compagnie Kemmerich de Santa-Elena (République Ar- 
gentine), et disons un mot des remarquables produits qu'elle 
expose. 

Le premier de ses produits est l'Extrait de viande 
Kemmerich qui contient, sous une forme concentrée, tous les 
éléments solubles de la viande ; l'assimilation de cet aliment 
est très facile, et par son influence bienfaisante sur la digestion 
et sur les nerfs, il constitue un des aliments les plus salutaires 
pour les malades, en même temps qu'un des produits les plus 
indispensables aux cuisines modernes. 

Parmentier et de Proust, a été 



son beau-pere, M. Giebert, avait dirigé l'usine de 
l'université de Montevideo, résolut d'essayer des pro- 



fabriqué industriellement et mis en vente primitivement, sous le nom d'Extrait de viande de Liebig, par 
M. Giebert à Fray-Bentos, qui s'était inspiré des travaux du Docteur Liebig. 

Le Docteur Kemmerich, qui jusqu'à la mort de son beau-père. 
Fray-Bentos, et avait ensuite occupé une chaire 
cédés nouveaux 
pour la fabrica- 
tion de l'extrait 
de viande. Dans 
ce but, il s'a- 
dressa aux pre- 
mières maisons 
de commerce de 
la Plata et d'An- 
vers, et, fort de 
leur appui , il 
fonda une nou- 
velle fabrique à 
Santa- Elena, 
sur le Rio Pa- 
rana, dont la 
situation au mi- 
lieu d'admira- 
bles pâturages , 
lut assurait en 
outre des com- 
munications fa- 
ciles pour le 
commerce d'ex- 
portation. 

La prospérité 
de l'établisse- 
ment fut telle, 
qu'il fallut bien- 
tôt lui donner 
une extension 
considérable» et 
dans ce but fut 
constitué la 
Compagnie des 
produits Kem- 
merich, dont le 
siège est à An- 
vers. 

Le professeur 
Kemmerich qui 
s'est adjoint son 
beau-frère, l'in- 
génieur W. Gie- 




In den Zoeten Inval. — Hier tapt men Bier, bij Jan Craeye 



bert, dirige aujourd'hui en personne la fabrique de Santa-Elena ; la vogue universelle que se sont acquis 
ses produits, prouve que les bienfaiteurs de l'humanité récoltent parfois autre chose que l'ingratitude de leurs 
contemporains. 

Le deuxième produit du Docteur Kemmerich, est le bouillon de viande concentre, qui diffère essen- 
tiellement de l'extrait de viande, en ce qu'il contient de l'albumine' soluble et de la peptone ; ces éléments 







fonctionnent comme substances nutritives facilement assimilables, et font de ce produit un aliment excellent 
pour les convalescents et pour les personnes qui souffrent d'une atonie d'estomac. Ce bouillon condensé fit 




Pavillon de'jié gustation des Produits de la Compagnie Kemmerich de Santa-Elena (République Argentine). 

le succès du Pavillon Kemmerich à l'Exposition ; tout le monde voulut déguster cet excellent breuvage préparé 
instantanément, en versant deux cuillerées à café de bouillon Kemmerich dans une tasse d'eau chaude. 



213 



Un troisième produit appelé à un succès certain, est la pepîone de Viande Kemmerich qui contient, 
outre les principes du bouillon condensé, d'autres substances nutritives, notamment l'albumine animale. Cette 




Les autorités médicales les 
plus compétentes, parmi les- 
quelles nous citerons les pro- 
fesseurs Rossbach à Jena,Ewald 
à Berlin, Obersteiner à Vienne 
et le Docteur Gabriel Pouchet 
de la Faculté de Paris, sont 
unanimes à dire que la peptone 
de viande Kemmerich est le plus 
agréable, le plus riche en ma- 
tières nutritives et le plus faci- 
lement assimilable de tous les 
produits de l'espèce. 

La Compagnie fournit en- 
core des langues de bœuf et 
des viandes conservées, celles-ci 
notamment à l'usage de la ma- 
rine et de l'armée. 

Les distinctions décernées à 
la Compagnie Kemmerich par 
le Jury de l'Exposition Univer- 
selle d'Anvers témoignent de la 
supériorité de ses produits et 
Pavillon de dégustation du Cacao Van Houien de l'importance commerciale de 

cette Compagnie, 
frères Deis ont ouvert un débit de vins du Rhin et de la Moselle. 

façon , des auditeurs , que la 
température élevée des halles 
chassait dans les jardins. Des 
concerts moins nombreux, mais 
plus choisis, comme ceux donnés 
le soir par les corps de musique 
de la garnison, eussent plu davan- 
tage. Ces réflexions, échangées 
sous forme de critique, n'em- 
pêchaient pas les visiteurs de 
rendre justice aux qualités supé- 
rieures du cacao de MM. Van 
Houten. Cette ancienne maison, 
unique dans son genre en Eu- 
rope, n'en est plus à compter 
ses succès. Ses produits, cacao 
pur et soluble en poudre, se 
distinguent (ce sont les sommités 
médicales et les chimistes renom- 
més qui l'attestent), par leur pu- 
reté parfaite, leur richesse en 
sans pitié, les morceaux les plus Collectivité des fabr. de Cigares de la Havane principes nutritifset bienfaisants, 
choisis de leur brillant réper- Pavillon de dégustation leur arôme délicat, l'économie et 

toire, sans se soucier, en aucune ( M ' Moris-Van den Bussche, Anvers) la simplicité de ieur préparation. 

Pour donner une idée de l'importance de la maison Van Houten, citons ici quelques chiffres. 

27 



peptone, mélangée aux légumes, 
constitue une nourriture saine 
et très fortifiante. 

Les matières albuminoïdes 
doivent entrer pour une large 
part dans la nourriture de 
l'homme, attendu que, à l'ex- 
ception des os et de quelques 
autres parties, le corps humain 
renferme beaucoup des ces ma- 
tières, désignées sous la déno- 
mination de protéine. Les sub- 
stances albumineuses introduites 
dans l'estomac sont rendues assi- 
milables par la pepsine que 
renferme cet organe. 

La fabrication artificielle de 
la peptone a pour effet de sup- 
primer ce travail de digestion, 
et de rendre les matières albu- 
mineuses directement assimila- 
bles; cette préparation présente 
donc un grand progrès dans le 
problème de l'alimentation des 
malades. 

En face du kiosque, les 
De l'autre côté, se dresse 
un pavillon spacieux, élégant, 
meublé avec luxe : celui de 
MM. C. J. Van Houten, de 
Weesp (Hollande). C'est là que 
les dames aimaient à se re- 
poser, en sirotant une tasse 
de délicieux cacao et en écou- 
tant, parfois malgré elles , les 
accords plus ou moins har- 
monieux qui partaient du kios- 
que ; ces concerts en plein air 
n'étaient pas toujours, en effet, 
un régal pour les oreilles déli- 
cates — ni même pour les 
autres ; l'entrée gratuite à l'Ex- 
position, accordée aux sociétés 
qui en faisaient la demande, 
constituait un appât, auquel il 
était difficile de résister ; elles 
payaient leur écot en exécutant, 







21 4 — 



Les bâtiments occupés par cet établissement couvrent 200 ares de terrain, divisés en atelier de fabri- 
cation, laboratoire, menuiserie, magasins divers pour les réserves de bois, de fer-blanc et de zinc, scierie 
à vapeur, fabrication de boîtes de fer-blanc pour la poudre à cacao (il ne s'en fabrique pas moins de 18,000 
par jour), élévateur et machines à vapeur ; le personnel employé, hommes et femmes, atteint environ le 
chiffre de 200. 

En contour- 
nant la pelouse 
sur laquelle se 
trouve le pavil- 
lon Van Hou- 
ten, le regard est 
attiré par le gi- 
gantesque Mar- 
teau-Pilon de la 
Société Cocke- 
rill. C'est un 
modèle en bois, . 
grandeur d'exé- 
cution, du pilon 
de 100 tonnes et 
de 5 mètres de 
course, construit 
à Seraing, poul- 
ies usines de 
Terni en Italie. 

Il a donné 
son nom à la 
grotte du Mar- 
teau-Pilon , dé- 
gustation de 
vins, adossée au 
restaurant du 
Grand - Hôtel ; 
l'emplacement 
de celui-ci est 
particulièrement 
bien choisi; les 
bâtiments de 
l'Exposition, en 
effet , lui prê- 
tent une ombre 
bienfaisante , à 
l'heure où les 
touristes fatigués 
songent à répa- 
rer leurs forces. 
En face de ce 
restaurant s'é- 
lève un riche et 




Marteau-Pilon (Société J. Cockerill) 



élégant pavillon dont nous reproduisons la gravure. C'est une dégustation de cigares de la Havane, succursale^ 
en quelque sorte, de l'importante exposition collective de cigares, dont nous parlerons dans le chapitre traitant 
de l'Espagne et de ses colonies. 

M. Moris-Vanden Bussche, qui représente cette collectivité, a eu l'heureuse idée de permettre ainsi 



— 215 — 

aux amateurs de juger, mieux que de visu, les différentes marques exposées. On y trouvait des spéci- 
mens pour tous les goûts et pour toutes les bourses, depuis le modeste Coucha, à 20 centimes jusqu'au 
somptueux Sublime, à 5 francs. 

Saluons en passant le groupe important du Triomphe de la Lumière, œuvre géniale du grand maître 
Dinantais, Antoine Wiertz, et dirigeons nos pas vers le pavillon Cambodgien, en laissant à notre gauche 
le gracieux chalet de dégustation de liqueurs suisses, installé par MM. Amstutz et Denner. 



De tous les points du parc 
on distingue le pavillon des Co- 
lonies françaises et son toit à 
quatre compartiments, dont les 
tuiles plates, rouges et bleues, 
forment de grands dessins*. Une 
autre toiture, plus petite et de 
même forme , semble posée 
comme un bat sur la première. 
Un. clocheton ouvragé et doré 
s'élève au centre, et de grandes 
cornes dorées , pareilles à des 
rostres, se hérissent aux angles 




Papillon Suisse, Amstuîi et Denner 



et donnent à l'ensemble un 
aspect singulier. Les murs sont 
couverts de bandes brunes de 
deux tons alternés , avec des 
arabesques, et les fenêtres, plus 
larges que hautes, ont des en- 
cadrements de sculptures dorées. 
Une gigantesque face de dieu, 
paisible et bienveillante, rayonne 
au-dessus de la porte. L'esca- 
lier, dont les larges marches sont 
couvertes de squelettes de têtes 
d'éléphants, de défenses d'ivoire, 



de gros échantillons de bois et de minerais et d'ossements de grands animaux, semble une étagère de géants, 
et, le long de la façade d'entrée, s'étalent encore des pirogues décorées, des objets étranges, des modèles 
de chariots barbares, de curieuses voitures tenant à leurs essieux par des ressorts en bois et dont la caisse 
étroite et basse est faite pour des hommes souples, aux membres grêles, habitués à s'asseoir sur leurs talons. 
A l'intérieur, douze compartiments se disposent autour d'un carré central, et l'on trouve là tout ce que 
produisent les colonies de la France : la Cochinchine et le Cambodge, le Sénégal, la Guyane, la Nouvelle-Calédo- 
nie, la Réu- 




quelle merveille se vouer. On renonce à prendre des notes, car il faudrait tout noter ; on remet son papier 
et son crayon dans sa poche et Ton regarde au hasard. 

Ce qui frappe avant tout c'est toute une collection de bons dieux, aux figures rondes comme des lunes, aux 
nez écrasés, aux grosses lèvres, aux oreilles pendantes ; leurs physionomies bienveillantes sont pleines d onction ; 
et, assis comme des tailleurs, ils croisent sur leurs gros ventres leurs bras terminés par des mains bénissantes dont 



* La" description de l'Exposition des Co!o 



1 dans la Gazette et t 



; élégante de M. Edmond Cattier. 






2l6 



I 



1 



les doigts et les ongles n'en finissent pas. Quelques-uns ont leur petite bedaine ronde toute nue, et rient la bouche 
fendue jusqu'aux oreilles ; et leur nombril a l'air d'un œil qui rit aussi. Dans les coins, deux déesses, très 
dignes, sous des parasols à plusieurs étages, sont serrées dans des robes d'or collantes, qui dessinent leurs 
hanches étroites, leur souple et gracieux torse asiatique. 

Sur les murailles, s'arrange une profusion d'armes aux fers contournés et élégants comme des pétales 
de fleurs; d'avirons en laque à dessins d'or; de chapeaux qui ont la forme de boucliers; d'arcs gracieuse- 
ment courbés, d'encensoirs en forme de boules; d'éventails éclatants, aussi éblouissants que des miroirs à 
alouettes ; et l'on distingue surtout de grands éventails où, sur un fond de soie, est broché un dragon qui 
veut dévorer le soleil, des cercles concentriques de plumes blanches et noires l'entourent, variés par des 
guirlandes de plumes de paon. 

Sur le plancher et sur les meubles sont des tabourets en bois incrusté ou en porcelaine, des vases 
en bronze ou en argent dont les pieds sont des pieds de bête et les anses des lézards qui rampent à leur 
surface, — des monstres aux narines larges ouvertes, aux dents formidables, taillées comme des créneaux, 
terribles et grotesques, des dents d'éléphants, des vases en porcelaine admirables et qu'on regarde à peine 
tant il y a d'autres choses à contempler. 

Mais, ce qui l'emporte peut-être sur tout le reste, ce qu'il faut voir de près, ce sont les incrusta- 
tions de nacre d'une infinité de bahuts, de bancs, de tabourets, de coffrets, répandus partout. Elles 
représentent les paysages, la vie, la mythologie de l'Extrême-Orient. Des pavillons dressent leurs toits retroussés 
en croc, des arbres étonnants emmêlent leurs branches, des ruisseaux courent dans les prairies, des lacs 
miroitent, des pirogues glissent et des voiles s'ouvrent à la brise, des oiseaux planent. Une perspective 
étrange règne dans toutes ces images. Ce n'est pas notre perspective à nous, et c'est une perspective pour- 
tant, qui fait sentir à sa manière l'espace, la différence des plans, le relief. Avec l'éclat très doux, les 
irisations fantastiques de la nacre sur le fond sombre du bois de trac, on dirait tout cela illuminé par 
un clair de lune très vif sur un ciel très sombre. Et quel dessin étonnant dans ces cavalcades qui passent 
avec leurs étendards, ces guerriers qui combattent, ces personnages en palanquins éventés par leurs esclaves, 
ces cavaliers qui se poursuivent, ces bonshommes qui courent, ces chinoises qui se promènent, ces bour- 
reaux qui tranchent des têtes, cet univers dont les personnages n'ont pas un pouce de haut, et sont indiqués 
uniquement par un peu de nacre dans du bois et quelques traits de burin dans cette nacre! Ce n'est 
pas tel homme qui en fuit un autre, tel cheval qui galope, tel individu dans une circonstance spéciale. 
Chacun de ces bonshommes est toute une synthèse. C'est la représentation de la fuite, du galop, de la 
course de fureur, de la peur, de l'orgueil, de la grâce même. Et pourtant quelle variété, quelle vérité, 
quelle vie dans ce dessin abstrait. 

On s'arrête encore à quelques gros morceaux : un lit énorme et compliqué, garni, en guise de draps, 
de soie noire et de peaux de tigre, surmonté d'une galerie fabuleuse et de dragons hideux ; à un palanquin 
en laque ; à une cage d'éléphant ; à un tamtam ; à toute une collection d'instruments de musique étranges, 
dont les curieux égratignent les cordes du bout de leur parasol, et qui rendent des sons plaintifs ; à des 
étoffes brodées; à des souliers tout petits, et la pointe retroussée; à des plats de bronze incrustés, et à 
un pavillon multicolore qui se dresse au centre du local, sanctuaire de la commission, d'autant plus 
mystérieux qu'il n'est fermé que par un grillage de bois. 

Dans le compartiment du Sénégal, la civilisation baisse d'un cran. On rit devant deux fauteuils de 
rois nègres, taillés dans une seule bûche et constellés de petites croix qui en sont les ornements ; là, un 
gros clou fiché dans un morceau de bois est une enclume, un sac de peau est un soufflet de forge, des 
morceaux de bois sont des outils; des sabots recouverts de peau sont des violons; une série de petits bâtons 
attachés sur deux traverses forment une sorte d'harmonica primitif : un balafou, que tout le monde racle 
du bout de sa canne en passant et dont on entend sans cesse la gamme étrange, le son mélancolique et 
doux ; des chapeaux de paille cependant, sont charmants, et les Sénégalais savent tailler des statuettes en 
bois fort drôles et caricaturer les blancs, comme dans cette figure représentant un ministre sous les traits 
d'un bonhomme en bois blanc, assis dans un fauteuil et uniquement vêtu... d'un chapeau de forme d'un 
beau noir. 

Les Canaques sont encore bien au-dessous des Sénégalais. Il faut voir, dans le compartiment de|la 
Nouvelle-Calédonie, leurs canots pas plus grands que des écopes, leurs tabous faits à l'image des Canaques 
— ils n'échappent pas à cette loi qui fait toujours les dieux à l'image de leurs adorateurs ; les dieux cana- 
ques ont l'air de bien fameux drôles. Les casse-tête sont aussi un des principaux articles de l'industrie canaque. 




Ensuite, ce sont des spécialités des autres colonies. L'une des plus curieuses est l'Inde, avec une 
collection de costumes et d'étoffes, un radeau à voile et une image de la déesse Dourga, toute jaune avec 
des yeux en amande, reposant sur un tigre blanc qui dévore le bras d'un homme vert. 

Toutes les colonies ont envoyé les produits de leurs indigènes, de leurs colons et de leurs déportés 
— celles qui ont des déportés. Cela forme une superbe collection de minerais, de bois précieux, d'étoffes, 
de denrées, de comestibles et de liqueurs de toutes sortes, de fleurs, de plumes d'oiseaux, de vêtements mul- 
ticolores à dessins violents, de chemises — qui s'appellent boubous — et d'autres vêtements pour les 
indigènes ; il y a encore des trousseaux pour les déportés, de l'ébénisterie de la Nouvelle-Calédonie, qui 
sent joliment son faubourg Saint-Antoine, de la lingerie, mille choses curieuses dont le détail serait 
trop long. 

Ce pavillon est tout une exposition à lui seul. Il faut rendre hommage aussi au bon goût et à l'ordre 
avec lesquels cette multitude de curiosités a été classée et arrangée par M. Albert Grodet, commissaire et 
M. de Nozeilles, commissaire adjoint. Le public admire beaucoup aussi les marins en tenue, les Annamites 
avec leur chignon et leur peigne d'écaillés, et le superbe tirailleur sénégalais, d'un noir absolu, qui gardent 
ces trésors. Le Sénégalais est fréquemment interviewé par nos soldats de la garnison d'Anvers. 

Nous quittons à regret l'exposition des" produits de la fantaisie et de la civilisation orientales, pour 
nous transporter dans le domaine de la pratique ; nous nous trouvons en présence de l'un des derniers 
perfectionnements que la science de l'ingénieur a apportés à ce grand facteur de la richesse nationale, les 
moyens de transport. Nous voulons parler des chemins de fer portatifs. 

Ces chemins de fer rendent d'éminents services partout où l'on doit effectuer le transport de maté- 
riaux ou de marchandises à des distances relativement faibles, ils sont des auxiliaires précieux pour 
l'alimentation des grandes voies de communication. 

Le principe sur lequel reposent ces petites voies ferrées, est la répartition des charges à transporter, 
sur un grand nombre d'essieux ou de wagonnets, susceptibles d'être remorqués à bras d'homme, par des 
animaux ou par des locomotives légères. Ce fractionnement des charges sur le sol par l'intermédiaire de 
rails et de nombreuses traverses, permet l'enlèvement des produits agricoles sur les champs et leur trans- 
port jusqu'aux routes carrossables. 

L'économie réalisée sur la main-d'œuvre dépensée par l'emploi de brouettes ou d'autres moyens de 
transport primitifs est de près de 80 °/„. 

Une exposition très complète dans cette classe, est celle de MM. H. Deville-Châtel et C" de 
Bruxelles. Cette maison expose des voies de divers types : 

Voie portative n° 1 en travées d'une pièce. — Cette voie se compose de rails Vignole hauts, 
pesant 5 ou 7 kilogr. le mètre courant, maintenus par des traverses en fer U, solidement fixées aux rails 
à l'aide de crampons doubles, saisissant les patins à l'intérieur et à l'extérieur de la voie. 

Ces crampons doubles laissent aux rails un certain jeu qui facilite la jonction de ceux-ci, et permet 
la formation sur place de courbes à rayon moyen, comme cela se pratique pour les chemins de fer à 
grande section. L'on peut ainsi poser la voie à la demande du terrain, sans bris et sans dépenses 
supplémentaires. 

La longueur normale des rails est de 5 mètres ; on en forme des travées de voie ayant cinq traverses, 
dont deux très rapprochées des bouts. 

Ces travées, qu'un seul homme peut transporter, sont placées les unes à la suite des autres, et 
reliées entre elles par des plaques dédisses spéciales, à 2 boulons, d'un placement prompt et facile. Les 
joints des rails sont en porte-à-faux. 

Si on ne désire qu'une pose provisoire, les plaques d'éclisses ne sont boulonnées que d'un côté des 
travées, et l'on engage les bouts saillants des plaques, légèrement évasés, dans les gorges des rails de la 
travée subséquente. 

La pose de ces voies est très rapide; deux manœuvres sans expérience peuvent en établir environ 
200 mètres courants à l'heure. 

Pour déplacer la voie, qu'elle soit définitive ou provisoire, les ouvriers enlèvent des travées de 5 ou 
de 10 mètres de longueur, les posent sur le nouvel emplacement, et les rejoignent entre elles par les plaques 
d'éclisses restées fixées à l'une des extrémités des rails de la travée. 

On peut faire la traction dans l'intérieur de la voie à l'aide de chevaux, de mules ou de bœufs 
sans craindre la déformation des traverses à nervures. 







Wagonnet-plate-forme à ridelles 




Wagonnet à tablier 




Voie portative n° 1 




Wagonnet-corb eille 



! 



É9» 



■ 



Voie portative n° 2 






pf 



Wagonnet basculier à caisse équilibrée Wagonnet basculier Wagonnet à fourche pivotante 

Matériel roulant exposé par MM. H. DEVILLE-CHATEL & O Bruxelles 












Dans des cas spéciaux et sur un bon terrain, on peut se servir de voies portatives extra-légères, 
avec rails en acier pesant 3 kilogr. 1/2 le mètre courant. 

Voie portative n° 2 avec traverses mobiles. — Les rails et les traverses sont expédiés séparément. 
Les rails s'introduisent par un des bouts dans les traverses repliées formant coussinet. 

Les travées portatives sont faites comme précédemment, et réunies par éclisses et boulons. Pour une 
pose provisoire, on peut réunir les abouts des rails de deux travées consécutives sur une même traverse, 
dans les mêmes coussinets. Les traverses sont alors placées à un mètre de distance les unes des autres. 

L'enlèvement des travées s'opère en faisant glisser légèrement les traverses de joint pour dégager les 
abouts des rails. 

Le poids des rails et l'écartement de la voie varient suivant la nature des travaux auxquels la voie est 
destinée. 

Voie semi-portative 11° 3. — Cette voie offre une stabilité et une résistance plus grandes que la voie 
portative et son exploitation permet l'emploi de chevaux ou de locomotives légères. Ses rails pèsent, 7, 9, 
12, i5 ou 18 kilogrammes le mètre courant. 

La pose de la voie se fait comme pour la voie n° 2. 

Les traverses.de ces voies maintiennent les rails à écartement à l'aide de larges crampons extérieurs 
rivés, et les fixent à l'intérieur par des boulons avec clames que l'on peut également river. Les travées 
sont réunies par des éclisses à 4 boulons. 

MATÉRIEL SPÉCIAL DE LA VOIE. 

Les croisements sont à aiguilles et d'une pièce. A ces croisements s'adaptent des voies droites ou 
courbes complémentaires de manière à former une travée totale de 5 mètres. 

Le dérailleur est formé d'une travée courbe, terminée d'un côté par un plan incliné qui se place 
sur la voie fixe, et pouvant de l'autre côté, se raccorder à une voie d'évitement. 

Pour traverser les routes on se sert de bouts de voie de i,a5 mètre de longueur, permettant de suivre 
la convexité de celles-ci, et munis de contre- rails assurant les ornières; l'on place des bouts de madriers 
entre les rails de façon à assurer la circulation sur la route. 

Pour la construction des plaques de manœuvre, des plates-formes portatives, des plaques tournantes, etc., 
il a été tenu compte des derniers perfectionnements que la science a introduits dans cette fabrication. 

Matériel roulant. — La maison Deville-Châtel possède une quarantaine de wagonnets de types différents 
appropriés aux usages agricoles ou aux travaux publics. 

Les châssis en fer U de ces "wagonnets sont combinés de manière à pouvoir, sans remaniage, servir 
à constituer les wagonnets des divers types. Les buttoirs ou tampons d'attelage, élastiques par eux-mêmes, 
sont formés d'un fer cornier cintré, auquel est fixé le crochet muni de son anneau d'accouplement. Ces 
buttoirs sont indispensables pour l'accrochage des wagonnets et la formation des trains. 

Les roues sont en acier très dur, et les essieux, en acier spécial, tournent dans des boîtes à huile 
où à graisse d'une pièce, ne nécessitant que très peu d'entretien. Il est facultatif de rendre une roue folle 
sur chaque essieu pour faciliter le passage des wagonnets dans des courbes à très petit rayon. 

Un wagonnet-type ou truc sert de base à la confection de la plupart de ces wagonnets. Le rappro- 
chement des essieux et la conicité des roues sont tels, que le wagonnet peut circuler dans des courbes 
de 4 mètres. Ses organes, très forts, le rendent capable de supporter des charges variant de 600 à 2000 
kilogrammes. 

Viennent ensuite : le wagonnet à tablier, le wagonnet plat, les wagonnets à ranchers, le wagonnet à 
caisse, le wagonnet-tombereau, le wagonnet-corbeille, les wagonnets-basculeurs de différents systèmes ; le 
wagonnet-porteur, le wagonnet-tonneau, le wagonnet à fourche pivotante, les wagonnets-plates-formes à deux 
trucs, les wagonnets articulés; les wagonnets de mine, les wagonnets d'ambulance, les wagonnets d'ouvriers 
et les wagonnets de luxe. Puis viennent encore une série de wagonnets affectés à des services spéciaux tels 
que wagonnet à béton, wagonnet à pains de sucre, wagonnet-pompe, grue roulante, etc., etc. (Voir nos illus- 
trations). 

Tous ces wagonnets, construits avec beaucoup de soins, sont admirablement appropriés aux travaux 
spéciaux en destination desquels ils ont été fabriqués, et l'usage des voies portatives que nous venons de 
décrire et du matériel roulant qui y est affecté, tend à se généraliser de jour en jour. 






Nous parlerons plus loin des machines à vapeur, chaudières, bateaux, etc., que produisent encore 
les importantes usines de MM. Deville-Châtel & C ie . 

Comme pendant à l'importante exposition dont nous venons de parler avsc quelques détails, il en est 
une autre également très remarquable; c'est celle de M. Achille Legrand, maître de forges, à Mons, qui expose 
dans les jardins de l'Exposition tout un ensemble de matériel de chemins de fer, voitures de i re et s raa classes 
ouvertes et fermées, locomotives, wagons de tous genres et à tous usages : wagons culbuteurs basculant à droite 
ou à gauche, et en avant ou en arrière — wagons pour cannes à sucre à 4 et à 8 roues, avec ridelles démontables — 
wagons pour le service 
des forêts, type tout à fait 
nouveau , Remployant 
aussi très avantageuse- 
ment pour les armées en 
campagne. A remarquer 
deux types de voitures 
construites spécialement 
en vue du transport des 
troupes ; l'une portant 8 
hamacs suspendus, pour 
le transport des blessés, 
l'autre avec les bancs pla- 
cés dans le sens longitu- 
dinal, pour le transport 
des soldats valides. 

Ces voitures se dé- 
montent très rapidement 




Wagon-hamac pour le transport des blessés (système 
Achille Legrand) 



volonté, et suivant les 
besoins, en voitures de 
l'un ou de l'autre de ces 
deux types. 

Le matériel construit 
par M. Legrand se dis- 
tingue par l'élégance et la 
solidité ; l'emploi judi- 
cieux des ressorts, étendu 
à la construction du petit 
matériel, ajoute encore à 
la réputation qu'il s'est 
faite depuis un quart de 
siècle dans l'outillage des 
transports rapides et éco- 
nomiques. 

Son exposition de 

voies portatives comporte 

un développement li- 

facilité dans toutes les 



et se transforment à 

néaire de plus de cent mètres. Le matériel roulant se meut avec la plus grand* 

directions et suivant des courbes qui n'ont pas plus de 6 mètres de rayon. 

Dans ce système on supprime tout: boulons, cales, clefs de tous genres; on opère le serrage par 
la traverse elle-même et on l'obtient solide, énergique et susceptible de résister à toutes les épreuves. 

M. Legrand est le seul industriel en Europe et en Amérique qui construise un dispositif connu sous 
le nom de système Lartigue- Legrand à rail unique. Sur le rail surélevé de cette voie se balancent de petits 



wagons suspendus ; la charge 
étant répartie de chaque côté, 
cette sorte de cacolet monté 
sur deux roues à gorge de o,25 
mètre, se meut dans toutes 
les directions, passant dans 
les courbes les plus raides. 

M. Legrand a été l'objet, 
cela va sans dire, de dis- 
tinctions nombreuses autant 
que méritées. 

MM. Alphonse et Victor 
Halot, de Louvain, avaient 
également dans les jardins 



uuuuuuuuirauuuiraonuuonanainnmniiuuDuiiuuii 




Wagons à voyageurs, plate-forme, pour l'été 
(système Achille Legrand) 



une exposition remarquable, 
consistant en wagons à mar- 
chandises ouverts et fermés, 
wagons de terrassement, bas- 
cule urs, trucs, wagons- 
grues, etc.; plaques tournan- 
tes, signaux, changements de 
voies, etc. 

Cette usine fabrique en- 
core des ponts fixes et tour- 
nants, charpentes métalliques, 
appareils pour sucreries, raffi- 
neries, brasseries et distilleries, 
et le matériel s'y rapportant. 



Un des derniers décrets signés par le roi d'Espagne a été celui qui conférait la croix de chevalier de 
l'ordre de Charles III à M. Decauville pour le récompenser des services que son système de chemins de fer 
portatifs a rendus en Espagne et dans les colonies espagnoles, où ce nouveau moyen de transport est devenu 
aussi populaire qu'en France, et a reçu des applications considérables pour les travaux des fortifications et 
pour les transports agricoles. Dans la seule ile de Porto-Rico plus de trois cents kilomètres de voie Decauville 
ont été installés dans ces dernières années, pour le transport de la canne à sucre, et toutes ces affaires ont 
été obtenues malgré la concurrence des Anglais et des Américains. 















! 



Les chemins de fer Decauville fonctionnent chez 4700 clients et ils sont devenus d'un emploi tellement 
général qu'il n'existe plus un seul point du globe où on ne puisse en voir plusieurs installations. La voie 
se compose d'éléments qui ont la forme d'échelles et qui sont droits, courbes ou combinés en forme de 
croisements pour répondre à tous les besoins. Elle coûte de 3 fr. 5o à to fr. 5o le mètre, suivant qu'il s'agit 
de voie de m ,4o en rails d'acier de 4 k. 5 ou de voie de o m ,75 en rails d'acier de 12 k. La pose en peut 
être faite avec la plus grande facilité par le premier ouvrier venu. Il n'y a lieu de ballaster la voie que 
lorsque l'on veut employer des locomotives. 

Inventés par M. Decauville en 1876, ces chemins de fer ont eu un succès si rapide, que les ateliers 
de Petit-Bourg, qui n'occupaient que 100 ouvriers en 1878, sont arrivés en 1884 à 730 ouvriers, avec un 
outillage formidable de 35o machines-outils, qui font le travail de 3,000 ouvriers. II y a entre autres, 
4 machines à peindre, qui font le travail de 60 peintres, et 32 machines à river, qui assemblent les rails sur 
les traverses, avec une solidité tout à fait extraordinaire. 

Les ateliers de M. Decauville sont à Petit-Bourg, à une heure de Paris. Ils sont fort intéressants 
à visiter, car leur création est si récente, que peu de personnes se doutent de l'importance qu'ils ont prise 
en si peu d'années. Ces ateliers occupent huit hectares au bord de la Seine, avec raccordement à la 
Compagnie P.-L.-M., dont les locomotives viennent tous les jours chercher les wagons sur l'embranchement 
particulier et en emmènent 18 à 20 en moyenne, c'est-à-dire la moitié d'un train de marchandises, 
chaque jour. 

La principale halle, qui a 160 mètres de façade sur 160 mètres de profondeur, soit 25,ooo mètres 
carrés, est construite aux trois quarts et a actuellement 18,000 mètres, c'est-à-dire près de deux hectares 
d'une seule pièce. Cet atelier est une sorte de machine gigantesque à faire les petits chemins de fer. Les 
matières entrent par les deux bouts, et les produits fabriqués sortent par le milieu, chargés, par deux ponts 
roulants à vapeur, dans les wagons de la Compagnie P.-L -M. La production mensuelle est de 3, 000 
w'agonnets et l5o kilomètres de voie. 

Dans un banquet qui a eu lieu à Petit- Bourg en décembre i883, pour fêter le retour d'Australie 
d'un des chefs de la maison Decauville, le représentant du Creusot à Paris a dit, qu'il tenait à constater 
que les Ateliers de Petit-Bourg, dont la consommation de fer et d'acier avait sans cesse augmenté depuis 
1878, étaient arrivés depuis 1882 à être de tous les ateliers du monde entier, ceux qui travaillent la plus, 
grande quantité de métal par jour. 

De même que cela a eu lieu aux Etats-Unis pour Pulmann-City, le développement rapide des ateliers 
Decauville a rendu nécessaire la création d'un village entier pour loger les ouvriers, ou plutôt d'une petite 
ville, car on y trouve même un théâtre. Des maisons confortables, entourées de jardins, sont louées aux 
ouvriers mariés, à raison de 6, 8, 10 et 12 francs par mois, avec des diminutions proportionnelles au 
nombre d'enfants et au nombre d'années de séjour, de telle sorte, qu'au bout d'un certain temps, le loca- 
taire ne paie plus aucun loyer jusqu'à sa mort, même si, par suite de la vieillesse, il devient impropre au 
travail et, à ce moment, la caisse de retraite de la Société de Secours mutuels lui assure une petite rente. 
La boulangerie fournit toujours le pain au-dessous de son prix de revient. La Caisse d'épargne de l'établis- 
sement assure un taux rémunérateur à l'ouvrier qui veut économiser. Le comité des récompenses donne 
des primes aux ouvriers ou contre-maîtres qui trouvent des perfectionnements dans l'outillage. 

M. Decauville installe en ce moment un autre atelier en Italie, pour éviter à ses clients Italiens 
les droits de douanes élevés qui frappent les voies portatives (120 francs par tonne). Cet atelier est à 
Diano-Marina près de Gênes, il occupe 4 hectares et est dans une situation industrielle aussi belle 
que celle des ateliers de Petit-Bourg, car il touche d'un bout au chemin de fer de Nice à Gênes et de 
l'autre bout à la mer par laquelle arriveront toutes les matières premières. 

Le plus bel éloge que l'on puisse faire des procédés de fabrication de M. Decauville, c'est de constater 
qu'ils lui ont permis de devenir un des rares constructeurs français arrivant à faire des affaires suivies en 
Angleterre : 5G installations ont déjà été livrées dans ce pays, entre autres, une de 10 kilomètres chez 
MM. Denny Brothers. Pour arriver à vendre aux Anglais et jusque dans les chantiers delà Clyde, des 
chemins de fer portatifs construits dans les ateliers de Petit-Bourg, près Paris, il faut que ce matériel ait 
une supériorité bien réelle sur les produits similaires fabriqués en Angleterre. Du reste, M. Decauville, qui 
avait reçu la croix de la Légion d'honneur en 1878, la croix de commandeur de l'ordre du Nicham de Tunisie, 
la croix de chevalier de la Couronne d'Italie pour les services rendus par ses chemins de fer dans les. 
arsenaux italiens et à Massouah, et des diplômes d'honneur aux Expositions d'Amsterdam, Buenos-Ayres, 






— 223 






Turin, a obtenu également des récompenses à toutes les expositions anglaises, d'Edimbourg, de Preston, Galway 
Londres, Derby; à l'exposition de Calcutta, il a remporté le premier prix des chemins de fer portatifs, en battant 
six concurrents anglais. A la suite de ces succès, M. Decauville a reçu un ordre considérable du gouvernement 
anglais et l'Institution of Mechanical Engineers, de Londres, l'a admis au nombre de ses membres. 

Les chemins de fer Decauville sont employés dans toute l'Europe, pour la récolte des betteraves ; 

à bascule. Ils ont été 
également employés 
aux travaux de la 
ville de Genève, avec 
un plan incliné hy- 
draulique, installé au 
bord du Rhône, sur 
une pente de 52 %, 
pour monter 3o,ooo 
m. cubes de gravier 
au nouveau cimetière 
de Saint-Georges. 

216 planteurs 
l'emploient pour le 
transport de la canne 
à sucre; entre autres, 
à Java, MM. Hof- 
land qui en emploient 
37 kilomètres, la su- 
a Colonial Sugar Refining Cy> en emploie 



dansi' Autriche seule, 
il y en a ij5 appli- 
cations. 

Ils ont reçu éga- 
lement des applica- 
tions considérables 
pour les terrasse- 
ments, par 2,700 en- 
trepreneurs, entre 
autres, pour les tra- 
vaux du tunnel sous 
la Manche, pour les 
ports de Newhaven, 
Southampton et An- 
vers, et le canal de 
Panama, qui emploie 
80,000 mètres de voie 
de 5o c. en rails de 
7 kil. et 4,730 wagons 
crerie de Pan 




dans 1 expédition de l'Oyôoué lorsque les rivières exploré 

23 kilomètres ; en Australie, un seul client, 



52 kilomètres avec 1,450 wagons et 6 locomotives; à Porto-Rico, 78 planteurs en emploient plus de 
3oo kilomètres. 

Le chemin de fer Decauville permet aussi d'établir des lignes à voyageurs, à voie de 0^60 ou de o' n 75, 
à raison de 19,000 francs le kilomètre, y compris locomotives et voitures de i re , 2 e et 3° classes et marchan- 
dises. Les locomo- 
tives peuvent faire 5o 
kilomètres en deux 
heures et demie sans 
arrêter. 

Ce chemin de 
fer portatif permet 
■de transporter des 
canons de 20 tonnes. 
Il a été employé dans 
toutes les guerres qui 
ont eu lieu ces der- 
nières années : par 
l'armée française (en 
Tunisie 70 kil., Ton- 
kin 60 kil., Madagas- 
car 22 kil.), par les 
Anglais en Afgha- 
nistan, par l'armée 

cauville parut aux avant-postes afghans et fut signalé à l'armée anglaise par les officiers qui suivaient 
les opérations des Afghans. Les Anglais voulurent posséder un matériel pareil à celui des Russes et 
la commande en fut donnée à M. Decauville, en spécifiant que les voies devaient être du même type que 
celles fournies aux Russes. Il y avait dans cette dernière installation un problème assez difficile à résoudre : 
tout le matériel devait voyager à dos d'éléphant pendant quatre à cinq semaines et on voulait employer 



italienne en Egypte, 
et par l'armée russe 
(100 verstes soit 106 
kilomètres) dans le 
Turkestan, où le gé- 
néral Skobeleff l'em- 
ploya avec grand 
succès, pour trans- 
porter les vivres et 
les munitions de son 
armée. La voie était 
déplacée à mesure 
que l'armée mar- 
chait en avant et 
lorsque, tout récem- 
ment, les Russes se 
rapprochèrent de 

CHARGEMENT DES CHEMINS DE FER DECAUVILLE A DûS d'ÉLÉIHANT PAR I,' ARMÉE ANGLAISE ' 

Afghanistan. Le « Decauville » sert en ce moment dans les armées française, anglaise, belge, 1 Afghanistan, le petit 
espagnole, italienne, roumaine et russe chemin de fer De- 




^• >; "" 









— 224 — 

une locomotive. M. Decauville a fait construire cette dernière en deux pièces, dont la plus grosse ne 
pesait que 1,800 kil., charge maximum que peut porter un éléphant. 

On peut donc dire, après cette dernière application, que le chemin de fer Decauville se prête à toutes 
les exigences et triomphe de tous les obstacles ; mais ce qui est surtout intéressant à constater dans cette 
courte étude, c'est que M. Decauville présente ce rare exemple d'un inventeur qui, ayant créé une nou- 



velle industrie, a eu 
assez de confiance 
dans son invention, 
pour ne pas hésiter 
à dépenser deux à 
trois millions, pour 
construire des ate- 
liers et les développer 
en proportion de l'ac- 
croissement des com- 
mandes, afin de rester 
en mesure de livrer 
tout ce qu'on lui de- 
mandait. Ce déve- 
loppement si rapide 
a eu pour résultat de 
ne laisser le temps 
à aucun concurrent 
sérieux de s'établir. 




De plus, comme M. 
Decauville exploite 
son industrie très 
commercialement, en 
baissant ses tarifs à 
mesure que le prix 
des métaux diminue, 
on peut dire que, 
dans de telles condi- 
tions, la concurrence 
est presque impos- 
sible. 

Nous signalons 
parmi les perfection- 
nements des chemins 
de fer Decauville : 

Lanouvellevoie 
à traverses débor- 
dantes en acier, rem- 
kil., lorsque la ligne 



plaçant avantageusement la voie à traverses embouties, en rails de 7 kil., 9 kil. et 12 

doit rester fixe; elle coûte le même prix, car les traverses, tout eu étant plus lourdes, coûtent moins cher 

de fabrication. 

Un nouveau type de wagon renforcé, qui a été créé pour les carrières de pavés de la Ville de 



Paris, près de Ram- 
bouillet, dont M. 
Decauville a fait le 
raccordement à une 
station de la Com- 
pagnie de l'Ouest 
avec 9 kilomètres de 
voie de o m 6o rails de 
9 kil. 5 sur traverses 
débordantes; ce wa- 
gon a une force de 
3,ooo kil., sa lon- 
gueur totale, y com- 
pris le tampon, est 
de 3"'5o. 

Le wagon sys- 
tème Couvreux,pour 
circuler sur la voie 
de o m j5 en rails d'a- 
cier de 12 kil. ; ce 




MPI.OYÉ PAK 2l6PLANTl:UKS DECANNKA 'UCRE DANS LE 

; d'Australie en a achet; 52 kilomètres avec 1,450 wagons 



wagon possède une 
caisse à bascule cu- 
bant 2 mètres ; le 
fond est en tôle d'a- 
cier, parois verti- 
cales, avec portes ou- 
vrant automatique- 
ment d'un seul côté ; 
200 wagons de ce 
type sont employés 
dans les chantiers du 
canal de Nantes à la 
mer. 

Lanouvellegrue, 
munie d'un treuil, 
système Mégy-Eche- 
verria, invention fort 
ingénieuse, grâce à 
laquelle on n'a plus 
à craindre le danger 



qui provient, dans les grues ordinaires, du mouvement rapide des manivelles au moment de la descente 
du fardeau, car avec le treuil Mégy on tourne la manivelle pour arrêter le fardeau; lorsqu'on veut 
arrêter, on lâche la manivelle qui ne bouge plus; cette grue d'une force de deux tonnes, ayant trois mètres 
de portée, est montée sur truc articulé à 8 roues, système américain. 

La maison Decauville construit également des ponts portatifs démontables, système Eiffel, pour le 



225 — 



passage des rivières de différentes largeurs ; ces ponts, construits entièrement en acier, sont d'une très 
grande légèreté et ne pèsent que 25o kil. par mètre courant et peuvent supporter le passage d'une charrette 
ou d'une locomotive de 4,000 kil., avec une portée de 21 mètres au maximum. — Le nombre des 
différentes pièces entrant dans la composition des ponts étant très petit, 7 au maximum, dont les plus 
lourdes ne pèsent pas plus de 145 kilog., ceux-ci sont facilement transportables et. peuvent être montés 
rapidement par de simples manœuvres. 

En quittant la pelouse sur laquelle sont exposés les produits de la maison Deville-Châtel, nous 
admirons en passant une exhibition très complète de pompes d'arrosage de différents systèmes, et nous 
arrivons devant le Pavillon des Congolais, élevé par la Société Royale de géographie d'Anvers, et repré- 
sentant très exactement le Sanitarium de Borna. 

Cette exposition, unique en son genre, et dont Anvers a eu la primeur, était organisée sous la direc- 



tion intelligente du savant 
général Wouwermans, le sym- 
pathique président de la dite 
Société. 

On y a rassemblé tous 
les produits de l'Etat libre du 
Congo ; des armes, des outils, 
des instruments de musique et 
divers échantillons de l'indus- 
trie du pays. 

Le visiteur sérieux peut y 
recueillir des renseignements 
précieux sur la topographie, 
l'étal actuel de la civilisation 
et les ressources de ces con- 
trées, hier encore barbares, 
et auxquelles un généreux 
courant de civilisation ouvre 
un avenir de travail intelligent 
et de prospérité. 

Quelques huttes congo- 
laises ont été construites à 
proximité du Sanitarium et 
servent de cadre au groupe 
de nègres qui a séjourné à 
Anvers pendant l'Exposition. 

Ces Congolais forment 
certes une des plus belles tri- 
bus africaines. 

Les hommes sont beaux, 
doués que lui, il ne sera pas difficile de fair 
si fiers. 



4 




Massala, chef des Congolais 

pénétrer dans leur pays la 



bien musclés, marchant droit 
et ferme; la vivacité de l'œil 
trahit une activité mentale très 
grande; les femmes, beaucoup 
plus petites , ont le regard 
d'une grande douceur, et nous 
donneraient une assez haute 
idée des beautés nègres, n'était 
la suprême élégance de leur 
marche de canard. 

Le roi Massala, qui dans 
son pays occupait les hautes 
fonctions de chef de tribu (ou 
de village), comptait dans sa 
nombreuse suite un interprète, 
Congolais comme lui, parlant 
très couramment l'anglais. Cet 
homme, le seul avec lequel il 
fut possible de s'entretenir 
sérieusement, était d'une in- 
telligence remarquable ; sa fa- 
cilité d'assimilation était telle 
qu'il comprenait, à la pre- 
mière explication , le but et 
le mouvement d'une machine 
assez compliquée pour rebu- 
ter un élève de nos écoles 
moyennes. 

Si tous ses compatriotes 

sont aussi heureusement 

civilisation dont nous sommes 



Derrière le Sanitarium s'élève un triple pavillon, dégustation des Vins et Kirsch d'Alsace de J. Bloch 
de Scherwiller; des Eaux minérales du Pouhon, et de l'Elixir de Spa de MM. Schaltin-Pierry & C l *. 

Vis-à-vis se trouvent quelques rares modèles de serres et d'abris; il est à regretter que nos prina- 
paux fabricants n'aient pas jugé favorable à leurs intérêts d'exposer les divers systèmes perfectionnés, qui 
Ont permis à nos horticulteurs d'envoyer sur les marchés étrangers ces beaux fruits, raisins, pêches, etc., et 
ces belles fleurs qui font l'ornement de nos expositions de pomologie et d'horticulture. 

Une exposition des plus intéressantes était celle des manufactures de Glaces de Stolberg, près d'Aix- 
la-Chapelle et de Waldhof, près de Mannheim. 

Ces deux fabriques ont exposé, dans un pavillon spécial, une collection irréprochable et des plus 
variées de leurs produits depuis les glaces brutes pour toitures, jusqu'aux plus belles glaces polies et 







X 

( 

;-'■■'■ 
: 



: 









227 



ornementées ; cet ensemble, tout en offrant un coup d'œil agréable, avait le grand avantage de montrer 
l'utilisation pratique de ces produits, dans nos constructions modernes. 

Dans les halles de l'industrie, section allemande, ces établissements ont exposé deux glaces, l'une 
étamée au mercure et l'autre argentée ; elles étaient vraiment imposantes, tant par leurs dimensions colos- 
sales que par leur pureté et leur parfaite répétition, qualités qui n'avaient pas été atteintes par les antres : 
expositions analogues. Ces deux glaces ont démontré que les établissements de Stolberg et de Waldhof; 
possèdent non seulement de puissants moyens de fabrication, mais qu'ils savent s'en servir avec une 
habileté étonnante. 

Ces établissements appartiennent à la Société des Manufactures des glaces et des produits chimiques 
de St-Gobain, Chauny et Cirey, universellement connue depuis longtemps et dont la fondation remonte à 
i665. Pendant longtemps cette société a eu le monopole de la fabrication des glaces sur le continent; elle, 
ne le possède naturellement plus, mais ce qu'elle a su conserver de tous temps, ce sont ses moyens 
matériels considérables dont elle sait se servir avec intelligence, en mettant à profit toutes les nouvelles 
découvertes et inventions. 

Société de St-Gobain a contribué, pour une large part, à amener la 

sèment pour les fenêtres des maisons 



1 1 est incontestable que la 
fabrication des glaces au degré de 
perfection qu'elle a atteint aujour- 
d'hui. — Un autre fait digne de 
remarque, c'est que l'amélioration 
de la qualité des glaces a toujours 
été suivie d'une diminution de frais 
de fabrication. — Les prix de vente 
ont donc pu subir une réduction 
successive et graduelle , de sorte 
qu'aujourd'hui les glaces ne sont 
plus à considérer comme un article 
de luxe, mais bien comme un objet 
de nécessité. 

Etamée ou argentée, la glace 
a sa place indiquée dans nos inté- 
rieurs; elle en est souvent le plus 
riche et le plus bel ornement. 

En blanc, elle est d'une nécessité 
absolue pour vitrer nos grands ma- 
gasins et on s'en servira avantageu- 




Pai'illon de la Société anonyme des 
glaces et produits chimiques de 
St-Gobain, Chauny et Cirey, 
(Stolberg- et Mannheim) 



particulières; elle donne toujours à, 
la plus modeste façade un cachet , 
extrêmement distingué ; aussi , la 
glace est-elle devenue aujourd'hui, 
entre les mains de nos architectes, 
et entrepreneurs, un motif de déco- 
ration économique. 

La glace brute , épaisse ou 
mince, suivant l'usage auquel on la 
destine , est devenue d'un emploi 
usuel dans toute espèce de construc- . 
tion : halles de chemin de fer, ate- 
liers, serres, vérandas, etc. 

Une réclame intelligente, mais, 
qui n'est pas à la portée de tout le 
monde, a été faite pendant quatre : 
mois par la Société Centra da La- 
voura e Coimnercio de Rio-de- ; 



Janeiro. Cette . Société avait fait 
édifier un vaste pavillon où l'on a servi du café brésilien gratuitement à tous les visiteurs. 

Situé auprès de la façade des Colonies Portugaises, ce pavillon avait l'apparence d'un chalet rustique ; 
sa forme était octogone ; l'extérieur était orné de bambous et l'intérieur était divisé en deux compartiments • 
dont l'un servait de salon et l'autre à la confection du café. 

Ce pavillon a été inauguré le 6 juin i885 par Son Excellence le Comte de Villeneuve, Ministre du 
Brésil, délégué du Gouvernement Impérial et Président de la Commission de la Section Brésilienne. Les 
Commissaires de la dite Section, plusieurs membres du corps diplomatique et quantité de personnes notables : 
de Bruxelles et d'Anvers, assistaient à cette cérémonie. 

Cette distribution gratuite de café a beaucoup contribué à vulgariser le principal produit du pays, 
que l'on considère, à juste titre, comme le plus important producteur de café et auquel le Jury de l'Expo- 
sition d'Anvers a accordé un grand nombre de récompenses, parmi lesquelles des Diplômes d'Honneur et. 
des Médailles d'Or. 

Les pavillons de dégustation ne manquent pas dans cette partie, des Jardins ; nous remarquons 
successivement le pavillon de la Lcewenbrauerei, tenu par MM. H. et Ch. Wolff, où se débite la bière 
de Dortmund ; puis une installation très originale, le tonneau monstre de G. De Smet-De Nayer, ou vingt 
personnes peuvent aisément s'asseoir pour savourer d'excellentes bières dû pays; plus loin s'élève le Restaurant 
Populaire, dont les vastes proportions étaient, à de certains jours, à peine suffisantes pour contenir le flot 
des consommateurs. A la gauche de celui-ci une pompe centrifuge de M. L. Dumont, de Paris, déversait, 



en permanence, une large nappe d'eau dans un grand bassin ; les applications de cette pompe sont nom- 
breuses ; elle sert notamment aux travaux d'épuisement, irrigations, dessèchements, submersion des vignes, etc. 

Pénétrons un instant dans un pavillon qui a été un rébus pour beaucoup de promeneurs, et dont 
la suscription « Blanchiment » n'était pas faite pour donner aux chercheurs le mot de l'énigme. Tâchons de 
suppléer à cette insuffisance de renseignements, et de montrer l'importance du procédé de blanchiment des 
matières textiles, exploité par la firme Scrive- H ermite & C ie , de Marcq-en-Barœul, Lille. 

Parmi les nombreuses applications de l'électricité, la décomposition des sels par le courant électrique 
a vivement excité la sagacité des chercheurs. 

Depuis que les machines dynamo-électriques permettent d'obtenir industriellement de forts courants 
électriques, on a entrevu la possibilité de faire de très importantes applications de l'électrolyse à l'industrie 
et de nombreuses recherches ont été faites dans cette voie. 

Malheureusement, les phénomènes électro-chimiques sont loin d'être bien connus et malgré les nombreux 



travaux auxquels se sont livrés 
les savants dans les laboratoires, 
les lois qu'ils ont cru pouvoir 
formuler sont incomplètes et se 
trouvent même souvent en 
défaut. 

Ainsi, il est admis que lors- 
qu'on fait passer un courant 
dans une dissolution d'un sel 
métallique, ce sel est décomposé ; 
le métal se porte au pôle négatif 
et l'acide au pôle positif. 

Mais , dans beaucoup de 
cas, les réactions sont loin d'être 
aussi simples; il se produit une 
foule de réactions secondaires 
donnant naissance à des pro- 
duits complexes qui peuvent 
entraver ou compliquer les opé- 
rations. 

On remarque aussi que 
l'eau est toujours décomposée 
en même temps que le sel. 

Ces réactions secondaires 
qui rendent difficiles certaines 
applications de l'électro-chimie, 




peuvent quelquefois être utili- 
sées; c'est une réaction sembla- 
ble qui fait la base du procédé 
de blanchiment dont nous nous 
occupons. 

Si l'on soumet à l'action du 
courant électrique une solution 
de chlorure de magnésium , 
deux équivalents de ce sel sont 
décomposés en même temps que 
l'eau; après une série de décom- 
positions successives, le magné- 
sium se porte de nouveau au 
pôle négatif et s'oxyde en dé- 
composant l'eau, tandis que les 
acides chloreux et chlorique 
formés, sont mis en liberté et, 
s'ils sont en présence d'une ma- 
tière organique, lui cèdent leur 
oxygène à l'état naissant ; le 
chlore fixe de l'hydrogène pour 
former de l'acide chlorhydrique 
qui se combine avec la magnésie 
en liberté pour régénérer le 
chlorure de magnésium primitif. 

On obtient ainsi un cycle 



Papillon de dégustation du Café du Brésil 
complet dans lequel le chlore sert simplement de véhicule pour fixer de l'oxygène emprunté à l'eau sur la 
matière organique. 

C'est cette réaction que M. Hermite a cherché à appliquer industriellement au blanchiment des 
matières textiles. 

Pour opérer dans les conditions les plus économiques, il se sert d'une solution de chlorure de 
magnésium d'une densité de 1,125 soit 16" Baume, à une température de 3o°. 

Les électrodes sont en platine au pôle positif et en zinc au pôle négatif; la surface de ces électrodes 
est calculée de façon à réduire le plus possible la force motrice absorbée, sans faire des appareils d'un prix 
exagéré. 

Les jeux d'électrodes ont reçu une forme pratique, permettant de se servir des appareils existant 
dans les blanchisseries, en ne leur faisant subir que de légères modifications. 

L'appareil pour le blanchiment des fils se compose d'une série de bacs renfermant les jeux d'électrodes 
montés en tension et baignant dans la dissolution de chlorure de magnésium. 

Le courant est fourni par une machine Phcenix Shunt, d'un débit variable suivant l'importance du 
blanchiment et ayant une force électro-motrice aux bornes de 110 volts. 



— 22g — 

Par le procédé ordinaire du blanchiment, le crémage du lin revient aux blanchisseurs à plus de 
dix centimes le kilogramme. 

Par le procédé Hermite ce prix n'est que de 4 1/2 centimes le kilogramme, soit une économie de 
55 °/o SU1 " l'ancien procédé. 

De plus, par ce système on obtient un crémage très suffisant pour certains articles, sans faire subir 

au fil aucun lessivage; la dépense s'abaisse dans ce cas à fr. 0.022 par kilogramme, soit 88 °/ d'économie. 

Si l'on ajoute à ces chiffres l'amortissement du capital, on arrive à une majoration de fr. 0.0057 

par kilogramme de lin blanchi dans un établissement muni de force motrice avant la transformation des 

appareils. 

A l'aide du procédé que nous venons d'esquisser rapidement, on peut blanchir des matières quelconques 
sans craindre de les altérer, puisque l'on peut augmenter ou diminuer à volonté le pouvoir décolorant du 
bain en augmentant ou en diminuant le courant électrique. 

De plus, au bout de quelques heures de service, le courant électrique a complètement débarrassé 

rare de calcium, 
mais le premier 
sel est préférable 
parce qu'il est 
moins cher et 
qu'on le trouve 
dans le commerce 
beaucoup plus pur 
et en plus grande 
quantité. De plus 
la magnésie n'a 
aucune action sur 
la fibre textile, 
tandis que la 
chaux de l'hypo- 
chlorite de chaux 
quft se produit 
pendant l'opéra- 
tion brûle les 
tissus. 

Mais abandon- 
nons l'étude de ces 
procédés scientifi- 
ques de crainte de 
fatiguer le lecteur, 

et abordons la description d'une exhibition qui attirait tous les regards par sa masse imposante : c'était la 
reproduction en grandeur naturelle, d'un tronçon de mur des quais d'Anvers. 

Cette construction, due à MM. Couvreux et Hersent, entrepreneurs du gigantesque travail de la 
rectification des quais d'Anvers, était bien faite pour donner aux nombreux étrangers attirés par l'Exposition,' 
une haute idée des sacrifices que s'étaient imposés le Gouvernement et la Ville pour maintenir Anvers à la 
hauteur des premiers ports du continent et pour montrer avec quelle science et quelle ingéniosité MM. Couvreux 
et Hersent s'étaient acquittés de leur lourde tâche. 

Les nouveaux quais ont un développement de 35oo mètres et une largeur moyenne de 100 mètres. 
A partir de -l'arête du mur, on trouve successivement une voie de grue et une voie de chargement direct, 
des hangars d'une largeur de 46 mètres, trois voies destinées au chargement et au stationnement des wagons, 
puis deux voies principales de circulation des trains, et enfin, une voie carrossable de 17 mètres de largeur 
e* un trottoir de 3 mètres. 

Pour la construction le mur a été divisé en tronçons de 25 mètres de longueur, à poser bout à 
bout directement sur le bon sol, sans interposition pour la fondation. Chaque tronçon est exécuté à l'aide 
d'un appareil très ingénieux, imaginé par les entrepreneurs et composé de : 

29 



le bain de toute 
impureté, entre 

autre du fer qui 
tombe au fond des 
bacs à l'état d'o- 
xyde, ce qui rend 
le procédé avanta- 
geux pour obtenir 
des nuances déli- 
cates. 

Il va sans dire 
que le procédé 
s'applique aux toi- 
les, pâtes à papier, 
etc. ; il n'y a que 
la forme des appa- 
reils qui change, le 
principe reste le 
même. 

Tout ce qui 
vient d'être dît sur 
l'emploi du chlo- 
rure de magné- 
sium s'applique 
également au chlo- 




re Tonneau monstre 
Dégustation de bières Belges, G. Desmet-De Nayer, Anvers 



23o — 



i° Un caisson métallique à air comprimé, de 9 mètres sur 25 et d'une hauteur variable de 2,60 mètres 
à 5 mètres selon la profondeur à laquelle doit être établie l'assiette de la fondation, et destiné à déblayer 
le sol et à fonder la base du mur. 

Chaque caisson est divisé en deux parties par une paroi horizontale de manière à former dans la 
partie inférieure une chambre de travail de 1,90 mètre de hauteur. Le plafond du caisson présente cinq 
ouvertures circulaires destinées à recevoir des cheminées en tôle, dont quatre devant servir à l'introduction 
du béton et une cheminée centrale surmontée d'un double sas à air pour la descente des ouvriers et l'intro- 
duction de l'air comprimé. Une cornière rivée sur tout le pourtour de l'arête supérieure du caisson a pour 
but de permettre l'assemblage par boulons du caisson avec le batardeau mobile. 

2 Un batardeau mobile en tôle, d'une hauteur de 12 mètres, ayant la même forme que le caisson et 
boulonné directement sur celui-ci. Ce batardeau permet de construire à sec et à l'air libre, même à marée 
haute, la partie du mur de quai de 8 mètres de hauteur, comprise entre l'arête supérieure de la fondation 
proprement dite et le niveau de basse mer. 

A la partie inférieure de la caisse se trouve une galerie en tôle de i,5o mètre de haut sur o,5o 
mètre de large, qui règne sur tout le pourtour du batardeau et sert à permettre de boulonner ou de débou- 
lonner, sous l'eau et au moyen de l'air comprimé, le joint entre le caisson et le batardeau. 

Des vannes, établies sur les parois d'about, permettent d'introduire l'eau dans le batardeau à un 
moment donné, afin d'augmenter la charge sur le caisson et de faciliter ainsi le travail du fonçage. 

3° Un échafaudage flottant destiné à manœuvrer le batardean mobile, à mettre en place les caissons 
et à en opérer le fonçage. Cet échafaudage flottant est composé de deux bateaux en fer, surmontés de 
fermes, également en fer, contre-ventées entre elles et réunies par les deux bouts, et par la tête à i3 mètres 
au-dessus de la flottaison. Le batardeau mobile est suspendu, dans l'espace compris entre les deux bateaux, 
par 12 chaînes fixées sur des treuils et permettant de le monter ou de le descendre. 

Les bateaux de l'échafaudage reçoivent, dans la cale, les machines à vapeur destinées à la manœuvre 
du batardeau mobile, les machines à comprimer l'air, les pompes foulantes et les pompes d'épuisement ; 
puis, sur le pont, les machines à fabriquer le mortier et celles nécessaires à la manutention des matériaux. 

Voici, à grands traits, la marche de l'opération : 

On drague à l'avance l'emplacement où doit être foncé le caisson. 

On remorque celui-ci près de l'échafaudage flottant et on en charge le plafond avec du béton. Le 
batardeau mobile est remonté jusqu'à un mètre au-dessus de la flottaison et le caisson amené au-dessous 
afin de faire le joint boulonné qui doit les relier l'un à l'autre. Puis on commence les maçonneries d'éléva- 
tion à l'abri du batardeau mobile, afin de lester le caisson du poids nécessaire. 

Lorsque, par suite du poids des maçonneries, le caisson est près de talonner sur le fond du fleuve 
à marée basse, on met toute cette immense masse dans l'alignement des quais et on amarre tout l'appareil. 
On continue la maçonnerie à l'intérieur du batardeau tout en soufflant de l'air dans la chambre de travail, 
et lorsque le caisson repose enfin sur le sol, on laisse entrer l'eau dans le batardeau mobile afin d'augmenter 
la charge sur le caisson. On procède ensuite, dans l'air comprimé, à l'extraction des déblais qui se trouvent 
dans la chambre du travail, afin de faire pénétrer le caisson dans le sol et d'asseoir les fondations sur le 
bon terrain à la profondeur voulue. 

Les déblais à extraire du fond de l'Escaut étant en général composés de sable argileux et de terres vaseuses, 
leur expulsion se fait au moyen dejecteurs débouchant à la partie supérieure du caisson contre l'une des parois. 

Lorsque les déblais sont terminés, on procède au remplissage de la chambre de travail ; cette opéra- 
tion se fait à l'aide de béton, par couches régulières superposées et disposées en gradins. 

On démonte les bétonnières et la cheminée à sas d'air, on épuise l'eau à l'intérieur du batardeau et 
on continue la maçonnerie jusqu'à une hauteur d'environ o m 5o au-dessus de la marée basse. 

On déboulonne ensuite le batardeau mobile, puis on le lève au moyen des treuils de l'échafaudage 
flottant. A cause de la place occupée par les parois du batardeau mobile, il reste un intervalle de 1 mètre 
entre deux tronçons de mur successifs. Cet intervalle est rempli jusqu'à hauteur de marée basse par du 
béton coulé entre deux panneaux provisoires en bois. 

La liaison des maçonneries de ces tronçons de mur avec le béton est établie au moyen d'échancrures 
verticales ménagées aux abouts de deux tronçons successifs. Au-dessus de marée basse, la maçonnerie du 
. mur, qui est alors absolument continue, s'exécute avec sujétion de marée, jusqu'à ce qu'on ait atteint le 
niveau de la marée haute. 



Le mur de quai est entièrement construit en briques de Boom dites Klampsteen. Les pavements sont 
revêtus en pierre de taille de Soïgnîes. 

Le dessus de la tablette de couronnement est établi à 7 m oo en contre-haut du niveau de la marée 
basse ordinaire à Anvers. Le mur a une hauteur de i5 m oo; il a une largeur de 2 mètres à sa partie supé- 
rieure et de 6 m 25 à niveau de basse-mer. 

Sa base, à hauteur de la fondation, a une largeur de 7 mètres. 

Le mur présente du côté de l'Escaut un fruit de 1/20 depuis le couronnement jusqu'au niveau de 
basse-mer, et de 1/10 depuis ce dernier niveau jusqu'à sa base, sur la fondation proprement dite. 

Le niveau supérieur de cette fondation est établi invariablement à 8 mètres en contre-bas du plan 
■d'eau à marée basse. 

La fondation a une largeur uniforme de g mètres et sa hauteur oscille entre 2 m 5o et 5 mètres, ce qui 
fait descendre la base de la fondation proprement dite à io'"5o ou i3 mètres en dessous du niveau de 
basse mer. 

Non loin du mur de quai se trouve, contre la clôture, un pavillon rayé clair bleu et blanc, où se 
débitent les vins d'Algérie, côte du Sahël et vin de l'Hermitage à fr. o.5o le verre. 

Puis viennent l'exposition intéressante des ruches d'abeilles, les magnifiques cloches de M. Van Aerschot, 
-de Louvain, et une collection variée de toiles de campement. 

Comme on a déjà pu le voir, on rencontrait dans toutes les parties des jardins, de nombreuses occa- 
sions de se rafraîchir, les bières nationales et étrangères, les vins du Rhin et de la Moselle, les champagnes 
de toutes marques, sollicitaient à chaque pas le visiteur altéré, qui ne trouvait pas, dans ce parc improvisé, 
les ombrages protecteurs de grandes plantations. 

Mais ces diverses boissons, plus ou moins capiteuses, ne convenaient pas à tout le monde et on était 
heureux de rencontrer sur son chemin, le joli petit pavillon des eaux ga\euses dont le nom seul promettait 
un adoucissement aux ardeurs d'un soleil trop brûlant. 

Ce pavillon original, de construction rustique, recouvert de chaume, était élevé par la maison 
H. T. Bridges, établie à Anvers depuis une vingtaine d'années et bien connue par ses excellentes bières, 
Pale et Stout, de la célèbre brasserie Bass et C° qui lui confia son agence principale. 

La maison Bridges a joint, depuis cette année, à son important commerce de bières anglaises, de 
vins et de spiritueux, une fabrique d'Eaux gazeuses, qui a pris en peu de temps un grand dévelop- 
pement. 

Les limonades variées, ginger-ale etc. de cette firme, ne le cèdent en rien aux produits similaires des 
anciennes maisons anglaises, qui ont participé à l'Exposition d'Anvers; telle a été aussi l'opinion du jury; 
une médaille de bronze leur a été attribuée, pour leur début, comme preuve de leur bonne qualité. 

A cette partie de notre promenade nous devons renoncer à donner une description spéciale de chaque 
■exposition. C'est ici que se trouvent rassemblés les matériaux de construction, dont l'étude demanderait 
des volumes. Constatons tout d'abord la déplorable abstention dans laquelle ont cru devoir se renfermer, 
d'une façon presque générale, les représentants d'une de nos industries nationales les plus florissantes : nous 
avons nommé le briqueterie. 

Cette industrie, qui se retrouve dans toutes nos provinces, est particulièrement prospère à Boom et 
dans les localités riveraines du Rupel. Leurs produits, connus sous les noms de Klampsteen, Papesteen, 
Derdeling, Kleine steen et Putsteen se sont acquis une renommée universelle et jouissent d'une supériorité 
incontestée sur les produits similaires ' d'autres localités. 

C'est peut-être dans ce fait qu'il faut chercher le secret de l'abstention de nos producteurs. 
De toute la Belgique c'est la province d'Anvers qui possède les deux gisements les plus importants 
de terre argileuse, celui du Midi situé sur les bords de l'Escaut, du Rupel et de la Nèthe, appartenant au 
-système rupelien, est d'origine marine ; la couche en est très épaisse, elle atteint souvent plus de 20 mètres. 
L'argile en est éminemment plastique ; malheureusement son origine marine l'a laissée chargée d'une certaine 
quantité de salpêtre et de pyrites ou matières sulfuriques qui contribuent à la rendre assez fusible. Ce 
gisement est le siège d'une industrie très importante et fort ancienne et ses briques très réputées dans tout 
le pays ont eu longtemps le monopole pour tout les grands travaux d'art. 

Le gisement de l'Est ou de la Campine, à la côte 28 sur la crête de partage de la Meuse et de 
l'Escaut, est non moins important; son épaisseur n'est que de 3 mètres environ mais son étendue est beaucoup 
plus considérable. 



Il est d'origine fluviatile, postérieur à la couche rupelienne et produit par d'anciennes alluvions de 
la Meuse quaternaire (le relief du sol de la Belgique était différent de celui actuel). On y a trouvé des 
ossements de mammouth et des bois de renne incisés par l'homme. Cette argile est donc contemporaine des 
cavernes de Furfooz près de Dinant (selon E. Dupont : V Homme pendant les âges de la pierre — et le 
baron Van Ertborn) où l'on a trouvé les restes de ces animaux associés avec des débris humains. 

La formation ou mieux le dépôt de ce gisement s'est donc fait de matières limoneuses charriées par 
les cours d'eau, exactement comme aujourd'hui le dépôt des matières fertilisantes charriées par les eaux de 
la Meuse est fait par les irrigations sur les magnifiques prairies qu'on a créées en Campine sur les rives du 
canal de jonction de la Meuse à l'Escaut. 

L'argile de la Campine a donc une même origine, comme nature et comme formation, que celle que 
l'on trouve en Hollande, le long du Rhin et de la Meuse, avec laquelle on fait ces tuiles si réputées dans 
tout le Nord de l'Europe. 

L'industrie briquetière, sans avoir eu autrefois grande importance, a existé de tout temps en Campine 
pour les besoins locaux. La belle église collégiale d'Hoogstraeten, bâtie de i534 à 1346 par le comte Antoine 
de Lalaing, Seigneur d'Hoogstraeten, a été construite avec des briques faites en argile de Campine, briques 
qui se trouvent dans un état de conservation admirable, rappelant les matériaux romains. Certaines parties 
de ce gisement fournissent pour la fabrication de la tuile une argile tout à fait supérieure, possédant une 
grande plasticité et ne contenant ni silex, ni carbonate de chaux, ni pyrite et très peu d'oxyde de fer ; con- 
ditions qui leur permettent de supporter sans fusion ni déformation une haute température. C'est à cette 
propriété qu'on attribue principalement la conservation des briques et tuiles de fabrication romaine, conser- 
vation étonnante et supérieure à celle des autres matériaux de construction, telles que pierres et ardoises. 
On peut estimer que ces argiles de Campine exigent pour leur cuisson 3o % de charbon en plus que celles 
du système rupelien et peuvent atteindre une température supérieure d'au moins 200 degrés. Aussi, malgré 
le manque de moyens de communication, la réputation des tuiles de la Campine s'est faite depuis longtemps ; 
elles sont même employées jusque dans le voisinage de Boom. Ce n'est guère que depuis l'ouverture du 
canal en 1866 que l'industrie briquetière a pu s'établir sérieusement dans ce pays et en peu de temps acquérir 
une assez grande importance. Toute la fabrication s'y fait par des moyens mécaniques. 

L'une des maisons y établies, la Société Anonyme des Briqueteries et Tuileries St-Joseph, a exposé, 
dans un pavillon style flamand, des produits de bel aspect et surtout de qualité supérieure. Cette maison s'efforce, 
par le perfectionnement de ses procédés, à retrouver les débouchés importants que le bassin du Rupel possédait 
autrefois pour l'exportation et qu'il s'est laissé enlever en ne mettant pas sa fabrication au niveau de la 
concurrence étrangère. 

Les produits exposés par la Société Anonyme des Briqueteries et Tuileries St-Joseph dont M. Francart 
est le fondateur et l'administrateur-directeur, ont obtenu deux médailles : l'une de bronze pour l'exportation, 
l'autre d'argent pour la classe de matériaux de construction, la plus haute récompense qui ait été accordée 
aux exposants belges et étrangers de produits similaires. 

Son exposition possédait une belle collection de tuiles à emboîtement format Marseille, grand et petit 
modèle, ainsi que de tuiles dites anversoises, également à emboîtement avec encoches et crochets lesquels, 
sans clous ni ligature, assujettissant complètement les tuiles, suppriment toute cause de réparation et consti- 
tuent ainsi un système de couverture des plus perfectionnés, léger, de bel aspect, économique, aussi étanche 
que l'ardoise et le zinc, mais supérieure à ceux-ci sous le rapport de la transmission moins grande du froid 
et du chaud atmosphérique et des risques communicatifs bien moindres en cas d'incendie. Cette tuile, 
inventée par M. Francart, est brevetée en Belgique et à l'étranger et le modèle en a été déposé. Elle est 
de format excessivement heureux surtout pour les constructions en style flamand et possède une illustration 
gothique des plus gracieuses. Elle est aussi étanche, aussi résistante et de même poids que la tuile de 
Marseille, mais, se juxtaposant mieux, elle a l'avantage pour l'exportation de fournir un poids beaucoup plus 
grand par mètre cube d'arrimage que la tuile format Marseille; celle-ci donne 700 kilos et l'Anversoise 1000 kilos. 
Nul doute que le succès obtenu par cette maison à l'Exposition d'Anvers ne lui soit un stimulant 
pour l'engager à continuer ses efforts et qu'elle ne parvienne à donner à ses produits, dont la matière est 
bien supérieure à celle de la Provence et de la Bourgogne, la première contenant trop de carbonate de chaux 
et la seconde d'oxyde de fer, ce qui les rend impropres à supporter une haute température, à leur donner 
en un mot le cachet qui distingue la fabrication des tuiles de ces deux régions. C'est l'industrie Marseillaise 
qui a enlevé à celle de Boom la plupart des débouchés pour l'exportation. 



— 2?3 — 

Un autre fait, non moins incompréhensible que l'abstention de nos briquetiers, c'est l'absence complète, 
à l'Exposition, des pierres blanches de Gobertange, de St-Remy, de Jodoigne, etc. Nos propriétaires de carrières, 
devraient pourtant savoir qu'il n'a pas suffi des leçons de l'expérience pour guérir nos architectes et nos 
sculpteurs de leur engouement pour les pierres de France et d'Allemagne. Ces artistes ont des yeux pour 
ne point voir les tristes effets de notre climat sur l'église de Laeken, la colonne du Congres et le Palais de 
Justice de Bruxelles ; ils n'ont jamais voulu admirer le bel effet décoratif que produisent les magnifiques 
caisses dont on est obligé de recouvrir, pendant sept mois de l'année, les monuments Looz et Boduognat 
à Anvers. 

La France n'a pas jugé inutile de se rappeler au souvenir des constructeurs, et elle nous a donné 
une exposition de produits très variés. 

Nous remarquons notamment la maison Civet-Crouet-Gantier de Givet qui expose des échantillons de 




Exposition de bois de MM. Edmund & /. Cutmann, de Vienne (Autriche). 

bois du Larrys.de la roche de Blombanchien, de la roche d'Enville ; des pierres de Mery-sur-Dise, le banc 
royal de Vergelé, les bancs de Tercé et d'Echaillon ; le St-Vaast, la Savonnière et tant d'autres. 

Toutes ces pierres sont admirablement taillées et portent l'indication des renseignements pouvant 
intéresser le constructeur : poids, résistance à l'écrasement par centimètre carré, etc. Elles sont malheureu- 
sement gélives, et notre pierre dure de Gobertange, qui se marie si harmonieusement avec la pierre bleue 
et avec la brique, eût remporté là une victoire facile sur ses concurrentes étrangères. 

Le principe de l'abstention ne s'est pas étendu aux pierres bleues (granit) qui forment un de nos 
principaux matériaux de construction. Cette pierre n'est pas gélive et sa durée à l'air, comme sous l'eau, est 
indéfinie. C'est cette dernière propriété qui en fait un des matériaux les plus recherchés pour les travaux 
hydrauliques. 






- 2 3 4 - 

Les revêtements des nouveaux murs des quais d'Anvers sont en pierre bleue de la maison Wincqz, 
de Soîgnies. 

Les carrières les plus importantes de granit sont celles de Soignies, des Ecaussines et de Sprimont, 
qui ont fourni des pierres pour la construction des principaux monuments, tant anciens que modernes, de 
la Belgique, de la Hollande et du Nord de la France. 

La maison Wincqz a exposé un bloc énorme de granit et un beau banc de blue-black poli. 
Les produits exposés consistaient : 

i° En deux tranches sciées de o m 2o d'épaisseur, ayant 5 m 3o de longueur sur 3 m 35 de largeur. 
2" En un banc monolithe taillé mesurant io™25 de longueur, ayant une section de o m 5o sur 0.45 
mesurée par équarrissement ou ayant o m 35 sur o ra 38 comme section de résistance réelle à la rupture. 

Ces échantillons étaient destinés à montrer: i° les qualités et l'homogénéité du petit granit; 2 les effets 
que l'on peut obtenir par les différents genres de taille, la rectitude des ciselures et le fini du travail. 

Les dimensions des tranches, tout importantes qu'elles étaient, auraient pu être augmentées encore si les 
conditions imposées par le chemin] de fer, pour la mesure des largeurs des chargements, ne s'y fussent pas opposées. 
Les produits exposés n'étaient évidemment que des spécimens destinés à appeler l'attention du jury 
sur les établissements de la Société G. Wincqz et à donner une idée de ce qu'ils peuvent produire. Pour 
être pénétré de la puissance de leur organisation et des moyens mécaniques dont ils disposent, il faudrait 
pour cela visiter les établissements mêmes. 

L'immense bloc de petit granit exposé dans les jardins et qui a si vivement impressionné le public 

provenait des carrières de Thiarmont sises à Ecaussines et appartenant à MM. J. Velge et J. Cornet. 

Les visiteurs de l'Exposition ne pouvaient se faire à l'idée qu'un bloc de telles dimensions 

(14.60+1.40 + 0.64) et d'un poids de 35, 000 kilogrammes pût être extrait d'une profondeur de 40 mètres 

et amené jusque sur le champ de l'Exposition sans encombre. 

On ne se souvient pas qu'une pareille longueur ait jamais paru sur les chantiers de nos carrières : l'extrac- 
tion en a été faite par un pont pivotant (unique jusqu'ici) d'une longueur de 60 mètres qui embrasse dans 
sa circonférence plus d'un hectare (1 1,340™ 2 ) où 453, 600 1 " 3 de pierre; l'extraction annuelle est de i2,ooo m:i 
de ■ sorte qu'au moyen du second appareil installé depuis un an, MM. Velge et Cornet ont élevé leur 
extraction à 25,ooo m3 c'est-à-dire 68,750,000 kilogrammes. 

Plus de cinq cents ouvriers sont employés à l'extraction et à la taille de cette pierre qui fait le 
plus bel ornement des édifices de France, de Hollande et de Belgique. Seize armures la débitent en tranches 
de toutes épaisseurs. 

Les carrières de petit granit de MM. J. Velge et J. Cornet sont sans contredit les plus belles, 
les plus riches et les plus importantes du continent. 

A noter encore un escalier de la carrière Rombaut et un tombeau exposé par la maison Rivière frère 
et sœur de Maffles, Hainaut. 

Dans la classe des matériaux de construction, l'exposition la plus complète était, sans contredit, celle 
des marbres. C'est aussi dans cette classe que l'industrie nationale brillait au premier rang. 

Le centre de l'hémicycle était occupé par une colonne de Rouge fleuri, montée sur une base en 
granit de l'Ourthe poli. 

La Société de Merbes-le-Château a perfectionné le polissage des granits durs du Nord, qui se faisait 
autrefois à la main, et pour lequel elle emploie maintenant une machine de son invention : comme échan- 
tillons de ce travail elle exposait une collection de tranches des diverses variétés des granits de Suède, des 
Syénites noires et mouchetées, qu'elle travaille le plus souvent. Deux petits monuments funéraires en granit 
vert, ont attiré, avec ces tranches, l'attention de tous les constructeurs. 

Cette société exposait enfin un échantillon de maulure d'un large développement, fait mécaniquement 
dans la pierre blanche de France, au moyen d'une machine à moulurer, brevetée en faveur de la société. 
L'installation totale dont nous venons de donner la description représentait un poids d'un peu plus 
de 100,000 kilogrammes. 

Personne n'a été surpris de voir décerner le Diplôme d'Honneur à la Société anonyme de Merbes-le- 
Château pour ses blocs (Matériel et procédés du Génie Civil), indépendamment d'un second Diplôme d'Honneur 
qu'elle a reçu dans la section d'Exportation (classe 81). 

Citons encore les marbres rouges de la Société d'Yves-Gomezée, les marbres noirs de Biesmes et de 
Bougnies et les beaux marbres onyx d'Algérie, jaune et blanc, presque transparents. 



— 235 — 

Plus loin se dresse la colonne en porphyre de Quenast ; la Société de Quenast a fourni le gravier 
pour les allées du Parc. Puis viennent les porphyres gris de Bierges et l'obélisque en pavés des carrières 
de Tacquenier, qui s'élève devant le Sanitarium des Congolais. 

Arrêtons-nous un instant devant le pavillon de MM. F. Picha & frères de Gand. (Entreprise géné- 
rale des travaux en ciment et fer.) Cette maison a réalisé un grand progrès dans l'industrie du ciment, par 
la combinaison intime de ce produit avec un treillis en fer (système breveté). Les ciments employés sont 
les ciments Portland et Romain, fabriqués par la maison T. Picha et C ie , qui existe depuis plus de 3o ans. 

Ce nouveau produit offre comme principaux avantages: une élasticité durable, une grande légèreté 
et une résistance considérable. Le retrait du ciment est nul, car les intervalles entre les treillis de fer sont 
si restreints que l'action atmosphérique devient inoffensive ; l'homogénéité est complète et l'ensemble parfai- 
tement étanche. 

D'autre part, le fer étant soustrait à l'action de l'air, ne s'oxyde pas comme dans d'autres combinaisons. 

La conservation de ce produit est indéfinie et son application industrielle s'étend à des usages mul- 
tiples, tels que : construction de réservoirs, conduites d'eau, cuves, fosses, silos, lavoirs, égouts, ponts, 
passerelles, voûtes, toitures, etc. Il remplace avantageusement, pour une foule d'applications, le fer, la tôle, 
le zinc, la pierre ou la maçonnerie ordinaire. 

Malgré sa grande légèreté il résiste parfaitement aux gelées et aux intempéries. 

Ainsi dans l'élégant pavillon que la maison Picha a élevé dans le Parc, se trouve un réservoir en 
ciment et fer, d'une contenance de 6000 bidons, qui a été tenu rempli d'eau pendant toute la durée de l'Ex- 
position, et dont I'étanchéité a été parfaite. 

Une autre maison qui a attiré l'attention des visiteurs par le nombre et l'excellence de ses produits, 
est la Société L. Chainaye, Alph. Lhoest et C ie de Liège. 

Cette firme qui possède quatre grands sièges d'exploitation à Moha, Ampsin, Flémalle-Haute et Engihoul, 
expose des pierres calcaires pour sucreries, des castines pour hauts-fourneaux, des moellons, des pierres 
de taille et des chaux grasses et hydrauliques de toute première qualité. 

La production moyenne de chaux grasse est de 400,000 kilogrammes par jour. Cette chaux, par sa 
pureté, son grand foisonnement et sa richesse, forme un produit excellent pour les industriels, les cultiva- 
teurs et les entrepreneurs. 

La société L. Chainaye et C ie a fourni des pierres de taille de grand et de petit appareil aux _ travaux 
maritimes d'Anvers, Gand, Dunkerque, etc. 

Comme bois de construction nous signalerons l'exposition de M. J. Cornet, de Tongres, qui s'occupe 
spécialement du sciage des bois de peuplier du Canada et de Franc-Picard de provenance indigène. 

Sa scierie, dont l'outillage a subi les derniers perfectionnements, débite journellement vingt mètres 
cubes de bois, et ses produits sont expédiés sur tous les points du pays et de l'étranger. 

M. Cornet a obtenu la Médaille d'Argent à l'Exposition d'Anvers. 

11 nous reste à citer les pavillons de la maison Francart, briqueterie et tuilerie; de MM. Duthait 
frères, ciments, chaux, pierres, etc. ; des couvertures métalliques en étain, résistant aux plus fortes tempêtes; 
les produits des carrières de Trass, enrochements, etc. ; de la tuilerie mécanique de M. Lallemand, qui a 
couvert le pavillon du Cambodge; les produits céramiques de M. Mommaerts et de M. Lecat, de Baume- 
la- L ou vière ; la poterie artistique de Brée, Limbourg ; les pierres artificielles de MM. Lau et Drasbeke ; 
les meules de M. Mosqua ; l'énorme bloc de calamine exposé par la société de la Vieille-Montagne; des 
tombeaux, des pavés, des pierres, des ballasts, des graviers, des ciments, des chaux et quantité d'autres 
matériaux encore, dont la description allongerait outre mesure notre travail. 

Deux ponts métalliques reliaient le Parc, d'une part à l'Exposition Maritime, et d'autre part au 
pavillon de la Croix-Rouge et à l'enceinte du Ballon Captif. Nous aurons l'occasion de nous occuper de 
ces exhibitions spéciales dans la suite de cet ouvrage. 

Dans le groupe 3, classe 61, nous remarquons les installations céramiques perfectionnées de Boom, si 
renommées dans tous les pays. Parmi elles se remarque principalement le joli pavillon de la maison E. S. Van 
Reeth-Dewit exposant des spécimens multiples de tous ses produits. 

Cette maison a perfectionné sa fabrication par des appareils nouveaux de cylindres et de malaxeurs 
mis en mouvement par vapeur, et formant une pâte molle, purifiée de toute matière étrangère et propre à 
être employée dans les arts comme dans les industries. 

Nous y trouvons d'abord les tuiles, formes belge et hollandaise, les tuiles plates à coulisses forme 



1 



— 236 — 

française de couleur bleue, rouge et vernies, produits employés dans tout le pays et exportés vers les pays 
du Nord. — Les carreaux de pavement rouges et bleus de toute grandeur, de divers dessins et diverses 
nuances formant un pavement céramique très agréable à l'œil comme des hexagones, des octogones, des 
losanges, etc. 

Nous remarquons encore ses briques à bon marché, employées dans les travaux de l'Etat, les belles 
briques de façade rouges et bleues, rabatues par machines à vapeur, des briques creuses de un à neuf 
trous, des briques à moulures de formes variées et compliquées. 

Le tout forme une collection charmante de produits à bâtir par laquelle on juge cette maison à la 
hauteur du progrès et à même de fabriquer tous les produits servant à l'industrie du bâtiment. — Cette 
maison a obtenu à diverses expositions des diplômes et médailles, notamment à Bruxelles, Amsterdam, etc. et 
la médaille de bronze à celle d'Anvers i885. 










Hll B 
a neuf 

~ Cetie 




Egypte 

I. - L'EGYPTE CONTEMPORAINE 







rénovation, 
à peu près 



'est à Méhémet-Ali que l'Egypte doit s: 
Elle forme aujourd'hui une vice-royauté, 
indépendante, sous la suzeraineté de la Porte. 

Si l'Egypte était, comme on le dit parfois, une 
province de l'Empire ottoman, elle devrait être gouvernée 
d'après la constitution et l'organisation administrative de 
cet empire. Mais on sait comment s'est formé l'Empire 
turc; en conquérant des provinces, les successeurs d'Osman 
n'eurent jamais la pensée d'examiner si réunies elles for- 
meraient un État composé d'éléments homogènes. Leur 
unique but était d'ajouter des territoires à des territoires. 
Ils s'occupaient peu de l'administration des pays conquis : 
pour eux l'importance d'une province était calculée d'après 
le revenu qu'elle fournissait au trésor. Ils en donnaient 
le gouvernement aux pachas qui leur offraient les tributs 
les plus élevés, et cet état de choses comprimait tout 
élan progressif chez un peuple éminemment laborieux, 
intelligent et honnête. 

Telle était l'Egypte lorsque Méhémet-Ali devint vice- 
roi. Il fut le premier qui eut des idées gouvernementales 
et les appliqua. 

La déplorable situation faite à l'Egypte par la 
rébellion de quelques-unes de ses provinces et par l'occu- 
pation anglaise ne doit pas faire oublier la glorieuse 
histoire d'un peuple qui défit les Anglais à Hamad et 
menaça deux fois Constantinople. 

Méhémet-Ali arriva en Egypte en 1800. 

Après la retraite de l'armée française les Mameloucks 

essayèrent de ressaisir leur autorité. La Porte et l'Angleterre s'étant alliées pour s'opposer a ce dessein, envoyèrent 

une expédition en Egypte. Méhémet-Ali en fit partie en qualité de commandant du contingent roumehote. 

Débarqué à Aboukir, il se distingua dès le premier combat, et peu d'années après les chetks et les 

ulémas lui confièrent la lieutenance du royaume. 

En 1806, il fut nommé gouverneur de l'Egypte et confirmé dans cette dignité par un firman d'in- 
vestiture que la Porte lui accorda moyennant un présent de quatre mille bourses. 

L'Angleterre qui, déjà à cette époque, suivait avec attention les événements politiques de l'Egypte, 
profita de son état d'hostilité vis-à-vis de la France et de la Turquie pour s'emparer de Rosette et d'Alexandrie. 

3o 



I 



■ 



- 238 — 

_ Méhémet-Ali se porta à leur rencontre et les défit à Hamad : les Anglais se hâtèrent de signer la 
paix et de se rembarquer. B 

De 1811 à 1815, son fils Tasûn-Pacha soumit les Ouahites, et leur re 
s'étaient emparés. 

1819, les Égyptiens firent encore une rude et glorieuse campagne, qui se termina par la 



reprit toutes les villes dont ils 



prise de Derijieh 

f H f DC i 83 ° f l825 ' rÉOTte C ° nqUit k Smnmr et le Kordofan. C'est à cette époque que remonte la 
fondation de Khartoum, le creusement du canal Mahmoudieh, la création d'une marine ' 
organisées à l'européenne. L'Egypte put mettre en ligne 10 vaisseaux de haut 
de corvettes : 20,000 matelots composaient les équipages de la flotte. 

En l825 ' dans la Suerre de Morée, Méhémet-Ali secourut la Porte. L'entêtement de cette puissance 
tut cause de la destruction de sa propre flotte et de celle de l'Egypte à Navarin 

Pendant son règne le vice-roi s'occupa avec sollicitude de l'agncul'ture, du commerce et de l'industrie 
II encouragea la culture du coton, culture qui fit de grands progrès. En 1827, il introduisit le chanvre' 
en 1829, indigo, 1 opium et la canne à sucre. 

De ,83l à ,833, obligé de combattre la Porte parce qu'elle se refusait à lui donner les compensa- 
tions promises pour l'aide qu'il lui avait prêtée pendant la guerre de Morée, Méhémet-Ali envahit la 
Syrie, s empara d Akfca (27 m' 



d'une armée 
frégates et autant 



1832), de Damas (8 juillet) et 
d'Halet (21 décembre), détruisit 
la flotte turque a Kônyeh (Ico- 
nium) et menaça Constantinople 
même. Arrêté dans sa carrière 
victorieuse par l'intervention de 
la Russie et de la France, Mé- 
hémet-Ali signa, le 14 mai l833, 
le traité de Kutâyeh, qui lui 
garantissait le gouvernement de 
l'Egypte et de la Syrie et don- 
nait à son fils Ibrahim- Pacha 
le district d'Adouah avec auto- 
rité sur les villes de Médine et 
de La Mecque. 

La Turquie ayant réorga- 
nisé son armée se refusa à obser- 
ver le traité. La guerre recom- 
mença et, le 24 juin i83g, les 
Egyptiens et les Turcs se ren- 
sacré les dernières années de son 
l'agriculture et du 




5. A. Theivfik-Pacha, Khédive d'Egypte 



contrèrent à Nisibi; ces derniers 
complètement battus laissèrent 
sur le terrain cinq mille morts, 
5o canons et un immense ma- 
tériel. 

Constantinople paraissait de 
nouveau à la merci de l'Egypte; 
mais l'intervention des puissan- 
ces européennes sauva la Porte. 
L'Angleterre souleva la Syrie ; le 
Vice-Roi fut contraint de traiter 
avec l'amiral Napier et dut con- 
sentir à évacuer cette province. 

A la suite de ces événe- 
ments, le sultan Abdul-Médjid, 
par le hatt-chérif du 1" juin 
1841, conféra définitivement la 
vice-royauté de l'Egypte à 
Méhemet-Ali et à sa famille. 

Méhémet - Ali mourut le 
2 août 1849, après avoir con- 



règne à l'organisation et à l'administration du pays, au développement de 
commerce. A sa mort, l'armée égyptienne comptait 160.000 hommes de bonnes troupes. 

Ibrahim-Pacha, son fils adoptif, qui avait déjà pris les rênes du gouvernement en janvier 1848 pendant 
la maladie de Méhémet-Ali, mourut en novembre de la même année. 

Il eut pour successeur Abbâs-Pacha, fils de Tasûn-Pacha et petit-fils de Méhémet-Ali. Abbâs-Pacha 
mourut de mort violente en 1854. 

Saïd-Pacha, qui lui succéda, était le troisième fils de Méhémet-Ali. Grâce à son jugement éclairé et 
a son goût pour la civilisation européenne, l'Egypte fit de considérables progrès sous son règne. Il établit 
une plus juste répartition des impôts, abolit les privilèges, améliora les canaux et fit terminer les chemins 
de fer d Alexandrie au Caire et du Caire à Suez, commencés en 1830 sous le règne de son prédécesseur. 
Il prêta son appui à l'œuvre grandiose de M. de Lesseps, qu'il avait connu dans sa jeunesse, et rendit 
d importants services à la cause de la science en fondant le Musée de Boulaq et en faisant pratiquer 
des fouilles à Héliopolis, à Sakka, à Memphis, à Abydos, à Thèbes, etc., etc. 

Pendant la guerre de Crimée il envoya à la Porte une armée de secours de 3o,ooo hommes (alors 
que le contingent de guerre de l'Egypte n'est que de 18,000 hommes) et une somme d'argent considérable. 









— 239 - 

Saïd-Pacha mourut le 18 janvier 1863. 

Son neveu, Ismaïl-Pacha, second fils d'Ibrahim-Pacha, né le 3i décembre i83o, lui succéda Sous 
son règne l'Egypte fit incontestablement de grands progrès : de nouvelles lignes de chemins de fer de nouveaux 
canaux furent créés, des usines établies, des écoles de tous genres ouvertes ; le système des postes et des 
télégraphes fut réorganisé, et l'administration de la justice subit une réforme radicale. 

Le 26 mai 1866 (13 moharren ia83) Ismaïl-Pacha reçut la sanction de la Porte à un nouvel ordre 
de succession basé sur la loi de primogéniture ; et en 1867 il fut élevé au rang de khédive ou vice-roi 

Le 20 septembre 1872 le khédive obtint un nouveau firman assurant et étendant ses privilèges • 
succession héréditaire par ordre de primogéniture, indépendance de l'administration et de la justice droit de 
conclure des traités avec les pays étrangers, droit de battre monnaie et de contracter des emprunts autori- 
sation d'augmenter à volonté ses forces de terre et de mer. Le tribut annuel payable à la Porte' fut en 
même temps fixé à 133,635 bourses (environ 17 millions de francs). 

Ismaïl-Pacha encouragea généreusement les sciences et les arts ; il construisit, au Caire un théâtre 
magnifique sur la scène duquel fut représenté, pour la première fois, le célèbre opéra de Verdi Aida 

C'est sous son règne que furent terminés les travaux du canal de Suez et l'on n'a pas oublié les 
fêtes splendides qu'il donna à l'occasion de l'inauguration de ce canal, fêtes dont l'éclat fut rehaussé par 
la présence de l'Impératrice des 
Français. 

Ismaïl-Pacha ayant abdiqué, 
son fils Theivfik-Pacha, le khé- 
dive actuel, lui succéda. 

Aperçu géographique. — 
L'Egypte est, de fait, aussi 
vaste que les deux tiers de la 
Russie d'Europe, mais' la partie 
productive du pays n'a guère 
une étendue plus grande que 
la Belgique. 

L'Egypte proprement dite 
commence à Assouân (l ra cata- 
racte) par 240 5' 23" de latitude 
nord. D'Assouàn au Caire, le 
pays offre l'aspect d'une longue 
vallée sinueuse et étroite, où le 
Nil roule paisiblement ses eaux 
entre la chaîne Arabique à l'est 
et la chaîne Libyque à l'ouest. 

même du pays, mais le désert peut être considéré comme son principal régulateur. L'air du désert 
les qualités les plus vivifiantes; selon l'expression de M. Bayard Taylor, il constitue un véritable 
« ehxir de vie ,» (elixir of life). A cette délicieuse pureté de l'air vient s'ajouter, par une heureuse et 
merveilleuse coïncidence, l'excellente qualité de l'eau du Nil. 

La pluie est peu fréquente au Caire et dans le Delta- dans la Haute-Egypte on rencontre assez 
souvent des personnes d'un certain âge pour lesquelles ce phénomène est chose inconnue. 

Les vents du nord dominent de la mi-juin à la mi-février, et les vents de S.-E. et de S.-O. 
pendant le reste de l'année. Parfois, durant cette dernière période, soufflent des vents nommés «'Khamsin -, 
dont le souffle brûlant constitue l'unique désagrément du climat de l'Egypte. 

Température. — L'Egypte n'a que deux saisons : une période de chaleur qui dure huit mois 
d avril a novembre, et une période tempérée de quatre mois, de décembre à mars. 

Il resuite d'observations faites pendant 10 années que la température moyenne dans le Delta et au 
Caire est de 12» 78 centigrade, pendant l'hiver, de 26» 67, au printemps, et de 3.» 67 pendant l'été. Le maximum 
de chaleur est d environ 40» dans le Delta et 45" dans la Haute- Egypte. En décembre, janvier et février la 
température s'aba.sse parfois jusqu'à + 2» C. dans le Delta, et jusqu'à + 7° C. dans la Haute-Egypte. Le 
ib février 1874, pendant l'expédition de Rohlf dans le désert de Libye, le thermomètre descendit à - 5° . 




Le Baron H. de Royer de Dow; 
Commissaire général de l'Egypte 



Un peu au delà du Caire, au 
point appelé le Barrage, le fleuve 
se divise en deux branches : les 
montagnes disparaissent peu à 
peu, puis s'effacent complète- 
ment, et une vaste plaine sillon- 
née par des milliers de canaux 
se déroule comme un immense 
tapis de verdure au milieu des 
sables qui l'enserrent jusqu'à la 
Méditerranée. A cause de sa 
configuration, cette partie de 
l'Egypte a reçu le nom de Delta. 
L'Egypte proprement dite a. 
été divisée en Haute-Egypte, 
Moyenne-Egypte et Basse- 
Egypte 

Climat. — Le climat de 

l'Egypte subit jusqu'à un certain 

point l'influence de la grande 

artère dont dépend l'existence 

igulateur. L'air du désert possède 






— 240 — 

Population. — L'Egypte proprement dite, c'est-à-dire de Wady-Halfah (2-" cataracte) à la Méditer- 
ranée, compte 6,8o6,33i habitants, dont 6,708,185 habitants sédentaires et oS.igô nomades. La densité de 
cette population est considérable. La Belgique est le seul pays de l'Europe qui ait une population plus 
dense que celle de l'Egypte. Tandis que, dans la première de ces contrées, l'on compte 187 habitants par 
kilomètre carré, la seconde en accuse 201 ! 

La population totale de l'empire, en comprenant le Dâr-Fûr, est évaluée à 17 millions d'habitants. 

Les Coptes, les Arabes, les Turcs, les Juifs constituent les divers éléments de la population de 
l'Egypte proprement dite. 

Les Coptes sont considérés comme étant les véritables descendants des anciens Égyptiens. On estime 
leur nombre à 3oo,ooo, c'est-à-dire au dizième de la population indigène de la vallée du Nil. Leur religion 
est un mélange d'islamisme et de catholicisme. Dans les villes, leurs aptitudes les portent aux travaux les 
plus délicats : ils sont orfèvres, horlogers, joailliers, brodeurs, etc., d'autres remplissent des fonctions civiles. 

Les Arabes se subdivisent en Arabes sédentaires ou fellahs et en Arabes nomades ou bédouins. 

Le fellah est l'habitant des campagnes : c'est l'agriculteur par excellence, travailleur, doux, serviable, 
naturellement policé. Il nourrit l'Egypte et est, en réalité, l'auteur de sa richesse commerciale. 

Le fellah est sobre et hospitalier, loyal et franc; il ignore les vices des nations civilisées. 

Les Arabes sédentaires séjournent dans les villes : ils s'occupent de commerce de tous genres. Ils sont 
d'une origine moins pure que celle des fellahs : dans les classes inférieures leur union avec la race nègre 
a déformé leurs traits et modifié leur teint; dans les classes élevées, au contraire, il n'est pas rare de 
rencontrer des Arabes, qui, par suite de leur descendance de mères turques ou géorgiennes, offrent de grandes 
analogies avec les plus beaux types européens. 

Les Arabes bédouins diffèrent étrangement de la population sédentaire de l'Egypte. Ils habitent le 
désert et viennent rarement dans les villes. Le voyageur qui les rencontre accidentellement dans les 
bazars est frappé de l'aspect de leur physionomie, qui respire une fierté sauvage et personnifie le 

type arabe. 

Le bédouin élève de nombreux troupeaux ; il aime la chasse et est naturellement belliqueux. 

Les Turcs se reconnaissent à leurs formes plus molles, à leur teint moins basané, à leur démarche 

grave et pesante. 

Sous la domination des Sultans, depuis Sélim I" jusqu'à Méhémet-Ali, le nombre des Turcs occupant 

l'Egypte ne dépassait pas dix mille. 

La population turque actuelle de l'Egypte est honnête et se livre paisiblement au commerce ; alors 
même qu'ils remplissent des fonctions publiques, les Turcs ne jouissent d'aucun privilège. 

Les Juifs en Egypte, comme partout ailleurs, s'occupent de commerce et y réussissent. Ils disputent 
aux Coptes les emplois dans les douanes et dans les intendances. 

La plupart d'entre eux sont originaires de la Palestine, mais dans ces dernières années il en est 
arrivé un grand nombre de la Valachie. 

Le nombre des Européens résidant actuellement en Egypte s'élève à environ 100,000. Les Grecs, les 
Italiens et les Français forment la plus grande partie de la colonie européenne. 

LE Nil -"Le Nil est le seul fleuve qui baigne l'Egypte. Ses sources, jusque-là inconnues, ont 
été découvertes de nos jours. Sorti du Lac Ouhéréoué (Victoria Nyanza) dans les régions équatonales, il 
descend d'abord de terrasse en terrasse par une série de cascades, tantôt au milieu des savanes, tantôt 
au milieu de bois de tamariniers et de sycomores ou de marécages hérissés de bambous. Il arrose Faouer, 
Gondokors, le pays des Chillouks et des Baqqaras et arrive à Khartoum sous le nom de Nil Blanc. 

Après son confluent avec le Nil Bleu, grossi de plusieurs rivières qu'il apporte du Sud, le fleuve 
coule profondément encaissé entre de hautes falaises et des rochers à pic. Il franchit plusieurs rapides, 
traverse la Nubie, et à Assouân fait son entrée en . Egypte entre deux montagnes de basalte que ses 
eaux ont tranchées ; là la vallée s'élargit, surtout sur la rive gauche beaucoup moins escarpée que la droite. 
Il arrose Edfou, Esneh, Thèbes, Qéneh, Glrgeh, Syout, Monfalout, Minieh, Bem-Souef et Le Caire. 

Le fleuve qui a 1,200 mètres de largeur à Assouân, ne recevant aucun affluent en Egypte et faisant 

des pertes continuelles par l'alimentation des canaux et l'évaporation de ses eaux, n'en a plus que 600 au 

Caire. Divisé en deux branches il traverse le Delta et se jette dans la Méditerranée à Rosette et ^Dannetle. 

Inondation - Les pluies, très fréquentes d'avril en octobre dans la région des grands lacs et en 

Abyssinie, gonflent le fleuve, qui inonde annuellement l'Egypte. C'est à cette inondation que le pays tout 




Un Ba\ar au Caire 



— 2 4 2 — 

entier doit sa fertilité ; le sol est uniquement composé du limon que le Nil charrie et, partout où l'eau 
n'arrive pas, il n'y a que le désert. 

C'est vers le mois de juin que commence la crue du Nil, et déjà au temps d'Hérodote elle avait 
lieu régulièrement au solstice d'été. 

La hauteur de l'inondation la plus favorable à l'agriculture est d'environ 23 coudées (6 à 7 mètres); 
une coudée de plus peut occasionner de terribles dévastations dans le Delta et recouvrir les champs réser- 
vés à la culture d'automne (Nabâri) ; deux coudées de moins, c'est la famine dans la Haute-Egypte. 

Les crues du Nil ont été appréciées de la manière suivante par Lepère, cité par M. Paulin Talabot 
dans son étude du canal des deux mers : 



Au-dessous de 5 m 5o : 
De 5 m 5o à 6 mètres : 
De 6 mètres à 7 mètres : 
De 7 mètres à 7 m 5o : 
Au-dessus de 7 m 5o jusqu'à i 
Au-dessus de 8 mètres : 



Famine. 

Crue insuffisante, disette. 
Récolte favorable, abondance. 
Crue forte devenant de plus en plus nuisible, 
es : Crue excessivement nuisible, famine certaine. 
Danger de peste, de typhus ou d'épizootie. 

Ces hauteurs sont calculées au nilomètre de Rhoda (Caire). 

On comprend dès lors avec quelle sollicitude sont étudiées toutes les questions relatives à la régula- 
risation de l'inondation. Le Barrage entrepris à grands frais sous Méhémet-Ali devait atteindre ce but ; 
malheureusement ce gigantesque travail a été négligé, puis enfin abandonné. 

Dans une note adressée à la Société des Études du Nil, M. de la Motte propose d'obvier à la 
pénurie ou à l'excès des crues par l'établissement d'une série de réservoirs. A l'annonce d'une crue exces- 
sive, on pourrait ainsi faire une retenue de 7 milliards de mètres cubes d'eau, et prélever près du tiers du 
plus grand débit du Nil, soit 4,000 mètres cubes par seconde, pendant une vingtaine de jours. Lorsque 
la crue s'annoncerait, au contraire, comme insuffisante, on commencerait les retenues dès le mois de juillet 
de manière à amener les eaux au réservoir principal à son plein au moment du maximum de la crue. On 
pourra ainsi déverser alors de 4,5oo à 5ooo mètres cubes par seconde, pendant plusieurs jours, et gonfler 
artificiellement la crue de façon à lui faire atteindre le niveau exigé par les cultures. 

Un autre but poursuivi par la Société des Études du Nil est de rendre à la culture les plaines 
autrefois fertiles de Semneh. A cet endroit, le fleuve est barré par un seuil naturel n'ayant que 5oo mètres 
de largeur ; ce seuil a été détruit, soit par les eaux, soit par la main de l'homme, et il suffirait de le 
rétablir à sa hauteur ancienne pour élever les eaux et irriguer les plaines autrefois cultivées. 

Le principe de la fécondité du Nil est dû au limon qu'il charrie ; ce limon est .très compacte et 
de couleur brune. Sur 100 parties, il en contient 48 d'alumine, 18 de carbonate de chaux, 9 de carbone, 
4 de carbonate de magnésie, 6 d'oxyde de fer, 4 de silice, 11 d'eau pure. Le sol, qui vient d'être arrosé, 
est couvert d'une couche de terre noire à laquelle chaque inondation superpose nécessairement une couche 
nouvelle. Il résulte de ce phénomène que le lit du fleuve s'exhausse d'une quantité, à très peu près égale 
à celle de la vallée. Les ingénieurs français de l'expédition d'Egypte ont évalué en moyenne à o m i26 l'exhaus- 
sement produit par les dépôts du limon. Par suite de cette élévation du sol, la base de beaucoup de monu- 
ments de la Haute-Egypte se trouve aujourd'hui à plusieurs mètres au-dessous du niveau du Nil. 

Aujourd'hui, comme au temps de la conquête d'Amrou, la grande crue, qui a lieu vers le 20 juin, 
donne lieu aux réjouissances et aux démonstrations publiques les plus brillantes. 

Jadis l'eau du Nil passait pour délicieuse ; on la transportait dans les contrées les plus éloignées 
et spécialement chez les princesses du sang des Ptolémées mariées dans des familles étrangères ; le sultan, 
à Constantinople, n'en supportait pas d'autre. Son principal mérite est l'extrême légèreté ; on peut en 
boire de très grandes quantités sans fatigue, ce qui est fort précieux dans les grandes chaleurs. 

Agriculture. — Napoléon I" écrivait à son frère Joseph, membre du conseil des Cinq-Cents, que 
« l'Egypte est le pays le plus riche en blé, riz, légumes, viande, qui existe sur la terre. » La fécondité de 
cette merveilleuse contrée est extraordinaire : à certains endroits on fait jusqu'à trois récoltes par année. 

L'homogénéité du sol de la vallée du Nil nécessite moins de travail que nos terres; cependant son 
irrigation exige des soins incessants, d'où dépend presque entièrement le succès de la culture. 

Quoique l'Egypte élève un nombreux bétail, l'engrais animal est peu employé; on se sert beaucoup 
d'engrais artificiels et d'une sorte de terre que l'on recueille dans les ruines des villes disparues ; cette 



- 2 4 3 - 

fumure contient jusqu'à 12 pour cent de salpêtre, de soude, d'ammoniaque et autres sels : elle possède 
des propriétés extrêmement fertilisantes, mais doit être employée avec beaucoup de précaution. 

Ce qui fait en grande partie la richesse de l'Egypte, c'est le bon marché de la main-d'œuvre. Le 
paysan égyptien exécute pour une ou deux piastres, c'est-à-dire pour 2 5 ou 5o centimes, un travail dont 
nos ouvriers agricoles ne voudraient pas se charger pour 3 ou 4 francs. Il serait donc ridicule d'amener 
en Egypte des cultivateurs ; mais si des agriculteurs belges allaient s'établir dans la vallée du Nil, où ils 
seraient certains de faire une fortune honnête et solide, ils pourraient augmenter rapidement et dans des 
proposons considérables la production du pays. Le fellah ne possède aucun instrument aratoire ; la plu- 
part du temps c'est avec les mains qu'il creuse les canaux d'irrigation ; sa charrue est des plus primitives 
son seul outil est une sorte de bêche que l'on voit figurer déjà dans les hiéroglyphes. Mais lorsqu'on lui 
met entre les mains des instruments plus perfectionnés, il apprend vite à s'en servir. On a introduit des 
faux à Taouïleh ; au bout de quelques semaines, les paysans fauchaient admirablement. Les machines agricoles 
elles-mêmes n'effraient pas le fellah. Combien son travail deviendrait productif, si on lui en fournissait! 
Il existe déjà plusieurs exploitations agricoles fondées par des Européens : l'une d'elles dirigée par 
un Suisse très habile et très intelligent, est située dans les environs de Zagazig. Quoique cette' exploitation 
soit toute récente, elle rapporte déjà environ i5 à 20 pour cent, revenu certainement fort respectable ' 

Productions du sol. - Citons, énumérés dans l'ordre de leur importance, les principaux produits 
de l'agriculture en Egypte : 

a. Céréales. — Le blé, le riz, le sorghum, l'orge, le maïs, dont une espèce, le maïs blanc est 
employée par les distillateurs belges. 

b. Matières textiles. - Le coton, dont la culture a pris une grande extension depuis iS63 ; le coton-soie 
le lin, le chanvre, la ramie, dont l'introduction, en 1870, est due à S. Exe. Nubar-Pacha. 

c. La canne à sucre, cultivée dans le nord de la Haute-Egypte et dont une esoèce fut importée de 
1 Inde à l'époque des khalifes. 

d. Le tabac. 

e. Teintures. — L'indigo, le safran. 

/. Epices. — Le poivre, la coriandre, la moutarde. 

g. Plantes oléagineuses. - Le khirwa (castor oïl plant), la laitue dont la culture est très étendue 
le safran. 

h. La vigne, qui produisait autrefois des vins excellents : on emploie aujourd'hui le raisin pour la fabri- 
cation de liqueurs et d'alcools. 

i. Les fèves, cultivées dans toute l'Egypte, les lentilles, les lupins, les pois. 

j. Légumes. - L'ognon, le chou, le navet, la tomate, le concombre; la plupart des légumes de nos 
régions se cultivent avantageusement en Egypte (1). 

Commerce. - En dépit des guerres, des insurrections et des épidémies, l'Egypte accomplit 
résolument sa marche dans la voie du progrès. Son commerce si florissant acquiert chaque jour plus 
d importance. Le mouvement commercial (importation et exportation) a été pour les six premiers mois 
seulement de lannée 1881 de 1,009,697,708 piastres tarif. 

Le commerce d'exportation des céréales entre pour un chiffre considérable dans cette somme 
Pendant le 1» trimestre de 188, la valeur des blés, farines, fèves, orges, maïs, pois, lentilles, riz, lupins 
et sons exportes s est élevée à 44,912,149 piastres tarif. Le blé saïdi seul figure dans le tableau d'exportation 
pour une valeur de 18,573,226 piastres et les fèves saïdi pour i6,58o,3. 7 piastres. 

Le coton fait en Egypte l'objet d'un grand commerce d'exportation, qui s'est élevé à 3i5,o63,22i piastres 
pendant le premier trimestre de 1881 et à 4 3o, 7 o3,86i piastres pour le premier semestre de la même année 

Dans le même temps l'exportation des graines de coton accuse un chiffre de 79 ,386,l65 piastres 

La culture si ancienne du lin donne un produit d'exportation qui s'est élevé pour le !" trimestre 
de 1S81 à 1,073,226 piastres. 

L'Egypte produit beaucoup plus qu'elle ne consomme et le chiffre de marchandises importées 
annuellement atteint à peine le ,/3 de la valeur des marchandises exportées. 

Le revenu de l'Egypte peut être évalué à 8,800,000 livres turques. 



<" D " «"•» <" P«>'°'« •>'* Ht Gemment découverte, ,„r le, bord, de I, mer Rouge. Elle, sont , 
11. Debaje, ,,a, le gouvernement egvptten : ou compte employer ce pétrole à la fabrication de gaz d'éclairage. 



11 d'un ingéuicur belge. 



— 244 — 
Industrie. - La grande industrie possède déjà en Egypte de nombreux établissements, et il n'est 
pas douteux que, sous la sage administration du khédive actuel, leur nombre ne s'accroisse d'année en année. 
Les usines à sucre créées par Ismaïl-Pacha ont une importance considérable et donnent des produits 

remarquables. , . ,,,,,• 

Les Moulins français du Caire produisent des farines et des sons de qualité exceptionnelle, la fabrique 
des frères Lv.si des' huiles d'olives fort appréciées et MM. Behrend et Wilson possèdent de vastes établisse- 
ments pour la décortication du riz. 

M. Dadiotis fabrique d'excellentes liqueurs de tous genres; et, dans sa ferme de Tavuileh, Nourrisson- 
Bey se livre à d'intéressants essais pour la production d'eaux-de-vie supérieures, dites fine-champagne. 

' Enfin, il existe au Caire d'importants établissements d'industries d'art, des fabriques de meubles, de 
bronzes, de lampes, d'objets en cuivre ciselé, etc. 

L'établissement de M. Parvis, si habilement dirigé par son fondateur secondé par son fils, artiste 
de talent produit des meubles de styles arabe et égyptien, conçus heureusement et exécutés avec le plus 
grand soin. D'origine italienne, M. J. Parvis arriva au Caire en .85 9 . H débuta par de modestes 
entreprises mais ne tarda pas à se distinguer, dans ses travaux, avec tant d'éclat ou' Ismaïl-Pacha lui 
confia en .867, le soin de représenter l'industrie de l'ameublement égyptien à l'Exposition universelle 
de Paris A cet effet il obtint des permis spéciaux et put pénétrer dans toutes les mosquées, où il 
recueillit des documents précieux pour son industrie. Il en profita avec succès ; car depuis cette époque, 
il obtint des récompenses partout où il exposa, un diplôme à l'Exposition de Philadelphie, une médaille 
de progrès à Vienne en i8 7 3, deux médailles d'argent à Paris en 1878, pour les meubles et pour les 
bronzes une médaille d'or à Nice en .884, etc. Enfin les beaux meubles qu'il envoya à l'Exposition de 
Turin sa ville natale, et qui lui valurent une médaille, montrèrent à ses compatriotes que les Italiens 
savent' se distinguer à l'étranger. L'établissement de M. Parvis est muni d'un bon outillage pour travailler 
le bois avec célérité. Le nombre de ses ouvriers s'est élevé jusqu'à 60. Il n'aurait besoin que d une 
bonne force motrice pour étendre son industrie, si intéressante pour le pays et pour laquelle .1 a déjà 
formé de nombreux ouvriers indigènes. 

lNSTRUCTtON PUBLIQUE. - En 1878, le nombre des écoles primaires de degré inférieur était pour toute 
l'Egypte de 53 7 o, c'est-à-dire une école pour 1028 habitants. Le nombre des élèves était de l3 7 ,553, so.t 
en moyenne 25 par école, ou 1 sur 40 habitants. 

La ville du Caire possède, outre les petites écoles appelées kouttab, dix écoles dites municipales, 
qui relèvent directement du ministère de l'instruction publique ; d'autres sont entretenues par le ministère 
des Ouaqfs ou aux frais des particuliers. _ . 

VÉco'e normale, destinée à former des professeurs et des adjoints pour les classes primaires, a ete créée 
en 1872 et comptait, à la fin de .880, 35 élèves. Depuis 1881 l'école normale a été réorganisée et partagée 
en deux' sections ; la première comprend le dar-el-oloum, c'est-à-dire l'école normale md.gène ; la seconde 
s'occupe des études en langue française. 

L'École polytechnique a 60 élèves, Yécole d'arpentage, placée sous la même direction, en a 27. 
h' École de droit, fondée en 18Û7; 

L'École des langues ; ,„.,,,■ 

L'École de médecine compte aujourd'hui .5o élèves; à cette école se rattachent 1 école de pharmacie 

et Xécole de la maternité. 

L'Éco'e des arts et métiers, fondée en 1867. 

L'École des aveugles et sourds-muets, institution particulièrement intéressante, fondée en 1873, par un 
homme animé des plus nobles sentiments, Osny-Bey. 

Depuis le règne de Méhémet-Ali, le gouvernement égyptien envoie chaque année en Europe des 
ieunes ^ens pour y compléter leurs études. . 

' Bibliothèque - La Bibliothèque nationale; fondée par- Aïi-Pacha-Moubaret, est installée au Ministère 
de l'Instruction publique, au Caire. Elle renferme environ trente-cinq mille volumes parmi lesquels sont 
des manuscrits orientaux d'une valeur inappréciable. Les plus curieux sont les masahif ou exemplaires du 
Coran, qui proviennent des diverses mosquées du Caire; ces précieux manuscrits sont tout ce que lait 
arabe a produit de beau comme dessin et comme écriture. ... , ■■ 

Outre les masahif, la Bibliothèque possède un grand nombre d'exemplaires des noudyeh ou hadis 
traditions du Prophète; des ouvrages de jurisprudence musulmane; des précis de Moutenneb, (553 de 












- M5 









l'hégire-ii58) avec commentaires par Ebn-el-Genen, et une quantité de manuscrits très anciens, écrits par 
les calligraphes les plus distingués de tous les États de l'Islam, entre autres un petit ouvrage unique dans 
son genre , intitulé Sdnat-el-Kétâbah (l'art d'écrire) , composé et écrit par Abd-el-Rahman'-el-Saghir , et 
un magnifique manuscrit ayant appartenu au Shah de Perse , chargé d'ornements à l'aquarelle et écrit 
par Firdoûsi. 







Musée de Boulaq. — Le Musée d'antiquités égyptiennes de Boulaq a été fondé par Mariette Pacha 
pour conserver les précieuses collections provenant des fouilles exécutées dans toute l'Egypte, et pour 
servir à l'étude pratique de l'égyptologie. Mariette-Pacha est mort, brisé par ses travaux, en l'année 1880, 
et M. Maspéro, un des maîtres de cette science, a été appelé pour continuer sa lourde tâche. Des fouilles 
entreprises par M. Maspéro dans la tiécropole de Memphis et à Thèbes ont été couronnées d'un succès 

3t 






- 2 4 6 - 

éclatant : la découverte de Deïr-el-Bahari surtout est venue enrichir l'histoire de documents précieux 
et fixer les incertitudes de quelques points douteux fi). 

D'après l'inventaire général, les monuments conservés au musée de Boulaq sont divisés en quatre séries : 
les monuments religieux, les monuments funéraires, les monuments civils et les monuments historiques. 

Les premiers comprennent les statuettes divines de toutes matières, qui paraissent avoir servi d'amu- 
lettes, les barques sacrées qu'on promenait à certains anniversaires, les naos ou châsses qui contenaient tantôt 
un animal sacré, tantôt un emblème devant lequel on récitait des prières, les tables d'offrandes, les stèles, 
les statues. 

Les monuments funéraires attestent par leur somptuosité le respect que les Égyptiens professaient 
pour leurs morts ; c'est là que se trouvaient les stèles funéraires, les tables d'offrandes, les statues de parti- 
culiers, au milieu des bas-reliefs et des inscriptions dont les murs étaient ornés. Dans la chambre 
mortuaire correspondant par un puits vertical à la chapelle intérieure où se réunissaient les parents, repo- 
sait la momie auprès de laquelle se trouvaient les rituels, les scarabées, les figurines, les amulettes, les 
vases, les armes et les meubles. 

Monuments civils. Les recherches faites dans les buttes qui marquent le site des villes antiques n'ont 
presque rien produit. Si néanmoins quelques vitrines du musée de Boulaq offrent à la curiosité du 
visiteur un certain nombre d'objets qui témoignent de la civilisation sous les anciens Égyptiens, ces objets 
proviennent des tombes. Telle est la belle collection des statues de l'Ancien Empire ; tels sont les vases, 
les armes, les meubles, les outils et tous les objets de la vie privée, qu'on recueille surtout dans les 
tombes contemporaines des Entefs (11 e dynastie) et des Ptolémées. 

Monuments historiques. Aucun peuple n'a eu plus de souci de la postérité, aucun peuple n'a 
plus travaillé pour transmettre à l'avenir d'ineffaçables traces de son passé, que le peuple égyptien. Les 
obélisques, les colosses, les stèles monumentales, des parois entières de certains temples sont des monu- 
ments historiques. Les plus nombreux, sinon les plus précieux pour la science, sont les statues de rois 
trouvés dans les temples. Le musée de Boulaq rivalise avec tous les autres musées d'Europe pour les 
monuments royaux de grandes dimensions. Il possède, en effet, ces stèles de reines et ces beaux sarcophages 
de granit des princes de l'Ancien Empire ; il peut surtout montrer, comme un admirable spécimen de l'art 
à ces époques si prodigieusement reculées, la statue de Khéphren (Khafra, fondateur de la seconde pyramide 
de Giseh), chef-d'œuvre qu'aucun autre temps n'a surpassé et qui compte près de six mille ans d'existence. 

Parmi les autres monuments nous citerons : la statue en albâtre de la reine Améniritis, la statue 
de la déesse Thouéiïs, le groupe de la déesse Hathor, deux magnifiques statues trouvées à Meïdoun, 
deux statues colossales de Ramsès II, et une collection de bijoux trouvés avec la momie de la reine 
Aah-Hotep : des bracelets d'or et de perles, un diadème, des colliers, des anneaux, des chaînes d'or, des 
poignards, des hachettes, une petite barque en or avec son équipage, etc. 

Canal de Suez. — Nous ne pouvons mieux terminer l'exposé de la situation actuelle de l'Egypte 
qu'en mentionnant l'utile et grandiose travail dû à l'énergie de M. de Lesseps et à la généreuse et puis- 
sante coopération du gouvernement égyptien. 

Ce fut en 1854 que M. de Lesseps soumit au khédive Saïd-Pacha les plans d'un canal destiné à 
mettre en communication la Méditerranée et la mer Rouge. Ce canal a son point de départ à l'extré- 
mité nord du golfe de Suez, il traverse les vieux lacs Amers et le lac Timsâh, près duquel s'est fondée une 
ville importante, Ismai'Iia. De là il se dirige directement sur Port-Saïd où il vient communiquer avec la 
Méditerranée. 

Les travaux de cette gigantesque entreprise commencèrent le 25 avril i858 et le 18 mars 186g les 
eaux de la Méditerranée coulaient dans les bassins autrefois secs des lacs Amers. 

25,000 fellahs et un grand nombre d'ouvriers européens furent employés à ce travail, qui nécessita, 
en outre, l'emploi de machines d'une puissance globale de 22,000 chevaux. 

Les frais de l'entreprise se montèrent a environ 5oo millions, dont 200 furent généreusement consa- 
crés par le Khédive à une oeuvre qui devait immortaliser sa mémoire et donner un éclat considérable à 
son règne ! 






(1) M. Maspéro aytin 



s fonctions. M, Grébaut, directeur de l'École française d'archéologie, a 



é tout récemment (5 juin iSJ5) directeur du 11 






II. 



L'EXPOSITION DE L'EGYPTE 



Organisée un peu tardivement et sur les vives instances de M. Garnier-Heldewier, ministre résident, 
chargé de l'agence et du consulat général de Belgique en Egypte, l'Exposition du gouvernement de S. A. le 
khédive n'en a pas moins été, par son importance et son intérêt tout particulier, l'une des attractions de 
notre magnifique Exposition. S. Ex. Nubar-Pacha, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, 







avait confié à l'intelligent directeur du laboratoire khédivial, Ismalun-Bey, la tâche de recueillir les adhé- 
sions des exposants et de former les collections des produits destinés à figurer à l'Exposition. 

Le gouvernement de S. A. le khédive désigna pour le représenter à l'Exposition Universelle d'Anvers 

trois délégués : MM. le baron Hippolytê de Royer de Dour, Louis Evenepoel et Alfred Orban, Il confia 



— 248 — 

au premier les fonctions de commissaire général. Secondé par ses honorables collègues, M. le baron H. de 
Royer de Dour sut remplir sa difficile mission de la façon la plus brillante et donner à l'Exposition de 
l'Egypte le rang qu'elle méritait d'occuper aux côtés des grands États de l'Europe. 

Désignés par le gouvernement égyptien comme membres du jury international des récompenses, 
MM. Dulier-Bey, Armand Le Docte et le commandant A. Jordan ont fait preuve du zèle le plus louable dans 
l'accomplissement de leurs délicates fonctions. 

Composée et exécutée au Caire, la façade de l'Exposition égyptienne avait un caractère oriental qui 
faisait valoir à merveille les objets présentés. Elle était formée de deux grandes travées, séparées par une 
colonne de style vieil-égyptien, couverte d'ornements multicolores et surmontée d'un immense épervier aux 
ailes déployées. L'épervier est, on le sait, l'oiseau symbolique d'Horus, l'Apollon égyptien. Aux deux 
extrémités, la longue corniche, ornée de moucharabiéhs (1) s'appuyait sur des portes de style mauresque, du 
plus charmant effet et ornées de la même façon. 

L'une de ces travées renfermait des vitrines dans lesquelles étaient disposés les échantillons de 
minéraux, de graines, de coton, de ramie, de sucre, d'étoffes, etc., etc. L'autre partie avait été réservée 
aux objets d'ameublement, aux bronzes, etc. 

Un espace faisant retour sur une des voies de l'Exposition était attribué à un parfumeur arabe qui 
y avait amoncelé les tapis, les étoffes brochées d'or, les flacons d'essences précieuses, etc. 

La classification des produits exposés par l'Egypte comprend : Fossiles, minéraux, narrons et sels. — Dro- 
gues, gommes et graines. — Huiles, farines et riz. — Sucres. — Alcools et essences. — Cotons. — Étoffes. — 
Ramie. — Produits des teintureries du Caire. — Types d'impression. — Poteries. — Vannerie. — Ameublement. 
Sous cette classification se trouvaient réunis des échantillons des principales industries de l'Egypte. Ils 
donnaient une idée exacte et complète des productions si variées de son sol, et permettaient d'apprécier 
l'importance commerciale de cette belle et fertile contrée. 

Suivant l'ordre adopté par le directeur du laboratoire khédivial, nous examinerons successivement les 
nombreux échantillons présentés. Nous nous occuperons plus spécialement de ceux qui peuvent être l'objet 
d'un échange entre le pays producteur et la Belgique. 

La collection des fossiles et minéraux comprend des granits, des fulgurites, des quartzites, des grès 
métamorphiques et des pierres volcaniques d'un grand intérêt, provenant tous du pays de Midian et recueillis 
par le capitaine Burton. Le laboratoire khédivial y a joint de nombreux échantillons, parmi lesquels nous avons 
remarqué des gypses, des porphyres, de fort curieux morceaux de bois pétrifié trouvés à Ghebel-Hachab et des 
fossiles des époques secondaire et tertiaire (2). 

La Direction générale des contributions indirectes expose dans cette section des natrons d'Alexandrie, 
de Cherkieh et d'Assouan d'un grand intérêt et des sels provenant des salines les plus importantes de l'Egypte. 
Nous rencontrons dans la classe suivante : i° les semences de coton, d'où l'on extrait une huile ayant 
quelque analogie avec l'huile d'olives. Cette huile est l'objet d'un grand commerce en Egypte et pourrait être 
utilisée en Belgique; 2 les blés, les maïs, les fèves [Vicia faba) présentés par XAlexandria General Produce 
Association et sur lesquels nous ne saurions assez attirer l'attention ; 3' 1 les sorghums, les cafés, les gommes 
arabiques, la cochenille, la myrrhe, l'aloès, les graines de lin, la moutarde blanche, le caoutchouc, ainsi 
qu'une remarquable série de graines et de racines utilisées comme médicaments en Egypte et peu connues- 
en Europe, le tout provenant des collections du laboratoire khédivial, et du plus grand intérêt pour le com- 
merce et la science ; 4 la graine du coton-soie (Eriodendron anfractuosum) présentée par Blum-Pacha ; il est 
inutile d'insister sur l'importance de cette matière qui se prête merveilleusement à la teinture et dont l'industrie 
textile, si florissante en Belgique, pourrait tirer des étoffes nouvelles. L'éminent D [ Sdvveinfurth a joint à ces 
nombreux échantillons des aloès de Socotra, des galles de tamarin, d'un choix et d'une qualité irréprochables. 

Les Moulins français du Caire ont exposé des farines de blé de différentes qualités ; ces farines, 
d'une beauté exceptionnelle, méritent une mention toute spéciale ainsi que les huiles de lin, les huiles de 
carthame et de sésame, les huiles de laitue et de coton brut du laboratoire khédivial ; MM. Behrend 
et Wilson présentent des riz et MM. Lusi frères, des olives vertes et noires et des huiles d'olives qui 
sont dignes d'une attention sérieuse et trouveraient leur place sur le marché belge. 



(i) Treillage composé de petits morceaux de bois tournés et assemblés de manière à former des dessins compliquée et gracieux. L'Exposition de 
M. J Parvis comprend deux paravents remarquables travaillés de cette façon : on garnit parfois ces paravents à l'intérieur au moyen d'étoffes de couleur claire, qui 
font valoir le travail de l'ébéimte. 

(2) Ismalun-Bey, organisateur général de l'Exposition égyptienne, forma cette collection scientifique avec le concours de MM, Schwemmrth et Sickenberger. 



249 






Les sucres des usines de Maghagha, d'Abou-Kourgas, de Bibeh et de l'usine Mattaï, sont de belle 
qualité et indiquent l'importance qu'a acquise l'industrie sucrière en Egypte.] Nous ne saurions assez les 
recommander à l'attention des négociants. Il est fâcheux que des communications régulières et directes n'existent 
pas entre la contrée qui enfante de tels produits et la Belgique. Des relations commerciales importantes s'éta- 
bliraient entre les deux pays . : le riz, le blé, le sucre, le maïs égyptiens 7 afflueraient sur le marché d'Anvers. 



Nous étudie- 
rons plus loin cette 
question qui nous 
semble d'une im- 
portance capitale 
pour les deux pays . 

La vigne est 
cultivée avec suc- 
cès dans la Haute- 
Egypte. Aussi ne 
sommes-nous pas 
surpris de rencon- 
trer Veau-de-vie de 
raisin parmi les 
produits qu'expose 
M. Thir amenés 
Dadiottï. Cet ex- 
posant présente en 
outre des échan- 
tillons de mastic, 
de raid de dattes, 
de sirops de tama- 
rin d'une qualité 
vraiment excep- 
tionnelle. Ces der- 
niers pourraient 
avantageusement 
être utilisés en Bel- 
gique : ils sont 
d'un goût agréable 
et légèrement ra- 
fraîchissants. 

Les cotons de 
ÏAlexandria Cot- 
ton Association 
méritent une men- 
tion toute spéciale. 
Ils ravalisenî de 
beauté avec les co- 
tons américains et 




Essences, Drogues, Tapis 
Exposition de Mohamed- Amin-el-D'ib , Fournisseur S. A. le Khédive 



l'emportent de 
beaucoup sur ceux 
que produit l'Inde. 
Les filateurs bel- 
ges en ont remar- 
qué la belle qua- 
lité , et nous ne 
désespérons pas 
de voir bientôt le 
coton d'Egypte 
alimenter nos fa- 
briques. 

Le coton, dont 
la culture se dé- 
veloppe de jour en 
jour en Egypte, 
fait, ainsi que nous 
l'avons dit plus 
haut, l'objet d'un 
commerce d'ex- 
portation considé- 
rable. Il y croît 
merveilleusement 
et constitue avec le 
blé, le maïs et les 
autres céréales, 
une source d'incal- 
culables richesses 
pour ce magnifi- 
que pays. Le dé- 
veloppement de la 
culture du coton 
en Egypte est dû à 
Méhémet-Ali, par 
les ordres duquel 
M. Jumel importa 
des Indes orienta- 
les les plus belles 
variétés de cette 
malvacée(i822)(i). 



Le laboratoire khédivial a réuni une collection des plus intéressantes d'étoffes fabriquées à Damiette, à 
Mehalet-eUKoubrah et autres centres de production. Leurs couleurs savamment harmonisées, leurs dispositions 
originales ont l'attrait enchanteur que l'ouvrier oriental sait donner au moindre objet qui passe par ses mains. 

La plupart de ces échantillons sont des parties de vêtemsnts à l'usage de la fellahine et du fellah. 

(i) Dès 1S20 Maho-Bey, ancien gouverneur de D.Migola et du Sennaar, cultivait, dans ses propriétés du Caire, diverses plantes éthiopiennes dont il avait 
rapporté les semences. Ce fut chez lui que M. Jumel, Français habitant New- York, vit pour la première fois le Gossipium arboreum jEgyptii, originaire de l'Ethiopie. 
La vue de cet arbre lui suggéra l'idée d'en étendre la culture et il entreprit â cette époque une plantation de cotonniers à Mattariels près d'Héliopolis. Quelques mois 
après, cette culture avait pris une extension étonnante. De là l'origine du nom de Maho donné au coton égyptien ; les Français l'appellent Jumel. 

Le Qallin est le produit du cotonnier de Floride ou Sea-Island, que Méhémet-Ali et ses successeurs firent cultiver. 



!>< 



BP' 



La ramie {i) est d'introduction récente en Egypte. S. Ex. Nubar Pacha avait pressenti tout le parti qu'on 
pouvait tirer de cette plante textile. Par son ordre, des essais de culture des différentes variétés de la ramie 
furent tentés dans ses propriétés et couronnés de succès. C'est à la suite de cette heureuse expérience que se 
forma la Société française de la ramie d'Egypte* qui s'est donné pour but la culture de cette plante : 
25o hectares y sont actuellement consacrés; 125 sont exploités par M. Favier, le directeur de cette société, 
et les autres sont disséminés dans les propriétés de diverses personnes avec lesquelles il a conclu des contrats. 
Parmi ces dernières, nous citerons le frère de S. A. le khédive, Hassan-Pacha, l'administration des domaines, etc. 
Comme on le remarquera, la nouvelle culture reçoit les encouragements des hauts personnages de l'Egypte, 
qui en ont compris l'importance et l'utilité. 

Le compartiment égyptien renferme un tableau complet et des plus intéressants de toutes les 
transformations de la ramie. Nous avons été frappé des belles colorations des étolfes exposées et de 
leur effet original. Certains échantillons dans lesquels la ramie se mêle à la soie sont d'une grande 
richesse. 

Les échantillons sous teintes présentés par les Teintureries du Caire, permettent d'apprécier l'impor- 
tance acquise en Egypte par l'industrie de la teinturerie. Les nuances les plus délicates et les plus 
variées ont été obtenues sur les diverses matières textiles, la soie, le coton, etc. Nous estimons que les 
établissements du Caire peuvent rivaliser avec les meilleures teintureries européennes pour la perfection 
du travail, l'éclat et la variété des couleurs. 

L'Imprimerie nationale du Caire a envoyé à l'Exposition universelle d'Anvers une remarquable 
collection bibliographique à laquelle le jury a accordé un diplôme d'honneur. 

Cette collection se compose de 125 volumes, parmi lesquels nous remarquons surtout le Bulletin tri- 
mestriel de la Société d'agriculture. C'est dans cette publication qu'a paru l'intéressante étude d'Ismalun- 
Bey, directeur du laboratoire khédivial, sur le parasite du coton. 

Les autres volumes sont des recueils administratifs ou statistiques, des décrets, des ouvrages d'instruc- 
tion, etc., etc., tant en français qu'en arabe. 

Citons aussi le magnifique atlas des cartes cadastrales du pays, prêté par la Direction générale du 
cadastre, atlas dont un exemplaire a été exposé dans les salles de lecture du Comité de la presse. 

Tous ces ouvrages sont de provenance égyptienne et sortent des presses de l'Imprimerie nationale 
du Caire. Ils sont remarquables de fini et d'élégance. 

Dans les poteries de Damiette et de Menoufieh, exposées par le laboratoire khédivial, nous retrouvons 
les formes gracieuses des vases en usage sous le règne des Pharaons. Confectionnées avec le limon du 
Nil, additionné parfois de matières colorantes, elles sont d'une agréable couleur rougeâtre ou noirâtre. D'un 
aspect à la fois bizarre et charmant, ces vases ont contribué, ainsi que les objets de vannerie, à donner 
au compartiment de l'Egypte un aspect tout particulièrement artistique. 

La collection de nattes et vanneries — notamment de couffins, dont la forme rappelle celle de 
nos grands paniers à figues — exposée sous la rubrique « Vannerie » par le laboratoire khédivial, 
forme un ensemble des plus intéressants. Le couffin sert au transport par les animaux de bât, de quantité 
de marchandises. 

Certains de ces paniers servent à transporter la terre. Ils sont alors pourvus, à leur partie infé- 
rieure, d'une ouverture qui se ferme automatiquement, par un travail de vannerie très simple, lorsqu'on 
introduit la charge. Il suffit de déplacer la soupape en vannerie, pour que la terre s'échappe, sans qu'il 
soit nécessaire de détacher du bât le panier qui la renferme. 

Ces vanneries sont faites à l'aide de feuilles de dattier, dont quelques beaux échantillons ont servi 
à l'ornementation de la Section égyptienne. 

L'établissement d'ébénisterie, de bronzes d'art et de travaux de tapisserie, dirigé par M. J. Parvis, 
au Caire, jouit d'une renommée universelle. Aussi comptions-nous avec raison que cette importante maison 
ferait à Anvers un envoi exceptionnel de ses productions si artistiques et si originales. On sait que c'est à 
M. J. Parvis, homme d'un goût sûr et éprouvé, que la colonie autrichienne du Caire confia l'exécution 



(i) La Ramie est une plante vivace se multipliant par le repiquage des éclats de racines. Elle produit d'une façon rémunératrice pendant 10 ans. On en 
distingue 3 variétés ; 1° La nivea, ou Ramie blanche; 2" La candkans, moins blanche que la précédente; 3 Unlilis tenacissima ou ramie verte, plus résistante 
au point de vue des applications agricoles et industrielles et donnant une récolte plus abondante. Les terrains clairs sont plus favorables à son développement que les 
terrains noirs ou ronges; néanmoins elle croit parfaitement dans ces derniers. — La Ramie se cultive dans les champs irrigués par des procédés analogues à ceux 
usités pour le cotonnier et l'on en fait trois coupes par année. 



du somptueux fumoir quelle offrit à S. A. I. et R. l'archiduc Rodolphe à l'occasion de son mariage avec 
S. A. R. la princesse Stéphanie de Belgique. 

L'envoi de l'établissement Parvis comprend des meubles de styles arabe et égyptien ancien. Ce sont 
des armoires-étagères, des sièges pour une et deux personnes, des tables, des paravents dans le plus 
pur style oriental, où brille la nacre incrustée dans les bois les plus rares. Deux meubles de grandes 
dimensions, à fronton mauresque et d'une allure magistrale, dominent cet ensemble. L'un, à fond de glace, 
est flanqué d'étagères qui supportent des bibelots exquis de tous genres : vases en cuivre à long col artiste- 
ment ciselés, poteries peintes, coffrets, etc., etc. ; l'autre est à vantaux pleins enrichis et ornés de dessins 
capricieux formés par la marqueterie ; il constitue, par son importance et le choix des matériaux, la pièce 
capitale de cette série. N'oublions pas la charmante armoire-étagère destinée à recevoir des photographies ou 
des dessins, qui apparaissent successivement au moyen d'une disposition ingénieuse de châssis à charnières 
se repliant les uns sur les autres. 

Citons encore des sièges reproduits d'après ceux qui figurent dans les documents hiératiques de l'Egypte 
des Pharaons, des coffres et une armoire à porte vitrée de même style, d'un charme tout particulier. 

Encadrés par les tentures de Karamanie et les portières de Brousse en soie rouge ou bleue brodée 
de lourdes arabesques d'or, les meubles, les bronzes, les sièges recouverts de riches étoffes se pressent en 
un ensemble vraiment féerique et quand un rayon de soleil vient à glisser sur ces ors, sur cette nacre et 
sur ces soies, on se croirait transporté dans l'un de ces mystérieux kiosques que l'œil du voyageur aperçoit 
au sein des jardins enchantés qui bordent le canal Mahmoudieh. 

Le jury a attribué aux divers produits exposés par M. J. Parvis plusieurs médailles d'or et d'argent. 

Le compartiment égyptien nous ménageait une surprise. On sait, pour peu qu'on ait lu quelqu'une 

des nombreuses relations de voyage en Orient, ce que c'est qu'un ba\ar : une série de petites boutiques 

basses et étroites, encombrées d'objets de tous genres, où cependant semble se mouvoir à l'aise — par 

habitude ou par nécessité — le marchand qui occupe ce minuscule immeuble. 

Mohamed- Am'm-el-Dïb, fabricant de parfums et fournisseur de S. A. le khédive, un des exposants 
de la Section égyptienne, nous a donné, par son installation, le spectacle intéressant, quoique affaibli forcément, 
de l'une de ces échoppes où de grandes richesses se [trouvent entassées dans un désordre charmant. 
C'est au milieu d'un véritable amoncellement de tapis de toutes provenances, de toutes grandeurs, où 
luttaient les jaunes d'ocre, les rouges de garance et les bleus d'outre-mer, tapis à laines longues et frangés 
de blanc ou de vert pâle, que Mohamed-Amin, coiffé du tarbûsh écarlate et revêtu de robes de soie 
magnifiques, présentait ses essences de rose et de jasmin. 

L'Orient possède seul le secret de ces parfums enivrants ; les essences du riche négociant égyptien 
ont paru au jury de l'Exposition dignes d'une récompense. 

Présentées au jury international, les nombreuses et diverses collections envoyées par l'Egypte à 
l'Exposition d'Anvers ont lutté avantageusement avec les produits similaires des autres nations. 

Dans cette lutte courtoise, l'Egypte a obtenu une part de succès digne des éloges qui lui ont été 
décernés. Tous les objets exposés par elle ont été primés, tandis que la moyenne générale des récompenses 
accordées aux 14,085 exposants dépasse à peine la moitié des objets qu'ils présentaient. 

Trois diplômes d'honneur et un grand nombre de diplômes de médailles d'or, d'argent et de bronze 
ont récompensé les exposants de leurs efforts. 

Le jury international a récompensé aussi tous ceux qui ont concouru au succès de cette grande 
oeuvre de l'Exposition d'Anvers. 

Il a conféré un diplôme d'honneur à S. Ex. Nubar-Pacha, sous la haute autorité duquel a été 
entreprise l'Exposition de l'Egypte. Les progrès récents accomplis dans ce pays sont dus à cet homme 
d'État, promoteur du laboratoire khédivial du Caire et président d'honneur du Comité agricole. Nubar- 
Pacha exerce sur l'agriculture et l'industrie de l'Egypte l'influence la plus salutaire; la haute distinction 
dont il a été l'objet montre que ses efforts et ses travaux sont connus en Europe. 






L'Egypte est, sans contredit, parmi les nombreux pays représentés à l'Exposition universelle d'Anvers, 
l'un de ceux qui méritent le plus d'attirer l'attention du commerce belge. 

Ses carrières de porphyre, de basalte et de granit, sont d'une richesse inépuisable. Le jaspe, le 




gypse, l'onyx éméraude, l'albâtre, que son sous-sol renferme, sont de qualité remarquable ; le sel des 
salines de Damiette et de Bourlos, les natrons et le nitre, sont pour l'industrie une source de grands profits. 

Ses produits industriels ne le cèdent en rien à ceux des pays d'Europe ; ses étoffes sont dignes 
d'attention ; ses sucres et ses farines sont irréprochables et ses industries d'art ont acquis un grand 
développement. 

L'agriculture, d'autre part, a en Egypte une importance exceptionnelle. Le sol de cette fertile con- 
trée donne avec une abondance extrême les produits les plus variés : le blé, le maïs, le coton, la ramie, 
l'orge, le lin, le chanvre, les fèves, la moutarde, etc., etc. 

La production du pays excède considérablement sa consommation ; aussi son commerce d'exportation 
a-t-il une importance des plus grandes. 

Cette immense puissance productive augmente chaque année, grâce à la sollicitude du gouver- 
nement. Elle se développera encore par l'exécution des travaux actuellement à l'étude, destinés à régler le 
cours du Nil et à accroitre la superficie de la partie cultivée du sol. 

Lorsqu'on examine attentivement les tableaux relatifs au mouvement d'affaires de i'Égypte, il semble 
que l'industrie belge ne fournit rien au marché égyptien; cependant le commerce de la Belgique avec la 
vallée du Nil se monte à un chiffre 



assez élevé. Malheureusement , toutes 
les transactions entre les deux pays 
se font par l'entremise du marché 
de Londres, en payant grassement et 
en pure perte un intermédiaire inutile. 
Les statisticiens mentionnant les mar- 
chandises d'après le pavillon sous lequel 
elles sont importées, leur silence en ce 
qui concerne notre pays s'explique tout 
naturellement. 

L'Egypte consomme, en réalité, 
une grande quantité de nos marchan- 




dises : nous sommes pour ainsi dire, 
les maîtres du marché des verres à vitre, 
des pointes de Paris, des bougies, etc. ; 
nos machines et nos fers pour construc- 
tion y sont estimés. 

De son côté l'Egypte nous livre, 
indirectement toujours, des cotons, des 
maïs, des blés, etc. 

Cette situation préjudiciable aux 
; ntérêts des deux pays, ne pouvait man- 
quer d'attirer l'attention du gouverne- 
ment belge. Désireux de voir s'étendre 
le courant d'affaires qui, par des voies 



Armoiries de l'Egypte 

détournées, existe déjà .entre la Belgique et l'Egypte, il a recommandé à son agent au Caire l'étude des 
questions qui rentrent dans cet ordre d'idées. 

L'établissement d'un service de navigation direct et régulier entre Anvers et Alexandrie serait sans 
doute le moyen le plus sûr de réaliser ces vues. 

Le souverain éclairé qui gouverne l'Egypte, Thewfik-Pacha, est un ami du progrès et les mesures 
dues à son initiative ont sensiblement amélioré le sort des fellahs. Les dépenses qui seraient de nature à 
aggraver les charges de son peuple trouvent en lui un adversaire convaincu. Par ses ordres, l'instruction 
publique et la science agricole ont reçu des encouragements incessants. 

Thewiïk- Pacha a choisi, pour l'aider dans sa tâche, un ministre qui est l'un des esprits les plus émi- 
nents de l'Egypte moderne. Nubar-Pacha est le promoteur de la grande réforme judiciaire qui contient en 
germe toutes les améliorations destinées à faire un jour de l'Egypte l'un des pays les plus avancés et les 
plus prospères de l'Orient. 



**M^®>!-i<<- 




5. M. Alphonse XII, Roi dEspagiie. 




L'Espagne et ses Colonies 







eu de nations évoquent, autant que l'Es- 
pagne, des souvenirs empreints de poésie 
chevaleresque et de grandeur. Son his- 
toire est comme un conte de fée. 

L'Ibérie aux pommes d'or inspira 
les poètes de l'antique Rome; les richesses 
variées de son sol tentèrent la cupidité 
des ses pro-consuls. Mais voilà qu'en 
Orient se lève une nation audacieuse et 
jeune, que le Coran a fanatisée ; les Mau- 
res dominent les Romains abâtardis et 
fondent le Califat de Cordoue. Au lieu 
d'épuiser le sol, ils le fécondent. Pendant 
huit siècles, des travaux immenses d'irri- 
gation, de fertilisation et d'embellisse- 
. ment , font éclore , dans ces régions 
^aimées du soleil, toutes les splendeurs 
de l'Orient. 

La civilisation chrétienne, mena- 
cée par l'Islam, qui a lancé ses hordes à 
la conquête de la Gaule, arrête le flot 
envahisseur. Charlemagne oppose au Croissant son étendard marqué de la croix ; l'olifant de Roland a 
retenti à Roncevaux; la lutte sera longue, héroïque,, chevaleresque, mais enfin, le dernier des Abencerages sera 
refoulé sur le sol africain. 

Les royaumes que les princes chrétiens s'étaient taillés, à grands coups d epée, dans le pays des Maures, 
se réunissent sous le sceptre de Ferdinand et d'Isabelle. Colomb y ajoute un monde nouveau, plein de mystères 
et de promesses. Charles-Quint se dresse sur ces immenses possessions comme sur un piédestal, d'où il domine 
son siècle et le monde. 

A la grandeur succède la décadence : c'est dans l'ordre ! 

Les jalousies et les rivalités des puissances européennes, l'amolissement et l'apathie engendrée par l'abus 
des richesses, amènent le morcellement de ce vaste empire. De temps en temps la malheureuse nation semble 
se réveiller : au début de ce siècle encore, elle oppose à Napoléon I er une résistance virile, digne des grands jours. 
Cependant l'Espagne, jusqu'ici, n'a pas retrouvé sa voie. Il n'est pas de pays où les partis politiques 
soient si nombreux ; il en est peu où les dissensions intestines ont enrayé plus tristement le développement 
économique du pays. 



255 



L'Espagne, par l'étendue de son territoire et de ses colonies, prendrait rang parmi les nations de premier 
ordre, si elle savait tirer parti des richesses qu'elle a sous la main. Mais on dirait qu'elle n'a pas secoué encore 
les habitudes d'insouciance, que des siècles d'une prospérité inouïe lui ont permis de contracter. Les temps ne 
sont plus où l'or, amassé en Amérique, arrivait par galions et alimentait le luxe de tous. L'or aujourd'hui, est le 
fruit d'un labeur intelligent et opiniâtre. Le jour où le peuple Espagnol le voudra, il reprendra, parmi les 
puissances de l'Europe, le rang que lui assignent son origine et les richesses naturelles de son sol. 

Le gouvernement de l'Espagne est une Monarchie Constitutionnelle représentative héréditaire. 

La superfice continentale du pays, y compris les îles Baléares et les Canaries, est de 5o millions d'hectares 
environ, occupés par 25 millions d'habitants. 

La part qu'a prise l'Espagne à l'Exposition d'Anvers donne une idée bien incomplète de sa situation 
économique. L'étranger juge par ce qu'il voit ; peut-être a-t-il emporté la conviction que l'Espagne, au point de 
vue colonial, industriel, commercial, artistique, ne compte guère parmi les nations qui se disputent les marchés 



de l'univers. Nous regret- 
tons, à ce point de vue, 
l'importance restreinte de 
l'exhibition espagnole ; ce 
que nous dirons prouvera 
que cette exposition est en 
effet bien inférieure à ce 
qu'elle aurait pu et dû être. 
Hâtons-nous d'ajouter que 
le gouvernement castillan 
et son jeune souverain 
Alphonse XII, que la mort 
a si inopinément enlevé à 
la confiance et à l'affection 
de ses sujets, malgré le cho- 
léra et les inondations, mal- 
gré les difficultés politiques 
et économiques, ont encou- 
ragé dès le début, la parti- 
cipation des producteurs 
nationaux à la lutte du tra- 
vail. Le gouvernement oc- 
troya les subsides néces- 
saires pour l'organisation 
de la section espagnole 
qu'il confia à son Consul 




5. M. Marie-Christine, Reine-régente d'Espagne. 



général à Anvers, M. F. 
de Serra, qui fut désigné en 
qualité de Commissaire 
général. 

L'honorable Commissaire 
général justifia cet heureux 
choix. Secondé vaillam- 
ment par son Commissaire 
adjoint M. E. R. Serrano 
de Casanova, il s'occupa 
avec beaucoup de zèle 
des installations de la sec- 
tion et disposa, avec non 
moins de goût, les produits 
indigènes dans le comparti- 
. ment de six cents mètres de 
surface qui leur était ré- 
servé. Cet emplacement fut 
concédé gratuitement p^ar 
le cabinet de Madrid aux 
exposants de la mère-patrie 
et des Colonies. 

Dans la partie biblio- 
graphique de l'exposition, 
nous avons noté quelques 
ouvrages et des documents 



dune grande valeur pour l'étude économique du pays. Ces renseignements ne profitent guère aux visiteurs, qui les 
consultent peu. Ils y trouveraient cependant des données précieuses sur le commerce, la législation douanière, 
les finances, etc. des différentes régions. Nous avons remarqué entre autres une belle collection de livres employés 
par notre Consul général M. E. Sève, comme aussi une description du port de Santander, — des plans de Vigo, 

— les mémoires annuels de la « Société pour l'approvisionnement d'eau à Santander ». On sait que ces travaux 
ont été exécutés par la Compagnie des Conduites d'eau de Liège. Les rapports de l'Association d'Agriculture, et 
surtout un volume traitant la question des vins sur les marchés étrangers, offrent un intérêt pratique. D'autres 
publications encore méritaient d'attirer l'attention ; citons : l'Illustration Ispano-Américaine, — les publications 
de l'Association d'excursions de Catalogne, — la Hacienda y el Comercio, — la Gazette minière et commerciale, 

— les mémoires de la « Asociacion para la reforma de los aranceles de aduanas », association issue de la Société 
libre d'économie politique de Madrid, qui depuis vingt-cinq ans préconise le libre-échange. 

L'agriculture constitue la principale source de richesse. La classe agricole comprend les deux tiers de 
la population; les terres en culture représentent environ 6o % de la superfice totale du sol. Les terres sont 
naturellement fertiles, malheureusement elles sont mal cultivées ; les procédés et les instruments y sont générale- 
ment très arriérés ; en outre, l'absence d'eau et le manque d'arbres constituent dans plusieurs districts, des 




obstacles difficiles à surmonter. Les Maures surent rendre productives les parties les plus stériles de cette contrée, 
par un système ingénieux de réservoirs et de canaux, dont quelques-uns existent encore. Le phénomène de la 
Huerta pourrait se reproduire dans beaucoup de provinces, car même dans les parties les plus sèches, le sol 
est bon et produit spontanément. 

La production des céréales n'était, au commencement du siècle, que de 35 millions d'hectolitres et ne 
suffisait pas à la consommation locale ; elle monte actuellement à près de 100 millions d'hectolitres et fournit un 
aliment à l'exportation ; l'orge de Séville, que nous recevons régulièrement à Anvers, compte parmi les plus belles 
du bassin de la Méditerranée. Et cependant ni les céréales, ni les fruits, dont les expéditions sont notables, 
ne figurent à l'Exposition. Il y a par contre des vins en abondance. 

Le nombre de cépages en Espagne est encore plus grand qu'en France : le tintilla entre dans la 
composition du Xérès, du Malaga, du Pajarete ; le cagaldera contribue à la qualité des vins de Péralta, le 
Lempranillo, le Moscatel, le Ximenes, le Perruno, le Doradillo, etc. etc. 

L'Espagne est, après la France, la contrée qui produit le plus de vin. Elle possède près d'un million 
et demi d'hectares de vignobles. En 1884, la production a été de 3q millions d'hectolitres en France, contre 
22 millions en Espagne, 17 1/2 en Italie, 8 1/2 en Autriche-Hongrie et 4 en Portugal. 

L'élévation du prix des vins, produite par les ravages du phylloxéra, a été profitable à l'Espagne, 
dont les exportations suppléent er;; L'Espagne ne donne pas 

au déficit de la France. Les 
produits de Valence, de Beni- 
carlo, de Barcelone, etc., ser- 
vent au coupage ; ils sont géné- 
ralement additionnés d'alcools 
importés d'Allemagne et de Bel- 
gique. Certaines maisons impor- 
tent par an de i,5oo à 2,000 
pipes d'alcool à 95/96 , soit 
'900,000 à i,25o,ooo litres, pour 
la composition des vins qu'elles 
exportent. Le changement de 
notre législation fiscale, en 1884, 
semble devoir nuire à nos expor- 
tations d'alcool. Les Allemands 
s'efforcent de conquérir le mo- 
nopole du marché espagnol, où 
les Américains, les Russes et 
les Scandinaves commencent à 
expédier également leurs alcools. 
Dans le district de Malaga il z 




seulement des vins de coupage ; 
elle possède des crûs excellents 
de vins de table. Ses vins de li- 
queurs peuvent rivaliser avec 
les produits de n'importe quelle 
provenance. 

Les mauvaises imitations 
essayées à Cette et à Hom- 
bourg, ont nui considérable- 
ment aux vins de tout premier 
choix, que fournissent les pro- 
vinces espagnoles. Aussi avons- 
nous applaudi à l'idée qu'ont 
eue des exposants, de faire dé- 
guster les Malaga, Muscat, 
Malvoisie, Pajarete, Rota, Xérès, 
etc. dans de coquets pavillons. 

Le phylloxéra a envahi l'Es- 



M . F. de Serra, 
Consul général cf Espagne à Anvers, 
Commissaire général de la section espagnole P a S ne > on lul dls P ute le . terram 

avec une énergie croissante. 

fait de grands ravages : les récoltes de raisins de table s'en ressentent. 

A côté des vins, nous trouvons à l'Exposition des liqueurs, notamment les anisettes de Banolas et de Malaga 
qui, pour bien des amateurs, l'emportent sur celles de Bordeaux ; puis l'huile d'olive, dont la production annuelle 
est évaluée à 6 millions d'hectolitres, d'une valeur de 35o millions de francs. Un million d'hectares sont couverts 
d'oliviers ; les plantations les plus vastes sont celles de l'Andalousie où, entre Cordoue et Andujar, elles forment 
de véritables forêts. Cependant l'arbre est mal soigné, le fruit mai récolté, et l'huile extraite dans des 
conditions de fabrication peu favorables ; aussi l'huile fine ou comestible est-elle inférieure à celles de la Provence 
et de l'Italie. Par contre, les huiles lampantes les plus estimées sont celles de l'Espagne. 

Les cultures industrielles sont assez développées dans la Péninsule, mais le safran seul donne lieu à un 
commerce d'exportation. 

L'Espagne recèle presque toutes les productions minéralogiques les plus recherchées. Son exposition ferait 
croire qu'elle ne produit que des marbres, des minerais de fer et de soufre. L'erreur serait grande et fâcheuse. 

Les richesses minérales de l'Espagne sont considérables : 

L'Espagne' possède un grand nombre de sources minérales dont plusieurs sont très fréquentées. 
Quelques établissements exposent des eaux sulfureuses, salines, alcalines, bicarbonatées, ferrugineuses, etc. 

L'industrie manufacturière est très incomplètement représentée. A peine remarque-t-on quelques tissus 






— "7 — 




^^^^^^^^^H 



I 



— 258 — 

de chanvre et une collection de fils et tissus de coton de Barcelone. Et pourtant les filatures de coton font 
tourner 1,800,000 broches, soit le double du nombre que nous possédons en Belgique; elles consomment 40 
millions de^ kilogrammes de coton brut, dont 23 millions de kilogrammes provenant des États-Unis, le sur- 
plus de l'Egypte, des Indes, etc. 

En fait de bijoux damasquinés d'or et d'argent, on ne peut qu'admirer la belle collection étalée dans 
les vitrines de M™ Felipa Guisasola ; il y a là des médaillons, des bracelets, des coffrets, des ceintures, des 
boucles d'un travail exquis et d'un dessin charmant. Il y a aussi le magnifique portrait de M" Guisasola, 
qui dessine ces jolies choses, renfermé dans un cadre d'une délicatesse de travail merveilleuse; une loupe 
attachée au cadre par une chaîne, permet de l'examiner dans ses moindres détails. 

L'un des plus grands attraits de la section espagnole et même de l'Exposition d'Anvers tout entière, 
a été la remarquable collection de cigares de la Havane, présentée par la maison Moris-Van den Bussche, 
d'Anvers. 

De l'avis des principaux journaux, tant belges qu'étrangers, cette collection a été la plus belle, la 
plus riche et la plus complète qui ait jamais figuré dans aucune Exposition Universelle antérieure. Elle 
comprenait méthodiquement rangés dans trois vastes vitrines de cinquante mètres de superficie, les produits 
de cinquante-cinq des premières fabriques de la Havane. 

Parmi les marques qui ont obtenu le plus grand succès, tant près du Jury que près des milliers 
d'amateurs qui se sont intéressés à ces délicieux produits, nous citerons : les Partagas, ' Cabanas, Flor de 
Morales (diplômes d'honneur); les A. Fernandez Garcia, La Igualdad, Punch, Romeo y Julieta, Villar y 
Villar, Flor de Cuba, La Carolina, Por Larranaga, Flor de Murias, etc., etc. (médailles d'or). Les cigares 
offerts à Sa Majesté le Roi des Belges, à S. A. R. Mgr. le Comte de Flandre, et ceux destinés à l'Empereur 
et aux Grands-Ducs de Russie, ont provoqué une admiration unanime. Ces cigares provenaient des célèbres 
fabriques de MM. Merry y Morales et A. Fernandez Garcia. 

Nous avons déjà parlé plus haut de l'excellente idée qu'a eue M. Moris-Van den Bussche d'installer 
dans les jardins un pavillon de dégustation. 

Il est aisé de voir, par cette courte revue, que l'exposition de l'Espagne est loin de donner une idée 
complète des ressources dont dispose ce pays. Bien des industries florissantes, bien des richesses naturelles 
n'y sont pas représentées. 

Espérons que l'événement heureux que le peuple espagnol a salué le 17 mai 1S86, avec un patriotique 
enthousiasme, relèvera les courages. Le jeune prince que la Reine-régente Marie-Christine, vient de donner 
à l'Espagne, affermira sur le trône une dynastie justement populaire. Espérons qu'une longue ère de paix 
permettra à une vaillante nation de travailler énergiquement à la consolidation de ses institutions et au 
développement de sa prospérité intérieure. M. Martos, l'honorable Président du Congrès des députés, l'a dit 
dans un noble langage, en annonçant cette heureuse naissance : « Le Roi mourant nous a laissé un fils 
pour le remplacer et perpétuer la monarchie. Nos aïeux défendirent la liberté, représentée par une jeune 
fille au berceau; préparons-nous à défendre le monarque qui représente la paix et l'ordre.»» 







Danemark 



L'exposition danoise ne brille pas par le nombre de ses exposants, ni par la quantité de ses produits ; 
mais la plupart des firmes se signalent à l'attention du visiteur par quelque chose de caractéristique. 

gouverne avec le concours 
de deux chambres, le Lands- 



La participation du Da> 
nemark a d'autant plus de 
prix, qu'elle s'est faite en de- 
hors de tout concours officiel. 

Le Danemark comprend 
la péninsule du Jutland et les 
îles de la Baltique ; il est com- 
posé de plaines fertiles à l'est, 
de terres stériles ou recou- 
vert de bruyère au centre, de 
marais et de dunes à l'ouest; 
le Jutland renferme un grand 
nombre de tourbières et de 
lacs. 

Le gouvernement est une 
monarchie constitutionnelle 
représentative héréditaire ; le 
roi Chrétien IX, de la mai- 
son de Schleswig - Holstein - 
Sonderbourg - Glûcksbourg, 
monté sur le trône en i863, 




5. M . Chrétien IX, Roi de Danemark 



thing et le Follssthing. 

La principale richesse na- 
turelle du pays consiste dans 
de magnifiques prairies, où 
paissent de nombreux et riches 
troupeaux; la fabrication du 
beurre s'y fait sur une assez 
grande échelle ; M. Philip 
W. Heyman,âe Copenhague, 
expose des échantillons de 
ses beurres conservés en boi- 
tes; sa fabrication pour l'ex- 
portation date de 1862 ; elle 
occupe actuellement 100 ou- 
vriers et ses produits sont ex- 
portés dans toutes les parties 
du monde. 

MM. R. N. Blumensaadt, 
d'Odense, Mansfeld-Bùllner et 



Lassen, de Copenhague, exposent à côté de ce beurre, des matières colorantes pour beurre et pour fromage. 
; seigle du Jutland est excellent, et l'orge fait l'objet d'une culture assez importante sur le littoral 



oriental; quelques échan- 
tillons de céréales sont 
présentés par M. Ho/ger 
Nagel, de Skjelskor. 

Le cygne et l'eider, 
qui vivent en grand nom- 
bre dans les fiords du 
Jutland septentrional, 
fournissent en abondance 
des plumes et du duvet; 
ces produits ont donné 
naissance à une fabrica- 
tion indigène, celle des 
tapis d'édredon, représen- 
tée par M. F. Andersen, 
de Copenhague ; rien de 
plus doux, de plus moel- 
borg, a des cordages et 
Expositions antérieures. 

De grosses poires en saindoux semblent intriguer fortement les visiteurs ; ce sont les produits de la 
Kjobenhmms Svineslagteri (abattoir de porcs), de Copenhague. Cet établissement, extrêmement important, a été 
fondé en 1866 par M. Philip W . Heyman. Il occupe 3o ouvriers et alimente, de viande de porc, les marchés de 



leux, de plus léger et de 
plus chaud, que ces édre- 
dons, confectionnés avec 
beaucoup de soin. 

M. Hjaimar Arentz, 
ingénieur à Copenhague, 
expose une machine hy- 
draulique pour nettoyer 
le fond des navires ; il 
est fâcheux qu'on n'ait 
pas eu l'occasion de la 
voir à l'œuvre; M. Johann 
Weimann,d'OdenSQ,nous 
montre des vêtements en 
cuirs, peu élégants, mais 
assurément très solides ; 
M. J. Evald de Svend- 
es courroies de transmission brevetées, dont la valeur a été reconnue à différentes 




Le Friednchsbc 



Copenhc 






- 260 — 

Londres, Manchester, Liverpool, Newcasîle, etc. II fournit à la marine anglaise des quantités considérables de 
porc salé et de saindoux. En dehors de son établissement de Copenhague, la même firme possède des succur- 
sales à Varde (Jntland), à Assens (FiomV et à Malmô (Suède). 

Les produits de la brasserie et de la distillerie occupent encore ici la plus grande place; cette classe 
réunit 10 exposants sur 21. 

Il faut avouer que pour une exhibition aussi ordinaire que celle des bières, les brasseurs se sont mis en 
frais "d'imagination ;' ils ont disposé leurs innombrables bouteilles d'une manière très originale. Ainsi la Bryggerieî 
Svanholm, de Copenhague, a élevé un monument de bouteilles à trois tourelles, représentant les armes du 
Danemark. Ce travail 
était d'une nature si 



compliquée , quil a 
fallu des ouvriers spé- 
ciaux pour l'accomplir. 

La Marsirands 
Bryggerieî, de Copen- 
hague, expose ses bières 
de Bavière, dans un 
joli petit édifice au 
centre duquel se ba- 
lance une ancre, sa 
marque de fabrique. 

L'immense bras- 
serie .Ny Carlsberg , 
de Copenhague, a con- 
sacré à son exposition 
de bières nationales 
un très élégant pavil- 
lon circulaire, formé 
exclusivement de bou- 
teilles; elle y a joint, 
pour l'édification du 
public, un plan' dé- 
taillé et une vue per- 
spective coloriée de ses 
vastes installations. 

La brasserie Tu- 
borgs Fabrikker , de 
Copenhague, produit 




Exposition de la Brasserie « Ny Carlsberg », Copenhague 



annuellement 75,000 
hectolitres de bières 
diverses ; elle expose 
des bières en fûts et 
en bouteilles, bières 
de Pilsen, bières d'ex- 
portation, etc. 

Les produits de 
la distillerie sont re- 
présentés par MM. 
Schotti frères, d'Oden- 
se, — vins, punch de 
Fionîe, Pommerans, 
amer stomachique 
d' A 1 b a n i, etc. ; — 
H. Michelsen, de St- 
Thomas, fabricant de 
Bay ■ Rhum ; A . 
H. Ruse, établi aux 
Antilles depuis i838 et 
fabricant du Double 
distiUed Bay spirit. 

Enfin , la ma- 
rine marchande da- 
noise est représentée 
par la plus grande 
Compagnie de navi- 
gation à vapeur de la 
Scandinavie, Det fo- 
renede Dampskibssel- 



skab, de Copenhague ; son exposition consiste en un beau tableau, donnant une vue pittoresque de tous 
ses- navires, avec indication de leur nom et de leurs destinations. 

Le grand développement des côtes du Danemark et sa situation exceptionnellement avantageuse, sur la 
yoie'qui relie à l'Europe occidentale, l'Allemagne, la Scandinavie et la Russie, expliquent pourquoi ce pays est 
essentiellement marchand et maritime. Son commerce avec l'Angleterre et l'Allemagne absorbe plus de la moitié 
de toutes ses transactions avec l'étranger. Ses relations avec la Belgique se bornent à l'importation des verres à 
vitre et à l'exportation des céréales et des bestiaux. 



->^H>i<(g)>i-H-^- 




S. M. Oscar II, Roi de Suède et Norvège 



33 




Suède et Norvège 





h y avait été réservé pour les deux Sections de Suède et 
Norvège un espace de 1300 mètres carrés; elles se distinguent 
par un arrangement méthodique et clair; on y circule facile- 
ment, et la vue des objets exposés n'y est pas interceptée, 
comme ailleurs, par des monuments et des pavillons, trop 
hauts ou trop rapprochés. 

Ces sections ont eu en outre le mérite rare, d'être 
prêtes pour le jour de l'ouverture; félicitons MM. les Com- 
missaires, d'avoir fait exception à ce qui semble être devenu 
la règle. 

Les Gouvernements de Suède et de Norwège décidèrent 
sans hésiter qu'ils participeraient officiellement à l'Exposition 
universelle d'Anvers. Des subsides, de 5ooo couronnes pour 
la Suède, et de 10,000 couronnes pour la Norwège, furent 
votés et les intérêts des exposants des deux pays furent placés 
entre les mains de M. Ch. Christophersen, Consul général 
de Suède et de Norvège, à Anvers, désigné comme Commis- 
saire général. M. Christophersen, envoyé peu après en mission 
au Mexique par son Gouvernement, fut remplacé intérimai- 
rement par M. Cassel, jusqu'au 25 janvier i885. Après le 
départ de M . Cassel, le Commissariat fut géré pendant deux 
mois par M. H. Irgens ; M. A. Kirsebom fut alors nommé 
Commissaire général ad intérim, avec M. Irgens comme 
Commissaire adjoint ; il remplit ces fonctions, en même temps que celles 
„Q de Consul général, jusqu'au retour de M. Christophersen. 

MM. Kirsebom et Irgens se sont acquittés de leur tâche avec une 
distinction qui a été appréciée en haut lieu; le Roi Léopold II les a nommés respectivement 
s Officier et Chevalier de son Ordre. 

La Suède et la Norvège ont des productions naturelles et industrielles fort distinctes. 
De magnifiques échantillons de bois de Norvège figuraient à l'Exposition d'Anvers : 
bois de construction, planches, madriers, frises et moulures de M. A. O. Haneborg, de Chris- 
lania; bois rabotés et lambrissages, de MM. Jacobsen & C°, de Fredrikstad; planchettes pour 
caisses d'emballage, de M. J. A. Svendsen, d'Asprestrand, etc. 

Grâce aux immenses forêts norvégiennes, qui fournissent la matière première, et aux nom- 
breuses chutes d'eau, qui donnent la force motrice, deux industries, la papeterie et la fabrication 
de la pâte de bois, ont pris dans ces dernières années un grand développement. 

De nombreux exposants figurent dans cette classe : MM. Chr. Christophersen, de Christiania, qui possède, 
outre plusieurs fabriques de pâte de bois sèche et humide, de sapin et de peuplier, une fabrique de papier, fondée 
en 1872 et une fabrique de cellulose, fondée en 1884 ; Chr. Anker, à Fredrikshald ; H. C. Hansen et la Union C°, 
à Skien ; la Skiens Cellulose jabrïk ; la Moss Cellulosefabrik, etc., etc. 



Parmi les produits chimiques, les allumettes occupent le premier rang ; le nombre des fabriques d'allumettes 
s'élevait en 1SS0 à seize, avec un personnel de 1087 ouvriers ; deux millions et demi de kil. ont été exportés en i883. 

La Christiania Tandstickfabrik, construite en 1882, produit à elle seule 180,000 grosses d'allumettes phospho- 
reuses, qu'elle expédie en Angleterre, aux Indes, en Amérique et en Australie. 

La Sîavanger Kemiske Fabrihs C° expose des acides sulphurique, muria tique, des acides à purifier l'eau, 
etc.; M. G. R. Fugiesang, de Christiania, de nombreux produits chimiques, et la Nitroglycerin Compagnie!, 
les matières explosibles de sa fabrication, dynamite, dynamyte-gomme, coton-collodion, gélatine explosive, etc. 
Une armoire à glace soigneusement fermée, était censée contenir ces dangereux agents politiques ; mais il 
paraît que l'armoire ne renfermait que des bocaux vides. 

Très jolie la collection de bijoux norvégiens en or et en argent, exposée par l'ancienne maison 
David Andersen, de Christiania; cette collection représente une industrie nationale; les types en sont par- 
ticuliers au pays; les bijoux en "filigrane, imitant les vieilles formes gothiques et norvégiennes, sont de plus 
en plus en faveur, tant en Norvège qu'à l'étranger. 

La poterie a décliné un peu dans ces dernières années ; elle était représentée par la Christiania 
Terra Cotta Fabrïk, qui exposait 
des vases, des coupes, et des 
types nationaux très curieux. 
Mentionnons encore les 
fleurs naturelles pressées de, 
M lleB L. Larsen, de Drammen 
et L. Bïdenhap, de Christiania ; 
un superbe groupe de trois têtes 
de chiens, brodé à la main sur 
du drap et encadré comme un 
fusain, de M 110 Catk. Foyn, de 
Christiania ; c'est à ne pas croire 
qu'on se trouve devant une bro- 
derie ; un petit traîneau fort 
original, de M. Lors Heffermehl 
de Drammen; un coffre-fort, 
merveille de mécanisme , de 
M. A. P. Foss, de Christiania ; 
de belles chaussures de MM. 
Ramsoe, H. J. Naess & L. O. 
Rolstad de Christiania; des ar- 
ticles de voyage, de M. J. Chris- 
science feront tôt ou tard découvrir. Le rapport des mines 
et celui des fonderies, à fr. 3,640,000. 

Le plus important des minéraux exploités est le sulfure de fer; viennent ensuite le phosphate de chaux, 
les chalcopyrites, l'argent, le nickel, le zinc, le cobalt et le fer. 

La plus grande mine de cuivre de la Norvège est aux mains d'une compagnie belge ; c'est la mine 
de cuivre de Vigsnaes, dans la préfecture de Stavanger, qui, en 18S2, employait 67S ouvriers. 

Dans l'Est du pays on trouve de grandes carrières de pierre à chaux, des pierres de construction, de 
l'ardoise, ainsi que des marbres blancs et de couleur. 

Des échantillons de tous ces produits étaient exposés à Anvers : des minerais de cuivre et de produits 
métallurgiques, par le Rôros Kobbervairk , de Rôros; des phosphates de chaux et minerais divers, par W.J.DahH, 
de Kragerô; des feldspaths, des quartz, etc., par M. Fr. von Scluvar^enhorn de Moss; des pierres meulières 
et des émeris, par la Norske Bryne & Slibestensfabvik, de Porsgrund ; de beaux blocs de marbre, par 
M. H. Stolt^ de Fuske ; des ardoises pour toitures, par MM. Th. Moestue & C°, de Christiania. 

La Norvège a obtenu un succès hors ligne et tout à fait justifié, pour ses clous à ferrer les chevaux. 
Cette fabrication est des plus remarquables; les quatre maisons qui ont exposé sont de Christiania; l'une, 
la Christiania Hesteskosoemfabrik a obtenu la médaille d'or ; les trois autres ont reçu la médaille d'argent : 
Ch. Christophersen, Det Norske Hesteskosoemfabrik et Loelvens Verk. 




M. Alfred Kirsebom 

Commissaire Général a. i. des sections Suédoise 

et Norvégienne 



tiansen, de Christiania ; des 
poignards, couteaux et autres 
objets, faits de dents de morse 
sculptées, de MM. A. F. Wang, 
de Drontheim, et Orbech, de 
Christiania. 

Les pelleteries norvégiennes, 
représentées par la maison 
/. N. Bruun , de Drontheirm. 
ne valent pas celtes qu'on ren- 
contre en Suède ; toutefois elles 
ont aussi leurs mérites, entre 
autres celui du bon marché. Les 
édredons et tapis d'édredon, à 
damiers gris et blancs, exposés 
par M. Bruun, sont charmants 
et paraissent très confortables. 
L'industrie métallurgique 
n'est pas fort développée en 
Norvège ; les montagnes ren- 
ferment des trésors minéraux 
nombreux, que le hasard ou la 
exploitées en 1882 est évalué à fr. 10,140,000, 



- 264 - 

Disons un mot maintenant d'une industrie qui progresse aussi très rapidement en Norvège, la 
brasserie. La bière norvégienne commence à pénétrer un peu partout et fait une concurrence sérieuse à 
ses rivales d'Angleterre et d'Allemagne. C'est surtout la fabrication de la bière d'exportation qui a pris de 
l'extension; en l883, sur une production totale de 35,703,400 litres, 1,902,460 litres ont été exportés. 

De nombreux exposants ont figuré dans cette classe ; citons au hasard la Frydenlunds Olbryggeri, 
la Christiania Akiie Bryggeri, MM. 0. N. Forseth & C», Th. Ytteborg & O, à Christiania ; la Hamar 
Bryggeri, à Hamar, et l'Arendal Bryggeri, à Arendal. 

A côté des produits de la brasserie, se trouvaient ceux de la distillerie, eaux-de-vie, alcools, punchs, 
de la Loiten Brœnderies Destination, de la Atlungstad Finspritfabrih, de la Holmens Destination, de 
MM. H. Poulson & C, 0. Hoxmorli, de Christiania. 

L'élément le plus important de la richesse publique, est la pèche ; elle est en même temps le seul 
moyen d'existence des habitants de l'ouest et du nord du pays où la culture est nulle et l'élève du bétail 
presque impossible. 

La pêche la plus importante est celle de la morue, qui se fait principalement aux îles de Lofoden 
et aux environs ; elle commence en janvier et finit en avril, et plus de 3o,ooo pécheurs, venus de tous 
les points du pays, y prennent part. 

Il va sans dire que la Norvège produit de l'huile de morue en grande abondance ; dans les bonnes 
années l'exportation dépasse 100,000 hectolitres, dont i/5 consiste en cette célèbre huile de foie de morue, 
connue et appréciée dans les deux mondes. En 1S80, il y avait 70 fabriques d'huile de morue, ayant 
ensemble 641 ouvriers. 

Des échantillons de ces produits se trouvaient exposées en assez grand nombre, ainsi que des con- 
serves de poisson, des poissons sèches et salés ; nous ne dirons pas qu'ils ont précisément attiré les visiteurs, 
malgré tous leurs mérites. 

Les Norvégiens se livrent aussi ave; ardeur à la pêche de la baleine, en Finmark ; plusieurs villes 
du Sud arment encore des vapeurs pour la pêche du phoque, entre l'Islande et ie Groenland; enfin, la 
pêche des lacs, qui recouvrent une superficie de 7,700 kilomètres carrés, entre aussi en ligne de compte 
pour une part notable. 

On comprend dès lors l'importance des engins de pêche dans un pays comme la Norvège ; on trouve à 
l'Exposition, des modèles de baleiniers à vapeur complètement armés, de la Akers Mekaniske Vœrshted et de la 
Nylands Vœrksted, de Christiania des; canons, harpons et carabines rayées de sûreté, de MM. L. H. Hagen & C; 
mais la palme revient à M. H. Henriksen, de Tônsberg, qui a obtenu le seul diplôme d'honneur attribué 
aux appareils de pêche, pour son « Bottle nose » ; c'est un harpon formidablement barbelé, avec des 
crochets qui rentrent dans la tige pour mieux pénétrer dans la chair, et qui ressortent ensuite pour empê- 
cher le retrait ; cet engin est lancé par un petit canon qu'on pointe dans la direction de la baleine ; un 
obus placé à l'extrémité du harpon, éclate dans le corps du monstre et abrège considérablement ses der- 
nières angoisses ; il met aussi les pêcheurs à l'abri des surprises désagréables. 

L'inventeur de cet appareil, M. Foyen, après avoir sacrifié une fortune à la découverte de cet engin 
perfectionné, est aujourd'hui archi-millionnaire et considéré comme un- des grands bienfaiteurs delà Norvège. 

Nous n'avons encore rien dit de la navigation, qui joue cependant un grand rôle dans l'économie 
du pays. Le pavillon norvégien est connu partout. La marine marchande occupe, quant au tonnage, une 
des premières places parmi celles des nations maritimes et même la première par rapport à la population. 

En i883, la Norvège possédait 7,899 navires marchands, jaugeant 1,547,194 tonneaux et montés par 
6o,523 hommes d'équipage. 

Un modèle de navire muni de tous ses agrès -et accessoires, figure dans le compartiment norvégien; 
c'est une œuvre de patience et d'habileté, due à M. Fr. W. Hoyer, à! Arendal. 

On y a remarqué aussi avec intérêt le modèle d'un bateau de Viking, exposé par M. A. Cammer- 
meyer, de Christiania, tel qu'il a été trouvé à Gokstad, près de Sandefjord, ainsi qu'une description 
détaillée de cette découverte, Ce bateau, découvert sous le sable, à la place où il avait reposé pendant des 
siècles, à servi au transport des terribles Normands, dans leurs invasions jusqu'au cœur du pays. C'est dans 
de semblables bateaux que les chefs ou Rois, se faisaient inhumer, comme les Pharaons dans leurs pyramides, 
avec leurs armes et leurs bijoux. Sur le modèle exposé, un renflement indique la place du sarcophage. 

Occupons-nous maintenant, plus spécialement, des remarquables produits exposés par la Suède. 

On observe dans la Suède, qui ne mesure pas moins de 85o kilomètres du Nord au Sud, une grande 









265 



'diversité de climats et de végétation. Tandis que les contrées du Sud produisent plus de céréales qu'elles 
n'en consomment, la partie septentrionale peut à peine suffire à la consommation locale. Le seigle et l'orge 
seuls, mûrissent jusqu'en Laponie. 

L'agriculture a fait de grands progrès depuis un demi-siècle. Le sol de la partie méridionale est très 
fertile et produit en abondance du froment, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des pommes de terre, etc. 
En 1825, la Suède importait encore 200,000 à 3oo,ooo tonneaux de blé; actuellement l'exportation atteint 
déjà un chiffre très élevé. 

Une collection complète de céréales, disposée avec beaucoup de goût, sur le meuble destiné à les 
contenir pour le transport, a beaucoup intéressé tous ceux qui s'occupent d'agriculture. Ce précieux envoi, 
dû à l'intervention bienveillante du Gouvernement Suédois, a été offert en cadeau au Gouvernement Belge, 
pour son Musée Commercial. Voici les noms des exposants qui ont contribué à la formation de cette 
belle collection de grains et de graines : l'Académie Royale d'Agriculture de Suède, la Svensha Frùkontorret, 
MM. A. Bjorkman, Kirsch Enka, Selberg & C\ A, Uddenberg, A. Wibell, Ygberg & Jàderlund, E.Ohman, 
à Stockholm; la Société d'Ostrogothîe pour la culture des semences suédoises, à Linkôping; M. 0. Ohlsson, 
à Chrislianstad. 

Ici, comme en Norvège, le bois est une des grandes richesses du pays; les forêts couvrent environ 
175,000 kilomètres carrés; le sixième appartient à l'État, le reste à des particuliers et à des sociétés; l'exploi- 
tation a pris une extension colossale, depuis la création de nombreux moyens de transport. 

L'exportation consiste, non seulement en bois bruts, dégrossis et rabottés, mais aussi en travaux de 
menuiserie, portes, moulures, etc. La supériorité industrielle de la Suède s'affirme ici d'une façon éclatante ; 
tous ces travaux sont faits de très belles pièces de bois, choisies sans nœuds, travaillées avec une précision 
remarquable et de plus, leur prix est excessivement réduit. L'exposition de l'établissement Fogelfors Bruk, 
de Fogelfors et Lillsjôdal, à obtenu la médaille d'or pour ses bois ouvrés. 

On travaille aussi le bois à la main en Suède; M me Selma Gi'obel, à Stockholm, exposait de beaux 
objets en vieux style Scandinave. 

Les forêts ont donné naissance à de nombreuses industries, — telles que scieries, vanneries, — à la 
fabrication de la térébenthine, du goudron, des cendres, de la pulpe de bois et de pâte à papier ; elles 
alimentent encore les chantiers maritimes et les fabriques d'allumettes chimiques. 

La célèbre allumette suédoise, qui a empêché tant d'accidents, et dont 
devenu général , a mis 



Jônkôpinis TândstJcksTabrfks Patent 
SAKERHfel^oSfl^R 

J^)utansvaFvel|! 
Tanda errdast mot lâdans pian. 







TRADE MARK 



l'emploi est aujourd'hui 
gré les nombreuses imi- 
tations et contrefaçons 
dont elle est l'objet, la 
marque Sàherhets-Tànd- 
stickor est exportée dans 
toutes les parties du 
monde. Cette fabrique 
ses produits. 



40 ans pour établir sa 
supériorité d'une façon 
incontestable. La J'ôn- 
k'opings Tandstichsfabrih 
Ahtiebolag, existe depuis 
1845 ; aujourd'hui, mal- 
doit sa renommée universelle au soin qu'elle apporte à sa fabrication et au contrôle minutieux d< 

Sa production, en 1884, a atteint 247,768,388 boîtes ! 

La pâte de bois était représentée par la Gustafsfors Fabrikers Ahtiebolag; cet établissement exposait 
des pâtes chimiques (à soude), des pâtes blanchies et non blanchies, des fibres extraordinairement longues, 
blanches et fortes. Il y avait encore la pâte de tremble de la Forsvihs Ahtiebolag. 

Une exposition très visitée est celle de MM. D. Forssell & C°, dont les superbes pelleteries et les 
riches fourrures, en loutre, hermine et renard bleu, ont eu beaucoup de succès ; chacun voulait savoir le 
prix de ces beaux échantillons; les moelleux édredons et les chaudes couvertures de la même maison se 
vendaient à des prix raisonnables. 

Mentionnons encore les travaux en cuir de M me C. Sjôberg, de MalmÔ, fleurs, cadres etc.; les 
colliers, broches, bracelets, boucles d'oreilles, en écailles de poissons, de M me Evelina Jîagberg,âe Grund- 
sund; les objets fins en acier forgé, rasoirs, couteaux, de la Eshilstuna Jernmanufahtur Ahtiebolag; les 
produits chimiques de MM. Bœchman & Burmester, de Stockholm, et L. Westerberg, de Gèfle ; les 
bobines pour fil à coudre, de la Kalmar Bobbin Fabrik ; les filtres de grande dimension , à adapter aux 
tuyaux des conduites d'eau dans les cuisines, les filtres portatifs en poterie, les filtres de poche pour les 
armées, les chasseurs, etc., de MM. Kunt\e & C\ de Stockholm ; les instruments chirurgiques, de M. G. 
L. Jacoby, chirurgien-bandagiste, à Stockholm. 



H^pv 



— 266 — 

La Suède possède encore bien des industries, dont plusieurs ne figurent pas à l'Exposition d'Anvers: 
Stockholm est connu pour ses instruments de mathématique et de physique ; Faklun est renommé pour 
ses fabriques de cordages; Elfewedal excelle dans la confection des vases et d'autres objets d'ornements en 
porphyre; les fabriques de gants et les tanneries jouissent d'une réputation méritée. 

Mais l'industrie suédoise par excellence, celle dont les produits sont recherchés sur tous les marchés 
du monde, ces la 
fabrication du fer. 

Le susines Sué- 
doises nous avaient 
envoyé des types 
de fers et d'aciers 
splendides, d'une 
finesse de grain et 
d'une homogénéité 
incomparables. Ici 
il faudrait citer 
tous les exposants 
et tous les produits . 

Le dessin que 
nous reproduisons 
représente l'exposi- 
tion de la maison 
Lars Lindsberg's 
Sterbkusdel égare , 
qui possède en 
Suède les établisse- 
ments de Kohlsva 
et de Dahlkarls- 
hyltan , deux des 
usines métallurgi- 
ques les plus an- 
ciennes du pays ; 
la concession de 
Kohlsva remonte 
à 1641. 

Dans les hauts- 
fourneaux de 
Dahlkarlshyttan, 
le fer se fabrique 
exclusivement au 
charbon de bois, 
et avec des mine- 
rais provenant de 
mines appartenant 

,, ' , Exposition des usines de fer et d'acier de la maison Lars Lindsberg's Sîerbhusdeiegare-Kohlsva 

quelles sont clas- r J ° 

sées au.Tpremier rang. Aussi tous les produits sortant de cette usine sont-ils excellents et d'une qualité toujours égale. 

inszim A* Kohlsva, le fer est préparé suivant les méthodes Lancashire et Siemens-Martin; c'est là que sont 

installés les laminoirs. 

;v.à~ , ' On y fabrique des lingots, des billettes, des massiaux, du fer pour la fabrication de l'acier, du fer 

pour clous de fers à cheval, du fer rond pour boulons, des barres, du fil laminé pour des usages plus 

délicats, etc. Ces différents produits se font dans toutes les dimensions, selon les commandes. 

L'usine de Kohlsva s'est attachée, depuis de longues années, à ne fabriquer que des fers de toute 







! I 



- 267 - 

première qualité ; ils sont connus dans tous les pays et classés définitivement parmi les meilleurs fers de Suède. 

Une de ses spécialités les plus appréciées est le fer laminé pour garnitures de cardes. 

Nous donnons ici les résultats d'une analyse exposée, de fer Lancashire, faite par M. le Docteur en 
Philosophie Ad. Tamm et datée du 3i mars l8S5. 

Carbone o,o5 °/„; Silice, o,o33 °/„; Phosphore, 0,014 % • Soufre, trace; Manganèse, 0,02 ■/„. 

Les établissements de Kohlsva (dont l'adresse est : Kohlsva, Suède), sont situés près du lac Mcelaer, 
ce qui facilite les communications avec Stockholm ; on peut également utiliser pour les transports, le chemin 
de fer de Gothem bourg. 

La maison a exposé à Anvers une magnifique collection de ses produits, dans laquelle on remarque 
surtout les minerais, les aciers, les fers, etc. Des analyses et des épreuves, faites avec un soin minutieux, 
en ont démontré péremptoirement les hautes qualités ; les épreuves par traction, pour démontrer la force 
de résistance, ont été particulièrement concluantes. 

Le Jury s'est fait l'interprète de tous les industriels en décernant à cette firme le Diplôme 
d'Honneur; il a consacré ainsi une réputation justement acquise. 

La fonderie de fer à forger et d'acier de MM. Faustman & Ostberg, de Stockholm, expose un 
nouvel acier, l'acier de Mitis, directement produit par le refonte du fer forgé ou acier suédois. L'acier de 
Mitis possède toutes les qualités du fer forgé : il convient à toutes constructions de machines, se prête aux 
formes les plus compliquées et permet ainsi le travail des objets les plus variés. 

Une médaille d'or a été décernée à la Aktiebolag & Ankarsrums Bruk & Finspongs Stychebruh, pour 
ses magnifiques projectiles de guerre, en fonte et en acier. 

Le Fagersta Bruks Aktiebolag de Westanfors, représentée à Anvers par MM. Ceurvorst et Berten^ 
avait une exposition très variée et très remarquable : fers à boulons, barres, clous de fer à cheval, parties 
de machines, arbres à manivelles, bielles et traverses, acier pour ressorts, acier de fleurets de mine, 
masses et massettes de mine, ressorts à boudins, scies pour scieurs de long, scies circulaires, etc., etc. 

Tout cela est très intéressant, mais ne s'adresse qu'aux spécialistes ; voici qui s'adresse au public en 
général et qui se passe de commentaires : un fil de fer, d'un diamètre de 2™og et d'une longueur de on'60^ 
supporte un poids de 410 kilos, ce qui correspond à une tension de 120 kil. par millimètre carré. Cette 
expérience a été faite d'une façon permanente sous les yeux du public, par le Fagersta Bruks Aktiebolag. 

Chaque pays expose largement les produits de ses distilleries ; la Suède ne pouvait manquer de 
suivre cet exemple, d'autant moins qu'elle possède une liqueur nationale des plus estimables, le punch 
d'arrac. Ce produit n'est pas nouveau ; l'un des exposants, /. Cederhmds Sôner de Stockholm, fabrique le 
punch suédois depuis 1832. 

L'Angleterre est le pays avec iequel la Suède entretient les relations commerciales les plus importantes; 
elle importe des bêtes à corne, du beurre, des planches et des madriers, etc. ; elle envoie par contre en 
Suède, de la houille, du café, du coton, des rails, des tissus de laine, etc. 

Les relations entre la Suède et la Belgique sont assez suivies : nous expédions en Suède nos verres 
à vitres, nos laines, nos machines et outils, nos peaux brutes et préparées, et recevons en échange des 
fers, des céréales, des bois et de la pâte de bois. 

Parmi les usines métallurgiques de la Suède, représentées à l'Exposition universelle d'Anvers, il 
convient de citer la .< Société anonyme d'Uddeholm » (Uddeholms Aktiebolag) établie à Uddeholm. 

Ces usines, considérablement agrandies pendant ces dernières années, produisent actuellement les 
fers et aciers, sous la majeure partie des formes et dimensions du commerce. 

Elles fabriquent le métal Bessemer et le métal Siemens-Martin, non seulement sous forme de lingots 
et billettes, mais aussi en barres et fils de toutes dimensions, telles qu'on les demande généralement, ainsi 
que sous forme de plaques et de bandes; ces derniers ont jusque lao""" de largeur et une épaisseur 
minimum de 2™". Ces métaux ont toutes les duretés employées. 

Les usines d'Uddeholm fabriquent spécialement des bandes de toutes dimensions en métal Siemens- 
Martin pour la fabrication à froid des clous à ferrer, fabrication très répandue actuellement en Europe 
et aux Etats-Unis. Le métal d'Uddeholm fabriqué dans ce but est supérieur à tous les métaux connus, 
par sa pureté, son homogénéité, sa force et sa ductilité. 

Dans les dernières années la fabrication de ces bandes a dépassé 5ooo tonnes par an. 
Les mêmes établissements produisent des fils pour la fabrication à chaud des clous à ferrer américains, 
qui sont les plus renommés, et du fil employé très avantageusement dans la fabrication des garnitures de cardes. 






M 



26S ■ 



Le métal Bessemer qu'ils fournissent, est employé comme métal doux pour un grand nombre 
d'usages, et sous forme d'acier, pour la fabrication des armatures de parapluies, ressorts de crinolines, 
lames et bandes de scies, limes, fleurets de mineurs et outils de toutes sortes, pour la fabrication desquels 
on se servait jadis de l'acier fondu anglais. 

Le fer d'Uddeholm, préparé d'après la méthode du Lancashire, est reconnu depuis longtemps comme 
l'une des meilleures espèces de fer à acier suédois. 

Une grande quantité de ce fer est employée, partie pour la fabrication des ressorts, partie pour la 

fabrication d'autres objets en acier. Le 
reste est transformé en acier par la 
Société d'Uddeholm elle-même. 

Le fer d'Uddeholm s'est aussi 
beaucoup vendu sous forme de fils 
pour des usages plus délicats. Les 
qualités inférieures trouvent un dé- 
bouché facile sous forme de barres à 
rivets et fil à clous. 

La Société a fabriqué dans ces der- 
niers temps en grande abondance des 
outils et ustensiles de tous genres, tels 
que haches, marteaux, marteaux de 
frappeurs, fleurets de mineurs, enclu- 
mes, etc., etc., puis des fers à cheval, 
des clous à ferrer et des vis à bois. 
L'exposition de la Société d'Udde- 
holm dans la section Suédoise, pré- 
sentait de beaux échantillons de sa 
fabrication ; ils étaient disposés de façon 
à donner au visiteur une idée complète 
de ses diverses productions. 

On y remarquait d'abord les pro- 
duits en fer suédois (préparé d'après la 
méthode du Lancashire) ; puis les aciers 
Bessemer ; ensuite les aciers Siemens- 
Martin, et enfin, les outils et ustensiles. 
Chaque catégorie formait une pyramide. 
A la base des trois premiers côtés se 
trouvaient des spécimens des minerais 
les plus célèbres avec lesquels la Société 
fabrique le fer et l'acier ; ils proviennent 
des mines de Persberg, Taberg, Lang- 
ban, Finnmossen et Nordmark. 

11 était facile de suivre toute la 

fabrication : du côté du fer on voyait 

des gueuses, des blooms, de l'acier en 

tonneaux, des barres et des fils de fer. 

Du côté du métal Bessemer : des lingots et des billettes, des plaques (slabs), des bandes, de l'acier 

à outils, de l'acier plat, du fil d'acier et de l'acier en tonneaux. Du côté du métal Siemens-Martin : des 

gueuses, des lingots, des billettes, des barres, du fil de fer, des bandes à clous et des clous à ferrer. 

Enfin du côté des outils : des enclumes, des marteaux à pics, des pinces, des fleurets de mineurs, 
des haches, des aciers en fagots, des fers à cheval, des clous à ferrer et des vis à bois. 

Cette exposition si complète et si bien ordonnée, présentait un réel intérêt; elle a été hautement 
appréciée tant par les spécialistes que par te jury, qui n'a pas hésité à décerner à la Société anonyme 
d'Uddeholm la plus haute récompense, le diplôme d'honneur. 




Exposition de la Société anonyme d'Uddeholm (Uddeholms Ahtiebolag). 







Principauté de Monaco 




Î''*V 



Ces mots seuls évoquent des souvenirs riants de 
fleurs, de grâce et de lumière. Tout sourit et tout 
chante dans ce petit coin de terre privilégié, 
enclavé entre deux puissants pays ; son ciel tou- 
jours pur et ses flots toujours bleus, sa luxu- 
riante végétation orientale et sa situation pit- 
toresque, suffiraient à eux seuls pour attirer et 
retenir les touristes. 

La fondation de Monaco remonte aux 
1 temps les plus reculés de l'histoire des régions 
occidentales de la Méditerranée. 

Denis d'Halicarnasse et Diodore de Sicile 
donnent surtout des notions précises sur l'ori- 
gine de ce lieu et le nom de ceux qui y appor- 
tèrent la civilisation. Sous les voiles d'une fiction 
transparente, ces auteurs ont conservé la tradition 
suivant laquelle Hercule, se rendant en Espagne, 
prit terre sur le territoire de Monaco, y vainquit le brigand Géryon, ouvrit un passage à travers les Alpes 
et donna son nom au port où il avait abordé. 

Il faut donc voir dans ce point de la Ligurie l'un des lieux où, dès la plus haute antiquité, les plus 
anciens navigateurs du monde, les Phéniciens, vinrent fonder un établissement. On sait que, sous le mythe 
d'Hercule, la riche et poétique imagination des Grecs a gardé le souvenir des expéditions des marins et des 
marchands de Sidon et de Tyr. 

On s'explique, en effet, que ces conquérants antiques des rivages méditerranéens aient occupé le port 
naturel de Monaco, si bien placé au pied des grandes Alpes Maritimes. Ils y trouvaient un lieu commode 
et sûr d'abordage et ils avaient, à proximité, des sommets d'où ils pouvaient tenir en bride le brigand 
Géryon, c'est-à-dire les peuplades chez lesquelles ils venaient échanger les produits de l'Orient civilisé 
contre ceux de ces contrées encore sauvages. 

Là ils élevèrent un autel à leur divinité nationale, à Melkarth, au dieu jaloux, qui, à l'exemple de 
Jéhovah, ne souffrait pas d'autre culte à côté du sien. Et ce rite singulier avait frappé l'esprit des poly- 
théistes grecs, en sorte qu'ils caractérisèrent Melkarth, l'Héraclès de leurs légendes, par l'épithète de 
« solitaire » Monoïkos. De là le nom que l'antiquité classique donna au « port d'Hercule solitaire » Portus 
Herculis Monœci. 



Par la suite, dans les premiers siècles du christianisme, le nom de Monachus prit une signification 
spéciale et fut attribué aux religieux, aux solitaires qui devinrent bientôt une des grandes forces de l'Eglise. 



1111 
11^1 






Aussi, le souvenir des tra- 
ditions héroïques venant à s'al- 
térer et à se confondre avec 
l'acception nouvelle du mot qui 
les rappelait, à l'idée d'Hercule 
se substitua celle d'un moine 
athlétique. De là ce moine qui 
d'abord figure en cimier sur 
l'écusson de Monaco et qui, ré- 
pété ensuite de chaque côté de 
cet écusson, devint le support 
du blason de la Principauté. 

Les Romains n'eurent garde 
de négliger la possession d'un 
territoire qui reliait la Gaule à 
l'Italie et dont la situation excep- 
tionnelle en faisait une des plus 
importantes stations du littoral. 
Ce fut là que César-Auguste, 
retournant à Rome, s'embarqua 




S. A. S. Charles III, prince souverain 
de Monaco. 



pour Gènes, après avoir laissé 
à la Turbie un monument com- 
mémoratif de sa victoire sur les 
populations liguriennes, vingt- 
cinq ans avant Jésus-Christ (1). 
Les barbares, à partir du iv ; ' 
siècle, traversèrent à tour de 
rôle cette contrée sans y laisser 
de trace durable de leur pas- 
sage ; mais il n'en fut pas de 
même des Sarrasins, lorsqu'ils 
envahirent le Midi de l'Europe; 
ils détruisirent alors un grand 
nombre de lieux habités de la 
Ligurie et s'emparèrent, en 814, 
des hauteurs d'Eza, de la Tur- 
bie et de Sainte-Agnès. Ils y 
élevèrent des enceintes forti- 
fiées qui, de la plus célèbre d'en- 
tre elles, reçurent le nom géné- 



rique de Fraxinets. C'est de là qu'ils descendaient pour désoler et livrer à d'affreux ravages les régions 
environnantes. 

La lutte acharnée qui aboutit, après plusieurs siècles, à l'extermination de ces hordes d'infidèles, a 
- laissé sur les côtes de la Provence et de la rivière de Gènes de profonds souvenirs. 

Un nom illustre s'y rencontre dès l'origine et brille, au X e siècle, au premier rang parmi ceux des 
héros chrétiens 



de cette pério- 
de. Dès lors, la 
race des Gri- 
maldi se trouve 
intime ment liée 
aux phases glo- 
rieuses de l'his- 
toire de ces 
qontrées; désor- 
mais, hardis 
marins autant 
qu'intrépides 
guerriers , les 
descendants de 
Giballin Gri- 
mai di feront re- 
tentir les échos 
de la Ligurie, 
aussi bien que 




ceux des mers 
lointaines de 
l'Orient, du 
bruit de leurs 
exploits et des 
services que 
leur vaillante 
épée rendit à 
la civilisation 
chrétienne. 

Aussi, par 
une juste et 
providentielle 
récompense, il 
leur a été donné 
de maintenir 
fièrement au 
cœur de cette ■ 
Ligurie, théâ- 
tre de leur pre- 



Façade du palais de S. A. S. le prince de Monaco. 

mière gloire, leur indépendance et leur souveraineté, conservant intact leur pouvoir sur ce rocher de Monaco 
où ils n'ont jamais reconnu d'autre supérieur que Dieu et d'autre maître que leur épée. » (2). 

La France d'abord, l'Espagne ensuite, pendant le siècle où la fortune de la France décima, puis 



(1) Aggeribus socev Alpinis atque arce Monœci descendons. (Aurelius Victor.) 
(3) Lettres de sauvegarde du duc de Savoie de 14S9 ; — Lettres patentes de Louis XII de fevr 
'Archives du palais de Monaco). 



1512; — Bulle du pape ^Clément VII de 1524 



de nouveau les Rois Très Chrétiens se firent les garants de cette indépendance, et c'est ainsi que la petite 
souveraineté des Grimaldi a traversé les bouleversements politiques qui atteignaient ses plus proches et plus 



puissants voisins pour se 
trouver encore debout au 
moment de la Révolution. 

Depuis le traité de Pa- 
ris (1814) qui rendit la Prin- 
cipauté à la maison Grimal- 
di, les princes qui ont suc- 
cessivement gouverné Mo- 
naco se sont efforcés d'y 
introduire les institutions 
nécessitées par les progrès 
de la civilisation dans les 
autres États de l'Europe, 
et d'y créer des branches 
d'industrie en rapport avec 
le caractère de ses habitants 
et les exigences ou les be- 
soins de l'énorme popula- 
tion flottante qui visite cha- 
que année la Principauté. 

Mais c'est à partir de 
l'avènement de Charles III, 
le Prince actuel , que la 




S. A. S. le prince Albert, prince héréditaire 
de Monaco. 



accrue dans des proportions 
inconnues aux règnes pré- 
cédents. 

Monaco, jusque-là ren- 
fermé sur son roc altîer, 
s'est augmenté de trois fau- 
bourgs, qui rivalisent déjà 
avec la métropole: la Con- 
damine, Monte-Carlo avec 
ses merveilles, les Moulins, 
ce délicieux quartier encore 
neuf, émaillé de bosquets 
où l'œil se repose sur le 
feuillage toujours vert des 
pins, des orangers, des ci- 
tronniers et des oliviers. De 
nouvelles routes ont été tra- 
cées : celle de Menton, qui 
a demandé d'importants tra- 
vaux d'art, et celle de Nice. 
Un chemin de fer qui côtoie 
le rivage dentelé de la mer, 
tantôt passant sous des tun- 
nels, tantôt franchissant des 



prospérité du petit État s'est 

abîmes sur des ponts monumentaux, relie le département des Alpes- Maritimes à la Ligmïe italienne, 

traversant dans toute sa longueur la Principauté, où il compte deux gares. 

D'innombrables villas, coquettes, élégantes, souvent luxueuses, se sont élevées comme par enchan- 
tement, et si l'on a maintenant une crainte, c'est de voir la pierre envahir ces adorables jardins plantés 



d'orangers et de ci- 
tronniers et qui sont 
à la fois pour Monaco 
le plus charmant or- 
nement et une source 
de richesse. 

En même temps 
que le nombre des 
étrangers, visiteurs de 
la Principauté, crois- 
sait d'année en année, 
on vit se fonder de 
beaux hôtels, ainsi 
qu'une buanderie 
modèle avec séchoir 
à vapeur et repasseu- 
ses mécaniques , le 
seul établissement de 
ce genre qui existe 





rît 

lil 
■ML 


'v. 


! 


— -Hf 


ÉyK 






— t„ 


^ 








^JgHggmg 












âSgËËËis* 



Le yacht à voiles « l Hirondelle » de S. A. S. le prince héréditaire 
de Monaco. 



dans ces régions et 
qui occupe un grand 
nombre d'ouvrières. 

La fondation de 
la Société industrielle 
et artistique de Mo- 
naco, par M me Marie 
Blanc, est venue ap- 
porter à la Principau- 
té, grâce à la protec- 
tion éclairée de Char- 
les III, de nouveaux 
éléments de prospé- 
rité. 

Cette Société com- 
prend d'abord l'ex- 
ploitation du labora- 
toire de la Conda- 
mine, établissement 



scientifique autant qu'industriel, où se fabriquent des produits pharmaceutiques, des liqueurs, des teintures, des 
essences, des extraits, des eaux de toilette et en général tout ce qui concerne la parfumerie; puis la Poterie 
qui sous ce nom modeste a pris depuis longtemps une importance considérable dans la céramique et qui 
occupe également un grand nombre de personnes, artistes et ouvriers ; l'école de dessin et enfin les magasins où 





est mis en vente tout ce qui est fabriqué par la Société industrielle et artistique de Monaco, ou pour 
son compte. Maïs l'industrie n'est pas l'unique ressource des habitants de Monaco, qui, ne payant aucun 
impôt, recueillent dans son intégralité le fruit de leur travail. 

Le territoire monégasque, bien qu'exigu, fournit également des produits naturels d'une culture facile 




Vue générale de la principauté de Monaco. 

et d'un placement assuré, en sorte que quiconque possède une parcelle de cette terre bénie, est certain 
de voir un rendement rémunérateur récompenser son travail. De tout ce qui précède on peut tirer l'explication 
de l'air de bien-être et de santé de la population monégasque, de sa moralité et de son attachement aux 
institutions qui lui ont créé une situation si enviable. L'examen détaillé des produits exposés par la 
Principauté de Monaco sera la meilleure justification des faits énoncés dans cet avant-propos. 

L'EXPOSITION DE MONACO 

Le joli pavillon, entouré de verdure, où se trouvent rassemblés les produits variés de la Principauté 
à l'Exposition universelle d'Anvers, éveille les mêmes idées gracieuses que le Monaco de la Méditerranée, cette 

sionomie du palais 



station balnéa 
qu'un écrivain mo- 
derne a justement 
comparée à « un 
bouquet, un nid, 
une corbeille de 
fleurs ». 

Sa construction 
de forme rectangu- 
laire, de 5 ra sur 20, 
avec ses murs hauts 
de 5 m couronnés de 
créneaux, rappelle 
assez bien la phy- 




deS. A.S.leprince 
de Monaco. 

Elle fait très 
bonne figure, l'ex- 
position Monégas- 
que, avec ses trois 
superbes soldats de 
la garde d'honneur 
du souverain — tu- 
nique bleu clair et 
collet rouge — vis- 
à-vis de l'imposant 
colosse russe, gardé 



Cour d'honneur du palais de S. A. S. Le prince de Monaco, 
par les majestueux chevaliers-gardes du Czar. Les richesses accumulées dans l'espace, malheureusement trop 
étroit, qui lui est réservé, sont à bon droit l'objet de l'attention générale et classent définitivement ce petit 
État parmi les pays d'industrie, d'art et de progrès. 









- 2 7 3 - 

Ce n'est pas la première fois que la Principauté prend part à ces tournois internationaux des Expositions 
universelles ; ses débuts à Vienne en 1873 furent un succès, qui s'affirma une fois de plus en 1878 à Paris. Mais 
dans ces deux expositions, les produits industriels et artistiques avaient presque tous été exposés par la « Société 
Industrielle et Artistique de Monaco » fondée grâce à l'intelligente initiative de Madame Marie Blanc : cette société 
y recueillit de nombreux et légitimes lauriers. 

A Anvers, nous avons assisté à une coopération plus large et plus complète : plus de 40 exposants — pro- 






pnetaires, in- 
dustriels et sa- 
vants, — ré- 
partis dans 28 
classes, ont te- 
nu à honneur 
de contribuer, 
chacun dans 
sa sphère, au 
succès de l'œu- 
vre commune. 
Disons tout de 
suite que ce 
brillant résul- 
tat est dû, en 
grande partie, 
aux e ffo r t s 
et à l'infati- 
gable énergie 
des hommes, 




Pont sur le ravin de Sainte-Dévote, vrès de Monaco. 



en qui le gou- 
v e r n e m e n t 
avait placé sa 
confiance ; 
nous avons 
nommé MM. 
Robyns d'In- 
k e n d a e I e , 
chargé d'affai- 
res honoraire 
et Consul gé- 
néral de la 
Principauté 
pour le royau- 
me de Belgi- 
que, Edmond 
Blanc, com- 
missaires, et 
M. Léon Es- 
tor, secrétaire. 



C'est grâce à l'impulsion de S. E. le baron de Saint-Priest, gouverneur général de la Principauté et au 
concours si actif et si empressé de M. Edmond Blanc, que les produits de Monaco sont arrivés nombreux et variés. 
C'est sur leurs indications que l'architecte a construit le pavillon de la Principauté et c'est à leur goût délicat 
que cette exposition doit ce cachet d'art qui frappe tous les visiteurs. 

Ils ont été secondés parfaitement dans leur tâche par l'assistance bienveillante et toujours acquise de 
M. A. Rodants, consul de Monaco à Anvers. 

Pénétrons dans ce charmant pavillon et examinons en détail cette exhibition si intéressante. 

Les produits qui y dominent sont ceux de la « Poterie artistique de Monaco » ; ils se distinguent par une 
grande originalité 
de formes et de cou- 
leurs, un goût ex- 
quis et une exécu- 
tion parfaite. 

La. « Poterie ar- 
tistique » , classée 
hors concours, n'est 
fondée que depuis 
1872. C'est de cette 
époque également 
que datent les ef- 
forts, les progrès, 
nous dirons même 



la renaissance de 
la poterie émaillée. 
Si l'on remonte, en 
effet, à une quin- 
zaine d'années seu- 
lement, on constate 
que les fabriques 
de céramique s'en 
tenaient toujours à 
la peinture à l'es- 
sence et à l'eau, sur 
des émaux plombi- 
fères et stannifères, 
La Condamine (Principauté de Monaco). comme au siècle 

dernier. Puis la chimie, en enrichissant par de laborieuses recherches, la palette des émaux d'une variété 
infinie de nuances, en trouvant les émaux sous glaçure, donna l'idée de perfectionner les poteries et de créer 
des types nouveaux. 

De ces essais sortit le genre fantaisiste dont nous admirons les échantillons dans la section qui nous occupe. 




— 274 — 

Le travail en est très fin : les poteries sont tournées et les ornements faits à l'ébauchoir et à la main, 
à l'exclusion absolue du moule ; le dessin et la couleur sont variés à l'infini. 




On n'abandonna pas les formes anciennes, gallo-romaines, étrusques, grecques, arabes et autres qui 
servent toujours de base, mais on tenta de les rajeunir en cherchant l'originalité dans le décor. 








- 2 7 5 - 

La Poterie Artistique de Monaco expose un grand nombre de vases, cache-pots, plats, coupes, potiches 
rappelant le chine et le japon, etc., ainsi que des paniers, hottes, corbeilles et autres objets imitant les articles de 
vannerie. Rien" de plus délicat que ces poteries que l'on dirait faites de l'osier le plus souple et qui sont ornées 

de fleurs délicatement modelées et 
brillant de couleurs vives et natu- 
relles. Cette production de fleurs en 
argile— une spécialité de Monaco — 
a atteint un haut degré de perfection. 
Comme fantaisie, très curieuse 
aussi, citons quelques spécimens de 
violons en faïence ; jusqu'à présent on 
n'en connaissait guère que de Delft. 
A côté de la po- 
terie, nous voyons des 
objets de marquete- 
rie en bois d'olivier, 
exposés par M. Fa- 
raldo , d'un dessin 
plein de goût, d'une 
délicatesse de travail 
et d'un fini vraiment 
remarquables. 

La Société' Indus- 
trielle et Artistique de M onaco expose encore dans une autre industrie, qu'elle doit aux produits naturels de 
son sol : celle de la parfumerie. 

Il y a bien longtemps déjà que les richesses incomparables de la flore de Monaco ont été recherchées 
et exploitées; c'est à la Condamine, un 
de ses faubourgs, que se trouvaient les 
jardins de l'ancienne et fameuse maison 
Rimmel, si connue à Paris et à Londres. 
C'est là que son modeste laboratoire de 
la Costa puisait les fleurs dont il distillait 
les parfums et dont il tirait ses essences 
de géranium, de jasmin, de bergamotte, 
de violette, d'héliotrope, etc. 

La Société Industrielle et artistique de 
Monaco à son tour, est parvenue 
à élaborer les parfums les plus 
suaves et les plus délicats, en 
appliquant à la distillation de 
tous les végétaux odoriférants 
qui croissent dans la Principau- 
té, les procédés de fabrication 
les plus perfectionnés , et en 
employant les alcools les plus 
rectifiés; son établissement mo- 



M. Robyns d'Inkendaele 

Chargé d'affaires honoraire, 
Consul général de Monaco pour la Belgique. 



M. Edmond Blanc, 

Commissaire de la Principauté de Mena 
à VExposïlion universelle d'Anvers. 



dèle, dirigé par de savants chimistes, 
produit des eaux de senteur hors ligne ; 
ses eaux de lavande ambrée, eau de Co- 
logne, extraits et essences, peuvent riva- 
liser avec les produits similaires des meil- 
leures maisons de tous les pays. 

Ses produits chimiques et pharmaceu- 
tiques sont également dignes d'attention. 
Il ne serait pas juste de passer sous 
silence les eaux de toilette au muguet et 
à la violette, exposées dans la 
même classe par M. Nestor 
| Moehr. 

En dehors de la poterie et 
de la parfumerie, l'intéressante 
section monégasque renferme 
encore bien des choses méritant 
d'être citées: notons en première 
ligne la riche collection de mon- 
naies, de médailles et bijoux 
romains, trouvés à la Condamine dans des sépultures gallo-romaines en 1879 lors d'importants travaux exécutés 
à Monaco. Une notice descriptive de M. Jolivot, secrétaire du gouverneur de la Principauté, permet de 
se rendre compte de la valeur archéologique de ces objets, confiés à la terre pour la plupart, selon toute 
probabilité, pendant le dernier quart du m B siècle. 

Une collection non moins appréciée est celle des monnaies et médailles des princes de Monaco, 
depuis les écus d'argent et les patards en cuivre rouge. .du prince Honoré II en 1620, jusqu'aux pièces 
de 20 et de 100 francs du prince Charles III. Les monnaies de Monaco ont cours légal en France depuis 




M. Léon Estor, 



section Moiiigixsijtie , 
niz-erselle d'Anvers. 






- 2 7 6 - 

1643, ainsi qu'il résulte d'une ordonnance de Louis XIV; elles ont cours dans les États faisant partie de 
Vunion latine, depuis le 23 décembre 1 865. 

M. Vieillard a envoyé des coléoptères de France et du bassin de la Méditerranée, des coquilles 
terrestres de la Principauté et de ses environs ainsi que de l'Océan et des crustacés de la Méditerranée. 

Signalons encore les ouvrages Me vannerie et les chapeaux de paille de MM. Desteffanis et Dalbera, 
les bois d'essences diverses de MM. Neri et Cruzel, ainsi que les citrons de Monaco, échantillons de la' 
prodigieuse fécondité du sol de la Principauté ; le citronnier y fleurit sans cesse et fructifie quatre ou cinq 
fois l'an — d'où le dicton populaire : ses fruits croissent sous la main qui les cueille. 

Les sciences ne sont pas moins bien représentées que l'industrie, dans le compartiment de la Principauté 

ils au prince Albert 



de Monaco; c'est le 
prince héréditaire lui- 
même qui y occupe 
la première place. Il 
y expose en effet, 
dans une annexe fai- 
sant face à l'un des 
petits côtés du pavil- 
lon , les nombreux 
et intéressants maté- 
riaux recueillis par 
lui en 1884 dans la 
mer Baltique, au 
cours d'un voyage 
scientifique qu'il en- 
treprit pour l'étude 
de la faune pélagi- 
que de cette mer, à 
bord de son yacht 
Y Hirondelle; les ré- 
sultats acquis eurent 
une importance 
réelle; aussi valurent- 




la distinction rare 
des palmes d'Officier 
de l'Instruction pu- 
blique de France. 
Son exposition à An- 
vers lui a obtenu 
un diplôme d'hon- 
neur. 

Dans la même 
annexe, figure la ri- 
che collection d'his- 
toire naturelle et des 
objets préparés pour 
l'étude microscopi- 
que de M. E. Strei-, 
cher. On y voit un 
morceau de corail 
péché en 1879, dans 
le port de Monaco et 
pesant 66 grammes. 
C'est encore là que 
sont exposés les diffé- 



Gardes d'honneur de S. A. S. le prince de Monaco 
de service à l'Exposition universelle d'Anvers. 

rentes méthodes, relatives à l'enseignement primaire pour les enfants des deux sexes des écoles gratuites de 
Monaco, et les travaux des élèves ; — les études sur la météorologie du D r Gueirard ; — les annuaires 
et codes de la Principauté, sortant de l'Imprimerie de Monaco, et les travaux si remarquables de M. Saige sur 
l'histoire de Monaco et de ses Princes; les échantillons de caroubier, bois, écorce, feuilles, fleurs et fruits, 
de M. L. Cruzel; tes blocs de porphyre rouge et les pierres employées dans la construction de la Cathédrale, 
exposés par le Comité des travaux publics et dont les connaisseurs disent merveille. 

En résumé, l'exposition de la Principauté de Monaco, prise dans son ensemble et examinée dans 
ses détails, justifie de tous points, la vogue dont elle n'a cessé de jouir et les félicitations que LL. MM. 
le Roi et la Reine des Belges ont daigné adresser aux membres de la Commission Monégasque, au cours 
d'une de leurs visites à Anvers; elle fait honneur à ce petit pays, à ses dévoués mandataires et surtout au 
prince éclairé qui préside à ses destinées. 



*,,; ..;.;. :.:■...,. 




S. M. Guillaume III, Roi des Pays-Bas, Grand-Duc de Luxembourg 



35 





■•i^^^ 




1 f 





















































Grand - Duché de Luxembourg 




ARMI les pays qui ont exposé leurs produits à Anvers, 
le Grand-Duché de Luxembourg est certes un des 
plus petits par rapport à la superficie de son ter- 
ritoire et au nombre de ses habitants, mais au 
point de vue de l'importance de son exposition et 
des récompenses que celle-ci lui a values, il occupe 
une place fort honorable à côté de ses puissants 
voisins. 

Le Luxembourg, en effet, n'embrasse qu'une 
superficie de 47 milles carrés allemands. 

Il est divisé en deux arrondissements judi- 
ciaires, en trois districts administratifs, en douze 
cantons et en cent vingt-neuf communes. 

En dehors de Luxembourg, la capitale, il 
renferme six autres villes : Diekirch, Echternach, 
Grevenmacher, Remich, Yïanden et Wilî\ ; il compte 
en outre cinq bourgs, 481 villages, 91 hameaux 
et 273 fermes, moulins ou maisons isolées. 

La population est de 214,633 habitants. 
Le Grand-Duché est un pays très accidenté ; 
ses montagnes appartiennent au système des Arden- 
nes et des Vosges; il possède des vallées char- 
mantes, parmi lesquelles celles de l'Alzette, de la Sûre, de la Moselle et notamment le Mïtllerthal attirent 
chaque année un nombre toujours croissant de touristes belges et hollandais. 

Au point de vue de la fertilité du sol, on divise le pays en deux zones, celle du midi qu'on appelle 
le bon pays, et celle du nord désignée sous le nom d'Oesling (Ardennes). 

L'Oesling se compose d'un massif de montagnes, en partie boisées, élevant leurs sommets jusqu'à 
une hauteur de 552 mètres au-dessus du niveau de la mer ; les vallées qui les entrecoupent renferment 
des beautés telles qu'à juste titre on a surnommé cette partie du pays la Suisse Luxembourgeoise. 

Le sol argilo-schisteux de l'Oesling produit du seigle, de l'avoine, du sarrasin, du colza, du lin et 
d'excellentes pommes de terre. 

Si cette partie du Grand- Duché ne recueille pas les abondantes moissons du bon pays, elle en est 
dédommagée en quelque sorte par sa richesse en haies à écorce, qui fournissent un tan de la meilleure 
qualité; aussi la tannerie forme- t-elle une des principales industries de cette contrée; elle est le mieux 
représentée à Wiltz et à Clervaux. 

Les montagnes de l'Oesling recèlent dans leur sein des trésors miniers ; à Allerborn et Oberwampach 







— 280 — 

des mines de plomb, à Goesdorf des mines d'antimoine argentifère, à Stolzem bourg des filons de cuivre. 
Enfin, l'Oesling possède des carrières de pierre et notamment des ardoisières, dont celles de Haut-Marte- 
lange, EU et Perlé sont les plus productives. 

L'ardoisière de l'Emeschbach, près de la station de Trois- Vierges., semble appelée à prendre, dans 
un avenir prochain, un développement considérable. 

Le « bon pays » embrasse neuf cantons ou plus des deux tiers du Grand-Duché. Il est riche en 
céréales et en fruits de toute espèce. 

L'agriculture y est prospère. Elle est, du reste, en voie de progrès dans tout le pays, grâce à l'énergique 
initiative du Gouvernement et au concours intelligent des agriculteurs. En i883, l'État a créé à Ettelbriick 
une école agricole, qui est fréquentée par environ cent élèves. 

Il y a deux sucreries dans le pays, l'une à Diekirch et l'autre à Mersch, occupant environ 
200 ouvriers. En 1883, elles ont employé 14,000,000 kilogrammes de betteraves. 

Le canton d'Esch-sur-1'Alzette possède des gisements miniers d'une superficie de 1878 hectares de ter- 
rains concessibles et d'environ 2,000 hectares de terrains non concessibles. Les gisements sont jusqu'à fleur 
de terre : l'exploitation en est, par suite, en général très facile. 

La production minière, en 1884, a été de 2,447,634 tonnes ; elle a occupé 3714 ouvriers. 

La métallurgie, représentée par 18 hauts-fourneaux d'une production de 12S0 tonnes par jour, est 
la principale industrie du pays. La production de fonte, en 1884, a été de 369,997 tonnes de diverses 
qualités : fonte Thomas, très appréciée en Allemagne, où le procédé Thomas a trouvé son application dans 
les grandes usines ; fonte de moulage et d'affinage. La fonte de moulage du Grand-Duché est aussi 
appréciée que celle de Middlesborough. Le nombre des ouvriers employés, en 1884, était de 1703. 

Les fonderies ont produit 1670 tonnes. 

La faïencerie est représentée par l'établissement Villeroy et Boch, à Septfontaines, la fabrique de 
produits céramiques d'Utzschneider et Ed. Jaunez à Wasserbillig, et par l'établissement Zens frères à 
Luxembourg, produisant la faïence et la porcelaine décorées. Ces industries occupent environ 300 ouvriers. 

La draperie a ses fabriques à Schleifmuhl, Pulfermuhl et Ettelbrùck (Société des Draperies Luxem- 
bourgeoises), à Larocbette, Wiltz et Esch-s/Sûre, Ces divers établissements occupent 2000 ouvriers et 
consomment approximativement 800,000 kilogrammes de matières premières. 

La papeterie compte l'usine mécanique de Manternach (Eug. Lamort et C ie ), la fabrique de cartons 
lissés à Wiltz et la papeterie à la main de Fischbach. 

La ganterie est notamment représentée par deux fabriques : Gabriel Mayer à Luxembourg, et Aug. 
Charles et C ie à Bonnevoie. 

La fabrication du tabac a occupé, en 1S84, vingt-sept fabricants avec 33o ouvriers au salaire de 
200,000 francs et représente une production en labac à fumer de i,o5o,ooo kilogrammes, en tabac à priser 
de gooo kilogrammes, en tabac à mâcher de 65oo kilogrammes, en cigares de 6,000,000, en cigarettes 
de 3,000,000 de kilogrammes, soit io,o65,5oo kilogrammes de tabac d'une valeur de 2,240,000 francs. 

Le pays possède i5 brasseries, dont dix travaillent à la vapeur. On n'y emploie que le malt et le 
houblon. La quantité de malt employée pour la fabrication totale des bières dans le Grand-Duché peut 
s'élever à 3, 600,000 francs par an; le houblon, provenant des meilleurs crûs de Bohême et de Bavière, 
entre dans la fabrication pour 25,ooo kilogrammes, représentant une valeur moyenne de 375,000 francs. 
La production totale des brasseries du Grand-Duché s'élève approximativement à i36,ooo hectolitres par an. 

C'est grâce à la sollicitude du Gouvernement pour les voies de communication — chemins de fer, 
routes, télégraphes, téléphones — que le commerce et l'industrie ont pris un développement si rapide. 

En effet, la longueur des. routes et chemins entretenus par l'État est de 983 kilomètres; la longueur 
des chemins vicinaux et d'exploitation est de 545o kilomètres. 

Le réseau des chemins de fer a un développement de 334 kilomètres. Le pays possède en outre 
40 kilomètres de chemin de fer secondaire, et de nouvelles concessions viennent d'être faites pour une 
étendue de 48 kilomètres. Le Grand-Duché est le pays le plus richement doté de chemins de fer, eu 
égard à la superficie de son territoire. 

Le réseau télégraphique mesure 969 kilomètres de fils. 

Le pays a plusieurs lignes téléphoniques et un réseau local à Luxembourg. Celui-ci comprend en ce 
moment i65 abonnés, ce qui fait à peu près un abonné sur 100 habitants. 

L'histoire du Luxembourg n'est pas moins intéressante que l'aspect et la nature de son sol. Les Romains 









— 28 1 — 

y ont laissé des traces profondes de leur passage. Après une période d'indépendance relativement courte, le 
Luxembourg vit tour à tour les Bourguignons, les Espagnols, les Autrichiens et les Français planter leur 
drapeau sur les remparts de sa capitale. Chacun, en se retirant, leur légua un monument guerrier. C'est cet 
entassement de fortifications bizarres de tous les temps et de tous les peuples qui fit de Luxembourg non 
seulement la plus forte, mais aussi la plus intéressante des forteresses de l'empire. Enfin, le Congrès de Vienne 
(i8i5) rendit le pays à sa nationalité, en le plaçant sous le sceptre du prince d'Orange-Nassau, dans la Confé- 
dération germanique. La ville de Luxembourg était place forte fédérale. Le droit d'y tenir garnison appartenait 
à la Prusse. Celle-ci y renonça, par le traité de Londres du 11 mai 1867, en vertu duquel le Grand-Duché, 
tout en restant sous la souveraineté de la Maison d'Orange-Nassau, a été déclaré indépendant et neutre. 




'P 



Vue de la Ville de Luxembourg 

Le Roi des Pays-Bas est le souverain héréditaire du pays, sans cependant que le Luxembourg ait 
la moindre connexion avec la Hollande; il a sa Constitution et son Gouvernement à lui. 

Le Roi Grand-Duc exerce seul le pouvoir exécutif ; il sanctionne et promulgue les lois ; il nomme 
aux emplois civils et militaires. 

Le Gouvernement est représentatif ; il est nommé par, le Roi Grand-Duc et se compose de quatre 
membres, dont l'un a le titre de Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, et les trois autres celui 
de Directeur général. 

Le pouvoir législatif réside au sein de la Chambre des Députés ; celle-ci se compose de 42 membres, 
qui sont élus par les cantons pour six ans; elle est renouvelée par moitié tous les trois ans. 

Aux termes du traité de Londres de 1867, il fut procédé, dès cette même année, au démantèlement 
de l'ancienne forteresse fédérale. Les travaux furent commencés par M. Henri Vannerus, alors Directeur 
général de la Justice, et depuis lors continués et achevés par son successeur, M. Paul Eyschen. 



282 







Le 22 mai 18S3, à l'occasion d'un séjour que le Roi Grand-Duc est venu faire dans le pays. Sa 
Majesté déclara qu'il avait été pleinement satisfait aux obligations résultant pour le Grand-Duché du traité 
de Londres et que les intentions des hautes parties contractantes étaient loyalement remplies. Cette déclaration 
fut notifiée aux puissances signataires. Le traité de Londres avait reçu sa sanction. Cet acte est un des plus 
importants et des plus mémorables dans les annales du Grand-Duché. 

Après le démantèlement de la forteresse commencèrent les travaux d'embellissement de la capitale, 

l'habitation du Roi 
Grand-Duc. C'est dans 
la cour de ce bâtiment 
que Gaspard de Heu, 
seigneur de Buy et de 
Beaufort, fut décapité 
pour crime de haute 
trahison, vers la fin du 
xvi e siècle. 

Nous ne saurions 
parler des monuments 
historiques du Grand- 
Duché, sans faire men- 
tion de la basilique 
d' Editer nach. 

C'est un monument 
religieux, seul héritage 
de ce genre qui ait 
été laissé au pays par 
le moyen âge. Son ori- 
gine date du XI e siè- 
cle, sa reconstruction 
en style gothique du 
XIII- siècle. 

M. Lassaulx de 
Coblence , M. Aug. 
Reichensperger de Co- 
logne, M. Essenwein, 
directeur du Musée 
Germanique de Nu- 
remberg , le chanoine 
Wilmowsky de Trêves 
ont reconnu la valeur 
exceptionnelle de la 
basilique d'Echternach. 
Victor Hugo, l'auteur 
de Notre - Dame de 
Paris, l'a proclamée, 
à deux reprises, entiè- 
rement digne de sa ré- 
putation. 



auxquels procéda M. 
le Directeur général 
Eyschen, assisté de M. 
André, architecte -pay- 
sagiste, à Paris. 

Grâce à l'ingénio- 
sité, à l'entendement 
et au bon goût qui ont 
présidé au travail de la 
métamorphose de la 
ville de Luxembourg, 
le Grand -Duché peut 
se flatter de posséder 
aujourd'hui une capi- 
tale à la fois des plus 
élégantes , des plus 
agréables et des plus 
pittoresques. 

Parmi les bâtiments 
publics de la ville, 
nous mentionnons l'an- 
cien Hôtel du Gouver- 
nement. 

Cet édifice, con- 
struit par la ville de 
Luxembourg , existait 
déjà en 1443 et servait 
d'hôtel de ville. Réduit 
en cendres par la ter- 
rible explosion de i554, 
il fut reconstruit sous 
le gouvernement de 
Mansfeld. En 177g, il 
fut agrandi d'une aile. 
Les Français en pri- 
rent possession en 1 795 . 
Le palais, alors, était 
habité par le préfet. 
Napoléon I er y descen- 
dit en 1 804. Aujour- 
d'hui il est affecté à 




Hôtel du Gouvernement à Luxembourg 



C'est à Echternach — disons-le en passant — qu'a lieu la procession dansante bien connue sous son nom, 
restes bizarres des rites du moyen âge dans la chrétienté. 

Il convient aussi de citer, parmi les beautés du Grand-Duché, les ruines du château de Vianden, qui 
offrent un aspect des plus grandioses dans un site pour lequel la nature a été prodigue en tableaux 
pittoresques. 

Les comtes de Vianden étaient au xin e siècle de très puissants seigneurs: ils régnaient souverainement 



— 2S3 — 

sur 52 villages. Henri I er , comte de Vianden, avait épousé Marguerite de Courtenay, issue du sang royal 
de France. Son père, Pierre de Courtenay, élu empereur d'Orient, eut pour successeur sur le trône de 
Constantinople ses deux fils Robert et Baudouin. 

Le Roi Grand-Duc actuel de Luxembourg, Guillaume III, descend au 8 e degré de Jean IV, comte 
de Vianden et frère du célèbre Guillaume le Taciturne. 

Sous le règne de ce souverain, l'indépendance et la neutralité du Grand-Duché, dont la sauvegarde est 
confiée à la Mai- 
son d'Orange-Nas- 
sau , n'a fait que 
s'affirmer davan- 
tage. Le Luxem- 
bourg s'en montre 
reconnaissant par 
les témoignages 
éclatants d'un atta- 
chement inébran- 
lable à la dynastie 
royale ; il s'en mon- 
tre digne par la part 
active qu'il prend 
aux manifestations 
de la vie politique 
et sociale des peu- 
ples. 

Aussi le Gou- 
vernement, infor- 
mé par la lettre de 
M. Van Damme, 
consul général de 
la Belgique à Lu- 
xembourg, à la date 
du 7 juin 1884, du 
désir du Gouver- 
nement belge de 
voir participer le 
Grand-Duché à 
l'Exposition uni- 
verselle d'Anvers, 
eut hâte de porter 
à la connaissance 
de celui-ci, par une 
lettre du même jour 
adressée à M. Van 
Damme, qu'il se 
ferait représenter à 
l'Exposition par 
M. Antoine Pesca- 
tore , membre de 




Monument de S. 



M. Guillaume II, Roi des Pays-Bas et Grand-Duc de Luxembourg 

en qualité de commissaire général, avec l'adjonction de 



la Chambre des Députés, 
M. Paul Meti comme commissaire local. 

Le choix de ces deux commissaires a été ratifié par la confiance et les éloges de l'universalité des 
exposants. Aussi le Gouvernement belge, en reconnaissance de leurs mérites, a conféré à M. Ant. Pescatore 
la croix de commandeur, et à M. Metz ■ celle de chevalier de l'Ordre de Léopold. 

L'Exposition luxembourgeoise occupait un espace de 600 mètres carrés dans les halles de l'industrie 



-a84- 

et plus de 1000 mètres carrés dans les jardins. La statistique officielle de la manutention a constaté que 
le Grand-Duché a envoyé à l'Exposition d'Anvers 48 wagons de produits, représentant un poids de plus de 
ico, 000 kilogrammes. 

C'est dire que, dans un espace relativement bien resserré, on avait su réunir, avec une abondance en 





M. Antoine Pescatore 

Commissaire général de la Section 

Luxembou rgeoise 



M. Paul Meii 

Commissaire local de la Section 

Luxembourgeoise 



même temps qu'avec un art de groupement tout à l'éloge des commissaires que nous venons de citer, tout 
ce que le Grand-Duché produit au point de vue de l'industrie, du commerce et de l'agriculture. 

Nous nous écarterons d'une promenade qui serait trop tôt faite en cet espace, pour prendre 
préférablement chacune des branches que nous avons citées, et nous ne pouvons mieux faire qu'en 
commençant par l'industrie la plus importante : la Métallurgie. 

D'abord, à droite, l'exposition de M. Emile Servais, ingénieur civil des mines, qui s'est créé une 
réputation par des innovations de grande importance, entre autres ses appareils automatiques pour bouches 
d'égouts, des calorifères de divers systèmes à magasin de charbon central et à feu continu, pour salles, etc. 
Il expose des herses à socs, des pressoirs qui ont été très remarqués par les visiteurs, ainsi que ses 
wagonets culbuteurs à courbes guides se maniant avec une extrême facilité. Enfin M. Servais nous fait 
voir des aciers doux obtenus au moyen de fontes à minette du Grand-Duché de Luxembourg. 

C'est, en somme, une exposition très intéressante pour les industriels; aussi le jury n'a-t-il pas 
marchandé les récompenses à M. Servais, qui a obtenu deux médailles d'or, deux médailles d'argent et une 
médaille de bronze. 

Viennent ensuite les installations des Hauts-Fourneaux et Forges de Rumelange-Ottange A. Pescatore, 
Louis Zoude et C"\ On y voit des fontes de moulage et d'affinage, de beaux blocs de minette grise et 
rouge, d'énormes pièces de fonte de première et de seconde fusion. 

L'usine de Rumelange, se composant de trois hauts-fourneaux de grande dimension, est de création 
récente. Elle est remarquable par ses installations minières et son chemin de fer aérien, qui transporte le 
minerai directement des galeries de la mine sur les gueulards des fourneaux. Sa production est de 
3oo tonnes par jour. 

L'usine d'Ottange appartient au comte d'Hunolstein ; elle est louée par la Société de Rumelange- 
Ottange et se compose de trois hauts-fourneaux, produisant chacun 80 tonnes par jour. Elle est munie 
d'une fonderie. 

Les fontes de ces usines sont très appréciées des fondeurs allemands et belges et se prêtent 
admirablement à tous les genres de moulages. La Direction se compose de M. Rebuffet, ingénieur des 
Mines de Saint-Etienne, et de MM. Hinsberg et Jaans, sous-directeurs. 






— 285 — 

Cette exposition comprend aussi celle des Laminoirs de' Luxembourg, qui n'emploient comme fontes 
dans leur fabrication que les fontes à minettes pures du Grand-Duché et des fontes Spiegel de première 
marque allemandes, d'où la pureté et l'homogénéité de leurs produits. C'est sous la direction de 
M. Joseph Simons, ingénieur, que les Laminoirs de Luxembourg sont parvenus à produire cette bonne 
qualité de fer qui leur a valu à Anvers une médaille d'argent. La production de 1884 a été de plus de 
25oo tonnes de fers ébauchés et 8000 tonnes de fers marchands et fers spéciaux. 

A côté de l'installation que nous venons de décrire, se trouve celle de la Société Anonyme Luxem- 
bourgeoise des chemins de fer et minières Prince-Henri. Cette Société possède, dans le Grand-Duché de 
Luxembourg, i5o kilomètres environ de chemins de fer à grande section. Dans un an, son réseau, par 
suite de nouvelles constructions, aura une étendue de 162 kilomètres. 

La ligne des Minières, où se fait un trafic considérable qui peut être comparé à celui des meilleures 
lignes du continent, est à double voie ; le restant du réseau est à simple voie. 

L'Etat Grand-Ducal, afin de faciliter la construction des lignes de moindre rendement, a donné à la 
Société des concessions considérables de minerai de fer. Aujourd'hui elle possède déjà 325 hectares et, dans 
dix-huit mois, à la suite des constructions qu'elle exécute, elle aura une nouvelle subvention de 5o hectares. 

L'exploitation des Minières est poussée avec une grande activité ; elle n'était que de 76,000 tonnes 
en 1878, tandis qu'en 1884 elle atteignit 25o,ooo tonnes. 

La Société Prince-Henri exposait à Anvers différents échantillons de minerais provenant de ses 
concessions. Elle exposait également une carte très intéressante des Bassins Miniers du Sud du Grand-Duché. 
Cette carte, dressée par le directeur de la Société, M. l'ingénieur P. Willière, a rendu déjà d'immenses 
services aux industriels et aux exploitants. 

La même carte était également exposée reproduite en relief par M. Wolff, ingénieur des mines de 
la Société. Soigneusement faite, à une échelle indiquant parfaitement tous les mouvements du terrain et 
l'emplacement des concessions, cette carte a sa place indiquée dans un musée national. 

Les Minières de la Société Prince-Henri occupent continuellement 450 ouvriers. 

Nous passons à l'exposition des Forges d'Eich, Met\ et C". Nous y voyons des types de minerai 
provenant des minières d'Esch-s/Alzette, des types de fontes d'affinage, de moulage et de fonte Thomas, une 
collection d'appareils de chauffage, poêles régulateurs et d'autres belles pièces de moulage. C'est à cette maison 
que revient l'honneur d'être la promotrice de l'industrie métallurgique dans le Grand-Duché. 

Le premier haut-fourneau exploité par les frères Met\ était celui de Berbourg, en 1839 ; ensuite ceux 
du Grundhof, de Fischbach et de Septfontaines. En l865, Norbert Me% le seul survivant des trois frères, 
fonda la Société actuelle des Forges d'Eich, Met^ et C", qui comprend Eich, Dommeldange, Esch-sur-l' Ai- 
lette et les fours à coke de Haine-St-Pierre . En 1882, il intéressa la Société pour une large part dans les 
nouveaux établissements de Dudelange. En 1885, la production de ces différents établissements a été : 

Fonte d'affinage 46,000 tonnes. 

id. Thomas 83,3oo id. 

id. de moulage 34,800 id. 

11 est sorti des ateliers de construction et fonderies d'Eich 1, 388, 000 kilos de produits achevés. 

Ces chiffres classent les forges d'Eich parmi les établissements qui ont la plus forte production sur le 
continent. 

Il convient de dire ici un mot de la Société des Hauts-Fourneaux et Aciéries de Dudelange, créée ' 
en 1882. 

L'établissement comprend 4 hauts-fourneaux dont 3 complètement achevés, 4 convertisseurs et 1 laminoir. 

Les vastes terrains miniers qui entourent l'usine, à laquelle ils sont reliés par un chemin de fer à 
voie étroite, sont la propriété de la Société. 

L'aciérie est en marche depuis trois mois ; sa production annuelle pourra atteindre 90,000 tonnes 
de lingots. 

Les aciéries de Dudelange ont donné un nouvel essor à l'industrie métallurgique du Grand-Duché 
et tout fait espérer qu'un brillant avenir lui est réservé. 

Un espace de 70"' est occupé ensuite par l'importante exposition des Usines de Colmar-Berg 
F. Majerus et Schoeller. On y voit des wagons de 16 types différents pour mines et usines; des échan- 
tillons d'outils en acier pour carrières, mines et usines, objets d'art, etc. Les Usines de Colmar-Berg 

36 






— 286 






fondées au xvh" siècle pour la fabrication de la fonte et du fer au bois, a, depuis lors, pris une 
grande extension sous l'habile direction de MM. Majerus et Schoeller. 

A côté de cette exposition, nous voyons celle de M. Joseph Koemgen. Son établissement a la 
spécialité des machines pour la fabrication des tabacs. Nous avons appris qu'il a reçu de nombreuses 
commandes pendant la durée de l'Exposition, preuve évidente de la supériorité de ses machines. 

Au centre du compartiment nous remarquons deux belles pyramides de meules. La première est 
celle de MM. X. de Wael & C", successeurs de MM. X. de Saint-Hubert & C". Ce sont des meules à 
aiguiser, à émoudre, à peler ou décortiquer, provenant" des Carrières de la Sûre et de la Kyll; il y en a 
de toutes dimensions, depuis 20 jusqu'à 3ooo kilos. 

Cette pierre est très appréciée à cause de l'homogénéité du grain et de la sécurité de l'emploi des 
meules. Les meules à défibrer, par exemple, sont soumises à un effort de 200 chevaux sur 200 tours à la 
minute. Le Jury d'Anvers a ajouté une médaille d'argent aux récompenses que MM. de Wael et C" 
avaient obtenues à Paris, en i855, et à Bruxelles, en 1 856. 

Les carrières de Muhlenbach (Reisdorf), représentées par M. Adolphe Laduron, ont aussi exposé de 
fort belles meules pour l'aiguisage et l'affûtage des outils. Déjà primées à Dusseldorf, Sydney et Melbourne, 
elles ont obtenu la médaille de bronze à Anvers. 

Nous remarquons encore le plâtre cru et tamisé pour engrais de MM. Kuborn et Reuter ; les 
pierres à plâtre de MM. J.-P. Maas et Thorn à Bous, près de Remich. 

Les regards se portent ensuite sur la fabrique de faïence de Sept fontaines, fondée en 1767. C'est 
une succursale des grands fabricants de produits céramiques, MM. Villeroy et Boch, universellement 
connus. Le directeur, M. F. Raynaud, étant membre du jury, ses produits ont été mis hors concours. 

C'est à l'entrée du compartiment, en face des visiteurs, que se trouve l'exposition de MM. Eug. 
Lamort et C", propriétaires de la fabrique de papiers et de pâte de bois de Mantemach. Cette Maison, 
fondée en i83o, a su, grâce à ses bons produits et aux intelligents efforts de son directeur actuel, 
M. Eug. Lamort, donner une large extension à ses affaires. Elle a obtenu la médaille d'or. 

Viennent les étalages de draps et molletons de MM. Knaff frères à Larochette et Glaesener-Fuhr- 
mann à Wilt^. Les premiers sont mis hors concours, étant membres du Jury; les seconds ont obtenu une 
médaille de bronze. 

Il est à regretter que les autres fabriques de draps du Grand-Duché, que nous avons citées, n'aient 
pas pris part à l'Exposition. 

Immédiatement à droite on remarque les cuirs des Tanneries Réunies de Wilt{. Elles sont repré- 
sentées par les Maisons Georges Faber, J. Hobscheid et Fr. Lambert. La réputation de ces maisons n'est 
plus à faire; leurs produits sont recherchés sur les principaux marchés de l'Europe. La fondation de la 
plus ancienne, M. J. Hobscheid, date de 1784. Le Jury a décerné aux Tanneries réunies de Write une 
médaille d'or. 

Les belles écorces de failli pur de seize ans, exposées par M. Ch. Buffet de Wilti, ont attiré l'attention 
des nombreux tanneurs qui ont visité la Section. 

Mentionnons encore à cette place l'exposition de chaussures de M. Gustave Gompel, de Rodange. 

MM. P. Bender et Funck, architectes-ingénieurs, nous montrent des plans et constructions en 
miniature de brasseries et dé malteries; ils ont trouvé des moyens perfectionnés pour le refroidissement 
et la ventilation des caves de garde et des entonneries. Des centaines d'applications en divers pays ont 
démontré la grande valeur de ces innovations. Ces Messieurs ont obtenu des diplômes aux Expositions de 
Versailles, de Mannheim et de Hanovre. L'un d'eux faisant partie du Jury à Anvers, leur exposition a 
été mise hors concours. 

Nous voilà en face du bar de dégustation de la Brasserie de Diekirch. dont la bière a obtenu a 
l'Exposition d'Anvers le même succès qu'aux Expositions internationales de Vienne, Pans, Hagenau etc. 

Cette brasserie est la plus importante et la mieux outillée du Grand-Duché. On y a installé de 
grandes caves-glacières, système Bender, avec réfrigérateur double, par la glace emmagasinée et le froid 
artificiel produit par des machines de construction récente. 

Elle produit en ce moment 40,000 hectolitres à l'année, sur une force productrice de 60,000 hectolitres. 
Sa bière blonde est fort appréciée à Paris et sa bière d'exportation a trouvé un débouché très important en 
Allemagne, en Lorraine, en France, en Belgique, en Italie, en Espagne, au Japon et au Tonkm. L Exposition 
une nouvelle occasion de se faire valoir ; le jury lui a décerné la médaille dor. 



d'Anvers 



pou 




Façade principale de la Section Luxembourgeoise 






La Brasserie de M. M. Mousel frères à Clausen lez-Luxembourg, dont l'exposition se trouve à côté 
de celle dont nous venons de parler, n'a pas l'importance de celle de Diekirch. Elle a été fondée en 1826; 
sa production atteint aujourd'hui 20,000 hectolitres à l'année, et ses bières sont très estimées tant à Tinté- 
rieur du pays qu'à l'étranger ; elle a obtenu la médaille d'argent. 

Un peu plus loin, nous voyons l'installation de la Société Anonyme des Bains de Mondorf, dont les 
eaux chlorurées sodiques iodo-bromurées fortes occupent un des premiers rangs parmi leurs congénères : 
Kreuznach, Kissingen, Wiesbaden, Bourbonne-les-Bains, Balaruc, etc.; elles jouissent d'une grande renommée 
pour leur efficacité dans les maladies de l'appareil digestif, les affections nerveuses, scrofuleuses et lymphatiques, 
la goutte, le rhumatisme, les maladies du foie et de la peau, la tuberculose, les engorgements du bas-ventre, etc. 




Vue intérieure de la Section Luxembourgeoise 

L'institut hydrothérapique annexé à rétablissement est un des plus beaux et des plus complets qui existent 
en Europe; il a été exécuté d'après le plan de feu M. le professeur Fleury, l'éminent balnéologue français. 

Le Gouvernement du Grand-Duché vient de faire l'acquisition de l'établissement. Il y a fait exécuter des 
travaux d'améliorations et d'embellissements considérables. Aussi le Kreu\nach Luxembourgeois pourra 
désormais offrir à ses visiteurs, outre la perspective d'un traitement énergique, tous les agréments qu'on 
rencontre aux stations allemandes. 

Mondorf est situé dans un des plus jolis sites du beau pays de Moselle qui s'étend entre Trêves et 
Metz ; le climat est doux et agréable. Les hôtels sont bons et les prix très modérés. 

Mondorf est relié à Luxembourg et Remich par un chemin de fer secondaire. 

Les eaux de Mondorf ont remporté à Amsterdam la médaille d'or, à Paris et à Anvers des médailles 
d'argent. 

Ii convient de mentionner ici l'exposition de M. Henri Krombach, pharmacien à Etteîbriïck, inventeur 







x- : ;-fi^ 



Mon dorf-les-Bains 
Grand-Duché de Luxembourg 



2go 



la 



ses broderies 



les 



Henri Kranl\ de Roiange ; les colliers 
collection de vues photographiques de 



d'un sirop réparateur remplaçant l'huile de foie de morue; de la liqueur de pepsine; de l'encre zincographique, 
etc. Le jury lui a décerné la médaille d'argent. 

Mentionnons encore M. Fr. Michaëlis à Rollinger grund avec ses différentes sortes de vinaigres, et 
M. J.-P. Musset à Remerschen, avec sa collection de liqueurs. 

M. Victor Thibeau a introduit dans le pays la fabrication de statues religieuses en terre cuite. 
D'après ce que nous avons appris, M. Thibeau donne une grande extension à son entreprise et a déjà 
traité de nombreuses affaires d'exportation. Son exposition a obtenu également deux médailles : or et argent. 

M. Georges Willière, ingénieur à Luxembourg, nous montre des armoires incombustibles. Un enduit de 
son invention, moyennant deux couches, rend tous les bois incombustibles; il en résulte qu'un meuble en bois peut 
remplacer, pour la sécurité en cas d'incendie, le meuble en fer. M. Willière a obtenu la médaille de bronze. 

MM. Dumont etMoes, Luxembourg et Redange, exposent des écrémeuses avec réfrigérateur pou 
séparation de la crème et du lait : nouvelle invention brevetée dans treize pays. 

M. Charlé-Neuens de Mersch expose également une écrémease complète avec accessoires. Ces deux 
firmes ont été primées à l'Exposition d'Anvers. 

Beaucoup de visiteurs s'arrêtent devant la vitrine de M" Thérèse Reuland de Larochette 
artistiques qui ont obtenu la médaille d'argent, sont d'un goût et d'une finesse remarquables. 

M. Léopold Fouplier de Luxembourg expose un enduit chimique anticalcaire, pour empêcher 
incrustations de se former à l'intérieur des générateurs à vapeur. Les certificats de nombreux industriels 
prouvent que son procédé est de grande utilité. 

Nous remarquons encore les ruches à cadres mobiles de M. 
de cheval mobiles à coulisses de Frédéric Mersch d'Ettelbriick ; la 
M. Ch. Bemhceft, photographe à Luxembourg; la chicorée de MM. Nie. Angelsberg et C" à Larochette; 
les liquides chimiques de M. Nicolas Mayer à Luxembourg, et la terre de bruyère de M. Aug. Thill. 
horticulteur à Walferdange. 

Très intéressante est l'installation qui couronne l'Exposition de notre compartiment : celle du Service 
Agricole du Grand-Duché de Luxembourg. 

Sur quatre grandes tables sont étalés des plans et des cartes géographiques, et tout autour de nombreux 
ustensiles de drainage, des écluses en miniature provenant des ateliers de MM. Duchscher et Spoo à Wecker. 
D'un coup d'œil on peut se rendre compte de cette belle organisation , pour laquelle le Gouvernement 
Grand-Ducal fait les plus grands sacrifices. 

Le chef de service est M. Enpveiler, ingénieur agricole, qui a sous ses ordres tout 
technique et de bureau pour les nombreux travaux d'amélioration agricole. 

Sous sa direction, on forme, dans les communes du pays, des syndicats pour l'irrigation, le drainage et 
l'aménagement des prairies, pour la régularisation des cours d'eau et le lotissement des propriétés morcelées 
et divisées. Le Gouvernement recrute le personnel et donne de forts subsides aux communes et aux 

Outre ces travaux, le service agricole organise des tournées de conférences agricole! 
les diverses localités du pays, faites par des professeurs ambulants (Wanderlehrer) c 
partie dans le personnel de V École Agricole d'Ettelbriick. Cette 
l'agriculture et malgré la ténacité de la routine parmi la population agricole, elle a su se frayer un chemin; 
aujourd'hui les cultivateurs réclament eux-mêmes son intervention et arrivent en grand nombre, les jours 
de foire consulter l'ingénieur agricole et son délégué, pour les améliorations qu'ils veulent apporter à leur 
culture, sur le choix de leurs bestiaux, etc. Le Jury a su apprécier à sa juste valeur cette belle institution 
et lui a décerné un diplôme d'honneur. 

C'est dans cet ordre d'idées que le succès des exposants du Grand Duché n'est pas moindre dans les 
Jardins de l'Exposition, où de nombreux massifs sont occupés par les horticulteurs luxembourgeois. 

Des deux côtés de l'entrée principale, MM. Soupert et Notting ainsi que MM. Ketten frères exposent 
d'innombrables variétés de roses qui excitent l'admiration de tous les visiteurs. Le Jury leur a décerné les plus 
hautes récompenses. 

M. Backes-Jones a obtenu une médaille d'argent pour sa collection de roses. 

Les plantations d'arbustes et d'arbres fruitiers de M. Nicolas Mouset, pépiniériste à Sandjpeiler, près de 
Luxembourg, ont été très appréciées par le Jury, qui leur a donné une médaille d'or et une médaille de vermeil. 

Le concours agricole qui a eu lieu pendant le mois de juillet, a également fourni aux éleveurs luxem- 
bourgeois l'occasion de faire distinguer leurs produits; plusieurs de leurs étalons ont été primés. 



personnel 



et viticoles dans 
sont recrutés en 
rendu d'immenses services à 



— 20 l — 

Pour nous résumer, nous pouvons dire avec justice, qu'après les grandes nations auxquelles l'extension du 
territoire et l'abondance des capitaux donnent des forces centuples, on peut placer l'exposition du Grand-Duché 
au premier rang parmi celles qui ont pris part au grand concours international d'Anvers. 

Ce petit pays neutre, libre, resserré dans son territoire, fait rayonner sur le globe sa face intelligente d'action. 
Il est un enseignement pour tous et nous félicitons son Gouvernement d'avoir pris à cœur de le démontrer et 
d'avoir emporté victorieusement la palme de sa démonstration. 



iri 



LISTE DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES AUX EXPOSANTS LUXEMBOURGEOIS 



Papeterie, rcliureâ ; matériel des arts, de la peinture et du dessin. 
Diplôme de médaille d'or .- Lamort, Eug. et O. 



Application usuelle des arts, du dessin et de la plastique 
Diplôme de médaille d'or : Thibeau, Victor. 

CLASSE 7. 

Epreuves et appareils de photographie. 

Diplôme de médaille d'argent ; BekHHŒFT, Charles. 



Cartes et appareils de géographie et de cosmographie. 

Diplôme de médaille de bronza : Service agricole du Grand-Duché. 



Ouvrages du tapissier et du décorateur. 

Diplôme de médaille d'argent : Thibeatj, Victor. 



CLASSE 22. 



Appareils et procédés de chauffage et d'éclairage 
Diplôme de médaille d'or : Metz et O (soc 
d'Eich). 

Diplôme de médaille d'or .- Servais, Emile. 



en commandite des forge 



CLASSE 28 



Fils et tissus de laine cardée. 
Diplôme de médaille de bron; 



î-FuHRMANN, J.-P., 



Dentelles, tulles, broderies et passementeries. 

Diplôme de médaille d'argent ; M»<> Reuland, Thérèse, à Larochette. 

CLASSE 38. 

Produits de l'exploitation des mines et de la métallurgie. 
Diplôme d'honneur: Société en commandite des forges d'Eich: Metz & O. 
Diplôme de médaille d'or: Hauts-fourneaux et forges de Rumelange : A. PéSCATC-Se, 

Louis Zuude & C'a, Walrajîd et Emile Servais. 
Diplômes de médaille d'argent: De Wael & O, 

Société des chemins de fer Prince Henri. 

Simons J. & O (Laminoirs). 
Diplôme de médaille de bronze: Laduron, Ad. 

CLASSE 40. 

Produits des exploitations et des industries forestières. 
Diplôme de médaille d'or: Ch. Buffet, à Wiliz. 



CLASSE 42. 

Produits chimiques et pharmaceutiques. 
Diplômes de médaille d'argent: Société des Baux minérales de Monoork, 

et KrombaCH, à Ettclbriick. 
Diplômes de médaille de bronze: Georges Williere, à Luxembourg, et Pou- 

pi.ier, à Luxembourg. 



Cuirs et peaux. 
Diplôme de médaille d,o 
nies de Wiltz. 



CLASSE 44. 

; Collectivité du Grand-Duché; Tann 
CLASSE 45. 



Matériel et procédés de l'exploitation des mines et de la métallurgie, 
Diplôme de médaille d'argent : Servais, E., à Luxembourg. 



Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières. 
Diplôme d'honneur : le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg. 

CLASSE 47. 

Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires. 
Diplôme de médaille d'argent: Servais, E., à Luxembourg. 
Diplôme de médaille de bronze: Charlé-Neuens, à Mersch. 
Diplômes de mention honorable : Dumont et Mœs à Luxembourg et Kômpgen 

Jos., à Luxembourg. 

CLASSE 61. 

Matériel et proc .'dés du génie civil, des travaux publics et de l'aivhitecture. 
Diplôme de médaille d'argent : Majeruscî Schœller à Colmar-Berg. 
Diplôme de médaille de bronze : Servais, E., à Luxembourg. 
Diplômes de mention honorable: Kudorn et Reuter à Luxembourg, et Maas et 

ThoRN, J.-C à Bous (Remich). 

CLASSE 6g. 
Vinaigres de vin. — Vinaigres d'alcool. — Chicorées (café de). 
PREMIÈRE SECTION 
', de médaille d'argent ■■ Angelsberg et C'« à Larochette (Luxem- 



Dip'.ô. 



Diplâ, 
bourg). 



QUATRIEME SECTION 
: de médaille de bronze : Musset, J.-P-, à Remeischen (Luk 

CLASSE 69. 



Boissons fermentées. — Bières. 

Diplôme de médaille d'or : BRASSERIE par actions de Diekirch. 

Diplôme de médaille d'iirr/ent : MouSEL frères, à Luxembourg. 



— 292 



CONCOURS INTERNATIONAL D'ANIMAUX 
REPRODUCTEURS. — RACE chevaline 

7 e catégorie. 
Etalons de trait de 4 ans et au-dessous (taille inférieure à I m. 62). 



Mention honorable à M. Witky, de Strassen 
13c catégorie. — Etalons de 4 



:ir<!ciir.;i!.: 



ne médaille d'or et 600 francs, à M. Bestgen, à Altlinster. 

SECTION HORTICOLE 

Concours n° 28. — Collection générale de Rosiers. 



Médaille d'or offerte par S. M. la Heine à MM. Sotjpert <Ê 
à MM. Ketten frères. 

thés et noisettes variés (entre 



I" pri: 
NOTTING. 

2fi prix : Médaille d'or de 100 fra, 



- Collcc; 



Médaille de verni 
Concours n° 1. — Arbres et ai*bus' 



horticulteurs). 
hors concours, à MM. Ketten frères. 



es d'ornement de pleine terre. Groupes et 
massifs. 
!<"■ prix : Médaille â'or de 200 francs, à M. MouseT. de Sandweiler. 

Récompenses clé ver né a s hors concours. 

A h collection d'arbres fruitiers de M. Mousel à Sandweiler, une médaille de 
vermeil, avec félicitations du jury. 

Au lot de 12 caisses de roses de divers genres, y compris des semis, chaque 
variété représentée par une touffe de plusieurs fleurs, de MM. Soupert et 
Notting, une médaille d'or de 230 francs. 

Au lot de 4 caisses de roses variées, chaque variété pir touffe de plusieurs fleurs, 
de MM. Ketten frères, une médaille d'argent. 

Art, 25 du règlement du 24 janvier 1SB5. Les concurrents qui ont obtenu une 
médaille d'or de 200 francs, reçoivent, en outre, le diplôme de médaille d'or et la 
médaille de bronze, de grand m:dule, de l'Exposit 



En conséquence, il a été 1 
t Notting, et un diplôm 



rné un diplûm 
■■ médaille d'à 



: de médaille d'or à MM. Soupert 
à M. Nie. MoTJSEL de Sandweiler, 






LISTE DES EXPOSANTS 
QUI, PAR APPLICATION DE L'ART. 12 DU RÈGLEMENT GÉNÉ- 
RAL DU JURY DES RÉCOMPENSES, SONT MIS HORS CONCOURS 
EN LEUR QUALITÉ DE JURÉ : 

M. F. Raynaud, membre du jury de la classe 15 — Cér 
pour VÎUeroy et Boch, à Septfonlaines, Luxembourg. 

M. /. Knaff, de Larochette, membre du jury de la classe 28 — fils et tissus de 
laine cardée — ayant exposé avec la maison Knaff fières, à Larochette. 

M. P. Funck, architecte à Luxembourg, membre du jury de la classe 61 — 
matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l'architecture, — 
M. Funck ayant exposé dans cette classe. 

Ont fonctionné en outre comme jurés ■ 

M. Alph, Munchen, directeur des hauts-fourneaux de Hollerich; 

M. G. Faber, tanneur, membre de la Chambre de commerce à Wdtz; 

M. Ch. Arcndt, architecte de l'Etat, membre ff. de président du Jury de la 
classe 6, application usuelle des arts, du dessin et de la plastique ; 

M. G. Lefèvre, membre de la Chambre de commerce du Grand-Duché, membre 
secrétaire du jury de la classe 26, (ils et tissus de laine; 

M. Knaff, député, membre de la Chambre de commerce, comme membre du 
jury de la classe 83, Musées commerciaux ; 

M. Ch. Buffjt, député, à Wiltz, membre du jury pour les concours des espèces 
bovine, porcine et animaux de basse-cour; 

M. EnsiL-eiler, ingénieur agricole, ;'i Luxembourg, membre du jury pour les con- 
cours des espèces bovine, porcine et animaux de bnsse-ccur ; 

M. Ch. Siegen, médecin-vétérinaire, à Luxembourg, membre du jury pour les 
concours des espèces bovine, porcine et animaux de basse-cour ■ 

M. Siupert, membre du jury pour les concours temporaires, roses cu:illies, 
plantes fleuries et non fleuries ; 

M. E. KMan, membre du jury pour les concours temporaires, roses cueillies, 
plantes fleuries et non fleuries ; 

M Ch. Sisgsn, membre du ju-y pour les concours temporaires, roses cueillies, 
plantes fleurie; et non fleuries ; 

M. Math. Mov.scl, memb'e-sscrétaire, id. 






pgjggg 




Les Pays-Bas 




race à l'intervention efficace de Sa Majesté Guillaume III, 
la participation de la Hollande à l'Exposition Universelle 
d'Anvers fut, sinon brillante, du moins assez complète; 
la Belgique avait, en quelque sorte, le droit de compter 
sur ce concours d'une nation voisine et amie, à raison 
de la part, vraiment splendide, prise par elle à l'Expo- 
sition d'Amsterdam en i883. Et cependant il semblait, à 
un moment donné, que ce concours n'était rien moins que 
certain; à la suite du rejet par la deuxième Chambre, d'une 
demande de subvention de fr. 3oo,ooo, la commission 
centrale qui avait été nommée, fut forcée de donner sa 
démission. C'est alors que le Roi confia les intérêts des 
exposants Néerlandais à M. le Comte C. J, E. de 
Bylandt, qu'il désigna en qualité de Commissaire général 
et auquel furent adjoints cinq commissaires délégués, 
MM. Hijmans, van Wadenoyen, le chevalier E. W. Berç, 
F. C. Tromp, J. Duijvis et A. T. Van Aken. 

MM. Westerouen van Meeteren et W. Travaglino, 
directeurs du Nederlandsch Handeh Muséum , furent 
chargés par le Commissaire général, de l'organisation de 
la section. Ces Messieurs prirent en location , du comité 
exécutif, un emplacement qu'ils divisèrent, et sous-louèrent 
aux exposants Néerlandais. 
Le roi Guillaume, en témoignage de ses vives sympathies pour la Belgique et de l'intérêt spécial 
qu'il prenait à l'Exposition d'Anvers, daigna envoyer dans notre port, pour assister aux fêtes de l'ouver- 
ture, deux frégates de la Marine Royale : le Marnix, commandant C. A. le Bron de Vexela, et le Castor, 
commandant Z. J. Cambier. 

Pendant toute la durée de l'Exposition, le Gouvernement Néerlandais fut représenté à Anvers par 
le Commissaire général, ou par un ou plusieurs des Commissaires délégués. 

Le compartiment hollandais présente un ensemble coquet et de bon goût ; la décoration en est 
simple mais originale ; les frises de la façade sont parées de carreaux de vieux delft, représentant des 
paysages hollandais ; dans la galerie centrale se trouvent de grandes peintures de 25 mètres de longueur, 
reproduisant le port et la plage de Scheveningue, les types et les costumes de chaque province. Des vélums 
aux couleurs nationales, rouge, blanc et bleu, recouvrent les plafonds, et de larges draperies de velours 
garnissent les entre-colonnes de la façade. 

Un des clous de la section qui nous occupe, c'est le salon de la librairie, où se trouve installée la 
collectivité des libraires-éditeurs. 

Cette exhibition, d'un goût supérieur, est très étendue, et contient des richesses sans nombre ; trente- 
huit exposants y figurent et trois d'entre eux ont obtenu des diplômes d'honneur. 

37 



294 



La firme E. J. Brill, de Leyde, expose des spécimens de caractères orientaux pour impression en 
hébreu, chaldéen, syriaque, arabe, turc, sanscrit, javanais, chinois, japonais, tartare, grec, persan, etc., 
ainsi que deux grands et superbes volumes, contenant la reproduction des monuments égyptiens du musée 
d'antiquités de Leyde. 

Des publications de luxe, d'une exécution parfaite, sont exposées par M. A. W. Sythoff, de Leyde, 
entre autres : X Histoire de la Maison d'Orange-Nassau, avec descriptions héraldiques imitées de l'ancien; 
Le Faust de Goethe ; le Paradis perdu de Milton ; les Possessions Orientales des Indes. 

Nous avons encore remarqué les ouvrages scientifiques de M. Nyhoff, de la Haye; les éditions de 
luxe de M. F. Van Holkema, d'Amsterdam; les livres classiques de M. J. B. Wolters, de Groningue ; 
un curieux catalogue publié en 1881, par l'union des libraires et éditeurs, et renfermant des spécimens 
d'imprimerie de toutes les maisons de Hollande; enfin une Encyclopédie flamande illustrée, publiée par 
la Société anonyme Elsevier de Rotterdam ; c'est le catalogue de tous les livres parus en Hollande, 
de 1600 à i885. 

Un pays où l'instruction est aussi développée, ne pouvait manquer de nous montrer ce qu'il a fait 
pour perfectionner les mobiliers scolaires et les méthodes d'enseignement ; nous y trouvons, en effet, l'installa- 
tion complète d'une classe des écoles primaires ; un banc d'école inventé par le docteur Snellen ; un 

Cramer, Hattem et G. Loeber. 



matériel très ingénieux pour l'en- 
seignement des travaux d'ai- 
guille; un procédé aussi simple 
que nouveau pour apprendre à 
lire aux enfants, inventé par un 
instituteur de Laren, M. J. Van 
Wulfen; son exposition consiste 
en une série de planches colo- 
riées , représentant des objets 
connus , dont la forme peut 
servir à faire retenir la forme 
d'une lettre. 

Quelques fabricants de pa- 
pier ont envoyé des échantillons 
très recommandables de leur 
fabrication; les usines les plus 
importantes sont celles de MM. 
Van Gelder fils, établies à Am- 
sterdam et à Wormerveer, 
C. Kalf, à Kampen, H. G. B. 
L'art de la photographie 




En fait d'instruments de 
science et de précision, nous ne 
trouvons que les instruments de 
mathématique de MM. Becker 
et Buddingh d'Arnhem ; les ba- 
lances et les poids de précision, 
maintes fois couronnés, de M. 
Becker's Sons de Rotterdam, et 
les chronomètres- et pendules 
astronomiques de M, Hohwtï, 
d'Amsterdam; M. Hohwù est 
non seulement un fabricant 



M. le Comte C. J. E. de Bylandt 
Commissaire Général de la Sect. Néerlandaise 



consciencieux , c'est encore un 
savant de premier ordre ; il est 
l'inventeur de plusieurs appa- 
reils astronomiques très estimés, 
qui lui ont valu de nombreuses 
distinctions, tant dans son pays 
qu'à l'étranger 
en Hollande, a suivi la marche du progrès. M. Halbertsma expose des 
reproductions photographiques et des photographies d'après nature, qui ne laissent rien à désirer, non plus 
que celles de M. Soublette de Curaçao. Mais ce qui nous parait surtout intéressant, ce sont les photo- 
graphies exposées par la ville de Rotterdam et qui, mieux que les descriptions les plus minutieuses, nous 
donnent une idée complète des grands travaux exécutés pour l'amélioration du port de cette ville. 

La poterie de Delft n'est représentée que par une seule maison, celle de MM. Thooft & Labouchère. 
Leur exposition, à vrai dire, est exceptionnellement belle. MM. Thooft & Labouchère se bornent à l'imi- 
tation des anciennes faïences de Delft, qui ont rivalisé dès l'origine de l'art céramique, avec les produits 
italiens, chinois, etc. 

Des échantillons des célèbres tapis de Deventer sont exposés par la Fabrique royale de tapis; cette 
fabrique, dont les produits jouissent d'une réputation universelle, est déjà très ancienne; elle a brillé au 
premier rang dans toutes les Expositions. 

L'ameublement du pavillon royal, en noyer, style ancien, est de MM. H. M. Jansen&fils, d'Amsterdam; 
on y remarque une vaste cheminée flamande, d'un grand effet, des bahuts de toute beauté et des fauteuils 
richement capitonnés. 

Non loin de là, se trouve la grande vitrine de la maison J. J. van Kempen & fils de Voorschoten, orfèvres 
du Roi des Pays-Bas ; elle renferme de vrais trésors de bijouterie et de joaillerie ; les pièces capitales de cette 



2Q-5 



riche exposition sont les cadeaux offerts, par différentes villes, au Roi et à la Reine, à l'occasion de leur mariage ; 
ce sont des surtouts de table d'une richesse vraiment royale, en argent massif, travaillés avec un art infini et un 
goût merveilleux. 

On remarque encore l'élégant kiosque de M. J. C. Boldoot, renfermant des eaux de Cologne, des 
extraits d'odeurs, et des parfumeries fines ; les laques décorés, émaillés et incrustés, de MM. Bekkers & fils ; les 
articles en laque de MM. Reyênga d'Amsterdam, qui se distinguent par un dessin très soigné ; les pipes de 
Gouda, de MM. Van Goedewaagen & fils. 

Les fabriques de produits stéariques Belges et Hollandais ont établi collectivement une espèce de 
monument, à la limite des deux sections ; la fabrique hollandaise « Apollo » à Schiedam et « Gouda » à 
Gouda, y exposent tous les produits de leur fabrication : bougies, stéarine, oléine, glycérine, etc. 

L'exposition de la fabrique de produits chimiques « Rotterdam » est très intéressante ; elle nous permet 
de suivre la glycérine dans les diverses transformations qu'elle subit, avant d'arriver à l'état chimiquement 
pur ; nous y voyons aussi des échantillons de glycérine devant servir à la fabrication de la dynamite, ainsi que 
des modèles d'emballages pour le transport de cette matière dangereuse. 

Le docteur A. Haagen, de Ruremonde, est parvenu à donner à son exposition de produits chimiques, une 
physionomie attrayante, qui fait qu'on ne passe pas à côté d'elle sans s'y arrêter; sous une voûte en forme de 




grotte, composée de cristaux 
de prussiate jaune de potasse, 
une belle photographie donne 
une idée de la grandeur de son 
établissement ; des vases en 
cristal, contenant des échan- 
tillons des couleurs les plus 
diverses, disposés avec goût, 
complètent cet étalage. 

Nous sommes heureux de 
saluer en passant un produit 
d'invention toute récente, 
qu'on ne trouvera pas en de- 
hors de la section hollandaise 
et dont nous avouons n'avoir 
pas, jusqu'ici, soupçonné 
l'existence; nous voulons par- 
ler des tissus de Beraudine; 
M. G. Beraud, leur inventeur, 
industriel à Weert, s'est ima- 
giné d'utiliser les fibres de la 
tourbe, très commune en Hol- 
lande, et de les mêler à la 
importantes ; citons entre autres, la maison P. Van Dooren, de Tilbourg, fondée en 1827, qui a exposé de fort 
beaux draps et des étoffes de laine; MM. Raue et Bodde, de Geldrop et MM. Sala frères, de Tilbourg, qui 
avaient des draps floconnés et ratines, des étoffes d'été et d'hiver, de bonne fabrication ; il y avait encore, 
dans le même groupe, les étoffes de lin de M. Van der Heyden de Geldrop ; les tissus de jute de MM. Ter 
Horst & C'% de Rijssen ; les étoffes pour drapeaux, les flanelles de laine et demi-laine, de M. Van den 
Berg Krabbendam, de Tilbourg, étalées avec goût; les cotonnades imprimées, imitant à s'y méprendre les 
tissus de l'Inde, et les superbes couvre-lits et couvre-pieds, en soie et en coton,' avec les piqûres aux armes 
nationales, de MM. P. E. Van Vlissingen à C ie ; les fils rouges d'Andrinople, de M. K. Van Wensen, de 
Zoeterwoude ; les articles de caoutchouc, de MM. Merens & C'% de Harlem; les coiffures en équipements 
militaires irréprochables, de la firme J. F. Segers & fils, de Breda; les chapeaux de soie, de M. J. Dewildt, 
de Maestricht et les chaussures élégantes et bien conditionnées, de M. Schenkels, de Waaspik. 

Viennent ensuite les coffres-forts avec fermetures secrètes, et des portes de sûreté pour les caves des 
maisons de banque; des capsules métalliques pour bouteilles de tous genres, fabriquées par MM. Schimmel- 
penninck & C ie , de Deventer ; des bouchons pour vins, bières, médicaments, confitures etc., de M. J. A. Lindner 



Surtout de table en argent, offert par la ville 

d'Amsterdam à LL. MM. le Roi et la Reine 

de Hollande 

(J. F. Van Kempen et fils) 



laine, pour en faire des étoffes ; 
l'exposition de M. Beraud 
comprend des draps et des 
étoffes en tous genres, sur 
lesquelles la plupart des visi- 
teurs auront jeté un regard 
indifférent , ne sachant pas 
qu'ils avaient devant eux les 
produits d'une industrie nou- 
velle et assurément fort cu- 
rieuse ; il paraît que les tissus 
dans lesquels les fibres de la 
tourbe entrent en proportions 
assez notables, ne se mouillent 
pas par la pluie. 

Le procédé de M . Beraud 
ne s'applique pas seulement 
aux étoffes ; on en fait encore 
usage dans la papeterie , la 
cartonnerie , les filatures , la 
chapellerie, etc. etc. 

La Hollande possède plu- 
sieurs fabriques d'étoffes assez 




- 2 g6^ 
d'Amsterdam. M. Lindner est aussi renommé pour ses appareils de sauvetage ; il en expose de plusieurs modèles. 



■ ; i 




L industrie des cloches est représentée par M. A. H. Van Bergen, de Heiligerlée, qui a trouvé le 



— 2Q7 — 

moyen de réaliser une économie de 3o °/ sur le métal employé , tout en donnant à ses instruments le 
ton voulu ; les trois cloches exposées par cette maison, donnent un son fort beau, prolongé et susceptible 
d'être entendu à de grandes distances; MM. Petit et Fritsen, de - Aaiie-Rixtel , ont exposé des cloches 
harmoniques et des cloches pour carillons, dont on dit beaucoup de bien. 

L'exposition des fers forgés artistiques, grilles, ornements, travaux fins, etc., etc. de MM. G. C. Vincent 
& C ie de Schiedam, est très instructive et fait honneur au pays qui produit de tels artistes; la pièce capitale 
de ce remarquable ensemble, est une grille entièrement forgée à la main, d'un dessin riche et correct, et 
d'une exécution irréprochable. 

M. Logeman de Nymègue, expose dans une caisse de dimensions restreintes, une collection de 73 
échantillons de différentes essences de bois, coupés dans les forets de l'île de Bornéo. 

En fait de voitures, citons une superbe Victoria de MM. L. H. Hermans & O , de la Haye et une charrette 
d'Utrecht, de MM. Boertjes & O ; ce modèle est inconnu dans notre pays, mais ne manque pas de cachet. 
Ce genre de voiture, de chasse et de campagne, est fort répandu en Hollande. 

C'est ici que se trouve, dans la collection des pointes de Paris et des clous mécaniques, en fer et en acier, 
de MM. J. Regout & C ifl , de Maestricht, l'objet le plus petit de l'Exposition Néerlandaise, sous forme d'un clou 
minuscule ; il n'en faut pas moins de 36o,ooo pour faire un kilo ! 

Le département des comestibles occupe une large place dans cette section; chaque ville de la Hollande 
a une spécialité de petits gâteaux, dont quelques-uns portent les noms les plus bizarres, intraduisibles en français. 

Nous trouvons dans la même classe des huiles de foie de morue au café, très appétissantes, de 
M. Schuit; le lait condensé et sans sucre de la société « Hollandia », et le beurre conservé, destiné à 
l'exportation. 

Nous nous attendions à une exposition importante des excellents fromages de Hollande; cet article national 
a été représenté par deux maisons seulement, MM. K. Ingerman, d'Amsterdam et Wennekers J 1 ". 

Par contre, les fabricants de chocolat, et de cacao qui se proclame pur, étaient assez nombreux ; en 
dehors de la maison Van Houten, dont nous avons parlé ailleurs, citons les firmes Rensdorp & C ie d'Amsterdam, 
A. Driessen de Rotterdam, R. C. Van Haagen, d'Utrecht, de Erve Wed. H. de'Jong, de Wormerveer, etc., etc. 

Mais ce qui l'emportait sur tout le reste, comme importance numérique tout au moins, c'est l'industrie de 
l'alcool, représentée par une infinité de flacons, de bouteilles, de cruchons, de fioles, renfermant toutes les 
liqueurs, tous les élixirs , toutes les essences, tous les apéritifs et tous les amers, depuis les crèmes, variées 
à l'infini à l'usage des palais féminins, jusqu'à l'eau-de-feu, pour civiliser les nègres. 

La réputation universelle de « Wynand Fochng » nous dispense de faire son éloge; il est le fournisseur 
breveté de presque toutes les cours et ses produits sont exportés dans toutes les parties du monde. La maison 
Wynand Focking, dont la fondation remonte à 1679, est une des illustrations de la Hollande. A voir sa 
vitrine plus que modeste, on ne s'en serait jamais douté. 

Les vastes et riches colonies Néerlandaises ont fourni à notre Exposition, quoique d'une façon indirecte, 
un de leurs produits les plus appréciés : le tabac. 

Parmi les exposants de cette classe, MM. Zwartendyk frères, de Rotterdam, figurent au premier rang. 

La plupart des négociants en tabacs fabriquent en même temps les cigares ; citons les firmes : Maseman 
à C ie , d'Utrecht; van Best frères; la fabrique royale de cigares « Insulinde », de MM. Bleckman frères à 
Arnhem ; A. Herschel, d'Amersfoort, négociant en gros de tabacs en feuilles, spécialité de Planteur ; etc. etc. 

Les mérites des produits hollandais ont été hautement appréciés par les jurys: le nombre des expo- 
sants s'élevait à 285 ; il leur a été décerné 252 récompenses. 

C'est pour nos amis d'Outre-Moerdijk un glorieux succès, auquel nous sommes heureux d'applaudir. 



--^;B)!^— 






La Suisse 



Une façade de chalet Suisse, en hois verni très clair, forme l'entrée de l'exposition de ce pays;c'était 
pour ainsi dire, le décor obligé et attendu de ce compartiment; comme couleur locale c'est très réussi.* 

Un salon coquet, de 500 m. c. de surface, renferme les produits industriels des divers cantons, 
disposés avec art. 

Une Commission nationale, composée de MM. H. Etienne, Inspecteur Fédéral des fabriques, à Neuchâtel, 
Président; Arnold Grosjean, Conseiller national à Chaux-de-Fonds, vice- Président ; et J. Borel Courvaisier, 
à Neuchâtel, fonctionne comme Commissariat général. MM. Michel Tschander, Consul de la Confédération 
Suisse, à Anvers, E. Francillon, Conseiller national à St-Imier, remplissent les fonctions de Commissaire 
et Commissaire adjoint, et M. G. Brunner, attaché au Département Fédéral du Commerce et de l'Agricul- 



ture, à Berne, celles de Sur- 
veillant général de la Section. 

Une soixantaine d'expo- 
sants ont pris part à notre 
Exposition et ont fourni un 
ensemble très original et des 
plus intéressants. La Suisse 
d'ailleurs possède des spécia- 
lités de divers genres, qui ne 
peuvent manquer d'exciter la 
curiosité et l'admiration, com- 
me le pays lui-même. 

La Suisse avec ses hauts 
sommets, couverts de neiges 
é te r n el 1 es , ses nombreux 
glaciers et ses beaux lacs, 
ses gorges sauvages, ses pla- 
teaux étroits et ses effra- 
yants précipices, ses cascades 
et ses torrents , ses fraîches 
vallées et sa flore variée, est 
une des contrées les plus pit- 




J> K. Schenk 
Président de la Confédération Suisse 



Le climat y est extrê- 
mement variable, suivant les 
altitudes et les localités. 

La Suisse occupe une 
superficie de 41,300 kilom. 
carrés, et a une population de 
2,800,000 habitants. 

Son Gouvernement est une 
République Fédérative ; le 
Corps législatif ou Assemblée 
Fédérale comprend deux Con- 
seils : le Conseil national, qui 
exerce le pouvoir exécutif, et 
le Conseil des États. 

Les Suisses se font re- 
marquer par un sentiment 
élevé de patriotisme et un ar- 
dent amour de la liberté ; ils 
sont industrieux, actifs, intel- 
ligents, d'un sens droit, géné- 
reux et hospitaliers. Le com- 
merce y est très actif; l'ex- 
portation consiste en soieries, 
et l'importation, en vins et spiri- 



toresques du globe. 

cotonnades, toiles, horlogeries, bois sculptés, fromages, beurre, miel, etc 

tueux, céréales, bestiaux, denrées coloniales, verres à vitre, etc. 

Chose digne de remarque, ce pays hérissé de montagnes, sans ports ni fleuves maritimes pour exporter 
ses produits, ni consulats salariés pour protéger ses intérêts à l'étranger, privé de fer, de houille et de, ces 
puissantes institutions de crédit, qui sont les meilleurs leviers de l'industrie moderne, a su néanmoins donner 
à son commerce extérieur un développement considérable; on rencontre des négociants, des comptoirs, des 
marchandises, des colons suisses, sur les côtes les plus éloignées d'Amérique, d'Asie et d'Afrique. 

La Belgique fournit à la Suisse des laines , des verres à vitre , des cafés, du pétrole et des fers ; elle 
en tire des fromages, des soieries et des broderies, de l'horlogerie et de la bijouterie, des boîtes à musique 
et des bois sculptés, des cotonnades et des dentelles. 

Les richesses minérales de la Suisse sont peu abondantes ; elles se réduisent à quelques gisements de 
fer dans le Jura, et une mine de nickel dans le Valais. 

On y rencontre de beaux marbres, des pierres meulières, des ardoises, de la tourbe et du sel gemme. 

Ses sources minérales, sulfureuses, ferrugineuses et alcalines sont très fréquentées. 

Ses nombreuses forêts de pin, érable et chêne, hêtre, aune, mélèze, bouleau, constituent une source 
précieuse de richesse. Le bois y est employé à une infinité d'usages; il figure à l'Exposition sous forme de 
parquets massifs et en mosaïque, de modèles de chalets, de MM. Bûcher et Durrer, de Kagiswyl; de caractères 






— 299 — 

et matériel d'imprimerie, de M. A. Martin et O d'Ardon ; de meubles et d'objets sculptés de M. A. Hugenfeld 
de Rheinfelden, et de l'Institut de sculpture, de Brienz; de caisses de piano, sculptées et gravées, etc., etc. 
C'est l'Oberland bernois qui est le siège principal de l'industrie du bois sculpté. 

Au sein des forêts et au-dessus d'elles, on rencontre les pâqûis Alpestres où se fabriquent les célèbres 
fromages de Gruyère, d'Emmenthal et de Neuchâtel. Ces riches pâturages sont de véritables jardins où se re- 
nouvelle chaque 
année, une abon- 
dante provision 
de plantes et de 
fleurs, qui se 
transforment en 
lait, en beurre 
et en fromage. 
Parmi les plan- 
tes qui fournis- 
sent le plus de 
lait , on compte 
le pied-de-lion, 
la matricaire, le 
plantain et la 
mille-feuille. Au- 
cun fromage 
Suisse ne figu- 
rait â l'Exposi- 
tion. 

La pop u- 
lation pastorale 
tend à diminuer 
et à se transfor- 
mer en popula- 
tion agricole et 
industrielle. 

Il y a, dans 
le canton de 
St-Gall, de nom- 
breuses fabri- 
ques de machi- 
nes à broder; de 
beaux échantil- 
lons de brode- 
ries à la méca- 
nique et à la 
main étaient ex- 
posés par MM. 
Steiger & O e . 

L'industrie 
nationale des boîtes 




Façade de la Section Suisse 

musique, s'est concentrée à Genève et dans le canton de Vaud ; l'Exposition nous 
en ^offrait de tout format et de tout prix, présentées par MM. G. Mermod & Bornard, et Mermod frères, 
J. H. Heller, de Berne; Karrer & Wohnlich, de _Feufenthal, depuis la serinette de poche, jusqu'à 
La boite à musique, soigneusement [ dissimulée, s'introduit dans mille objets d'utilité ou de 
fantaisie : des chaises, des encriers, des albums, des carafes, des plats, etc. 

^ A remarquer les lanternes magiques très perfectionnées, de MM. Ganz & C ie , de Zurich; les poteries de 
fantaisie, les porcelaines et faïences peintes, de M™ Kœnig-Christener et de M. Wangeried ; les chapeaux et 



deSte-Croix; 

l'orchestrion. 




objets en paille tressée, de MM. Chiesa frères, de Lucerne; les tabacs, cigares et cigarettes, de MM. F. Gaudin, 
de Coppet et Misani fils, de Brusio; les tissus élastiques pour chaussures, de MM. Bally & Schmitter, d'Aarau, 
et les chaussures de chasse et de montagne, de M. D. G. Petremand, de Neuchâtel; les brosses sculptées, 
de M. J. Hunziker, de Brieux; les rubans de soie, de MM. Bally frères, de Schôneverd. 

Le cidre est l'une des boissons nationales; cependant on fabrique des vins estimés dans les cantons 
de Vaud, de Neuchâtel, de Valais et de Tessin. Ces vins sont légers et rafraîchissants; chaque propriétaire 
fabrique lui-même 3e vin destiné à sa consommation, en se servant du pressoir que possède la commune. 

Parmi les liqueurs Suisses les plus connues, citons le Kirsch et l'Absinthe, fabriqués dans les cantons de 
Vaud, de Zug et de Neuchâtel; cette classe n'avait réuni qu'un petit nombre d'exposants, entre autres : 
MM. L. A. Bolle & fils, de Verrières; A. Fivaz, de Neuchâtel; Aug. F. Dennler, d'Interlaken ; Meyer 
et Margueron, de Thoune, etc. 

Une jolie vitrine, placée en évidence au milieu de la section, renfermait les excellents produits de 
la célèbre fabrique de chocolat Suchard & C ie , de Neuchâtel ; venaient ensuite les chocolats et fruits confits 
de MM. J. Klaus de Locle, et A. Kohler et fils, de Lausanne; les pâtes et produits alimentaires de 
MM. W. Elsner fils, de Bex et Martin et Marguerat, de Torrent. 

Les industries ne manquent pas dans ce petit pays; mais l'industrie nationale par excellence, celle qui a 
fourni à elle seule plus du tiers des exposants, c'est l'horlogerie. Les principaux centres de fabrication sont 
Genève, pour la montre de choix, le canton de Berne, pour les montres courantes, Je canton de Vaud, 
pour les mouvements d'horlogerie, et les montagnes du canton de Neuchâtel, pour l'horlogerie commune. 
Malgré l'abstention presque générale des fabricants Genevois (MM. Fritz Piguet & Backmann, de Genève, 
font exception), l'exposition horlogère offre un ensemble complet, depuis la montre la plus simple, jusqu'au 
chronomètre le plus compliqué et le plus parfait. 

Les vitrines du compartiment Suisse font passer sous nos yeux toutes les phases de la fabrication 
des montres. MM. Kuhn & Tièche, de Bienne, Dubail Monnin, de Porrentruy, nous montrent des 
collections très curieuses, depuis la matière première jusqu'au mouvement complet, prêt à être logé dans 
la boite. M. A. Droz expose une collection de barillets de différents calibres, et MM. Bechni frères, de 
Bienne, des balanciers compensateurs et des spiraux. 

M. H. Thalman, de Bienne, expose un riche assortiment de pièces minuscules, et MM. Fritz Piguet & 
Backmann, de Genève, des montres de précision, des chronographes, et des bijoux-montres ; ces deux expositions 
ont eu beaucoup de succès ; les exposants se prêtaient de bonne grâce à satisfaire la curiosité des visiteurs ; il y 
avait là des objets merveilleux, des bracelets et des bagues-montres ; une boite minuscule d'où sortait un oiseau 
chanteur ; une broche recelant un mouvement d'horlogerie, réduit à sa plus simple expression, qui met en action 
les fleurs et les dessins du bijou ; et bien d'autres objets de luxe et de fantaisie. 

Citons encore les beaux spécimens de pièces compliquées, c'est-à-dire, celles qui servent à fournir des 
indications particulières : la montre à équation, qui donne à la fois le temps moyen et le temps vrai ; la montre à 
quantième, qui indique le mois et le jour ; la montre à répétition qui sonne les heures, les demies et les quarts, 
quand on le désire , la montre à seconde indépendante, qui permet d'évaluer, à un cinquième de seconde près, 
la durée d'un phénomène, d'une course, etc. Ces pièces remarquables sont exposées par MM. C. Couleru- 
Meuri, de Chaux-de- Fonds ; Frères Bergeons, et Ch. A. Favre-Bulle, de Locle; Mermod frères, Bornand-Many, 
de Ste-Croix ; D. Golay, de Setier. 

MM. Ch. Tissot et fils, de Locle, exposent un chronographe ; c'est une pièce qui indique les phases 
de la Inné, le mois, la date, le jour de la semaine ; qui sonne les heures, les demies et les quarts et qui 
marche avec une précision telle, qu'elle ne varie que de trois dixièmes de seconde par jour, soit une minute 
quarante neuf secondes et demie par an. C'est un comble de précision. 

Mentionnons enfin la montre sans aiguilles, de M. Waldenburg ; les heures et les minutes appa- 
raissent en chiffres arabes devant des ouvertures pratiquées sur le cadran ; le tachymètre, de M. A. Droz, 
indiquant, sans calcul, la vitesse d'un train, locomotive, voiture, etc. ; l'imperméable, du même fabricant, 
qui peut être plongée dans un liquide où être exposée à là poussière la plus fine, sans que rien puisse 
pénétrer dans le mouvement. 

L'impression que laisse une visite au compartiment Suisse, est celle d'une exposition originale, amusante 
et pleine d'intérêt. 



•!?:- 







Sa Majesté Alexandre III, Empereur de toutes les Russu 



38 








Russie 




ans la Section Russe, tout frappe par la 
majesté, le grandiose et la distinction. 

Ces produits, d'une civilisation et d'un 
art qui ne sont ni ceux de l'Orient ni ceux 
de l'Occident, sont marqués au coin d'une 
originalité puissante ; ils appartiennent à l'Em- 
pire des Czars et n'appartiennent qu'à lui ; 
nous sommes en Russie, on le voit, on le sent ; 
il n'est pas nécessaire pour s'en convaincre, 
de lire l'inscription qui se détache sur fond 
d'or, au-dessus de l'écusson montrant Saint 
Georges terrassant le dragon. 

Organisée sous les auspices de S. E. 
M. le Ministre des finances N. Bunge, et sous 
la direction de M. le Directeur du Départe- 
ment du commerce et des manufactures, le 
conseiller privé N. Ermakoff, la section russe 
a été installée avec infiniment d'ordre et 
de goût. 

Elle fait honneur au zèle infatigable 
et au dévouement patriotique de M. Ch, Baeckmann, Commissaire général, dont la tâche 
a été d'autant plus difficile et la responsabilité d'autant plus grande, que très peu d'exposants 
se trouvaient sur place. Le mérite d'avoir pleinement réussi n'en est que plus complet. 

Une part de ces éloges revient à MM. A. Dobroniszky, V. Arzimovitsch et A. Kuehne. 
M. Baeckmann a rencontré un précieux auxiliaire en M. E. Colinet, l'architecte de la section. 
La façade russe est une vraie merveille , avec ses riches arcades , ses curieuses frises — - dont les 
motifs ont été empruntés aux vieux dessins du Kremlin — et ses longues draperies de velours, qui forment 
un encadrement si riche et si majestueux à ce portique monumental. 

La section Russe est, avec la section Italienne, la seule dont la décoration soit réellement nationale 
et artistique. Tous les connaisseurs ont admiré l'œuvre de M. Colinet, qui a fait preuve en cette circon- 
stance d'une connaissance approfondie des ouvrages russes. 



3o3 — 



De vives félicitations ont été adressées à M. Baeckmann et à ses collègues, par le grand-duc Paul, le plus 
jeune frère de l'Empereur, au cours d'une visite dont Son Altesse Impériale honora l'exposition de son pays. 

L'inauguration de la section s'est faite avec solennité le 2 juin, sous la présidence de M. le comte 
de Bloudoff, Ministre de Russie à Bruxelles, accompagné de M. le baron Pillai' de Pilchau, Secrétaire de légation, 
et en présence de M. Agie, consul de Russie à Anvers, de Madame Agie, de M. Victor Lynen, Président du 



Comité Exécutif de l'Exposition, 
de Madame Victor Lynen, et 
de toute la colonie russe de Bel- 
gique. 

Une table servant d'autel 
avait été dressée au milieu de 
la section ; M. Pétroff, Chape- 
lain de la légation de Bruxelles, 
revêtu d'une chape rouge, a 
chanté d'une voix pénétrante, 
des prières en vieux slave. Deux 
autres voix lui répondaient par 
des chants sacrés d'un caractère 
antique. 

M. Pétrorf a ensuite pro- 
noncé une allocution en langue 
russe, d'une allure religieuse et 
patriotique, les toiles masquant 
la section sont tombées et l'Ex- 
position russe a été déclarée 
officiellement ouverte. 




M. Ch. Baeckmann, 
Commissaire général de la Section Russe 



Avant d'y pénétrer, disons 
un mot des ressources du pays 
lui-même. 

Le vaste Empire Russe a 
une superficie de 5,640,000 ki- 
lomètres carrés et une popula- 
tion de 75,000,000 d'habitants. 
Ses richesses naturelles sont 
énormes ; ses bassins houillers 
les plus importants, sont ceux 
de la Pologne, du Dniester et 
du Donetz ; l'exploitation de la 
houille s'est beaucoup dévelop- 
pée à gauche de la Vistule supé- 
rieure ; dans le bassin du Do- 
netz la production du charbon 
anthracite suffit pour alimenter 
toutes les industries et tous les 
chemins de fer de l'Empire. 

Le fer se rencontre en abon- 
dance en Finlande, dans les 



rochers, les lacs, les marais et les landes. Le fer magnétique et le cuivre se trouvent dans la région de l'Oural, 
en dépôts inépuisables. C'est principalement au nord du lcc ETaïma que sont situées les usines pour la fabrication 
du fer; ces usines se servent exclusivement de charbon de bois; il parait que ce procédé donne aux fers des 
qualités, que ne possèdent pas ceux qui sont préparés au charbon de terre. 



Au pied du versant oriental de 
l'Oural, en Asie, l'or se trouve mêlé 
au sable et à l'argile ; le rendement 
de ces sables aurifères constitue, 
avec celui des mines d'argent, un 
des plus importants revenus de la 
couronne. 

La Crimée renferme des gise- 
ments considérables de sel gemme. 

Depuis un petit nombre d'années 
les sources de pétrole du Caucase 
sont régulièrement exploitées et font 
déjà une concurrence sérieuse aux 
pétroles américains. 

Les seules sources de richesse"de 
la zone forestière sont : la chasse aux 
animaux à fourrures, — zibeline, 
renard, hermine et castor, — et l'ex- 
ploitation des bois ; les essences les 




Bureau du Commissariat général 
de la Section Russe 



plus répandues dans les immenses 
forêts russes sont : le pin sylvestre 
ou pin de Riga, — le sapin rouge, 
le mélèze, le tremble, servant à la 
fabrication de la pâte à papier, — le 
bouleau qui fournit une huile empy- 
reumatique, et une écorce employée 
pour le tannage des cuirs, — le chêne 
pédoncule et le tilleul. Le commerce 
de bois de la Russie a acquis une 
importance considérable. 

La zone agricole est riche en lin 
et en chanvre, en orge, en maïs, en 
blés et en betteraves. Ses excellentes 
terres noires sont d'une fertilité hors 
ligne ; le chanvre, le trèfle et la lu- 
zerne y acquièrent un hauteur pro- 
digieuse. L'élevage du cheval, du 
;ros bétail et des moutons,. s'y fait 



en grand ; aussi, la fabrication du suif et des cuirs parfumés occupe-t-elle un grand nombre d'établissements. 
Le Caucase possède des vignobles estimés. 

La Pologne produit des tissus de laine et de coton ; la Lithuanie et le gouvernement de St-Pétersbourg, 
des lins et des toiles; Moscou, des tissus de coton, des soieries et des tapis. 






&*m^. 



— 304 — 

La mer Caspienne contient en grande quantité l'esturgeon et le hareng ; de nombreuses pêcheries 
alimentent la préparation du caviar et du hareng en saumure, et la fabrication de la colle de poisson. 

Telles sont, en peu de mots, les principales industries de l'Empire russe, toutes représentées à 
l'Exposition d'Anvers. 

Le commerce de ce pays prend une extension de plus en plus grande, à mesure que se développe le 

tenue, ils semblent faire partie inté- 
grante de cet ensemble imposant. 

Ce qui séduit dès l'entrée, ce sont 
les bronzes d'art, exposés par trois 
maisons importantes. Ces bronzes, 
un des succès du compartiment, se 
distinguent des bronzes français et 
belges, par l'originalité et la saveur 
particulière des sujets représentés, 
tirés ie plus souvent des scènes de la 
vie russe ou caucasienne. 

La maison Postnikoff, de 
Moscou, dont l'existence re- 
monte à i8o5, occupe un per- 
sonnel nombreux, formé par 
elle-même ; elle entretient une 
école fréquentée par 85 élèves, 
internes et externes ; les cours 
y durent 6 ans et les ouvriers 
qui en sortent sont de vrais 
artistes. Le gouvernement a 
durée du service militaire ; c'est assez dire qu'il s'inté- 



réseau de ses voies ferrées. Autrefois 
le commerce intérieur se concentrait 
dans les foires, qui se tenaient pério- 
diquement dans la plupart des grands 
centres; actuellement ces foires n'ont 
plus de raison d'être et les centres 
commerciaux tendent à se déplacer. 

C'est avec l'Allemagne et la 
Grande-Bretagne que la Russie fait 
le trafic le plus important. Elle four- 
nit à la Belgique des grains, 
des graines, des bois et des four- 
rures ; elle en tire les produits 
des industries métallurgiques et 
verrières. 

Entrons maintenant dans 
l'espace réservé à l'exposition 
russe, placée sous la surveil- 
lance des superbes soldats de 
la garde du Czar; par leur pres- 
tance et la correction de leur 
accordé aux élèves de cette école une réduction de 




M. A. Dobronis\ky 

Commissaire adjoint de la Section Russe 



resse vivement à la maison Postnikoff, 

Tout le monde a admiré le mer- 
veilleux vase de bronze, du style russe 
le plus pur, exposé par M. Postnikoff. 
Ce vase est d'autant plus intéressant 
qu'il est le produit d'un essai ; l'émail 
en est obtenu par un procédé qui 
jusqu'à présent était le secret des Ja- 
ponais. 

Cette œuvre d'art a été acquise par 
l'Empereur de Russie pour la somme 
de 1 5,ooo roubles. 

Un peu à droite, se trouve 
le superbe étalage de M. Félix 
Chopin, de St-Pétersbourg; tous 
ces bronzes sont d'un dessin à 
la fois très riche et très original. 
Les sujets sont pleins de carac- 
tère et parfois pleins de charme, 
comme dans le beau groupe 
intitulé les Adieux du Cosaque ; 
une femme se hisse sur l'étftër 



placée sous la protection spéciale de S. A. I. le Grand-Duc Serge, 
d'un guerrier, [ pour embrasser une 
dernière fois le bien-aimé, avant qu'il 
n'éperonne son cheval, pour s'élancer 
où ie devoir l'appelle. Tout est pris 
sur le vif, l'homme au mâle visage, la 
femme tendre et résignée, et jusqu'au 
coursier vigoureux, produit de l'U- 
kraine. 

1 1 y a ensuite une troïka de fougueux 
chevaux russes, emportant un traîneau 
dans une course échevelée, rivalisant 
de vitesse, tout en gardant une 
allure différente : le cheval du 
milieu trottant, les autres galo- 
pant ; puis les Fourrageurs Co- 
saques, la Fantasia Arabe, le 
Trompette de hussards, le Pou- 
lain en liberté, etc., etc. 

La firme C. F. Woerfell, 
de St-Pétersbourg, en dehors 
de groupes de bronze, représen- 




M. Colinet, 
Architecte de la Section Russe 



tant l'Equipage lapon, traîné par quatre rennes, la Chasse au renard, des combats d'ours et de chasseurs, 
une Telechka à trois chevaux, etc., expose de riches objets en malachite, lapis-lazulli, labrador, rhodonite, 
jaspe et autres pierres dures de Sibérie. 

L'orfèvrerie russe n'occupe pas à Anvers le rang auquel elle semblerait pouvoir prétendre, en raison 



3o5 — 




Façade de la Section Russe 



de sa grande réputation ; de fort beaux objets cependant ont été envoyés par MM. J. P. Khlebnikoff et fils, 
de Moscou, entre autres une corbeille en argent doré, dont une partie en relief imite, avec la plus étonnante 
ressemblance, une serviette finement damassée. 

Les instruments de musique ont valu des récompenses très flatteuses aux cinq exposants appartenant 
à la Classe VIII. La maison C. M. Schroder s'y est distinguée tout particulièrement, et mérite une mention 
spéciale pour ses remarquables pianos. 

M . Schroder exposait, au centre de la Section russe, un piano à queue, d'un mérite hors de pair ; de 
tous les instruments de ce genre, qui ont été entendus à l'Exposition, aucun n'a obtenu un succès aussi 
franc et aussi mérité. 

A côté des expositions artistico-industrielles, dont nous venons de parler, il en est d'autres purement 
industrielles, mais qui n'en méritent pas moins d'attirer l'attention ; voici les allumettes de la Compagnie 
Grefsby de St-Pétersbourg, dont la fabrique se trouve dans le gouvernement de Novgorod; cette compagnie 
n'a que quatre ans d'existence et sa production annuelle atteint déjà 20 millions de boites; voici encore 
un pavillon fait entièrement d'allumettes, construit par la firme Basile Lapchine ; les 4 usines de cet 
exposant se trouvent également dans le gouvernement de Novgorod ; elles donnent du travail à 700 
ouvriers; nous rencontrons ensuite les cosmétiques, pommades, parfums, savons, de MM. Brocard & C" et 



' les articles de toilette de A. Rallet & C'° 
de Moscou ; puis encore des vitrines 
intéressantes, renfermant des objets en 
papier mâché, des albums, des coffrets, 
des objets en ambre, etc., etc. 

La remarquable exposition des tissus, 
largement et brillamment représentée, a 
été l'une des grandes attractions de la 
section qui nous occupe. 

Treize fabricants de premier ordre 
ont envoyé des fils et tissus de coton, 
des cretonnes, des indiennes, des velours 
de coton, des moleskines, la plupart teints 
en rouge d'Andrinople, unis et imprimés. 
Les cotonnades, aux belles couleurs 
rouges, éclatantes mais non criardes, 



./ f/j) 




Prêtre Russe 



donnaient la note gaie dans cette section 
un peu sévère ; les nombreuses transac- 
tions dont elles furent l'objet, car leurs 
prix n'étaient nullement exagérés, en- 
tretenaient une grande animation dans 
ce département. Ces i3 fabriques occu- 
pent ensemble 60,000 ouvriers ; on éva- 
lue leur production annuelle à plus de 
i5o millions de francs ! 

Nous ne pouvons décrire ici les mérites 
spéciaux de chacun de ces exposants ; 
mais nous citerons un fait qui leur fait 
honneur à tous, et qui honore en même 
temps leur pays: c'est que tous s'occupent 
du sort de leurs nombreux ouvriers, avec 
une sollicitude toute paternelle. 



Cest ainsi que M. C. J. Pahl entretient, pour son personnel, un hôpital, une clinique, une caisse 
d'épargne, et fait donner un enseignement gratuit aux enfants de ses ouvriers; — M. Asaph Basanoff a 
fondé une institution de prévoyance pour ses travailleurs; — la Compagnie de la manufacture des 
Basanoffs entretient à ses frais 2 écoles pour 25o enfants des deux sexes, un hôpital de 5o lits, une 
maison de refuge pour les vieillards, une église, une pharmacie ; — la Compagnie de Bogorodsko- 
Gloukhoffsk possède une école pour 1000 enfants, un club pour les employés, une bibliothèque, etc. ; 
— Le'opold Kcenig J', de St-Pétersbourg, expose dans un vaste pavillon, des cotons écrus, blanchis et 
teints ; sa filature a été fondée en 1873 ; il y a joint une teinturerie et une retorderie, ainsi que des 
écoles, un hôpital et des maisons d'habitation à l'usage de ses nombreux ouvriers ; — la Compagnie 
des Manufactures de Charles Schleibler, à Lodz, gouvernement de Petrikau, existe depuis 1854 ; elle 
occupe 6000 ouvriers ; dans ses superbes ateliers fonctionnent Î2 moteurs à vapeur, de la force de 
4400 chevaux, et 14 machines supplémentaires; elle a 36oo métiers mécaniques et 240,000 broches. La 
fabrique entretient une école pour 260 enfants, un hôpital (système de baraques), un hospice pour les 
vieux ouvriers, et 35 maisons à 2 étages, avec jardins, pour les employés. 

Nous nous arrêterons, car il faudrait les citer tous. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que 
l'ouvrier s'attache à son patron dont il apprécie la sollicitude ; le patron de son côté s'attache à l'ouvrier, 
à raison même du bien qu'il lui fait. La Russie donne là à tous les peuples un noble exemple à suivre, 
pour éviter bien des maux. 

Ce que nous venons de dire des exposants de tissus de coton, s'applique aux fabricants de tissus de 
lin, de chanvre etc. Même importance des manufactures, même perfection des produits, et même souci du 
bien-être de l'ouvrier. MM. Hielle et Dithrich de Girardow ont joint à leurs écoles, hospices, caisses d'épargne etc. , 



3o 7 



des bains et un théâtre. Le délassement honnête après le rude labeur de la journée, c'est encore un moyen 
de retenir l'ouvrier dans le chemin du devoir. 

La fabrication des fils et tissus de laine cardée, est également très importante en Russie ; les fabriques 
de soie y sont nombreuses et bien outillées; les brocarts d'or et d'argent, les brocatelles, les velours, les 
damas, les satins, étalent leurs splendeurs aux yeux charmés des visiteurs. 

Une des grandes sources de richesse de la Russie, c'est la culture du lin et des étoupes, dans les 
gouvernements du Nord-Est. La culture du lin est pratiquée principalement par les paysans; les semailles 
se font en mai et les récoltes en septembre. Le lin des meilleures qualités et d'une belle longueur sont 



vendus tels quels, les Uns courts et 
moins solides fournissent les étou- 
pes. L'intéressante exposition de 
MM. Jacob Prosoroff et fils, de 
St-Pétersbourg, représentée en Bel- 
gique et en France par M. Bruyn- 
seraede d'Anvers, renfermait les 
différentes espèces de lin brut et 
travaillé, les étoupes, et les outils 
employés dans leur préparation ; 
il s'y trouvait joints d'autres pro- 
duits textiles, tels que fils, toile 
blanche et écrue, coutils, etc., tous 
faits à la main par les paysans. 

Un pavillon spécial assez vaste 
renfermait les lins et accessoires 
de la « Station d'Analyse et Taxa- 
tion de Lin, à Pskoff. » 

On. y avait joint des tableaux 
statistiques très intéressants, don- 
nant des renseignements précis sur 
la production de chaque district 
russe, tant sous le rapport de la 
qualité que sous celui du rende- 
ment; sur les prix des lins des 
divers gouvernements ; sur la ri- 
chesse en lin pur des récoltes de 
ces dernières années; en un mot, 
sur tout ce qui touche, directement 
ou indirectement, à cette impor- 
tante culture. 

De plus, un délégué du Comité 
statistique de PskofF, M. Ferdinand 
Bauer, Président de la Commis- 
sion des lins, s'est tenu à la dis- 
position du public, pendant toute 




Vase en Bronze de M. Postnikoff 



la durée l'Exposition; avec une 
complaisance charmante, qui ne 
s'est pas démentie un instant, il 
a répondu d'une façon claire et 
précise à toutes les questions qu 
lui ont été adressées. M. Bauer 
a écrit plusieurs ouvrages estimés' 
sur l'industrie des lins et des étou- 
pes, qui n'a pas de secrets pour 
lui ; il était donc à même, mieux 
que personne, d'occuper le poste 
qui lui a été confié. Il est à re- 
gretter'_seulement, que les explica- 
tions se soient données exclusive- 
ment en Allemand, tout le monde 
n'étant pas familiarisé avec cette 
langue. 

Citons enfin, comme étant Tune 
des plus importantes, l'exposition 
des lins et semences, de la maison 
John Ruecker & O ' , de Riga. 

Les fourrures russes de M. Eg- 
gers de Moscou et de M. Gruen- 
waidt de St-Pétersbourg, d'une 
beauté incomparable, ont fait sen- 
sation; il y avait des zibelines, 
des hermines, des martres, des 
castors, des renards noirs, bleus 
et argentés, servant à faire des 
pelisses de dix, quinze, vingt mille 
francs et plus ! 

Les cuirs de Russie jouissent 
d'une renommée si universelle, 
qu'on devait s'attendre à une Ex- 
position très complète de cet article 
dans la section russe ; cette attente 



n'a pas été trompée. Nous comptons huit exposants de cuirs et de peaux; la célèbre tannerie Alafouioff, 
a Kazan, produit jusqu'à 175,000 peaux, représentant une valeur de 1 million et demi de roubles; elle 
occupe 5oo ouvriers. La tannerie de MM. Pfeiffer frères est d'égale importance. 

La sellerie et la carrosserie ont été fort admirées; elles comprenaient des équipages superbes, des 
traîneaux de ville et de course, et de curieux harnais pour troïka. 

Il faudrait parler de bien d'autres articles encore, des sucres, des vins du Caucase et de Géorgie, 
des champagnes, des liqueurs si renommées, — Kummel, crème d'Allasch, etc., — des alcools et des 
eaux-de-vie. Les distilleries sont très nombreuses en Russie; la Société Beckmann & C ie de St-Pétersbourg, 
produit jusqu'à 75,000 hectolitres d'alcool rectifié et d'alcool rectifié et distillé; la Compagnie Keller & C i; 



m 

m 



3o8 



est à peu près sur la même ligne comme chiffre de production; viennent . ensuite la maison /. Kocheleff, de 
Moscou, avec 6o,ooo hectolitres, MM. A. P.opoff avec 3S,ooo, L. Obloff & C ie avec 22,000 hectolitres, 



etc. Tous les grands 
propriétaires fabri- 
quenteux-mèmes l'eau- 
de-vie. Signalons en- 
core des capsules élas- 
tiques, pour avaler les 
médicaments de mau- 
vais goût, des sièges, 
des tapis, des samovars 
et des cigarettes. 

Disons quelques 
mots d'une industrie 
qui pour être la der- 
nière venue, n'en est 
pas moins une des plus 
prospères ; nous vou- 
lons parier des pétroles 
russes. D'importants 
établissements pour 
l'extraction du pétrole 
et du naphte, se sont 
élevés à Bakou et dans 
les environs. Trois des 
plus considérables figu- 
raient à notre Exposi- 
tion : la fabrique C. 
M. Chibajeff fondée en 
1880, qui produit par 
an 1 5,000,000 de kilos 
d'huiles minérales et 
taires, ajoutons en un 



6,5oo,ooo kilos d'acide 
sulfurique; elle occupe 
400 ouvriers, possède 
25 chaudières et des 
moteurs à vapeur; — 
la firme B. J. Rago- 
-jne & C", qui avait 
installé un petit pavil- 
lon dans les jardins de 
l'Exposition; elle pos- 
sède deux établisse- 
ments pour la fabrica- 
tion d'huiles minérales, 
l'un à Balakhna, fondé 
en 187g, l'autre à Ya- 
roslaff, fondé en 1880; 
ces fabriques produi- 
sent annuellement 
3o, 000, 000 de kilos et 
occupent 65o ouvriers; 
— enfin, la Compagnie 
Nobel frères fondée en 
1878. Elle possède dans 
les environs de Bakou 
la moitié des sources de 
naphte, au nombre de 
100 environ, sur un 
terrain de 48 hectares. 
A ces chiffres, qui 
Pavillon de MM. John Ruecker & C (Riga, Lipome) se passent de commen- 

autre pour servir de point de comparaison : les puits américains sont exploités 
depuis iS5o, les puits russes depuis 18G9; on a exporté d'Amérique en 1884, 25 millions de barils de 
pétrole, et de Russie 9 millions de barils. L'exposition de la Russie à Anvers aura servi à nous faire 
mieux apprécier ce riche et vaste pays, si mal connu encore et si diversement jugé; elle aura laissé derrière 
elle une impression profonde d'originalité, de grandeur et de puissance. 





Grèce 






C'est à Londres, en i85i, que la Grèce figura, pour la première fois, à une Exposition internationale, avec 
un effectif de 36 exposants; on la rencontre ensuite aux Expositions de Paris i855, Londres 1862, Paris 1S67 et 
1878, avec un contingent d'exposants de plus en plus important. Sa participation à l'Exposition d'Anvers est 
presque nulle; elle se réduit à quelques échantillons de vins d'exportation, dont plusieurs ont un âge respectable. 

C'est principalement aux événements politiques qu'il faut attribuer cette abstention presque complète, car 
le pays ne manque pas de ressources. Les Grecs représentent en Orient la civilisation et le progrès; c'est un 
peuple fin et délicat, brave et persévérant, capable des plus nobles dévouements patriotiques, et conservant 
intacte sa foi dans la grandeur de son pays. La race grecque est une des mieux douées sous le rapport de la 
beauté physique, l'acuité de l'esprit, la poésie, la langue, le génie des arts et des sciences. 

Après l'anéantissement de la flotte Turco-Egyptienne à Navarin, en 1827, par la Russie, l'Angleterre 



I 



et la France, et l'évacuation de 1; 
Péninsule par une armée française, 
l'Europe songea à ériger la Grèce en 
royaume indépendant. Cette indépen- 
dance fut reconnue le 3 février i83o; 
la Couronne fut offerte au prince Léo- 
pold de Saxe-Cobourg, qui la refusa 
parce qu'on enlevait à la 
GrèceTAcarnanie et la moi- 
tié de l'Etoile. Les puis- 
sances européennes dési- 
gnèrent alors pour roi de 
Grèce, le jeune Othon de 
Bavière. En iS63, les Grecs, 
qui avaient congédié le roi 
Othon, acceptèrent pour 
souverain le prince Guil- 
laume de Danemark, qui 
règne encore actuellement, 
sous le nom de Georges I™, 
et ajoutèrent à leur petit 
royaume les îles Ioniennes, 
le vote direct de la nation. Le royaume de Grèce a une superficie de 947 




S. M. Georges I r , Roi de Grèce. 



cédées par l'Angleterre. Depuis que 
les Hellènes ont reconquis leur indé- 
pendance, après plusieurs siècles de 
servitude, d'ignorance et de barbarie, 
ils travaillent'à leur régénération mo- 
rale et intellectuelle. L'instruction pu- 
blique a fait depuis^ quelques années 
surtout, de notables pro- 
grès. Sous ce rapport, comme 
sous tous les autres, la Grèce 
se développe autant que le 
lui permet la politique ja- 
louse des puissances euro- 
péennes. 

Le gouvernement est 
une monarchie constitu- 
tionnelle représentative hé- 
réditaire. Le roi gouverne 
avec le concours d'une seule 
Chambre des députés, com- 
posée de 186 représentants 
élus, pour quatre ans, par 
.illes carrés ; sa population est 



d'environ 1 million et demi d'habitants. 

Son sol est fertile, mais le manque de bras, de capitaux et de routes, sont autant d'obstacles à son 
développement ; sa situation agricole est réduite à un tel état d'infériorité qu'aucune contrée de l'Europe 
occidentale ne peut lui être comparée sous ce rapport. 

La culture du blé, du seigle, de l'orge et du maïs, donne d'excellents résultats dans les cantons pierreux; 
l'avoine et la pomme de terre ne réussissent que médiocrement. Les pois, les haricots, les fèves et le riz donnent, 
dans certaines régions, un rendement très satisfaisant. 

Le coton se cultive avec succès en Livadie, à Argos et dans les iles. La garance vient à souhait et le 
tabac de Nauplie est renommé. Mais la principale source de richesse est la culture des oliviers et de la vigne. Le 
pays est couvert d'oliviers sauvages en quantités innombrables ; l'huile d'olive constitue un des principaux 
articles d'exportation. 

Les vins de Grèce n'ont pas entièrement perdu leur antique réputation, malgré les procédés imparfaits de 
la fabrication actuelle et le peu de soin apporté à la culture de la vigne. Les vins ordinaires, servant à la consom- 
mation journalière, ne méritent pas qu'on en parle ; quoique additionnés d'une grande quantité de résines ils 
tournent à l'aigre dès les premières chaleurs. Il n'en est pas ainsi des vins de liqueur qui se conservent indéfini- 
ment. On les fabrique, comme dans l'antiquité, en laissant sécher au soleil, pendant huit jours, les raisins coupés 
au mois d'août ; on mêle au raisin rouge, une espèce de raisin blanc, qui a l'odeur du noyau de pêche. 

3 9 



I 



fi I 



310 






C'est à Athènes et à Condura, dans la Livadie, dans les îles et dans les principaux ports de la Morée, que 
se fait le commerce des vins ; les vins grecs sont pour ainsi dire inconnus ici; l'exportation se fait presque entiè- 
rement en Russie. 

Les crûs de la Grèce moderne sont assez nombreux; citons entre autres les vins de Malvoisie, de Santorin 
et de Miconi ; les vins de Céphalonie ont quelque ressemblance avec ceux des côtes du Rhône. Corinthe prépare 
surtout des raisins secs qui portent son nom. 

La culture des mûriers et l'élève des vers à soie ne sont pas moins importantes. Jusqu'en 1858, la soie 
était un des articles d'exportation les plus considérables, mais la maladie des vers a depuis lors beaucoup réduit 
ce chiffre. Les arbres fruitiers qui réussissent le mieux sont l'oranger, le citronnier, le grenadier, l'amandier, 
l'abricotier, le figuier et le jujubier. Ce dernier se rencontre principalement dans les îles Ioniennes. 

La Grèce était autrefois couverte d'immenses forêts ; elles ont aujourd'hui disparu en grande partie ; 
le manque de routes rend très difficile l'exploitation de celles qui existent encore ; c'est au point que les Grecs, 
qui excellent dans la construction des navires, s'approvisionnent au dehors des bois dont ils ont besoin. Le seul 

produit utile des forêts 
qui leur restent, est la 
valonnée, ou copule du 
gland du querciis O'gy- 
lops employée en Eu- 
rope comme mordant 
pour la teinture. 

Le pays possède 
peu de pâturages; les 
bœufs et les vaches y 
sont donc rares ; par 
contre, on y voit de 
nombreux troupeaux 
de chèvres et de mou- 
tons. Le miel de l'Hy- 
mette est encore digne 
de sa réputation. 

Les richesses miné- 
rales de la Grèce sont 
abondantes, mais les 
bras pour les exploiter 

font défaut. Les marbres de Pentélique et de Paras, de Karysto, d'Eubée et d'Eleusis, qui ont fourni à l'anti- 
quité la matière de statues et de monuments immortels, sont toujours les premiers marbres du ^monde, mais la 
plupart des carrières sont abandonnées, ou mollement exploitées. 

On trouve aussi des carrières de vert et de rouge antique, dans l'Archipel et dans le Pendactylon ; des 
lignites, dans l'Attique et dans l'Eubée; du plomb argentifère, dans l'île de Zéa; de l'émeri, à Naxos ; du plâtre, 
à Milo et des eaux minérales dans l'île de Thermia. La pêche des éponges est assez productive dans l'Archipel. 
L'industrie n'est pas très active en Grèce, la plupart des produits manufacturés qui s'y consomment, 
sont de provenance étrangère; ce sont les Anglais qui se sont emparés de presque tout le commerce extérieur; 
les articles belges, verre à vitre, pointes de Paris, draps de Verviers, sont expédiés par voie de Liverpool, 
de Trieste et de Marseille. 

L'industrie la plus développée et à laquelle semble réservé le plus bel avenir, c'est la construction des 
navires, à Syra, au Pirée, à Patras, etc. — On rencontre ci et là des fabriques de soie, de coton, de laine, de 
tapis, de toiles à voiles, de chapeaux de paille, de vinaigre et de pipes en écume de mer; des poteries, des 
tanneries, des savonneries, etc. 

On voit par ce rapide aperçu, que si la Grèce n'a pas pris une part plus large à notre Exposition 
Universelle, -ce n'est pas faute de trouver en elle-même les ressources nécessaires ; elle possède au contraire tout 
ce qu'il faut pour organiser un compartiment plein d'intérêt. Nous formons des vœux pour que ce vaillant petit 
peuple puisse trouver bientôt, dans une tranquillité durable, l'occasion d'exploiter ses richesses naturelles et de 
travailler à son développement intellectuel, moral et industriel. 




L'Acropole à Athènes 



Le Portugal et ses Colonies 



Le Gouvernement Portugais n'ayant pas reçu des Cortès l'autorisation de subsidier l'Exposition d'Amsterdam , 
en 1883, n'a pas non plus demandé de subside pour l'Exposition d'Anvers. 

Voilà pourquoi, quelques rares exposants seulement se sont présentés, pour prendre part, à leur frais, à ce 



grand concours entre les nations des 
deux mondes. Un emplacement de 100 
mètres carrés a suffi pour contenir tous 
les produits envoyés. Ces produits con- 
sistent principalement en vins, parmi 
lesquel nous citerons ceux de l'ancienne 
maison F. Chamisso & Silva, 
de Porto; de MM. P. de Ma- 
galhaes, Déjante & C ic , Mo- - 
noel Pedro Marques, Pompeu 
Dias Torres, de Lisbonne; 
Newpoort & C' e , Joao de Car- 
valho Macedo, Ant. Pinto dos 
Santos j r , Miguel de Souza 
Guedes, Wiese & Khron, de 
Porto, et Henri Dru Drury, 
de Madère. 

Il y a ensuite quelques 
photographies, quelques mi- 
nerais, et c'est tout. 

Si le Portugal a peu ou 




point donné, il n'en est pas de même 
des Colonies Portugaises, il s'en faut. 
L'Exposition d'Anvers était 'à peine 
officiellement décrétée, que la Société 
de Géographie de Lisbonne, d'accord 
avec la Banque Coloniale Portugaise 
(Banco Nacional Ultramari- 
no), prit l'initiative d'une Ex- 
position Coloniale. Rendons 
justice à M. Manoel Pinheiro 
Chagas, Ministre delà Marine 
et des Colonies, qui leur a 
prêté tout le concours de son 
dévouement et des ressources 
de son département, ainsi que 
l'appui de l'autorité des colo- 
nies. 

La Société de Géographie 
de Lisbonne a pour Président 



M. Antonio Augusto de 
S. M. Louis i* Roi de Portugal Aguiafj p Q - r du Royaume et 

Ministre d'Etat honoraire; pour Vice-Présidents: MM. le Vicomte de S. Januario, Pair du Royaume et Ministre 
d'Etat honoraire, et Francisco M. da Cuncha, Pair du -Royaume; pour Secrétaire perpétuel, M. Luciano Cor- 
derio, Député ; et pour Secrétaires : MM. José Bento Ferreira de Almeida, Député, et Joao Diego Patrone, junior. 



Elle désigna en qualité de Commis- 
saire Général, M. le conseiller Fran- 
cisco de Oliveira Chamiço, Gouver- 
neurdela Banque Coloniale Portugaise, 
et M. Jos. Van Geetruyen, agent de 
la même banque à Anvers, en qualité 
de Commissaire adjoint; M. Antonio 
de Castillo fut nommé Secrétaire et 
M. Jeronimo da Silva, Surintendant 
des produits. Ces nominations furent 
confirmées par Décret Royal. 

Le Portugal, qui n'a jamais 
occupé en Europe une grande 
étendue de territoire, est cepen- 
dant parvenu à établir sa do- 
mination sur des parties considé- 
rables de l'Amérique, de l'Asie, 




de l'Afrique et de l'Océanie. . 

L'entrée des Colonies Portu- M - Jos - Van Geetruyen 

gaise S] qui forme en même temps Commissaire adjoint de la Section Portugaise 

droite contient des statuettes, des vêtements, des ornements et des bijoux, du cacao en poudre et en fèves. 
café, etc. ; celle de gauche est réservée aux instruments de musique, aux animaux empaillés, aux éventails et 
objets en bois sculpté. 

Tous ces objets, provenant des différentes colonies, sont des produits de leur civilisation ; c'est à ce point 



une entrée du Palais de l'Exposition, 
présente un cachet tout particulier et 
d'un joli effet ; les plans de cette belle 
façade, aux fraîches couleurs portu- 
gaises bleu et blanc, sont l'œuvre de 
M. l'architecie Hasse, l'un des trois 
promoteurs de l'Exposition d'Anvers. 
Deux élégants minarets, couronnés de 
coupoles dorées, surmontées des dra- 
peaux de la Société de Géographie de 
Lisbonne et du drapeau natio- 
nal, ainsi que de monogram- 
mes arabes, complètent cette 
construction originale. 

Le pavillon des Colonies Por- 
tugaises comprend trois salons ; 
celui du milieu nous présente 
des liqueurs, des collections d'ar- 
mes, des livres, des meubles et 
des produits du sol ; la salle de 
du 




— 3l2 — 

de vue qu'il faut les juger. On y trouve la collection complète des publications faites par la Société de 
Géographie sur les différentes colonies; de grandes collections de photographies; des instruments de musique 
étranges, - le Cimbo, instrument à une corde, le Hungo, espèce de guitare, des Gongues du Con-o des 
Batuques, tambours de la province d'Angola etc., etc., - des chaises, bancs e, lits en bambou, et des palanquins 
de Macao; des pipes, des briques, des poteries; des nattes de jonc, de paille, de bananier, etc. des diverses 
colonies ; des tissus de coton et de soie, des fils, des lins, des tissus de laine, des dentelles, des vêtements de, 
chaussures, des bijoux; puis de riches collections d'armes, des couteaux de guerre, des arcs et des flèches dont 
plusieurs ont appartenu à des chefs célèbres, des sagaies, des massues, des haches, des lances- quelques 




Façade du Pavillon des Colonies Portugaises 

échantillons de minerais de fer de St-Thiago et de cuivre d'Angola, de pierres calcaires, de terre à potier etc 
Mentionnons encore les spécimens d'almeidina ; la cire blanche et jaune du Mozambique et d'Angola ■ 
les écailles de tortue ouvrées ; les défenses d'éléphant ; les dents d'hippopotame. Signalons ensuite des peaux 
de chèvre, de .taupe, de loutre, de serpent, de singe, etc. ; des cordes en filaments de cocotier, en crin 
de vache, en paille, etc. ; des selles en corde de bananier ; des échantillons de blé, de mais, de haricots de 
farine, du tapioca et de l'amidon de manioc, de l'huile de palmier et de cocotier, des marrons du sucre 
du cacao, du café, de la cannelle, de l'alcool, du vin et de l'eau-de-vie. Nous trouvons encore des pirogues 
faites de troncs d'arbres, des filets, etc.; des spécimens de corail rouge et violet, des éponges végétales et 
un grand nombre de plantes médicinales. 

S. M. Léopold II a voulu examiner cette exposition en détail et a exprimé aux commissaires portugais, 
MM. de Ohveira Chamiço et Van Geetruyen, qu'il s'est fait présenter, tout l'intérêt qu'il avait pris à cette visite. 



La République du Paraguay 



Un petit salon, coquettement arrangé, situé à proximité de la Section Espagnole, renferme les 
produits exposés par la République du Paraguay. Le Gouvernement lui-même y figure comme principal 
exposant et ses envois sont des plus intéressants. 

Le Président actuel de la République est S. E. le général Don Bernardino Caballero. 

Pendant la guerre héroïque de cinq ans, que soutint sa patrie contre les forces coalisées du Brésil 
ainsi que des Républiques Argentine et de l'Uruguay, il fit des prodiges de valeur et conquit rapidement 
tous ses grades sur les champs de bataille. 

A la conclusion de la paix, il ne restait plus du Paraguay qu'un pays ruiné, soumis à l'occupation 
étrangère, une population décimée et une organisation politique complètement annihilée. 

Don Bernardino Caballero fut un des rares citoyens qui ne désespérèrent pas de l'avenir de la patrie. 
Appuyé par un petit groupe d'intelligences délite, il contribua à relever peu à peu l'édifice social, et le peuple 
reconnaissant le porta à la magistrature suprême le 25 novembre 1882. 11 fit choix d'un ministère composé 
d'hommes remarquables, et 



les progrès que le Paraguay 
a faits depuis lors, ont dé- 
passé toute attente. 

Parmi les conseillers 
dont il s'est entouré, men- 
tionnons spécialement S. E. 
Don José Segundo Découd. 
Quoique encore très jeune, 
— (il est né en 1848,) — il 
a occupé successivement, 
avec une rare distinction, 
les positions les plus éle- 
vées. En 1882, le Président 
Caballero lui confia le por- 
tefeuille des Affaires Etran- 
gères. 

C'est grâce à S. E. Don 
José S. Découd, que le 
gouvernement du Paraguay 
se décida à participer offi- 
ciellement à l'Exposition 




fit choix 

Universelle d'Anvers ; par 
décret du i5 novembre 
1 884, M . Henri Oostendorp, 
Consul Général du Para- 
guay à Anvers, fut nommé 
son Commissaire. Celui-ci 
s'est spécialement occupé 
de faire connaître ce pays 
en Europe, et c'est sous 
ses auspices que parut, à 
l'occasion de l'Exposition, 
une notice des plus inté- 
ressantes sur les ressources 
nombreuses et peu exploi- 
tées, que cette contrée ren- 
ferme ; le Jury international 
décerna une médaille de 
bronze à ce travail; 

A l'occasion de la pro- 
clamation des récompenses, 
le Roi a nommé M. Oosten- 
dorp, Chevalier de l'Ordre 



S. E. le Général Don Bernardino Caballero, 
Président de la République du Paraguay 

de Léopold. Grâce au choix des produits envoyés et aux soins apportés à leur arrangement, la Section du 
Paraguay a eu un légitime succès; elle joignait à beaucoup de couleur locale Un cachet des plus, pittoresques. 

Nous croyons bien faire, tout en parlant des articles qui y ont figuré, de donner quelques rensei- 
gnements sur les ressources et la situation commerciale de la République du Paraguay. 

Ce pays est situé au centre de l'Amérique du Sud et a comme voisins immédiats la Bolivie, le 
Brésil et la République Argentine. 

Les rivières Parana et Paraguay, qui forment une voie fluviale navigable d'une beauté exception- 
nelle, le mettent en communication directe avec le Rio de la Plata et ainsi avec l'Océan Atlantique. 

Il suffit de trois jours pour descendre le courant en bateau à vapeur depuis l'Assomption (capitale 
du Paraguay), jusqu'à Buenos-Ayres (capitale de la République Argentine). 

Il n'existe, en ce moment, qu'une voie ferrée entre l'Assomption et Paraguari, mais il est question de la 
prolonger jusqu'à Villa-Rica .et l'on peut s'attendre à voir ce pays relié, dans un avenir peu éloigné, aux réseaux 
des chemins de fer brésiliens et argentins. 

Les relations d'affaires^ sont surtout actives avec les ports de Buenos-Ayres et Montevideo et sont entre- 



- 3i 4 



tenues au moyen de plusieurs lignes de steamers ; les négociants du Paraguay n'attendent toutefois que le moment 
favorable, pour entrer en rapports directs avec l'Europe. Quelques essais ont déjà été tentés, et ils seront plus 
faciles à l'avenir, grâce à la création relativement récente de la Banque Nationale du Paraguay; signalons en pas- 



sant que les bénéfices nets de cet éta- 
blissement, pour le premier exercice, 
arrêté à la fin de 1884, ont dépassé 
29 °l sur le capital versé et que les 
résultats de iS85 promettent d'être 
encore plus brillants. Ceci fait voir, 
quel champ fécond le Paraguay peut 
offrir aux capitaux européens, 
confiés à des mains habiles et 
expérimentées. 

Cette contrée offre le spec- 
tacle extraordinaire et presque . 
unique au monde, d'un pays jfl 
civilisé mais encore inexploité. 
La cause s'en trouve dans l'iso- ™ 
lement où il a été tenu par l'Es- 
pagne et ensuite, après la décla- 
ration d'indépendance, par le 
despotisme soupçonneux et ja 
loux des présidents Frauda. 
Carlos Antonio Lopez et Fran 




S. E. Don José S. Découd, 

Ministre des Affaires Etrangères de la 

République du Paraguay 



cisco Solano Lopez; en iS65 le Brésil, 
les Républiques Argentine et de l'Uru- 
guay, s'allièrent pour faire la guerre 
au Paraguay; la lutte dura 5 ans et 
ne finit qu'en 1870, après des actes de 
valeur héroïques, lorsque la population 
se trouva réduite de i,2oo,oooà3oo,ooo 
habitants presque tous des vieil- 
lards, des femmes et des enfants. 
Il a fallu plusieurs années 
pour que le pays se relevât de 
ses ruines, mais grâce à la liberté 
que la Constitution garantit à 
tous les citoyens, et aux esprits 
éclairés qui sont depuis 6 ans 
à la tête du Gouvernement, des 
progrès immenses ont été accom- 
plis, l'organisation politique et 
administrative a été complétée 
et le Paraguay est prêt à suivre 
la voie brillante que ses voisines, 



les Républiques Argentine et de l'Uruguay, lui ont tracée. Le climat est, dans son ensemble, chaud et sec; l'on 
se plait à reconnaître, qu'au point de vue de la salubrité, fort peu de contrées peuvent être comparées au Paraguay. 
La capitale, Assomption, est le siège du Gouvernement en même temps que le centre des affaires; elle 
comptait plus de 5o,ood habitants avant la guerre de 1865-1870, contre 18,000 aujourd'hui; mais ce chiffre tend 
journellement à augmenter, un courant 
d'immigration assez régulier existant déjà, 
principalement de la République Argen- 
tine. Cette ville est construite dans un 
site des plus pittoresques, sur une colline 
le long du Rio Paraguay, à en- 
viron 25 mètres au-dessus du 
niveau de la rivière; elle a un 
bon port et des lignes de tram- 
ways ; on y voit des édifices re- 
marquables, de belles maisons, 
des magasins à l'européenne, 
des clubs, des restaurants, des 
hôtels, etc. 

Les autres villes les plus 
importantes, sont ; -Villa-Rica 
1 3,ooo habitants, Concepcion 
1 1,000 habitants, San - Pedro 
10,000 habitants, San-Salvàdor, 
Luque, Yaguaron, Itapua, San- 




Estanislao, Paraguari, Oliva, Ygatimi, 

Villa-del-Pilar, Villa-Franca, Humaïta, 

Encarnacion, etc. 

Le sol du Paraguay est boisé, bien 

arrosé, très fertile; les terres sont d'un 
bon marché fabuleux (environ 
les deux tiers du territoire étant 
propriété nationale), et obtena- 
bles, pour la plupart, à des prix 
variant entre 5oo fr. et 7,300 fr. 
par lieue carrée de 1743 hec- 
tares, suivant la situation ; les 
lois relatives à leur vente, pro- 
mulguées au mois de juillet der- 
nier, ont provoqué des offres 
d'achat si nombreuses de la part 
des capitalistes, tant indigènes 
qu'étrangers, que le Gouverne- 
ment, en vue d'éviter l'accapare- 
ment des terres publiques entre 



M. Henri Oostendorp, 

Consul Général de la République du 

Paraguay, Commissaire 

peu de mains, a récemment été obligé de prendre des mesures à cet égard. Les richesses minérales, guère exploi- 
tées encore, promettent d'être considérables. 

On rencontre des forêts immenses renfermant les bois les plus beaux de tous les Etats de La Plata ; aussi 
la collection d'échantillons, qui a figuré à l'Exposition Universelle d'Anvers, a-t-elle obtenu une médaille d'or. 

Les articles les plus importants d'exportation sont toutefois le Yerba-maté (thé de Paraguay) et le tabac ; 






— 3i5 — 

tous les deux sont de qualité remarquable et le jury leur a également attribué des médailles dor, La canne à 
sucre croît très bien ; son produit sert principalement à la fabrication de la cana, ou rhum blanc. 

Les orangers viennent admirablement dans ce pays et environ 5o millions d'oranges sont exportées chaque 
année. Le bétail, auquel le climat convient parfaiteme.it, fournit la viande à la consommation indigène et des 
cuirs pour l'exportation. 










Section de la République du Paraguay. 



Les chiffres officiels du commerce de l'année i883, sont : 

Importations sujettes à des droits d'entrée . Fr. 4,765,400 

Importations libres de droits » 436, 3oo 



Exportations 



Fr. 5,201,700 
» S.S32,3oo 



Fr. 14,034,000 

Les importations en i883 par la Douane de l'Assomption (qui représente plus des 7/10 du mouvement 
total), comprenaient surtout des : 



Tissus pour une valeur de . . . Fr. 1,799,595 

Comestibles id » 909,865 

Boissons id » 543,110 



Merceries pour une valeur de. . Frs. 330725 l Vêtements confectionnés pour . Fr. 112,440 

Ustensiles, outils, etc » 222, 53o Chaussures » 98,565 

Articles pour chapellerie . ... » i33,65o J Droguerie;, couleurs, médicaments, etc. 



48 % des marchandises importées sont d'origine anglaise ; viennent ensuite, par ordre d'importance, les 
produits français, italiens, allemands, espagnols, argentins et uruguayens. La Belgique y figure pour une part 
extrêmement faible. 

S5 % des tissus, cotonnades et vêtements, sont également de manufacture britannique. 



u- 



— 316- — 

Les principaux produits exportés du Paraguay en i883, sont : 



Yerba r 
Tabacs 



é pour une valeu 
feuilles id. 



, 3,892,5^0 
2,903,520 



Cuirs bn 
Bois 



; et peaux pour une valeur de Fr. 542,700 
id, ji 840,935 



Oranges pour une valeur de 
Cuirs tannés id. 



,8S0 

:,2 7 5 



La dette extérieure du Paraguay n'existait pas avant la désastreuse guerre de 1865-1870. Le Gouverne- 
ment contracta en 1871-1872, deux emprunts sur la place de Londres, pour ensemble environ 35 millions de 
francs ; mais seulement une minime portion de cette somme atteignit l'Assomption. Le pays, appauvri par la 
lutte qu'il venait de soutenir, fut impuissant à en faire régulièrement le service, qui est resté en souffrance. 

Le Gouvernement de S. E. le Président Don Bernardino Caballero, dans le but de mettre un terme à cet 
état de choses , a envoyé 
comme Commissaire spé- 
cial en Europe, S. E. le 
Ministre des Affaires Étran- 
gères, Don José S. Découd 
qui vient, après de longues 
négociations, de conclure 
un arrangement avec les 
détenteurs des fonds para- 
guayens en Europe. 

La participation du Pa- 
raguay à l'Exposition Uni- 
verselle d'Anvers, est une 
preuve du désir sincère qu'a 
son Gouvernement, de voir 
des relations directes s'éta- 
blir avec nos parages, et 
d'appeler l'attention de l'Eu- 
rope sur les ressources nom- 
breuses qu'offre ce pays aux 
hommes d'initiative. 

Les objets envoyés ont 
permis de se rendre compte 
de ses richesses naturelles 
remarquables, ainsi que de 




Les femmes Gitarini 



l'industrie de ses habitants. 
On a vu les produits des 
zones tempérées et tropi- 
cales, ceux des forêts, de 
l'agriculture et des mines, 
des cuirs, des fourrures, 
des tissus (parmi lesquels 
des dentelles d'une finesse 
merveilleuse), des poteries 
naïves, de la joaillerie, des 
cigares et des cigarettes 
d'une apparence irrépro- 
chable, des huiles et des 
savons, des eaux de toilette, 
des médicaments, des li- 
queurs admirablement fa- 
briquées, etc. Le Jury des 
récompenses en a apprécié 
la haute valeur et leur a 
décerné 4 médailles d'or, 
7 d'argent, 11 de bronze et 
1 5 mentions honorables , 
ainsi qu'un diplôme d'hon- 
neur au Gouvernement, 
pour l'ensemble de l'Ex- 



position. Ce résultat est des plus flatteurs, eu égard au nombre restreint d'exposants, et dispense de plus 
longs commentaires. 

Mentionnons toutefois encore, que le Commissariat de la Section du Paraguay a été particulièrement 
heureux dans le choix qu'il a été appelé à faire de deux membres du Jury International des récompenses. 

La haute compétence de M. G. Ch. Van de Velde, pharmacien en chef des Hôpitaux, ancien Con- 
seiller provincial d'Anvers, a en effet été fort appréciée, et ses collègues l'ont nommé Secrétaire de la 1° Section 
de la classe 68, où il a rendu des services signalés. Les connaissances spéciales de M. Florent Lenoir, 
courtier en tabacs, ont été d'une grande utilité et elles ont notablement contribué à faire estimer à leur juste 
valeur les nombreux échantillons de ce produit. 



*M8WK*- 







g^P| 



Canada 







uarante ans environ après la découverte de 
l'Amérique par Christophe Colomb, un navigateur ' 
français, Jacques Cartier, découvrit le Canada. 

Cette colonie, cédée à l'Angleterre en 1763, 
est actuellement formée par la Confédération de '' 
huit provinces, dont l'union remonte àrannée'1867. ' 
Antérieurement à cette date les différentes 
provinces, unies par des liens de race et de langage, ' 
et placées sous la souveraineté d'un même prince, 
offraient Cette particularité qu'elles avaient chacune 
une existence politique spéciale et s'isolaient les' 
unes des autres par des tarifs protecteurs frappant 
tous les 1 produits de leur industrie. 

L'influence qu'un tel système exerçait sur 
le développement de ces colonies, dont la popula- 
tion naturellement perspicace et prévoyante, est 
douée d'un tempérament actif et vigoureux, devint 
à la. fin intolérable, et, de commun accord, il fut 
décidé d'anéantir les barrières qui arrêtaient toute 
expansion, d'abolir à tout prix le séparatisme, et de 
noyer tous les intérêts locaux dans l'intérêt commun d'un Etat-Uni qui procurerait à chacun de ses membres des 
avantages considérables. 

Le Canada mesure 4,000 milles entre les deux océans et couvre, au Sud du parallèle de Saint-Pétersbourg, 
une étendue d'environ 2,000,000 de milles carrés de terrains cultivables dont la moitié est propre à la culture de 
tous les grains récoltés dans l'Europe centrale et septentrionale. 

Dans une contrée de cette étendue doit forcément exister une grande diversité de climats. En général 
pourtant, les étés y sont plus chauds et les hivers plus froids que ceux d'Angleterre et de Belgique; mais 
ces températures extrêmes n'ont aucune influence nuisible sur la santé des habitants. L'hiver a ses journées 
de froid intense et l'été ses périodes de chaleur tropicale, mais, durant la majeure partie de l'hiver, le 
Canada jouit d'un ciel clair et limpide et d'un temps agréable. 

La chaleur de l'été fait mûrir les avoines, l'orge, le froment et le maïs; les pommes, les poires, les 
pèches, les raisins, les melons, les nectarines et les abricots; les pommes de terre, les raves, les 
tomates, etc., etc. 

Dans les parties orientales et méridionales du Canada, l'hiver commence vers la mi-novembre pour 
finir vers la fin de mars, tandis que vers l'ouest, dans la Colombie Britannique, son intensité et sa durée 
sont sensiblement moindres. 

40 



I 




— 3i8 — 

Le travail de la charrue commence en avril, et, quand le temps est favorable, il peut être continué 
jusqu'en décembre. La moisson commence avant la fin de juillet, et, sous le chaud soleil canadien, le 
foin, les grains et les blés sur pied se suivent sans interruption; la terre est labourée à nouveau et les 



semailles d'automne du froment 
sont commencées et continuées 
jusqu'à ce qu'un nouveau chan- 
gement brusque amène l'hiver. 

Le climat canadien est re- 
marquable par le frappant con- 
traste des saisons, l'hiver et l'été 
amenant avec eux des alterna- 
tives de labeur et de repos, dont 
la monotonie est rompue par 
des occupations industrieuses et 
utiles et par des plaisirs divers. 

La population du Canada 
est composée de 891,248 Anglais 
et Gallais, 957,408 Irlandais, 
699,863 Écossais, 1,298,929 
Français, 254,819 Allemands, et 
d'un certain nombre de Hol- 
landais, de Scandinaves, d'Ita- 
liens, etc. 

La vie sociale dans tout le 




Le Tî-cs Honorable Sir John Macdonald, 
Premier Ministre du Canada 



pays, et principalement dans 
les villes, a acquis un degré de 
raffinement et de distinction 
comparable à celui des plus 
vieilles cités européennes. 

Dans toutes les provinces, 
l'éducation des enfants est réglée 
d'après les meilleures méthodes 
anglaises et européennes et est 
très largement subventionnée 
par les gouvernements locaux. 

D'une manière générale les 
écoles sont mixtes, mais, dans 
les districts où sont professées 
différentes croyances religieuses, 
des mesures sont prises pour 
assurer à chaque secte des 
écoles spéciales. Dans chaque 
province existent des écoles su- 
périeures et des collèges reli- 
gieux et mixtes dans lesquels 



l'enseignement supérieur est donné à un prix très minime et mis ainsi à la portée des plus humbles. 

Les universités les plus célèbres sont l'Université catholique de Laval à Québec, fondée sous les 

auspices du séminaire de cette ville, et les universités M c Gil à Montréal et de Toronto qui sont laïques. 

Les meilleures écoles d'Agriculture et les principaux centres industriels se trouvent également dans la 

division de l'Atlantique. Il est utile 

de mentionner ici que, dans toutes _ 

les provinces, il est possible, moyen- 
nant certaines conditions, d'obtenir 
la concession d'une terre de 100 
à 200 acres. A ceux qui possèdent 
un capital de £ 3oo à £ 1000 
s'offrent souvent des occasions ex- 
ceptionnelles pour l'achat, à des 
prix très favorables, 
de fermes en partie 
mises en culture. 
Généralement un 
marché pour l'é- 
coulement de tous 
les produits de la 
ferme se trouve à 
proximité, et de 
grandes facilités 
sont offertes au producteur pour le transport de ses marchandises aux marchés extérieurs. 

La grande Division Centrale ou des Prairies, composée de la province du Manitoba et des Terri- 
toires du Nord-Ouest, est une vaste contrée exclusivement agricole et semble destinée à devenir le gre- 
nier de l'Europe. De Winnipeg, capitale du Manitoba, une ville de 35,ooo âmes qui compte à peine dix 
années d'existence, la vue s'étend sur une immense plaine qui développe ses vertes collines ondoyantes sur 
une étendue d'un millier de milles, jusqu'à ce qu'elles viennent expirer au pied des Montagnes Rocheuses. 





L'Honorable Sir Charles Tupper, 
Commissaire général du Canada 



M. Frêd. J. S. Dore, 
Commissaire adjoint du Canada 



- 3i 9 - 

Cette vaste prairie, qui a une largeur moyenne de 3oo milles à partir de la frontière internationale, 
et pourrait faire vivre plus de 5o, 000,000 d'habitants, n'est occupée aujourd'hui que par 3oo,ooo colons. 
Le sol, d'une structure à peu près uniforme sur toute l'étendue de la contrée, est formé d'une couche de 
terre noire et argileuse, d'une épaisseur variable de 1 à 6 pieds, et repose sur un sous-sol d'argile très 
résistant. 11 est essentiellement propre à la culture de toute espèce de céréales et, quand il n'est pas 
cultivé, forme ces admirables prairies qui peuvent servir de pâturages à d'innombrables troupeaux. 

Dans ces dernières années le courant de l'émigration s'est dirigé en général vers le Manitoba et 
vers les Territoires du Nord-Ouest. La colonisation a d'ailleurs trouvé un appui considérable dans la 




Montréal 
Vue prise de la Cathédrale de Notre-Dame 



(Extrait du o Picturesqut Canada u 
avec l'autorisation des Editeurs.) 



construction du « Canadian Pacific Railway »> qui traverse toute la contrée et donne maintenant une grande 
valeur aux terres qui naguère encore en étaient dépourvues, par les facilités qu'il offre pour le transport 
des récoltes aux marchés. 

Des concessions peuvent être obtenues dans presque toutes les parties du district, et, vu la nature 
du sol qui ne demande que peu d'efforts pour être mis en état de produire, le coût de ces concessions 
est tort minime, une somme de 100 l suffisant généralement pour couvrir tous les frais de premier éta- 
blissement. 

Malgré le peu de densité de sa population, le Canada a produit cette année 6,000,000 de boisseaux de 
froment pour l'exportation, et ce chiffre d'affaires va s'accroître rapidement par suite de l'extension que ne 
tardera pas à prendre le commerce des bestiaux, du beurre et du fromage qui forme une des branches 
importantes du trafic que fait le Canada oriental avec l'Europe. 



320 



Le voyage de Belgique au Manitoba, via Québec et le Canadian Pacific Raihvay, se fait en douze jours. 
En franchissant la chaîne des Montagnes Rocheuses on entre dans la Division du Pacifique ou 
Colombie Britannique. 

Le sol dans cette section est d'une qualité excellente et favorable à l'agriculture, tandis que dans 

les parties plus élevées 
£. -^'\' ,-ms se trouvent d'admira- 

bles pâturages sans pa- 
reils pour l'élève des 
bestiaux. 

Des fruits de toute 
espèce, pêches, abricots 
et raisins y mûrissent 
en plein air, et, le che- 
min de fer aidant, il est 
certain que, dans un 
avenir très rapproché, 
la culture des fruits 
constituera une indus- 
trie lucrative dans la 
région Est des prairies. 

Les rivières et les 
baies sont peuplées de 
magnifiques saumons 
dont la pêche et la pré- 
paration pour l'expor- 
tation forment actuelle- 
ment la principale in- 
dustrie de la province. 

L'Ile de Vancouver 
possède d'importants 
gisements de houille et 
de minerais de fer; la 
plus grande partie du 
charbon consommé sur 
la côte du Pacifique 
vient des charbonnages 
de Nanaîmo. 

Les produits des , 
énormes forêts qui cou^ 
vrent une grande partie 
delà province donnent 
lieu à un commerce 
d'exportation, considé- 
rable avec la Chine, 
le Japon et l'Australie. 

L'une des causes 
qui ont le plus puis- 
samment contribué au 
merveilleux développe- 
ment de la Colonie du 

Canada , pendant le dernier quart de siècle, est son magnifique système de navigation intérieure. Ce système, 

créé .par la : nature, J a été : perfectionné par les Canadiens et largement développé par eux à grands frais. Il 

-e-xiste sous -ce- rapport -une -grande ressemblance entre la' Belgique et le Canada, avec cette différence que, 




Ottawa. Parlement. 
Vue prise du Majors Hill 



(Extrait du t Picturesqiie.CanncI:i >i 
awc l'autorisation dès Editeurs.) 



321 






dans cette dernière contrée, l'exécution de ces travaux a dû se faire sur une échelle plus gigantesque. 
Les canaux canadiens comprennent : le système du St-Laurent, se développant jusqu'au lac Supérieur sur 
une étendue de 2384 milles, et comprenant dix canaux et 72 milles de navigation artificielle; le système du 
St-Laurent et New-York, 411 milles; la rivière Trent, 235 milles; le canal St- Pierre, au Cap Breton, tra- 
versant un isthme 
d'un demi-mille de 
largeur et possédant 
une écluse de- .200 
pieds sur 48 et 18 de 
profondeur. 

Le système de 
communications par 
eau a été complété 
par un système de 
chemins de fer dont 
le développement , 
qui n'était en 1874 
que de 6,000 milles, 
atteint aujourd'hui 
le chiffre de io,oco 
milles de voies ou- 
vertes au trafic et de 
i5oo milles dévoies 
en construction. 
Dans ce système est 
compris le grand* Ca- 
nadian Pacific Rail- 
way » récemment 
inauguré. 

L'influence de 
l'établissement de ce 
chemin de fer sur le 
développement ra- 
pide du Canada sera 
énorme, et, d'un au- 
tre côté, la démon- 
stration pratique de 
son utilité dans l'état 
-actuel-dti-t-rafîe est-un - 
sûr garant du succès 
'qui_ attend l'exploi- 
tation de ce réseau. 

Pour -/io.uSj son . 
intérêt réside princi- 
palement, dans l'in- 
fluence qu'il ne peut 
manquer d'exercer 
sur les communica- 
tions et le trafic en- 
tre l'Europe et l'Asie - 

orientale dont les marchés, encore si peu fréquentés; -appartiendront aux nations qui 
prenneres de. leur importance comme .remède à 'là' crise commerciale actuelle.- 

Vu 1 espace restreim dont .nous disposons-, ■ il- nous serait- difficile déposer d'une façon complète In 




Toronto. Etablissements d'instruction 



(Extr 



it du (1 PLcluresqiie Canada.ii 
.l'autorisation des Éditeur?.) 



convaincront lés 




situation que s'est conquise le Canada ; nous croyons cependant en avoir dit assez pour indiquer d'une 
manière générale l'importance de cette situation, et pour préparer le lecteur à l'aspect imposant que présente 
à Anvers l'exposition de cette contrée, la plus grande parmi toutes celles qu'occupent, par delà les mers, 
les peuples amis issus de notre race. 

Que ce fût voulu ou non, il y avait quelque chose de significatif dans le choix de la place assignée 
au Canada dans le Palais de l'Exposition, entre les trois grandes puissances Européennes qui se trouvent 
à la tête du progrès, et auxquelles sa destinée a été et sera toujours intimement liée. Mais la variété de 
ses ressources agricoles et minières, les produits de ses pêcheries et de ses forêts, ainsi que les preuves de 







Halifax 
Vue prise de la Citadelle 



ait du c Pkturesque Canada :■> 
c l'autorisation des Êditeuts). 



ses progrès dans l'ordre le plus élevé rallièrent au Canada les suffrages de toutes les nations exposantes, 
et la section canadienne fut, sans contredit, un des « clous » de l'Exposition. 

Les succès personnels sont venus confirmer le succès général : il est facile de s'en convaincre en 
comparant le nombre des récompenses remportées par les Canadiens au nombre de leurs exposants ; la 
liste de ces récompenses comprend 3 diplômes d'honneur, i3 médailles d'or, 3o médailles d'argent, 33 médailles 
de bronze et 3i mentions honorables, et prouve la conscience mise par les Canadiens dans leurs efforts 
pour affirmer et proclamer la supériorité de leur patrie. 

On peut se faire une idée de l'importance que les Canadiens attachaient à leur première apparition 
«indépendante» sur le continent Européen, par le choix qu'ils ont fait d'un homme d'État éminent, Sir 
Charles Tupper G. C. M. G., C. B., Haut-Commissaire à Londres, pour représenter, en qualité de commis- 
saire, les intérêts de la Colonie à Anvers. La tâche était difficile, mais Sir Charles Tupper était à la 



hauteur de la situa- 
tion, et le résultat a 
dépassé toutes les es- 
pérances; cette con- 
statation est la plus 
belle récompense de 
l'organisateur de la 
section. 

L'Exposition du 
Canada comprenait 
des séries innombra- 
bles de produits de 
toute espèce. Ici c'é- 
tait une profusion de 
spécimens de quartz 
aurifère d'une gran- 
de richesse, prove- 
nant des mines de la 
Nouvelle -Ecosse er 
du Nouveau- Bruns- 
wick; là.c'étaientdes 
minerais d'argent, de 

cuivre, de fer; des fertilisateurs minéraux, desasbestes, 
des marbres et des pierres; plus loin encore nous 
trouvons les céréales en épis et en grains, des viandes, 
des légumes, des fruits, du poisson, des tissus, des 
voitures, des traîneaux, des meubles et autres objets 
en bois, des pirogues et des barques, des instruments 
de musique, du matériel scolaire et une foule d'autres 
articles. 

L'exposition la plus importante était naturelle- 
ment celle des céréales. Elle comprenait plusieurs 
variétés de froment, d'orge, d'avoine, de mais et de 
seigle, en grains et en épis. Cette dernière catégorie 
formait une exposition exceptionnellement intéressante, 
et constituait une preuve absolue des grandes qualités du 
sol canadien pour la production des grains. 




. 



du (i Pic'.uresque Canada l 
'autorisai ion des Editeurs.)' 



ie et donnaient 
totale de 35o à 



La section m.neralogique de l'exposition Canadienne était tout aussi intéressante et peut-être plus 
a trayante Nous avons déjà mentionné les riches spécirrisns de quartz aurifère extraits des mines de la 
Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- Brunswick, et l'on peut se faire une idée de l'abondance de riche minerai 
dans ces provinces en contemplant les deux gigantesques obélisques dorés qui ornaient la galeri 
le volume de 1 or extrait pendant les derniers 2 o- 2 5 ans 
400,000,000 de francs. 

Les pêcheries étaient en général représentées par des produits conservés en boîtes, tels que le saumon 
de la Colombie britannique, les sardines, les homards, le har 
guano de poisson de la côte de l'Atlantique. 

Les autres produits conservés étaient: les légumes 
abricots, pêches, etc. ; les viandes, bœuf, mouton, etc. 

Ces dernières conserves furent trouvées tellement bonnes, et leurs prix si avantageux que le gouver- 
nement Italien conclut de suite un marché avec les maisons qui les avaient exposées pour l'approvisionnement 
de la marine militaire. 

Dans une contrée relativement peu boisée comme la Belgique, et dont les besoins grandissent chaque 
année, 1 exposition des bois du Canada présentai, un grand intérêt; et, eu égard à l'extension que prennent 



les anchois, les huiles de poisson et le 
principalement les tomates ; les fruits, tels que 



32 4 



KR 




les relations entre les deux pays, les produits des forêts canadiennes ne peuvent manquer de fournir 
matière à de nombreuses transactions. 

Les fourrures forment aussi un des produits les plus remarquables du Canada, et la galerie occupée par cette 
Colonie nous offrait une magnifique collection de peaux d'ours bruns, noirs et blancs, de renard rouge et argenté, 
de castor, de phoque, de lynx, de rat musqué, de martre et de loutre. 

Les produits manufacturés étaient également bien représentés quoique sur une échelle moindre que dans 
les pays industriels ; il n'en ont pas moins jeté un certain lustre sur l'industrie et l'esprit d'entieprisé-'du peuple : 
Canadien. Ils comprenaient les tissus de coton et de laine; les objets en cuir et les poteries, ces dernières très 
dignes de remarque comme ustensiles de ménage. Les boiseries étaient des modèles dans leur genre, et, sous ce 
rapport, le Canada nous offre une série d'exemples bons à suivre ; les meubles excitaient l'admiration par le 
goût artistique et le fini de l'exécution. 

Les voitures et les traînaux étaient légers, d'une grande élégance et d'une délicatesse d'exécution remarquable. 
La construction des poêles qui paraissent d'ailleurs convenir admirablement à nos maisons et à notre climat, est 
fort ingénieuse. 

Pour les instruments de musique, le Canada soutint vaillamment et avec succès la comparaison avec les ' 
autres nations réprésentées à l'Exposition ; ses orgues ont remporté un diplôme d'honneur et mérité un éloge spécial ' 
des membres du jury qui déclarèrent que ces instruments étaient les meilleurs qu'ils eussent encore rencontrés. 

La « Canadian Pacific Railway Company » avait une exposition spéciale dans la Galerie centrale, ainsi 
qu'un modèle de Ferme des Prairies dans le Parc de l'Exposition. Cette exposition avait pour objet de faire con- 
naître les ressources spéciales que possède la section des Prairies et les facilités qu'elle offre à l'établissement de 
Colonies agricoles depuis la construction du chemin de fer; elle renfermait une collection intéressante d'échan- 
tillons du sol qui s'étend entre Winnipeg et les Montagnes Rocheuses ; des sections faites dans les arbres, des 
spécimens de charbon, de céréales en grains et en épis, des racines, des légumes et des fruits de la contrée. 

Avant la clôture de l'Exposition, Sa Majesté le Roi des Belges fit à la section canadienne une longue visite 
officielle. Il examina soigneusement tous les produits de la' Colpnie et se déclara hautement satisfait « de 
cette exposition très intéressante et très pratique; » Sa Majesté ajouta. «.que le Canada méritait de grands 
« éloges pour être venu prendre part à l'Exposition d'Anvers; malgré ,1a grande distance qui sépare les deux 
« pays, et qu'Elle espérait bien voir aboutir cette participation à : rétablissement de relations commerciales plus 
« suivies entre les deux pays, un événement qui serait pour tous deiu une. source de grands; bénéfices. » 

Nous applaudissons de tout cœur à ces paroles du Souverain, et nous sommes heureux de pouvoir 
nous en faire l'écho. Nous espérons que le jour n'est pas T loin;où- nous" yôrrons &e réaliser l'union commerciale 
dont ces nobles paroles sont le pronostic. ■> '. I 





Nil Élfelfen 






États Unis 



Les quelques produits envoyés par les États-Unis de l'Amérique du Nord, sont loin de donner une idée 
plus ou moins approximative des immenses ressources que possède ce pays. C'est assez l'habitude des États-Unis 
de s'abstenir presque entièrement à chacune des grandes Expositions européennes; à Paris entre autres, en 1878, 
ils n'avaient guère exposé que des ^^ Home Sewing C° ; puis, les vélocipè- 

pianos, des conserves alimentaires ^˧S& \ des > représentés par des spécimens 

et des machines à coudre. Jp X Je tome beauté; enfin _ , es magn ;_ 

A Anvers, l'abstention a été tout J^ fiques produits> e „ mélal blanc a ,._ 

aussi complète ; à part quelques «|f ^£ ^M gentê, de kitferiden Britannia Corn- 

américains, nous n'avons ^lHlfB^i^^ JÉW '■ des article- d' 'a "t d' 

que, n at expost- JP^^WhS^-. travail parfaits, qui imitent 

entier, et qui sont célèbres ^Hfijsll - ! 

par leur bonne fabrication ^jwï ■• 1 j> ■ . »j 

* _ fÇ HglfF' siècle d existence et de nom- 

pour 3,553,ooo dollars; les 11 , * 111 

. . ' elle a obtenu les plus hautes 

principaux exposants de ces 

, . " recompenses , et tout ré- 

machmes sont : Davis Se- -, r TT . „, t , , ^ T ,, ^ 

M. Henri Cleveland cemment, a la Nouvelle-Or- 

ivmg ac me ite Président des Etats-Unis d'Amérique léans en 1885, les premiers 

Seivins Machine C" et New l ■ 1 - , .. . J . 

6 prix lui ont ete décernes. 

Rendons justice au Commissaire général de cette section, M. Nicolas Fish, Ministre des Etats-Unis à 
ush, malgré la non-intervention de son gouvernement et le peu d'empressement de ses nationaux, 

États-Unis sont, après l'Angleterre, le 
pays qui produit le plus de fer, et le 
jour n'est peut-être pas éloigné, où 
l'Union dépassera sa rivale. L'industrie 
métallurgique prend de colossales pro- 
portions et devient la principale des 
industries américaines; elle porte sur 
la fabrication de la fonte, des aciers 
Bessemer (dont on fabrique des rails), 
des clous, des machines, des armes, etc. 
La sidérurgie s'est développée à 
proximité des gîtes houillers, qui 
donnent un charbon anthraciteux 
excellent pour le traitement du fer. 
La Pensylvanie, l'Illinoiset l'État 
de New-York sont, par rang d'im- 
portance, les États où la métallur- 
gie est le plus florissant. La cul- 
ture des plantes industrielles, — co- 
ton, céréales, tabac, riz, cannes à 
sucre, — occupe un grand nom- 
on et de la Californie est une précieuse source de richesse. La 

go on y emploie 
41 



s'est attaché à tirer le meilleur parti 
possible des rares produits qui ont été 
mis à sa disposition. On sait que les 
Etats-Unis produisent des articles beau- 
coup plus importants que ceux men- 
tionnés ci-dessus. On eût été désireux 
de constater les progrès réalisés par 
ce pays dans le domaine industriel. 

Les richesses de toute nature que 
possèdent les Etats-Unis , jointes aux 
qualités pratiques qui distinguent 
les Américains à un si haut degré, 
ne permettent pas d'assigner une 
limite au développement dont ce > 
peuple est susceptible. Nous ne .' 
pouvons guère faire ici qu'une v ■ 
rapide énumération des principaux 
produits de son sol et de son in- 
dustrie. L'exploitation des mines 
d'or et d'argent a lieu dans les 
districts de l'extrême Ouest. Les 
bre de bras. L'exploitation des forêts de l'Orégi 
préparation de la viande de porc, salée ou fumée! se faitTurtoml Chlclgo etTslL™iI\"chka; 




M. Nicolas Fish, 

Ministre des Etats-Unis à Bruxelles 

Commissaire général 






— 326 — 

plus de quinze cents opérateurs et ouvriers, qui tuent, pèlent, ouvrent, découpent de douze à quinze mille bêtes 
par jour. 

Le sol des États-Unis renferme des dépôts de charbon nombreux et productifs, spécialement dans la 
Fensylvanie, qui est en fait la région houillère la plus considérable et la plus intéressante du monde, et dans le 
Missouri, qui pourrait fournir dix millions de tonnes par an, pendant une période de i3,ooo ans. Nous ne citons 
que pour mémoire les riches sources de pétrole des Etats-Unis, qui ont donné naissance du jour au lendemain, 
à des fortunes fabuleuses. 

Le commerce de ce pays suit la marche de l'industrie ; son développement, tant à l'intérieur qu'à 
l'extérieur, est vraiment prodigieux. Le commerce extérieur se fait principalement avec l'Angleterre; la Belgique 
y tient le quatrième . rang. 

Les principaux articles importés en Belgique sont, les grains, les viandes, les bestiaux, les pétroles, les 
cotons et les bois. Par contre , les Etats-Unis achètent dans notre pays des armes, des machines, des verres à 
vitre, des tissus, du plomb, du zinc et des fers. 



---■>>- " 



République d'Haïti 



Parmi les pays d'Outre-Mer, représentés à l'Exposition d'Anvers, la République d'Haïti occupe une 
place distinguée. L'île d'Haïti est la plus importante et la plus riche des îles de l'Archipel des Antilles ; 



elle a une population de 
plus d'un million et demi 
d'habitants. 

La Belgique y expédie 
des marbres bruts et ouvrés, 
des clous, des selleries, des 
brosses, des briques, des ar- 
doises, des huiles, des vi- 
naigres, des étoffes d'ameu- 
blement, des dentelles, des 
tulles et des armes de toutes 
espèces. 

La participation de ce 
pays à notre tournoi inter- 
national, est due à l'initia- 
tive de S. E. le général 
Salomon, Président de la 
République depuis 1879. Le 
général Salomon, né aux 
Cayes, a été successivement 
Sénateur et Secrétaire du 
Sénat en 1 846, Ministre des 
Finances et de l'Instruction 
publique de 1848 à 1859; 
Il fut exilé de 1860 à 1867 ; 
il occupa ensuite le poste 
d'Ambassadeur d'Haïti à 
Paris de 1867 à 1870 ; 
Victor, Ministre- de l'agriculture 




S. E. le General Salomon, 
Président de la -République d'Haïti 



mais il ne put rentrer dans 
son pays qu'en 1879, date 
de son avènement à la Pré- 
sidence. Depuis qu'il occupe 
le pouvoir, le général Sa- 
lomon s'est attaché à rele- 
ver, par tous les moyens 
possibles, le crédit de son 
pays : il a fondé une Ban- 
que Nationale, fait entrer 
Haïti dans l'union moné- 
taire latine, dans l'union 
du mètre français et dans 
l'union postale. II a fait 
ouvrir à Port-au-Prince, il 
y a quatre ans, une exposi- 
tion générale des produits 
d'Haïti ; il a donné des 
terres aux paysans, et par 
dessus tout, il a dompté les 
révoltes et pacifié le pays, 
On voit que les sept années 
de sa présidence n'auront 
pas été stériles. 

Les mesures d'exécu- 
tion concernant l'exposition 
d'Haïti à Anvers, ont été 
confiées à S. É. M. B. S. 



elles ne pouvaient être. en de meilleures mains, C'est par ses soins que 
les différents produits ont été réunis et expédiés. 

Enfin, M. Henri Hoeylaerts, consul de la République d'Haïti à Bruxelles, a été désigné en qualité 
de Commissaire général. - 









'! 






M. H. Hoeylaerts, propriétaire à Bruxelles, y remplit depuis plusieurs années les fonctions de Consul 

de la République d'Haïti. 

Le Gouvernement Haïtien l'a chargé, à plusieurs reprises, de missions de confiance. Il a représenté 

officiellement la République aux Expositions Universelles de Paris 1878 et d'Amsterdam i883. Le Président 

de la République et la Chambre des Députés lui ont à cette occasion voté des remerciements pour le zèle et 

le dévouement dont il avait fait preuve dans la défense des intérêts du Pays. 

Il est l'auteur de deux ouvrages sur Haïti, le premier lui a valu la médaille d'or et le titre de Lauréat 

de la société de Statistique de Paris, et le second une médaille dans la section bibliographique de l'Exposition 

d'Anvers. 

Il est Membre correspondant de la Société de Géographie de Genève, de la Société de statistique de 

Francfort, de la Société Royale de Géographie d'Anvers, de la Société Royale de Géographie de Lisbonne et 

d'un grand nombre de sociétés savantes. 

lia réuni, sur le Pays qu'il représente, des collections très rares et très intéressantes, de monnaies, 

du Pays, exposés par les pre- 
mières maisons d'Haïti , Sim- 
monds, Barbancourt, Breken- 
ridge. Le Gouvernement expose 
de magnifiques échantillons de 
cette denrée, qui tient une place 
considérable sur les marchés du 
monde par sa quantité et sa 
qualité. 

Nous remarquons en second 
lieu une belle collection de bois 
exposée par M. l'abbé Weick, 
Directeur du Musée de Port-au- 
Prince. Le même exposant a 
envoyé des photographies qui 
donnent une idée très complète; 
du Pays ; à citer également une 
collection d'objets caraïbes, des 
pétrifications diverses, une col- 
lection de poissons, armes, re- 
quins, etc., ainsi qu'une collec- 
tion de coquillages et des obser- 
vations météorologiques faites 
par l'exposant à l'observatoire 



médailles, livres, cartes, plans, 
minéraux, gravures, etc. ; sa 
collection de monnaies a obte- 
nu à l'Exposition d'Amsterdam 
et à l'Exposition d'Anvers la 
plus haute récompense, la mé- 
daille d'or. 

Parmi les pays d'outre-mer, 
représentés à l'Exposition, un 
des plus remarquables, tant au 
point de vue du goût de l'in- 
stallation, que de la beauté et 
de la richesse de ses produits, 
est sans conteste la République 
d'Haïti. 

Décorée de tentures et d'éten- 
dards aux couleurs nationales 
bleu et rouge, meublée de vi- 
trines artistiques en bois de 
chêne sculpté, la section Haï- 
tienne est un salon des plus 
coquets. 

Tout d'abord nous y trou- 
vons de nombreux échantillons 
de café, la principale richesse 




M. Henri Hoeylaerts, , 
Consul de la République d'Haïti à Bruxelles, 
Commissaire général de la Section Haïtienne 



de Port-au-Prince. 

Le Gouvernement expose de très beaux minerais de fer, du charbon, des rotangs, de la ramie et 
des fibres de pite remarquables. 

M. Paul Elie expose des cafés très bien préparés, ainsi qu'une collection de fibres très intéressantes. 

La maison Barbancourt expose d'excellents rhums, et Madame Percin, des liqueurs de premier ordre. 

Outre les autres produits de l'agriculture dont il a été fait mention, nous trouvons encore: le cacao, 
la canne à sucre, le bois de campêche, le tabac, de magnifiques cotons, ainsi que de la cire, des graines 
diverses, des écorces, des pistaches, etc. 

La partie bibliographique comprend divers ouvrages sur Haïti par MM. le Général Légitime, le 
Docteur Janvier, Hoeylaerts et Emmanuel Edouard. 

Un des points les plus intéressants de l'Exposition d'Haïti est une remarquable collection de 
monnaies et de médailles qui est la propriété de M. le Commissaire Général de la Section ; cette 
collection est accompagnée d'une brochure, notice explicative de chacune des pièces, mentionnant la date 
de la frappe, le millésime et l'occasion à laquelle elle a été mise en circulation ou le souvenir historique 
qui s'y rattache. 

Cette collection numismatique est l'une des plus curieuses et des plus complètes que l'on connaisse. 



- 328 — 

Toutes ces pièces dont le nombre s'élève à 150 environ, diffèrent entre elles par un caractère quel- 
conque, soit par la frappe, le millésime ou la gravure. 

Disons à ce propos que M. Hoeylaerts possède des collections uniques sur Haïti, et que l'on ne 
peut rencontrer dans aucun musée, ni dans aucune collection particulière, et dont la réunion est le résultat 
de longues et patientes recherches. 




Vue de la Section Haïtienne 



Quarante-cinq récompenses et deux diplômes d'honneur ont été accordés à la Section Haïtienne ; ce 
résultat démontre à toute évidence et l'importance de l'Exposition et les pas rapides que fait ce pays dans 
la voie du travail et du progrès. 

On ne saurait assez féliciter le Gouvernement Haïtien de la part brillante qu'il a prise à l'Exposition, 
et des nombreux succès qu'il y a obtenus. 



-X-<£.(g 






L'Empire Ottoman 



Le u novembre 1884, c'est-à-dire, quelques mois à peine avant l'ouverture de l'Exposition Universelle 
d'Anvers, Son Excellence E. Carathéodory Efendi, Ministre Plénipotentiaire et Envoyé Extraordinaire de 
S. M. l'Empereur des Ottomans à Bruxelles, désigna M. Alph. Allard, Consul général de Turquie, en qualité de 
Commissaire général. M. Albert Van de Vin, Vice-consul de Turquie à Anvers, fut nommé Commissaire adjoint. 

M. le lieutenant d'artillerie Baron Armand de Bonhomme, voulut bien remplir les fonctions de Commissaire 
adjoint de M. Allard à Bruxelles, et M. D. De Luyck, chancelier du Consulat général de Turquie, celles de 
Secrétaire. 

Il a fallu tonte l'activité et tout le zèle de M. Allard et de ses trois dévoués auxiliaires, pour mener à bonne 
fin la tâche qu'ils avaient assumée. Les difficultés étaient nombreuses, d'autant plus que le gouvernement Ottoman 



ne désirait contribuer en rien 
aux dépenses nécessitées par cette 
entreprise. Le travail des man- 
dataires de la Turquie a été en- 
tièrement désintéressé. M. Al- 
lard , par de nombreuses dé- 
marches personnelles, et par 
d'habiles négociations avec le 
Commissariat général, le Comité 
Exécutif de l'Exposition et la 
douane, est parvenu à surmon- 
ter tous les obstacles. Il a su 
donner à l'exposition Ottomane 
une place très honorable, eu 
égard aux circonstances spéciales 
dans lesquelles il s'est trouvé, 
par suite de la non-intervention 
du gouvernement et de sa nomi- 
nation tardive au poste de Com- 
missaire général. 

L'Empire Ottoman est une 
monarchie constitutionnelle dont 




M. Alp. Allard, 

Consul général de Turquie à Bruxelles 

Commissaire général de la Section Ottomane 



le souverain, l'Empereur des 
Ottomans, porte les titres de 
Sultan et Padishah (Empereur- 
Roi) en même temps que celui 
d'Emi-ul-muménin (chef des 
croyants). 

Le grand Vizir remplit les 
fonctions de premier ministre, 
président du conseil ; il a le titre 
d'Altesse, de même que le 
Cheikh-ul-Islam, qui vient im- 
médiatement après lui et qui est 
le représentant du pouvoir spi- 
rituel du Califat de l'Islam. Le 
Cheikh-ul-Islam, nommé par le 
Sultan, est le chef des Ulémas, 
corps judiciaire et religieux, 
dont l'attribution essentielle est 
l'interprétation de la loi. 

A côté de ces deux plus hauts 
fonctionnaires de l'Empire, 
prennent place dans le conseil 






des ministres, les ministres-secrétaires d'Etat à portefeuille, les ministres sans portefeuille et certains hauts fonc- 
tionnaires ayant rang de ministre, tels que le Président du conseil d'État, le Directeur général des douanes, 
les sous-secrétaires d'Etat, du grand Vizirat et des Affaires Étrangères, etc., etc. 

Le conseil d'État a pour attributions de discuter et d'approuver toute loi soumise, avant son exécu- 
tion, à la haute sanction de S. M. I. le Sultan. 

Les titres de Pacha, bey, efendi, agha, sont des titres de noblesse personnelle, avec une hiérarchie déterminée. 

Les employés des chancelleries et de la magistrature portent surtout les titres de bey et d'efendi, 
indépendamment des grades hiérarchiques. 

Les rangs civils correspondent aux rangs militaires; ainsi les deux rangs de la l™ classe des fonctionnaires 
civils, correspondent au grade de général de division. ou de brigade; ceux des deux : rangs de la 2 e 'classe, à ceux de 
colonel et de lieutenant-colonel et ainsi de suite. Au-dessus des cinq classes de fonctionnaires civils, il y a le grade 
intérimaire de Bala, prenant le pas sur le général de division, mais au-dessous du maréchal (Muchir), et le Vizir, 
correspondant au rang de maréchal. Le Ministre de la Guerre porte aussi le titre de Seraskier (chef de l'armée). 

Les emplois publics sont également accessibles aux Musulmans comme aux non- Musulmans. Un self- 
government étendu est reconnu aux diverses populations de l'Empire, qui forment des communautés distinctes 
pour leurs affaires administratives et communales. 

L'Agriculture est assez développée dans certaines parties de l'Empire Ottoman ; nous devons constater 



I 













cependant l'absence complète de céréales à l'exposition; elles sont, il est vrai, suffisamment connues sur le 
marché d'Anvers, mais ce n'est pas pour Anvers seul que l'Exposition a été faite. La principale céréale est le 
maïs, que l'on cultive dans toutes les plaines; celui de Philippopoli est particulièrement estimé. Les plantes 
industrielles sont : le chanvre, qu'on cultive un peu partout; le lin, le coton, dans les vallées chaudes; le tabac, 
dont plusieurs provenances sont très estimées. La Société de la Régie, co-inîêresséè des Tabacs, institution toute 
récente, dans laquelle le gouvernement est largement intéressé, a vu décerner le diplôme d'honneur à son 
exposition de tabacs en feuilles, de tabacs hachés, de cigarettes turques et de tabacs à priser. Cette haute distinction 
accordée à une société qui expose pour la première fois, témoigne suffisamment de la valeur de ses produits. 
Les cultures arborescentes de la Turquie, sont l'olivier qu'on y trouve en abondance ; le grenadier, le 
figuier, l'amandier, l'abricotier, qui croissent dans les vallées; le noyer qui tapisse les pentes des montagnes; 
le rosier que l'on cultive pour faire de l'essence de roses, au pied des Balkans et surtout près d'Andrinople; 
le géranium dont on fait aussi des essences ; le mûrier, qui nourrit le ver à soie et qui forme des forêts entières 
sur les bords de la mer Noire; et enfin, la vigne, qui donne de gros et beaux grains; on les consomme comme 




Vue du Port de Constantinople 

raisins de table et comme raisins secs; on en fait aussi des vins estimés: vins du Mont Athos, vins des 
Dardanelles, vins de Crête, etc. Ces vins, totalement inconnus ici, n'ont figuré qu'en petite quantité à l'Exposition ; 
M. Gerassimo P. Valsamos a obtenu une médaille d'or, pour ses raisins secs et ses vins. La même récompense 
a été attribuée à S. E. Fayh Pacha, G. délia Suda, pour sa remarquable exposition d'opiums, de gommes 
adragantes , de résine et racines de scammonée. Cet exposant a gracieusement offert la collection de ses 
produits au musée d'échantillons et au laboratoire de l'Institut Supérieur de Commerce d'Anvers. 

L'activité industrielle est très faible dans l'Empire Ottoman. En dehors de quelques établissements 
industriels qui appartiennent à l'État, il y a fort peu d'usines de quelque importance. Celles qui existent sont 
pour la plupart mal outillées et produisent peu. Les moulins à vapeur de Sténia, sur le Bosphore, semblent seuls 
échapper à cette loi générale; cette usine fournit beaucoup de farine à Constantinople et commence à en exporter. 

11 y a quelques exploitations manufacturières d'étoffes riches, de tapis, de tissus de soie, etc. Cette industrie 
est représentée à Anvers par MM. Elia Souhami Sadullah & C", de Constantinople, qui exposait de beaux 
spécimens de tapis Daghestan, Soumac, Khiva, etc.; des rideaux de Damas, en or et unis, en soie, en laine et 
en coton; des dentelles et des broderies en tous genres, anciennes et modernes; cette belle exposition a obtenu 
deux médailles de bronze et une mention honorable. Les tapis de la maison que nous venons de citer ont eu 
beaucoup de succès. On ne peut que regretter l'abstention des fabricants des célèbres tapis de Smyme, 
abstention qui a pour conséquence de favoriser la concurrence des produits similaires de l'Europe Occidentale, 
des Indes et du Nord de l'Afrique. Nous regrettons également l'absence presque complète des riches tissus de 



i 




Façade de la Section de l'Empire Ottoman 



— 332 — 

soie et d'or de Bagdad, des châles de Damas aux couleurs inaltérables, des serviettes et du linge de table de 
Salonique et de Philippopoli; des étoffes de laine d'Andrinople et de bien d'autres produits, que l'Empire 
Ottoman eût pu exposer avec fruit. L'industrie de la préparation des peaux est très active. Les cuirs de 
fabrication Ottomane ne sont pas prohibés en Europe, mais l'élévation des droits arrive au même résultat et 
leur importation est impossible. Les peaux chagrinées, dites maroquins, sont supérieures à tout ce que nos 
tanneurs 'produisent en ce genre; on a pu en juger par l'exposition de M. Jacob Abufhelé, de Bethléem. 




Section Ottomane 

Les produits minéraux de l'Empire faisaient absolument défaut dans la section Ottomane ; cependant 
on les trouve en abondance dans certaines régions : le plomb et l'argent en Roumélie, en Asie Mineure et au 
Mont Pelion; le cuivre dans la chaîne du T auras; le charbon en Asie Mineure et dans le voisinage d'Héracléé, 
etc. Ces richesses sont pour la plupart improductives ; quelques-unes, exploitées dans le temps et non sans 
succès, sont maintenant abandonnées ; d'autres, quoique en activité, ne donnent guère de résultat, à cause de 
l'exploitation défectueuse, du manque de communications et de moyens de transport. 

Nous n'avons rien dit, et pour cause, des nombreux étalages où des marchands empressés offrent aux 
passants les mille riens qui remplissent leurs magasins. Ce sont toujours les mêmes objets, sacrés et profanes, 
qu'on retrouve à toutes les Expositions : des chapelets et des pipes orientales, des croix et des bijoux, des flacons 
d'eau de rose, des articles divers en bois d'olivier, en nacre, etc. , etc. Cela ressemble plutôt à un bazar qu'à une 
Exposition, mais le visiteur s'y arrête volontiers et nous sommes persuadé que ces marchands-exposants ont atteint 
leur seul but, qui est d'écouler leurs marchandises. 



La Serbie 



La Serbie, placée aux confins de la Turquie d'Europe, dont elle fut longtemps tributaire, a des limites 
naturelles bien marquées. Au Nord, la Save et le Danube, la séparent des confins militaires autrichiens de 
l'Esclavonie, du Banat et de la petite Valachie ; à l'Est, la rivière de Timok et les épaisses montagnes 



4 



pi!' 
rttu» 






ï"' 



.,<* 
,'>»' 




5. M. Milan 



Roi de Serbie 



S. M. Nathalie, Reine de Serbie 



de Starra, ramifications des Balkans, la séparent de la Bulgarie; au Sud, des monts escarpés et élevés 
l'isolent de la Turquie; à l'Ouest, la Drina limite son territoire du côté de la Bosnie. 

Sa superficie est de 49,000 kilomètres carrés. Sa population, qui n'était, en t834, que de 700,000 âmes 
et de 1,200,000 en 1866, atteint aujourd'hui le chiffre de 2 millions d'habitants, dont 1,600,000 Serbes, 
160,000 Valaques et une certaine quantité de Juifs, de Turcs et de Bohémiens Tziganes. 





- 33 4 - 

Ces chiffres ne sont qu'approximatifs, les recensements étant fort difficiles dans les pays Danubiens, 
à cause du mélange de toutes les nationalités, qui existe là plus que partout ailleurs. 

La capitale de la Serbie est Belgrade, qui est en même temps une foiteresse de premier ordre. 

Dans la partie Septentrionale de la Serbie, le long de la Save, du Danube et de la Morava, le sol 
présente de grandes plaines, de l'apparence la plus fertile; mais partout ailleurs, il est montagneux, cou- 
vert de forêts, creusé de profondes et fertiles vallées. 

Le sol, en général très fertile, est peu cultivé; environ un millier d'hectares seulement sont mis en 
culture et produisent abondamment le blé, l'avoine, le maïs, le chanvre, le lin, le tabac, et, dans quelques 
vallées bien exposées, le raisin. De vastes et bons pâturages servent à l'élève des bestiaux. 

L'industrie Serbe est donc à peu près entièrement pastorale; ses principaux articles d'exportation 
sont les céréales, le bétail, les porcs, les peaux de mouton et de chèvre, et les pruneaux. 

Le gouvernement de la Serbie est une monarchie constitutionnelle représentative héréditaire. Le roi 
gouverne avec le concours de deux assemblées : la Skouptchina, qui a les droits et le caractère d'une assemblée 
délibérante ordinaire, et un Conseil d'Etat, chargé de l'élaboration des lois, et d'autres affaires importantes. 

Le gouvernement royal de la Serbie a répondu, un des premiers, à l'appel de la Belgique, et ses 



ministres du commerce, M.Gou- 
dovitch, et plus tard M. Rajo- 
vitch, n'ont rien négligé, pour 
que la participation de leur 
pays fût aussi complète que pos- 
sible. Nous sommes heureux de 
voir que leurs efforts n'ont pas 
été stériles ; la section Serbe, en 
effet, ne manque ni d'intérêt ni 
de distinction. Hâtons-nous de 
dire, que le gouvernement a eu 
la main heureuse dans le choix 
de ses mandataires. Le Com- 
missaire général, M. Julien de 
Borchgrave, et M. Jephrem No- 
vacovitch, le Commissaire ad- 
joint, ont fait preuve, dans l'or- 
ganisation de leur section, d'un ,, , ,. , „ . 
° AI. Julien de Borchgrave 
esprit d'ordre bien entendu et . 

t Commissaire gênerai de la section serbe 

d'infiniment de goût. 

Dans le fond du compartiment Serbe, se trouvent les portraits de 




Le gouvernement belge a 
rendu un juste hommage aux 
services rendus par MM. de 
Borchgrave et Novacovitch, en 
leur décernant la croix de Che- 
valier de l'Ordre de Léopold. 

La façade du compartiment 
Serbe est formée de draperies 
orientales en velours grenat, sur- 
montées d'un écusson armorié, 
entouré de drapeaux aux cou- 
leurs rouge, bleu et blanc, dis- 
posés en trophée. 

Le gouvernement de là Ser- 
bie a envoyé à Anvers une col- 
lection d'échantillons des princi- 
paux produits du commerce de 
ce pays. Ces produits sont nom- 
breux et d'un prix relativement 
peu élevé, 
famille royale. Ce fut en 18 



que le prince Milan, actuellement régnant, fut appelé à prendre possession de sa principauté ; il étudiait, 
à cette époque à Paris, sous la direction intelligente d'un savant belge, M. Huet, ex-professeur à l'Univer- 
sité de Gand. En 1877, à la suite de la guerre Turco-Russe, la Serbie fut affranchie de la suzeraineté de 
la Turquie et érigée en Principauté indépendante. En 1882, la Serbie devint un royaume : le prince 
Milan fut alors proclamé Roi, sous le nom de Milan I er . 

La reine Nathalie, la souveraine aimée de la Serbie, est Russe par son père, le colonel Kechko et Rou- 
maine par sa mère, la princesse Pulchérie de Stourdza, mais elle est Serbe par le cœur. Elle l'a prouvé en 
maintes circonstances. Son courage a grandi au milieu des épreuves. Rien n'a pu ébranler sa fermeté et sa 
confiance dans l'avenir de son pays d'adoption. Le malheur l'a trouvée debout, vaillante et forte: c'est dans la 
nuit que brillent les étoiles. Très belle, très intelligente, très instruite, la reine Nathalie est avant tout pleine 
de sollicitude pour son peuple- qui lui rend en amour ce qu'elle lui donne en dévouement. 

S. A. R. le prince héritier, né en 1876, est l'unique descendant du couple royal des Obrenovitch, 
dont l'histoire est si intimement liée à celle de la Serbie. 

Ces portraits se détachent vigoureusement sur un fond de tapis orientaux. 

Ces tapis, œuvre de la femme Serbe, sont tissés à la main. 

Les tapis ne forment pas la seule industrie de ce genre. Dans le compartiment Serbe, on remarque 
aussi des tissus magnifiques, également travaillés à la main. 



335 



L'orfèvrerie serbe est très bien représentée. Elle nous montre quelques objets en filigrane, et des bijoux 
repoussés au marteau, et façonnés dans le style oriental. 

Les costumes nationaux de la Serbie sont aussi nombreux que variés. Ils sont confectionnés avec un 
soin remarquable. Cette intéressante collection comprend les costumes de toutes les classes de la société, 
depuis les riches toilettes en soie gris perle, brodées d'argent, jusqu'aux corsages et aux jupons bariolés 
des paysannes de la Kraïna. 

La collection des essences, exposée par la section forestière du ministère du commerce serbe, est 
des plus remarquables. 

Les connaisseurs s'arrêtent avec curiosité devant les produits minéralogiques, connus de longue date, 
puisque les Romains les exploitaient déjà. 

Les échantillons de la collection minéralogique serbe à l'Exposition d'Anvers, sont nombreux et 
possèdent de sérieuses qualités. 

On rencontre, parmi les produits de cette classe, différentes espèces de charbon, des graphites, des 
lignites, des marbres, des ardoises, des grès, du cuivre, du plomb, du zinc, du fer, du mercure, du man- 
ganèse, de l'or, de l'argent, de l'antimoine, et un corps nouveau, appelé Avalite, découvert par M. le pro- 



fesseur Kleritch, dans les mines 
d'Avala. 

L'agriculture serbe a envoyé 
de nombreux produits qui attes- 
tent la richesse et la fertilité du 
sol. 

Le tabac, on le sait, est un 
des principaux produits de la 
Serbie ; dans ce pays même, sa 
consommation est énorme. 

C'est en réalité de la Serbie 
que viennent la plupart des ta- 
bacs dits Turcs. Ceux d'AIexi- 
natz et de Bai'na Bachta, jouis- 
sent d'une vogue très méritée 
et les amateurs apprécient fort 
leur excellente qualité. A l'Ex- 
position d'Anvers, la section 
Serbe expose de ces tabacs qui 
ont le meilleur aspect, et qui 
valent de 120 à 200 francs les 
cent kilogrammes. 




M. Ephrem Novacovitch 
Commissaire adjoint de la section Serbe 



Le sol de la Serbie est d'une 
fertilité telle que, dans certaines 
parties du pays, la culture se 
fait sans aucune interruption et 
sans le secours d'engrais ou 
d'autres moyens artificiels. Les 
produits agricoles exposés reflè- 
tent cette heureuse situation. Il 
est rare d'admirer d'aussi beaux 
types de froment, de seigle, 
de millet, d'orge, de sarrasin, 
d'avoine et de maïs; des haricots 
à côté de lentilles, de fèves et de 
petits pois de toute beauté. 

Un autre produit fort en hon- 
neur en Serbie, c'est le pruneau. 
La prune est cultivée partout ; 
il n'est pas un village, pas un 
bourg, pas un hameau, si petit 
qu'il soit, qui n'ait ses enclos 
plantés de pruniers ; dans cer- 
tains départements, les arbres 



qui produisent ce fruit, poussent en véritables forêts, dont la culture fait l'objet de soins assidus. 

Le commerce des pruneaux atteint annuellement un chiffre d'affaires très élevé; l'exportation se fait 
sur une très large échelle. 

La viticulture en Serbie est fort en honneur; depuis des siècles on y cultive la vigne, et cette cul- 
ture, grâce aux efforts du gouvernement, et à l'exemple du roi Milan lui-même, qui est un des principaux 
producteurs du pays, prend, de jour en jour, une extension plus considérable. 

L'exportation des vins de la Serbie est très importante et des connaisseurs affirment que le crû de 
ce pays justifie pleinement sa renommée. 

Une autre branche de l'industrie nationale serbe, c'est la fabrication des eaux-de-vie; la prune, ici 
encore, fournit en grande partie la matière première. L'eau-de-vie serbe s'exporte peu, elle sert plutôt aux 
besoins de la consommation indigène. 

Les échantillons d'eau-de-vie, exposés par M. Badjak, de Jagnilo, et Petrovitch, de Svilaïnatz, sont 
remarquables par leur âge, ils datent de 1844. Un autre échantillon de M. Neschitch, de Schabatz, porte 
la date respectable de 1842! 

Les produits de la Serbie sont si nombreux que, pour rester dans les limites que nous impose le 
cadre de cette publication, nous ne pouvons en rendre compte d'une façon plus détaillée. 



- 336 - 

Nous ne finirons pas sans insister sur ce point, qui nous parait essentiel : l'utilité pour la Belgique 
et la Serbie de se mieux connaître dans l'avenir. 11 nous semble que la Belgique aurait un immense intérêt 







Vue générale de la section Serbe 

à développer ses relations commerciales avec la Serbie; ce pays est neuf et il est ouvert à la civilisation euro- 
péenne. C'est le moment d'y créer des débouchés nombreux et faciles, pour les produits de notre industrie nationale. 



-^HMiPft-*- 







Le Brésil 




uand l'Exposition Universelle d'Anvers fut annon- 
cée, le gouvernement brésilien, sans y prendre 
une part officielle, encouragea une puissante 
société à y participer. 

Le Brésil, qui comprend la quinzième partie 
de la surface terrestre du globe, la cinquième du 
nouveau monde et plus des trois septièmes parties 
de l'Amérique Méridionale, s'étend de 5" lo' de 
Latitude Nord à 33» 46' 10" de latitude Sud et 
de 8° 21' 24" de longitude Est à 32" de longi- 
tude Ouest de Rio-de-Janeiro. 

Ses côtes ont un parcours de 7,920 kilom. 
et l'on évalue la surface de cet énorme empire à 
8,337,218 kilomètres carrés, soit 16 fois celle de la 
France ou de l'Allemagne et 276 fois celle de la 
Belgique. 

Le sol est accidenté parde nombreuses chaînes 
de montagnes, surtout vers l'Est et le Sud. Les 
principales sont celles d'Espinhaço ou de Manti- 
queira, celle du Mar, celles des Vertentes, de 
Paracaïma et de Tumucumaque. Le centre est également montagneux ; on y trouve de larges et hauts pla- 
teaux. Le Nord comprend le plateau de l'Amazone et tout le pays est arrosé par des cours d'eau considé- 
rables, dont le plus important est l'Amazone qui parcourt une distance de 3,828 kilomètres et qui reçoit 
les eaux de dix-huit affluents, dont le Tocantins, le Rio-Negro et l'Araguaya sont les principaux. 

L'empire du Brésil possède quarante-deux ports, dont plusieurs sont excessivement vastes et sûrs. 
En première ligne vient celui de Rio-de-Janeiro qui a 198 kilomètres de circuit ; puis ensuite, du Nord au 
Sud, on trouve ceux de Para, Maranham, Parahyba, Pernambuco, Maceiô, Aracaju, Bahia, Ilheos, Santa- 
Cruz, Porto-Seguro, Victoria, Santos, Paranaguâ, Santa-Catharina , Rio-Grande-do-Sul, etc. 

Il y a au Brésil deux climats bien distincts : dans la zone intertropicale il est à la fois chaud et humide 
pendant la saison des pluies ; hors de ces limites, il est tempéré et sec. 

Dans les provinces de Cearâ, Pernambuco, Parahyba et Rio-Grande-do-Norte, la chaleur est considérable 
et le défaut de pluies y détermine parfois des sécheresses extraordinaires ; mais le climat devient très tempéré 
à mesure que l'on s'approche des provinces du Sud et il est semblable à celui du printemps de l'Europe 
dans le Paranà, Rio-Grande-do-Sul,. Santa Catharina et Minas. Le thermomètre y descend à 0° et quelquefois 
même, quoique rarement, à 2°5 au-dessous de o. 

En été, les températures de 36" sont fréquentes, même à Rio-de-Janeiro pendant quelques heures de 
la journée ; cependant la chaleur y est peu sensible à cause de l'extrême sécheresse de l'air. Les nuits sont 
presque toujours fraîches. 




— 33S — 

La moyenne de l'été ne dépasse souvent celle de l'hiver que de 3° comme il arrive dans la province 
de l'Amazone ; entre le jour et la nuit ii n'y a qu'une différence de 7°. 

Les mois les plus chauds dans le Brésil méridional sont décembre, janvier et février ; juin et 
juillet sont les mois d'hiver, c'est-à-dire de pluie, car tout le restant de l'année y ressemble au printemps 
dans les contrées du midi de l'Europe. 

Le climat du Brésil est généralement très sain, sauf dans quelques localités à terrains bas et 
marécageux où, à certaines époques, régnent les fièvres intermittentes. La statistique des villes populeuses 
de l'Empire prouve même que les conditions de salubrité du pays sont comparativement supérieures à celles 
de beaucoup de capitales en Europe. Les cas de longévité y sont nombreux. 

On a exagéré les ravages de la fièvre jaune, qui sévit parfois à Rio et dans quelques autres ports. La 



vérité est, qu'aujourd'hui 
que cette maladie est bien 
connue et lorsque les ma- 
lades sont traités dès le dé- 
but de la contagion, ils gué- 
rissent presque tous. La 
fièvre jaune ne fait pas an- 
nuellement au Brésil plus 
de victimes, relativement, 
que la fièvre typhoïde ou 
la petite vérole n'en font 
en France ou en Belgique. 

L'empire du Brésil est 
libre et indépendant, depuis 
le 7 septembre 1822. 

La forme du gouverne- 
ment est monarchique, hé- 
réditaire, constitutionnelle 
et représentative. 

La dynastie régnante est 
celle de Dom Pedro 1 er , 
fondateur de l'empire, pre- 
mier empereur et père de 




S. M. Dom Pedro II, Empereur du Brésil 



Dom Pedro II, le souve- 
rain actuel. 

La religion catholique 
est la religion de l'Etat. 

Toutes les religions sont 
tolérées et personnelle peut 
être inquiété pour motif re- 
ligieux. On exige seulement 
que la morale publique ne 
soit pas offensée et que la 
religion de l'État soit res- 
pectée. 

La population du Brésil 
peut être évaluée aujour- 
d'hui à environ i3,ooo,ooo 
d'habitants. Les étrangers 
figurent dans ce nombre 
pour plus de 3oo,ooo dont 
la moitié est composée de 
Portugais. Les autres na- 
tions forment le restant où 
dominent les Allemands et 
les Italiens. 



Voici la population relative de chacune des provinces qui composent l'Empire à la fin de i883 : 



Amazonas . Ch:f-l:ey 

Para » 

Maranham » 

Piauhy » 

Cearâ » 

Rio-Grande-do-None » 

Parahyba » 

Pernambuco » 

Alagûas .......... ?> 

Sergipe » 

Bahia » 

Espirito-Santo » 

Rio-de-Janeiro . » 

Mimicipe neutre » 

San-Paulo » 

Paranà » 

Santa-Catharina » 

Rio-Grnnde-do-Sul » 

Minas-Geraes » 

Goyaz » 

Matto-Grosso » 

Indiens sauvages 



Manàos 80,942 habitants. 

BcIem-do-Par,i 3 4 3,5i i 

San-Luiz 

Theresina 

Fortaleza 

Natal 

Parahyba 

Rscife 1,0:4,700 

Maceio 

Aracajû 

Bahia 

Victoria 

Nictheroy 

Rio-de-Janeiro 

San-Paulo 

Corityba 

Desterro 

Porto-Alegre 3ôS,7o3 

Ouro-Preto 2.449,010 

Goyaz 191,71 1 

Cuyaba 72,031 

600,000 



43o, o5g 
239,691 
722,000 
2 G 9,0 5 [ 
4 32,Si 7 



Jt J7î J 79 

2I,,, 7 3 

1 ,655,403 
100,717 
3 5 8,S3i 
435,568 

1,058,930 
189,698 
201,043 



Total . . . 12,602,97s habitants. 

Le nombre des Indiens sauvages se réduit chaque jour et il faut aller dans l'intérieur des terres 



33g 



pour rencontrer encore des chefs d'Indiens Caijowa comme celui que représente notre gravure ; dans peu 
d'années ce type n'existera plus qua l'état légendaire. 

Le recensement donne les chiffres suivants sur la population des principales villes au 3i décembre i883: 



Rio-de-Janeiro, capitale de l'Empire .... 
Nictheroy, chef-lieu de la province de Rio-de- 



Recife ou Pernambuco . 
Belem-de-Parâ . 



400,000 habitants. 

3o.ooo » 

140,000 » 

i3o,ooo » 

40,000 » 



San-Paulo 40,000 habitants. 

San-Luiz de Maranham 35, 000 » 

Porto-Alegre. .... 3 5, 000 » 

Ouro-Preto 20,000 » 

Rio-Grande 18,000 » 

Santos 14,000 » 



D'après la loi du 28 septembre 1871, quiconque naît au Brésil est libre. Les esclaves au service de 
la nation et de la maison impériale ont été déclarés libres le jour de la promulgation de la loi. On 
affranchit successivement tous les autres. Le gouvernement s'occupe journellement d'augmenter les fonds 
consacrés à l'émancipation officielle qui est devenue une aspiration nationale à laquelle tous les partis 
politiques de l'Empire se dévouent avec autant de loyauté que de justice. 

Pour donner une idée de l'importance qu'à prise aujourd'hui la capitale du Brésil, nous dirons qu'elle 



a plus de 3o, 000 maisons 
dont la valeur locative, 
d'après les documents 
officiels, est de près de 
75 millions de francs. 

La ville a 820 rues et 
2i5 ruelles, de nombreux 
édifices, tant civils que 
religieux et de belles pla- 
ces et promenades publi- 
ques, parmi lesquelles le 
« Campo d'Acclamaçâo » 
presque aussi grand que 
le « Champ de Mars » 
à Paris, et formant un 
square avec de beaux 
arbres, un ruisseau, etc. 




Le Rio-Negro 



Recife ou Pernambu- 
co est une ville de grande 
importance commerciale; 
elle se divise en trois quar- 
tiers. 

Tous les Brésiliens 
sont tenus de prendre les 
armes pour défendre l'in- 
dépendance et l'intégrité 
de l'Empire. 

La force publique 
comprend l'armée, la ma- 
rine de guerre, la garde 
nationale et les corps de 
police ou gendarmerie. 

L'armée de païx com- 
posée de corps spéciaux 



compte environ 16,000 hommes, mais en cas de guerre, l'effectif est porté à 32, 000. Ce chiffre peut même être 
considérablement augmenté dans les circonstances extraordinaires, comme cela est arrivé dans la guerre 
avec le Paraguay (1864-1870} pendant laquelle le Brésil a eu jusqu'à 80,000 hommes sous les armes. 

La flotte se compose de 5g navires, dont 14 cuirassés. Il y a parmi ces bâtiments 1 frégate, 7 corvettes, 
i5 canonnières, 10 cuirassés, 2 transpors, 8 torpilleurs et 1 brick. On vient de construire à Londres le Riachuelo et 
l'on achève XAqiddaban, deux énormes navires cuirassés qui, joints au Solimôes, au Javary et au Sete-de-Setembro, 
que possède déjà l'Empire, formeront un ensemble formidable. Le nombre des canons de la flotte brésilienne est de 
200 ; cette flotte représente une force à vapeur de plus de 12,000 chevaux. 

Il y a des arsenaux de guerre dans la capitale de l'empire et dans les provinces. 

L'arsenal de Rio-de-Janeiro, qui est le principal, est chargé de la fabrication des armes, de la 
confection des uniformes, de l'équipement, de la flotteiïe, des machines, des appareils et de tous les autres articles 
nécessaires à l'armée. 

Il y a cinq arsenaux de marine dans l'empire; celui de Rio-de-Janeiro est le plus important; il est organisé 
pour construire tout le matériel flottant et fabriquer la majeure partie du matériel de guerre. 

3oo ouvriers y sont employés. 

L'enseignement public est gratuit au Brésil. Le tableau suivant montre l'accroissement successif du nombre 
des écoles primaires ainsi que des élèves depuis l'année 1857. 



i85 7 . 



:,5rp écoles comptant 70,124 élèves. 



4,653' 

5, 661 



107,483 
i:5,o5S 



— 340 — 

En outre de ces écoles primaires gratuites, entretenues par les gouvernements provinciaux ou par l'État, il 
y a des lycées pour l'enseignement moyen et de nombreuses institutions particulières. 

Nous citerons les Facultés de médecine de Rio-de- Janeiro et de Bahia ; les Facultés de Droit de Saint-Paul 











L 'Amusons 

et de Pernambuco ; l'École Polytechnique; l'École Militaire; celle de Marine; l'École Normale; l'Académie des 
Beaux-Arts ; le Conservatoire de Musique ; l'Institut Commercial ; le Lycée des Arts et Métiers ; l'Institut impérial 
des Jeunes Aveugles; celui des Sourds-Muets; l'Institut agricole et divers séminaires; tous ces établissements sont 
dans la capitale de l'empire. Il y a encore une École des Mines à Ouro-Preto (chef-lieu delà province de Minaa- 

Poly technique 6,000 vo- 
lumes ; la Bibliothèque 
Militaire 2,100 volumes 



Geraes) habilement diri- 
gée par le savant M. Gor- 
ceix. 

Bahia, Pernambouc, 
Rio-Grande-do-Sul et 
Sergipe possèdent égale- 
ment des Instituts Agri- 
coles. 

La Bibliothèque Na- 
tionale de Rio possède 
i35,ooo volumes et plu- 
sieurs manuscrits de 
grande valeur. La section 
des cartes géographiques, 
plans, etc. compose une 
collection de 220 volumes 
outre 3oo cartes détachées 
concernant en majeure 
partie le Brésil. Les ma- 
nuscrits, les dessins for- 
ment 1200 volumes. La 
section des estampes pos- 
sède 6000 gravures qui 
représentent toutes les 
écoles. La Bibliothèque 
delà Faculté de Médecine 
compte i7,3i7Volumeset 
grand nombre de bro- 
chures. La Bibliothèque 
de la Marine a iq,ooo 




et celle des Beaux-Arts, 
i,ooo. Mais la plus riche 
de toutes peut-être par 
l'importance . et la rareté 
de ses œuvres sur l'his- 
toire naturelle, est la Bi- 
bliothèque du Musée Na- 
tional qui compte plus de 
8,000 volumes fort pré- 
cieux. 

Parmi les bibliothè- 
ques particulières, on re- 
marque celle du monas- 
tère San-Bento contenant 
8,000 volumes ; celles des 
couvents de Santo-Anto- 
nio et du Carmo ; puis la 
Bibliothèque Fluminense 
(42,000 volumes); le Ca- 
binet de lecture portugais 
52,000 et enfin celle de 
l'Institut Historique, Géo- 
graphique et Ethnogra- 
phique du Brésil qui pos- 
sède 6,841 volumes sur 
l'histoire nationale, 636 
manuscrits rares et 570 
cartes géographiques. 



Chef d'Indiens Caijowa 
volumes; celle de l'École 

On peut citer, dans les provinces, les Bibliothèques de Monâos, de Para, de Maranham, de Cearâ, de Per 

nambuco, de Rio-Grande-do-Norte, d'Alagoas, de Piauhy, celle de Bahia (20.000 volumes), de Saint-Paul (10, coo 

volumes) puis enfin celles de Santa-Catharina, de Goyaz, de Matto-Grosso, Fortaleza, Maceyo et Ouro-Preto. 



34i - 



Les maisons de charité sont très nombreuses au Brésil. 

En première ligne, à Rio -de- Janeiro, il y a la Santa Casa da Misericordia, fondée en i6o5, l'un des hôpitaux 
les plus importants du monde. 11 reçoit tous les malades, quelle que soit leur nationalité ou leur religion. 
L'Hospice des enfants trouvés et le refuge des orphelines dépendent de la Santa Casa da Misericordia. Il y a 
également le Refuge de Ste-Thérèse pour les jeunes filles pauvres; un Hôpital à la Gamboa pour les maladies 
contagieuses. Le magnifique Hospice de D. Pedro II est spécialement destiné aux malades atteints d'aliénation 
mentale. 

Presque toutes les provinces possèdent des hôpitaux ou des institutions protectrices des indigents et des 
malheureux. Les Brésiliens sont essentiellement humains et hospitaliers. 

Le Brésil avec ses ports nombreux, ses fleuves navigables, l'immense fertilité de son sol et ses mines d'or, de 



plomb et autres métaux, 
offre au commerce une 
source naturelle de ri- 
chesses ; son importation 
aussi bien que son ex- 
portation sont considé- 
rables. 

Les principaux arti- 
cles d'importation sont : 
Les tissus de coton, soie, 
lin et laine ; vins, bières, 
liqueurs, farine de blé, 
riz, pâtes alimentaires, 
lard, huile d'olives, 
beurre, fromage, morue, 
sel, épices, thé, conserves, 
légumes et fruits d'Eu- 
rope; charbon minéral, 
fer et métaux, rails et 
matériel pour chemins 
de fer et bateaux à va- 
peur; machines agricoles 
ou industrielles, outils 
en fer, armes à feu et 
armes blanches, pétrole, 
bois de sapin, goudron, 
ciment, bougies, toile à 
sacs, faïence, porcelaine, 
cristaux, verres à vitres, 
glaces, meubles, tapis, 




Marchande de fruits à Rio-de- Janeiro 



pianos, instruments de 
musique, papier, livres, 
produits chimiques, mé- 
dicaments et eaux mi- 
nérales, chaussures, 
chapeaux, quincaillerie, 
coutellerie , horlogerie , 
bijouterie, orfèvrerie, 
parfumerie , passemen- 
terie, vêtements, modes 
et articles de Paris. 

Les principaux arti- 
cles d J exportation sont : 
café, sucre, cacao, farine 
de manioc, maté, noix 
du Para, viandes sèches 
et salées, eau-de-vie de 
canne à sucre, mélasse, 
ipécacuanha , roucou , 
caoutchouc, coton brut, 
tabac, palissandre et au- 
tres bois, cuirs, peaux, 
poils, crins, laines, cor- 
nes, graisses, or, dia- 
mants et autres pierres 
précieuses. La province 
de Rio- Grande-do- Sul 
possède de magnifiques 
marbres de couleurs va- 
riées. 



L'importation directe de l'étranger pour Rio-de- Janeiro s'est élevée durant l'année 1884 à 98,341,573 mil reis. 

V exportation directe de Rio-de-Janeiro pour l'étranger s'est élevée durant l'année 1884 à 86,726,766 mil reis. 

La Constitution garantit au commerce une entière liberté dans tout l'empire du Brésil et toute industrie peut 
y être exercée, soit individuellement, soit par association, aucune loi, aucun privilège ne la restreignant. 

Le Brésil n est pas encore, à vrai dire, une nation industrielle. C'est une nation trop jeune pour pouvoir lutter 
à cet égard avec les pays européens ; toutefois, on peut affirmer que, depuis 15 ans, elle n'a cessé de progresser dans 
les différentes branches de l'industrie manufacturière. 

Le Brésil fait partie de « l'Union pour la protection de la Propriété industrielle. » - 

Les produits qui se fabriquent à l'intérieur du pays sont : le sucre, l'eau-de-vie de canne, la farine de manioc 
et de maïs, ainsi que le tapioca, le thé, le maté, le guarana, les huiles à manger et à brûler, le vinaigre, les liqueurs, 
les fromages, les confitures et les conserves de différentes espèces, les viandes séchées et salées, le poisson séché et en 
saumure, le tabac, les cigares, le savon, les bougies, soit de cire, de carnauba ou de suif, le caoutchouc, les cuirs 
secs ou tannés, les tissus communs, les cordes et la poterie. 

43 



3 4 2 



Il y a, en outre, un grand nombre d'ateliers et de fabriques pour les produits chimiques, le verre, les glaces, 
les instruments d'optique, de navigation, de géodésie et de chirurgie, des fabriques de chaussures, de toiles cirées, 
de tapis, de cuirs vernis, de maroquins, de faïence, de pierres artificielles, de mosaïque, de teinturerie, de carros- 
serie, de chapeaux, de vernis, de pâtes alimentaires, de papiers de tenture, de marbre artificiel, de carton, de fleurs, 
soit en étoffe, soit en plumes, puis des fonderies de fer aussi remarquables par leur outillage que par leurs travaux ; 
il y en a qui occupent 900 ouvriers. 

On compte également beaucoup de brasseries et un grand nombre d'ateliers de charpenterie et de menui- 
serie qui emploient les meilleurs bois du Brésil pour la confection de mobiliers simples ou de luxe. Plusieurs usines 
construisent des wagons de chemin de fer, des cars de tramway, des kiosques, des chalets, des pavillons, des 
parquets, des châssis. Les filatures et les tisseranderies de coton emploient plus de 3ooo ouvriers et à Rio-Grande- 
do-Sul une fabrique de tissus de laine possède une machine à vapeur de 70 chevaux, 1200 broches et 40 métiers. 

Dans la rade de Rio-de-Janeiro, il y a des chantiers appartenant à des entreprises particulières, où 
peuvent être construits les plus grands navires à vapeur ou à voiles. 

La Poste se partage en deux grandes divisions : le courrier terrestre et le courrier maritime. Le premier 
s'étend aux grandes villes, aux petites localités et aux paroisses répandues sur ce vaste territoire. Le second est aux 
mains de compagnies organisées par les principales nations européennes et dont plusieurs sont subventionnées 
par le Gouvernement. 

Les recettes de la Poste se sont élevées en 1880 à la somme de 3,257, 5oo francs; à cette époque 
le nombre des bureaux était de 1461. Le nombre des correspondances reçues et expédiées a été de 29,798,600. 

En 1882, le nombre des bureaux de poste était de 1610 et celui des lettres expédiées de 35,845,869. 
Actuellement le nombre des bureaux s'élève à 1800 environ. 

Le Brésil fait partie de l'Union Postale Internationale (Convention de Berne). 

L'Empire est relié à l'Europe par un câble sous-marin. D'autres câbles relient entre elles les villes 
principales de la côte depuis Para jusqu'à Rio-Grande. Les lignes télégraphiques terrestres appartiennent 
aux chemins de fer qu'elles desservent ou à l'Etat. 

En 1882, la longueur des lignes était de 7420 et la longueur des fils de i3,25o kilomètres. 

Si l'on ajoute à ces 7420 kilomètres des lignes d'Etat, 5ooo kilomètres des lignes appartenant aux 
chemins de fer, on verra que le Brésil possède aujourd'hui environ i3,ooo kilomètres de lignes télégraphiques 
terrestres. 

Les appareils employés sont ceux de Morse ; les poteaux au lieu d'être en bois sont en fer. Les fils 
ont cinq millimètres de diamètre. 

On a établi des lignes téléphoniques à Rio-de-Janeiro, à Petropolis et dans les principales villes de 
l'Empire. Presque tous les hôtels, les théâtres et les maisons de commerce importantes de la capitale sont reliés 
par le téléphone. 

Les omnibus ont généralement été remplacés dans les principales villes du Brésil par des lignes de 
tramways. Si l'on excepte les États-Unis, il n'y a peut-être pas de pays où le service des tramways soit aussi répandu. 

Le Gouvernement brésilien a employé tous les moyens pour favoriser la construction des chemins 
de fer et cette construction y a pris un grand développement depuis quelques armées. 

Le Brésil possédait au commencement de 1884, 63 lignes représentant 56oo kilomètres en exploi- 
tation et 2402 kilomètres en construction. A l'heure actuelle, mai 18S6, ce chiffre se trouve augmenté 
d'environ 5oo kilomètres, de plus, ouverts à la circulation. Beaucoup de ces lignes ont été construites par 
des compagnies étrangères, d'autres par des compagnies indigènes, avec l'aide d'ingénieurs brésiliens. 

Le mouvement maritime est considérable au Brésil ; on en pourra juger par le tableau suivant : 






. Long Cours . 
Cabotage . . 



1SS4. Long Cours 



VIRES ENTRÉS. 


TONNA3E, 


NAVIRES sor 


TIS. 


TONNAGE. 


I.2I8 


1.220.332 


1.067 




I.207.82 I 


I.414 


454.739 


1.5S8 




548.89I 


2.63a 


1. 675.071 


2.665 




1.748.712 


VIRES ENTRÉS. 


TONNA JE. 


NAVIRES SORTIS. 


TO.VNAjE. 


1.245 


1.286.33S 


1. I 1 1 




1.233.096 


1.3 4 6 


+ 63.25l 


1-449 




5iS.8S3 



Total. . . 2.591 1.749.639 2.610 i .73 1.979 

Le Brésil possède un très grand nombre de journaux; toutes les villes ont des feuilles politiques 
paraissant journellement. Rio-de-Janeiro, comme capitale de l'Empire, a le premier rang dans le mouve- 






— 343 — 

ment typographique. On y compte plus de 40 journaux tant politiques que littéraires ou scientifiques; il y 
en a 3 rédigés en anglais, 1 en français (bi-mensuel), 1 en allemand, 1 en italien. Le plus important est 
le Jornal do Commercïo dont le format est égal à celui des plus grands journaux de l'Angleterre et des 
États-Unis d'Amérique et qui, à une exactitude devenue proverbiale dans le pays, joint le mérite d'une 
rédaction éclairée. Puis viennent la Ga^eta de Noîicias qui jouit également de la faveur du public, la Ga\eta 
da Tarde, le Diario do Braçil, la Folha nova, le Bra^il, le Pai{, et la Ga\eîa da Noite, tous quotidiens. 
11 y a aussi à Rio le Diario Officiai qui publie les actes du Gouvernement. 

Bahia possède beaucoup de journaux ; Pernambouc publie le Diario de Pemambuco, l'une des plus 
grandes feuilles du pays et Belem-do-Para compte sept journaux quotidiens. 

Il y a à Rio-de-Janeiro H théâtres où l'on représente les grands opéras italiens, le drame, la comédie, 
l'opéra-comique, l'opérette. On y joue fréquemment en français et plusieurs troupes dramatiques espagnoles 
et anglaises y ont été de passage. Les cirques équestres y donnent aussi des représentations : les concerts, soit 
pour le chant, soit pour les instruments divers, sont très suivis. Les Brésiliens sont grands appréciateurs de 
musique et beaucoup d'entre eux ont acquis en cet art une réputation méritée. 

L'unité monétaire au Brésil est le réal ; cette unité est, à vrai dire, fictive. 

La monnaie de 20,000 Reis en or pèse 17 grammes 9297. 

Celle de 10,000 » » est en proportion relative. 

Celle de 5,ooo » » » » 

La monnaie d'argent se compose de pièces de 2,000, 1,000, 5oo et 200 Reis. La pièce de 2,000 Reis pèse 
25 grammes. 

Il y a des pièces en nickel de 200, 100 et 5o Reis et d'autres formées d'un alliage de cuivre, étain 
et zinc de 40, 20 et 10 Reis; cette monnaie remplace l'ancienne monnaie de cuivre qui était aussi lourde 
qu'incommode. 

Le règne animal est au Brésil aussi varié que riche : outre presque tous les animaux connus en 
Europe (sauf ceux de l'extrême Nord}, il possède certaines espèces qui n'existent pas dans l'ancien continent, 
comme : le tapir, le paca, l'agouti, le tatou, le paresseux, la loutre fluviale, la tortue d'eau douce, le 
caméléon, le tamanoir, etc. 

Il y a dans l'Empire un nombre infini d'oiseaux aussi beaux que variés. Nous citerons le pélican, 
l'emma, l'ara, le joo, le jacu, le jacutinga, le macuco, le hocco, le nambu, le perroquet, le colibri, le sabia ; 
l'énumération en est trop longue pour la donner ici. 

Les poissons sont innombrables; le savant professeur Agassiz en a collectionné des milliers pendant son 
voyage au Brésil. 

Les papillons et les insectes aux couleurs éclatantes sont recherchés par les naturalistes de tous les pays. 

La végétation du Brésil est des plus admirables : dans les plaines comme sur les montagnes, même 
dans les sables de la côte, elle est partout vigoureuse et dans une floraison pour ainsi dire perpétuelle. 

La flore brésilienne est considérée comme Tune des plus riches du monde et possède plus de 20,000 
espèces classées par les naturalistes. Ces espèces intéressent au plus haut point, par leur utilité soit pour 
l'alimentation, la médecine, l'industrie ou l'ornement. 

Outre les espèces indigènes, on y a acclimaté une grande quantité de plantes exotiques, car le Brésil, 
par son immense étendue, présente les climats les plus variés et Ton y récolte le blé, le seigle, le houblon 
en même temps que le café, la canne à sucre, le cacao et le coton. 

On trouve au Brésil des diamants, des émeraudes, des euclases, des saphirs, des rubis, des topazes, 
des béryls, des cornalines de toutes couleurs, des grenats, des améthystes, des agates, etc. L'or, l'argent, le 
platine, l'iridium, le paladium, y abondent ainsi que le mercure, le bismuth, le cuivre, le manganèse, l'étain, 
le plomb, l'antimoine, l'arsenic et le fer qui y présente un avantage incontestable à cause de l'absence totale 
de pyrites qui se rencontrent même dans les mines de fer les plus renommées des pays du Nord. 

L'Empire possède également des mines de charbon de terre; on y trouve des lignites, des schistes 
bitumineux, de la tourbe, du soufre et du graphite. 

Le marbre, le porphyre, les calcaires saccharoïdes et toutes les variétés d'argile existent dans le pays. 

La nature semble avoir destiné le Brésil à occuper l'une des premières places parmi les pays 
agricoles. 

Le sol est d'une fertilité prodigieuse et l'immense étendue du pays fait qu'on y trouve réunies 
toutes les températures, sauf celle des pays du Nord de l'Europe. 




La végétation vigoureuse de la zone torride et des tropiques se rencontre sur le littoral, dans les 
plaines et dans les provinces du Nord. En allant progressivement vers le sud du Brésil, la surélévation du 
sol, de hautes chaînes de montagnes, amènent naturellement un adoucissement de la température. On peut 
cultiver dans les provinces du Sud, comme celle de Rio-Grande et Parana, les céréales, les légumes et les 
fruits' de l'Europe. 

On possède au Brésil le café, la canne à sucre, le coton, le riz, le cacao, le manioc, la vanille, le 
palmier, le thé, le maté, le blé, l'orge, le seigle, le lin, le houblon, la vigne, les poiriers, les pommiers, 
les pêchers, le caoutchouc, la salsepareille, l'ipécacuanha, le quinquina, les épices de toute espèce et une 
variété infinie de gommes, de résines et de fibres textiles. 

Le Brésil est couvert de vastes forêts dont les végétaux ligneux doivent éveiller, l'attention des 




Végétation du Parana 

connaisseurs en cette matière. II y a quantité d'arbres qui peuvent être employés pour la charpenterie, 
.la menuiserie, les constructions tant civiles que navales. La liste en serait trop longue pour être 
reproduite ici. 

A ces richesses naturelles du sol, le Brésil joint encore l'élevage du bétail qui trouve des conditions 
très favorables dans -beaucoup de provinces, surtout dans les vastes pâturages arrosés de cours d'eau comme 
le sont ceux de Minas-Geraes, Bahia et Piauhy et dans les immenses plaines de Rio-Grande-do-Sul et de 
Saint-Paul. Les troupeaux y sont presque abandonnés à eux-mêmes et les soins d'élevage sont pour ainsi 
dire nuls. 



La Section Brésilienne à l'Exposition Universelle d'Anvers était bien faite pour donner au public une 
idée avantageuse des ressources du pays le plus étendu de l'Amérique Méridionale. 

Le Brésil a fait d'immenses progrès, depuis vingt ans, dans toutes les branches de l'industrie, des arts, 
des sciences et de la littérature. L'Empereur, un savant fort distingué, a favorisé de toutes ses forces le dévelop- 
pement progressif de l'Empire et il n'a rien négligé pour mettre son pays à la hauteur des nations les plus 
civilisées de l'Europe. 

Né en 1825, l'Empereur D. Pedro II succéda à son père le 7 avril i83i. Déclaré majeur le 23 juillet 
1840, il exerça le souverain pouvoir depuis cette date. Il épousa, le 4 septembre 1843, Doïia Theresa-Christina- 
Maria, fille de François I er , Roi des Deux-Siciles. Cette princesse, modèle de toutes les vertus, est comme son 
auguste époux, l'idole de ses sujets. 

D. Pedro II; dont le règne a été troublé dans les commencements par la révolte de quelques provinces, 
a fini par triompher de ces obstacles intérieurs. Plus tard la guerre éclata entre le Brésil et le Paraguay, En 



3 4 5 - 



cette occurrence, les troupes de terre et de mer rivalisèrent de bravoure et de persévérance et la victoire, 
longtemps indécise, resta enfin au Brésil dont l'armée était commandée par Mgr. le Comte d'Eu. Ce prince, dont 
le dévouement à son pays d'adoption est bien connu, a épousé la Princesse Doiïa Isabella, héritière du trône. 

Depuis ce temps, l'Empire s'est occupé de perfectionner son agriculture et son industrie : on l'a vu 
prendre part aux Expositions de Londres, de Paris, de Berlin, de Philadelphie, d'Amsterdam, de St-Pétersbourg, 
et y remporter de nombreuses récompenses. 

Quand l'Exposition Universelle d'Anvers fut annoncée, le Gouvernement brésilien ne jugea pas à propos 
d'y prendre une part officielle, mais il encouragea la Société « Centra da Lavoura e Commercio » à y participer. 

Cette association puissante est composée de membres, représentant par leurs maisons de commerce à 
Rio-de-Janeiro et par leurs établissements agricoles dans la zone caféière , des intérêts d'une importance 
■considérable. 

Le Vicomte de S. Clémente, l'un des plus riches agriculteurs du Brésil, est le Président du « Centra 
da Lavoura e Commercio. » Le Vice-Président était le commandeur J. C. Ramalho Ortigào, homme aussi 
énergique qu'éclairé et d'une rare compétence sur toutes les questions intéressant l'agriculture : il vient depuis 
peu de donner sa démission et il a été remplacé par M. Honorio-Augusto Ribeiro. Citons encore M. Hermano 
Joppert (secrétaire), M. le baron temps, le Brésil nous envoyait 

■de Quartim (trésorier), MM. le ^^Ês»S^- " ses ca ^ s sous ^ es nonis d'em- 

baron d'Araujo Ferraz, Carlos- ^*^lcf| t%S prunt dissimulant leur origine ; 

Augusto de Miranda Jordâo, / ^ffiflsfe " f aH£ut combattre ce préjugé 

le baron Araujo Maia, Joaquim % „— ^ÎKSIw; :; aussi nuisible qu'injuste : il 

de Mello Franco, Joao Val- T!»S> s* < : y)f#' ! s'agissait de présenter le café 

verde de Miranda, Bruno-Au- '^'Jjr brésilien sous son vrai nom à 

gusto da Silva Ribeiro, et Léo- àSSâ. i^/^V toutes les Expositions, de ne 

poldo-CesardeA. Duque Estra- ■EsL reculer ni devant les obstacles 

da, tous agriculteurs ou négo- \ cr éés par la concurrence, ni 

ciants aussi actifs qu'éclairés. ".^BC _>i ^\ devant la dépense. La Société 

Ces hommes influents se font ^jÉH^ AfwM: \ •• Centra da Lavoura e Com- 

remarquer par leur patriotisme fgjjj K£2j^^f /" "■ v / mcrcio • a courageusement ai- 
et par l'ardeur incessante qu'ils ÏJ ^^T^mt 4É trepris cette tâche ardue et nous 

mettent à faire connaître à l'Eu- iH H fl ~*%W sommes heureux de constater 

rope les produits du Brésil, no- ^^Rs» BjH^P • "' que SeS efforts > très appréciés 

tamment le café, qui grâce à '^^R^" déjà à plusieurs des Expositions 

leurs efforts, finit par être appré- & & fe CmUe & vakneuve> antérieures , ont été à Anvers 

Clé sur nos marchés à sa réelle présidait i, li Ommisiim A /« s,aim BrMlhmu couronnés d'un succès complet, 

valeur. Jusque dans ces derniers C'est donc le . Centra da 

Lavoura e Commercio » qui a résolu d'envoyer à ses frais, les produits brésiliens à Anvers, de les y installer 
dans la section intérieure, puis d'ouvrir dans le jardin un pavillon, où l'on distribuerait gratis au public des 
tasses du précieux café du pays. 

Le point important était de choisir un Commissaire général qui prit à cœur les intérêts du Brésil, qui fût 
à la fois actif, prudent et désintéressé; le choix du « Centra da Lavoura e Commercio » se fixa sur S. Ex. le 
Comte de Villeneuve, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de l'Empire en Belgique; ce choix 
fut des plus heureux; il eut la sanction du Gouvernement Impérial qui nomma M. le Comte de Villeneuve son 
Délégué et Président de la Commission. 

Le nom de M. le comte de Villeneuve, connu dans toute l'étendue du vaste empire sud-américain, était 
déjà parvenu jusqu'à nous; sa haute situation et l'intérêt qu'il prend à toutes les questions utiles ou humanitaires 
■qui s'agitent dans son pays, l'y ont placé depuis longtemps parmi les hommes éminents. 

Entré à 19 ans dans la carrière diplomatique, il en a parcouru tous les échelons, jusqu'à celui 
d'Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire, qu'il occupe en ce moment à Bruxelles. Il était chef de 
mission à 32 ans en Suisse et fit partie de la Commission Brésilienne à l'Exposition Universelle de Paris en 
1867; il en rédigea le rapport et fut également chargé par son Gouvernement d'un travail sur l'Exposition de 1878 
a Paris. Il fut délégué en 1880 par le Brésil à la conférence internationale pour la protection de la propriété 
industrielle; cette conférence se termina par la convention qui constitue l'Union Industrielle entre un grand 
nombre de pays et il eut l'honneur de signer cette convention en 1883, à Paris. 

43* 



346 — 




Tous ces titres le désignaient au choix pour le poste de Commissaire Général de la Section Brésilienne 
et nul ne mit plus de zèle et de dévouement dans l'accomplissement de ces délicates fonctions. 

Les commissaires qui secondaient M. le Comte de Villeneuve dans ses travaux étaient M. A. Baguet, 
Vice-Consul du Brésil à Anvers et M. Edouard Pécher, Consul Général honoraire de Belgique, qui, tous deux, 
ont consacré au pays qu'ils ont longtemps habité, une activité aussi habile qu'éclairée ; puis M. H. H. Carneiro 
Leâo comme Commissaire adjoint. 

L'espace occupé par la Section du Brésil était de 400 mètres carrés. La décoration extérieure était 
faite avec goût et élégance; l'intérieur présentait, sur un fond rouge, des drapeaux aux couleurs nationales; ils 
étaient disposés autour de la salie alternant avec des cartouches décoratifs indiquant le nom des provinces de 
l'Empire. Des trophées d'armes, des peaux d'animaux sauvages, des vues photographiques représentant les 
principaux monuments et les grands établissements agricoles du pays, décoraient les murailles. 

Le Ministère de l'Agriculture de l'Empire avait exposé de nombreux ouvrages, des documents officiels et 
des rapports concernant les chemins de fer. Ces pièces administratives prouvent que le Brésil a fait de rapides 
progrès depuis vingt ans et qu'il a considérablement amélioré et augmenté ses voies ferrées; aussi le Jury lui 
a-t-il décerné un Diplôme d'Honneur pour l'ensemble de la partie bibliographique. 

Le Ministère de l'Intérieur a exposé les Annales de l'École des Mines, de 1881 à 1884, et les Annales de 
l'Observatoire Impérial. Nous avons vu dans ces ouvrages des documents précieux qui placent avec raison 
les savants de cet Empire du nouveau monde au niveau des savants de la vieille Europe : on y reconnaît 
l'initiative de son Souverain éclairé, l'un des fondateurs et collaborateurs du savant Institut Historique et Géogra- 
phique de Rio-de Janeiro. Cette Société a envoyé à l'Exposition d'Anvers la revue trimestrielle de 1 839 à 1884. On 
ne saurait trop louer la clarté du style de ces documents scientifiques et le mérite des savants qui les ont rédigés. 

Trois cartes géographiques de la province de Pernambouc avaient été envoyées par le Bureau des Travaux 
Publics : l'exécution en est soignée sous tous les rapports; il en est de même des cartes et des plans du Bureau 
Hydrographique, exposés par le Ministère de la Marine de Rio-de-Janeiro. 

Le Musée National de Rio-de-Janeiro avait envoyé 5 volumes des Archives publiés depuis 1876 ; ils ont 
attiré l'attention des artistes et des savants. La carte générale du Brésil, ainsi qu'une autre de la province de St-Paul, 
ne laissent rien à désirer comme gravure topographique. Elles sortent des presses de MM. Paul Robin & O" de 
Rio-de-Janeiro, qui ont obtenu pour ces travaux une médaille d'argent ; la même récompense a été décernée à 
MM. Marc Ferrez et Ducasble pour leurs belles photographies. 

Parmi les livres ou brochures descriptives sur le Brésil, on a remarqué le beau volume illustré de M. F. J. 
de Santa- Anna Nery, sur la Province des Amazones;- une brochure, Notice sur quelques produits de la Section 
Brésilienne, du même auteur; le Brésil, le Guide de l'Êtnigrant rédigé par les soins de l'Administration générale 
des Terres et Colonisations; le Brésil actuel (conseils aux émigrants) parM.C. Hygin-Furcy; jpuis le catalogue delà 
Section Brésilienne, contenant une notice descriptive de l'Empire, de ses institutions, de son Gouvernement, de ses 
chemins de fer et de ses produits, d'après les plus récentes statistiques : ces ouvrages présentent une grande utilité 
pour renseigner les émigrants et, sous ce rapport, ils paraissent avoir atteint le but que l'on s'était proposé. 

Le café, le produit le plus important du Brésil, comptait à l'Exposition 1247 échantillons. En concur- 
rence avec divers pays importants, il obtint néanmoins 96 récompenses, dont 2 Diplômes d'Honneur : l'un fut 
conféré au Gouvernement du Brésil comme représentant le pays le plus grand producteur du café, l'autre fut 
décerné au « Centra da Lavoura e Commercio. » 19 Médailles d'or et 22 d'argent complétèrent cet immense succès. 
Le sucre et ses dérivés, tels que les produits de la confiserie, les sirops, les liqueurs sucrées et les chocolats, 
avaient de nombreux exposants dont les principaux, l'Usine Centrale de San-Pedro de Maranham, MM. Lopes & C le 
de Pernambouc, Eugenio Marques de Hollanda à Rio-de-Janeiro, Freire d'Aguiar et A. Bhering de la même ville, 
ont eu des médailles d'argent pour les produits précités, rentrant dans la Classe 68. Le maté de la province de 
Paranâ, sorte de thé qui est appelé à un grand avenir quand on en connaîtra en Europe la saveur et les propriétés 
salutaires, a obtenu une médaille d'or décernée aux exposants F. Fontana et Silva frères de Contiba. 

Les vins et les liqueurs ont attiré l'attention du Jury ; MM. André Gimber pour les vins, Auguste Caors 
pour l'alcool, ont obtenu chacun une médaille d'or. Des médailles d'argent ont été décernées, pour les mêmes 
produits, aux exposants L. Goldschmidt de Saint-Paul, José-Augusto Gomes d'Abreu, Morelli & C" d'Itû, 
E. J. B. Lanatt de Pernambouc et àd'Institut Impérial Fluminense d'Agriculture. M. Goumoens de Saint-Paul 
a obtenu pour la bière une médaille d'argent. 

Les magnifiques bois du Brésil, au nombre de plus de 100 échantillons divers, ont valu au Gouvernement 
Brésilien un Diplôme d'Honneur ainsi qu'à l'Association Commerciale de Pernambouc. La même récompense a 



-3 4 7- 

é;é accordée à M. Macedo Bentes, pour son nouveau procédé de caoutchouc, et à M. F. J. de Santa-Anna Nery 
comme introducteur du même produit. 




La Société' Dyle et Bacalan qui exposait un superbe wagon, fabriqué entièrement de bois du Brésil et la 






— 348 — 

province de Bahïa ont obtenu la médaille d'or. Les exposants Eug. -Adolphe del Vecchio, la province' de Paranâ et 
Henri Duquesne ont eu la médaille d'argent. 

Les écorces médicinales et les quinquinas ont fait donner à MM. A. J. de Araujo une médaille d'argent. La 
tannerie Ste-Anne, MM. Eug. Marques de Hollanda, Freire d'Aguiar ont obtenu des médailles de bronze. 

Les minéraux, si riches el si -variés, ont valu un Diplôme d'Honneur au Gouvernement Brésilien 
et une médaille d'or au « Cenîro da Lavoura e Commercio. » La commission provinciale de Saint-Paul 
a obtenu une médaille d'argent pour son fer d'Ypanema. 

Le coton, les produits textiles et le tabac, qui faisaient partie de la classe 41, ont encore été un 
triomphe pour la Section Brésilienne. Le Jury leur a décerné 2 Diplômes d'honneur, l'un au Gouvernement, 
l'autre au « Centro da Lavoura. » Cette Société a encore obtenu une médaille d'or de même que l'Institut 
Impérial Fluminense. La Colonie Grào-Para (province de Sainte-Catherine), pour sa ramie, MM. Collares 
de Maranham et M. Neezen de 
Pernambouc, ont obtenu des 
médailles d'argent. 

Les nombreux produits phar- 
maceutiques ont été très appré- 
ciés ; plusieurs avaient des pro- 
priétés encore inconnues en Eu- 
rope, ce qui a engagé différents 
chimistes et médecins à en de- 
mander des échantillons poul- 
ies expérimenter. L'Association 
commerciale de Pernambouc, 
l'Entreprise de Colonisation de 
Sainte-Catherine, les exposants 
j. Rodrigues de Araujo & C° et 
Eugenio Marques de Hollanda, 
tous deux à Rio- de- Janeiro, ont 
obtenu pour ces produits une 
médaille d'argent. 

Ils ne faut pas oublier les 
cuirs tannés et vernis, en échan- 
tillons remarquablement tra- 
vaillés, et les curieuses peaux 
d'animaux sauvages qui ornaient 
les murailles de la section. Le 
« Centro da Lavoura eCommer- 

viande ; ils occupaient à la section Brésilienne une place spéciale, arrangée avec beaucoup de goût et d élégance. 
Nous reproduisons pour l'ensemble du rapport sur la Section Brésilienne le pavillon de dégustation de café, 
établi dans le jardin de l'Exposition, dont nous avons déjà parlé plus haut; le nombre de tasses distribuées gratuite- 
ment de juillet à octobre, soit en 4 mois, s'est élevé au chiffre respectable de 600,000 environ. 

Nous terminerons ici cet article sur le Brésil en disant que le total des récompenses, par lui obtenues 
à Anvers, a été de 232 : 12 Diplômes d'honneur; ' 38 Médailles d'or ; 56 d'argent; 66 de bronze et 60 mentions 
honorables. Ce magnifique résultat prouve l'excellence des produits, les efforts incessants de la Société « Centro da 
Lavoura e Commercio » et enfin, la puissante initiative de la commission Brésilienne, qui a mis tout en œuvre 
pour représenter dignement son pays à l'Exposition Universelle de i885 (1). 




Papillon de dégustation de café brésilien 



cio » a obtenu pour ses produits, 
dans la classe 44, une médaille 
d'or. 

Les pâtes alimentaires, le ta- 
pioca et les céréales ont valu à 
la même Société un Diplôme 
d'honneur et à M. G. Braz dos 
Santos & C ie de Pernambouc 
une médaille d'or. 5 médailles 
d'argent ont été distribuées entre 
les exposants B. Lanatt et Je- 
ronyma Cousseiro, tous deux de 
Pernambouc, Fructuoso Vicente 
Vianna et Campos frères, tous 
deux de Bahia, et le baron de 
S. Francisco. 

Dans le jardin était établi un 
pavillon de forme élégante qui 
était destiné à la dégustation du 
café ; il eut pendant la durée 
de l'Exposition de nombreux 
visiteurs. 

Les frères Cibils à Descalva- 
dos (province de Matto-Grosso), 
ont obtenu une médaille d'or 
pour leur remarquable extrait de 



(1) Les détail; 
plusieurs brochures e 



nous ont été < 
1 le Brésil. vL 



it [l'ctren 



e fournis par M. C. Hvgin-Fl'KCV. Noïis sommes heureux d'apprendre que cet t 
né Chevalier de l"Ordre du Christ par S. M. Impériale. 



;.,-: =:■:• ;• • • 




5. M. Guillaume I er , Empereur d'Allemagne 




Empire d'Allemagne 




algré les efforts, aussi bien du Gou- 
vernement Belge, que des cercles inté- 
ressés à l'entière réussite de l'Exposi- 
tion universelle d'Anvers, le Gouver- 
nement de l'Empire d'Allemagne n'a 
pu se décider à donner son concours 
officiel à cette entreprise. 

Dès lors, il appartenait à l'initiative 
privée de faire participer l'industrie 
et le commerce Allemands, dans la 
plus large mesure possible, à la mani- 
festation internationale d'Anvers, et, 
disons-le tout de suite, les efforts de 
ceux qui ont tenté d'accomplir celte 
tâche, ont été largement récompensés 
par les succès obtenus. 

Ce furent les maisons Allemandes 

et celles d'origine Allemande, établies 

à Anvers, qui prirent l'initiative du 

mouvement. Elles adressèrent, par voie 'de circulaire, à un grand nombre d'industriels et de commerçants de 

l'Empire, un appel pressant, afin de recueillir des adhésions aussi nombreuses que possible. 

Voici le texte de la circulaire : 



Monsieur, 

L'Exposition Universelle qui s'ouvrira le 2 mai i885 à Anvers sera de nature à donner de brillants 
résultats sous tous les rapports, à cause de l'importance industrielle de la Belgique d'un côté et, d'un autre 
côté, grâce à la situation géographique d'Anvers et de son important port de mer. 

Cette Exposition attirera sans doute un nombre considérable de visiteurs qui auront en même temps 
l'occasion d'admirer les travaux grandioses de l'embellissement et de l'agrandissement de l'incomparable 
port d'Anvers. 

S. M. Léopold II a daigné prendre cette, entreprise sous Sa Haute Protection. 

L'État Belge et l'Administration Communale d'Anvers feront leur possible pour donner à cette 
Exposition autant d'éclat que possible. 

Les négociants soussignés, Allemands ou d'origine allemande, résidant à Anvers, se sentent portés, eu 
égard à la bienveillance qu'on ne cesse de leur montrer ici, à se conformer de bon cœur au vœu exprimé 



- 35i 



par le Comité de l'Exposition en appe- 
lant l'attention du commerce et de l'in- 
dustrie allemands sur cette Exposition, 
qui, plus que toute autre, sera de nature 
à créer et à élargir aux exposants leurs 
débouchés européens et transatlantiques. 
Vu les fortes relations commerciales 
existant entre l'Allemagne et la Belgique, 
la nécessité s'impose pour l'Allemagne de 
prendre part à l'Exposition universelle 
d'Anvers, dans des conditions correspon- 
dant au grand développement' de son 
commerce et de son industrie. : 

Les soussignés étaient bien aise d'obtem- 
pérer à la demande leur adressée, d'autant 
pins que les noms des hommes qui, d'nne 
manière si désintéressée, se mettent à la 
tète de l'entreprise, nous garantissent am- 
plement que les intérêts des exposants seront sauvegardés avant 
tout et sous tous les rapports. 

Anvers, 18 avril 1884. 
(Si§nés) Otto Gûnther Otto Menzel 

E. PHILIPPSEN, etc., etc. OTOS* 

Bientôt après, le Comité Exécutif chargeait M. le D r Jannasch 

de la direction 





Le palais de l'Empereur 




Sans-Souci 



des affaires de la section à Berlin, et le nommait son représen- 
tantpour l'Allemagne. L'impulsion était donnée. Quatre comités 
d'encouragement, destinés à la propagande en faveur de l'Ex- 
position, furent aussitôt constitués : 

Un Comité à Berlin, sous la présidence de notre 
Consul général, M. Georges Goldberger; le Comité 
Rhénan-Westphalien, à Cologne, sous la prési- 
dence de S. E. D r von Decfcen, membre du Conseil 
d'État, à Bonn; le Comité du Rhin 
Central et de l'Allemagne du Sud, à 
Mayence, sous la présidence de M. L. 
Peltzer, Consul général honoraire de 
Belgique, à Mayence ; et enfin, le 
Comité Badois, à Mannhein, présidé 
par M. Hermann Schrader, membre 
de la Chambre du cercle de Mann- 
heim. 

Les noms les plus connus et les 
plus influents figuraient dans ces divers 
comités et constituaient déjà un gage 
de succès. 

Parmi ceux qui prêtèrent à l'œuvre 
tout leur dévouement et tous leurs 
efforts, il faut citer en première ligne 
M. le Consul général Georges Gold- 
berger. 

Le travail assidu, la haute intelli- 
gence, et les nombreuses relations du 



représentant de la Belgique auprès du Gouvernement Allemand, ont contribué, pour une grande part, au succès 
de la Section allemande. Il est juste d'ajouter que M. Goldberger trouva des collaborateurs infatigables en 



MM. Peltzer, Consul général de 
Belgique à Mayence, et Lede- 
gancL Consulgénéral àCologne. 
Ces Messieurs , assistés de 
leurs collègues des Comités et de 
M. le Docteur Jannasch, s'occu- 
pèrent avec le même élan, de 
vulgariser l'œuvre de l'Exposi- 
tion, chacun dans son groupe. 

La presse allemande leur 
. assura son concours et leur prêta 
un appui d'autant plus néces- 
saire, que les délais d'ouverture 
de l'Exposition étaient plus rap- 
prochés. 

Mais l'organisation manquait 
d'harmonie. Ce qu'il fallait, 
c'était la centralisation de tous 
les efforts trop disséminés, une 
direction unique, qui pût aplanir 
les difficultés et tirer le meilleur 
parti possible des résultats obte- 




M. Max Gûntker, 
Ingénieur 

Conseiller intime de commerce, commissaire 
de la Section Allemande 



nus par les quatre Comités; c'est 
ce que comprit M. Victor Ly- 
nen, président du Comité Exé- 
cutif. 

1 1 convoqua spontanément 
les chefs des Comités, le 28 avril 
1884, et annonça aux Commis- 
sions fondées dans l'Empire,' que 
le Comité Allemand ' d'Anvers 
se chargerait de réunir tous les 
éléments des différents groupes 
et fonctionnerait immédiatement 
comme administration centrale 
pour la Section Allemande. 

■ Cependa